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1318 - 1322 : Saintes (17), enjeu des rivalités franco-anglaises : la guerre des Bâtards

D 4 décembre 2008     H 15:24     A Pierre     C 0 messages A 3628 LECTURES


De 1318 à 1322, au cours de la "guerre des bâtards", français et anglais se disputent et ruinent Saintes, son Capitole gallo-romain et son abbaye aux Dames, situés de part et d’autre de la frontière des deux royaumes.

Daniel Massiou développe cet épisode avec un art consommé du récit historique plein de rebondissements : vous aurez envie d’aller jusqu’au bout de la page.

Source : Revue franco-anglaise – Tome IV – Année 1836 - Daniel Massiou - Extrait d’une histoire inédite de la Saintonge et de l’Aunis. - Books Google

Querelle entre le roi d’Angleterre et l’abbesse de Saintes, et Guerre des Batards (1318-1322)

Vers la fin de l’année 1318, le pape Jean XII accorda dix jours d’indulgence à tous ceux qui, prosternés devant l’autel de la Vierge, lui demanderaient trois fois, avec un cœur contrit, le pardon de leurs crimes. Cette oraison, pour être efficace, devait être faite à l’heure où, suivant un pieux usage consacré dans la ville de Saintes [1], on sonnait la cloche, au déclin du jour, pour avertir les fidèles d’implorer la protection de Marie par une salutation angélique [2].

Cette grâce du saint-siège avait surtout pour but, en inspirant une nouvelle ferveur pour la mère du Christ, de ranimer dans les âmes le sentiment des devoirs religieux qui s’était singulièrement affaibli, en Aquitaine, au milieu des luttes politiques de l’Angleterre et de la France. Né de l’insouciance et de l’agitation du monde, ce relâchement commençait à pénétrer dans les cloîtres, où l’observance de la règle devenait de plus en plus incommode, et où l’on s’arrangeait, en secret, pour en tempérer la rigueur.

Le mal avait surtout fait des progrès dans l’abbaye royale de Notre-Dame de Saintes, lorsque Agnès de Rochechouart en fut nommée abbesse, en 1313. Sentant la nécessité d’opposer enfin une digue puissante au torrent envahisseur des innovations, cette pieuse dame prit le parti de rédiger elle-même [3] des statuts propres à opérer une réforme salutaire dans le moutier confié à sa direction, et à y rétablir l’ancienne discipline monastique, depuis longtemps tombée dans l’oubli [4].

Mais Agnès ne s’en tint pas là. Après avoir repoussé loin de son troupeau la contagion des vices du siècle, elle osa lutter contre les pouvoirs politiques de son temps, et conçut le hardi projet de secouer la suzeraineté du roi d’Angleterre pour rentrer sous celle du roi de France.

Engagé dans une guerre ruineuse en Ecosse, Edward abandonnait à des lieutenants despotes le gouvernement de ses possessions d’outre-mer, dont il ne s’occupait que pour y faire lever de larges tributs par ses officiers. Ceux-ci n’épargnaient ni les châteaux ni les abbayes. Aussi le haut baronnage et les congrégations monastiques de la Saintonge du sud aspiraient-ils, en dépit du traité de 1259, à se soustraire au pouvoir oppressif de l’Anglais, pour rentrer sous l’obéissance plus commode et moins exigeante des successeurs de saint Louis.

Charles-le-Bel occupait, depuis un an , le trône de France. Le conseil de ce prince se montrait assez disposé à seconder les projets de l’abbesse Agnès. Des commissaires furent même envoyés en Saintonge pour examiner si le monastère de Notre-Dame devait relever de la couronne de France ou de celle d’Angleterre [5]. Ces officiers, sous prétexte d’accomplir leur mission, passèrent dans l’Ile d’Oleron, où l’abbesse de Saintes possédait des fiefs considérables, et, étendant outre mesure les pouvoirs dont ils étaient revêtus, introduisirent dans l’île des innovations contraires aux lois anglaises [6].

1328 - La France à l’avènement des Valois

Une carte pour mieux comprendre la situation de la France à l’époque de ce récit. Les possessions anglaises en Guyenne sont représentées en jaune. Le fleuve Charente sert de frontière entre les deux royaumes. La Saintonge est coupée en deux.

Edward, informé de cette atteinte portée à ses droits, s’en plaignit au roi de France. « Plus je souhaite vivement, lui écrivit-il [7], qu’une paix durable règne entre nous, plus je suis péniblement affecté lorsqu’il me vient des nouvelles du continent de nature à faire naître entre vous et moi quelque nuage. Je prie donc votre magnificence de recommander, ainsi qu’il convient, à ses officiers, de ne plus rien entreprendre contre mes droits et ceux de mes hommes d’Oleron [8]. »

La question soulevée par l’abbesse de Saintes n’en continua pas moins d’être agitée. L’année suivante [9], le procès fut soumis à la cour des pairs de France, où il fut longuement débattu. On envoya de nouveaux commissaires en Saintonge pour entendre des témoins. La bonne foi ne présida point à cette enquête, qui n’était qu’un moyen dilatoire pour faire traîner le procès en longueur. Cependant les terres de l’abbaye étaient occupées par les officiers de Charles-le-Bel, qui, pour faire respecter l’autorité de leur maître, ne se faisaient pas faute d’empiéter sur celle du roi d’Angleterre. Ce prince écrivit de nouveau [10] au roi de France pour le prier de mettre enfin un terme à tant d’injustices [11].

Mais n’attendant pas un meilleur résultat de cette seconde missive que de la première, il s’adressa le lendemain [12] au pape pour réclamer l’intervention de son autorité apostolique.

« Je couvre de baisers pieux, écrivit-il au pontife, vos bienheureux pieds. Dans tous les temps l’abbesse du monastère de Saintes et ses prédécesseurs ont tenu immédiatement de moi et de mes ancêtres les biens temporels dépendants de leur abbaye dans mon duché de Guienne. Cependant, voilà que par une frauduleuse intrigue, sans permission de ma part et contre l’autorité des saints canons, l’abbesse de Saintes prétend tenir lesdits biens de la couronne de France, au mépris de mes titres héréditaires et au préjudice de mes droits. Je supplie donc votre clémence de daigner sévir spirituellement contre l’abbesse qui ose élever une prétention aussi injuste, afin que, retenue par la crainte d’un châtiment sévère, elle ne cherche plus à me dépouiller de ce qui m’appartient [13]. »

Cette réclamation n’eut pas apparemment tout le succès qu’Edward s’en était promis, car ce prince fut obligé, quatre mois après [14], pour rétablir, dans l’île d’Oleron, son autorité ébranlée par les intrigues de la cour de France, d’envoyer sur le continent l’évêque d’Ety, avec la commission spéciale de pourvoir au gouvernement et à la garde de cette île qui se trouvait sans gouverneur. Il recommanda en même temps aux insulaires d’obéir en tout à l’officier qui serait choisi par le prélat [15].

La mauvaise foi dont Charles-le-Bel avait fait preuve dans l’affaire de l’abbaye de Saintes avait vivement indisposé contre lui le roi d’Angleterre. D’autres sujets de rupture étrangers à cette histoire surgirent bientôt après entre les deux monarques rivaux. Edward publia [16] une déclaration de guerre contre la France, sans avoir rien préparé pour la soutenir. Les commandants des bâtiments anglais eurent ordre de courir sus aux Français partout où ils les rencontreraient. La guerre recommença donc en Guienne.

Un ramas de vagabonds, à la solde de l’Angleterre, sortirent de la Gascogne et se jetèrent sur la Saintonge du nord, où ils mirent tout à feu et à sang. Ces bandits étaient connus sous la dénomination de Bâtards. Dans ces temps de désordre et de licence, les fils illégitimes des barons, exclus de la succession de leurs pères, étaient souvent obligés de se faire chefs de voleurs pour vivre, et se vengeaient par le brigandage de l’injustice des lois.

Charles-le-Bel envoya contre ces pillards une armée commandée par Alphonse d’Espagne, jadis chanoine, alors chevalier et seigneur de Lunel, mais plus propre aux paisibles cérémonies du culte qu’aux bruyants exercices des armes. Après avoir, sans aucun succès, dépensé des sommes considérables en Saintonge, ce seigneur retourna à Paris, atteint d’une maladie dont il mourut peu de temps après.

Les Bâtards, dont les forces allaient croissant par le grand nombre d’Anglo-Gascons qui se joignirent à eux, osèrent attaquer Saintes. Cette ville venait d’être prise de force par les Français : mais elle était dominée par l’antique citadelle du Capitole, occupée par une garnison anglo-gasconne. Secondés par cette garnison, les Bâtards se jetèrent dans la forteresse, où ils opposèrent une longue et vigoureuse résistance au maréchal de Briquebec et au comte d’Eu, envoyés contre eux avec une nouvelle armée. Mais à la veille d’être forcés dans ce poste par les assiégeants, ils réussirent à l’évacuer pendant la nuit. Ayant gagné, avec les Anglo-Gascons, une plaine assez éloignée de la ville, ils envoyèrent dire au maréchal et au comte d’Eu qu’ils les attendaient en rase campagne, voulant terminer la guerre par une action décisive.

Les Français acceptèrent ce défi avec joie, et marchèrent, suivis d’un grand nombre de bourgeois armés, à la rencontre des Bâtards. Mais lorsque ceux-ci les surent arrivés à une grande distance de Saintes, ils prirent un chemin détourné et se jetèrent dans la ville, où ils pillèrent les églises, incendièrent les maisons, et mirent tout à feu et à sang. Le maréchal et le comte d’Eu étant bientôt revenus sur leurs pas, poursuivirent les bandits jusqu’en Gascogne, où ils s’emparèrent de plusieurs places et forcèrent les gouverneurs anglais à demander la paix [17].

Parmi les églises et les monastères qui, dans le pillage de Saintes, avaient tenté la cupidité des Bâtards, l’abbaye de Notre-Dame eut surtout à souffrir des violences et de la rapacité de ces bandits. Il était naturel que cette maison religieuse, qui venait de se soustraire violemment à la suzeraineté d’Edward, éprouvât, plus que toute autre, les effets de la vengeance anglaise. Aussi fut-elle ruinée de fond en comble, ainsi que tous les prieurés qui en dépendaient [18]. Tel était l’état déplorable où elle se trouvait réduite, que l’abbesse et ses religieuses furent obligées de se recommander à la charité du roi.

S’il faut en croire la requête qu’elles adressèrent à Charles-le-Bel, la plupart de leurs meilleurs fiefs avaient été livrés aux flammes ; tous leurs meubles, tant ceux de la maison abbatiale que ceux de leurs différentes obédiences et de leurs nombreux vassaux, avaient été emportés ou brisés par les pillards. Elles n’espéraient pas pouvoir de longtemps réparer tant de pertes, ni recueillir le moindre fruit des débris du patrimoine de l’église échappés à la fureur des bandits. Elles évaluaient à quarante mille livres et plus le dommage qu’elles avaient souffert, et se trouvaient dans un tel dénuement, que, forcées de déserter le cloître pour aller demander du pain à leurs parents, elles avaient interrompu les exercices du culte et ne pouvaient les reprendre faute de moyens d’exister [19].

Charles-le-Bel, voulant marcher sur les traces de ses pieux ancêtres, ne put souffrir que le service des autels demeurât ainsi suspendu dans l’abbaye de Notre-Dame de Saintes ; il accorda donc [20] à l’abbesse et aux religieuses de cette communauté un secours de quatre mille livres tournois, qui dut leur être compté par le bailli du grand fief d’Aunis, sur la recette de ce bailliage, et complété, en cas d’insuffisance de la recette d’Aunis , par le collecteur des deux sénéchaussées de Saintonge et de Poitou [21].

La paix avait reparu sur le continent, mais l’Angleterre était en proie aux commotions les plus orageuses. Une faction terrible, suscitée par la reine Isabelle, venait de renverser Edward du trône pour y placer le prince de Galles, son fils, portant le même nom que lui. Peu de temps après, Charles-le-Bel mourut sans hoirs mâles. Le nouveau roi d’Angleterre prétendit avoir des droits à la couronne de France, comme neveu du dernier roi par sa mère Isabelle, fille de Philippe-le-Bel. Mais le sceptre ne pouvait, comme on disait alors, tomber en quenouille, et la loi salique, excluant les filles du trône, s’opposait aux prétentions d’Edward. La cour des pairs de France déféra la couronne à Philippe de Valois, petit-fils de Philippe-le-Hardi par Charles de Valois, son père.

Cette décision, toute légale qu’elle était, ne fit qu’irriter l’ambition du jeune roi d’Angleterre : mais les rivalités de partis qui agitaient encore son royaume lui faisant redouter l’issue d’une guerre sur le continent, il crut devoir attendre un tempe plus opportun pour faire valoir, les armes à la main, ses prétendus droits au trône de France. Sommé par Philippe de Valois [22] de venir, comme duc de Guienne, prêter entre ses mains le serment de féauté, il passa le détroit, et alla, non sans une grande répugnance, fléchir le genou devant le prince qu’il regardait comme l’usurpateur de sa couronne.

Au moment où l’officier du palais lui dit : « Sire, vous devenez, comme duc de Guienne, homme lige du roi mon seigneur, » son orgueil se souleva : il prétendit n’être point tenu à l’hommage lige, mais seulement à l’hommage simple. Cette distinction était importante : l’hommage lige soumettait le vassal au service de guerre et de cour envers le seigneur tant qu’il lui convenait d’en user ; l’hommage simple n’entraînait que le service de guerre, et encore pendant un temps limité. Après un long débat, on convint qu’Edward ferait provisoirement l’hommage simple ; mais que, de retour dans son royaume, il consulterait ses archives, et expédierait des lettres scellées du grand sceau d’Angleterre pour compléter son serment [23].

Déjà depuis longtemps il avait repassé le détroit et ne se pressait point d’envoyer à Philippe de Valois les lettres qu’il lui avait promises. Le duc de Bourbon fut dépêché à Londres pour sommer le monarque anglais de s’expliquer : mais Edward le retint près d’un an sans lui donner de réponse précise. Philippe n’était pas homme à se laisser jouer. Quelques soldats de la garnison anglo-gasconne de Saintes ayant fait irruption [24] au nord de la Charente, et commis des voies de fait sur les terres du roi de France, Philippe envoya en Saintonge une armée sous les ordres de son frère Charles, comte d’Alençon.

Ce prince vint mettre le siège devant Saintes et emporta d’assaut la ville et la citadelle, malgré l’opiniâtre défense des assiégés. Telle était l’animosité des Français, que sur la rive gauche de la Charente tout fut mis à feu et à sang par le vainqueur [25]. Cette horrible représaille ne suffit pas à la vengeance du comte d’Alençon. Voulant porter le coup mortel à la puissance des Anglais en Saintonge en détruisant le principal boulevard de leur domination dans cette contrée, Il ordonna la ruine du Capitole. Quelques jours suffirent à l’anéantissement de ce précieux reste de la magnificence romaine, que le poids de treize cents ans n’avait pas même ébranlé. Ainsi, après avoir traversé tant de siècles de destruction, survécu à tant de naufrages, essuyé tour à tour les outrages de la barbarie et les assauts de la guerre, ce noble édifice, qu’avait épargné la stupide fureur des Wisigoths et des Normands, tomba sous le bélier des soldats de la France !

Cette vigoureuse exécution en imposa au roi d’Angleterre. Craignant de s’engager trop avant dans une guerre qu’il n’était pas en état de soutenir, il dépêcha à la cour de Philippe de Valois [26] des députés qui reconnurent solennellement que le roi leur maître était tenu à l’hommage lige envers le roi de France, son seigneur. On fit alors un traité par lequel il fut convenu que le comte d’Alençon évacuerait Saintes aussitôt qu’Edward aurait ratifié les clauses du traité ; que les soldats anglo-gascons qui avaient en pleine paix porté les armes au nord de la Charente seraient livrés aux officiers de Philippe de Valois pour être jugés conformément aux lois françaises, et qu’en attendant la ratification, les hommes du roi d’Angleterre pourraient aller, venir et demeurer librement dans la ville de Saintes, sans toutefois que les fortifications de cette place pussent jamais être relevées [27].

La paix étant ainsi rétablie, Edward vint en France l’année suivante [28], sous prétexte d’accomplir un vœu, et eut avec Philippe de Valois, à Saint-Christophe en Halote, une entrevue dans laquelle il triompha, par la souplesse de son esprit, de la politique du monarque français. Il fit entendre à Philippe que c’était sans aucun motif plausible que ses châtel et bourg de Saintes avaient été abattus, ors et gâtés par les soldats du comte d’Alençon ; que, selon les règles d’une bonne justice, cette place devait être rétablie dans son premier état, et les meubles qui en avaient été enlevés restitués à leurs propriétaires. Philippe justifia la conduite de son frère, en disant qu’elle avait été motivée par plusieurs grandes et énormes malefaçons notoires que ceux qui étaient auxdits châtel et bourg avaient faites en sa terre et contre ses gens.

Il ajouta au surplus qu’à la première nouvelle des voies de fait exercées par les soldats anglo-gascons, il avait écrit au comte d’Alençon, qui était dès lors en Saintonge, de ne tirer aucune vengeance des coupables ; mais que ses lettres n’étalent parvenues au prince qu’après le sac de la ville et la ruine du château.

Après maintes raisons alléguées de part et d’autre, Edward réussit à se faire délivrer des lettres patentes [29] par lesquelles le roi de France rendit à son chier et féal cousin la ville et le château de Saintes dans l’état où ils se trouvaient, avec permission de les rétablir comme bon lui semblerait, et s’obligea de plus, pour bien de paix, de transaction et de concorde, à lui faire compter, au terme de Pâques, une somme de trente mille livres tournois pour le dédommager des pertes qu’il avait essuyées [30].

Edward, fier de sa victoire, ne fut pas plus tôt de retour en Angleterre, qu’il s’empressa d’écrire [31] à son connétable de Guienne de faire relever sans délai les murs, tours, ponts-levis et autres fortifications de la citadelle de Saintes, et de prendre l’argent dont il aurait besoin pour ces reconstructions, tant sur la recette de son bailliage que sur tous autres deniers qu’il pourrait lever au nom du roi [32].

Ces précautions font assez comprendre que l’accord qui semblait régner entre les deux monarques n’était qu’apparent, et que toujours préoccupé de ses prétendus droits au trône de France, Edward n’attendait qu’une occasion favorable pour renouveler ses prétentions les armes à la main.

D. MASSIOU (de la Rochelle)


[1Il résulte de ce passage de Baronius, qu’en 1318 l’angélus du soir était depuis longtemps eu usage à Saintes. Il n’est donc pas vrai, comme on l’a avancé, que cette prière ait été instituée pour la première fois par Louis XI, en l’honneur de son frère Charles, duc de Guienne, empoisonné en 1472 par Jordan Favre, abbé de Saint-Jean d’Angély. Le monarque n’aurait fait, tout au plus, qu’étendre aux autres villes du royaume l’usage de l’angelus, qui, selon Baronius, n’était pratiqué qu’à Saintes.

[2Hoc anno, ad incendendum in Deiparae cultum fidelium pietatem, cum plus mos in xantonensi ecclesia susceptus esset ut, vergenti in noctem die, campana, ad praemonendes fideles ut, salutatione augelica, Virginis sufffagia implorarent, pulsaretur, pontifex decem dierum indulgentiam iis qui pie ter eam orationem, flexis genibus, funderent, si vere eos criminum poeniteret, concessit. (Baronius, Annal. eccl. an. 1313, n° 58)

[3En 1319.

[4Agnes II de Rupe-Cavardi abbatissa creatur anno 1313. Quae ut magis prodesset quaim praeesset, statuta quaedam pro sui reformatione monasterii condidit anno 1319. (Gall. christ, eccl. santon, tom. 2, p. 1129.)

[5Suivant le traité de 1259, la rive droite de la Charente appartenait au roi de France, la rire gauche au roi d’Angleterre. La ville de Saintes, située sur la rive gauche, était bien dans le domaine du roi d’Angleterre ; mais l’abbaye de Notre-Dame se trouvait sur la rive droite, au milieu du faubourg des Dames, ainsi nommé parce qu’on n’admettait dans ce monastère que des filles de noble extraction. Il s’agissait de savoir si l’abbaye et le faubourg, ainsi séparés de la ville par la rivière, appartenaient au roi d’Angleterre ou au roi de France.

[6Cùm itaque intellexerimus quod quidam ministri vestri, ad inquirendum cujus ressorti et gardiae sit monasterium B. Mariae Xanton. per curiam vestram deputti ad insulam nostram Oleronis potestatem suam indebitè extendentes, aliquas ibidem in nostri praejudicium introducere nituutur novitates, etc.(Rymer, Act. Publ. t. 3, p. 960.)

[7Le 20 juin 1322.

[8Quanto desideramus inter vos et nos stabilitatem perpetuae pacis indefinienter perdurare, eo turbatur acerbiùs dùm nobis aliqua renunciatur per quae inter nos et vos materia possit cujuslibet oriri dissidii.....Quamobrem magnificentiam vestram exoramus quatinùs praefatis ministris vestris, ut contra nos et insulanos nostros dictae insulae non attemptent, velitis praecipere prout decet, etc. (Rymer, Àct. publ. tom. 3, p. 960.)

[91323.

[10Le 12 avril.

[11In negotio inter nos et abbatissam Xantoniae in curia vestra diu agitato, per quoedam curiae vestrae commissarios, super examinatione testium in dicte nogotio deputatos, minùs juste sit processum.... vestrae regiae majestati suррliсаmus quatinus injuriosas occupationes hujus modi congrue reformari faciat, si placet, vestra regia, calsitudo, etc. (Rymer, Act, рubl. tom. 3, p. 1010.)

[12Le 13 avril.

[13Papae rex devota perdum escula hostorum, etc. Cum abbatisse monasterii xanton., et praedecessores suas omnes suas temporalitates in ducatu nottro existentes et ad dictam suam abbatiam spectantes de nobis et progenitoribus nostris immediate tenerint, eadem abbatissa jam de novo, machinatione subdola, licencia speciali super hoc non obtenta, contra statuta sacrorum canonum, a rege Frranciae dictas temporalitates tenere advocaverit, in elusionem juris nostri et exhaeredationem nostram ; vestrae clementiae supplicamus quatinùs contra dictam abbatissam super tam gravi excessu spiritualiter sic procedere velit vestra paternitas rigorosè, quod occasione рoепаe eidem abbatissae infligendae in hoc casu, jus notrum assequamur, etc. (Rymer, Act. publ. tom. 3, p. 1011. )

[14Le 16 août 1323.

[15Volentes custodiae et regimini insulae nostrae Oleronis, jam custode carentis, provideri, ac de fidelitate venerabilis patris J. Eliensis episcopi confidentes, assignandi nostro nomine custodem insulae praedictae eidem episcopo plenam commitimus potestatem, mandantes omnibus subditis nostris pradictae insulae quod illi quem dictus episcopus ad custodiam insulae praedlctae deputaverit in omnibus intendentes sint. (Rymer, tom. 4, p. 9.)

[16En 1326.

[17Chron. de Guill. de Nangis, ap. Guisot, Col. tom. 13, p. 387.—Villaret, Hist. de Fr. tom. 8, p. 178.

[18Quod (monasterium B. Maria Santon.) paulo post, ob tumultus bellicos, destructum est. (Gall. christ, eccl. Santon. tom. 2, p. 1129.)

[19Dilectae nobis in Christo religiosae mulieres abbatissa et conventus burgi B. Mariae Xanton. sua nobis exponi supplicatione fecerunt quod, propter novissimam guerram Vasconiae, major pars et melior prioratuum spectantium ad easdem, domus hominum suorum habitantium in terris prioratuum praedlctorum fuerunt per inimicos nostros incendio concremata, omnia bona mobilia quae tam in domibus abbatiae suae praedictae quam in prioratibus praedictis habebant,et omnia bona mobilia hominum suorum praedictorum rapta per inimicos eosdem, et totum ipsius ecclesiaae patrimonium adeò pejoratum, quod usque ad longum tempus ex eo nulla poterunt commoda reportare ; seque proindè damnificatas esse dicebant usque ad summum 40,000 libr. et ultra, et bonis omnibus adeò denudatas, quod , cùm undè viverent non haberent, necessario suam deserierant ecclesiam et iverant, ut alerentur, ad domos suorum parentum, ita quod divinus cultus in ecclesia sua cessavit osque ad longum tempus, cum ad eam, propter defectum victualium, circa magnum tempus se non posse redire sperarent, etc. (Vidimus manusc. archiv, de l’abb. de N.-D. de Saintes.)

[20Le 28 juin 1327.

[21Praedecessorum nostrorum inhaerendo vestigiis, nolentes in ecclesia prelibata divinum cultum cessare deinceps.... religiosis eisdem 4,000 libr. turon, concedimus sibi per ballivum nostri magni feodi in Alnisio de recepta dicti feodi.... ac perflciendas per receptorem nostrum senescalliarum Xanton. et Pictav. in casu quo forsen dicti recepta feodi non suifficeret ad solutiones hujus modi faciendas, etc. (Ibid.)

[22En 1328.

[23Voir tous les historiens de la France.

[24En 1330.

[25Survindrent esmeutes, excès et voies de fait de la part des Anglois assemblés a Xaintes, contre lesquels fut envoié monseigneur Charles de Valois, comte d’Alençon, frère du roy Phelippe, qui prlnt, ardit et gasta, les chasteau et ville dudit Xaintes. (Du Tillet, Annal, tom. 2, p. 213.) ;

[26Le 9 mars 1330.

[27Les ambassadeurs dudit roy, par un traité, accordèrent..., que la qualité desdits hommages seroit déclarée lige.... et autre convenu que le siège tenu par ledit comte d’Alençon devant Xaintes seroit levé après que ledit roy Edouart auroit ratifié ledit traité. Cependant les coulpables dudit Xaintes seroient rendus aux gens dudit roy Phelippe pour en faire sa volonté : les autres pourroient aller, venir et demeurer librement, sans que l’on put garnir ledit Xaintes autrement quïl estoit lors. (Du Tillet, Annal. p. 214.)

[281331.

[29Le 13 avril 1331.

[30Vid. Rymer, Act. publ. tom. 4, p. 483.

[31Le 7 février 1332.

[32Rymer, loc. cit. p. 506.

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