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Vous êtes ici : Accueil » Chronologie de l’histoire locale » La Renaissance » 1541 - 1552 - Les révoltes de la gabelle et des Pitaux » 1548 - Révolte de la Gabelle, en Angoumois, Saintonge et Guyenne

1548 - Révolte de la Gabelle, en Angoumois, Saintonge et Guyenne


D 10 janvier 2008     H 20:17     A Pierre     C 0 messages A 2733 LECTURES
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Pour arrêter ces excez, Henri II envoïa Anne de Montmorency connétable de France & François de Lorraine duc d’Aumale avec mille hommes d’armes & dix mille fantaissins, & un ordre de châtier les séditieux.

Dans cette partie du XVIème siècle, les révoltes paysannes contre la gabelle se suivent et se ressemblent.

Source : Histoire ecclésiastique - Claude Fleury, Jean Claude Fabre – Paris – 1731 – Books Google

1548

Pour fournir aux frais de cette guerre [contre les Anglais], il [Henri II] fut obligé de mettre sur ses sujets des impots considerables, & de les charger d’un grand nombre de subsides Mais ses peuples déjà épuisez par les guerres précédentes, se souleverent en plusieurs endroits à l’occasion de la gabelle, & des vexations que commettoient ceux qui étoient chargez de lever les deniers du sel.

Les premières provinces qui se souleverent furent l’Angoumois & la Xaintonge, où plus de vingt mille païsans s’attroupèrent, & élurent pour leur chef un bourgeois de Blansac appellé Bois-menil & qu’on surnommoit Balaffré, avec un gentilhomme appellé Puymoreau. Ces mutins ravagèrent le païs, Xaintes leur ouvrit ses portes. Le bruit de la révolte s’étant répandu dans le Perigord, l’Agenois, le Limosin, le Poitou & la Gascogne, en moins d’un mois il se trouva plus de cinquante mille hommes portant les armes contre leur roi.

Ces troupes séditieuses aïant été reçues dans Bourdeaux par le peuple avec beaucoup de joie, chacun prit les armes dans toute la ville au son du tocsin. On massacra un grand nombre de commis & l’on pilla leurs maisons. Pour arrêter ces excez, Henri II envoïa Anne de Montmorency connétable de France & François de Lorraine duc d’Aumale avec mille hommes d’armes & dix mille fantaissins, & un ordre de châtier les séditieux, dont le procès aïant été instruit le vingt sixiéme d’Octobre, on rendit une sentence qui porte que les Bourdelois déclarez atteints & convaincus du crime de sédition, de rébellion & de léze-majesté, seroient privez de leurs immunitez & privilèges, jurisdiction, possessions communes, dont les actes seroient jettez au feu en présence des principaux bourgeois ; que l’hôtel de ville seroit rasé, en la place duquel on bâtiroit une chapelle où l’on feroit annuellement un service & où l’on diroit des messes à perpétuité pour l’âme du feu sieur de Moneins, qui avoit été tué dans la sédition. Que toutes les cloches de la ville & des autres lieux qui s’étoient révoltez seroient enlevées & portées dans les deux châteaux. Que les Jurats avec six-vingt des plus notables bourgeois portant chacun une torche allumée, vêtus de deuil & suivis de tout le peuple, iroient en procession dans l’église des Carmes, & y prendroient le corps du sieur de Moneins pour être porté dans l’église cathédrale où il seroit honorablement inhumé ; que là on lui feroit un service tous les ans. Que pour les frais de l’armée du roi, ils païeroient la somme de deux cens mille livres ; que les deux châteaux seroient fortifiez & entretenus de vivres & de munitions aux dépens des habitans. Et qu’enfin la ville armeroit & entretiendroit deux vaisseaux pour la garde du port & que le parlement seroit interdit. Après cette sentence prononcée, le connétable fit punir quelques uns des coupables. Un nommé Guillon fut brûlé vif, un autre convaincu d’avoir sonné le beffroy fut pendu au marteau de la cloche. Les deux frères de Saux eurent la tête tranchée.

Cependant le roi modéra cette sentence en retranchant l’article de la démolition de l’hôtel de ville, à l’exception du bâtiment où étoit la cloche qui avoit servi à sonner le tocsin & qui fut abbatu. L’amende pécuniaire fut aussi remise à sa volonté : mais l’interdit du parlement subsista, pour n’avoir pas fait son devoir en cette occasion. Sa majesté nomma des commissaires d’autres parlemens pour y exercer la justice ; mais cet interdit fut levé à l’entrée de l’an 1550 & la ville fut rétablie dans ses immunitez & privilèges : on accorda une amnistie générale du passé pour toute la province de Guïenne, en exceptant seulement ceux qui auroient mis la main sur les magistrats & officiers roïaux. Les provinces de Poitou, Xaintonge, Angoumois, Limosïn & Perigord, traiterent dans la même année avec le roi pour l’extinction de la gabelle, moïennant la somme de quatre vingt mille livres tous les ans & deux cens mille écus que ces peuples fourniroient comptant pour être emploïez suivant les besoins de l’état.

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