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1552 - 1568 - Agrippa d’Aubigné - Jeunesse : études et premiers combats

D 6 juin 2007     H 10:46     A Pierre     C 0 messages A 2690 LECTURES


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La jeunesse d’Agrippa d’Aubigné : la plume dans une main et l’arquebuse dans l’autre.

Sources :
- Histoire Universelle - Agrippa d’Aubigné - Edition publiée par la société pour l’histoire de France par le baron Alphonse de Ruble, Libr. Renouard - 1887-89.
- Mémoires de Théodore Agrippa d’Aubigné publiés pour la première fois d’après le manuscrit de la Bibliothèque du Louvre, suivis de fragments de l’Histoire Universelle de d’Aubigné et de pièces inédites par M. Ludovic Lalanne - Paris - 1834
- Les Tragiques
- Confession catholique du sieur de Sancy

1550 Une famille catholique originaire de Brie en Saintonge, au service du roi de Navarre

Mariage des parents d’Agrippa
Contrat de mariage de Jean d’Aubigné avec Catherine de l’Estang (manuscrit de la bibliothèque du Louvre, qui contient les Mémoires d’Agrippa)

Sachent tous que au traité et prolocution du mariage, qui au plaisir de Dieu, s’accomplira des personnes cydessoubs nommées, ont esté présans personnellement Jehan d’Aubigné, escuyer, sieur de Brie en Xaintonge, chancellier du roy de Navare, filz de deffunct Pierre d’Aubigné, escuier, seigneur dudit Brie et de Viguier en Anjou, et de damoiselle Catherine de Sourche, demeurant à la suite dudit sieur roy de Navarre, d’une part, et damoiselle Catherine de l’Estang, dame de La Lande Guinemer, fille de deffunct et noble homme, Jehan de l’Estang, escuier, sieur de Pulle en Angommois, et de damoiselle Suzanne de la Borde, demourant à la maison noble de la Lande Guinemer, paroisse de Mer, d’autre lesquels se sont promis et se promettent prandre à femme et mary espoux en face de sainte église, si et quand l’ung par l’autre en sera requis, les solenité de note (sic) mère sainte Église catholique, apostolique et romaine sur ce gardées et observées

Faict et passé à Orléans, le deuxiesme jour du mois de juin, l’an de grasse mil cinq cent cinquante.

Mémoires d’Agrippa d’Aubigné en Saintonge, Aunis et Angoumois

DateEpisodeTexte original
1552 Naissance de Théodore Agrippa d’Aubigné le 8 février au château de Saint-Maury, à une lieue de Pons en Saintonge.

Sa mère Catherine de Lestang meurt en couches. Son père se remarie peu après et le jeune Agrippa quitte le milieu familial.

Mémoires

Théodore Agrippa d’Aubigné, fils de Jean d’Aubigné, seigneur de Brie en Saintonge, et de damoiselle Catherine de Lestant, nasquit en l’hostel Saint-Maury, près de Pons, l’an 1551, le 8e de febvrier. Sa mère morte en accouchant, et avec telle extrémité, que les médecins proposèrent le chois de mort ou pour la mère ou pour l’enfant ; il fut nommé Agrippa, comme œgrepartus, et puis nourry en enfance hors de la maison du père, parce que Anne de Limur, sa belle-mère, portoit impatiemment et la despence et la trop exquise nourriture qu’on y employoit.
1556

4 ans

Ses études

Mémoires
Dès quatre ans accomplis, le père luy amena de Paris un précepteur, Jean Costin, homme astorge [1] et impiteux [2] qui lui enseigna les lettres latines, grecques et hébraïques à la fois.
1560

8 ans

La mort de son père

Mémoires
La paix ainsi conclue, le sieur d’Aubigné mon père fut chargé d’en aller faire observer les articles en Guyenne ; il partit donc pour cela d’Orléans, et, en me disant adieu, il me recommanda fort de ne jamais perdre la mémoire de ce qu’il m’avoit dit à Amboise, de conserver toujours un grand zèle pour ma religion, de l’amour pour les sciences et la vérité ; et puis il me baisa contre sa coutume, ce qui m’attendrit extrêmement. S’étant trouvé mal en chemin, il fut contraint de s’arrêter à Amboise, où son mal s’étant rengregé par un sac qui se fit dans la playe qu’il avoit reçue à l’attaque des tourelles, il mourut, ne regrettant rien des affaires du monde, sinon de ce que ma trop grande jeunesse m’empêchoit de lui pouvoir succéder à son état de maître des requêtes ; ce qu’il disoit en tenant ses provisions en main, qu’il renvoya au prince de Condé, avec prières de ne donner cette charge qu’à un homme qui fût déterminé à mourir pour le service des églises réformées.

Six ou sept jours après son décès, comme j’étois sous le portail de notre logis, je vis arriver deux domestiques de mon père, qui venoient à Orléans pour faire inventorier ses équipages de guerre et les autres effets qu’il y avoit laissés. A leur aspect j’eus un pressentiment de la mort de mon père, qui me frappa au cœur. Je me cachai d’abord pour examiner leur contenance pendant qu’ils établoient leurs chevaux ; mais, m’ayant aperçu, ils s’en vindrent à moi, et, quoi qu’ils me pussent dire pour me cacher la mort de mon père, ils n’y purent réussir. Je me confirmai si bien cette opinion dans la tête, que je ne fis que pleurer en cachette pendant trois jours, et que je ne voulus point vêtir d’autre habit que de deuil, quelque empêchement que l’on apportât à ce dessein.

La mort de mon père ayant été à la fin divulguée, on me donna pour curateur le sieur Audubeuil, qui me fit renoncer à la succession paternelle qui étoit de quatre mille livres de rente, à cause de grandes dettes que laissoit le défunt, et qui m’entretint aux études du bien de ma mère, me laissant encore un an sous la discipline de Béroalde.
1565

13 ans

Etudes à Genève

Mémoires
Ensuite mon curateur m’envoya à Genève, ayant alors treize ans. Je faisois dans ce temps autant de vers latins qu’un habile écrivain en pouvoit écrire en un jour, et je lisois couramment les Rabins sans points, et les expliquois de même que le grec et le latin, sans lire le texte. Quoique j’eusse demeuré deux ans aux écoles publiques d’Orléans, et que j’y eusse fait mon cours de mathématiques, on me remit pourtant à Genève au collège sur ce que je n’avois pas bien expliqué quelques dialectes de Pindare, ce qui me fit haïr l’étude, mépriser les lettres, dépiter contre les châtimens, et adonner aux polissonneries qui me tournoient souvent à louanges, parce que monsieur Bèze, en les excusant, les trouvoit plus spirituelles et réjouissantes que rusées et malicieuses ; mais mes maîtres étoient sans miséricorde.

Tous ces dégoûts me firent quitter Genève au bout de deux ans, et m’engagèrent à venir à Lyon au desçu de mes parens.
1567

15 ans

Agrippa aimerait bien apprendre à manier les armes

Mémoires
Bientost après commencèrent les secondes guerres. Aubigné retourna en Xaintonge chez son curateur, lequel voyant son pupille se battre à la perche pour quitter les livres, à bon escient le tint prisonnier jusques à la reprise des troisièmes armes.
1568

16 ans

Agrippa s’enfuit de chez son curateur et fait ses premières armes

Mémoires
Lors les compaignons luy ayant promis de tirer une harcquebusade quand ils partiroyent, le prisonnier, duquel on emportoit les habillements sur la table du curateur tous les soirs, se desvala par la fenestre, par le moyen de ses linceuls, en chemise, pieds nus, sauta deux murailles, à l’une desquelles il faillit à tomber dans un puys, puis alla trouver auprès de la maison de Riverou les compaignons qui marchoient, bien estonnez de voir un homme tout blanc courir et crier après eux, et pleurant de quoy les pieds luy saignoient. Le capitaine Saint-Lau, après l’avoir menacé pour le fère retourner, le mit en croupe avec un meschant manteau sous luy, pource que la boucle de sa croupière l’escor choit.

A une lieue de là, au passage de Reau, cette troupe trouva une compaignée de papistes qui vouloient gainner Angoulesme, cela fut desfaict avec peu de combat, où le nouveau soldat en chemise gainna une harcquebuse et un fourniment tel quel, mais ne voulut prendre aucun habillement, quoy que la nécessité et ses compaignons luy conseillassent ; ainsi arriva au rendez-vous de Jonzac, où quelques capitaines le firent armer et habiller. Il mit au bout de sa cédulle : « A la charge que je ne reprocheroys point à la guerre qu’elle m’a despouillé, n’en pouvant sortir plus mal équippé que j’y entre. »

Le rendez-vous de touttes les troupes fut à Xainctes, où M. de Mirambeaul, gouverneur du pays, incité par les païens, le voulut retirer, premièrement par remontrance et puis par son aucthorité ; mais le compaignon rompit le respect et dit pour raison qu’il estoit de garde ; et quittant ledit sieur Covriant, son capitaine, qui consentoit à sa rétention, perça toutte la compaignée, s’enfuit et portant l’espée à la gorge du sien cousain qui le suivoit de plus près, gaigna le logis du capitaine Anière, qu’il sçavoit estre en querelle avec le sieur de Mirambeau, et le lendemain à une esmeute qui se fit entre eux, fut le premier qui coucha la mèche et faillit à tuer son cousin du party de Mirambeau.

Durant cet hyver, qui fut fort rude, un soir que le corps de garde. d’Anière estoit à la teste de l’ennemy sur le bord d’un marest gelé, si bien qu’ils transissoient loin du feu et auprès estoient en la fange, un vieil sergent, Daulphin, vint fère allumer la mèche au jeune homme, et voyant qu’il trembloit luy presta son escharpe, ce que le mort-fondu accepta joyeusement ; mais les plus grands labeurs qu’il sentit furent en Périgort à la suitte du régiment de Piles, puis au retour du siège d’Angoulesme [3], où il avoit donné à l’assaut du Parc et gainné un fourniment dans la ville. Mais par les chemins en venant à Pons, la lassitude le faisoit traisner la nuict de feu en feu, puis ayant trouvé sa compaignée le matin, il oyoit battre aux champs de tous cotez. Tous ces maux ne l’empeschoient point qu’il ne tournast le visage, quand il voyoit passer ses cousins bien montez, crainnant leurs reproches

[1dur, insensible (grec astorgos)

[2sans pitié

[3Angoulême est pris par les protestants en 1568

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