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1388 - Les Anglais débarquent à Marans et attaquent la Rochelle - Chronique de Froissart

D 1er novembre 2008     H 16:42     A Pierre     C 0 messages A 841 LECTURES


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Froissart a bien mérité sa réputation de chroniqueur : dans un récit très vivant, il nous raconte un épisode de la guerre de Cent Ans en Aunis.

Il livre aussi à votre réflexion une belle formule, toujours d’actualité, à afficher dans votre bureau ou votre atelier : "Qui défaut de bons chefs, il défaut de bon moyen, et de bon pied : et, qui n’a bon pied, il ne peut faire chose qui vaille.".

Source : Collection des chroniques nationales françaises – T. XXI - J. A. Buchon – Paris – 1825 – Books Google

Le très antique château de Marans, pays d’Aunis
comme il était en 1604, vu du côté du septentrion - Rasé en 1638

Chapitre CVIII – Comment le comte d’Arundel et ses gens eurent conseil ensemble comme ils se maintiendroient ; et comment Perrot le Béarnois et ses compagnons se mirent sur les champs pour aller devers le comte d’Arundel ; et comme le dit comte alla prendre terre à Marant près la Rochelle avec son armée marine.

Quand le comte d’Arundel et les seigneurs qui avecques lui étoient, se furent départis des bendes (cotes) de Bretagne, ils singlèrent, à l’entente de dieu et du vent, à plein voile devers la Rochelle. Car ils avoient le temps, et la marée pour eux : et faisoît si bel et si joli, et vent si à point, que grand plaisance étoit de voir ces vaisseaux sur mer, car ils étoient environ six vingts voiles, uns et autres : et voloient ces estrannières (étendards), tons gentement armoyées des armes des seigneurs qui resplendissoient contre le soleil. Ainsi s’en vinrent-ils, tout nageant et flottant, parmi cette mer qui lors étoit haitée (calme), et montroit qu’elle eut grand’plaisance d’eux porter. Ainsi comme un cheval agrené et sejourné, quand il est hors de l’étable, il a grand désir de cheminer : ainsi la mer, avecques l’aide du vent qui étoit si à point comme à souhait montroit pleinement : « Cheminez ; ce pouvoit-elle dire par figure, liement et hardiment ; je suis pour vous. Je vous mettrai en port ou en havre et sans péril. »

Ainsi de grand’volonté s’en vinrent ces seigneurs et leurs navies (flottes), frontoyant (côtoyant) Poitou et Saintonge : et entrèrent en la mer de la Rochelle, et au propre hâvre, voire au lez (côté) devers Maurant [NDLR : Marans Charente-Maritime]. Et là dessous la Rochelle, si comme je vous dis et montre, ancrèrent et arrêtèrent aucuns compagnons aventureux. Pourtant que la marée venoit et pas n’étoit encore pleine, entrèrent en barges plus de deux cents , uns et autres : et s’en vinrent à rames, et avec la mer, jusques en la ville de Maurant Le guet du châtel de Maurant d’amont avoit bien vu la navie (flotte) d’Angleterre prendre port au hâvre, et aussi les barges venir, tout le fil de l’eau, avecques la mer. Si avoit corné d’amont et mené grand’noise, pour réveiller les hommes de la ville et sauver le leur : si que hommes et femmes grand’ foison de leurs meilleurs choses sauvèrent et portèrent au châtel : et ce leur vint à point, autrement ils eussent tout perdu.

Quand ils virent le fort, et que Anglois leur étoient aux talons, si laissèrent le demeurant (reste), et entendirent à sauver leurs corps. Anglois archers, et autres, qui là étoient venus, issirent hors de leurs barges, et entrèrent en la ville, et entendirent au pillage, car pour pèlerinage n’étoient-ils là venus ; mais petit y trouvèrent, fors que grandes huches toutes vuides. Tout le bon étoit retrait (retiré) au châtel. De blés, de vins, et de bacons (porcs) salés, et d’autres pourvéances, trouvèrent-ils assez, car il y avoit plus de quatre cents tonneaux de vin en la ville. Si s’avisèrent qu’ils demeureroient là, pour garder ces pourvéances qui leur venoient grandement à point, et à leurs gens aussi, car, s’ils se départaient, ils supposoient bien et de vérité, que la greigneur (majeure) partie seroit retraite (retirée) au fort, ou éloignée par la rivière même, jusques à Fontenay-le-Comte, où les François ce qu’ils ne pourroient sauyer gâteroient Si demeurèrent cette nuit en la ville, car ils étoient là venus à heures de vêpres, et se donnèrent du bon temps : et mandèrent leur état à leurs gens, et la cause pourquoi ils étoient là demeurés. Le comte d’Arundel et les autres chevaliers s’en contentèrent : et dirent qu’ils avoient bien fait.

Cette nuit se passa. Au lendemain, quand la marée commença à retourner, toutes gens s’appareillèrent : et se désancrèrent petits vaisseaux : et furent mis, des gros vaisseaux dans les petits, et dans les grosses barges, tous les harnois qui aux armes appartenaient : et laissèrent là leurs grosses nefs qui la rivière de Maurant [NDLR : la sèvre Niortaise], pour le petit de parfond (profondeur), ne savoient et ne pouvoient passer. Encore ordonnèrent-ils cent hommes d’armes et deux cents archers, pour garder la navie (flotte) : qui étoit au hâvre, et là gisoit à l’ancre à l’embouchure de la mer. Puis, quand ils eurent tout ainsi ordonné, ils nagèrent tant qu’ils vinrent à Maurant : et là prirent-ils terre tout à grand loisir, car nul ne leur dévéoit (empêchoit) et se logèrent tous sur terre, entre Maurant et la ville de la Rochelle, laquelle sied à quatre petites lieues de là.

Ces nouvelles s’épandirent sur le pays, que les Anglois étoient arrivés à Maurant, et pris terre : et étoient bien quatre cents combattans, parmi les archers. Si furent le plat pays, les villes et les châteaux, tous effrayés et sur leur garde : et commencèrent ceux des villages à fuir devant eux et à retraire (retiter) leurs biens dans les forêts, en Soubise et ailleurs, là où le plus tôt ils se pouvoient sauver et trouvoient recueillette,

Chapitre CIX. - Comment ceux de Rochelois allèrent escarmoucher aux Anglois, près Maurant : et comment les Anglois, après avoir pillé le pays d’environ, se retirèrent en leurs vaisseaux sur la mer avec leur pillage : et comment Perrot le Béarnois se retira semblablement en son fort avec son grand butin.

Si les Anglois eussent eu chevaux a leur aise pour courir le pays de Rochelois, ils eussent grandement fait leur profit, car le pays étoit tout dégarni de gens d’armes : voire pour eux aller au devant. Bien est vérité que le sire de Parthenay, le sire de Pons, le sire de Lanières, le sire de Tonaybouton, messire Geoffroy d’Argenton, le sire de Montendre, messire Aimery de Rochechouart, le vicomte de Thouars, et plusieurs chevaliers et écuyers de Poitou et de Saintonge, étoient au pays : mais c’étoit chacun en son hôtel et en son fort, car le pays n’étoit pas avisé de la venue des Anglois. S’ils en eussent été signifiés, en devant un mois, ou environ, et qu’ils eussent sçu de vérité que les Anglois arriveroient en tel jour à Maurant, ils y eussent bien pourvu, mais nenny. Cette chose leur vint soudainement sur les mains ; pourquoi ils en furent plus effrayés. Et mettoit chacun peine et entente de garder le sien, et les bonnes gens du plat pays à moissonner hâtivement les blés, car il étoit entrée d’août. Avecques tout ce, il n’y avoit nul chef au pays qui les émût.

Le duc de Berry qui étoit sire et souverain de Poitou étoit en France. Le sénéchal de Poitou étoit venu nouvellement à Paris. Le sénéchal de Saintonge n’étoit pas aussi en sa sénéchaussée. Le sénéchal de la Rochelle, messire Hélyon de Lignac, n’étoit pas à la Rochelle ni au pays, mais grandement embesogné pour le duc de Berry, allant et retournant, en ces jours, sur le chemin de Bayonne et de France : et par ces raisons le pays en étoit plus foible. Car, qui défaut (manque) de bons chefs, il défaut (manque) de bon moyen, et de bon pied : et, qui n’a bon pied, il ne peut faire chose qui vaille. Aussi étoient les terres dessus dites effrayées par deux manières, car ils avoient les Anglois devant eux, l’armée de mer, si comme vous pouvez ouïr ; et d’autre part, les nouvelles leur venoient fort, des parties de Berry et de Limousin, que Perrot le Béarnois chevauchoit et menoit plus de cinq cents combattants : et jà étoient entrés en Berry. Si ne savoient auquel entendre ; fors à garder le leur, car renommée couroit que ces deux osts se trouveroient et rencontreroient, fût en Poitou ou en Saintonge. Telle étoit l’imagination de plusieurs.

Vérité est qu’en la ville de la Rochelle étoient pour ces jours que les Anglois prirent terre à Maurant, deux vaillants chevaliers de la nation de Beausse.
L’un appeloit-on messire Pierre de Joy, et l’autre messire Pierre Taillepié : lesquels messire Hélyon de Lignac avoit mis, laissés et établis, à son département, en la Rochelle, pour garder la ville et le pays ; et ils s’en acquittèrent à leur pouvoir loyalement. Quand ils sçurent, et les nouvelles leur furent venues à la Rochelle, que le comte d’Arundel et l’armée de mer dont on avoit parlé toute la saison avoit pris terre dessous Maurant, et que là ils se logeoient, si dirent à ceux de leur charge et au maieur (maire) de la Rochelle, et aux bonnes gens, car c’est une ville assez peuplée : « Il nous faut aller voir le logis et le convenant (arrangement) des Anglois. On nous a dit qu’ils se logent et amassent en ce pays. Nous voulons, moi et mon compagnon, aller querre (chercher) leur bien venue : ou ils la payeront, ou nous la leur payerons. Mais blâme nous seroit et reproche grand, au cas que nous avons à garder pour le présent cette ville et le pays, si paisiblement nous les y laissons arrêter : et si y a un point moult bel pour nous, c’est ce que ils n’ont point de chevaux ; ce sont gens de mer. Nous serons tous bien montés, et envoyerons nos arbalétriers devant qui les iront réveiller, traire (tirer) et blesser : et, quand ils auront fait leur envahie (attaque), ils retourneront. Les Anglois saudront (sortiront) tous dehors. Ils sont tous de pied. Nous remettrons nos arbalétriers derrière qui le pas retourneront vers la ville : et ces premiers nous recuillerons aux fers des lances : et aurons nous, qui serons sur nos chevaux, grand avantage de leur porter dommage. »

Tous ceux qui ouïrent les chevaliers parler les tinrent à sages et bien vaillants hommes : et s’accordèrent à ce conseil : et mirent ensemble les arbalêtiers et les gros varlets : et en trouvèrent bien douze cents, que uns que autres. Quand ce vint au matin, droit à l’aube du jour, ils furent tous appareillés dedans la ville de la Rochelle : et s’assemblèrent-ils en la place : et se partirent tout premièrement les arbalétriers et les gens de pied : et se mirent au chemin, de bon pas, pour venir au logis des Anglois. Endementiers (cependant) s’ordonnèrent et appareillèrent ceux de cheval : et étoient bien environ trois cents, car il y avoit des chevaliers et des écuyers, qui venus étoient en la Rochelle si tôt comme ils ouïrent dire que les Anglois étoient arrivés à Maurant. Si issirent (sortirent) les hommes de cheval, et les deux chevaliers devant qui les menoient. Certes, si par aucune inspiration les Anglois eussent sçu la venue des Rochellois, et qu’ils pussent avoir mis sus une belle embûche de deux cents archers et de cent hommes d’armes, il n’en fût jà pié retourné.

Quand les archers et les arbalétriers de Rochellois vinrent sur le logis de Anglois, il étoit encore assez matin : et tant y eut de bon pour eux que le guet qu’ils avoient fait la nuit jusqu’au soleil levant étoit retrait (retiré). Les arbalétriers commencèrent à tendre leurs arcs en approchant les Angjois, et puis à traire (tirer) ; les sagettes (flèches) passoient parmi ces feuilles. Donc les Anglois qui étoient en leurs logis, ou se reposoient sur litière d’estrain (paille) qu’ils avoient faite, s’émerveilloient dont ces traits venoient. Si en y avoit beaucoup de blessés, avant qu’ils sçussent que ce fussent les François. Quand ils eurent trait environ six coups chacun, ils se mirent au retour le bon pas, ainsi que ordonné étoit. Adonc approchèrent les gens d’armes, lesquels étoient tous bien montés, et se mirent entre les logis des Anglois et leurs gens. Lors se commença l’ost à estourmir (mouvoir), et chevaliers et écuyers à eux armer et archers à issir (sortir) hors de leurs logjs et venir sur les champs, et eux mettre ensemble et amonceler.

Quand les capitaines François virent que l’ost s’estourmisoit (mouvoit) si au vrai, et que chevaliers et écuyers se recueilloient sur les champs, si suivirent leurs gens : qui s’en r’alloient le bon pas : et jà étoient les premiers moult près de la Rochelle, car ils doutoient (craignoient) le trait des Anglois. Ainsi, en hériant (harcelant) et trayant, et les gens de cheval gardants leurs gens, furent les Rochellpis amenés et poursuivis jusques bien près de la Rochelle : et alors véez-ci venir le comte d’Arundel et plus de quatre cents hommes d’armes qui avoient poursuivi le grand pas, chacun son glaive en ses mains ou sur son col Là fut grand l’empêchement des hommes de pied, et la presse moult grande au rentrer en la Rochelle. Messire Pierre de Joy et messire Pierre Taillepié ouvrèrent (agirent) comme vaillants gens, car, en défendant et en gardant leurs gens, ils se mirent derrière : et firent tant toutes fois qu’ils vinrent aux barrières : et toujours les poursuivoient les Anglois. Là furent en grand’aventure les deux chevaliers d’être morts où pris en faisant armes. Car l’assemblée étoit plus sur eux, que sur nul des autres : pourtant (attendu) qu’on véoit bien que c’étoient les maîtres, dont il avint que messire Pierre de Joy eut mort dessous lui son coursier : et à grand’peine fut-il tiré de leurs gens, dedans les barrières : et messire Pierre Taillepié fut féru (frappé) d’un glaive tout outre la cuisse, et d’une flèche parmi le bassinet ; jusques dedans la tête : et vint mourir le cheval sur quoi il seoit dedans la porte, à ses pieds. A l’entrer en la ville y eut grand’occision, et blessés plus de quarante. On étoit monté en la porte : si traioient (tiroient) canons et bombardes sur les Anglois, par lesquels traits ils se reculoient tant qu’ils n’osoient approcher ni bouter dedans. Ainsi se porta cette première escarmouche des Rochellois et des Anglois. Quand ils eurent escarmouché jusques bien près de nonne, le comte d’Arundel fit sonner la retraite.

Adonc se trairent (retirèrent) moult ordonnément et par bon arroi gens d’armes et archers et tout le pas, jusques à leurs logis : et là se désarmèrent et pensèrent d’eux car bien avoient de quoi. De vins et de chairs étoient-ils bien pourvus, car moult en avoient-ils trouvé sur le pays.

Si se tinrent ces seigneurs et chevaliers d’Angleterre là, environ Maurant et la place où le droit port et hâvre est, plus de quinze jours ; toujours attendants les armes et les aventures : mais depuis n’issirent (sortirent) point de la Rochelle nuls gens d’armes, pour escarmoucher ni éveiller les Anglois, car ils véoient bien que les Anglois se maintenoient et portoient sagement : et aussi leurs deux capitaines étoient blessés : pourquoi les autres avoient bien cause d’eux tenir tous là. Bien est vérité que le comte d’Arundel envoya par quatre fois courir sur le pays de Rochelois, vers Soubise, et en la terre de Thouars messire Guillaume Helman (Elmham) : et y portèrent, ceux qui envoyés y furent, grand dommage, dont le pays fut moult effrayé ; et encore eussent les Anglois fait autre exploit d’armes, s’ils eussent eu chevaux : mais ils nuls n’en avoient, fors qu’un petit (peu) et encore les avoient-ils trouvés sur le pays. Plenté (beaucoup) ne fut ce pas, car si tôt que le plat pays fut informé de leur venue, tous se retrairent (retirèrent) à garand (sûreté) : et s’encloyrent (enfermèrent) ès bonnes villes, eux et le leur. Quand l’armée de mer, si comme je vous conte, eut été et séjourné sur le pays de Rochellois environ quinze jours, et qu’ils s’y furent bien rafraîchis, et ils virent que nul ne venoit à l’encontre d’eux, pour eux veer (empêcher) ni chalanger (disputer) terre, et que vent bon et propice leur fut venu, ils se retrairent (retirèrent) vers leurs navies, et les rechargèrent de grand’foison de vins qu’ils avoient trouvés sur le pays et de chairs fraîches : et puis entrèrent en leurs vaisseaux. Si se desancrèrent, étants leurs nefs toutes chargées : et avalèrent leurs voiles : et le vent se bouta dedans : si singlèrent en éloignant la terre : et prirent le profond : et entrèrent en la mer : et encontrèrent, en ce propre jour, douze nefs de Bayonne qui s’en alloient en Angleterre, et menoient vins de Gascogne et autres marchandises. Si se conjouirent tous grandement les uns aux autres, et s’entrefirent moult grand’fête, quand ils se furent avisés et connus ; car ils étoient tout un, et tout d’une alliance ; et donnèrent les Bayonnois au comte d’Arundel, deux pièces de vin de Gascongne en cause d’amour et de rafraîchissement ; et puis passèrent outre, et les autres demeurèrent sur la mer, toujours vaucrant (errant), et vallant, et attendant les aventures.

Or vous parlerai de Perrot le Béarnois et de sa route (troupe). En ce propre termine (temps), que l’armée d’Angleterre fut à Maurant et en Rochelois, étoit Perrot le Béarnois et sa route (troupe) où bien avoit quatre cents lances, et autant de pillards sur les champs : et passa parmi Limousin : et vinrent en Berry : et levèrent, en un jour, toutes les marchandises de la ville du Blanc en Berry, où pour ces jours il y avoit foire : et eurent là grand profit de ces compagnons des routes (troupes) et des bons et riches prisonniers : et puis passèrent outre : et vinrent jusques à Selles en Berry : et fut la ville toute pillée et robée.

Ainsi se maintinrent Perrot le Béarn et le bourg (bâtard) de Compane et Aimerigot Marcel et Olim Barbe et les autres, et chevauchèrent moult avant sur le pays : et y portèrent grand dommage, car nul ne leur alloit au devant, et en fut le pays tout effrayé delà la rivière de Loire et deçà, et jusques en la comté de Blois et en Touraine, car on ne pouvoit savoir ni imaginer que ces deux armées, qui se tenoient sur les champs, avoient en pensée de faire. Les aucuns disoient que la chose se tailloit que ils devoient eux trouver ensemble : mais non firent, car l’armée de mer se retrait (retira), comme je vous dirai, et aussi firent Perrot le Béarnois et sa route (troupe).

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