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1418-1453 : la grande pitié des diocèses d’Angoulême et de Saintes pendant la guerre de Cent Ans (I)

ou pourquoi beaucoup de nos églises sont datées des XIIe et XVe siècles

D 18 avril 2012     H 11:20     A Christian     C 0 messages A 984 LECTURES


Avant de s’intéresser à Luther, le dominicain autrichien Heinrich Denifle (1844-1905), archiviste au Vatican, étudia la formation des universités. Au cours de ces recherches, il découvrit une série de suppliques adressées au pape par les établissements religieux de France, dévastés par la guerre de Cent Ans. Il publia en 1897 plus d’un millier de ces pièces, sous le titre La Désolation des églises, monastères et hôpitaux en France pendant la guerre de Cent Ans. Sept de ces documents concernent le diocèse d’Angoulême (nos 374 à 380) et 32 celui de Saintes (nos 431 à 462).

Les plus anciens datent seulement de 1418, fin de l’intermède avignonnais, mais les religieux font souvent remonter leurs malheurs à longtemps en arrière : vingt, cinquante, soixante ou cent ans. Dans ces résumés stéréotypés adressés au Saint Père dans un mauvais latin, la chancellerie pontificale reprend le rappel de l’opulence passée, l’évocation de « guerres cruelles qui ont trop longtemps affligé ces régions (ô douleur) et les affligent encore », puis expose des malheurs souvent semblables : une chute des revenus de plus de 90 % dans la plupart des cas où on peut la mesurer (nos 374, 376, 442, 445), la désertion des monastères et des cures et, au contraire, dans les hôpitaux, un afflux auquel on ne peut faire face, la ruine des bâtiments… On devine derrière tout cela la misère des campagnes, et la situation à La Rochelle apparaît enviable par comparaison : là, on se préoccupe plutôt d’édifier des clochers ou d’agrandir les églises pour recevoir les marchands étrangers…

Le secours demandé prend le plus souvent la forme d’une concession d’indulgences et d’aumônes, tirées des pèlerins visitant les églises de Rome ou de la région, et parfois de l’annexion de bénéfices (unio ou incorporatio). Si la décision est prise par le pape lui-même, c’est un « fiat » ; sinon, c’est un « concessum », le délégué du Pontife étant assez souvent le cardinal de Rimini (« C. Ariminensis »). La date indiquée est celle de cette décision, qui peut être de beaucoup postérieure à celle de la supplique.

On a ajouté une traduction, certainement amendable (en particulier en ce qui concerne l’arithmétique des indulgences) mais aussi précise que possible pour tout ce qui concerne les établissements en cause. Toute correction sera la bienvenue !

Lieux cités :
- Diocèse d’Angoulême : Angoulême (cathédrale, Saint-Ausone, Saint-Cybard, La Couronne ; mention d’Allainville et de Jarnac) ; Montignac et Chébrac.
- Diocèse de Saintes : Saintes (cathédrale, Notre-Dame, Saint-Eutrope, l’hôpital) ; Saint-Jean d’Angély ; Tonnay-Charente ; Saint-Liguaire près Niort ; Saint-Etienne de Vaux ; La Tenaille (Jarnac-Champagne) ; Bouteville ; Sainte-Gemme ; La Rochelle (Saint-Sauveur, Marsilly, Saint-Barthélemy, Notre-Dame de Cougnes, Saint-Nicolas, Notre-Dame de la Font ( ?)) ; Saint-Martial près Coivert ; Saint-Vivien (de Saintes ? avec Royan) ; Châtres, à Saint-Brice, près de Cognac ; Sablonceaux ; îles de Ré et d’Oleron ; Mauzé ; Surgères ; Saint-Georges-de-Rex ; Brie (sous-Matha ?) ; Thors ; Nieul-sur-Mer ; Boutiers.

Denifle consacra un deuxième tome (en deux volumes) à l’histoire même de la guerre de Cent Ans, en s’arrêtant en 1385, peu après la mort de Charles V. Les extraits concernant la Saintonge et l’Angoumois feront l’objet d’un autre article.

Diocèse d’Angoulême

374. Tota patria Engolismen. quasi deserta, beneficia annihilata.

B. P. S. V. humiliter exponitur quod propter guerras gravissimas que a LX annis citra quasi continue patriam Engolismen., provincie Burdegalen., in confinibus inimicorum constituta afflixerunt..., patria ipsa quasi deserta et penitus depopulata, et beneficia ipsius civitatis et diocesis adnihilata existunt, sic quod majori et quasi tota parte duo aut tria ibidem curata beneficia, si simul unirentur, ad sustentationem vite unius presbyteri comode non sufficerent. Verum P. B., quia beneficia ecclesie cathedralis similis dampnationis existunt, sic quod prebenda canonici ad sustentationem ejus vite nullomodo sufficiat, fructus decanatus qui mille libr. solebant esse valoris annuatim, nunc xxx non excedunt. [De unione plurium beneficiorum]. Fiat... O. Dat. Laterani IX kal. Novemb. anno decimo. [1427, Octob. 24.

Suppl. Mart. V, n° 209, fol 280b.
Toute la région d’Angoulême quasi déserte, les bénéfices anéantis.

Très saint Père, on expose humblement à Votre Sainteté qu’en raison des guerres gravissimes qui depuis soixante ans ont accablé presque continuellement la région d’Angoulême, située dans la province de Bordeaux et aux confins des ennemis, elle est quasi déserte et entièrement dépeuplée [sic], et les bénéfices de la ville et du diocèse anéantis de sorte que, dans la plupart des cas, sinon dans la quasi-totalité, deux ou trois cures réunies ne suffiraient pas à entretenir convenablement un seul prêtre. Les bénéfices de l’église cathédrale ont subi les mêmes dommages, si bien que les chanoines ne peuvent vivre de leur prébende et les revenus du doyenné, qui se montaient habituellement à mille livres par an, n’en dépassent pas trente... [Au sujet de la réunion de plusieurs bénéfices]. Qu’il en soit fait ainsi. Octobre 1427.
375. Mensa episcopalis Engolismen. annihilata, episcopus captus, locus episcopalis de Varno demolitus.

B. P. Cum ecclesia Engolismensis propter guerras in regno Francie presertim in parte ejusdem regni, ubi civitas et diocesis Engolismen. ac dicte ecclesie redditus consistunt, (proch dolor) adeo supra modum in suis fructibus, redditibus et proventibus et presertim illis, qui ad mensam episcopalem Engolismensem pertinere noscuntur, dilapsa et diminuta extitit, quod fructus ipsius mense vix ad trecentas libras turon. parv. tempore sacri generalis Consilii Constantien. ascendebant, ex et super quo V. S. debite informata prioratum conventualem de Alainvilla dioc. Engolismen. Ord. S. Aug. eidem episcopo immediate subjectum consensit uniri [instrumenta de hoc deperdita], ab ipso dicti sacri Consilii tempore citra proventus dicte episcopalis mense tam propter predictarum continuacionem guerrarum, quam propter capcionem episcopi moderni (1) et loci episcopalis de Varno et ejus demolicionem, in quo consistebat major et potior pars proventuum dicte mense, adeo sunt diminuti quod vix modernis diebus ad ducentas libras turon. parv. annuatim ascendunt etc. [De incorporatione praefatae mensae prioratus de Alainvilla et plurium parochialium.] Fiat... O. Datum Genezani Penestrin. dioc. pridie kal. Augusti anno undecimo. [1428, Julii 31.

Suppl. Mart. V, n° 220, fol. 300. Jam an. 1418 episcopus conqueritur, mensae fructus esse 250 libr. turon., locaque episcopalia inexplicabili ruinae subjacere (n° 104, fol. 278b sq.). An. 1442, Decemb. 1, Robertus episcopus, et iterum an. 1443, Maii 16, conqueritur. Carolus dux Aurelianen. supplicat, ut episcopus suus consiliarius quatuor beneficia retinere valeat. Conceduntur duo (Suppl. Eugen. IV, nos 380, fol. 247 ; 383, fol. 163).

(1) Johannis, antea abbatis monast. de Barbello O. Cist. Senonen. dioec, episc. ab an. 1412, Aug. 31 (Reg. Lat. Joh. XXIII, n° 162, fol. 170).
La mense épiscopale d’Angoulême anéantie, l’évêque prisonnier, le lieu épiscopal de Vars détruit.

Très saint Père, à cause des guerres [qui sévissent] en France, surtout dans cette partie du royaume où se trouvent la cité et le diocèse ainsi que les ressources de ladite église, l’église d’Angoulême a vu (ô douleur !) ses revenus diminuer outre mesure, surtout ceux qui sont reconnus appartenir à la mense épiscopale et qui se montaient à peine à 300 livres tournois au temps du concile de Constance (1414-18), ce pourquoi Votre Sainteté, dûment informée, consentit à réunir sous la dépendance immédiate de l’évêque le prieuré conventuel d’Alainville, de l’ordre de Saint Augustin, situé dans le même diocèse [l’acte en est perdu] ; depuis l’époque de ce concile, les revenus de ladite mense ont été [encore] diminués, tant à cause de la poursuite des guerres que de la captivité de l’évêque actuel (1) et de l’occupation et de la destruction du lieu épiscopal de Vars, dont ils provenaient en majeure part, au point qu’ils atteignent aujourd’hui à pine 200 livres tournois... [De l’incorporation à ladite mense du prieuré d’Alainville et de plusieurs (églises ?) paroissiales]. Juillet 1428.

En janvier 1418, l’évêque se plaignait que le revenu de la mense fût de 250 livres tournois et que les dépendances de l’évêché souffrissent d’une ruine insurmontable. Le 1er décembre 1442, l’évêque Robert [de Montbron, 1440-1465] se plaignait à nouveau, et de même encore le 16 mai 1443. Le duc Charles d’Orléans demanda que l’évêque, son conseiller, puisse retenir [conserver pour lui ?] quatre bénéfices - il lui en fut accordé deux.

(1) Jean [V Fleury], auparavant abbé du monastère cistercien de Barbeaux, dans le diocèse de Sens, évêque depuis le 31 août 1412 [transféré au siège de Luçon en 1431, mort en 1441].
376. Ecclesiae Engolismen. proventus 4.000 libr. ad 300 deminuti.

B. P. Ecclesia cathedralis Engolismen. a primitiva ecclesia in honorem Beati Petri apostoli solempniter edificata et opulenter dotata, hodiernis temporibus propter guerras, que a centum annis citra continue ibidem viguerunt et (proch dolor) vigent de presenti, ad tantam devenit inopiam, quod nedum ipsa ecclesia, sed quasi tota patria penitus deserta existit, sicque fructus ejusdem, qui solebant esse valoris quatuor milium libr., vix hodie ad trecent. vel circa ascendunt, licet ibidem viginti septem prebende sint institute et alia magna quantitas servitorum, propter quam inopiam divinum officium ibidem deperitur et sustineri non potest in maximam desolationem personarum ejusdem civitatis et patrie predictarum. [Supplicant decanus et capitulum eccl., in qua corpus S. Benigni martyris requiescit, de indulgentiis cum eleemosynis.] Concessum... C. Ariminen, Dat. Bononie idus Julii, anno septimo. [1437, Julii 15.
Suppl. Eugen. IV, n° 330, fol. 231b.
Les revenus de l’église d’Angoulême réduits de 4 000 livres à 300.

Très saint Père, du fait des guerres qui ont sévi là sans discontinuer depuis cent ans et qui (ô douleur !) sévissent encore, l’église cathédrale d’Angoulême, édifiée à partir de l’église primitive consacrée à saint Pierre apôtre et richement dotée, est tombée aujourd’hui dans un tel dénuement que, comme quasiment toute la région, elle est totalement à l’abandon, et que ses revenus qui étaient habituellement de 4 000 livres se montent actuellement à peine à quelque 300 livres. Bien que 27 prébendes soient établies avec une grande quantité de serviteurs, à cause de ce dénuement, le service divin y dépérit et ne peut être maintenu contre le dépeuplement extrême de la cité et de la région susdites. [Le doyen et le chapitre de l’église, où repose le corps de saint Bénigne martyr, supplient qu’on leur octroie indulgences et aumônes]. Accordé, juillet 1437.
377. Monasteria S. Ausonii, monialium, et S. Eparchii monachorum O. S. Ben., Engolismen., inhabitabilia et deserta.

B. P. Cum ab antiquis temporibus extra muros civitatis Engolismen. fuerint duo solemnia monasteria fundata, unum in honorem beatissimi martiris Ausonii, primi episcopi Engolismen. (2) cum abbatissa et monialibus, et aliud in honorem beati Eparchii confessoris, primi abbatis ipsius monasterii, cum abbate et monachis Ord. S. Ben., omnibus bene reddituatis ad deserviendum Deo in eisdem : hinc est quod hodiernis temporibus propter guerras et mortalitatum pestes, que in illis partibus tamdiu et tam terribiliter viguerunt sicut adhuc vigere non cessant, dicta Engolismensis civitas et tota patria circumquaque situata ad tantam paupertatem, desolationem et paucitatem habitantium devenit, quod quasi depopulata remansit et remanet de presenti, dictaque monasteria inhabitabilia quasi et deserta, ita et taliter, quod in uno ipsorum monasteriorum due, et in alio quatuor persone solum vix vivere possunt, ymo totaliter veniunt ad ruinam, nisi per eandem Sanctitatem misericorditer eisdem succurratur, licet fuerint alias valde pingue dotata ; nam in uno triginta, et in alio quadraginta et ultra religiosi esse solebant, quodque corpus beatissimi ipsius martiris adhuc remanet in terra absque relevatione et absque eo quod aliquid appareat de suo sanctissimo corpore, propter quod devotio fidelium quam plurimum ibidem est sopita. Supplicant igitur S. V. clerus et populus ipsius civitatis Engolismen. [pro indulgentiis cum eleemosynis.] Fiat in forma. O. Dat. Florentie xiij kal. Julii anno tertio. [1420, Junii 19.

Suppl. Mart. V, n° 138A, fol. 73.

(2) Vid. Analecta Bolland., V, p. 296 sqq. Juxta alios fontes Dynamius, saec. V, primus certus episcopus designatur. Vid. DUCHESNE, Fastes épiscopaux, I, p.22.
Les monastères bénédictins de Saint-Ausone, de moniales, et de Saint-Cybard, de moines, inhabitables et abandonnés.

En des temps anciens furent fondés hors les murs de la cité d’Angoulême deux monastères consacrés, l’un en l’honneur du très saint martyr Ausone, premier évêque de la ville (3), avec une abbesse et des moniales, et l’autre en l’honneur du bienheureux Cybard confesseur, premier abbé de ce monastère, avec un abbé et des moines de l’ordre de saint Benoît, tous bien pourvus afin d’y servir Dieu... Aujourd’hui, à cause des guerres et des épidémies qui ont sévi si longtemps et si cruellement dans ces territoires et ne cessent d’y sévir, ladite cité d’Angoulême et toute la région alentour sont tombées dans une telle pauvreté et désolation qu’elles sont quasi dépeuplées et que ces monastères sont inhabitables et quasi abandonnés, au point que seulement deux personnes peuvent subsister dans l’un et quatre dans l’autre, au lieu de trente et quarante habituellement, et même ils tomberont totalement en ruine à moins que Votre Sainteté ne les secoure miséricordieusement ; d’autre part, le corps du saint martyr [Ausone] demeure à ce jour en terre, sans relévation [exhumation et transfert dans une châsse] et sans qu’aucune partie de son très saint corps soit visible, ce qui est cause que la dévotion des fidèles y est fort assoupie. Les clercs et le peuple de la cité d’Angoulême supplient donc Votre Sainteté [qu’elle leur accorde indulgences et aumônes]. Juin 1420

(2) Cf. Analecta Bollandiana V, p. 296 et sv. D’autres sources désignent Dynamius, au ve siècle, comme le premier évêque certain. Cf. Duchesne, Fastes épiscopaux, l, p. 22.
378. Ecclesiae S. Eparchii 0. S. B. pars corruit, monasterium minatur ruinam, fructus deminuti.

B. P. Pro parte devot. orat. V. S. abbatis et conventus monasterii sancti Eparchii, Ord. S. Ben., in suburbiis civitatis Engolismen. provincie Burdegalen., humiliter exponitur et devote, quod licet idem monasterium in suis fundatione et edificiis notabilissimum fuerit, habens sub se multos prioratus et membra ejusdem Ordinis, ita quod quinquaginta religiosi ibidem solebant institui substentarique nunc autem propter guerrarum pestes que ab antiquissimo tempore citra continue in ipsis partibus convicinis inimicis regni Francie viguerunt, prout vigent in partibus ipsis de presenti, dictum monasterium atque abbatia ipsa ad tantam devenerunt inopiam, quod fructus eorundem sexaginta libr. turon. parv. valorem annuum non excedant, ymo nuper una pars ipsius ecclesie corruit, propter cujus reparationem multa ipsius monasterii bona necessario fuerunt alienata, et in multis aliis suis partibus idem monasterium minatur ruinam, ad quorum necessariam reparationem... facilitates non suppetunt. [Incorporatio prioratus de Jarnaco ejusd. Ord., Sanctonen. dioc] Fiat... O. Dat. Rome apud Sanctos Apostolos xv kal. Augusti anno decimo. [1427, Julii 18.

Suppl. Mart. V, n° 207, fol. 188.
L’église de Saint Cybard, de l’ordre bénédictin, est en partie effondrée, le monastère menace ruine, les revenus sont amputés.

Saint Père, de la part de vos serviteurs, l’abbé et le couvent de Saint Cybard, de l’ordre de saint Benoît, dans les faubourgs d’Angoulême, province de Bordeaux, on vous expose humblement ce qui suit : bien que ce monastère ait été remarquable à raison de sa fondation et de ses bâtiments, ayant sous sa dépendance de nombreux prieurés et membres du même Ordre, de sorte que cinquante religieux y étaient habituellement établis et entretenus, à cause des malheurs des guerres qui ont sévi continuellement et depuis longtemps dans ces régions voisines des ennemis du royaume de France et y sévissent encore, ledit monastère et l’abbaye elle-même sont tombés dans un tel dénuement que leurs revenus ne dépassent pas soixante livres tournois par an ; et même, récemment, une partie de l’église s’étant écroulée, la réparation a obligé à aliéner de nombreux biens, mais beaucoup d’autres parties de ce même monastère menacent ruine et les moyens de les réparer manquent. [Incorporation du prieuré de Jarnac, du même ordre de saint Benoît, diocèse de Saintes]. Qu’il en soit fait ainsi. Juillet 1427.
379. Monasterium B. Mariae de Corona O. S. Aug. depauperatum et desertum, campanile cum parte ecclesiae corruit.

B. P. Pro parte dev. orat. V. S. abbatis et conventus monasterii B. Marie de Corona Ord. Sancti Aug. Engolismen. dioc. humiliter exponitur, quod licet idem monasterium in sua fundatione notabilissimum fuerit, habens sub se multos prioratus et membra ejusdem Ordinis ; ita quod sexaginta religiosi ibi solebant comode et honorifice institui et Deo deservire : nunc autem propter guerras, que quasi a LXXX annis citra notorie ibi viguerunt prout continue adhuc vigent de presenti, dictum monasterium atque abbatia ad tantam devenerunt inopiam, quod vix quinque religiosi ibidem vivere possunt, ymo nuper campanile cum aliqua parte ipsius ecclesie in ruinam cecidit, et campane omnes fuerunt fracte et de pejori ruina timetur nisi succurratur. [De beneficiis.] Fiat ut petitur. O. Dat. Rome apud Sanctos Apostolos xiv kal. Julii anno decimo. [1427, Junii 18.

Suppl. Mart. V, n° 511, fol. 256.

In n° 221, fol. 57 iterum de eodem monasterio agitur : monachi, olim 30, nunc 8, debent intendere ad defensionem ejusdem ab invasionibus armigerorum : monasterii bona sunt alienata et in multis suis partibus id ruinam minatur (an. 1428, Jul. 28). An. 1436 (Julii 18) narratur, olim 50 religiosos et 10 conversos ibi fuisse ; nunc vix 8 personas sustentari posse ; aedificia esse collapsa, structuras incultas. Uniatur prioratus de Fonte Albo [Suppl. Eugen. IV, n° 138, fol. 102). An. 1437 (Julii 30) abbas Petrus conqueritur de ruina in ecclesia, claustro, refectorio, dormitorio aliisque aedificiis (n° 331, fol. 106b). An. 1449 fructus non excedebant 100 libr., e quibus vix 8 personae sustentantur (Suppl. Nicol. V, n° 426, fol. 109). An. 1451, Jun. 1, adhuc monasterium in suis structuris et aedificiis maximam ruinam passum est (Reg. Vat., n° 305, fol. 250b).
Le monastère Sainte Marie de La Couronne, de l’ordre de saint Augustin, appauvri et abandonné, le clocher s’est effondré avec une partie de l’église.

Saint Père, de la part des serviteurs de Votre Sainteté, l’abbé et le couvent de Sainte Marie de La Couronne, de l’ordre de saint Augustin, dans le diocèse d’Angoulême, on vous expose humblement ce qui suit : bien que ce monastère ait été remarquable à raison de sa fondation, ayant sous sa dépendance de nombreux prieurés et membres du même Ordre, de sorte que soixante religieux y étaient établis convenablement et honorablement pour servir Dieu, à cause des guerres qui ont sévi là continuellement depuis quatre-vingts ans et y sévissent encore, ledit monastère et l’abbaye elle-même sont tombés dans un tel dénuement qu’à peine cinq religieux peuvent y subsister ; et même, récemment, le clocher et une partie de l’église sont tombés en ruine ; toutes les cloches ont été brisées et une ruine pire est à craindre si le monastère n’est pas secouru. [Au sujet de bénéfices]. Qu’il soit fait ce qui est demandé. Juin 1427.

Dans une supplique à Martin V de juillet 1428, il est à nouveau question de ce monastère : les moines, dont le nombre est tombé de 30 à 8, doivent se défendre de l’attaque de soldats ; les biens du monastère sont aliénés et il menace ruine dans de nombreuses parties. En juillet 1436, il est dit que là où vivaient 50 religieux et 10 convers, ne peuvent plus survivre que 8 personnes à peine ; les bâtiments sont écroulés et abandonnés. Le prieuré de Fontblanche [Exoudun, Vienne, diocèse de Poitiers] est réuni au monastère. En juillet 1437, l’abbé Pierre se plaint de la ruine de l’église, du cloître, du réfectoire, du dortoir et d’autres bâtiments. En 1449, les revenus ne dépassent pas 100 livres, ce qui suffit à peine à l’entretien de 8 personnes. En juin 1451, les bâtiments du monastère ont souffert une ruine extrême.
380. Paroch. ecclesiae de Chabraco et S. Stephani prope Montigniacum Engolismen. dioec. collapsae, sine pastoribus et parochianis.

B. P. Licet in patria et diocesi Engolismen. ab olim opulentes fuerint ab antiquo pacis tempore dotate et fundate quamplures ecclesie etiam parrochiales, pluribus parrochianis populate, tamen propter guerrarum turbines, mortalitates et alia incommoda que partes illas in limitibus inimicorum christianissimi V. S. filii Francorum regis, Anglicorum, existentes, afflixerunt et affligunt, parrochialis ecclesia, prioratus de Chabraco nuncupata, Ord. S. Aug. dicte Engolismen. dioc., a monasterio de Salis ejusdem Ord. Lemovicen. dioc. dependens, in ruinam adeo deducta et collapsa est, quod rectore et parrochianis destituta est, ac alia parrochialis ecclesia Sancti Stephani, parrochiali ecclesie castri de Montinhaco quasi contigua, in qua non ultra quatuor vel quinque parrochiani existunt, cujus fructus adeo diminuti et tenues quod ex illis rector vitam et onera ecclesie supportare non potest. [Unio ambarum ecclesiarum.] Concessum ut petitur. C. Ariminen. Dat. Ferrarie decimo octavo kal. Julii, anno octavo. [1438, Junii 14.
Suppl. Eugen. IV, n° 341, fol. 117b.
Les églises paroissiales de Chebrac et Saint-Étienne près Montignac effondrées, sans pasteur ni paroissiens. [Rappel de l’opulence passée et de l’antiquité des établissements concernés ainsi que des guerres dévastant ces zones frontalières] L’église paroissiale, appelée prieuré de Chebrac, de l’ordre de saint Augustin, dépendante du monastère de Salles – du même ordre, situé dans le diocèse de Limoges – tombe à ce point en ruine qu’elle n’a plus ni prêtre ni paroissiens, et l’église paroissiale Saint-Etienne, quasi contiguë de l’église paroissiale du château de Montignac, où l’on ne compte pas plus de quatre ou cinq paroissiens, et dont les revenus sont à ce point diminués que le curé ne peut subvenir à ses besoins ni aux charges de l’église. [Union des deux églises]. Accordé. Juin 1438.

Diocèse de Saintes

431. Ecclesia Santonen. deminuta in redditibus tendit ad ruinam.

B. P. Licet ecclesia Xantonen. a sui constructione fuisset bene et laudabiliter in multitudine canonicorum ac dignitatum et aliorum servitiis divinis insistentium fundata, et in redditibus etc. abundanter dotata, et propterea ecclesia ipsa, que a catholicis regibus constructa in suis edificiis fuisset sumptuose edificata, tamen postmodum hoste inimico generis humani [suadente] guerrarum turbines nusquam auditi a seculo [supervenientes]... adeo a centum annis... partes illas afflixerunt quod capitulum et ejus fabrica ita defecerunt in eorum redditibus etc., ut neque sibi neque constructioni ecclesie et conservationi sufficere a multis citra temporibus minime potuerint, ex quo factum est ut eadem ecclesia in tanta ruina existat, quod ex comuni judicio magistrorum viginti quatuor millia coronarum ad ipsius reparationem vix suffîcerent, et propterea ad ipsius reparationem nullum videtur esse fere remedium nisi de thesauro ecclesie eis abundanter succurratur. [Supplicant decanus et capitulum ecclesiae, quam B. Eutropius martyr (4), qui Dom. nostri Jesu Christi discipulus et beati Martialis fuit, postmodum effectus episcopus illius ecclesiae, in honorem B. Petri fundavit, et ubi pro eo Christus multa miracula operatur, indulgentias concessas visitantibus basilicam SS. Petri et Pauli et ecclesiam Lateranen. Romae]. Fiat in forma. O. Datum Berne Lausan. dioc. tertio kal. Junii anno primo. [1418, Maii 30.

(4) Revera Gregorius Turon. scribit, referri Eutropium per Clementem Romanum in Galliam missum fuisse (De gloria martyrum, c. 55 ; vid. Gall. Christ., II, p. 1054.

Suppl. Mart. V, n° 110, fol. 193. Manuscriptus liber pessumdatus est. — Quia fundamenta deficiebant, ecclesia paulatim ad ruinam tendebat, et post duos annos partim corruit. Vid. num sequent.
L’église de Saintes menace ruine en raison de la diminution de ses revenus.

Bien que l’église de Saintes ait été, depuis l’époque de sa construction, fort bien pourvue de chanoines et de dignités, ainsi que d’autres préposés au service divin, abondamment dotée de revenus et, grâce aux rois catholiques, d’édifices somptueux, elle a souffert depuis cent ans de guerres sans précédent conduites à l’instigation d’un ennemi adversaire du genre humain, au point que le chapitre et sa fabrique manquent tant de ressources qu’ils n’ont pu depuis longtemps pourvoir ni à leurs propres besoins ni à la construction ou à la conservation de ladite église ; c’est pourquoi celle-ci menace tellement ruine que, de l’avis commun des experts, 24 000 couronnes suffiraient à peine aux réparations et qu’on n’y voit presque aucun autre remède qu’un secours abondant tiré du trésor de l’Eglise. [Le doyen et le chapitre de l’église fondée en l’honneur de saint Pierre par saint Eutrope martyr (4), disciple de notre seigneur Jésus Christ et de saint Martial, ensuite fait évêque de ladite église, où Christ fait pour lui maints miracles, supplient qu’on leur concède les indulgences accordées aux visiteurs de la basilique Saint-Pierre et Saint-Paul et de l’église du Latran à Rome]. Qu’il en soit ainsi, (mai 1418)

Supplique à Martin V. Le manuscrit est très abîmé. Parce que ses fondations étaient déficientes, l’église tombait peu à peu en ruine et s’écroula en partie au bout de deux ans : cf. le n° suivant.

(4) Cf. Grégoire de Tours, selon qui l’on rapporte qu’Eutrope aurait été envoyé en Gaule par Clément de Rome [De la gloire des martyrs, c. 55) ; voir également Gallia Christiana, II, p. 1054.
432. « Ecclesia Xantonen. in die translationis S. Nicolai ultimi preteriti (5) corruit in parte, et mortuus est unus homo, et centum mille si interessent ; succuratur, ne totaliter corruat. » [De indulgentiis cum eleemosynis], iij id. Decemb. an. quarto. [1420, Decemb. 11.

Suppl. Mart. V, n° 141, fol. 138. Nicolaus V an. 1451 scribit, ecclesiam super quemdam lacum, ubi antea piurima sanctorum martyrum corpora projecta fuere, constructam e defectu fundamentorum et aliis sinistris casibus corruisse (Raynald., Ann., an. 1451, n° 9)

(5) i.e. Maii 9, an. 1420.
« L’église de Saintes s’est écroulée en partie le jour de la translation de saint Nicolas (5) ; il y a eu un mort, mais il aurait pu tout aussi bien y en avoir cent mille s’ils avaient été présents. Il faut la secourir si l’on ne veut qu’elle s’effondre en totalité. » [À propos d’indulgences avec aumônes] (décembre 1420) Supplique à Martin V. En 1451, Nicolas V écrit que l’église avait été construite sur un lac dans lequel on avait jeté les corps de plusieurs saints martyrs, et qu’elle s’était effondrée à cause de ses fondations instables et d’autres événements fâcheux. Voir Audiat, Saint-Pierre de Saintes..., p. 263, et AHSA 10.

(5) Le 9 mai 1420.
433. Ut reparetur ecclesia Santonen., papa omnibus adjuvantibus provinciarum Burdigalen., Bituricen. et Turonen. indulgentias concedit.

B. P. Nuper S. V. ad supplicationem devotissimi E. S. Caroli illustrissimi Francorum regis omnibus christifidelibus provinciarum Burdegalen. et Bituricen., qui (si duces, comites vel barones forent, per triginta, nec non alii qui in facultatibus habundarent per quindecim, aliquando per decem dies) pro fabrica et reparationibus ecclesie Xantonen. personaliter laborarent vel suis sumptibus laborari facerent, aut de bonis eis a Domino collatis salarium equivalens ad opus personaliter inibi laborantium ministraverint, plenam omnium peccatorum suorum in mortis articulo remissionem usque ad biennium extendi primo, et deinde concessionem hujusmodi ad christifideles provincie Turonen. extendi necnon biennium hujusmodi ad annum prorogari concessit, prout in litteris confectis ac supplicationibus desuper signatis, quarum tenor hic habeatur pro sufficienter expressus, plenius continetur. Cum autem, P. S., tanta sit desolatio et ruina structurarum et edificiorum prefate ecclesie, quod incredibilis auditu videatur, et plures etiam existant, licet ad solvendum triginta vel quindecim aut decem dies ut premissum est impotentes reddantur, qui tamen (si postquam ocul[a]ta fide de hujusmodi desolatione et ruina eis constaret) per septem ad minus dies pro fabrica et reparatione prefatis personaliter laborare seu laborari facere aut equivalens pretium solvere conarentur ac laborarent et solverent, si eis similis remissio concederetur. Quare pro parte dicti regis et capituli ejusdem ecclesie E. S. V. humiliter supplicatur, quatenus, ut reformatio edificiorum et structurarum hujusmodi, in quibus usque ad hodiemum diem maxime expense facte sunt et cotidie circa illorum expetitionem plurimum laboratur ad finem optatum etiam vestri benignitate mediante deducatur... [Supplicatio de septem diebus], Concessum in presentia domini nostri pape. B. Graden Dat. Rome apud S. Petrum, iv non. Novembris anno tertio. [1433, Novemb. 2.

Suppl. Eugen. IV, n° 283, fol. 72b. — De eodem argumento brevius, ibid., fol. 226 (Novemb.), n° 282, fol. 97 et 256, mensis Octob. an. 1433. Sed an. 1439 adhuc Carolus rex de hoc supplicationem Eugenio IV porrexit (n° 338, fol. 14), immo an. 1451 et 1452 Nicolaus V pro decennio futuro iterum indulgentiam plenariam concessit stipem porrigentibus (Reg. Vat. Nicol. V, n° 398, fol. 19b ; n° 399, fol. 63). Fructus episcopatus jam an. 1418 propter guerras a 20 annis vigentes deminuti erant (Suppl. Mart. V, n° 113, fol. 23).
Le pape accorde des indulgences à tous les fidèles des provinces de Bordeaux, de Bourges et de Tours qui aideront à la réparation de l’église de Saintes.

Saint Père, récemment, à la prière de votre serviteur, l’illustrissime Charles, roi de France, Votre Sainteté a accordé à tous les fidèles des provinces de Bordeaux et de Bourges qui travailleraient personnellement, ou feraient travailler à leurs frais à la fabrique et aux réparations de l’église de Saintes (pendant trente jours pour les ducs, comtes et barons, quinze pour ceux qui ont abondance de moyens et, pour les autres, dix) ou à ceux qui verseraient sur les biens qu’ils tiennent du Seigneur un salaire équivalent à ceux qui travailleraient personnellement à cet ouvrage, une rémission plénière de deux ans, pour tous leurs péchés, à l’article de la mort, et a prorogé d’un an la même rémission de deux ans accordée aux fidèles de la province de Tours – ainsi qu’il ressort suffisamment des lettres et suppliques ci-dessus désignées. Cependant, Très Saint Père, cette église présente un état de désolation et de ruine qu’on a peine à croire, tandis que beaucoup, bien que devenus incapables de consacrer ne serait-ce que dix jours à cette œuvre, seraient prêts (s’ils constataient de leurs yeux cette ruine et cette désolation) à travailler ou à faire travailler sept jours au moins pour la fabrique et pour la réparation, si la même rémission leur était accordée. Tel est le sens de cette humble supplique que le roi et le chapitre de ladite église vous adressent, afin que soit menée à bien, votre bienveillance aidant, la restauration de bâtiments pour lesquels d’énormes dépenses ont été faites jusqu’à ce jour et sur lesquels on travaille chaque jour avec acharnement, conformément à leurs souhaits. [Requête pour sept jours]. Accordé, en présence de notre seigneur le pape, (novembre 1433).

Supplique à Eugène IV. Même sujet, évoqué plus brièvement, dans d’autres documents de la même année. Mais, en 1439, le roi Charles renouvelle la supplique. En 1451 et 1452, Nicolas V accorde à nouveau une indulgence plénière pour dix ans à ceux qui donnent de l’argent. En 1418, les revenus de l’évêché étaient déjà réduits du fait de vingt ans de guerre.
433. Domus B. Mariae Santonen., O. Praed., in structuris et aedificiis sumptuose aedificata, causantibus guerris et aliis diris ac sinistris eventibus, quae partes illas et civitatem Santonen. afflixerunt, imperfecta remansit, necnon capella B. Mariae ruinae subjacet. [Supplicantibus Carolo rege Francorum, Guidone episcopo Santonen. et priore atque conventu de indulgentiis et eleemosynis.] Tertio non. Julii pontifïcatus nostri an. duodecimo. [1442, Julii 5.

Ripoll. Bull. Ord. Praed., III, p. 155
L’église Sainte-Marie de Saintes, de l’ordre des frères prêcheurs, bâtie à grands frais, est demeurée inachevée à cause des guerres qui ravagèrent cette région et la cité de Saintes, et la chapelle Sainte-Marie menace ruine [Supplique du roi de France Charles, de l’évêque de Saintes Gui, du prieur et du couvent, pour obtenir le bénéfice d’indulgences avec aumônes). Juillet 1442.
434. Prioratus et domus Dei B. Eutropii Santonen. ruinam minantur.

Exponitur S. V. pro parte devotorum vestrorum prioris conventualis ejusque commonachorum prioratus B. Eutropii martyris et confessoris Cluniacen. Ord. extra muros civitatis Xantonen., quod cum predictus prioratus a primeva sui fundatione notabiliter extitit constructus et dotatus, ab eoque solemne dependet hospitale seu domus Dei, in quo pauperes et peregrini recipiuntur, et pie tractantur, a decem annis citra vel circa guerris causantibus in regno Francie (proch dolor) vigentibus ruinam in suis edificiis patiatur, redditusque ipsius prioratus adeo sint diminuti et ad tantam inopiam redacti, quod ad cultum divinum continuandum ceteraque onera supportanda, predicti prioratus facultates non suppetunt. [De indulgentiis cum eleemosynis.] Dat. Rome apud Sanctos Apostolos VI idus Decembris anno undecimo. [1427, Decemb. 8.

Suppl. Mart. V, n° 212, fol. 151b. Ad haec vid. Audiat, S. Eutrope et son prieuré (Saintes 1877).
Le prieuré et la maison-Dieu de Saint-Eutrope de Saintes menacent ruine.

Le prieur conventuel et la communauté des moines du prieuré de saint Eutrope, confesseur et martyr, de l’ordre de Cluny et situé hors les murs de Saintes, font savoir à Votre Sainteté que ce prieuré, richement construit et doté dans ses premiers temps, et dont dépend habituellement un hôpital ou maison-Dieu dans lequel les pauvres et les pèlerins sont accueillis et pieusement traités, souffre ruine depuis une dizaine d’années en raison des guerres qui affligent le royaume de France, et a vu ses revenus décliner au point qu’ils ne permettent plus d’assurer le service divin ni de supporter les autres charges. [Pour des indulgences avec aumônes], décembre 1427. Supplique à Martin V. Cf. Audiat, Saint Eutrope et son prieuré, Saintes, 1877.
435. Hospitale Santonen. in redditibus et aedificiis desolatum.

B. P. Licet hospitale virorum (6) civitatis Xanctonen., ad quod maxima multitudo pauperum et peregrinorum, corpus S. Eutropii martiris dicte civitatis patroni visitantium, necnon ad S. Jacobum in Compostella transeuntium aflluere consuevit, in sua primeva fundatione magnis redditibus et facultatibus opulenter dotatum fuisset, tamen propter sevientes in illis partibus vigentes guerras ac procedentium temporum sinistras conditiones necnon aquarum inundationes dictum hospitale in suis redditibus multipliciter diminutum existit, illiusque capella ac structure et edificia ad tantam ruinam et desolationem devenerunt, quod in illo Christi pauperes et peregrini commode recipi et sustentari non valent. [Supplicant Carolus rex Francie, Carolus dux Aurelianen., Guido episcopus, decanus et capitulum Xanctonen. ac communitas dicte civitatis, de indulgentiis cum eleemosynis.] Concessum de quinque annis pro quinque festivitatibus ad viginti annos et alias in forma... C. Ariminen. Datum Senis pridie idus Junii anno XIII. [1443, Junii 12.

Suppl. Eugen. IV, n° 383, fol. 30.

(6) Ms « vinonn ». Nescio an lectio quae supra approbanda sit.
Les revenus et les bâtiments de l’hôpital de Saintes menacés.

L’hôpital des hommes (6) de la ville de Saintes, où affluaient habituellement une multitude de pauvres et de pèlerins venus voir le corps de saint Eutrope, martyr et patron de la cité, sur la route les conduisant à Compostelle, avait été richement doté aux temps de sa fondation. Mais, à cause des guerres, des événements subséquents et aussi d’inondations, il a vu ses revenus réduits de multiples façons ; la chapelle et les autres bâtiments sont tombés dans un tel état de ruine et de désolation qu’on ne peut plus y recevoir et entretenir convenablement les pauvres en Christ et les pèlerins. [Le roi de France Charles, le duc Charles d’Orléans, l’évêque Guy, le doyen, le chapitre et la communauté de la ville implorent le bénéfice d’indulgences avec aumônes]. Accordé : rémission de cinq ans pour cinq fêtes pendant vingt ans (?)... (juin 1443).

(6) Le manuscrit porte « vinnon. », au lieu de « viror(um) », et Denifle s’interroge sur la justesse de sa correction.
436. Monasterium S. Johannis Angeliacen., O. S. B., ruinosum et depauperatum.

Eugenius etc. Ad futuram rei memoriam. Ecclesiarum etc. Exhibita siquidem nobis nuper pro parte dil. fil... abbatis et conventus monasterii sancti Johannis Angeliacen. Ord. S. Ben. Xanctonen. dioc. petitio continebat, quod licet dictum monasterium per clare mem. Pipinum Francorum regem fuerit notabiliter fundatum ac mirabili et sumptuosissimo opere edificatum, necnon a primeva sui fundatione sufficientibus bonis et redditibus dotatum extiterit, tamen causantibus guerris et aliis sinistris eventibus qui regnum Francie diutius afflixerunt (proch dolor), prout etiam in dies affligunt, ecclesia, hujusmodi structure et edificia ex nimia vetustate quasi consumpta (tam etiam dictum monasterium per prefatum regem Pipinum mirabili opere edificari inceptum et adveniente ipsius regis obitu non perfectum) ruinam non modicam patiuntur ac monasterii hujusmodi fructus dictis guerris causantibus... plurimum diminuti existunt. Cum autem... in ecclesia predicta sanctorum Reverentii et Macuti ac Hilarionis confessorum, nec non trium Innocentium corpora et reliquie, ut asserunt, honorifice conserventur [concedit indulgentias et eleemosynas]. Dat. Ferrarie anno etc. milles, quadringentesimo tricesimo octavo, octavo kal. Maii pontificatus nostri anno octavo. [1438, Aprilis 24.

Reg. Vat. Eugen. IV, n° 365, fol. 199. Jam an. 1429 abbas conqueritur, "manutenentium defectu" facultates propter guerras in tantum deminutas esse, ut fabrica solum deminutione personarum sublevari possit. Incorporatio prioratus de Mosaraio (Suppl. Mart. V, n° 235, fol. 284b). Celerarius vero eodem anno et an. 1436 conqueritur, se refectorium, claustrum, horrea aliasque domus cooperire seu sub tuto conservare et muralia monasterii reparare obligatum esse, facultates vero deesse (n° 233, fol. 61b ; n°316, fol. 95b). Jam an. 1418 episcopus Santonen. scribit, pictantiarium monasterii etiam propter guerras necessaria non habere, ut religiosis eorumque servitoribus, peregrinis ad monasterium declinantibus in victualibus providere potuerit cum vix de 6 den. monetae patriae pro singulis religiosis disponere potuisset. Et hoc iterum affirmat an. 1419, Maii 5. Officium camerariatus sive cambellaniatus et munus pictantiae simul uniantur (n° 111, fol. 34 ; n° 120, fol. 276). Sed adhuc an. 1451, April. 17, Nicolaus V eorum paupertati succurrit (Reg. Vat. Nicol. V, n° 396, fol. 298).

In monasterio parochia erecta erat : propter deminutionem fructuum unus solus sacerdos curam habuit (Suppl. Eugen. IV, n° 348, fol. 94, ad an. 1439). An. 1458 ecclesiae S. Johannis, S. Mariae et S. Reverentii a monasterio separatae sunt et in collegiales erectae, quia numerus habitantium excrevit (Reg. Vat. Calixti III, n° 453, fol. 126b).
Le monastère bénédictin de Saint-Jean d’Angély ruiné et appauvri.

Nous a été montrée récemment une requête de nos fils bien-aimés, l’abbé et les moines du monastère bénédictin de Saint-Jean d’Angély, disant que, dans ce monastère fondé par le roi Pépin d’illustre mémoire, édifié de façon magnifique et pourvu de revenus et de biens suffisants, l’église et les autres bâtiments sont dans un état de ruine avancée, à cause des guerres qui ont affligé et affligent encore le royaume de France, ainsi que de leur trop grande vétusté (en effet, ce monastère avait commencé à être édifié magnifiquement par le roi Pépin, mais n’était pas achevé à sa mort) ; en outre, les guerres susdites ont fortement réduit les revenus du monastère. L’église conserve et honore les corps et reliques des saints Révérend, Macou et Hilarion, confesseurs, et de trois saints Innocents, à ce qu’ils affirment, [concession d’indulgences et d’aumônes] (avril 1438)

En 1429 déjà, l’abbé se plaignait qu’« en l’absence de protecteurs », ses ressources avaient tant diminué du fait des guerres que la fabrique ne pouvait faire face que parce que les effectifs de la communauté avaient fondu. Incorporation du prieuré de Mazeray. La même année, puis en 1436, le cellérier se plaint d’avoir à refaire la toiture du réfectoire, du cloître, de la grange et d’autres bâtiments pour les mettre à couvert et de devoir réparer les murs du monastère, alors que les ressources pour cela manquent. Déjà, en 1418, l’évêque de Saintes écrivait qu’à cause des guerres, le pitancier du monastère manquait du nécessaire au point qu’il ne disposait que d’à peine six deniers par tête pour nourrir les religieux, leurs serviteurs et les pèlerins qui faisaient le détour par le monastère. Il le redit à nouveau en mai 1419. L’office de chambrier et celui de pitancier sont réunis. Mais, en avril 1451 encore, Nicolas V dut accorder un secours au monastère.

Une paroisse avait été érigée dans le monastère : en 1439, un seul prêtre tenait la cure à cause de la diminution des revenus. En 1458, les églises Saint-Jean, Sainte-Marie et Saint-Révérend sont séparées du monastère et érigées en collégiales, le nombre des habitants ayant crû.
437. Confratria in monasterio S. Johannis Angeliacen. depauperata.

B. P. Cum olim ob reverentiam gloriosissime Virginis Marie nonnulli christicole in monasterio sancti Johannis Angeliacen. Ord S. Ben. Xanctonen. dioc. certam confratriam ordinaverint et solempnisaverint singulis annis et qualibet prima dominica post festum Assumptionis B. M. V. et in magnam reverentiam et devotionem habuerint lapsis temporibus, sed supervenientibus guerris et mortalitatibus... dicte confratria et solempnitas totaliter seu quasi est neglecta, nec solempnitas et divinum officium (quod fieri solebat temporibus retroactis tam in offerendo quam in congregatione fratrum et sororum et aliorum christicolarum dicta die dominica [in] missis et vesperis et sabbati precedenti in vesperis) fieri possunt, prout nec etiam poterunt in futurum, nisi per S. V. de thesauro ecclesie abundanter eisdem confratribus et sororibus succurratur... [Cum pro dicta confratria et solempnitate sint redditus instituti, supplicant de indulgentiis cum eleemosynis.] Fiat in forma. O. Datum Florentie nono kal. Junii anno secundo. [1419, Maii 24.
Suppl. Martini V, n° 121, fol. 292.
Jadis, par révérence pour la très glorieuse Vierge Marie, quelques chrétiens ont constitué une confrérie au monastère bénédictin de Saint-Jean d’Angély, avec une célébration chaque année, le dimanche suivant la fête de l’Assomption de la bienheureuse Vierge Marie, et ils ont témoigné par le passé de leur révérence et dévotion. Mais, avec les guerres et les épidémies, cette confrérie et cette célébration ont été complètement négligées, ou presque, et la célébration et l’office divin (qui consistait tant en offrandes qu’en un rassemblement de ces frères et sœurs avec d’autres chrétiens, ledit dimanche, pour la messe et les vêpres, après d’autres vêpres la veille) ne peuvent se perpétuer à moins que Votre Sainteté ne procure à ces frères et sœurs un secours tiré du trésor de l’Eglise... [Bien que des revenus aient été institués pour la confrérie et pour la célébration, ils implorent des indulgences avec aumônes]. Qu’il en soit fait ainsi dans la forme de droit. (mai 1419)
438. Prioratus de Eleemosynaria Angeliacen. O. S. B. cum ecclesia ad terram prostratus.

Nicolaus etc. dilecto filio Johanni de Carreria, priori prioratus S. Jacobi de Elemosinaria extra muros opidi S. Johannis Angeliacen. Ord. S. Ben. Sanctonen. dioc. salutem etc. Religionis zelus etc.. Cum itaque, sicut exhibita nobis nuper pro parte tua peticio continebat, prioratus S. Jacobi de Elemosinaria extra muros opidi S. Johannis Angeliacen. Xanctonen. dioc. quem obtines, tam propter guerras et alias calamitates varias quibus partes ille diucius afflicte fuerunt, tum etiam vetustate causante in structuris et edificiis collapsus, necnon in fructibus, redditibus et proventibus suis multipliciter diminutus existat, ac illius ecclesia que miro opere constructa fuerat, tempore guerrarum hujusmodi per populum dicti castri pro eorum majori tutela in terram prostrata fuerit, adeo quod de illius celeri reparatione, nisi cum suffragio sedis apostolice, modica spes existit, prior quoque dicti prioratus pro tempore existens peregrinis ibidem transeuntibus, qui limina Sancti Jacobi in Compostella pro tempore visitant, elemosinas et alia grata caritatum subsidia continuo impendat etc.. [Ut idem prior una cum eodem prioratu, cujus fructus 30 libr., aliquod beneficium obtinere valeat.] Dat. Rome apud Sanctum Petrum anno etc. milles quadringentes, quinquages, primo, tertiodecimo kal. Junii pontificatus nostri anno quinto. [1451, Mail 20.
Reg. Vat. Nicol. V, n° 400, fol. 333.
Nicolas, à son bien-aimé fils Jean de ()la C(h)arrière, prieur du prieuré Saint-Jacques de l’aumônerie hors les murs de la ville de Saint-Jean d’Angély, ordre de saint Benoît, diocèse de Saintes, salut ! Comme je l’ai lu récemment dans ta requête, tant à cause des guerres et autres calamités qui ont trop longtemps affligé cette région qu’en raison de sa vétusté, le prieuré Saint-Jacques (...) que tu diriges a vu ses bâtiments s’effondrer et ses revenus diminuer, et, durant la guerre, son église magnifiquement construite a été jetée à bas par les habitants de la ville pour améliorer leur protection, de sorte qu’il y a peu d’espoir de la réparer rapidement sans le soutien du Siège apostolique ; en effet ( ?), le prieur actuellement en charge dudit prieuré dépense au fur et à mesure les aumônes et autres secours de la charité pour les pèlerins de passage, qui vont voir le tombeau de saint Jacques de Compostelle... [pour que ce même prieur ainsi que son prieuré, dont le revenu est de 30 livres, puissent obtenir quelque bénéfice] (mai 1451).
439. Hospitale pro pauperibus infirmis et peregrinantibus « in villa » S. Johannis Angeliacen., Santonen. dioec, propter guerras etc. adeo in fructibus deminutum est, ut pauperibus providere non possit. Non Maii anno duodecimo. [1429, Maii 7.

Suppl. Mart. V, n° 235, fol. 55.
L’hôpital pour les pauvres malades et pour les pèlerins établi « dans la ville » de Saint-Jean d’Angély a vu ses revenus tellement réduits du fait des guerres, etc., qu’il ne peut plus pourvoir aux besoins des pauvres, (mai 1429).
440. Monasterium B. Mariae de Talnayo, O. S. B., depraedatum, civitas combusta.

B. P. Exponitur S. V. pro parte dev. vestr. abbatis et conventus monasterii B. Marie de Tainayo supra Karantonem Ord. S. Ben. Xanctonen dioc, quod dudum bo. me. dominus Clemens papa septimus, dum in summo apostolatu presideret, anno pontificatus sui septimo, ecclesiam parrochialem S. Stephani dicti loci de Talnayo dicto monasterio contiguam et ad presentationem dicti abbatis pertinentem cum omnibus juribus et pertinentiis suis eidem monasterio univit... Verum, P. S., propter guerras et diversitates que fuerunt et sunt ab illo tempore inter regem Francie et regem Anglie, occasione cujus dicta villa fuit per Anglicos capta et ipsa cum dicto monasterio et locis circumvicinis depredata et in parte combusta, propter quam captionem et depredationem vel alias per gentes armorum, que a tanto tempore plures fuerunt posite per regem Francie in dictis villa et monasterio pro custodia dictorum locorum, littere apostolice originales dicte unionis fuerunt perdite ; processus tamen originalis dicte unionis... reperitur integer. [Supplicant ne quis unionem praedictam valeat infirmare.] Fiat... O. Dat. Genezani Penestrin. dioc. iij non. Augusti anno undecimo. [ 1428, Augusti 3.

Suppl. Mart. V, n° 221, fol. 97 . Sed an. 1453 adhuc abbas vix cum suis monachis vivere potuit, iterumque petunt, ut ecclesia praedicta incorporetur (Suppl. Nicol. V, n° 459, fol. 61).
Le monastère Sainte-Marie de Tonnay-Charente pillé, la ville incendiée.

Requête de l’abbé et de la communauté du monastère bénédictin Sainte-Marie de Tonnay sur Charente : naguère, en la septième année de son pontificat [1377], le pape Clément VII [antipape d’Avignon] de bonne mémoire a uni à ce monastère, avec tous ses droits et dépendances, l’église paroissiale Saint-Etienne qui lui est contiguë et pour laquelle l’abbé a droit de présentation. Mais, Très Saint Père, à cause des guerres et des hostilités qui éclatèrent depuis entre les deux royaumes de France et d’Angleterre, à l’occasion desquelles la ville fut prise par les Anglais et pillée, ainsi que le monastère et les lieux alentour, et en partie brûlée, à cause de cette occupation, de ce pillage ou bien du fait des gens d’armes établis par le roi de France pour la garde de la ville et du monastère, l’original de la lettre apostolique décrétant cette union a été perdu ; la procédure d’union se trouve cependant complète ( ?) [Les requérants supplient que personne ne puisse infirmer cette union] (août 1428)

En 1453 encore, l’abbé et ses moines avaient à peine de quoi vivre, et ils demandaient à nouveau que cette église soit incorporée [au monastère].
441. Monasterium S. Leodegarii O. S. B. partim igne consumptum, sicut et praepositura.

B. P. Cum fructus... monasterii S. Leodegarii Ord. S. Ben., Xanctonen. dioc, ac prepositure ejusdem monasterii tam propter guerras ibidem vigentes et que viguerunt (que quidem guerre sive homines ipsam facientes plures domos ipsius monasterii veluti dormitorium, capitulum ac claustra igne consumpserunt, succenderunt ac etiam domicilium dicte prepositure infra fines ac clausuram dicti monasterii coll[oc]atum destruxerunt), quam propter potentiam domini ducis Biturie et comitis comitatus Pictavie (qui plura bona, presertim duo molendina ad dictum officium prepositure spectantia, ob constructionem cujusdam portus sue ville Niorti destruxit) fuerint et sint in tantum diminuti, quod supportatis ipsius monasterii ac prepositure oneribus, quibus saltim prepositus est alligatus, utpote qui habet in dicto monasterio plura onera supportare et presertim certa victualia cotidiana conventui exhibere et ministrare, quod ad reparationem domorum monasterii et prepositure predictorum... longe non suppetant [Supplicant N[icolaus] abbas dicti monasterii ac fr. Johannes Vigerii praepositus de indulgentiis.] Dat. Rome apud Sanctos Apostolos, non. Martii anno xiij. [1430, Martii 7. Suppl. Mart. V, n° 247, fol. 206.
Le monastère bénédictin de Saint-Liguaire en partie incendié, ainsi que la prévôté.

Tant à cause des guerres qui se perpétuent (les soldats ont incendié plusieurs maisons du monastère comme le dortoir, le chapitre et le cloître, de même que le bâtiment de la prévôté situé à l’intérieur de la clôture [1364 ?]) que de l’action du duc de Berry, comte de Poitiers (lequel a détruit plusieurs biens, notamment deux moulins dépendant ( ?) de la prévôté, pour construire un port dans sa ville de Niort [1377 ?]), le revenu du monastère Saint-Liguaire, de l’ordre de saint Benoît, et de sa prévôté, est tellement diminué qu’il ne suffit plus à couvrir les charges incombant à la prévôté, telles que la nourriture des moines et la réparation des bâtiments. [L’abbé Nicolas et le prévôt Jean Vigier demandent à bénéficier d’indulgences] (mars 1430)
442. Cum monasterium sancti Stephani de Vallibus, Ord. S. Ben., Santonen. dioec, adeo causantibus guerris, quae ipsam patriam incessanter affligunt aliisque variis incommodis, in suis redditibus et proventibus diminutum existat, quod praefati proventus, qui antiquitus solebant ascendere ad valorem 3 000 flor., modernis temporibus 150 in omnibus non excedant, et praeterea aedificia adeo demolita existant quod non repararentur vel reducerentur ad pristinum statum pro 30 000 flor., et divinus cultus in ipso monasterio per spatium fere 50 annorum omnino cessaverit : Guillelmus modernus abbas ejusdem monasterii a quinque annis citra incepit resumere illud, et creavit in ipso sex alios monachos, qui continue servitium divinum celebrant, diurnum pariter et nocturnum. [De indulgentiis et eleemosynis.] x kal. Maii anno primo. [1418, April 22.

Suppl. Mart V, n° 108, fol. 41.
À cause des guerres et autres calamités, les revenus du monastère bénédictin Saint-Etienne de Vaux, autrefois de 3 000 florins, ne dépassent pas 150 florins aujourd’hui ; en outre, les bâtiments sont si ruinés qu’il faudrait 30 000 florins pour les remettre en état et le service divin a entièrement cessé pendant près de cinquante ans. L’abbé Guillaume a entrepris depuis cinq ans de le rétablir et a accueilli six autres moines qui célèbrent les offices en continu, de jour comme de nuit. (Pour des indulgences avec aumônes) (avril 1420)
443. Monasterium B. Mariae de Tenaillia O. S. B., Santonen. dioec, olim opulenter dotatum, tamen causantibus sinistris eventibus redditus annui ad 20 libr. turon. parv. descenderunt, et in suis structuris et aedificiis plurimum collapsum et dirutum existit. [Abbas Hugo supplicat, ut prioratus de Jarnaco Campaniae ejusd. Ord. et dioec. incorporetur.] Quarto non. Julii an. secundo. [1448, Julii 4.

Reg. Vat. Nicol. V, n° 387, fol. 207b. Quandoque monasterium omnibus monachis destitutum erat ibidemque solus abbas remansit (Reg. Pii II, n° 501, fol. 185, ad an. 1459).
Le monastère bénédictin Sainte-Marie de la Tenaille, jadis opulent, a été réduit du fait des malheurs survenus à un revenu annuel de 20 livres tournois à peine, et la plupart de ses bâtiments se sont effondrés. L’abbé Hugues demande que lui soit incorporé le prieuré de Jarnac-Champagne, du même ordre et du même diocèse (juillet 1448). En 1459, seul l’abbé restait, tous les moines étant partis.
444. Prioratus conventualis S. Pauli de Botavilla Ord. S. Ben. Santonen.dioec. de xxiiijor religiosis fundatus, cujus capella sub vocabulo ejusdem sancti celeber propter crebra miracula, in suis structuris et aedificiis magni sumptus propter antiquitatem et guerras et alia incommoda plurimum colapsus, concassatus et disruptus ruinosusque et desolatus et in loco periculosissimo prope fines inimicorum Caroli illustris Francorum regis existit. [De indulgentiis et eleemosynis.] Septimo kal. Februarii, anno primo. [1432, Januarii 26.

Suppl. Eugen. IV, n° 267, fol. 196b.
Le prieuré conventuel Saint-Paul de Bouteville, de l’ordre de saint Benoît, abritant à l’origine 24 religieux et dont la chapelle placée sous le vocable du même saint est célèbre pour de nombreux miracles, a vu beaucoup de ses bâtiments, édifiés à grands frais, s’effondrer à cause de leur antiquité, des guerres et d’autres événements fâcheux ; situé en lieu dangereux, près des frontières des ennemis du roi Charles, il est en ruine et abandonné. (janvier 1432)
445. Prioratus conventualis Sanctae Gemmae O. S. B., Santonen. dioec, in fundatione opulenter dotati, domus et habitationes propter saevientes in illis partibus guerras ac procedentium temporum sinistras conditiones pro majori parte combustae, destructae et ad aream redactae sunt ; fructus a 600 libr. turon. ad 40 decreverunt. [De beneficiis.] Decimo kal. Junii an. undecimo. [1441, Maii 23.

Suppl. Eugen. IV, n° 366, fol. 216b.
Le prieuré conventuel de Sainte-Gemme, de l’ordre de saint Benoît, avait été abondamment doté à sa fondation ; à cause des guerres (...) et des événements qui s’en sont ensuivis, l’église (ou les maisons) et les logements ont été en majeure partie incendiés, détruits et rasés ; les revenus sont tombés de 600 livres tournois à 40. (mai 1441).
446. De ecclesiis et hospitali reparandis in civitate Rupellae.

B. P. Cum inter cetera opida seu villas clausas muratas regni Francie villa Rupelle, Xanctonen. dioc., notabilis sit et insignis, ab antiquo regis Camera, super littora maris fundata et constructa, ubi de diversis regionibus ultramontanis undequaque confluunt navigia (8), et in qua quidem villa quedam notabilis ecclesia parr. Sancti Salvatoris nuncupata constructa, fundata et dedicata in honorem transfigurationis D. N. J. C. consistit, ad quam, cum super portum et littus maris dicte ville situata sit, maxima populi multitudo tum parrocchianorum ejusdem, notabilium mercatorum et aliorum, qui a certis citra temporibus multipliciter excreti sunt, tum etiam aliarum diversarum regionum personarum ibidem tam ex dictis navigiis quam alias propter laudabile servitium divinum, quod ibi per duodecim cappellanos illuc continue residentes et alios devotissime cotidie decantatur et celebratur, taliter affluit, quod una magna personarum hujusmodi pars ecclesiam ipsam pre multitudine non valens ingredi, extra remanere necesse est, licet pridem dicti parrochiani etiam eandem ex una parte ampliaverint... sed necessario ex alia parte convenit ampliare..., quod sine ruptura muri contigui mari et portui dicte ville fieri non potest ; in ecclesiaque prefata consistat pinaculum sive campanile lapideum, dudum opere mirifico et sumptuoso constructum, quod ruinosum est et periculo casus subjectum maxima indigens reparatione, dictique parrochiani etiam noviter construi ceperunt aliud pinaculum sive campanile opere lapideo multum sumptuoso, ut campane ecclesie prefate pro illius et ville de Rupella hujusmodi in eo reponi et recondi possint, que premissa sunt de multis annis insupportabilia, nisi per S. V. eis de alicujus subventionis auxilio succurratur. [Supplicat nobilis vir d. Johannes Leboursier (9), miles, dominus de Esternayo, Caroli Francorum regis ad eand. sanctitatem orator presentialiter destinatus, ecclesiae praefatae parochianus, de indulgentiis cum eleemosynis.] Fiat in quinque festis in anno eligendis duratura ad decennium de 7 annis et totid. quadragenis.

Item, P. S. et cum satis prope dictam villam Rupelle et ad duas leucas, que vix quatuor miliaria faciunt, etiam prope littora maris, in eminentissimo loco sit quedam parr. ecclesia B. Marie de Marsilliaco nuncupata, ejusdem Xanctonen. dioc, que de dominio prefati regis integraliter existit, et cujus et illius fortalitii dictus miles capitaneus sive castellanus est, cujusque eminentia pre altitudine plures navigantes eandem ecclesiam a longinquo prospicientes se Virgini gloriosissime Marie recommittentes ac terram appropinquare cognoscentes citius ad portum perveniunt, unde pro eorundem majori securitate navigantium et ut eadem ecclesia a longius ab eisdem navigantibus videatur, parrochiani et alii circumvicini cohabitantes altiorem inibi turrem seu pinaculum etiam decore dicte gloriose Virginis Marie construere et edificare deliberati sint,que sine maximis expensis adimpleri non possunt. [Supplicat supradictus de indulgentiis.] Fiat in quatuor festis B. Virginis etc.

Item et cum elemosinaria seu Domus dei S. Bartholomei de Rupella, in qua Christi pauperes maximo in numero tam per terram quam etiam mare cotidie affluunt, et ubi quamplures sunt capellani, qui divinum officium et horas canonicas cotidie dicunt et celebrant, ac propter bona et opera misericordie que dietim ibidem exercentur, que per notabiles burgenses et alias valentes personas eandem villam habitantes fundata existat, ut igitur talium augeatur devotio personarum [supplicat praefatus de indulgentiis cum eleemosynis]. Fiat etc.

Item insuper, et cum in villa pred. de Rupella sit alia solemnis parr. ecclesia S. Bartholomei nuncupata et sub vocabulo ipsius S. Barth. apostoli fundata, constructa et edificata (cui dicta eleemosinaria contigua existit), in qua prefatus Francorum rex christianissimus seu sub ejus nomine et auctoritate tredecim cappellani comprehenso illius rectore pro divinis servitiis et officiis divinis [diurnis ?] et nocturnis etiam continue dicendis et celebrandis fundati sunt. [Supplicat Johannes Menthon, notabilis ejusdem villae habitator et eccl. pred. parochianus, domini regis consiliarius et in ejus camera computorum magister, ut praedicta augeantur et manuteneantur in ecclesia praedicta, in qua etiam nobiles et notabiles officiarii et servitores ipsius regis pro divinis saepius confluere, et ubi singulis diebus primis quorumlibet mensium missa de Spiritu Sancto pro sospitate domini regis celebratur, quae post ejus obitum de defunctis celebrari ordinatur ; et cum idem Johannes Menthon certos fructus pro sustentatione status quatuor puerorum et eorum magistri ad juvamen officii et servitii divini et ad celebrationem unius missae qualibet die statim post matutinas ad altare B. Mariae Magdelenae per eum in eadem ecciesia constructum assignaverit, ut ad praemissa manutenenda populi devotio augeatur, et ut ecclesia eadem, quae pinaculo caret, et etiam navi et aliis sumptuosis reparationibus indiget, congruis frequentetur honoribus, supplicant oratores et Joh. Menthon praefati de indulgentiis cum eleemosynis.] Fiat etc.

Item supplicant prefatus miles et parrochiani ecclesie parr. B. Marie de Cougnis [ms. Compnis] dicte ville de Rupella..., que etiam inter alias parrochiales etiam collegiatas ecclesias ville predicte notabilis, principalis et antiquior, et in manibus imaginis dicte Virginis gloriosissime inibi quamplurimum honorate olim claves unius portarum dicte ville per certum illius habitatorem inimicis vendite et eisdem liberari promisse, quod exequi volens clavibus viduatus de Virginis precibus miraculose reperte fuerunt, maximis etiam reparationibus indigeat. [De indulgentiis cum eleemosynis.] Fiat... T. Datum Spoleti kal. Julii anno tertio. [1449, Julii 1.

Suppl. Nicolai V, n° 434, fol. 232. Ibid. sunt multae aliae supplicationes.

(8). In n° 335, fol. 16, laudatur « villa de Rupella, ad quam, que Camera regis est propter famosum portum maritimum inibi existentem, populi multitudo de diversis mundi partibus affluere consuevit » (ad an. 1437, Decemb. 7). In n° 279, fol. 111, scribitur, in villa Rupellae « plerique divitiis et facultatibus plurimum opulenti et habundantes moram trahunt » (an 1433. Maii 18).

(9) Vid. Thomas Basin, éd. Quicherat, IV, 454 : Esternay.
Des églises et hôpitaux à réparer à La Rochelle
Remarquable entre toutes les villes closes de murs du royaume de France, ville royale construite au bord de la mer, où les navires affluent de toutes les régions d’outremont, La Rochelle abrite une église paroissiale Saint-Sauveur, fondée en l’honneur de la Transfiguration de Notre Seigneur Jésus-Christ. Située au-dessus du port et du rivage de cette ville, elle est fréquentée par une multitude croissante de paroissiens et de marchands, attirés par la qualité du service divin que célèbrent douze curés résidents et d’autres. Cette affluence est telle que beaucoup ne peuvent entrer dans l’église et doivent rester dehors, bien que les paroissiens aient agrandi l’église d’un côté ; mais il convient de l’agrandir de l’autre côté, ce qui ne peut se faire sans rompre un rempart contigu à la mer et au port. D’autre part, le magnifique clocher de pierre, en ruine, menace de s’effondrer mais il exigerait de lourdes réparations et les paroissiens ont commencé d’en construire un autre de neuf pour y loger et abriter les cloches de l’église, chose qui ne peut être menée à bien avant de nombreuses années à moins d’une aide de Votre Sainteté. [Supplique de noble homme Jean Leboursier (9), chevalier, seigneur d’Esternay, chargé personnellement par le roi de cette supplique et paroissien de Saint-Sauveur, pour des indulgences avec aumônes. Ainsi soit fait...]

Proche de la ville de La Rochelle puisque située à deux lieues, ce qui fait à peine quatre milles, et proche également de la côte, se trouve sur une hauteur l’église paroissiale Sainte-Marie de Marsilly, qui relève entièrement du roi, le susdit chevalier étant capitaine du château du lieu. Apercevant l’église sur son éminence, les marins se recommandent à la très glorieuse Vierge Marie et découvrant qu’ils approchent de la terre, arrivent plus vite au port ; aussi, pour la sécurité de la navigation et pour que les marins voient l’église de plus loin, les paroissiens et les habitants du voisinage ont décidé d’édifier un clocher plus élevé, en l’honneur de la Vierge, ce qu’ils ne peuvent accomplir sans grandes dépenses. [Le susdit implore le bénéfice d’indugences] Qu’il en soit fait ainsi pour les quatre fêtes de la Vierge...

L’aumônerie ou Maison-Dieu Saint-Barthélémy de La Rochelle, où affluent chaque jour les pauvres en Christ par la terre comme par la mer, et où plusieurs chapelains disent et célèbrent les offices et les heures canoniques, et à cause du bien et des œuvres de miséricorde qui y sont accomplies, a été fondée par les bourgeois et autres personnes influentes de la ville, afin d’accroître la dévotion. [Même demande]

Contiguë à cette aumônerie, l’église paroissiale édifiée en l’honneur du même apôtre saint Barthélémy accueille treize chapelains, y compris le curé, institués par le roi de France très chrétien, ou sous ses nom et autorité, et qui célèbrent les services divins et les offices diurnes et nocturnes. [Supplique de Jean Menthon, habitant notable de la ville et paroissien de cette église, conseiller du roi et maître en sa chambre des comptes, en vue d’accroître et de protéger les choses susdites dans cette église que fréquentent les nobles et les officiers et serviteurs du roi, et où on célèbre tous les premiers jours du mois une messe du Saint Esprit pour la santé (le salut) du roi et, après sa mort, une messe des défunts ; et ce même Jean Menthon a assigné un revenu pour l’entretien de quatre enfants et de leur maître pour aider au service divin et aux offices et pour la célébration d’une messe n’importe quel jour immédiatement après les matines à l’autel de sainte Marie-Madeleine qu’il a fait aménager dans cette église ; afin de favoriser la dévotion populaire et la fréquentation de l’église elle-même, qui manque d’un clocher et dont la nef notamment a besoin de réparations coûteuses, les suppliants et ledit Jean Menthon sollicitent des indulgences avec aumônes.] Ainsi soit fait.

Autre requête dudit chevalier et des paroissiens de l’église Sainte-Marie de Cougnes, notable par son ancienneté et par son importance parmi toutes les églises paroissiales et même collégiales de La Rochelle, et qui nécessite de très importantes réparations. Là est honorée une statue de la Vierge ; les clés d’une des portes de la ville avaient été vendues aux ennemis par un habitant qui avait promis de les leur livrer ; le moment venu, il ne les avait plus. Elles furent retrouvées miraculeusement dans les mains de la Vierge, grâce aux prières de celle-ci ( ?). [Ce miracle des clés est copié de celui de Poitiers, daté lui du début du XIIIe siècle mais dont les premiers récits remontent aussi au XVe...] (juillet 1449)
447. Paroch. ecclesia S. Nicolai de Rupella, Santonen. dioec, causantibus guerrarum turbinibus et aliis diversis calamitatibus, quae partes illas diutius afflixerunt, reparationibus et specialiter in tertia parte illius, ecclesiaeque pinaculo et aliis multis necessariis ornamentis ecclesiasticis indiget sumptuosis [de indulgentiis et eleemosynis], vij id. Augusti anno septimo. [1437, Augusti 7.

Suppl Eug. IV, n°331, fol. 176b.
À cause des guerres et autres calamités, l’église paroissiale Saint-Nicolas de La Rochelle a besoin de réparations coûteuses, en particulier dans un tiers de l’édifice, ainsi que d’un clocher et d’ornements sacerdotaux. (août 1437).
448. Prioratus prope muros villae Ruppellae B. Mariae de Fonte, Santonen. dioec, a monasterio B. Mariae de Alodiis, veteris Ord. S. Ben. Pictaven. dioec. dependens, a sua primaeva fundatione bene et condecenter domibus et aliis aedificiis fundatus ac magnis redditibus dotatus, nunc propter guerras et mortalitatum pestes in suis redditibus adeo deminutus existit, quod prior unacum solo monacho socio suo secum degente vix sustentari potest. Praeterea capella seu ecclesia sub vocabulo B. Mariae Magdalenae in eodem prioratu nimiam patitur ruinam ; propter paupertatem reaedificari vel saltem perfici non potuit. [De indulgentiis cum eleemosynis.] ix kal. Martii anno decimo tertio. [1430, Februarii 21.

Suppl. Mart. V, n° 247.
Le prieuré Sainte-Marie de la Font, dépendant du monastère bénédictin Notre-Dame des Alleuds, dans le diocèse de Poitiers [entre Chef-Boutonne et Lezay], et situé près des remparts de La Rochelle, a été abondamment doté à sa fondation aussi bien en bâtiments qu’en revenus, mais à cause des guerres et des épidémies, a perdu tant de ressources que le prieur peut à peine subvenir à ses besoins et à ceux d’un unique moine, son compagnon. En outre, la chapelle ou église Sainte-Marie-Madeleine de ce prieuré tombe en ruine et ; en raison de la pauvreté du prieuré, elle n’a pu être reconstruite ni même achevée. (février 1430)
449. Prioratus S. Martialis prope Coivert, Ord. S. Ben., Santonen. dioec, qui conventualis non est et a monasterio S. Johannis Angeliacen., Ord. et dioec. praedict., dependet, propter guerras quae regnum Franciae et praesertim partes illas diutius afflixerunt et affligunt in dies, adeo in suis structuris et aedificiis collapsus et desolatus est et in suis fructibus deminutus, et in brevi totali ruinae subjacebit. [De indulgentiis et eleemosynis.] vij kal. Novembris anno septimo. [1437, Octobr. 26.

Suppl. Eugen. IV, n° 334, fol. 98.
Le prieuré Saint-Martial près Coivert, de l’ordre de saint Benoît, qui n’est pas conventuel et dépend du monastère de Saint-Jean d’Angély, du même ordre, a vu ses bâtiments s’effondrer ; il est à l’abandon, ses revenus sont amputés et il tombera bientôt totalement en ruine. (octobre 1437)
450. Prioratus S. Viviani O. S. A., Santonen. dioec, qui conventualis est, causantibus diris guerris fructus annui a 500 libr. turon. parv. ad 120 libr. descenderunt, e quibus prior et 10 religiosi sustentari non possunt. [De unione prioratus de Royano Ord. et dioec praed., cujus 40 libr. fructus.] Prid. non. Julii an. tertio decimo. [1443, Julii 6.

Suppl. Eugen. IV, n° 384, fol. 108.
Le prieuré conventuel Saint-Vivien [de Saintes ?] , de l’ordre de saint Augustin, a vu, à cause des guerres, ses revenus annuels tomber de 500 à 120 livres tournois, ce qui ne peut suffire à entretenir le prieur et dix religieux, [pour l’union du prieuré de Royan, des mêmes ordre et diocèse, qui a 40 livres de revenus. (juillet 1443)
451. Monasterium B. Mariae de Castris O. S. Aug. quasi destructum, derelictum a religiosis, a feris inhabitatum.

B. P. Cum monasterium B. Marie de Castris Ord. S. Aug. Xanctonen. diocesis fuerit et sit ex fundatione antiqua fundatum in honorem gloriose Virginis Marie... et successive fidelium concurrentibus suffragiis notabiliter dotatum ac mirifice constructum, et edificatum religiosorumque numerositate permaxima decoratum et in quo Altissimus magna operatus est et mirabiliter operari dignatus est miracula, et in eo venerabiles reliquie plurimorum sanctorum et sanctarum requiescunt et conservantur ; verumtamen propter guerrarum turbines, mortalitatum pestes et alios calumpniosos eventus... suis facultatibus et redditibus penitus destitutum extitit, ejusque structure et edificia deformationis opprobrio subjaceant, et ejus ecclesia tendat penitus in collapsum taliter, quod abbas et conventus predicti dictum monasterium propter premissa totaliter dimiserunt, et alibi de vita et aliis sibi necessariis oportet eos providere. Cupientes dicti abbas et conventus ad dictum monasterium regredi..., supplicant pro indulgentiis cum eleemosynis]. Fiat... O. Dat. Rome apud Sanctos Apostolos xiv kal. Maii anno duodecimo. [1429, April 18.

Suppl. Mart. V, n° 233, fol. 78. An. 1432, Maii 21, abbas Johannes et conventus jam reversi erant ; sed cum totam substantiam, etiam amicorum et parentum consumpsissent, quasi coacti erant monasterium, jam per plures annos derelictum, iterum relinquere. (Suppl. Eugen. IV, n° 270. fol. 282).

An. 1438 Johannes abbas narrat, partes illas etiam incolis viduatas fuisse, et in ecclesia atque claustris monasterii arbores aedificia altitudine excedentes crevisse, immo « vepribus undique referte erant, eo quod ad monasterium solis avibus et feris liber patebat aditus ». Pro reparandis aedificiis, evellendaque silva et replantandis vineis abbas jam ultra 1000 aureos consumpsit. De incorporatione et eleemosynis (n° 344, fol. 9b). Ibid. vocatur « de Castis ».
Le monastère Sainte-Marie de Châtres, de l’ordre de saint Augustin, quasi détruit, abandonné par ses religieux et envahi par les bêtes sauvages.

Le monastère Sainte-Marie de Châtres, de l’ordre de saint Augustin, fondé en des temps anciens en l’honneur de la glorieuse Vierge Marie, a été richement doté et magnifiquement construit grâce à l’afflux des fidèles ; il a été embelli par une multitude de religieux et le Très-Haut a consenti à y opérer une foule de miracles ; les reliques vénérables de plusieurs saints et saintes y reposent et y sont conservées. Mais, à cause des troubles des guerres, des épidémies et autres événements adverses, il a perdu la totalité de ses ressources et revenus, ses bâtiments subissent la honte de la dégradation et son église menace de s’effondrer, de sorte que l’abbé et les moines l’ont complètement abandonné, contraints d’aller chercher ailleurs de quoi pourvoir à leur existence. Désireux de revenir dans les lieux, ils vous prient de leur octroyer une part sur les indulgences et aumônes. (avril 1429).

En mai 1432, l’abbé Jean et les moines étaient revenus mais, ayant consommé toute leur subsistance, y compris celle fournie par des parents et amis, ils se voyaient pratiquement contraints de quitter à nouveau le monastère, déjà abandonné pendant plusieurs années.

En 1438, l’abbé Jean raconte que la région était vide d’habitants et que, dans l’église et le cloître, avaient crû des arbres dépassant en hauteur les murs ; « les buissons avaient tout envahi, de sorte que seuls pouvaient accéder librement au monastère les oiseaux et les animaux sauvages ». Pour réparer les bâtiments, déforester et replanter la vigne, il a déjà dépensé plus de 1 000 pièces (sous ?) d’or.
452. Monasterium de Sabloncellis O. S. A. ab Anglis igne consumptum ; omnibus, ut libris, privilegiis etc. destitutum ; derelictum a religiosis.

B. P. Lamentabiliter exponitur S. V., quod licet monasterium B. Marie de Sabloncellis, O. S. Aug., Xanctonen. dioc, Rom. eccl. immediate subjectum, quod inter alia partium illarum monasteria solempne et famosum ac de fundatione et dotatione illustrium regum Francie et ducum Aquitanie existit, in sui primeva fundatione redditibus et proventibus pro abbatis et canonicorum (qui 80, et novitiorum qui 25) ac conversorura laicorum... sustentatione necnon ipsius monasterii tectorum et edificiorum... reparatione et restauratione opulenter fundatum, constitutum et dotatum fuerit... tamen processu temporis propter guerrarum turbines, terrarum sterilitates, mortalitatum pestes aliosque diverses sinistros eventus diutius (proch dolor) in regno Francie vigentes, et presertim cum a duobus annis proxime preteritis citra monasterium prefatum satis prope littora maris et in confinibus guerrarum et diversitatum gentium Francie et Anglicorum situatum, per Anglicos, prius regni veteres inimicos, hostiliter invaderetur et demum captum, domus, habitationes et generaliter omnia illius edificia notabilia preplurimumque sumptuosa per eosdem Anglicos sub comite de Hungtinton existentes ignis incendio combusta fuerint, ecclesia et refectorio ejusdem dumtaxat exceptis, necnon ornamentis, libris, calicibus, jocalibus, paramentis, privilegiis, bonis, sanctis reliquiis et quibuscumque aliis bonis omnino destitutum et destructum extitit, adeo quod canonici et alie persone dicti monasterii abinde recedere et aliunde vitam querere necessitati sunt, prout litteris testimonialibus dicti comitis manu notarii seu secretarii sui ac sigillo suo magno signatis et sigillatis latius continetur... in maximum divini cultus detrimentum ac vilipendium et scandalum dedecus predictorum. [Ad reparationem petunt indulgentias, attento quod dictus N[icolaus] abbas maestae et lamentabili desolationi ejusd. monasterii compatiens ad curiam Pontificis personaliter accesserit, remedium implorans oportunum.] Concessum de septem annis pro uno festo. C. Ariminen. Dat. Florentie vj kal. Februarii anno xi. [1442, Januarii 27.

Suppl. Eugen. IV, n° 372. fol. 210b.

(10) Iste Johannes deest in Gall. christ, II, 1133, et de monasterio quasi nihil refertur.

(11) Ms. « sceleritates ».

(12) De Roberto Holgilk de Huntingdon, et quantum ad an. 1439 et 1440. vid. Cosneau, Le connétable de Richemont, p. 301 et not. 3.
Le monastère bénédictin de Sablonceaux incendié par les Anglais ; dépossédé de tout, notamment de ses livres (chartes ?) et privilèges, et abandonné par les religieux.

Le monastère Sainte-Marie de Sablonceaux, de l’ordre des Augustins et placé sous la dépendance directe de l’église de Rome, fameux entre tous les monastères de la région, a été fondé et doté par les rois de France et les ducs d’Aquitaine. Ses revenus permettaient d’entretenir l’abbé, 80 chanoines et 25 novices, ainsi que des frères convers, et de pourvoir à toutes les réparations. Mais, à cause des guerres, de la stérilité des terres, des épidémies et autres calamités (...) ; surtout, depuis deux ans à peu près, comme il est situé près de la côte et des lieux où s’affrontent Français et Anglais, il a été envahi et occupé par ces derniers, depuis longtemps ennemis du royaume ; sous la conduite du comte de Huntington, ils ont incendié les bâtiments, à la seule exception de l’église et du réfectoire ; le monastère a été dépouillé de ses ornements, livres (chartes), calices, joyaux (châsses), objets sacrés, privilèges, biens, saintes reliques, etc. et a été détruit. Les chanoines et tous ceux qui vivaient là ont été obligés d’aller chercher ailleurs leur subsistance. Tout cela est confirmé par une attestation dudit comte, rédigée de la main de son secrétaire ou notaire et scellée de son grand sceau (...) au mépris et au plus grand préjudice du culte divin et au déshonneur des intéressés. [demande d’indulgences pour la réparation du monastère, étant précisé que l’abbé Nicolas s’est adressé personnellement à la Curie pour implorer un secours adéquat]. Accordé une indulgence de deux ans, pour une seule fête (janvier 1442)
453. Angli an. 1404 bis Insulam Ream [Santonen. dioec.] invaserunt domosque combusserunt. Tune temporis monasterium B. Mariae O. Cisterc. multipliciter aggravatum est.

Martène, Thes. nov. anecd., IV, p. 1513.
En 1404, les Anglais ont envahi par deux fois l’île de Ré et ont incendié des maisons. Le monastère Sainte-Marie a été affecté à maints égards.
454. Hospitale S. Juliani in insula de Re, Santonen. dioec. perfici non potest, desunt facultates.

B. P. Cum propter multitudinem pauperum et infirmorum in insula marina de Re nuncupata, Xanctonen. dioc., assidue affluentium et presertim in burgo sancti Martini ejusdem insule noviter ibi construi et edificari ceptum fuerit quoddam hospitale beatissimi Juliani, necdum completum, in quo pauperes inibi descendentes recipere consueverunt et recipiuntur continue, propter quorum multitudinem vix sustentari nec dictum hospitale compleri possunt, etiam causantibus guerris et depredationibus, que sepius dictam insulam afflixerunt et in dies affligunt, propter que fidelium elemosine sunt multum ad hoc oportune [de indulgentiis et eleemosynis]. Concessum... in forma... C. Ariminen. Dat. Florentie idus Aprilis anno decimo. [1440, April. 13.

Suppl. Eugen. IV, n° 358, fol. 78. In n° 317, fol. 178, ad an. 1436, scribitur quod insula « infra mare per quatuor miliaria existit et ultra, sitque ab utraque parte propter impetum maris malus introitus et exitus, et in tantum quod aliquotiens de magno tempore vix naves possunt transire, et in qua insula nec circumquaque infra terram oleum nucum neque olivarum recolligitur, ob cujus defectum et carentiam maxime in tempore quadragesimali habitatores dicte insule magnam sustinent necessitatem, et quia partibus in illis. venit multa habundentia butiri » supplicant Ludovicus d’Amboyse, vicecomes Thoarcii, et rector ecclesiae, ut butyro semper uti valeant, quod et concessum est.
La construction de l’hôpital Saint-Julien, dans l’île dite de Ré, n’a pu être achevée, faute de ressources. Les pauvres et les malades affluant dans l’île de Ré et en particulier dans le bourg de Saint-Martin, on a entrepris récemment d’y construire un hôpital (dédié à) saint Julien, encore inachevé, où les pauvres continuent d’être reçus, mais en trop grand nombre de sorte qu’on ne peut ni les entretenir ni achever l’hôpital. À cela s’ajoute l’effet des guerres et des pillages qui ont trop souvent affecté l’île et l’affectent encore. D’où la nécessité d’aumônes... (avril 1440)

En 1436, il est écrit que l’île se trouve à quatre milles en mer, que l’accès et la sortie en sont malaisés des deux côtés à cause de la force de la mer, que les navires ont du mal à traverser par gros temps, et qu’on n’y produit (non plus que sur le continent proche) ni huile de noix ni huile d’olive, ce dont les habitants se trouvent en grand-peine, surtout en temps de carême. Comme, en revanche, le beurre s’y trouve en abondance, Louis d’Amboise, vicomte de Thouars, et le curé de l’église [de Saint-Martin ?] demandent l’autorisation de s’en servir toujours, ce qui est accordé.
455. Ecclesia collegiata S. Jacobi insulae Oleronis collapsa, hospitale igne consumptum.

Eugenius etc. Universis christifidelibus presentes literas inspecturis salutem etc. Ascensurus etc.. Cum itaque, sicut ex... Caroli regis Francorum illustris et Ludovici dalfini Viennensis ejus primogeniti, ac moderni prioris insignis collegiate ecclesie Sancti Jacobi Majoris insule Oleronis, Xanctonen. dioc, propter hoc apud sedem apostolicam constituti, multorumque aliorum insinuatione percepimus, ecclesia predicta, que olim per ipsius regis predecessores ad summam Dei laudem et gloriam eminentissimis structuris ac edificiis mirifico opere constructa et opulentissime dotata, preciosisque jocalibus, ornamentis et paramentis fulcita et adornata extitit, causantibus guerrarum turbinibus, piratarum insultationibus et aliis sinistris eventibus quibus dicta insula (proch dolor) retroactis temporibus fuit afflicta et affligitur in dies, adeo in suis structuris et edificiis plurimum collapsa et ruinosa, campanileque et locus capitularis ejusdem ecclesie ac quoddam hospitale juxta ipsam ecclesiam erectum, plurimaque illi adjacentia et canonicorum domus ac alia edificia ignis voragine consumpta, ecclesiaque ipsa vestimentis et ornamentis ecclesiasticis necnon reliquiis, libris et aliis vasis argenteis ceterisque mobilibus bonis orbata et depredata, ac alias in suis facultatibus attenuata fuerit, quod ad reformationem et reparationem structurarum et edificiorum ac ornamentorum hujusmodi restaurationem ecclesie predicte non suppetant facultates, sintque propterea christifidelium suffragia plurimum oportuna. Nosque cupientes, ut dicta ecclesia, ad quam propter magnam ipsius insule in mari constitute a terra distanciam christifideles ipsi nisi expectata seu captata ventorum temperie dietim transfretari non possunt, congruis honoribus frequentetur ac structure et edificia hujusmodi debite reparentur etc. [Christifidelibus dictam ecclesiam visitantibus et ad restaurationem hujusmodi manus porrigentibus adjutrices indulgentiae conceduntur.] Dat. Rome apud Sanctum Petrum anno incarnationis dominice milles, quadringen. quadrages. sexto, vij kal. Decemb. pontificatus nostri anno sexto decimo. [1446, Novemb. 26.

Reg. Vat. Eugen. IV, n° 363, fol. 503b. De « incursibus gentium armigerarum et guerrarum turbinibus » jam an. 1388 conquerebantur (Reg. Vat. Clément. VII, n° 299, fol. 116).
L’église collégiale Saint-Jacques le Majeur, dans l’île d’Oleron, s’est écroulée et l’hôpital a été incendié.

Requête au nom du roi de France Charles, du dauphin Louis et du prieur de l’église collégiale Saint-Jacques le Majeur, dans l’île d’Oleron, ainsi que de beaucoup d’autres. Cette église édifiée par les prédécesseurs du roi à la gloire de Dieu et richement dotée, pourvue également de joyaux, d’ornements et d’objets sacrés, a souffert et souffre encore des guerres, des incursions de pirates et d’autres événements fâcheux, de sorte que ses bâtiments sont en ruine ; le clocher, la salle capitulaire, l’hôpital construit à côté de l’église et d’autres bâtiments adjacents ainsi que la maison (les maisons) des chanoines ont été consumés par un incendie dévorant ; l’église elle-même a été dépouillée de ses vêtements et ornements ecclésiastiques, de ses reliques, livres, vases d’argent et autres biens meubles, et ses ressources se trouvent réduites dans une telle proportion qu’elles ne peuvent couvrir les réparations des bâtiments et le remplacement des objets perdus. Un soutien des fidèles est donc tout à fait nécessaire. [Compte tenu des aléas de la traversée, qui obligent à attendre un temps calme, des indulgences sont accordées aux fidèles qui visiteront cette église et à ceux qui aideront à sa restauration] (novembre 1446).

En 1388, on se plaignait déjà des incursions de soldats et des troubles de la guerre.
456. Ecclesia collegiata S. Crucis de Mauziaco collapsa, in redd. deminuta.

B. P. Cum ecclesia collegiata S. Crucis de Mauziaco, Xanctonen. dioc, elemosinaria nuncupata, que insignis, notabilis et devota ac in loco publico, per quem peregrini et alii christifideles de Francia, Alamannia, Ispania et aliis diversis mundi partibus eundo et redeundo causa peregrinationis et alias in dies in multitudine copiosa transire consueverunt (in cujus hospitali notabili pauperes et infirmi ibidem affluentes benigne recipiuntur et tractantur, in qua quidem ecclesia prior illius secularis et quamplures capellani ibidem perpetuo beneficiati et collegium inibi facientes in decenti et copioso numero singulis diebus die noctuque horis diurnis pariter et nocturnis interessendo, ac alta voce missas et alia divina officia celebrando et Altissimo famulando fore noscuntur, etiam cum Capella S. Crucis de Charon dicte dioc. ipsi ecclesie collegiate annexa) propter antiquitatem, guerras et alias calamitates varias, que partes illas retroactis temporibus diutius afflixerunt et in dies (proh dolor) affligunt, in parietibus structuris et edificiis cum domibus suis plurimum ruinosa, collapsa, et pro majori parte adeo funditus, quod in illa ad majus altare commode divina officia hujusmodi celebrari nequeunt, eversa existat, ac raparationibus indigeat non modicum sumptuosis, ad quas... ipsius eccl. colleg. facultates, que causantibus guerris et tribulationibus hujusmodi non modicum attenuate sunt, non suppetunt. [De indulgentiis.] Concessum... C. Ariminen. Dat. Florentie non. Septembr. anno nono. [1439, Septemb. 5.

Suppl. Eugen. IV, n° 354, fol. 213b. Fructus jam an. 1387 propter guerras deminuti erant (Reg. Vat. Clément. VII, n° 298, fol. 51b).
L’église Sainte-Croix de Mauzé effondrée, ses revenus diminués.

Par l’église collégiale Sainte-Croix de Mauzé, appelée aumônerie, passaient en foule, à l’aller ou au retour, les pèlerins et autres fidèles de France, d’Allemagne, d’Espagne et d’autres parties du monde (les pauvres et les malades sont encore reçus dans son hôpital et bien traités et, à l’église, le prieur séculier et plusieurs chapelains, jouissant d’un bénéfice perpétuel et formant collège, doivent tous les jours et à toute heure être présents en nombre convenable, célébrer à haute voix la messe et les offices divins et servir le Très-Haut ; il existe aussi une annexe : la chapelle Sainte-Croix de Charron). Mais à cause de son ancienneté, des guerres et autres calamités diverses, elle voit ses bâtiments et maisons tomber en ruine et est, pour la majeure part, détruite de fond en comble, au point qu’on ne peut célébrer l’office divin à l’autel majeur et qu’elle exige des réparations coûteuses que ne permettent pas les ressources de la collégiale, fortement amputées, (septembre 1439) Les revenus étaient déjà amoindris du fait des guerres en 1387.
457. Archipresbyteratui rurali de Surgeriis Santonen. dioec. nullae sunt possessiones temporales annexae ita ut archipresbyter, ubi caput posset reclinare nisi in alieno, non habeat, ipsiusque fructus, qui in emoluments procurationum ratione visitationis et jurisdictionis suarum debitarum dumtaxat consistunt, propter guerras ita modici valoris sunt quod de eisdem nullatenus aut vix onera ipsi archipresbyteratui incumbentia supportare commode nequit. [Guido episcopus Santonen. paroch. ecclesiam S. Petri de Ussello incorporavit ; confirmetur.] Idus Augusti anno quinto. [1435, Augusti 13.

Suppl. Eugen. IV, n° 302. fol. 295b.
Les possessions temporelles annexes de l’archiprêtré rural de Surgères sont réduites à néant, de sorte que l’archiprêtre n’a plus où poser sa tête, sinon chez autrui, et que ses revenus, qui consistent uniquement en redevances dues au titre des droits de visite et de juridiction, sont de si faible valeur en raison des guerres qu’il ne peut qu’à peine couvrir les charges de l’archiprêtré. [Guy, évêque de Saintes, a incorporé l’église paroissiale Saint-Pierre d’Usseau (auj. commune de Sainte-Soulle). On demande confirmation de cette décision]. (août 1435)
458. Ecclesiae collegiatae S. Georgii de Retia, Santonen. dioec, in sui primaeva fundatione magnis redditibus et facultatibus dotatae, fructus invalescentibus diris guerris ac procedentium temporum sinistris conditionibus causantibus adeo deminuti existunt, ut ad reparationem ipsius ac domorum pro usu et habitatione priorum ejusdem deputatarum, quae quamplurimum vastatae et diruptioni atque demolitioni traditae sunt, sufficere non valeant. [De indulgentiis cum eleemosynis.] xix kal. Februarii anno primo. [1432, Januarii 14.

Suppl. Eugen. IV, n° 266. fol. 239.
L’église collégiale de Saint-Georges de Rex, originellement dotée d’importants revenus, a vu ceux-ci réduits par des guerres cruelles, qui ont pris de plus en plus d’ampleur, et par leurs tristes séquelles ; ils ne peuvent suffire à la réparation de l’église elle-même et à celle des maisons des prieurs, dévastées et livrées à la démolition. (février 1432)
459. Paroch. ecclesia S. Petri de Bria, Santonen. dioec, per guerras et pestes in suis facultatibus adeo destituta est, ut non reperiretur protunc aliquis presbyter, qui illam voluerit habere et curam animarum exercere ; jam per 10 annos caret rectore. xv kal. Junii an. sexto. [1423, Maii 18.

Suppl. Mart. V, n° 160. fol. 290.
Les ressources de l’église paroissiale Saint-Pierre de Brie sont tombées si bas du fait des guerres et des épidémies qu’on n’a trouvé aucun prêtre qui en accepte la charge : elle n’a plus de curé depuis dix ans déjà. (mai 1423)
460. Paroch. ecclesia B. Mariae Magdalenae de Thorsio, Santonen. dioec, in qua una notabilis confratria diversorum christifidelium utriusque sexus ad honorem Corporis Christi existit, propter guerras in regno Franciae vigentes et alia incommoda multis indiget reparationibus, fructusque ejusdem ita exiles existunt quod ex eis rector sustentari non potest [de indulgentiis]. Tertio non. Novembr. anno viii. [1438, Novemb. 3.

Suppl. Eugen. IV, n° 314, fol. 191b.
L’église paroissiale Sainte-Marie-Madeleine de Thors, où une confrérie de chrétiens des deux sexes a été constituée en l’honneur du Corps du Christ, a besoin de réparations en raison des guerres et d’autres malheurs, et ses revenus sont si faibles que son curé ne peut en vivre. (novembre 1438)
461. Capellae SS. Nicolai et Radegundis de Nyolio Santonen. dioec. destructae.

B. P. Exponitur S. V. pro parte dev. vestri Petri abbatis et conventus monasterii B. Marie de Castellariis, Cisterc Ord., Pictav. dioc, quod capelle SS. Nycholay et Radegundis infra metas parrochie parroch. ecclesie de Nyolio, Xanctonen. dioc, ab eodem monasterio dependentes, in quibus plurime sanctorum reliquie honorifice conservantur... causantibus diris guerris, que partes Nias (proch dolor) diutius afflixerunt, adeo destructa et demolita fuerunt, quod in eis officium divinum vix celebrare valeat. [De indulgentiis et eleemosynis.] Concessum in forma. C. Ariminen. Dat. Bononie sexto id. Maii anno septimo. [1437, Maii 10.

Suppl. Eugen. IV, n° 328, fol. 170.
Les chapelles Saint-Nicolas et Sainte-Radegonde de Nieul ont été détruites.

Pierre, abbé, et la communauté du monastère cistercien de Sainte-Marie des Chateliers, dans le diocèse de Poitiers [près de Saint-Maixent], font connaître à Votre Sainteté qu’en raison des guerres (...), les chapelles Saint-Nicolas et Sainte-Radegonde situées dans les limites de la paroisse de Nieul, dans le diocèse de Saintes, dépendantes dudit monastère et où sont conservées et honorées plusieurs reliques de saints, ont été détruites et qu’on peut à peine y célébrer l’office divin, (mai 1437)
462. Praeceptoriae S. Antonii de Bouteriis, Santonen. dioec, domus ecclesiae, hospitalia, vastata et disrupta.

B. P. Exponitur S. V. pro parte devotorum oratorum vestrorum Johannis abbatis et Aymerici Segaudi decr. doctoris, prioris claustralis monasterii S. Antonii Ord. S. Aug. Viennen., preceptorisque domus S. Antonii de Bouteriis [alias de Lemosino] Xanctonen. [dioc] a prefato monasterio immediate dependentis... Quod licet olim preceptura domus predicte de Bouteriis, que generalis est, in suis fundatione et dotatione primevis opulentissimis redditibus, pensionibus et facultatibus dotata fuisset, tamen propter guerrarum turbines in illis partibus vigentium ac diutinos inimicorum insultus, nec non procedentium temporum sinistras conditiones, domus, ecclesie, hospitalia, grangie, possessiones, et loca alia eidem preceptorie generali spectantia, ex quibus major pars suorum proveniebat proventuum, vastata et diruptioni atque demolitioni tradita extiterunt, fructus quoque, redditus et proventus preceptorie predicte adeo sunt diminuti quod ex illis preceptor pro tempore et nonnulli canonici et infirmi dicti monasterii in prefata preceptoria continue residentes et horas canonicas ibidem dietim celebrantes sustentari, hospitalitatem observare ac alia sibi incumbentia onera sibi commode supportare non valent, unde... divinus cultus diminuitur, domus, claustra et edificia corruunt, hospitalitas dimittitur et ecclesia dicte preceptorie debitis defraudatur obsequiis. [Supplicatur ut uniatur prioratus S. Dionysii Insulae Oleronis, Ord. S. Ben., Santonen. dioec. (a monasterio monialium B. Mariae extra muros Santon, dependentis), cujus priorissa Maria Rousse detestanda crimina commisit.] Concessum. C. Ariminen. Dat. Florentie xiv kal. Februarii anno quinto. [1436, Januarii 19.

Suppl. Eugen. IV, n° 311. fol. 166. Etiam Hospitale S. Juliani mart. prope Burgumnovum in Alnisio prope portum maris desolatum jacebat (Reg. Vat. Nicol. V, n° 414, fol. 124b), ad an. 1451.

(*)An. 1437, Decemb. 28, factus est episcopus Bellicen. (Arch. Vat., Oblig. n° 66, fol. 39, et Suppl., n° 337, fol. 255).
Supplique de vos dévoués Jean, abbé, et Aymeric Sigaud (*), docteur en droit canon, prieur claustral du monastère Saint-Antoine, de l’ordre de Saint Augustin [sic] de Viennois, précepteur de la maison Saint-Antoine de Boutiers (alias du Limousin) qui est sous la dépendance immédiate dudit monastère... Bien qu’autrefois la commanderie de Boutiers, qui est une commanderie générale, ait été dotée de revenus, de redevances et de biens opulents, à cause des guerres sévissant dans cette région et des attaques répétées des ennemis, ainsi que des situations déplorables qui ont suivi, les maisons, les églises, les hôpitaux, les granges, les biens et les autres lieux du ressort de la commanderie, d’où provenait la majeure part de ses revenus, sont dévastés et livrés à la démolition, et les revenus de la commanderie sont tombés si bas que le précepteur, les quelques chanoines et les malades qui continuent d’y résider et qui y célèbrent tous les jours les heures canoniques ne peuvent plus se nourrir, donner hospitalité ni s’acquitter convenablement de leurs autres charges ; en conséquence, le service divin y est réduit au minimum, les maisons, le cloître et les bâtiments s’écroulent, l’hospitalité a été abandonnée et l’église est frustrée des services dus. [Demandent l’union du prieuré Saint-Denis d’Oléron, de l’ordre de Saint Benoît, diocèse de Saintes (dépendant du monastère de femmes Sainte-Marie hors les murs de Saintes), dont la prieure Marie Roux a commis des crimes détestables]. Janvier 1436.

L’hôpital de saint Julien martyr, près de Bourgneuf en Aunis et près du port était également délaissé/ravagé en 1451.

(*) Les Antonites ne connaissaient qu’un abbé : leur supérieur. En 1436, il s’agit encore de Jean de Polley, qui se trouve être l’oncle d’Aimery Segaud. Dit « de Luçon » ou « de Cheuretis », celui-ci était devenu prieur en 1432 et référendaire du Pape en 1435 ; il sera nommé évêque de Belley en décembre 1437, puis Eugène IV le fera évêque de Mondovi (1438). voir ici

Voir en ligne : La Désolation des églises, monastères et hôpitaux en France vers le milieu du XVe siècle

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