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1368 - Angoulême (16) - Les états de Guyenne indemnisent le Prince Noir


D 15 janvier 2010     H 23:55     A Razine     C 0 messages A 976 LECTURES

En 1367, le prince de Galles appelé "le prince Noir" est dans une situation financière délicate. L’aide militaire qu’il a accordée - contre paiement - à Pierre de Castille, dit "le Cruel" s’achève sur un impayé. La solution est bientôt trouvée : c’est l’Angoumois qui paiera la note. Ce n’est pas du tout du goût des habitants.

Sources : Études historiques sur l’Angoumois - F. Marvaud - 1835 - et sources diverses

La capture du roi Jean-le-Bon par les Anglais à Poitiers en 1356

Le 19 septembre 1356 à la bataille de Poitiers Jean le Bon est fait prisonnier par le Prince de Galles, appelé aussi le Prince Noir. Ce dernier est le fils aîné du roi Edouard III d’Angleterre. A la suite de sa défaite Jean le Bon est conduit outre Manche. Afin de racheter sa personne, par le traité de Brétigny, il cède aux anglais en 1360, en plus du duché d’Aquitaine déjà acquis des terres qui s’étendent de Bordeaux à Bayonne englobant notamment la Saintonge, le Poitou et l’Angoumois. Ces territoires, le Prince Noir va les gouverner en principauté autonome. Angoulême par fidélité à la couronne de France ouvrira avec beaucoup de réticence ses portes à l’ennemi.

C’est là qu’en 1367, Pierre de Castille dit le Cruel, détrôné pas ses sujets vient solliciter l’aide du Prince de Galles lui demandant de fournir des troupes et de financer une expédition pour retrouver ses possessions, à revanche d’une indemnisation. Celle-ci ne viendra jamais et ruinera le Prince Noir qui fera peser sur l’Angoumois le poids de ce désastre.

Le Prince de Galles aimait tout autant séjourner à Angoulême comme à Bordeaux où il établit une cour brillante. Froissard dans sa chronique y fait référence à l’occasion de la naissance du fils du Prince Noir, cette même année :

« Estoient li princes et la princesse en Anguloime. Et là devoit avoir moult procainnement une très grande feste de quarante chevaliers et de quarante escuiers, attendans dedens que madame la princesse devoir bouter hors de ses cambres à sa relevée, car elle estoit accoucée d’un biau fil qui s’appelloit Edaowars ensi com son père. Sitôt que li princes sceut la venue du roy de Cipre, il envoia devers lui par espécial Monseigneur Jean Chandos et grant fuison de chevaliers de son hostel, qui l’amenèrent en grant reviel (allégresse) et moult honorablement devers le prince, celui-ci le reçut liement (avec joie). Ossi firent tout li baron et li chevaliers de Poito et de Saintonge qui dalès le (à côté du) prince estoient li viscontes de Touwars, li jones sires de Pons, li sires de Partenai… Si fut li roy de Cipre moult festiés et bien honnourés dou prince et de la princesse, des barons et des chevaliers dessus dis, et se tint illuech plus d’un mois…Et quand il eut partout esté, il retourna en Angouloisme et fu à celle grosse feste que li princes y tint où il eut grant fuison de chevaliers et d’escuiers ».

De 1362 à 1371. le Prince Noir va s’efforcer de maintenir la paix dans sa principauté tout en faisant fructifier ses terres mais les taxes qu’il impose à la noblesse et au peuple sont sources de mécontentement. C’est dans ce contexte qu’il signe le 23 septembre 1366 avec Pierre de Castille le traité de Libourne qui le conduira à de graves difficultés financières. Ce traité stipule que le Prince Noir et le roi de Navarre apporteront à Pierre de Castille une aide militaire et monétaire pour la reconquête de son trône. Ses protecteurs devaient recevoir en contrepartie de leur appui des territoires et pour le Prince de Galles une somme de 550 000 florins d’or.

Le Prince Noir revient certes vainqueur : Il a battu les français menés par Du Guesclin à Najera. Cependant, si cette expédition est un succès militaire, il revient ruiné ne pouvant payer la solde de ses troupes. Pierre de Castille ne tient pas sa parole et refuse de rembourser les frais de l’expédition. Le Prince de Galles dédaignant cette forfaiture, au lieu d’en demander merci par les armes, préfère lever des impôts sur ses sujets. Son trésor est épuisé par le sacrifice financier consenti à la cause de Pierre de Castille et le train de sa cour à Bordeaux et Angoulême. Le Prince Noir convoque donc les 3 états de sa principauté afin de justifier la levée de subsides qui lui permettront de remonter ses finances.

Cette assemblée se composait de la Noblesse et des dignitaires de l’église qui se réunirent au château d’Angoulême. Evêques et abbés, inféodés à l’Anglais grâce à des privilèges, consentirent facilement aux exigences du Prince Noir selon sa volonté. Ceux-ci acceptèrent la levée d’un fouage (taxe levée sur chaque foyer). Voici le texte qui confirme la décision prise par les Etats généraux.

« Edouard, fils aîné du Roi d’Angleterre, Prince d’Aquitaine et de Galles, Duc de Cornouailles, seigneur de Biscayes et de Castres-d’Urdiales, faizons sçavoir à touts que, ouies plusieurs supplications et réquestes à nous faites par les prélats, nobles et communes de nostre ditte principauté d’Aquitaine, en nos conseil et assemblée tenus en nostre cité d’Angolesme, le dix-huitième jour du mois de janvier dernier passé : premièrement, que nous feissions bastre monnaie d’or, et feissions valoir le marc sexante-une livres, dont donneissions sexante livres ; et aussy feissions valoir le marc six livres cinq sols, dont donneissions cent quinze sols, et que lesdites monnaies feissions tenir stables par cinq ans continués, commençant à la feste de Pasques prochaint venant. Nous voulant et désirant de tout nostre cœur le bien et profit de nostre ditte principauté et des subjets d’icelle, et aussy considérant les grandes obéissances, fidélités, services et octroyes que nos dits subjets nous ont faits, toutes les fois que nous les avons requis, et considérant aussy l’offre et les dons que lesdits prélats et nos subjets nous ont libéralement faits ; estant en nostre grand conseil et assemblée, en nostre cité d’Angolesme, sçavoir faizons que nous puissions prendre et faire lever sur chaque feu de touts subjets et habitants de nostre principauté dix sols monnaie susdittes, le fort portant le faible, chacun an, durant le temps desdits cinq ans, qu’ils nous ont requis que nous feissions faire laditte monnaie stable ; à prendre et lever les dix sols, la moitié de la première année, aux terme de Pasques prochain, et l’autre moitié à le feste de Noël suivant ; et les autres quatre années, la moitié à la feste de la Saint Jean, et l’autre moitié à la feste de Noël susditte…
Pour lesdittes causes et plusieurs autres…

Donné en nostre chasteau d’ Angolesme, le 26 du mois de janvier 1368

Le peuple et une partie de la noblesse indignés par le procédé n’hésiteront pas à porter leurs plaintes à Charles V, roi de France car ils souhaitaient se soustraire au joug anglais. Le Comte d’Armagnac fut un des leaders de la révolte qui conduira à l’annulation du traité de paix de Brétigny et à l’effondrement de la principauté d’Aquitaine.

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