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1310 - Procès des Templiers des diocèses de Saintes et d’Angoulême - Les interrogatoires - 3/3

3ème partie - en raison de leur volume, ces documents sont divisés en 3 parties

D 23 septembre 2007     H 02:57     A Pierre     C 0 messages A 1550 LECTURES


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Minutes en latin (+ traduction) des interrogatoires des Templiers membres et responsables (précepteurs) des établissements situés dans les diocèses de Saintes et d’Angoulême, lors de leur procès entre 1307 et 1310. Identification des lieux mentionnés.

Des témoignages en tous genres, à charge et à décharge. Condamnés d’avance ? Les bûchers ne sont pas loin.

Source : Le procès des Templiers - Jules Michelet - Imprimerie royale - 1841 - Traduction : Pierre Collenot.

- Dans le texte latin, les noms de lieux (établissements templiers) sont écrits en gras.
- Dans la traduction française, sont écrits :
- en vert, les éléments qui donnent des informations sur la structure de l’Ordre,
- en bleu ceux qui décrivent son rituel et ses usages,
- en rouge ceux qui révèlent le contenu de l’acte d’accusation contre l’Ordre..
Ces éléments sont regroupés et commentés dans la colonne de droite.
Voir le contenu des 128 articles qui servent de trame aux commissaires enquêteurs

<— 2ème partie

Sont présentés ici les 23 documents suivants :
- [traduit] 17 février 1310 - Résultats groupés d’interrogatoires individuels de prisonniers questionnés sur leur volonté de défendre l’Ordre
- [traduit] 13 avril 1310 - Extrait de l’interrogatoire de frère Johannes de sancto Benedicto, precepteur de la maison du Temple de l’Ile-Bouchard, diocèse de Tours, admis dans l’Ordre au Temple de La Rochelle
- [traduction partielle] 15 avril 1310 - Johannes Anglici de Hinquemeta, du diocèse de Londres, admis au Temple de La Rochelle (17)
- 11 mai 1310 - Interrogatoire de frère Humbertus de Podio, du diocèse de Poitiers, admis au Temple du Dognon (16 Cressac-Saint-Genis)
- 12 mai 1310 - Extrait de l’interrogatoire de frère Johannes Bertaldi, du diocèse de Poitiers
- 8 mars 1311 - Interrogatoire de frère Guillaume de Liège, précepteur du Temple de La Rochelle
- 9 mars 1311 - Interrogatoire de frère Guillelmus d’Erree - Faits survenus au Temple de Lamanh ou Laman dans le diocèse de Saintes
- 9 mars 1311 - Interrogatoire de frère Pierre Theobaldi, précepteur de la maison du Temple de Châteaubernard (16)
- 9 mars 1311 - Interrogatoire de frère Hélias Raynaudi, précepteur de la maison du Temple du Dognon (Cressac-Saint-Genis 16)
- 20 mars 1311 - Extrait de l’interrogatoire de frère Geraldus de Augnihaco, du diocèse de Limoges
- 22 mars 1311 - Extrait de l’interrogatoire de frère de Monte Trichardi, précepteur du Temple de Malo Leone, diocèse de Poitiers
- [traduit] 22 mars 1311 - Extrait de l’interrogatoire de frère Johannes Durandi diocèse de Limoges, precepteur du Temple de Codria, diocèse de Poitiers
- 3 avril 1311 - Convocation de témoins
- 7 avril 1311 - Extrait de l’interrogatoire de frère Guillelmus de Plexeyo du diocèse d’Evreux
- 7 avril 1311 - Interrogatoire de frère Bartholomeus Bartholeti, admis au Temple de Bernay (Marans 17)
- 7 avril 1311 - Interrogatoire de frère Arnaudus Breion de Goerta, du diocèse d’Angoulême, admis au Temple de Beauvais-sur-Matha (17)
- 7 mai 1311 - Discours de Guido, évêque de Saintes, à plusieurs frères incarcérés
- 7 mai 1311 - Interrogatoire de frère Guillaume de Soromina, admis au Temple de Châteaubernard (16)
- 8 mai 1311 - Interrogatoire de frère Guillelmus Audenbon, admis au Temple de Syourac (Civrac) (17 Mirambeau)
- 8 mai 1311 - Interrogatoire de frère Hugo de Narsac, précepteur de la maison du Temple des Epeaux (Meursac 17)
- 10 mai 1311 - Interrogatoire de frère Helias Costati, admis au Temple des Epeaux (Meursac 17)
- 10 mai 1311 - Interrogatoire de frère Pierre Geraldi de Mursac, admis au Temple des Epeaux (17 Meursac)
- 18 mai 1311 - Interrogatoire de frère Hugo de Jansac, admis au Temple du Fouilloux

Commentaires généraux sur ces textes :
- La lecture des actes du procès fait apparaître que les frères Templiers connaissaient une grande mobilité géographique, entre France, Terre-Sainte et Chypre, et en France, entre les divers établissements. Le rattachement géographique retenu ici pour présenter ces extraits est celui qui découle du lieu de l’admission dans l’Ordre ou celui du lieu d’exercice au moment de l’arrestation. Il ne s’agit donc pas, sauf coïncidence non vérifiable, du lieu de naissance des frères cités.
- Quelques éléments (mention du maître d’Aquitaine) indiquent que le parcours entre établissements en France se fait à l’intérieur d’une structure de commandement locale (le diocèse) ou régionale, regroupant plusieurs diocèses.
- La structure générale de l’Ordre en France apparaît calquée sur la structure de l’Eglise de France de l’époque.

7 mai 1311 - Discours de Guido, évêque de Saintes, à plusieurs frères incarcérés

Texte original Traduction Notes et commentaires
Post hec, die Veneris, in crastinum beati Johannis ante portam Latinam, que fuit septima dies mensis maii, convenerunt in domo predicta : domini Petri de Sabaudia, prefati domini Narbonensis archiepiscopus, Mimatensis et Lemoyicensis episcopi, Matheus et archidiaconus Tridentinus, et fuerunt adducti. pro testibus ad presenciam eorumdem fratres Hugo de Narzac preceptor de Espaneis Xantonensis, Guillelmus de Sermoya Engolismensis, Petrus de Nobiliaco Lemovicensis, Guillelmus Audeberti Petragoricensis, Helias de Chasac alias dictus Cotati, Petrus de Vernhia, et Petrus Geraldi alias dictus de Meleduno, Xantonensis diocesium, servientes, missi ad requisicionem dictorum dominorum commissariorum per reverendum in Christo patrem dominum Guidonem, Dei gracia episcopum Xantonensem, cum ejus litteris, quarum tenor inferius est insertus. Qui, tactis sacrosanctis Evangeliis, juraverunt dicere in isto negocio plenam et. meram veritatem, secundum formam juramenti aliorum testium. superius registratam, expositam et vulgarizatam eisdem. Quo juramento recepto, dictus dominus archiepiscopus, excusans se ut supra, recessit. Tenor vero dictarum litterarum talis est : « Reverendis in Christo patribus ac dominis spiritualibus, dominis Dei providencia archiepiscopo Narbonensi, Lemovicensi et Mimatensi episcopis, ac dominis Matheo de Neapoli sedis apostolice notario, majoris Caleti Rothomagensis et Johanni de Mantua domini Pape capellano Tridentine ecclesiarum archidiaconis, Guido, Dei permissione ecclesie Xantonensis minister, cum omni obediencia et subjectione, se ipsum. Juxta vestrarum seriem litterarum, quas die Veneris post octabam Pasche recepimus circa solis occassum, vestre mittimus reverencie septem Templarios, quos de speciali mandato domini nostri summi pontificis tenebamus ; duo vero, qui diucius infirmi periculosse fuerunt, propter impotenciam remanserunt, quia regii servientes, quos ad videndum eos in carcerem fecimus introduci, nobis vive vocis oraculo retulerunt, et fratres eciam qui mittuntur jure jurando firmarunt, quod ipsi sine periculo morti sire non poterant nec portari ; unde super hoc nos habere dignemini excusatos. Datum in testimonio sigilli nostri ; die Dominica post octabas Pasche, Xantonis, anno Domini millesimo CCC° XI. Nomina vero illorum qui mittuntur sunt hec : frater Guillelmus de Sorolme, frater Hugo preceptor domus deus Espanez, frater Guillelmus Audebon, frater Petrus de Nolhac, frater Petrus de Molendino, frater Helias Gotati, frater Petrus la Vernha. Item, nomina illorum qui infirmi remanserunt sunt hec : frater Hugo preceptor domus de Syomac, frater Petrus Auriol. »
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Guido (ou Hugo) I de Novavilla, mentionné par Gallia Christiana à partir de 1298 ; décédé le 7 avril 1312. Sa participation au procès des Templiers n’est pas mentionnée dans Gallia. Christiana.

- domus de Espaneis : Les Epeaux (17 Meursac)
- domus de Syomac : Civrac ?

7 mai 1311 - Interrogatoire de frère Guillaume de Soromina, admis au Temple de Châteaubernard (16)

Texte original Traduction Notes et commentaires
Post que immediate coram aliis dominis commissariis predictis dictus frater Guillelmus de Soromina, mantellum ordinis et barbam defferens, XXXa annorum vel circa, cum quo inquisitum fuerat, absolutus et reconciliatus per dictum dominum episcopum Xantonensem, lectis et diligenter expositis sibi omnibus et singulis articulis, respondit se nescire, nec credere, nec audivisse dici de contentis in eis nisi quod sequitur, quia non interfuerat capitulis eorum, nec vidit aliquem alium recipi in ordine licet interfuerit quando duo Picardi, quorum nomina et cognomina ignorat, requisiverunt Andegavis se recipi in ordine, sed recessit propter officia que gerebat ante votum emissum per eos et ante tradicionem mantelli, et nescit quod ibi actum fuit.

Dixit autem se fuisse receptum per fratrem Oliverium Flamentum militem quondam, in quadam camera domus Templi de Castro Bernardi Xantonensis diocesis, in octabis Pasche proximo preteriti fuerunt octo anni vel circa ; presentibus fratribus Bartholomeo Morleti, tunc preceptore domus de Dompno Engolismensis diocesis, Arnuldo de Aldingena, cujus cognomen ignorat, quos credit vivere, et Hugo de Narzac, teste hodie jurato qui adfuit principio recepcionis sue sed non fini, qui recedens recommendavit ipsum testem dicto receptori, dicens quod de eo faceret sicut de suo, et Guillelmo Bergerii quondam servientibus, in hunc modum : nam cum instructus peciisset ter cum instancia sibi concedi panem et aquam, societatem et vestitum ordinis, et dictus receptor ei concessisset, fecit eum vovere et jurare super quemdam librum apertum castitatem, obedienciam, vivere sine proprio, et quod obediret omnibus preceptoribus qui proponerentur eidem, et servare precepta eorum quecumque essent ; et imposito sibi mantello, ipse receptor et astantes fuerunt eum.osculati in ore, et eo instructo de observancia jejuniorum ordinis et de aliis licitis, dictus receptor dixit ei :« Tu jurasti obedire omnibus preceptoribus tuis et preceptis que tibi fierent ; ego volo probare si servabis quod jurasti : unde precipio tibi quod abneges Deum. » Et cum ipse testis esset stupefactus de dicto precepto, et respiceret circumstantes, dictus Arnaudus subridens dixit ei :« Vade, facias hoc secure. » Et tunc dicto receptore dicente quod multa dicuntur ore quibus non consentitur corde, et quod abnegaret, ipse testis abnegavit Deum dolens, ore non corde, ut dixit. Post que immediate fecit eum jurare super dictum librum quod acquireret ordini quibuscumque modis posset, non declarando licitis vel illicitis. Alia illicita non intervenerunt in dicta sua recepcione vel post. Dixit tamen quod predictus frater Arnaudus dixit ei, post predictam recepcionem suam, quod amicos habuerat in dicta sua recepcione, quia multa alia intervenissent in dicta recepcione sua, quod non audebat idem frater Arnuadus revelare siti, nisi predictos amicos ibi habuisset ; ex quibus quidem verbis et propter abnegacionem predictam, dictus testis, turbatus et religionem habens suspectam, dimisit habitum, et infra annum a recepcione sua exivit dictum ordinem ; sed in crastinum fuit captus, et ad suasionem fratris Petri Theobaldi preceptoris tunc de Castro Bernardi, qui fecerat eum capi, et fratris Petri de Banes presbiteri quondam, qui absolvit eum, remansit in dicto ordine, quia permiserat sibi quod, si volebat remanere in dicto ordine et bene.facere, non revelaret recessum suum predictum. Requisitus si scit, credit, vel audivit dici quod dicta abnegacio confessata per eum interveniret communiter in recepcionibus aliorum fratrum ordinis vel post, vel aliquid aliud illicitum, respondit se credere quod alii abnegarent, de aliis illicitis aliud nesciens ; credit tamen quod, propter verba predicta sibi dicta a dicto fratre Arnaudo, et propter illa que multi ex fratribus ordinis sunt confessi, quod alia illicita intervenirent in recepcionibus aliorum vel post.

Item, dixit quod in die Veneris Sancta devote et reverenter adorabant crucem, et quod ipse bene credebat ecclesiasticis sacramentis, et credit quod alii fratres ordinis eodem modo crederent, et quod eorum sacerdotes debite celebrarent. In ejus tamen recepcione dictus receptor dixit ei quod absque licencia sui superioris non susciperet aliquem infantem de sacrofonte. Item, dixit se audivisse dicia fratribus ordinis quod preceptores tenentes capitulia imponebant disciplinas, et presbiteri absolvebant a peccatis. Juravit ordinem non exire, et credit quod idem jurarent, et quia exiverat, fuit a perjurio absolutus. Clandestine recipiebantur, ex quo credit quod esset suspicio contra eos. Cordulis unde volebant assumptis per penitenciam cingebantur super pannos lineos cum quibus jacebant. Injungebatur eis per sacramentum ne revelarent secreta capituliorum nec modum recepcionis illis qui non adfuerant, et qui contrarium fecissent incarcerati fuissent. Dicebatur eis quod, quamdiu poterant habere facultatem confitendi sacerdotibus ordinis, non debebant aliis absque eorum licencia confiteri. Fratres scientes errores esse in ordine, quos credit fuisse introductos a Magistro et de sciencia aliorum fratrum ordinis, fuerunt negligentes, quia non correxerunt eos-nec denunciaverunt Ecclesie, et credit quod ubique uniformiter reciperentur. Precipiebatur eis per preceptores eorum quod debite servarent elemosinas et hospitalitatem, et ornarent capellas, et revererentur senes ordinis. Audivit dici quod eorum capitulia clam tenebantur, nullis presentibus nisi fratribus ordinis, et quod providebatur ne videretur vel audiretur exterius quod interius agebatur. Credit quod ordinata per Magistrum cum conventu fuissent servata in ordine, contra quem propter predicta nunc grandia scandala, suspicio et infamia sunt exorta. Credit quod illicita que interveniebant in recepcionibus fratrum ordinis vel post essent communiter nota fratribus ordinis ante eorum capcionem, sed non extraneis, et quod magnus Magister et alii confessi fuerint illa que littere apostolice continent eos confessos fuisse. Non obtulerat se ad deffensionem ordinis.

Requisitus si sic deposuerat timore , amore , odio, vel temporali comodo habito vel habendo, respondit quod non, sed pro veritate dicenda, et ad exoneracionem consciencie sue ; cui fuit injunctum quod non revelaret hanc suam deposicionem, quousque attestaciones, fuerint publicate.

Acta fuerint hec dictis die et loco, presentibus me Floriamonte Dondedei, Bernardo Filiholi, Guillelmo Radulphi, Bernardo Humbaldi et Hugo Nicolai notariis supra dictis.
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- domus Templi de Castro Bernardi : établissement de Châteaubernard
- domus de Dompno : établissement du Dognon

8 mai 1311 - Interrogatoire de frère Guillelmus Audenbon, admis au Temple de Syourac (Civrac)

Texte original Traduction Notes et commentaires
Post hec, die Sabbati sequenti, que fuit VIII dies dicti mensis maii, fuit adductus ad presenciam eorumdem dominorum commissariorum, in domo predicta, frater Guillelmus Audenbon serviens, Petragoricensis diocesis, testis supra juratus, ut deponeret dictum suum, triginta annorum vel circa, mantellum ordinis et barbam defferens, cum quo inquisitum fuerat, absolutus et reconciliatus per dominum episcopum Xantonensem. Lectis autem et diiigenter expositis sibi omnibus et singulis articulis, respondit se nescire, nec credere, nec audivisse dici de, contentis in eis nisi quod sequitur, quia non steterat in ordine ante capcionem eorum, nisi per annum cum dimidio vel circa, nec videret recipi nisi unum alium. Ipse autem fuerat receptus, ut dixit, in capella domus Templi de Syourac Xantonensis diocesis, prima Dominica Quadragessime proximo preterite fuerunt v anni vel circa, per fratrem Guaufredum de Gonavilla preceptorem Acquitanie, presentibus fratribus Hugone Raynaudi preceptore dicte domus, qui detinetur Xantonis, Guillelmo Candelarii preceptore domus deu Deffes, qui detinetur apud Sanctum Johannem Angeliaci, Petrum de Montinhaco preceptorem de Castro Bernardi, in dicto loco Sancti Johannis detento, et quibusdam aliis de quorum nominibus non recordatur, in hunc modum : nam post multas bonas exhortaciones, dictus receptor fecit eum vovere et jurare super quoddam missale castitatem, obedienciam, vivere sine proprio, et servare bonos usus et bonas consuetudines, et non revelare secreta ordinis. Post que imposito sibi mantello, ipse et astantes osculati fuerunt eum in ore ; et allata ibidem quadam cruce cuprea de altare, per quemdam fratrem servientem quem non noverat assumpta, in qua erat ymago Crucifixi, peciit ab eo dictus receptor si credebat in illum qui representabatur per illam ymaginem, et si credebat quod ille esset Deus. Quo respondente quod sic, dixerunt dictus receptor et astantes quod hoc non crederet, et quod abnegaret Deum et crucem, et spueret super eam ; et tunc ipse testis, propter infestacionem eorum, abnegavit illum qui representabatur per ipsam crucem et ipsam crucem ore non corde, ut dixit, non tamen spuere voluit super dictam crucem. Postmodum dictus receptor, tenens in gremio suo involutum nescit quod, cupreum tamen erat, visus fuit velle quod idem testis adoraret seu oscularetur illud ; hoc tamen idem receptor ore non expressit, sed facto ad hoc tendere videbatur. Ipse autem testis, penitens de hiis que fecerat, sicut dixit, surgens, recessit ab eis, non exiens capellam predictam, et ipsi fuerunt locuti ad invicem nescit quod, et non induxerunt nec compulerunt eum tunc nec post ad illud illicitum faciendum. Dixit tamen ei dictus receptor quod cingeretur una cordula, quam ei quidam ex eis tradidit, super pannos lineos cum quibus jacere debebat ; non tamen scivit, nec audivit dici quod dicta cordula tangeret aliqua capita ydolorum nec predictam rem cupream, nec scit quod de dicta re cuprea fuit actum, licet pecierit a fratre Arnaudo Corradelli, quodam homine antiquo, qui adfuit recepcioni sue, et. morabatur in dicta domo, quod esset illud cupreum, per quem fuit sibi responsum quod nichil ad ipsum testem. Requisitus de nomine illius quem viderat recipi, et ubi, quando et a quo receptus fuerat, respondit quod vocabatur Galhardus, cujus cognomen ignorat, erat tamen de Burdegalensi diocesi oriundus. Quem idem receptor recepit in eadem capella, presentibus astantibus supra nominatis, infra dimidium annum a recepcione ipsius testis ; voto tamen emisso per dictum Galhardum et mantello sibi tradito, dictus testis, de mandato dicti receptoris, recessit, ut prepararet mensam, et nescit quod ex tunc egerunt. Credit tamen quod fecerunt eum abnegare, sicut fecerant ipsum testem, et mandaverunt quod spueret super crucem sicut mandaverant ipsi testi, et quod communiter et ubique idem servaretur in recepcionibus aliorum. Item, dixit qubd ipse bene credebat ecclesiasticis sacra-mentis, credens quod alii fratres ordinis eodem modo crederent, et quod eorum sacerdotes debite celebrarent ; non tamen credit quod dictus receptor qui fecit predicta fieri esset bonus christianus, nec quod faceret bona intencione predicta. Juravit ordinem non exire, credens quod alii idem jurarent. Clandestine recipiebantur, nullis presentibus nisi fratribus ordinis, ex quo credit quod esset suspicio contra eos. Credit quod revelantes secreta .capituliorum puniti fuissent. Fratres quos credit scivisse errores predictos fuerunt negligentes, quia non correxerunt eos nec denunciaverunt Ecclesie. Elemosinas et hospitalitatem vidit in dicta domo in qua receptus fuit et moratus convenienter fieri et servari, et fuit ei dictum quod acquireret ordini, non declarando per fas vel nefas. Credit quod ordinata per Magistrum cum conventu, si fuissent bona, servasset totus ordo, contra quem propter predicta nunc grandia scandala, suspicio et infamia sunt exorta, et contra quem magnus Magister et alii dicuntur aliqua fuisse confessi ; ad cujus deffensionem ordinis se non obtulerat, nec fuerat ultra mare.

Requisitus si sic deposuerat prece, precepto, timore, amore, odio, vel temporali comodo habito vel habendo, respondit quod non, sed pro veritate dicenda ; cui fuit injunctum quod non revelaret hanc suam deposicionem, quousque attestaciones fuerint publicate ; et intelligebat latinum.
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Tome 2, p. 202-204

Lieux :
- domus Templi de Syourac : établissement de Civrac, précepteur Hugone Raynaudi
- domus deu Deffes : établissement du Deffens, précepteur Guillelmus Candelarii
- domus de Castro Bernardi : établissement de Châteaubernard, précepteur Petrus de Montinhaco

frère Guaufredus de Gonavilla precepteur d’Aquitaine

8 mai 1311 - Interrogatoire de frère Hugo de Narsac, précepteur de la maison du Temple des Epeaux (Meursac 17)

Texte original Traduction Notes et commentaires
Frater Hugo de Narsac serviens, preceptor domus Templi de Espans Xantonensis diocesis, testis supra juratus, mantellum ordinis et barbam defferens, quadragenarius vel circa, cum quo inquisitum fuerat, absolutus et reconciliatus per dominum episcopum Xantonensem, lectis et diligenter expositis sibi omnibus et singulis articulis, respondit se nescire, nec credere, nec audivisse dici de contentis. in eis nisi quod sequitur : videlicet quod in recepcionibus fratrum ordinis, post aliquas bonas exhortaciones, et post votum et juramentum factum per eos quod servarent castitatem, obedienciam, et viverent sine proprio, et post tradicionem mantelli et osculum oris, faciebant dictos fratres communiter abnegare Deum, et hoc precipiebatur eis, quia juraverant obedire omnibus preceptoribus suis et preceptis que. eis fierent, unde ne reputarentur perjuri et inobedientes, abnegabant Deum. Verumptamen aliquando supersedebant ab hoc, quando recipiebantur, multum potentes et nobiles, et habebant multos de amicis suis secum, ne possent ista divulgari. Requisitus quomodo sciebat predicta, respondit quod ipse receptus fuerat secundum modum predictum, in capella domus Templi de Dempuho Xantonensis diocesis, in octaba Resurrectionis Dominice proximo preterite ; fuerunt xxv anni vel circa, per fratrem Petrum de Banhol quondam, preceptorem tunc dicte domus, presentibus fratribus Bernardo Calho, Petro Fulcandi et Johanne Daussac, servientibus deffunctis. Primatamen die recepcionis sue, nec eciam extunc fere per duos menses, non fecit predicta, sed elapsis duobus mensibus vel circa, cum supervenisset ad dictam domum frater Johannes lo Frances quondam, preceptor tunc Pictavie, et scivisset cum receptore quod ipse testis non fecerat abnegacionem predictam, quia expectaverat ad hoc faciendum dictum preceptorem, ut dicebat dictus preceptor, convocato capitulio intra dictam capellam, et clauso ostio dicte capelle, precepit eidem testi quod abnegaret Deum ; et quia ipse,testis juraverat obedire quibuscumque preceptis que sibi fierent et preceptoribus suis, et quod non dimitteret ordinem pro meliori vel pejori, abnegavit Deum ore, non corde, in presencia dicti receptoris, et aliorum qui adfuerant recepcioni sue, et fratris Mathie de Stampis quondam servientis dicti preceptoris. Aliqua tamen alia illicita non dixit nec precepit eidem preceptor predictus. Dixit eciam quod ex tunc frequenter habuerat voluntatem ordinem propter hoc specialiter exeundi, sed non audebat, quia timebat quod caperetur ab eis, et quod sibi personale periculum immineret. Item, dixit quod ipse receperat fratrem Arneum de Britannia presbiterum quondam, in capella domus Templi Andegavensis, sunt circiter xii anni, presentibus fratribus Mathia Velhardi de Castro Raynaudi Turonensis diocesis, Marcilio cujus cognomen ignorat, deffunctis, et Guillelmo de Munac Turonensis diocesis quem credit vivere, servientibus, in quorum presencia, prima die recepcionis, fecit eum, post tradicionem mantelli, abnegacionem facere supradictam, de quo fuit idem presbiter multum turbatus.

Requisitus quare fecit fieri predictam abnegacionem, respondit quod pro eo quia communiter fiebat in ordine, et quia sibi videtur quod frater Petrus de Villaribus miles quondam, tunc preceptor Pictavie, preceperat eidem testi quod, quando reciperet fratres, faceret fieri abnegacionem predictam. Item, dixit quod plures recepisset, nisi consciencia remordisset eum de hoc quod illicite agebatur in recepcionibus predictis, et quia frequenter fiebant per symoniam, data peccunia vel aliis equipolentibus. Dixit eciam quod secundum modum predictum viderat in ordine recipi multos, in capitulis celebratis apud Ausonem Pictavensis diocesis et in aliis locis, et nominavit dictum fratrem Guillelmum de Munac, quem vidit recipi in capella domus Templi de Balo Turonensis diocesis, sunt xvi anni et ultra, per fratrem Amblardum de Vienesio quondam, preceptorem tunc Pictavie, presentibus fratribus Thoma de Verrone quondam, et aliis de quibus non recordatur ; de hominibus aliorum quos secundum modum predictum vidit recipi dixit pre-sencialiter se non recordari. Item, dixit se interfuisse recepcionibus fratris Guillelmi de Sorolme, testis heri examinati ; sed tradito sibi mantello recessit, quia cogitabat quod fieret abnegacio predicta, et recomrnendavit eum receptori dicti Guillelmi, qui attiriebat eidem testi ; et fratrum Hugonis de Anesio Turonensis diocesis, et Guillelmi Juyto ejusdem diocesis militum, receptorum insimul in capella domus Templi de Auson in capitulio generali, sunt xvi anni elapsi, per dictum fratrem Amblardum, ut sibi videtur, presentibus preceptoribus et fratribus qui consueverunt ad dictum capitulum convenire ; et fratris Hugonis de Relheyo ejusdem diocesis militis, recepti apud Auso in capitulio generali, per dictum fratrem Gaufredum, per unum annum vel circa ante capcionem eorum, nec non et cujusdam alterius fratris militis, cujus nomen et cognomen ignorat, filii. domine de Cloye Pictavensis diocesis, recepti in dicto loco de Auso, in dicto capitulio in quo receptus fuerat dictus Hugo ; sed propter nobilitatem et potenciam dictorum quatuor militum et amicorum eorumdem, non fecerunt abnegacionem predictam, nec fuit preceptum eisdem, nec aliqua alia illicita intervenerunt in recepcionibus eorum nec post, quod ipse sciverit vel audiverit dici. Requisitus si scit ; credit, vel audiverit dici quod aliqua alia illicita preter dictam abnegacionem intervenirent in recepcionibus fratrum ordinis vel post, respondit quod communiter precipiebatur eis quod acquirerent ordini quibuscumque modis possent, et licet non declararent licitis vel illicitis, verba tamen predicta imminebant (?) hoc, et de facto frequenter servabant quomodo poterant. Item, dixit se vidisse quod fratres Johannes Godelli de Turonis, et quidamalius serviens stulti, minxerunt semel in pede cujusdam crucis lignee erecte in cimitterio dicte domus de Balo ; et cum ipse testis reprehendisset eos de hoc, quia erant ibi alia loca propinqua in quibus poterant mingere, et quia videbantur industriosse hoc facere in despectum crucis, responderunt ei quod ipse habebat facere de hoc, et quod nichil ad eum. Audivit dici de aliis fratribus ordinis quod facerent aliqua opprobria cruci, nec quod hoc preciperetur eisdem. Item, dixit se frequenter audivisse dici a multis fratribus venientibus de ultra mare, sed non recolit a quibus, quod frater Jacobus magnus Magister ordinis, ultra mare existens, commitebat crimen sodomiticum cum quodam valeto camerario suo, quem multum diligebat, vocato Georgio, qui fuit submersus ex insperato in presencia dicti Magistri et aliorum, transeundo quamdam aquam in riparia Januerisi, et credit ipse testis quod fuerit ultio divina propter peccatum predictum, quo eciam dicebantur abuti alii majores ordinis ultra mare ; et inter alios erat de hoc multum diffamatus frater Sicardus de Rupe miles, preceptor Burdegale quondam ; non tamen vidit, vel audivit dici ipse tamen testis, nec credit quod ex preceptis vel statutis ordinis dictum peccatum perpetrarent inter eos, vel quod eis esse licitum diceretur. Item, dixit se audivisse dici a dicto receptore suo, in recepcione sua, qui precepit ei quod abnegaret Deum, quod propter dictam abnegacionem plus in bonis temporalibus habundaret, et idem aliis dicebatur. Item, dixit quod ipse bene credebat ecclesiasticis sacramentis, sed de aliis si crederent ignorat ; sed videbantur credere, et aliqui plus, et alii minus. Credit eciam quod eorum sacerdotes debite celebrarent, et quod eorum missalia essent talia, qualia sunt ecclesie. Item, dixit se audivisse dici in ordine quod magnus Magister habebat privilegium a Papa, propter quod dabat sacerdotibus ordinis potestatem absolvendi fratres a peccatis eorum, et propter quod ipse Magister et alii preceptores laici absolvebant fratres ab inobedienciis eorum. Item, dixit se audivisse dici frequenter a multis fratribus ordinis, de quorum nominibus non recordatur, quod dictus frater Jacobus Magister ordinis, quando recipiebat aliquos, faciebat se osculari ab eis non solum in ore, sed eciam in umbilico et retro in spina dorsi in carne nuda. Item, dixit quod jurabant ordinem non exire. Clandestine recipiebantur, nullis presentibus nisi fratribus ordinis, ex quo credit quod esset suspicio contra eos. Propter honestatem cingebantur cordulis super panos lineos cum quibus jacebant ; et jurabant non revelare secreta capituliorum ; et qui revelasset fuisset reputatiis inobediens et excommunicatus, et perdidisset mantellum. Inhibebatur eis ne absque licencia confiterentur aliis quam sacerdotibus ordinis. Fratres ordinis quibus credit predictos errores notos fuisse fuerunt negligentes, quia non correxerurit eos nec denunciaverunt Ecclesie. Elemosinas et hospitalitatem. vidit in aliquibus domibus ordinis satis convenienter fieri, et in aliis restringi. Eorum capitulia generalia clam tenebantur, frequentius ante diem quam de die, nullis presentibus nisi fratribus ordinis, et providebatur ne audiretur exterius quod interius agebatur. Credit quod dicti errores diu duraverunt in ordine, et quod ortum habuerint ultra mare, ubi frequenter conversabantur cum Saracenis, et frater Guillelmus de Bello Jocco Magister quondam ordinis, et frater Matheus do Sauvacge miles, contraxerunt magnam amiciciam cum soldano et Sarracenis, et dictus frater Matheus conversabatur inter eos, et prefatus frater Guillelmus habebat aliquos Sarracenos ad stipendia sua quando volebat, et dicebant quod hoc faciebant propter majorem securitatem eorum ; sed alii de hoc obloquebantur. Ordinata per Magistrum cum conventu servasset totus ordo, contra quem propter predicta nunc grandia scandala, suspicio et infamia sunt exorta, et contra quem dictus Magister et alii dicuntur aliqua fuisse confessi ; ad cujus ordinis deffensionem se non obtulerat, nec fuerat ultra mare.

Requisitus si sic deposuerat prece, precepto, timore, amore, odio, vel temporali comodo habito vel habendo, respondit quod non, sed pro veritate dicenda ; cui fuit injunctum. quod non revelaret hanc suam deposicionem, quousque attestaciones fuerint publicate ; et intelligebat latinum.

Acta fuerunt hec dictis die et loco, presentibus magistro Amisio, me Floriamonte Dondedei, et aliis notariis supra ultimo nominatis.
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Témoin à charge

Lieux  :
- Templi de Espans : établissement des Epeaux - Précepteur : Hugo de Narsac
- domus Templi de Dompuho : établissement du Dognon (Cressac-Saint-Genis 16) - Précepteur : Hélias Raynaudi, originaire du diocèse de Périgueux.
- domus Templi Andegavensis : établissement d’Angers (49)
- domus Templi de Balo : diocèse de Tours
- domus Templi de Auson : chapitre général

Sarracenis = sarrasin, que combattent les Templiers en Terre Sainte.

10 mai 1311 - Interrogatoire de frère Helias Costati, admis au Temple des Epeaux (Meursac 17)

Texte original Traduction Notes et commentaires
Post hec, die Lune sequenti, que fuit x dies dicti mensis maii, fuit adductus ad presenciam eorumdem dominorum commissariorum, in domo predicta domini Petri de Sabaudia, frater Helias Costati serviens, Xantonensis diocesis, testis suprajuratus, ut deponeret dictum suum, sexagenarius vel circa, mantellum ordinis et barbam defferens, cum quo inquisitum fuerat, absolutus et reconciliatus per dominum episcopum Xantonensem. Lectis autem et diligenter expositis sibiomnibus et singulis articulis, respondit se nescire, nec credere, nec audivisse dici de contentis in eis nisi quod sequitur : quia non vocabatur ad concilia eorum, pro eo quod erat simplex, et habebat curam molendinorum. Dixit autem se fuisse receptum, in festo Pasche proximo preterito fuerunt xxv anni vel circa, in quadam camera domus Templi de Espanas Xantonensis diocesis, per fratrem Amblardum de Vienesio militem, quondam preceptorem, presentibus fratribus Jacobo de Noian, preceptore dicte domus, et Roberto de patria dicti Jacobi, cujus cognomen ignorat, serviente, de quorum vita vel morte non habet certitudinem, et quibusdam aliis deffunctis. A quo receptore peciit instanter panem et aquam ordinis ; quibus concessis eidem, fecit eum dictus receptor vovere et jurare castitatem, obedienciam, vivere sine proprio, et imposito ei mantello, ipse et omnes astantes osculati fuerunt in ore ; et de abnegacione, obprobriis crucis et aliis illicitis in articulis contentis, nec tunc nec post fuit facta mencio eidem. ; nec scit, nec vidit, nec audivit dici quod aliquid illicitum interveniret in recepcione fratris Petri Geraldi de Mursac servientis, Xantonensis diocesis, testis supra jurati sed. nondum examinati, quem vidit recipi in capella dicte domus de Espaneis, per fratrem Theobaldum de Turonia., militem quondam, in isto tempore Paschali sunt circiter XIIII anni, presentibus fratribus Petro Auriol, detento Xantonis, Guillelmo de Serie et Johanne de Mursac servientibus, deffunctis ; nec in recepcione dicti Roberti, qui fuit similiter ab eodem et per eundem modum ac eisdem presentibus receptus, cum ipso teste ; nec credit,quod aliqua illicita intervenirent in recepcionibus aliorum fratrum ordinis nec post, quia non vidit, nec scivit, nec audivit dici ante capcionem eorum, licet aliqua illicita dicat se fuisse confessum coram dicto domino episcopo Xantonensi, propter carceris asperitatem, et propter terrorem qui ab aliis quam a dicto domino episcopo inferebatur eidem. Item, dixit quod ipse bene credebat ecclesiasticis sacramentis, et credit quod alii fratres ordinis eodem modo crederent, et quod eorum sacerdotes debite celebrarent, et dixit quod ter communicabant in anno, scilicet in Paschate, Pentecoste et Nativitate. Juravit ordinem non exire. Clandestine recipiebantur, nullis presentibus nisi fratribus ordinis, ex quo potest esse suspicio que erat contra eos. Cordulis unde volebant assumptis per penitenciam cingebantur super camisias cum quibus jacebant. Preceptum fuit quod confiteretur fratribus sacerdotibus ordinis, et credit quod ubique fratres reciperentur licite, sicut deposuit se fuisse receptum. Elemosinas et hospitalitatem vidit convenienter fieri et servari in domibus ordinis in quibus extitit commoratus. Credit quod ordinata per Magistrum cum conventu, si fuissent bona et licita, servasset totus ordo, contra quem nunc indebite, ut credit, grandia scandala, suspicio et infamia sunt exorta. Audivit tamen dici quod dictus Magister et aliqui alii aliqua illicita fuerunt contra ordinem confessi, et credit quod fuerint mentiti ; et non potulerat se ad deffensionem ordinis, et non fuerat ultra mare.

Requisitus si sic deposuerat prece, precepto, timore ,amore, odio, vel temporali comodo habito vel habendo, respondit quod non, sed pro veritate dicenda ; cui fuit injunctum quod non revelaret hanc suam deposicionem, quousque attestaciones fuerint publicate.
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Tome 2, p. 209 ss.

- domus Templi de Espanas (ou Espaneis) : Etablissement des Epeaux (17 Meursac) - précepteur frère Amblardus de Vienesio, puis Jacobus de Noian

10 mai 1311 - Interrogatoire de frère Pierre Geraldi de Mursac, admis au Temple des Epeaux (17 Meursac)

Texte original Traduction Notes et commentaires
Frater Petrus Geraldi de Mursac serviens, Xantonensis diocesis, testis supra juratus, XLVIII annorum vel circa, mantellum ordinis et barbam defferens, cum quo inquisitum fuerat, absolutus et reconciliatus per dominum episcopum Xantonensem, lectis et diligenter expositis sibi omnibus et singulis articulis, respondit se nescire, nec credere, nec. audivisse dici de contentis in eis nisi quod sequitur : dixit nempe fuisse receptum, in. festo Nativitatis Domini proximo preterito fuerunt XIIII anni vel circa, in capella domus Templi de Enspaneis Xantonensis diocesis, per fratrem Theobaldum, militem quondam, preceptorem tunc dicte domus, presentibus fratribus Helia Costati, teste proximo examinato ut sibi videtur, et aliquibus, aliis deffunctis, in hunc modum : nam cum requisivisset instanter societatem proborum ordinis, et sibi concessa fuisset, dictusque receptor fecit eum vovere et jurare castitatem, obedienciam, vivere sine proprio, quod esset servus esclavus ordinis, et quod non revelaret secreta capituliorum ; et imposito sibi mantello, ipse et astantes fuerunt eum osculati in ore. Quo facto idem receptor dixit ei in presencia aliorum quod, ex quo promiserat obedire, volebat et precipiebat quod abnegaret Deum et eciam crucem ; et ipso teste respondente quod hoc nullo modo faceret, dixit quod oportebat eum facere, quia ita erat consuetum fieri in ordine, et tunc ipse testis abnegavit ore non corde, ut dixit. Requisitus de dicta cruce, ubi et qualis erat, respondit quod erat erecta supra altare, et videbatur argentea deaurata.

Item, dixit quod post predicta dictus receptor, extrahens de sinu suo quamdam parvam ymaginem de leone vel de auro, que videbatur habere effigiem muliebrem, dixit ei quod crederet in eam, et haberet in ea fiduciam, et bene sibi esset. Requisitus si declaravit ei cujus esset dicta ymago, vel si hoc scit, respondit quod non, nec ex tunc vidit eam, quia immediate dictus receptor reposuit eam in sinu suo ; pocius tamen credit quod representaret aliquam malam rem quam bonam, propter abnegacionem predictam quam pecierat. Item, dixit quod, cum predicta acta fuissent, dictus Raynaudus miles dixit si facerent fieri per ipsum testem osculum turpe, et dictus receptor dixit quod super sederent tunc, quia alias fieret. Alia illicita non intervenerunt in dicta.sua recepcione nec post.

Item, dixit quod per eumdem modum vidit recipi fratrem Arnaudum servientem quondam, EngoIismensis diocesis, ut credit, cujus cognomen ignorat in quadam camera ejusdem loci et per eumdem receptorem, sunt circiter novem anni, presentibus fratribus Guillelmo de Motone detento apud Rupellam, Petro Auriol, detento Senonis ; et Guillelmo de Minac Engolismensis, ut credit, diocesis, quem credit vivere, Johanne Costati quondam fratre dicti Helie Cotati, et predicto Raynaudo Bertrandi milite. ; quare credit quod per eundem modum ubique fratres dicti ordinis reciperentur. Item, dixit quod ipse bene credebat ecclesiasticis sacramentis, credens quod aliqui ex aliis fratribus ordinis eodem modo crederent, sed non credit quod alii qui faciebant predicta fieri essent boni Christiani. Credit eciam quod eorum sacerdotes debite celebrarent. Jurabant ordinem non exire ; statim pro professis habebantur. Clandestine recipiebantur,. Nullis presentibus nisi fratribus ordinis, exquo credit quod esset suspicio contra eos. Audivit dici ab aliquibus fratribus ordinis quod aliqui ex fratribus existentibus ultra mare perpetrabant- crimen sodomiticum, nori tamen audivit dici quod fas esset eisdem secundum ordinis constituta. Cordulis unde volebant assumptis cingebantur super camisias cum quibus jacebant. Injungebatur eis per sacramentum ne revelarent secreta capituliorum nec modum recepcionis sue, et qui revelassent, vel predicta illicita facere noluissent, graviter puniti fuissent. Inhibitum fuit ei per preceptorem domus de Espaneis quod non confiteretur nisi sacerdotibus ordinis, sed hoc non servabatur. Cujus ordinis fratres quos credit scivisse errores confessatos per eum fuerunt negligentes, quia non correxerunt eos nec denunciaverunt Ecclesie. Elemosinas et hpspitalitatem vidit convenienter fieri et servari in domibus ordinis in quibus extitit commoratus, et audivit dici quod eorum capitulia clam tenebantur, nullis presentibus nisi fratribus ordinis, et aliquando tempestive. Frequenter indebite. acquirebant ordini, sed non precipiebatur eisdem. Credit quod ordinata per Magistrum cum conventu fuissent servata in toto ordine, contra quem nunc grandia scandala, suspicio et infamia sunt exorta ; a quo libenter exivisset.-propter predicta confessata per eum et propter asperitates ordinis, nisi timuisset capi, et sibi periculum immineret. Audivit dici dictum Magistrum et alios aliqua fuisse confessos contra ordinem, ad cujus deffensionem se non obtulerat, nec fuerat ultra mare.

Requisitus si sic deposuerat prece, precepto, timore, amore, odio, vel temporali comodo habito vel habendo, respondit quod non, sed pro veritate dicenda ; cui fuit injunctum quod non revelaret hanc suam deposicionem, quousque attestaciones fuerint publicate.
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- domus Templi de Enspaneis : établissement des Epeaux (17 Meursac) - précepteur frère Théobald

18 mai 1311 - Interrogatoire de frère Hugo de Jansac, admis au Temple du Fouilloux

Texte original Traduction Notes et commentaires
Quo facto, dictus frater Hugo de Jansac, quadragenarius vel circa, qui mantellum voluntarie dimiserat et radi fecerat sibi barbam, cum quo inquisitum fuerat, absolutus et reconciliatus per dominum episcopum Claromontensem, lectis et diligenter expositis sibi omnibus et singulis articulis, respondit se nescire, nec credere, nec audivisse dici de contentis in eis nisi quod sequitur : videlicet quod ipse receptus fuerat per fratrem Petrum de Madito militem quondam, in capella domus Templi de Folhos diocesis Xantonensis, circa medium Augustum instantem erunt xx anni, presentibus fratribus Ysarno de Petragoricinio serviente, cujus cognomen ignorat, Stephano de Monte Acuto Claramontensis diocesis, quos credit vivere ; Guillelmo Pictavini preceptore de Castro Bernardi, et Roberto Guideti servientibus, deffunctis. A quo receptore petita societate ordinis et ei concessa, fecit eum vovere et jurare castitatem, obedienciam, vivere sine proprio, servare bonos usus qui tunc erant in ordine et qui in posterum imponerentur de consilio proborum ordinis, non revelare secreta capituliorum, et quod non dimitteret ordinem pro forciori vel debiliori.

Post que precepit ei idem receptor, in presencia aliorum, quod abnegaret Deum, quia hoc erat ex precepto ordinis, et ipse testis, qui juvenis erat tunc, ut dixit, abnegavit Deum ore, non corde. Deinde allata nescit per quem ex dictis fratribus quadam cruce metallina in qua erat ymago Crucifixi, et in gremio ejusdem receptoris collocata, precepit eidem testi quod spueret super dictam crucem, et ipse testis non spuit supra sed juxta. Postmodum dixit ei quod fratribus ordinis poterat carnaliter commisceri, et ipsi cum eo ; hoc tamen non fecit, nec fuit requisitus, nec credit quod in ordine fieret. Quo facto, idem receptor fuit osculatus ipsum testem in umbilico super vestes, et postmodum imposuit sibi mantellum, sed nec ipse receptor nec astantes, quod ipse recolat, fuerunt ipsum testem osculati in ore. Alia illicita non intervenerunt in dicta sua recepcione nec post.

Requisitus si predicta illicita interveniebant communiter et ubique in recepcionibus aliorum vel post, respondit quod sic, et quod ipse secundum predictum modum receperat fratrem Petrum de Nuce servientem, Turonensis diocesis, quem credit vivere, in capella domus Templi de Nuce dicte diocesis, sunt circiter XIII anni, presentibus fratribus Galtero de Biso Bituricensis et Andrea Bernii Macloviensis diocesium, deffunctis, ut credit. Requisitus quare fecerat predicta fieri, respondit quod pro eo quia dictus receptor dixerat ei quod predicta illicita debebant fieri ex precepto ordinis.

Item, dixit quod per eundem modum viderat recipi fratrem Gerardum de Folhos Xantonensis diocesis servientem, de cujus vita vel morte non habet certitudinem, in capella dicte domus de Folhos, per fratrem Petrum de Turonis preceptorem de Fretay Turonensis diocesis, sunt circiter x anni, presentibus fratribus Petro de Asiniaco, et Stephano de Monte Acuto predicto, et Guillelmo de Bissac servientibus, de quorum vita vel morte non habet certitudinem. Vidit eciam per eundem modum recipi fratrem Petrum et nepotem fratris Guillelmi Juyto militis, cujus cognomen
ignorat ; erat tameri miles, et fuit receptus in capitulo generali, in
capella domus Templi de Auso Pictavensis diocesis, non recolit bene
per quem, sunt circiter xv anni, et fuerunt presentes frater Guillelmus du Leige preceptor de Rupella, et frater Johannes de Sancto Benedicto, testes supra examinati, et dictus Guillelmus Juytos, avunculus ipsius Petri.

Vidit eciam per eundem modum recipi quemdam militem, cujus nomen et cognomen ignorat, qui fuit in servicio dicti preceptoris de Rupella, et fuit receptus in dicto capitulo de Auso cum dicto Petro, per eundem et eisdem presentibus ; plurium recepcionibus non recolit se adfuisse. Item, dixit quod in die Veneris sancta reverenter et devote adorabant crucem, et quod ipse bene credebat ecclesiasticis sacramentis, et credit quod alii fratres ordinis eodem modo crederent, et quod eorum sacerdotes debite celebrarent.

Clandestine recipiebantur, nullis presentibus nisi fratribus ordinis, ex quo credit quod esset suspicio contra eos. Cordulis unde volebant assumptis cingebantur super camisias cum quibus jacebant. Qui revelassent secreta capituliorum, graviter puniti fuissent. Fratres ordinis qui sciebant dictos errores fuerunt negligentes, quia non correxerunt eos nec denunciaverunt Ecclesie. Ex precepto superiorum suorum fiebat elemosina generalis ter in ebdomada omnibus venientibus et cotidie peregrinis, et precipiebatur quod eorum capellas bene tenerent ornatas, et quod non acquirerent indebite ordini. Capitulia vidit teneri, missa celebrata, in aurora, januis clausis, et providebatur ne audiretur exterius quod interius agebatur. Ordinata per Magistrum cum conventu servasset totus ordo, contra quem nunc grandia scandala, suspicio et infamia sunt exorta ; et audivit dici a fratribus Geraldo la Vernha preceptore de Petragoricinio, et Petro Daubo tunc preceptore in Vienesio, servientibus deffunctis, sunt circiter vn anni, dum simul equitarent de Villagast apud Civray Pictavensis diocesis, quod dicti errores non duraverant longo tempore in ordine, et quod, si Deo placeret, corrigerent, et credit ipse testis quod alii fratres ordinis communiter scirent dictos errores confessatos per eum, et quod Magister et alii fratres ordinis eadem sint confessi. Non obtulerat se ad deffensionem ordinis, nec fuerat ultra mare.

Requisitus si sic deposuerat prece, precepto, timore, amore, odio, vel temporali comodo habito vel habendo, respondit quod non, sed pro veritate dicenda ; cui fuit injunctum quod non revelaret hanc suam deposicionem, quousque attestaciones fuerint publicate ; et intelligebat Latinum.
Page en travaux

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Un commentaire sur cet interrogatoire :

Chevalerie du Temple. — Le mercredi 18 mai 1309, les évêques de Manton et de Limoges, Mathieu de Naples, archidiacre de l’église de Trente, etc., se réunirent chez Pierre de Savoie. Après la lecture et l’exposition lucide des articles incriminés, on interrogea Hugues de Jansac. Celui-ci répondit qu’il n’avait aucune connaissance des monstruosités dont on accusait son Ordre, qu’il n’y croyait pas et n’en avait jamais entendu parler ; il ne savait, ajouta-t-il, qu’une chose, c’est qu’il avait été reçu jadis par Pierre de Madit, chevalier, dans la maison du Temple de Folhos en Saintonge, en présence de Jean de Périgueux, Etienne de Montaigu et Guillaume Poitevin, commandeur de Château-Bernard en la même province, Guillelmo Pictavino praeceptore de Castro-Bernardi. (Documents inédits de l’hist. de France, procès des Templ., t 2, p. 234.)

Source : L’Ouest aux Croisades - H. de Fourmont - Nantes & Paris - 1867 - Books Google

Tome 2, p. 254 ss.

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