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1320 – « pogroms » à la tour du pont de Saintes et au châtelet d’Angoulême

…très probablement avec des complicités locales.

D 22 décembre 2012     H 11:24     A Christian     C 4 messages A 870 LECTURES


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À la mi-1320, les Pastoureaux se livrent à des massacres de juifs, du Périgord jusqu’à la région de Carcassonne, la plupart du temps soutenus par la population. Avant que le sénéchal de Carcassonne ne les encercle dans les plaines marécageuses aux abords d’Aigues-Mortes où ils comptaient s’embarquer pour la Terre Sainte, ils auraient ainsi réduit à néant plus de cent communautés dans la vallée de la Garonne et jusqu’à Albi. L’épisode le plus dramatique est celui de Verdun-sur-Garonne : 500 juifs, dit-on, une centaine plus probablement, se seraient réfugiés dans une tour, se défendant désespérément jusqu’au moment où, réduits par le feu, ils préférèrent s’entr’égorger. Ce qui s’est passé à Saintes ressemble à une répétition de cette tuerie. Suit une répression probablement assez molle et, en tout cas, tardive, les suspects n’hésitant pas à accuser à leur tour les enquêteurs du roi, à Angoulême.

En savoir plus sur l’histoire de Juifs en Saintonge, Aunis et Angoumois

La deuxième croisade des Pastoureaux

« Les Pastoureaux de 1320 ressemblent aux Pastoureaux de 1251. Ce sont comme eux des paysans, surtout des bergers et autres « menues gens », vêtus de sarraus de toile, les plus pauvres des hommes des champs et les plus prédisposés à l’exaltation mystique par leur vie contemplative où la démence germe ; naïfs et fanatiques, « ils quittent leurs champs et leurs bêtes sans prendre congé ni de père ni de mère », et s’en vont devant eux, portant leurs besaces au bout de leurs houlettes ; la plupart ont moins de vingt ans.

Beaucoup d’entre eux veulent sincèrement mettre à exécution ce projet de croisade dont on leur parle toujours et qu’on remet toujours depuis la mort de saint Louis ; ils s’indignent, comme en un délire, du peu d’ardeur du roi, et se persuadent que les anges leur ordonnent d’aller « oultre mer » sans attendre son signal ; ce sont des illuminés qui ont soif de combats. (…)
Mais, comme toujours, les naïfs à idée fixe sont exploités par des « trufeurs », c’est-à-dire par des meneurs sans scrupule, particulièrement par un prêtre interdit, qui « a été dépouillé de son église à cause de ses méfaits », et par un moine défroqué, déserteur de l’ordre de Saint-Benoît. Les vrais croisés, les mystiques rêveurs sont noyés dans le flot louche des malfaiteurs de droit commun, des gens sans foi ni loi, sans feu ni lieu, ribauds, routiers, rôdeurs et bandits qui ne cherchent qu’à assouvir leurs haines et leurs passions mauvaises ; les mystiques sont conduits par les mystificateurs ; dès son début la croisade tourne en jacquerie.

Hâves, amaigris, vêtus de loques, armés de bâtons et de couteaux, ces Pastoureaux forment une telle multitude qu’ils s’épandent au loin, irrésistibles, et passent partout « comme un torrent », dit un chroniqueur, — « comme un tourbillon de vent », dit un autre. Ils marchent vivement sur Paris, envahissent l’abbaye de Saint-Martin-des-Champs, mettent les prisonniers en liberté, puis entrent dans la ville sans résistance ; ils forcent même le Châtelet, et le prévôt de Paris, Gilles Hakin, précipité du haut d’un escalier, n’échappe qu’à grand’peine à la mort. Le roi doit se contenter de défendre le palais de la Cité et le Louvre ; fiers de leur force, ils lui offrent insolemment le combat dans le Pré aux Clercs ; il est réduit à l’impuissance et les laisse aller.
Enhardis par l’impunité, ils gagnent le Berry, puis, contournant judicieusement les montagnes, ils se répandent en Languedoc par la Saintonge et par l’Aquitaine, au nombre d’au moins 40 000 [10 000, disent d’autres sources] ; maintenant ils ont des armes et des étendards. Partout ils forcent les prisons pour mettre leurs pareils en liberté ; partout ils vivent de pillage, « robant les bonnes gens », sans en excepter le clergé ; mais leur folie furieuse s’attaque de préférence aux Juifs : bergers et bandits rivalisent de cruauté envers ces parias que personne n’ose défendre : les Juifs périssent en foule. » (Paul Lehugeur, Histoire de Philippe le Long, roi de France, 1897, p. 417-419)

Le massacre de Saintes

Sachant que les Pastoureaux, partis de Normandie à Pâques (30 mars 1320), se trouvaient peut-être encore à Paris le 3 mai et étaient à Albi le 25 juin, ce massacre a dû intervenir à la fin de mai ou au tout début de juin. La première pièce qui en fait état est une lettre du sénéchal datée de novembre, enclose dans un acte du roi Philippe le Long (Archives historiques de Saintonge et d’Aunis, 1884, pages 227 et suivantes) :

Janvier 1321

Ratification d’une composition pécuniaire passée entre le sénéchal de Saintonge et Guillaume Roussel, clerc, accusé de complicité avec les pastoureaux dans le meurtre des juifs, et particulièrement dans l’incendie de la tour royale et le bris de la porte du pont de Saintes. Les poursuites contre lui sont abandonnées, moyennant cent livres tournois. — JJ. 59, no 614, fol. 335 v°.,

Philippus, etc. Notum facimus universis, tam presentibus quam futuris, nos infrascriptas vidisse litteras, formam que sequitur continentes :

Universis presentes litteras inspecturis, Petrus de Ferrariis, miles domini nostri regis Francorum et Navarre, ejusque senescallus Xanctonensis et Engolismensis, salutem et dilectionem. Notum facimus quod, cum nos proponeremus contra Guillelmum Royssel, clericum, quod ipse in et de societate sua pastorellorum occisionisque judeorum ac effracture domorum suarum rapineque bonorum suorum, particeps fuerat ac eciam coadjutor, et, quod pejus erat, quod portam regiam claudentem pontem Xanctonensem cum predictis pastorellis quibusdamque aliis complicibus suis fregerat, predictisque pastorellis, incendium in Xanctonensi turre regia ponentibus, auxilium prebuerat et favorem, et ob hoc diceremus ipsum, tot et tantis criminibus irrentitum, indignacionem magestatis regie penasque gravissimasi ncurrisse, ipseque e contrario, licet tonsura clericali se nobis ostenderet insignitum, et sic ad nos, cum premissa per nos sibi imposita essent mere personalia, non spectaret cognicio, ut dicebat, ob honorem tamen domini regis et nostrum, innocenciam suam coram nobis purgare cupiens affectu quo poterat ampliori, se de et super premissis, sibi per nos impositis, asseruit innocentem, justificaciones quamplurimas proponendo, offerens se eas, exclusa dilacione qualibet, probaturum, asserens se eciam pastorellos et eorum complices in premissis omnibus, non solum verbo sed eciam opere, quatenus potuit, impedisse eis ne premissa facerent, quantum clamare poterat, propter ipsorum tumultum, ex parte domini regis, quampluries inhibendo, seque eis pro viribus opponendo, et de raptis per eos factis ea que poterat afferendo, que quidem incontinenti Guillelmo de Mola,servienti regio et nostro, restituit, prout per dictum servientem super dicta restitucione nobis extitit facta fides, asserens se super aliis articulis, per eum propositis, probaciones promptas habere, per nos ad sui expedicionem audiri instantissime supplicando. Tandem nos, considerantes quod pene sunt molliende et quod in dubiis quod tutius est eligere debemus, necnon attendentes quod, si premissa sibi per nos imposita probarentur, modicum comodum domino regi afferetur, tum quia clericus, tum quia facultates sue sunt modice, prout per inventarium bonorum suorum primitus factum nobis constitit evidenter, tuciorem viam ad domini regis comodum eligentes, cum ipso ad centum libras turonensium, nomine domini regis, ejusdem domini regis voluntate retenta, duximus transigendum. Quas quidem centum libras dictus Guillelmus, licet super premissis se semper asserit innocentem, tamen ut domini regis et nostre condescenderet voluntati, necnon et ut suis amicorumque suorum laboribus parceret et expensis, nobis vel receptori regio Xanctonensi promisit se soluturum, sub rerum suarum omnium ypotheca. In cujus rei testimonium, sigillum regium senescallie predicte duximus presentibus litteris apponendum.Datum Engolisme, die IX novembris, anno Domini MCCCXX.

Nos autem composicioni predicte per dictum senescallum, ut pretangitur, facte, nostrum prebentes assensum, eam ac omnia et singula in suprascriptis contenta litteris, rata habentes et grata, ea volumus, laudamus, ratifficamus, approbamus et auctoritate nostra regia, tenore presencium, confirmamus, dictam pecunie summam thesauro nostro Parisiensi fuisse solutam confitentes. In quorum testimonium, sigillum nostrum presentibus duximus apponendum. Actum Parisius, anno Domini M CCC XX, mense januarii.
Per thesaurarios.Justicia.
Philippe, etc. Nous faisons savoir à tous, tant présents qu’à venir, que nous avons pris connaissance d’une lettre rédigée dans les termes suivants :

À tous ceux qui liront cette lettre, Pierre de Ferrières, chevalier de notre seigneur le roi de France et de Navarre, et son sénéchal de Saintonge et d’Angoumois, salut et dilection. Nous faisons savoir ce qui suit : nous avons accusé Guillaume Roussel, clerc, d’avoir participé et même aidé, au milieu de sa bande de pastoureaux, au meurtre de juifs, à l’effraction de leurs maisons et au vol de leurs biens, et, ce qui était pire, d’avoir, avec lesdits pastoureaux et certains autres complices, brisé la porte royale fermant le pont de Saintes et d’avoir donné aide et approbation auxdits pastoureaux quand ils ont mis le feu à la tour royale ; nous lui avons déclaré que pour tant de crimes si graves, il encourait la colère de Sa Majesté et les peines les plus lourdes. Lui, tout en montrant qu’il portait la tonsure et en affirmant que nous n’avions dès lors pas compétence pour le juger même si les faits qu’on lui reprochait étaient purement personnels, répondit qu’il était innocent de ces crimes et de tout son cœur désireux, par respect pour le roi et pour nous, de nous le prouver amplement et sans délai. Il déclara qu’il avait même essayé d’empêcher les pastoureaux et leurs complices de commettre ces méfaits, non seulement par la parole mais aussi par des actes, autant qu’il l’avait pu, criant aussi fort qu’il le pouvait, compte tenu de leur tumulte, en invoquant l’autorité du roi, qu’il avait fait aussi souvent que possible barrage, s’opposant même à eux à proportion de ses forces, emportant tout ce qu’il pouvait de ce qu’ils avaient volé pour le restituer incontinent à Guillaume de La Mole, sergent du roi et le nôtre, comme celui-ci en a témoigné auprès de nous, et que , pour les autres griefs articulés par celui-ci, il avait des preuves toutes prêtes, nous suppliant de l’entendre au plus vite pour qu’il les expose.
Cependant, considérant que les peines doivent être adoucies et que, dans le doute, il faut choisir le plus sûr ; que, [même] si les faits par nous invoqués étaient prouvés, l’avantage pour le roi serait modique parce qu’il s’agissait d’un clerc et qu’il n’avait que peu de ressources comme il nous est clairement apparu de l’inventaire que nous avions fait dès l’abord de ses biens, nous avons opté pour la solution qui préservât le mieux les intérêts du roi et, au nom de celui-ci et sous réserve de son approbation, nous avons décidé de transiger avec l’intéressé pour cent livres tournois. Tout en continuant de se proclamer innocent de ces crimes, ledit Guillaume, pour condescendre à la volonté du roi et à la nôtre et pour s’épargner ainsi qu’à ses amis de la peine et des dépenses, a promis de s’acquitter de cette somme auprès de nous ou auprès du receveur royal de Saintes, moyennant hypothèque de tous ses biens. En témoignage de quoi nous avons décidé d’apposer le sceau de la sénéchaussée sur la présente lettre. Fait à Angoulême le 9 novembre 1320.

Nous, donnant notre assentiment à la composition arrêtée par ledit sénéchal et ratifiant tous les termes de sa lettre, les approuvons et les confirmons de notre autorité royale par la présente, reconnaissant que la somme susdite a été versée à notre Trésor de Paris. En foi de quoi nous apposons notre sceau sur la présente. Fait à Paris, l’an du Seigneur 1321, au mois de janvier.

On peut être légitimement choqué que le bris de la porte royale soit jugé plus grave que la mort d’on ne saura combien de juifs. Cela s’explique en partie, sans se justifier, par le statut de la tour, édifiée sur le pont du côté de la ville : cette tour « Mausifrote » était, comme le rappelle Charles Dangibeaud dans la longue monographie qu’il a consacrée au vieux pont d’Isembert (Recueil de la commission des arts, t. XV, 1899, p. 293-336), le « chef lieu du domaine du roi, siège d’une juridiction administrative et fiscale fort étendue. Le « ressort du pont de Saintes » embrassait quantité de paroisses de la rive gauche de la Charente, comprises au-dedans d’une ligne partant de Saint-Saturnin-de-Séchaud, suivant par Le Mung, Echillais, Champagne, Sainte-Gemme, Sablonceaux, Saujon, Meursac, Corme-Royal, Nieul et aboutissant à Saint-Georges-des-Coteaux. Tous les fiefs qui devaient foi et hommages au roi étaient « tenus et mouvaient » de lui « à cause de la grosse tour du pont ». (p. 306) Prise et saccagée par Charles d’Alençon en 1330, donc peu après avoir été incendiée par les Pastoureaux, elle apparaît ensuite dans les textes sous le nom de tour Montrible ou Martrible (ibid., p. 309).
Cette effraction était donc un crime de lèse-majesté – ce que n’était apparemment pas le fait de s’attaquer aux juifs du roi.

Ceux-ci étaient en effet, si l’on peut dire, sous la protection royale, ainsi qu’il ressort de deux arrêts du Parlement de Paris datés de 1272 (Actes du Parlement de Paris, 1254-1299, publiés par E. Boutaric, 1863, p. 168 et 324) :

1824. Arrêt autorisant l’abbesse de Saintes à chasser de sa terre de Pont-l’Abbé, où elle avait toute justice, deux familles juives, si elles n’aimaient mieux recevoir le baptême. Olim, I, fol. 190 r°.

118. L’abbesse de Xainctes a toute justice à Pont l’Abé. Pour ce le Roy n’y peult tenir ses juifz. (I) 25 v°.)

On le voit, la situation n’avait guère changé malgré la mort, l’année précédente, d’Alphonse de Poitiers. En 1291, raconte Amos Barbot, « il leur fut enjoinct [aux juifs] de vuider de la ville [La Rochelle] et de la Saintonge. » (AHSA 1886 (XIV), p. 108). Même opération en 1306 : « Comme ils mangeoient par usures excessives tous ceulx avec lesquels ils commerçoient, par édict du roy du mois d’aoust de cette année, il leur fut enjoinct de vider du royaume, ce qui fut exécuté en cette ville. » (ibid., p. 118). L’allusion aux activités de prêt renvoie à l’explication généralement donnée à l’hostilité de la population mais il faut bien voir que les juifs n’étaient d’une certaine façon que les agents du fisc royal : ils étaient obligés de pratiquer des taux élevés pour acquitter les taxes dont le roi les frappait – ainsi, en 1321, Charles IV leur imposait une amende de 150 000 livres, ramenée à 100 000 livres en mars 1322 (J. Viard, Les journaux du trésor de Charles IV, p. XXIII). Et, lorsqu’ils étaient chassés du royaume, le Trésor reprenait à son compte leurs principales créances… La monarchie était donc gagnante à tous coups, tout en se protégeant grâce à un bouc-émissaire commode.

En 1301, donc entre les deux expulsions de 1291 et de 1306, le sénéchal P. de Bailleul avait vendu l’ancienne synagogue de Saintes (AHSA 1884, XII, p. 17), située près des « cohues » (halles) et donc de la place Saint-Pierre, dite « aux bancs » (ad scanna. Cette bâtisse était alors écroulée (« fondue ») sans qu’on sache si elle avait été remplacée ou non.

En 1315, le roi rappela les juifs, en principe pour douze ans, mais Charles IV révoquera la mesure dès 1322, soit peu après la tuerie de Saintes. À moins que, succédant aux exactions des Pastoureaux, la persécution de 1321 n’ait provoqué un exode : cette année-là, en effet, la rumeur courut (dans notre région à partir de Parthenay) que, sur l’instigation des juifs, les lépreux empoisonnaient l’eau des puits et fontaines… Ils ne seront rappelés qu’en 1361, par Jean II le Bon.

Un grave problème se pose à propos du « pogrom » de Saintes : on peut en effet se demander si ce n’est pas là que, pour la première fois, les Pastoureaux se sont tournés contre les juifs. Ainsi, contrairement à ce qui se passera en 1321, ceux de Touraine semblent avoir été épargnés en 1320 (Revue des études juives, t. XVII, 1888, p. 219). Et il n’était pas question d’attaques contre cette communauté lors de l’épisode parisien. Si cette hypothèse se vérifiait, il resterait à savoir quel aurait été l’élément déclencheur.

En tout cas, il semble bien qu’à Saintes, il y ait eu des complicités locales. On ne sait si Guillaume Roussel (ou Royssel) était arrivé avec les Pastoureaux : le nom est certes normand ou, en tout cas, du Nord plutôt que saintongeais, et il est question de « societas sua Pastorellum » (expression que nous avons traduite par « sa bande de Pastoureaux », en nous autorisant de Du Cange qui propose aussi « troupe », mais le terme « societas » est plutôt neutre), mais la preuve n’est pas absolue. Cependant, une note du même numéro des AHSA de 1884 mentionne un autre clerc, bien saintongeais, lui :

« Un autre personnage, Martin Le Moine, clerc, de Saint-Jean-d’Angély, soupçonné aussi de complicité dans les homicides, incendies et rapines sur les personnes et les biens des juifs enfermés dans la tour à l’entrée du pont de Saintes, obtint à son tour des lettres d’absolution, en mars 1323. (JJ. 61, fol. 147). Elles seront publiées ultérieurement. » – ce qui ne fut pas fait, à notre connaissance.

L’absolution, dans le contexte de l’époque, ne valant pas certificat d’innocence, et la même remarque s’applique sans doute à quelques-uns des cas suivants.

La justice royale « en marche »…

Il semble que cette justice ait un peu tardé à réclamer les fauteurs de troubles, même si les mandements suivants concernent des Pastoureaux retenus par les Anglais (rappelons que la Charente tenait alors lieu de frontière) :

14 janvier 1321.

6220. Mandement au sénéchal de Saintonge pour le roi d’Angleterre de remettre au sénéchal royal de Saintonge plusieurs Pastoureaux détenus dans le château de Saintes pour avoir tué des juifs du Roi, pillé leurs biens et incendié la tour de Saintes, et dont la punition appartenait au Roi. Le sénéchal anglais refusait de les livrer. Criminel, III, fol. 63 r°.

6221. Mandement à Amaury, sire de Craon, chevalier, sénéchal de Gascogne, sur le même objet que le précédent. Criminel, III, fol. 63 v°
.
(Toutes les pièces citées dans ce chapitre et le suivant proviennent des Actes du Parlement de Paris, 1299-1328, publiés par E. Boutaric, première série, vol. 2, Plon, 1867.)

Toutefois, une réaction se fait jour au bout de deux ans, coïncidant avec l’arrivée au pouvoir de Charles le Bel (3 janvier 1322), qui inaugure son règne par une opération « mains propres »…

Tout d’abord, il se produit un retournement de situation : peut-être à partir des déclarations de Guillaume Roussel, le sénéchal (encore Pierre de Ferrières) se retourne contre son sergent, qui va être lui aussi innocenté – mais que nous ne tarderons pas à rencontrer à nouveau dans cette affaire. Ce La Mole est dit « sergent du Roi dans le bourg de Notre-Dame », mais il semble plutôt attaché à la sénéchaussée (de Saintonge et d’Angoumois). Il figure ainsi dans les comptes royaux de l’année 1311 (Etat de la maison royale, in Collection des meilleures dissertations, notices et traités, t. XIX, Dentu, 1838, p. 57), comme ayant conduit de Saint-Jean d’Angély à Saintes un faux-monnayeur, afin qu’il y soit « boilli » selon la règle.

18 janvier 1322.

6615. Mandement à Guillaume de la Broce, clerc du Roi, et à Jean « de Hardelon », garde du sceau royal de Saintes, d’informer sur les reproches faits en la Cour par Guillaume « de Mala », à des témoins produits contre lui dans une enquête à laquelle le sénéchal de Saintonge avait procédé sur certains faits criminels imputés audit Guillaume. Les commissaires transmettront le résultat de leurs informations à la Cour. Criminel, III, fol. 03 v°.

22 mai 1322.

6835. Arrêt déclarant innocent Guillaume de La Mole, sergent du Roi dans le bourg de Notre-Dame de Saintes, dénoncé par le sénéchal de Saintonge comme ayant, par méchanceté, enfermé dans la tour de Saintes plusieurs juifs et juives dudit bourg avec leurs biens, sous prétexte de les mettre à l’abri de la fureur des Pastoureaux. Quand les Pastoureaux arrivèrent, Guillaume avait ôté les gardes chargés de défendre la tour, de telle sorte que les Pastoureaux prirent la tour, la brûlèrent et massacrèrent les juifs qui s’y trouvaient. On l’accusait aussi de s’être approprié les richesses de plusieurs juifs, et d’avoir envoyé ailleurs, par la Charente, sur un bateau, une pipe et cinq coffres pleins d’or. — Ces imputations furent reconnues mal fondées. Jugés, I, fol. 218 r°.

En juin, la justice reconnaît son retard :

10 juin 1322.

6856. Mandement au sénéchal de Saintes et d’Angoulême. « Cum nonnulli iniquitatis filii, magestatem regiam offendere non verentes, judeos in dicta senescallia existentes interfecerint, opem et consilium impenderint, nostrisque curialibus qui judeos ne interficerentur defendere nitebantur, inobedientes extiterunt et rebelles, necnon nostram turrim de supra pontem Xanctonensem incendio combuxerunt, judeos ibidem ob Pastorellorum timorem intrusos necaverint, bonaque ipsorum sibi apparaverint in nostri contemptum et inevitabile dampnum judeorum predictorum, de quo ulla, ut decet, ulcio extitit subsequta, quod grave gerimus et molestum. »

En conséquence, le sénéchal procédera à une enquête, saisira les coupables et les fera conduire à Paris pour être jugés au prochain Parlement. — « Per laïcos camere compotorum. »
Criminel, III, fol. 64 v°.
Attendu que, ne craignant pas d’offenser la majesté royale, certains enfants d’iniquité ont tué les juifs vivant dans ladite sénéchaussée, participant comme acteurs et instigateurs, se sont montrés désobéissants et rebelles à l’égard de nos officiers curiaux qui tentaient de défendre les juifs, ont mis le feu à notre tour du pont de Saintes, ont massacré les juifs qui s’y étaient réfugiés par crainte des Pastoureaux, au mépris de notre autorité et pour le dommage inévitable desdits juifs, ce qui n’a pas donné lieu aux châtiments qui s’imposaient, situation que nous estimons grave et déplaisante. »

On ne sait ce qui en sortit…

À la même date, on découvre un nouveau suspect :

6857. Mandement aux sénéchaux de Saintes et d’Angoulême de faire une enquête contre Itier « Pictavini », soupçonné d’avoir été la cause que des juifs avaient été massacrés dans la tour de Saintes. S’il est coupable, on l’enverra pour être jugé à Paris. — « Per laycos camere compotorum. » Criminel, III, fol. 65 v°.

Cet Itier Poitevin, qualifié de « valet », avait été pourvu en 1318, de l’office de la garde et de la justice de la Tour Blanche de Grézac (AHSA 1884, p. 181). Nous allons le retrouver à Angoulême, où se déroulent des événements assez mystérieux.

Angoulême : un pogrom au Châtelet, puis des procès croisés

Une pièce datée de la veille de Noël 1323, reproduite par Delisle dans sa Chronologie des baillis et sénéchaux mais presque totalement illisible dans l’édition consultable sur le site de la BNF, mentionne en effet, à la fois Itier « Pictavini », les juifs, les Pastoureaux et le Châtelet d’Angoulême. On peut donc supposer que l’histoire du pont de Saintes s’est reproduite dans cette ville, ce qui est confirmé par un autre document, ci-dessous, daté du 15 avril 1322 (super morte deraubationeque plurium judeorum et bonorum suorum recelatione et alias impositis). On découvre surtout qu’un clerc du roi avait été envoyé pour enquêter sur ces faits, ce qui lui avait suscité bien des ennuis. Que son équipe d’assistants (de « gros bras » ?) ait commis un viol, c’est possible. Mais des bourgeois d’Angoulême qu’il suspectait introduisent ensuite contre lui une action qui va s’étaler sur plusieurs années. Et ce retard n’est sans doute pas uniquement imputable à la mort d’un conseiller du Roi chargé d’enquêter sur ces accusations, l’Amiénois Fremin de Coquerel (un homonyme, peut-être son fils, sera Chancelier de France). On constate aussi, dans la dernière pièce, que Guillaume de La Mole s’était joint aux plaignants. gageons que, si le notaire Thomas Ferrand a fini par être innocenté, ses adversaires sortirent indemnes de cet imbroglio judiciaire, si coupables qu’ils aient pu être.

22 octobre 1321.
6505. Mandement au sénéchal d’Angoulême de faire une enquête sur le fait suivant : Guillaume de Saint-Geniès, sergent d’armes du Roi, prévôt et châtelain d’Angoulême , avait fait savoir que Perrot Ferrand, frère de Thomas Ferrand, clerc du Roi, et Guillaume, son écuyer, en habit laïque et sans tonsure, avaient été pris et mis en prison au château d’Angoulême, pour avoir forcé, la nuit, la maison de maître Arnaud « de Condon », bourgeois d’Angoulême, et violé sa femme. Ils revêtirent en prison des habits de clercs que des amis leur avaient fait frauduleusement passer, et se firent réclamer en qualité de clercs par l’évêque d’Angoulême. Le sénéchal sommera le prélat de lui remettre les coupables, et prendra des voies efficaces pour l’y contraindre en cas de refus. — A Longchamp. « Per d. J. de Arrablayo. Gyem. » Criminel, III, fol. 63 r°.

6 avril 1322.

6732. Mandement à Fremin de Coquerel, conseiller du Roi, de s’adjoindre un prud’homme et de faire une enquête dans la cause mue entre maître Raymond Aubert et maître Thomas Ferrand, clerc du Roi, suivant les articles qui lui seront transmis sous le sceau du Roi. Il assignera les parties au prochain Parlement.
Criminel, III, fol. 64 r°.

(Sur Raymond Aubert, se reporter aux AHSA, 1884, p. 203 : en 1319, il était qualifié de clerc du roi, et serait devenu "peu de temps après lieutenant du sénéchal de Saintonge à Angoulême". Ferrand l’aurait poursuivi pour s’être montré "négligent dans la garde de la ville contre les pastoureaux et avoir laissé égorger les juifs. On l’accusait ausi de pillage et de recel. (...) Raymond Aubert eut assez de crédit, à la fin, pour se faire délivrer des lettres d’absolution, moyennant une composition financière. Elles sont datées du mois de mai 1325 et enregistrées au Trésor des Chartes (JJ. 62, fol. 207). Au mois de juillet suivant, le procureur se désista de toute poursuite contre Aubert (même registre, fol. 218)." Ce qui rend la pièce datée du 28 juillet 1326 (infra) peu compréhensible, à moins qu’elle ne porte que sur l’instance engagée contre Th. Ferrand...)

15 avril 1322.
6767. Mandement à Fremin de Coquerel, conseiller du Roi, de faire une enquête sur les griefs articulés par Thomas Ferrand contre maître Raymond Aubert, ainsi que sur d’autres accusations portées contre ledit Raymond , notamment d’avoir fait périr et dépouillé plusieurs juifs. — Fremin s’adjoindra un prud’homme et transmettra le résultat de l’enquête à la Cour.

« Mandamus et committimus vobis quatinus in causa in curia nostra mota inter magistrum Auberti, ex una parte, et magistrum Thomam Ferrandi, ex altera, secundum articulos dictarum parcima , vobis sub contra-sigillo nostro tradendos, et alios quoscumque quos una pars contra partem alteram tradere et proponere voluerit, coram vobis, necnon et super pluribus eidem magistro Raymundo Auberti super morte deraubationeque plurium judeorum et bonorum suorum recelatione et alias impositis, de quibus idem magister Raymundus se asserit penitus innocentem, et super ipsius Raymundi defensionibus, et eciam super reprobacionibus per dictas partes, seu earum alteram, contra testes et dicta testium in hujusmodi negocio producendorum, proponendis vobis tradendi quas esse videritis racionabiliter admittendas, vocato vobiscum aliquo probo viro, non suspecto, cum ceteris evocandis, inquiratis, cum qua poteritis diligentia, veritatem et inquestam seu inquestus quas inde feceritis curie nostre sub vestro et adjuncti vestri sigillis quam tocius transmittatis partes et alios quos hujusmodi tanget negocium ad cortam et competentem diem in ipsa curia nostra adjornantes, visuros inquestam seu inquestas hujusmodi judicari et ulterius processuras, ut fuerit racionis, curiam nostram certificantes ad diem de adjornamento predicto et aliis que feceritis in premissis. Damus autem omnibus justiciariis et subditis nostris presentibus in mandatis, ut vobis, et dicto adjuncto vestro in premissis, et ea tangentibus, pareant efficaciter et intendant. — In camera, per laycos. Gyem. » Criminel, III, fol. 64 v. [La pièce suivante donne la substance de celle-ci].

6768. Mandement à Fremin de Coquerel, conseiller du Roi, de se rendre en Saintonge et en Angoumois, pour enquérir sur les nombreux articles criminels proposés par les habitants et le prévôt d’Angoulême, maître Hélie « Trepacerii », Hélie « de Charboniere » et Guillaume de La Mole (de Mola), contre Thomas Ferrand, d’écouter les réponses du prévenu, de recevoir les reproches qu’il pourrait faire contre les témoins produits contre lui , et de transmettre à la Cour le résultat de ses informations. Criminel, III, fol. 65 v°.

25 avril 1322.

6790. Mandement au sénéchal de Saintonge ou à son lieutenant, à la requête du procureur de la ville d’Angoulême, de poursuivre le frère de maître Thomas Ferrand, Guillaume, son écuyer, et leurs complices, coupables d’avoir envahi de nuit la maison de maître Ernaud de Condom, bourgeois d’Angoulême, dans le but d’enlever sa fille. Ils avaient entraîné de force la femme dudit Ernaud, l’avaient violée et fait violer par plusieurs individus. Criminel, III, fol. 64 v°.

10 mai 1323.

7199. Mandement à Fremin de Coquerel d’instruire avec célérité les procès intentés à Thomas Ferrand par des habitants d’Angoulême. Criminel, III, fol. 67 r°.

6 décembre 1323.

7751. Mandement au sénéchal de Saintonge de s’adjoindre un prud’homme et de faire une enquête dont avait été chargé feu Fremin de Coquerel, au sujet du procès entre les bourgeois d’Angoulême, le prévôt dudit lieu, maître Hélie Trépacier, Hélie de Charbonnières et Guillaume de la Mole, d’une part, et maître Thomas Ferrand, clerc du Roi, d’autre part. Criminel, III, fol. 71 v° et 81 r°.

28 juillet 1326.

7891. Mandement au sénéchal de Saintonge d’ajourner au prochain Parlement Raimond Aubert, Guillaume de Sainl-Geniès, jadis prévôt d’Angoulême, et maître Hélie « Trapecier » , qui avaient fait défaut à la citation à eux adressée au nom de Thomas « Ferrant » par Richard « Le Pelle » , sergent royal. Greffe, I, fol. 294 v°.

17 mai 1330

398. Raymond Aubert, Guillaume de La Mole, sergent royal, Hélie dit Trespacier, Hélie de Charbonnières, Guillaume de Saint-Genis, alors prévôt d’Angoulême, et les habitants de cette ville. — [versus] Maître Thomas Ferrand, clerc du Roi.

Me Thomas, commissaire sur le fait des pastoureaux et la mort des Juifs et sur ceux de leurs biens qui ont été dérobés, est proclamé innocent des crimes qu’on lui imputait. VI, 164.

Vos commentaires

  • Le 9 janvier 2014 à 09:35, par Francoise CORPRON En réponse à : 1320 – « pogroms » à la tour du pont de Saintes et au châtelet d’Angoulême

    Bonjour Pierre, Bonjour à tous,

    se pourrait-il que la Synagogue de Saintes et la Cathédrale Saint-Pierre soient un seul et même bâtiment ?

    Amicalement
    Françoise

    Répondre à ce message

    • Le 11 janvier 2014 à 15:42, par Pierre En réponse à : 1320 – « pogroms » à la tour du pont de Saintes et au châtelet d’Angoulême

      Bonjour Françoise
      Je n’ai pas d’information sur l’existence récente d’une synagogue à Saintes. Les documents en ligne du Consistoire de France n’en mentionnent pas.
      Il y a eu, jusqu’en 1301, un bâtiment qui a servi de synagogue à Saintes. On connaît son existence parce qu’il est vendu à cette date, mais le texte (voir ici) ne permet pas de situer l’emplacement dans la ville.
      Pour ce que je connais, il me semble peu probable que la cathédrale ait été bâtie sur l’emplacement d’une synagogue.
      La tradition dit qu’elle aurait été bâtie sous Charlemagne (autour de l’an 800). Si elle avait été bâtie sur l’emplacement d’une synagogue, la tradition, qui raffole de ce genre de détail, n’aurait sans doute pas manqué de l’indiquer.
      Quels sont les éléments dont tu disposes pour poser cette question ?
      Cordialement

      Répondre à ce message

    • Le 11 janvier 2014 à 15:51, par Pierre En réponse à : 1320 – « pogroms » à la tour du pont de Saintes et au châtelet d’Angoulême

      Je complète ma réponse précédente, car Christian, dans cet article donne une information qui m’avait échappé : la synagogue vendue en 1301, était « fondue » (en ruines), et se trouvait à proximité de la place St Pierre de Saintes. Cette précision exclut l’hypothèse que tu évoques, d’un bâtiment qui serait le même que la cathédrale St Pierre.
      Cordialement.

      Répondre à ce message

      • Le 15 janvier 2014 à 10:15, par Francoise CORPRON En réponse à : 1320 – « pogroms » à la tour du pont de Saintes et au châtelet d’Angoulême

        Bonjour Pierre,

        le texte indique que l’on donne à Maitre Pierre la maison et la place devant la maison et que cette maison est près de la cohue (donc près des halles).

        C’est le commentateur qui rajoute, parce qu’il connait Saintes à son époque : près des halles DONC près de la Place Saint Pierre.

        Sauf que on peut comprendre les choses autrement : la cathedrale Saint Pierre est la maison de Pierre avec la place devant, près des Halles.

        Ce que j’essaie de dire c’est que les éléments de l’histoire ne sont peut^-être pas dans l’ordre. L’église fondée par Charlemagne fut fondée à Saintes, la ville des Santons. Il n’a pas construit une église, il a fondé une religion, une religion qui se voulait universelle (catholicos en grec)parce que fondée sur la science et les arts. Cette religion fut fondée dans la ville Saintes et l’église fut bâti par un saint homme du nom de Pierre. Dans la province d’Aquitaine dont la capitale est le port de la lune : hiers urbs selene.

        Charlemagne est Ka-l’armania ; Pepin est le pharaon Pepi son père , et Irene est... la belle Heléne.
        La généalogie de Charlemagne n’est pas copiée sur celle des Empereurs Romains juste pour faire bien : Charlemagne est Tiberius Claudius Nero. Carolus Magnus : le grand chantre. Celui qui chante la parole de Dieu dans le grand théâtre à côté du temple.

        L’histoire a été dédoublée, démultipliée pour raison de damnatio memoriae ... on brouille les pistes. et cela permet en outre, de renvoyer un prophète bien avant un autre afin de faire du second le dernier prophète.

        C’est ce que nous dit Victor Hugo dans notre Dame de Paris : le fils boiteux de l’Egyptienne est au sommet de l’Eglise de France.

        Ca parait dingue, pourtant l’histoire de l’Aquitaine permet de rétablir la cohérence : les preuves sont dans l’histoire de la Saintonge même si on a sciemment détruit les archives. C’est ce que Dom Fonteneau cherchait.

        Amicalement,
        Françoise CORPRON

        Répondre à ce message

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