1546 - 1557 - Bernard Palissy raconte la naissance de l’Eglise réformée de Saintes (17)

D 2 août 2008     H 23:16     A Pierre     C 0 messages A 2234 LECTURES


Bernard Palissy, créateur des émaux à la française, vous connaissiez. Bernard Palissy, chroniqueur huguenot engagé : un aspect moins connu de sa riche personnalité, à découvrir dans un document au style alerte. Il fourmille d’anecdotes sur une naissance qui dérange l’ordre établi. Cela se passe à Saintes.

Source : Recepte véritable par laquelle tous les hommes de la France pourront apprendre à multiplier et augmenter leurs thrésors, composé par Maistre Bernard Palissy, ouvrier de terre, et inventeur des rustiques figulines du Roy et de Monseigneur le duc de Montmorency, pair et connétable de France, demeurant en la ville de Xaintes - La Rochelle - 1563 - BNF Gallica

Povreté empèche les bons espritz de parvenir
Sur la couverture du libre de Bernard Palissy, en 1563 - Imprimeur Berton à La Rochelle

L’histoire de l’Eglise de Xaintes

Après que j’eu apperçeu les folies et malices des hommes, et considéré les horribles esmotions et guerres qui ont esté ceste année par tout le Royaume de France, je pensay en moy-mesme de faire le dessein de quelque Ville ou Cité de refuge, pour se retirer ès temps des guerres et troubles, à fin d’obvier à la malice de plusieurs horribles et insensez saccageurs, ausquels j’ay par cy devant veu exécuter leurs rages furieuses contre une grande multitude de familles, sans avoir esgard à la cause, juste ou injuste, et mesme sans aucune commission ne mandement.

Demande : Il semble, à t’ouyr parler, que tu ne t’asseures pas de la paix qu’il a pleu à Dieu nous envoyer, et que tu as encore quelque crainte d’une esmotion populaire.

Responce : Je prie à Dieu qu’il luy plaise nous donner sa paix ; mais, si tu avois veu les horribles desbordemens des hommes, que jay veu durant ces troubles, tu n’as cheveux en la teste qui n’eussent tremblé, craignant de tomber à la merci de la malice des hommes. Et celuy qui n’a veu ces choses, il ne sauroit jamais penser combien la persécution est grande et horrible. Je ne m’esmerveille pas si le Prophète David aima mieux eslire la peste que non pas la famine et la guerre, en disant que, s’il avoit la peste, il seroit à la merci de Dieu, mais qu’en la guerre, il seroit à la merci des hommes, qui fut la cause que Dieu estendit ses verges seulement sur son peuple, et non pas sur luy, parce qu’il estoit submis sous sa miséricorde et avoit directement confessé sa faute. Voilà pourquoy je te puis asseurer que c’est une chose horriblement à craindre que de tomber sous la merci des hommes pernicieux et meschans.

Demande : Je te prie me dire comment advint ce divorce en ce pays de Xaintonge, car il me semble qu’il seroit bon de le mettre par escrit, à fin qu’il en demeurast une perpétuelle mémoire pour servir à ceux qui viendront après nous.

Responce : Tu sais qu’il y aura plusieurs historiens, qui s’employeront à ceste affaire. Toutesfois, pour mieux descrire la vérité, je trouverois bon qu’en chacune ville il y eust personnes députées pour escrire fidèlement les actes qui ont esté faits durant ces troubles, et, par tel moyen, la vérité pourroit estre réduite en un volume. Et, pour ceste cause, je m’en vay commencer à t’en faire un bien petit narré, non pas du tout, mais d’une partie du commencement de l’Eglise réformée.

Tu dois entendre que, tout ainsi que l’Eglise primitive fut érigée d’un bien petit commencement et avec plusieurs périls, dangers et grandes tribulations, aussi, sur ces derniers jours, la difficulté et dangers, peines, travaux et afflictions, ont esté grandes en ce pays de Xaintonge. Je dis de Xaintonge, parce que je laisseray ès habitans d’un autre Diocèse d’en escrire ce qu’ils en savent à la vérité.

Bernard Palissy
Statue devant le Musée National de Céramique de Sèvres (92)

Il advint, l’an 1546, qu’aucuns moines ayans esté quelques jours ès parties d’Allemagne, ou bien ayans leu quelques livres de leur doctrine et se trouvans abusez, ils prindrent la hardiesse, assez couvertement, de descouvrir quelques abus ; mais, soudain que les prestres et bénéficiers entendirent qu’ils détractoyent de leurs coquilles, ils incitèrent les juges de leur courir sus, ce qu’ils faisovent de bien bonne volonté, à cause qu’aucuns d’eux possédoyent quelque morceau de bénéfice, qui aidoit à faire bouillir le pot. Par ce moyen, aucuns desdits moines estoyent contrains s’enfuyr, s’exiler et se desfroquer, craignans qu’on les feist mourir de chaud. Les uns se faisoyent de mestier, les autres régentoyent en quelque village, et, parceque les isles d’Olleron, de Marepnes et d’Allevert sont loin des chemins publics, il se retira en ces isles là quelque nombre desdits moines, ayans trouvé divers moyens de vivre sans estre cogneus. Et, ainsi qu’ils fréquentoyent les personnes, ils se hazardoyent de parler couvertement, jusques à ce quils fussent bien asseurez qu’on n’en diroit rien, et, après que par tel moyen ils eurent réduit quelque quantité de personnes, ils trouvèrent moyen d’obtenir la chaire, parce qu’en ces jours là il y avoit un grand Vicaire qui les favorisoit tacitement. Dont ensuivit que, petit à petit, en ces pays et isles de Xaintonge, plusieurs eurent les yeux ouvers et cogneurent beaucoup d’abus qu’ils avoyent auparavant ignorez, qui fut cause que plusieurs eurent en grande estime lesdits prédicateurs, combien que pour lors ils descouvroyent les abus assez maigrement.

Il y eut en ces jours là un Collardeau, procureur fiscal, homme pervers et de mauvaise vie, qui trouva moyen d’advertir l’Evesque de Xaintes, qui estoit pour lors à la Cour, luy faisant entendre que tout estoit plein de Luthériens et qu’il lui donnast charge et commission pour les extirper, et non seulement luy escrivit plusieurs fois, mais aussi se transporta jusques audit lieu. Il feit tant par ces moyens qu’il obtint une commission de l’Evesque et du Parlement de Bourdeaux, avec une bonne somme de deniers qui luy furent taxez par ladite Cour. Cela faisoit-il pour le guain, et non pour le zèle de la religion. Quoy fait, il pratiqua certains juges, tant en l’isle d’OIleron que d’Allevert, et pareillement à Gimosac, et, ayant aposté ces juges, il feit prendre un prêcheur de Sainct Denis, qui est au bout de l’isle d’Olleron, nommé frère Robin, et, tout par un moyen, le feit passer en l’isle d’Allevert, où il en print un autre nommé Nicole et, quelques jours après, il print aussi celuy de Gimosac. qui tenoil eschole et preschoil les dimanches, estant fort aimé des habitans. Et, combien que je pense qu’ils soyent escrits au livre des Martyrs, ce néantmoins, parce que je say la vérité de certains faicts insinuez, j’ay trouvé bon les escrire, qui est qu’eux, ayans bien disputé et soustenu leur religion en la présence d’un Navières, théologien, chanoine de Xaintes, qui autresfois avoit commencé à descouvrir les abus ; toutefois, parce que le ventre l’avoit gagné, il soustenoit du contraire, comme très-bien les pauvres captifs luy savoyent reprocher en son visage ; quoy qu’il en fût, ces pauvres gens furent condamnez à estre desgraduez, et vestus d’accoustremens verds, à fin que le peuple les estimast fols ou insensez. Et, qui plus est, parce qu’ils soustenoyent virilement la querelle de Dieu, ils furent bridez comme chevaux par ledit Collardeau, auparavant que d’estre menez sur l’eschafaut, èsquelles brides y avoit en chacune une pomme de fer, qui leur emplissoil tout le dedans de leurs bouches. chose fort hideuse à voir, et estans ainsi desgraduez, ils les retournèrent en prison, pour les mener à Bourdeaux, afin de les condamner à mourir.

Mais, entre les deux, il advint un cas admirable, savoir est que celuy a qui on vouloit le plus de mal, lequel on pensoit faire mourir le plus cruellement, ce fut celuy qui leur eschappa et sortit des prisons par un moyen admirable : car, pour se donner garde de luy, ils avoyent mis un certain personnage sur les degrez d’une aviz près des prisons, pour escouter s’il se feroit quelque brisure. Aussi on avoit eu des grands chiens des villages qu’un grand Vicaire avoit amené, ausquels ou avoit donné le large de la court de l’Evesché. à fin qu’ils abboyassent, si les prisonniers venovent à sortir. Nonobstant toutes ces choses, frère Robin lima les fers qu’il avoit aux jambes, et, les ayans limez, il bailla les limes à ses compagnons, et, ce fait, il perça les murailles, qui estovent de bonne massonnerie. Mais il advint un cas estrange, c’est que d’aventure il y avoit plusieurs barriques, appilées l’une sur l’autre, au devant de ladite muraille, lesquelles barriques, estant poussées à bas, menèrent un grand bruit, qui furent cause que le portier se leva, et, ayant long temps escouté, s’en retourna coucher. Et ainsi, ledit frère Robin sortit en la court, à la merci des chiens ; toutesfois Dieu l’avoit inspiré d’avoir prins du pain, et, quand il fut en la court, il le jetta ausdits chiens, qui eurent la gueule close comme les lions de Daniel. Or il faut noter que ledit Robin n’avoit jamais esté en ceste ville cy de Xaintes. Pour ceste cause, estant en la court de l’Evesché, il estoit encore enfermé ; mais Dieu voulut qu’il trouva une norte ouverte, qui se rendoit au jardin, auquel il entra, et, se trouvant derechef enfermé de certaines murailles bien hautes, il apperceut, a la clarté de la lune, un certain poirier, qui estoit assez près de ladite muraille, et, estant monté audit poirier, il apperçeut, par le dehors de ladite muraille, un fumier, sur lequel il pouvoit assez aisément sauter. Quoy voyant, il s’en retourna ès prisons, pour savoir si quelqu’un de ses compagnons aurait limé ses fers ; mais, voyant que non, il les consola et exhorta à batailler virilement et a prendre patiemment la mort, et, en les embrassant, print congé d’eux, et s’en alla derechef monter sur le poirier et de là sauta sur les fumiers de la rue. Mais ce fut une chose très merveilleuse, procédante de la providence divine, comment ledit Robin peut eschapper le second danger, car, parce qu’il n’avoit jamais esté en la ville, il ne savoit à qui se retirer : mais, parce qu’il avoit esté malade d’une pleurésie ès prisons et qu’on luy avoit donné un médecin et un apoticaire, ledit Robin couroit par les rues, en s’enquérant dudit médecin et apoticaire, desquels il avoit retenu le nom. Mais en ce faisant, il alla tabourner en plusieurs portes des plus grands de ses ennemis, et, entre les autres, à la porte d’un Conseiller, qui fit diligence le lendemain pour savoir de ses nouvelles et promettoit cinquante escus de la part du grand Vicaire, nommé Sellière, à celuy qui donneroit moyen de prendre ledit Robin. Iceluy donc, frappant par les portes à l’heure de minuit, avoit divinement pourveu à son affaire, car il avoit troussé son habit sur ses espaules et avoit attaché son enferge en une de ses jambes, et par tel moyen, ceux qui sortoyent aux fenestres pensoyent que ce fust un laquay.

Il fit si bien qu’il se sauva en quelque maison, et de là fut en mesme heure conduit hors la ville, ce qui advint au mois d’aoust dudit an : mais ses deux compagnons furent bruslez, l’un en ceste ville de Xaintes, et l’autre à Libourne, à cause que le Parlement de Bourdeaux s’en estoit là fuy, pour raison de la peste qui estoit lors en la ville de Bourdeaux, et moururent les susdits maistre Nicole et ses compagnons l’an 1546, au mois d’aoust, endurans la mort constamment.

L’Evesque, ou ses conseillers s’avisèrent en ce temps-là d’une ruse et finesse grandement subtile ; car, ayans obtenu quelque mandement du Roy pour couper un grand nombre de forests qui estoyent à l’entour de ceste ville, toutesfois, parce que plusieurs avoyent leur jouyssance des bois et pasturages èsdites forests, ils ne vouloyent permettre qu’elles fussent abbatues ; mais ceux-cy, suivans les ruses Mahomètistes. s’avisèrent de gagner le cœur du peuple par des prédications et présens faits aux gens du Roy, et envoyèrent en ceste ville de Xaintes et autres villes du Diocèse certains moines Sorbonistes, qui escumoyent, bavoyent, se lamentoyent et viroyent, faisans gestes et grimaces estranges. Et tous leurs propos n’estoyent que crier contre ces chrestiens nouveaux, et aucunes fois ils exaltoient leur Evesque, en disant qu’il estoit descendu du précieux sang de Monseigneur sainct Louys, et, par tel moyen, le pauvre peuple souffroit patiemment que tous leurs bois fussent coupés, et, les bois estans ainsi coupez, il n’y eut plus de Prédicateurs. Voilà comment le peuple fut deçeu en ses biens, et pareillement en ses esprits. Par là tu peux aisément juger quel pouvoit estre l’estat de l’Eglise réformée, laquelle n’avoit encore aucune apparence d’Eglise, sinon aucuns qui tacitement et avec crainte détractoyent de la Papauté.

Il y eut, quelque temps après, l’an 1557, qu’un nommé maistre Philebert Hamelin, qui avoit esté autresfois prisonnier en ceste ville et prins par le mesme Collardeau, se transporta derechef en ceste ville de Xaintes, et, parce qu’il avoit demeuré à Genève un bien long temps depuis son emprisonnement et ayant augmenté audit Genève de fov et de doctrine, il avoit toujours un remords de conscience de ce qu’il avoit dissimulé en sa confession faite en ceste ville, et, voulant réparer sa faute, il s’efforçoit, partout où il passoit, d’inciter les hommes d’avoir des ministres et de dresser quelque forme d’Eglise, et s’en alloit ainsi par le pays de France, ayant quelques serviteurs, qui vendoyent des Bibles, et autres Livres imprimez en son imprimerie, car il s’estoit desprestré et fait imprimeur. En ce faisant, il passoit quelque fois par ceste ville, et alloit aussi en Allevert. Or il estoit si juste et d’un si grand zèle que, combien qu’il fust homme assez mal portatif, il ne voulut jamais prendre de chevaux, encore que plusieurs l’en requéroyent d’une bonne affection. Et, combien qu’il eust bien de quoy moyenement, si est-ce qu’il n’avoit aucune espée à sa ceinture, ains seulement un simple baston en la main, et s’en alloit ainsi tout seul, sans aucune crainte.

Or advint un jour, après qu’il eut fait quelques prières et petites exhortations en ceste ville, ayant au plus sept ou huit auditeurs, il print son chemin pour aller en Allevert, et, devant que partir, il pria le petit troupeau de l’assemblée de se congréger, de prier et s’exhorter l’un l’autre, et ainsi, s’en alla en Allevert, tendant à fin de gagner le peuple à Dieu, et là, estant recueilli bénignement par la plus grand’partie du peuple, fit certains presches au son de la cloche et baptisa un enfant. Quoy voyant, les Magistrats de ceste ville contraindrent l’Evesque d’exhiber deniers, pour faire la suite dudit Philebert avec chevaux, gens-d’armes, cuisiniers et vivandiers. L’Evesque et certains Magistrats de ceste ville se transportèrent au lieu d’Allevert, là où ils firent rebaptiser l’enfant qui avoit esté baptisé par ledit Philebert, et, ne le pouvans là attraper, ils le suivirent à la trace jusques à ce qu’ils l’eurent trouvé en la maison d’un Gentil-homme, et ainsi l’amenèrent en ceste ville, comme malfaicteur, ès prisons criminelles, combien que ses œuvres rendent certain tesmoignage qu’il estoit enfant de Dieu et directement esleu. Il estoit si parfait en ses œuvres que ses ennemis estoyent contraints de confesser qu’il estoit d’une vie saincte, toutefois sans approuver sa doctrine.

Je suis tout esmerveillé comment les hommes ont osé assoir jugement de mort sur luy, veu qu’ils savoyent bien et avoyent entendu sa saincte conversation ; car je suis asseuré, et le puis dire à la vérité, que, dès lors qu’il fut amené ès prisons de Xaintes, je prins la hardiesse (combien que les jours fussent périlleux en ce temps là) d’aller remonstrer aux principaux juges et magistrats de ceste ville de Xaintes qu’ils avoyent emprisonné un Prophète, ou ange de Dieu, envoyé pour annoncer sa parole et jugement de condamnation aux hommes sur le dernier temps, leur asseurant qu’il y avoit onze ans que je cognoissois ledit Philebert Hamelin d’une si saincte vie qu’il me sembloit que les autres hommes estoyent diables au regard de luy. Il est certains que les juges usèrent d’humanité en mon endroit et m’escoutèrent bénignement ; aussi parlois-je à un chacun d’eux estant en sa maison.

Finalement ils traittèrent assez bénignement ledit maistre Philebert ; toutesfois ils ne se peuvent excuser qu’ils ne soyent coulpables de sa mort. Vray est qu’ils ne le tuèrent pas, non plus que Pilate et Judas Jésus Christ, mais ils le livrèrent entre les mains de ceux qu’ils savoyent bien qu’ils le feroyent bien mourir. Et, pour mieux parvenir à un lave-main pour s’en descharger, ils s’avisèrent qu’il avoit esté prestre en l’Eglise Romaine, par quoy l’envoyèrent à Bourdeaux avec bonne et seure garde par un Prévost des mareschaux.

Veux-tu bien cognoistre comment ledit Philebert estoit de saincte vie ? On luy donnoit liberté d’estre en la chambre du geôlier et de boire et manger à sa table, ce qu’il fit pendant qu’il estoit en ceste ville ; mais, après que par plusieurs jours il eut travaillé et prins peine de réprimer les jeux et blasphèmes qui se commettoyent en la chambre du geôlier, il fut si desplaisant, voyant qu’ils ne se vouloyent corriger que, pour obvier à entendre un tel mal, soudain qu’il avoit disné, il se faisoit mener en une chambre criminelle, et estoit là tout le long du jour tout seul, pour obvier les compagnies mauvaises.

Item, veux-tu encore mieux savoir combien il cbeminoit droitement ? Luy estant en prison survint un advocat du pays de France, de quelque lieu où il avoit érigé une petite église, lequel advocat apporta trois cents livres, qu’il présenta au geôlier, pourveu qu’il voulust de nuit mettre ledit Philebert hors des prisons. Quoy voyant, le geôlier fut presque incité à ce faire : toutesfois il demanda conseil audit maistre Philebert, lequel, respondant, luy dist qu’il valoit mieux qu’il mourust par la main de l’exécuteur que de le mettre en peine pour luy. Quoy sachant, ledit advocat rapporta son argent. Je te demande qui est celuy de nous qui voudroit faire le semblable, estant à la merci des hommes ennemis, comme il estoit ?

Les juges de ceste ville savovent bien qu’il estoit de saincte vie, toutesfois ils l’ont fait pour crainte de perdre leurs offices ; ainsi le faut-il entendre. Je fus bien adverli que, cependant que ledit Philebert estoit ès prisons de ceste ville, qu’il y eut un personnage, qui, parlant dudit Philebert, dist à un conseiller de Bourdeaux : « On vous amènera un de ces jours un prisonnier de Xaintes, qui parlera bien à vous, Messieurs. » Mais le Conseiller, en blasphémant le nom de Dieu, jura qu’il ne parlerait pas à luy et qu’il se donneroit bien garde d’assister à son jugement. Je te demande, ce Conseiller se disoit estre chrestien, il ne vouloit pas condamner le juste ; toutesfois, puisqu’il estoit constitué juge, il n’aura point d’excuse, car, puis qu’il savoit que l’autre estoit homme de bien, il devoit de son pouvoir s’opposer au jugement de ceux qui, par ignorance ou par malice, le condamnèrent, livrèrent et firent pendre comme un larron, le 18 d’avril de l’an susdit.

Quelque temps auparavant la prise dudit Philebert, il y eut en ceste ville un certain artisan, pauvre et indigent à merveilles, lequel avoit un si grand désir de l’avancement de l’Evangile qu’il le démonstra quelque jour à un autre artisan aussi pauvre que luy et d’aussi peu de savoir, car tous deux n’en savovent guère. Toutesfois le premier remonstra à l’autre que, s’il vouloit s’employer à faire quelque forme d’exhortation, ce seroit la cause d’un grand fruit, et, combien que le second se sentoit totalement desnué de savoir, cela luv donna courage, et, quelques jours après, il assembla un dimanche au matin neuf ou dix personnes, et, parce qu’il estoit mal instruit ès lettres, il avoit tiré quelques passages du vieux et nouveau Testament, les ayans mis par escrit. Et quand ils furent assemblez, il leur lisoit les passages ou authoritez, en disant qu’un chacun , selon ce qu’il a reçeu de dons, qu’il faut qu’il les distribue aux autres et que tout arbre qui ne fera point de fruit, sera coupé et jetté au feu. Aussi il lisoit une autre authorithé prise au Deutéronome, là où il est dit : « Vous annoncerez ma loy en allant, en venant, en buvant, en mangeant, en vous couchant, en vous levant, et estant assis en la vove. » Il leur proposoit aussi la similitude des talens, et un grand nombre de telles authoritez, et ce faisoit-il tendant à deux bonnes fins. La première estoit pour monstrer qu’il appartient à toutes gens de parler des statuts et ordonnances de Dieu, et à fin qu’on ne mesprisast sa doctrine, à cause de son abjection ; la seconde fin estoit à fin d’inciter certains auditeurs de faire le semblable, car en ceste mesme heure ils convinrent ensemble que six d’entr’eux exhorteroyent par hebdomade, savoir est un chacun de six en six semaines, les Dimanches seulement. Et, parce qu’ils entreprenoyent un affaire auquel ils n’avoyent jamais été instruits, il fut dit qu’ils mettroyent leurs exhortations par escrit et les liroyent devant l’assemblée. Or toutes ces choses furent laites par le bon exemple, conseil et doctrine de maistre Philebert Hamelin. Voilà le commencement de l’Eglise réformée de la ville de Xaintes.

Je m’esseure qu’il y a eu au commencement telle assemblée que le nombre n’estoit que de cinq seulement, et, pendant que l’Eglise estoit ainsi petite et que ledit maistre Philebert estoit en prison, il arriva en ceste ville un Ministre, nommé de La Place, lequel avoit esté envoyé pour aller prescher en Allevert ; mais, ce mesme jour, le Procureur dudit Allevert se trouva en ceste ville, qui certifia qu’il y seroit fort mal venu à cause de ce baptesme que maistre Philebert avoit fait, parce qu’on avoit condamné plusieurs assistans à fort grandes amendes, qui fut le moyen que nous priasmes ledit de La Place de nous administrer la parole de Dieu, et fut receu pour nostre Ministre, et demeura jusques à ce que nous eusmes Monsieur de La Boissiere, qui est celuy que nous avons encore à présent : mais c’estoit une chose pitoyable, car nous avions bon vouloir, mais le pouvoir d’entretenir les Ministres n’y estoit pas, veu que de La Place, pendant le temps que nous l’eusmes, il fut entretenu une partie aux despens des gentils-hommes qui l’appeloyent souvent. Mais, craignans que cela ne fust le moyen de corrompre nos Ministres, on conseilla à Monsieur de La Boissiere de ne partir de la ville sans congé pour servir à la noblesse, veu qu’aussi il y eut urgent affaire. Par tel moyen le pauvre homme estoit reclos comme un prisonnier, et bien souvent mangeoit des pommes et buvoit de l’eau à son disner, et, par faute de nape, il mettoit bien souvent son disner sur une chemise, parce qu’il y avoit bien peu de riches qui fussent de nostre assemblée, et si n’avions pas de quoy luy payer ses gages.

Voilà comment nostre église a esté érigée au commencement par gens mesprisez, et, alors que les ennemis d’icelle la vindrent saccager et persécuter, elle avoit si bien profité en peu d’années que desjà les jeux, danses, ballades, banquets et superfluytez de coiffures et dorures avoyent presque toutes cessé ; il n’y avoit plus guère de paroles scandaleuses, ni de meurtres. Les procès commençoyent grandement à diminuer, car, soudain que deux hommes de la Religion estoyent en procès, on trouvoit moyen de les accorder ; et mesme bien souvent, devant que commencer aucun procès, un homme n’y eust point mis un autre que premièrement il ne l’eust fait exhorter à ceux de la Religion. Quand le temps s’approchoit de faire ses pasques, plusieurs haines, dissensions et querelles estoyent accordées ; il n’estoit question que de pseaumes, prières, cantiques et chansons spirituelles, et n’estoit plus question de chansons dissolues ni lubriques.

L’Eglise avoit si bien profité que mesme les magistrats avoyent policé plusieurs choses mauvaises, qui dépendoyent de leurs authoritez. Il estoit défendu aux hosteliers de ne tenir jeux, ni de donner à boire et à manger à gens domiciliers, à fin que les hommes desbauchez se retirassent en leurs familles. Vous eussiez veu en ces jours là, ès dimanches, les compagnons de mestier se pourmener par les prairies, boscages ou autres lieux plaisans, chantans par troupes pseaumes, cantiques et chansons spirituelles, lisans et s’instruisans les uns les autres. Vous eussiez aussi veu les filles et vierges assises par troupes ès jardins et autres lieux, qui en cas pareil se délectoyent à chanter toutes choses sainctes ; d’autre part, vous eussiez veu les pédagogues, qui avoyent si bien instruit la jeunesse que les enfans estoyent tellement enseignez que mesme il n’y avoit plus de geste puérile, ains une constance virile. Ces choses avoyent si bien profité que les personnes avoyent changé leurs manières de faire, mesme jusques à leurs contenances.

L’Eglise fut érigée au commencement avec grande difficulté et éminens périls ; nous estions blasmez et vitupérez de calomnies perverses et meschantes. Les uns disoyent : « Si leur doctrine estoit bonne, ils prescheroyent publiquement » ; les autres disoyent que nous nous assemblions pour paillarder et qu’en nos assemblées les femmes estoyent communes ; les autres disoyent que nous allions baiser le cul au diable, avec de la chandelle de rosine.

Nonobstant toutes ces choses, Dieu favorisa si bien nostre affaire que, combien que nos assemblées fussent le plus souvent à plein minuit et que nos ennemis nous entendoyent souvent passer par la rue, si est-ce que Dieu leur tenoit la bride serrée en telle sorte que nous fusmes conservez sous sa protection. Et, lors que Dieu voulut que son Eglise fust manifestée publiquement et en plein jour, il fit en nostre ville une œuvre admirable, car il fut envoyé à Tolose deux des principaux chefs, lesquels n’eussent voulu permettre nos assemblées estre publiques, qui fut la cause que nous eusmes la hardiesse de prendre la halle, ce que nous n’eussions seu faire sans grands scandales si lesdits chefs eussent esté en la ville. Et qu’ainsi ne soit, tu ne peux nier que, depuis ces troubles. ils ne se soyent totalement appliquez à rabaisser, ruiner ; anichiler, enfoncer et abysmer la petite nacelle de l’Eglise Réformée. Par là je puis aisément juger que Dieu les a tenus l’espace de deux années, ou environ, à Tolose, à fin qu’ils ne nuisissent à son Eglise durant le temps qu’il la vouloit manifester publiquement. Combien que l’Eglise eût de grands ennemis, toutesfois elle fleurit en telle sorte en peu d’années que mesme les ennemis d’icelle, à leur très-grand regret, estoyent contraints de dire bien de nos Ministres et singulièrement de Monsieur de La Boissière, parce que sa vie les rédarguoit et rendoit bon tesmoignage de sa doctrine.

Or aucuns Prestres commençoyent d’assister aux assemblées, à estudier et prendre conseil de l’Eglise : mais, quand quelqu’un de l’Eglise faisoit quelque faute ou tort à quelqu’un des adversaires, ils savovent très-bien dire : « Vostre Ministre ne vous a pas conseillé de faire ce mal. » Et ainsi les ennemis de l’Evangile avoyent la bouche close, et, combien qu’ils eussent en haine les Ministres, ils n’osoyent mesdire d’eux, à cause de leur bonne vie. En ces jours là, les prestres et moines furent blasmez du commun, savoir est des ennemis de la Religion, et disoyent ainsi : « Les Ministres font des prières, que nous ne pouvons nier qu’elles ne soyent bonnes : pourquoy est-ce que vous ne faites le semblable ? » Quoy voyant, Monsieur le Théologien du Chapitre se print à faire les prières comme les ministres ; aussi firent les moines qu’ils avovent à gage pour leur prédication, car, s’il y avoit un fin, frété, mauvais garçon, et subtil argumentateur de moine en tout le pavs, il faloit l’avoir en l’Eglise Cathédrale. Voilà comment, en ces jours là, il y avoit prières en la ville de Xaintes tous les jours d’une part et d’autre. Veux-tu bien cognoistre comment les Ecclésiastiques Romains faisoyent lesdites prières par hypocrisie et malice ? Regarde un peu ; ils n’en font plus à présent, ni n’en faisoyent auparavant la venue des Ministres. Est-il pas aisé à juger que ce qu’ils en faisoyent estoit seulement pour dire : « Je say faire cela aussi bien comme les autres. »

Quoy qu’il en soit, l’Eglise profita si bien alors que les fruits d’icelle demeureront à jamais, et ceux qui ont espérance de voir l’Eglise abbatue et anichilée seront confus ; car, puis que Dieu l’a garentie lorsqu’ils n’estoyent que trois ou quatre pauvres gens mesprisez, combien plus aujourd’huy aura-t-il soin d’un grand nombre ? Je ne doute pas qu’elle ne soit tormentée ; cela nous doit estre tout résolu puis qu’il est escrit, mais ce ne sera pas selon la mesure et désir de ses ennemis.

Plusieurs gens des villages en ces jours là demandoyent des Ministres à leurs Curez ou fermiers, ou autrement ils disoyent qu’ils n’auroyent point de dismes ; cela faschoit plus les prestres que nulle autre chose, et leur estoit fort estrange. En ce temps là furent faits des actes assez dignes de faire rire et pleurer tout à un coup ; car aucuns fermiers, ennemis de la Religion, voyans telles nouvelles, s’en alloyent aux Ministres pour les prier de venir exhorter le peuple d’où ils estoyent fermiers, et ce à fin d’estre payez des dismes. Quand ils ne pouvoyent finir de Ministres, ils demandoyent des Anciens. Je ne ris jamais de si bon courage, toutesfois en pleurand, quand j’ouy dire que le Procureur, qui estoit Greffier criminel lors qu’on faisoit les procès de ceux de la Religion, avoit luy-mesme fait les prières, un peu auparavant le saccagement de l’Eglise, en la Paroisse d’où il estoit fermier. A savoir mon si, lors qu’il faisoit luy-mesme les prières, il estoit meilleur chrestien que quand il escrivoit les procès contre ceux de la Religion ; certes autant bon chrestien estoit-il lorqu’il escrivoit les procès comme quand il faisoit les prières, attendu qu’il ne les faisoit que pour avoir les gerbes et fruits des laboureurs.

Le fruit de nostre petite Eglise avoit si bien profité qu’ils avoyent contraint les meschans d’estre gens de bien. Toutesfois leur hypocrisie a esté depuis amplement manifestée et cogneuë : car, lors qu’ils ont eu liberté de mal faire, ils ont monstre extérieurement ce qu’ils tenoyenl caché dedans leurs misérables poitrines ; ils ont fait des actes si misérables que j’ay horreur seulement de m’en souvenir, au temps qu’ils s’eslevèrent pour dissiper, abysmer, perdre et destruire ceux de l’Eglise réformée. Pour obvier à leurs tyrannies horribles et exécrables, je me retiray secrettement en ma maison, pour ne voir les meurtres, reniemens et destroussemens qui se faisoyent ès lieux champestres. Et, estant retiré en ma maison l’espace de deux mois il m’estoit avis que l’Enfer avoit esté desfonsé et que tous les esprits diaboliques estoyent entrez en la ville de Saintes ; car, au lieu que j’entendois un peu auparavant pseaumes, cantiques et toutes paroles honnestes d’édification et bon exemple, je n’entendois que blasphèmes, bateries, menaces, tumultes, toutes paroles misérables, dissolution, chansons lubriques et détestables, en telle sorte qu’il me sembloit que toute la vertu et saincteté de la terre estoit estouffée et esteinte, car il sortit certains diabletons du chasteau de Taillebourg, qui faisoyent plus de mal que non pas ceux qui estoyent diables d’ancieneté.

Eux entrans en la ville, accompagnez de certains prestres, ayans l’espée nue au poing, crioyent : « Où sont-ils ? il faut couper gorge tout à main, » et faisoyent ainsi des mouvans, sachans bien qu’il n’y avoit aucune résistance, car ceux de l’Eglise réformée s’estoyent tous absentez. Toutesfois, pour faire des mauvais, ils trouvèrent un Parisien en la rue, qui avoit bruit d’avoir de l’argent ; ils le tuèrent, sans avoir aucune résistance, et, en usant de leur mestier accoutumé, le mirent en chemise devant qu’il fust achevé de mourir. Après cela, ils s’en allèrent, de maison en maison, prendre, piller, saccager, gourmander, rire, moquer et gaudir, avec toutes dissolutions et paroles de blasphèmes contre Dieu et les hommes, et ne se contentoyent pas seulement de se moquer des hommes, mais aussi se moquoyent de Dieu ; car ils disoyent que Agimus avoit gagné Père étemel. En ce jour là, il y avoit certains personnages ès prisons que, quand les pages des Chanoines passoyent par devant lesdites prisons, ils disoyent en se moquant : « Le Seigneur vous assistera », et luy disoyent encore : « Or dites à présent : Revenge moy, pren la querelle » ; et plusieurs autres, en frappant d’un baston, disoyent : « Le Seigneur vous bénie. »

Je fus grandement espouvanté l’espace de deux mois, voyant que les portefaix et bélistreaux estoyent devenus seigneurs aux despens de ceux de l’Eglise réformée ; je n’avois tous les jours autre chose que rapports des cas espouvantables qui de jour en jour s’y commettent. Et de tout ce que je fus le plus desplaisant en moy-mesme, ce fut de certains petis enfans de la ville, qui se venoyent journellement assembler en une place près du lieu où j’estois caché (m’exerçant toutesfois à faire quelque œuvre de mon art), qui, se divisans en deux bandes et jettans des pierres les uns contre les autres, juroyent et blasphémoyent le plus éxécrablement que jamais homme ouyt parler, car ils disoyent : « Par le sang, mort, teste, double teste, triple teste, » et des blasphèmes si horribles que j’ai quasi horreur de les escrire ; or cela dura assez long temps, sans que les pères ni mères y missent aucune police. Il me prenoit souvent envie de hazarder ma vie pour en faire la punition ; mais je disois en mon cœur le Pseaume 79, qui se commence : Les gens entrez sont en ton héritage.

Je say que plusieurs Historiens descriront les choses plus au long ; toutesfois j’ay bien voulu dire ceci en passant, parce que, durant ces jours mauvais, il y avoit bien peu de gens de l’Eglise réformée en ceste ville.

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