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1446 - L’ouvrier en fausse monnaie d’Angoulême obtient le pardon du roi Charles VII

D 16 juillet 2013     H 19:10     A Pierre     C 0 messages A 470 LECTURES


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Jean de La Rochefoucauld, seigneur de Barbezieux, ainsi que plusieurs autres seigneurs de la région, avait usurpé le droit de battre monnaie. II avait installé un atelier monétaire à Angoulême qui fonctionnait en 1428 et antérieurement et y faisait forger des monnaies d’or et d’argent au coin de la monnaie royale, mais de moindre poids et d’aloi inférieur. Des ateliers semblables existaient a la même époque à Parthenay, à Montignac, à Bourg-Charente, à Fouras et en d’autres villes. Charles VII les dénonça et prescrivit leur suppression dans une ordonnance du 28 mars 1431 n. s. On trouve d’autres renseignements curieux sur la monnaie de Jean de La Roche dans une rémission octroyée à Arnaud Gaillard, de Pons (Poitiers, juin 1443). Thibaut de La Goublaye, officier de la maison de Jacques, sire de Pons, logé dans cette ville, en l’hotel d’Arnaud Gaillard, après s’être informé de 1’état de celui-ci, lui dit que, puisqu’il s’entendait bien au fait du change et de la monnaie, il aurait tout profit a venir avec lui à Angoulême, où il lui ferait avoir un poste lucratif à l’atelier de Jean de La Roche. C’était à l’époque du mariage de Jacques de Pons avec feu Isabeau de Foix, « XV. ans a ou environ », lit-on dans ces lettres, c’est-a-dire en 1428. Gaillard, qui n’avait alors que vingt-deux ans, accepta cette offre, sans autre information. Thibaut lui avait, paraît-il, donné à entendre que le sr de Barbezieux avait permission du roi « de forgier monnoie ». II fut d’abord l’associé du maître de la monnaie d’Angoulême, mais, comme il n’avait pas grands moyens pour faire marcher l’atelier, on le chargea d’ « exploicter la dite monnoye et d’en porter par le pays, et y fit et exerça fait de change, tant en Sainctonge, Angoumois que en Poictou ». Puis, considérant qu’à l’avenir il pourrait être inquiété, Thibaut n’ayant pas voulu lui montrer le pretendu mandement qui autorisait cette fabrication, il cessa tout commerce avec ce dangereux etablissement et entraîna même dans sa désertion le tailleur (graveur) et le maréchal qui forgeait les coins de la monnaie d’Angoulême. Ces départs désorganisèrent l’atelier qui fut en chômage pendant quelque temps. Depuis néanmoins Arnaud Gaillard se fourvoya encore dans les ateliers clandestins de Fouras et de Montignac. Dans ce dernier, « ung nommé Taillepié, de Saint Maixent, lequel pour lors y faisoit monnoye et avoit de pieça congnoissance avec ledit suppliant, lui manda et fit savoir que audit Montignac l’on faisoit monnoye par nostre congié, etc. » (JJ. 184, n° 599, fol. 405 v°.) Jean de La Rochefoucauld, seigneur de Barbezieux, ainsi que plusieurs autres seigneurs de la région, avait usurpé le droit de battre monnaie. II avait installé un atelier monétaire à Angoulême qui fonctionnait en 1428 et antérieurement et y faisait forger des monnaies d’or et d’argent au coin de la monnaie royale, mais de moindre poids et d’aloi inférieur. Des ateliers semblables existaient a la même époque à Parthenay, à Montignac, à Bourg-Charente, à Fouras et en d’autres villes. Charles VII les dénonça et prescrivit leur suppression dans une ordonnance du 28 mars 1431 n. s. (Voy. Ci-dessus, fi. 8, note 2.) On trouve d’autres renseignements curieux sur la monnaie de Jean de La Roche dans une rémission octroyée à Arnaud Gaillard, de Pons (Poitiers, juin 1443). Thibaut de La Goublaye, officier de la maison de Jacques, sire de Pons, logé dans cette ville, en l’hotel d’Arnaud Gaillard, après s’être informé de 1’état de celui-ci, lui dit que, puisqu’il s’entendait bien au fait du change et de la monnaie, il aurait tout profit a venir avec lui à Angoulême, où il lui ferait avoir un poste lucratif à l’atelier de Jean de La Roche. C’était à l’époque du mariage de Jacques de Pons avec feu Isabeau de Foix, « XV. ans a ou environ », lit-on dans ces lettres, c’est-a-dire en 1428. Gaillard, qui n’avait alors que vingt-deux ans, accepta cette offre, sans autre information. Thibaut lui avait, paraît-il, donné à entendre que le sr de Barbezieux avait permission du roi « de forgier monnoie ». II fut d’abord l’associé du maître de la monnaie d’Angoulême, mais, comme il n’avait pas grands moyens pour faire marcher l’atelier, on le chargea d’ « exploicter la dite monnoye et d’en porter par le pays, et y fit et exerça fait de change, tant en Sainctonge, Angoumois que en Poictou ». Puis, considérant qu’à l’avenir il pourrait être inquiété, Thibaut n’ayant pas voulu lui montrer le pretendu mandement qui autorisait cette fabrication, il cessa tout commerce avec ce dangereux établissement et entraîna même dans sa désertion le tailleur (graveur) et le maréchal qui forgeait les coins de la monnaie d’Angoulême. Ces départs désorganisèrent l’atelier qui fut en chômage pendant quelque temps. Depuis néanmoins Arnaud Gaillard se fourvoya encore dans les ateliers clandestins de Fouras et de Montignac. Dans ce dernier, « ung nommé Taillepié, de Saint Maixent, lequel pour lors y faisoit monnoye et avoit de pieça congnoissance avec ledit suppliant, lui manda et fit savoir que audit Montignac l’on faisoit monnoye par nostre congié, etc. » (JJ. 184, n° 599, fol. 405 v°.)

Source : Recueil des documents concernant le Poitou contenus dans les registres de la Chancellerie de France - Archives Historiques du Poitou - T XXIX - Poitiers - 1898 - BNF Gallica

Rémission accordée à Louis Yvain, ouvrier des monnaies du serment de France, qui avait travaillé à 1’atelier clandestin établi à Angoulême par Jean de La Roche, senechal de Poitou. (JJ. 177, n° 190, fol. 129 v°.)

Agnel d’or (Charles VII)

Avril 1446 (avant le 17).

Charles, etc. Savoir faisons, etc, nous avoir receu l’umble supplicacion de Loys Yvain, ouvrier de noz monnoyes du sermant de France, de droit estoc et ligne, chargié de femme et de six enfans, demourant près nostre ville de la Rochelle, contenant que, XV. ans a ou environ, feu Jehan de la Roche, lors vivant et estant seneschal de Poictou et capitaine d’Angolesme, qui se disoit avoir lettres de congié et licence de nous de povoir faire ouvrer et monnoyer certaine quantité d’argent en autre monnoye que es nostres, se bon lui sembloit, fist signiffier et savoir ce que dit est a plusieurs ouvriers et monnoyers du serement de France, lors dempurans ou estans audit lieu de la Rochelle, lesquelz voyans que nostre monnoye de la dicte ville de la Rochelle estoit en chommaige et que 1’en ne besongnoit point, et mesmement ledit suppliant, qui ne savoit autre mestier ne n’avoit autre maniere de vivre que du fait des dictes monnoyes, ala devers le dit de la Roche et y demoura certaine espace de temps, et cuidant que le dit de la Roche eust puissance, congié et licence de nous de faire ouvrer et monnoyer la quantité d’argent qu’il se ventoit lui avoir par nous esté octroyée, besoingna èsdictes monnoyes du dit de la Roche, audit lieu d’Angolesme, par certain temps et jusques à ce que ledit suppliant entendit que par nous ou les generaulx maistres de noz monnoyes, les ouvriers et monnoyers de nostre monnoye de la Rochelle, de laquelle il estoit, avoient esté mandez pour besoingner en la dicte ville de la Rochelle, et que avions fait faire defence de non plus besoingner ès dictes monnoyes du dit de la Roche, qu’il s’en vint dudit lieu d’Angolesme au dit lieu de la Rochelle ; et pour ce qu’il n’avoit apporté avecques lui ses ostilz qu’il y avoit portez pour besoingner, retourna au dit lieu d’Angolesme et cuida les en emporter, ce que vint à la congnoissance dudit feu Jehan de la Roche, qui par force et contraincte le fist encores besoingnier en sa dicte monnoye. Mais peu après il s’embla et laissa tous ses diz ostilz au dit lieu d’Angolesme, lesquelz y sont encores, et s’en vint du tout au dit lieu de la Rochelle, sans plus retourner au dit lieu d’Angolesme. Et combien que le dit feu de la Roche eust en son vivant remission et abolicion du dit cas [1], tant pour lui que pour les ouvriers, monnoyers et autres gens qui avoient besoingne es dictes monnoyes, et que soubz icelle ledit suppliant soit comprins, neantmoins icellui suppliant doubte que justice ores ou pour le temps avenir ne le voulsissent (sic) pugnir dudit cas ou pour occasion d’icellui autrement le vexer ou travailler, qui seroit en son très grant dommaige et prejudice, si comme il dit. Requerant humblement que, les choses dessus dictes considérées, et en reverance de Nostre Seigneur Jhesu Crist qui souffrist mort et passion a tel jour qu’il est aujourd’uy, nous lui vueillons sur ce impartir noz grace et miserieorde. Pour ce est il que nous, ces choses considérées, etc, à icellui suppliant le fait et cas dessus declairé avons remis, quicté et pardonné, etc, Si donnons en mandement à noz amez et feaulx conseillers les generaulx conseillers de noz monnoyes et à tous noz autres justiciers, etc.

Donné à Chinon, ou mois d’avril l’an de grace mil CCCC.XLV, et de nostre regne le XXIIIIe avant Pasques, .

Ainsi signé : Par.le roy en son conseil. Giraudeau. —Visa. Contentor. Charlet.


[1En effet, le crime de fabrication de fausse monnaie a Angoulême est visé dans les lettres d’abolition générale accordées à Jean de La Roche, le 28 mars 1431 n. s.

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