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1418 - Lettres patentes de Charles, dauphin de Viennois aux habitants de la Saintonge


D 13 avril 2008     H 23:45     A Razine     C 0 messages A 1891 LECTURES
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Lettres patentes de Charles, dauphin de Viennois, aux nobles et habitants du pays de Saintonge, qui les dispense de se présenter au Parlement de Paris pour cause de justice et procès.

Le 22 juin 1418, le futur Charles VII, alors Dauphin de Viennois, lieutenant général du royaume dispense par lettres patentes en raison de l’insécurité des routes, les gens d’église, nobles et bourgeois et autres habitants du pays de Saintonge de se présenter au Parlement de Paris. A ce moment, une lutte dynastique divise le royaume, entre les anglais qui prétendent à la couronne de France, les bourguignons, et le fils légitime de Charles VI : Charles Dauphin de Viennois. Ce conflit fait le lit de toutes les exactions orchestrées par des chefs de bandes et trouve aussi sa source dans l’attitude de l’armée anglaise d’occupation qui se montre volontiers arrogante et vindicative. Les français surnomment les anglois avec mépris les « goddons ». On tue et on étripe un peu partout dans le royaume. Dans cette insécurité ambiante, à qui obéir ? Il convient de choisir son camp !

Sources – Registre de l’échevinage de Saint Jean d’Angély – archives historiques de la Saintonge 1902 – sources diverses : Wikipédia, encyclopédie Universalis…

Saint-Jean-d’Angély - Maison à colombages
Photo : Razine - été 2007

CONTEXTE HISTORIQUE DU DOCUMENT

 I – ORIGINE DU TITRE : DAUPHIN DE VIENNOIS

Les héritiers du trône de France portaient le titre de dauphin depuis qu’en 1349, Humbert II de Viennois, avait vendu sa seigneurie d’Albon et du Viennois, appelée par la suite Dauphiné au roi de France, Philippe VI de Valois, à la condition que l’héritier portât le titre de Dauphin. Pour bénéficier de ce titre, il fallait non seulement être l’héritier du trône, mais aussi descendre du roi régnant.

 II – CHARLES DE VIENNOIS, futur CHARLES VII

Le 17 mai 1417, après la mort du troisième dauphin, Charles jusqu’alors comte de Ponthieu reçoit les duchés de Touraine et de Berry et le comté de Poitou. Il est nommé lieutenant général du royaume et revêtu du pouvoir de suppléer son père, le roi fou « en cas d’empêchement » de ce dernier.

En butte à l’hostilité de sa mère Isabeau de Bavière qui adhère à la cause anglo-bourguignonne, le Dauphin devra fuir Paris et se réfugier à Bourges. A Poitiers, où il arrive le 10 août 1418, il installe son Parlement aux termes d’une ordonnance prise à Niort au mois de septembre 1418. Le futur Charles VII se constitue une garde en s’appuyant sur des mercenaires écossais commandés par de grands chefs de clans, appâtés par des dotations et de l’argent, offerts par celui qui se proclame le « régent » en raison de la folie de son père. La lutte contre les anglais fera rage en Aunis et Saintonge. Dès 1418, Charles, Dauphin de Viennois, entre en rébellion contre son père le roi CHARLES VI qui veut l’écarter de la succession royale au profit de son gendre anglais HENRY V. C’est l’infâme traité de Troyes qui consacre le triomphe de la dynastie anglaise des Lancastre.

Voici un extrait du texte de ce traité de Troyes :

« Comme accord final et paix perpétuelle soient aujourd’hui faits et jurés en cette noble ville de Troyes par nous et par notre très cher fils Henri roi d’Angleterre, héritier du royaume de France par nous, et lui les royautés de France et d’Angleterre tant par le moyen du mariage de lui, de notre chère fille et aimée Catherine….. Considéré les horribles et énormes crimes et délits perpétrés au dit royaume de France par Charles, soi-disant dauphin de Viennois, il est accordé que nous, notre dit fils le roi et aussi notre très cher fils Philippe, duc de Bourgogne ne traiterons aucunement de paix ni de concorde avec ledit Charles, ni ferons traiter sinon du consentement et assentiment de tous et de chacun de nous trois….. ».

Le royaume presque entier est occupé par les Anglais On se rappelle que la Saintonge confisquée par Jean sans Terre en même temps que la Touraine et le Poitou, avait été cédée aux Anglais par le traité de Brétigny. Charles dauphin de Viennois, futur Charles VII n’aura de cesse de reconquérir ces territoires pour les réunir au royaume de France. Tandis que liés par le serment féodal les nobles restent en majorité fidèles au dauphin Charles leur suzerain légitime, les hauts fonctionnaires, docteurs de l’université et bourgeois de Paris se rallient au parti anglais. La France est alors divisée entre les possessions anglaises dont Paris, les bourguignons et les provinces restées fidèles à l’héritier légitime. Celui-ci ne dispose que d’un seul accès à la mer avec le port de La Rochelle. Le ralliement du gouverneur du Languedoc jouera un rôle non négligeable en faveur du désenclavement de l’Aunis et de la Saintonge de l’emprise anglaise. C’est dans ce contexte de guerre civile que les lettres patentes de Charles, Dauphin du Viennois lieutenant du royaume parviennent en Saintonge en juin 1418.

 III – LA LETTRE PATENTE DE CHARLES DAUPHIN DE VIENNOIS

« Charles filz du roy de France, dauphin de Viennois, duc de Berry et de Touraine, conte de Poitou et lieutenant général de Monseigneur par tout son royaume à nos chiers et bien amez les genz tenant le parlement de mondit seigneur en son palais de Paris et qui tendront ceuls advenir, au séneschal de Xainctonge et à touz les autres justiciers de mondit seigneur ou à leurs lieux tenans, salut et dilecion. Receue avons la supplicacion du procureur de mondit seigneur en ladite séneschaussée de Xainctonge, contenant comme plusieurs genz d’église, nobles bourgeois et autres gens de ladite séneschaussée aient plusieurs causes et procez en ladite court de parlement, pour raison desquelles causes et procez ilz sont tenuz d’eulx présenter en ladite court, au jour de ladite séneschaussée qui échoiera le XXVe jour de ce mois, auquel jour ledit procureur et autres genz dessus diz pour les très détestables cas, murdres et autres excès de nouvel advenus en ladite ville de Paris (le 12 juin 1418 les prisonniers armeignacs avaient été massacrés à Paris par la populace) et les grants périlz des chemins, tant pour la grant garnison des gens d’armes, comme autres estans sur ledit pays, ilz n’oseroient ou pourroient se aventurer aller euls présenter, par quoy leurs parties adversers se voudroient efforcer de obtenir deffault entre eulx, et par ce, pourroient encourir un très grant dommage si par nous ne leur estoit procuré remède convenable, si comme le dit ledit procureur, requérant icelui ; pourquoy nous, ces choses considérées, et que pour avoir provision sur ce, lesdiz procureur et autres gens pour les causes dessus dites, ne peuvent avoir accès près de mondit seigneur, par quoy nous, comme son seul filz successeur et héritier de sa courone et aiant par son occupacion le gouvernement de son royaume, leur devons provision, avons ordonné et ordonnons que lesdiz procureur, gens d’église, nobles et autres gens dudit pays de Xainctonge, aiant causes et procez en ladit court du parlement, soient tenuz pour excusez pour ceste fois, d’eulx aller et présenter ausdiz jour de Xainctonge en ladite court de parlement, sans ce que , pour occasion de ce, lesdites parties adverses puissent avoir et obtenir aucune difficulté à l’encontre d’eulx, si desquelz sentences en estoient donniez nous, dès maintenant, les avons relevez et relevons de grace espéciale par ces présentes. Si vous mandons de par mondit seigneur et de par nous, à chacun de vous, si comme à lui appartiendra, que de nostre dit grâce et ordonnance, à ce faite, souffrez et laissez lesdiz procureur, gens d’église, nobles et autres gens dudit pays de Xainctonge et chacun d’eulx joir et user paisiblement sans estre travailhé ni empesché, ne souffrir estre travailhé et empesché aucunement au contraire, car ainsi nous plaist-il estre fait non obstant quelxconques lètres subreptices à ce contraires. Donné en notre ville de Bourges le XXIIe jour de juing mil cccc dix et huit sous notre scel de sécret en l’absence du grant.

Par monseigneur le Dauphin, duc et lieutenant en son conseil onquel sont l’archevesque de Bourges… Dauffin d’Auvergne, le viconte de Narbonne, le seigneur de Barbazan…(quelques noms sont effacés) et plusieurs autres ».

L’original est sur parchemin (sceau enlevé) Au dos est écrit : lètres de non obéir au parlement pour les bourgeois et habitans de Saint-Jehan Dangéli. FF, n° XXII)

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