Histoire Passion - Saintonge Aunis Angoumois

Accueil > Chronologie de l’histoire locale > La Renaissance > 1562 - 1598 - Les guerres de religion (ou Guerres civiles du XVIe (...) > 1562-1563 - Premire guerre de religion > 1563 - Edit d’Amboise (dit de pacification) par Charles IX

1563 - Edit d’Amboise (dit de pacification) par Charles IX

dimanche 25 janvier 2009, par Pierre, 8964 visites.

Un des dits pris par les rois pour tenter de mettre fin aux guerres civiles du XVIme sicle.

La fin de ces guerres n’est hlas pas pour demain, mais 35 ans plus tard !

A noter : Le recueil des lois o ce document a t puis, indique pour cet dit la date du 15 mars 1562. Les historiens semblent unanimes pour placer cet dit en 1563. Cette date de 1562 est probablement en "vieux style".

Source : Recueil gnral des anciennes lois franaises depuis l’an 420 jusqu’ la rvolution de 1789 ; contenant la notice des principaux monumens des Mrovingiens, des Carlovingiens et des Captiens, et le texte des ordonnances, dits, dclarations, lettres-patentes, rglemens, arrts du Conseil, etc., de la troisime race, qui ne sont pas abrogs, ou qui peuvent servir, soit l’interprtation, soit l’histoire du droit public et priv, avec notes de concordance, table chronologique et table gnrale analytique et alphabtique des matires - Jourdan, Decrusy, Isambert - Tome XIV (1559-1574) - Paris - 1829 - Books Google

La Paix d’Amboise, ou dit d’Amboise, est un trait de paix sign le 19 mars 1563 par Louis de Cond, chef des protestants, et Anne de Montmorency, chef de l’arme catholique. Elle confirme la libert de conscience accorde par l’dit de Saint-Germain (janvier 1562), accorde l’amnistie aux calvinistes, mais restreint l’exercice du culte protestant en dehors des villes et sur les terres de certains seigneurs.

Si elle marque la fin de la premire guerre de religion, cette paix n’est que peu durable, puisque les affrontements reprennent quatre ans plus tard.

Source : Wikipdia

Edit de pacification qui permet le libre exercice de la religion rforme [1], dit Edit d’Amboise

Amboise, 19 mars 1562 ; reg. le 27 au parl., en la chambre des comptes et en la cour des aides. (Vol. Z, f 369. — Mm. ch. des comptes, 3 C, f 260. — Font., IV, 272.)

Charles , etc. Chacun a veu et cogneu, comme il a pleu nostre seigneur depuis quelques annes en a permettre, que cestuy nostre royaume ait est afflig et travaill de beaucoup de troubles, sditions et tumultes entre nos subjects, eslevez et suscitez de la diversit des opinions pour le faict de la religion et scrupule de leurs consciences. Pour quoy pourvoir et empescher que ce feu ne s’allumast davantage, ont est cy devant faites plusieurs assembles et convocations des plus grands et notables personnages de nostre royaume, et par leur bon conseil et advis fait plusieurs dicts et ordonnances selon le besoin et la ncessit qui s’offroit : estimant par l prvenir le mal, et aller au devant de l’inconvnient qui y pendoit. Toutesfois la malice du temps a voulu, et nostre Seigneur a aussi par son jugement incognu (provoqu comme il faut croire, de nos fautes et pchez) lasch la bride ausdits tumultes : de faon qu’on est venu mettre les mains aux armes, si avant qu’ils en sont sortis infinis meurtres, vengeances, pilleries, forcemens et saccagemens de ville, ruines de temples et glises, batailles donnes, et tant d’autres maux, calamitez, et dsolations commises et exerces en divers endroits ; que continuant ce mal, et voyant tant d’estrangers desja en nostredit royaume, sachant aussi les prparatifs faits pour en introduire davantage, la ruyne d’iceluy estre invitable : joint la grande et irrparable perte qu’ nostre trs-grand regret nous ayons faite depuis ces tumultes commencez, de tant de princes, seigneurs, chevaliers de nostre ordre, grands capitaines et gens de guerre, qui est soubs la main de Dieu le vray soutien, appuy, dfense, et protection de ceste nostre couronne, et un argument nos voisins, qui auroient mauvaise volont de nous entamer et envahir, comme nous avons est et sommes menacez.

Ce que par nous considr, cherchans tous remdes possibles (encores que graces Dieu nos forces soyent grandes, et que en apparence celle des hommes ne nous dfaillent) voyant nantmoins que tout le mal et inconvnient qui sort de ceste guerre, tourne la diminution et dommage de nostre royaume : et ayant exprience , avec nostre grande perte, tel remde n’y estre propre ne convenable, (estant la maladie cache dedans les entrailles et esprits de nostre peuple), avons estim que le meilleur et plus utile qu’y pouvions appliquer tait (comme prince trs-chrestien, dont nous portons le nom) avoir recours l’infinie grce et bont de nostre Seigneur, et avec son bon aide trouver moyen de pacifier par nostre douceur, l’aigreur de ceste maladie en rappelant et rconciliant les volontez de nosdits subjets une union , et la recognoissance qu’ils doyvent tous nostre obyssance, l’honneur de Dieu, bien, salut et conservation de cestuy nostre royaume : en pourvoyant de moyen qui puisse retenir et contenter nosdits subjets : esprant que le temps, le fruict d’un bon, sainct, libre et gnral ou nationnal concile, et la vertu de nostre majorit prochaine, duite et dirige par la main et grce de nostre Seigneur (qui par sa bont a eu toujours soin et garde de ceste couronne) y apporteront cy aprs le seur et vray establissement, son honneur et gloire, repos et tranquillit de nosdits peuples et subjets. Surquoy avons bien voulu prendre le bon et prudent conseil de la royne nostre trs-chre et trs-honore dame et mre, de nos trs-chers et trs-amez cousins les cardinal de Bourbon, prince de Cond, duc de Mont-pensier, et prince de la Roche-sur-Yon, princes de nostre sang : aussi de nos tres-chers et trs-amez cousins les cardinal de Guise, duc d’Aumalle, duc de Montmorency connestable, pairs de France : duc d’Estampes, mareschaux de Brissac et de Bourdillon, sieurs d’Andelot, de Sensac, de Sipierre, et autres bons et grands personnages de nostre conseil priv : qui tous ont est d’advis et trouv raisonnable, pour le bien public de cestuy nostre royaume, faire et ordonner ce qui s’ensuit.

Savoir faisons, que nous suyvant leur bon conseil, et pour les causes, raisons et considrations dessusdites, et autres bonnes et grandes ce nous mouvans, avons dit, disons, dclarons, statuons et ordonnons, voulons et nous plaist :

 (1) Que doresnavant tous gentils hommes qui sont barons, chastellains, hauts justiciers, et seigneurs tenant plein fief de haubert, et chacun d’eux puissent vivre en leurs maisons (esquelles ils habiteront) en libert de leurs consciences, et exercice de la religion qu’ils disent rforme ; avec leurs familles et subiets, qui librement et sans aucune contrainte s’y voudront trouver.

 (2) Et les autres gentils-hommes ayans fief, aussi en leurs maisons, pour eux et leurs familles tant seulement : moyennant qu’ils ne soyent demeurans s villes, bourgs et villages des seigneurs hauts justiciers, autres que nous. Auquel cas, ils ne pourront esdits lieux faire exercice de ladite religion, si ce n’est par permission et cong de leursdits seigneurs hauts justioiers : et non autrement.

 (3) Qu’en chacun bailliage, sneschauce et gouvernement tenant lieu de bailliage, comme Pronne, Montdidier, Roye, et la Rochelle, et autres de semblable nature, ressortissant nuement et sans moyen en nos cours de parlement, nous ordonnerons la requeste desdits de la religion une ville aux faux-bourgs de laquelle l’exercice de ladite religion se pourra faire de tous ceux du ressort qui y voudront aller, et non autrement ny ailleurs.

 (4) Et nantmoins chacun pourra vivre et demeurer partout en sa maison librement, sans estre recherch ne molest, forc ne contrainct pour le fait de sa conscience.

 (5) Qu’en toutes les villes, esquelles ladite religion estoit jusqu’au septiesme de ce prsent mois de mars, exerce, outre les autres villes, qui seront ainsi que dit est, particulirement spcifies desdicts bailliages et seneschauces, le mesme exercice sera continu en un ou deux lieux dedans ladite ville, tel ou tels que par nous sera ordonn. Sans que ceux de ladite religion puissent s’aider, prendre ne retenir aucuns temples ni glise des gens ecclsiastiques, lesquels nous entendons estre ds maintenant remis en leurs glises, maisons, biens, possessions et revenus pour en jouyr et user tout ainsi qu’ils faisoyent auparavant ces tumultes, faire et continuer le service divin et accoustum par eux en leurs-dites glises, sans moleste n’empeschement quelconque : n’aussi qu’ils puissent prtendre aucune chose des dmolitions qui y ont est faites.

 (6) Entendons aussi que la ville et ressort de la prvost et vicomt de Paris, soient et demeurent exempts de tout exercice de ladite religion. Et nantmoins ceux qui ont leurs maisons et revenus dedans ladite ville et ressort, puissent retourner, en leursdites maisons, et jouyr de leursdits biens paisiblement, sans estre forcez ne contraincts, recherchez ne molestez du pass, ne pour l’advenir pour le fait de leurs consciences.

 (7) Toutes villes seront remises en leur premier estat et libre oommerce, et tous estrangers mis et renvoys hors cestuy nostre royaume, le plustost que faire se pourra.

 (8) Et pour rendre les volonts de nosdits subjects plus contentes et satisfaites, ordonnons, voulons aussi et nous plaist, que chacun d’eux retourne, et soit conserv, maintenu et gard souz nostre protection en tousses biens, honneurs, estats, charges et office, de quelque qualit qu’ils soyent : nonobstant tous dcrets, saisies, procdures, jugemens, sentences, arrests contr’eux donnez depuis le trespas du feu roy notre trs-honor seigneur et pre de louable mmoire, et excution d’iceux : tant pour le faict de la religion, voyages faits dedans et dehors ce royaume par le commandement de nostredit cousin le prince de Cond, que pour les armes prises ceste occasion, et ce qui s’en est ensuivy, lesquels nous avons dclarez et dclarons nuls et de nul effect. Sans ce que pour raison d’iceux, eux ne leurs enfans, hritiers, ou ayans cause soyent aucunement empeschez en la jouissance de leursdits biens et honneurs, ne qu’ils soyent tenus en prendre n’obtenir de nous autre provision que ces prsentes, par lesquelles nous mettons leurs personnes et biens en pleine libert.

 (9) Et afin qu’il ne soit dout de la syncrit et droite intention de nostredit cousin le prince de Cond, avons dit et dclar, disons et dclarons, que nous rputons iceluy nostredit cousin pour nostre bon parent, fidle subjet et serviteur : comme aussi nous tenons tous les seigneurs, chevaliers, gentils-hommes, et autres habitant des villes, communauts, bourgades, et autres lieux de nos royaume et pays de nostre obissance, qui l’ont suivy, secouru, aid et accompagn en ceste prsente guerre, et durant cesdtis tumultes, en quelque part et lieu que ce soit de nostredit royaume, pour nos bons et loyaux subjets, et serviteurs : croyant et estimant que ce qui a t fait ci-devant par nosdits sujets tant pour le fait des armes, qu’establissement de la justice mise entre eux, jugemens et excution d’iceux, a est fait bonne fin et intention , et pour nostre service.

 (10) Ordonnons aussi, voulons et nous plaist, que nostredit cousin le prince de Cond demeure quitte, et par ces prsentes signes de nostre main, le quittons de tous les deniers qui ont est par luy et par son commandement et ordonnance prins et levez en dos receptes et de nos finances, quelque somme que ce puisse monter.

 (11) Et semblablement qu’il demeure descharg de ceux qui ont est, ainsi que dit est, par lui et son ordonnance aussi prins et levez des communautez, villes, argenteries, rentes, revenus des glises, et autres de par luy employes pour l’occasion de la prsente guerre ; sans ce que luy, les siens, ni ceux qui ont est par lui commis la. leve desdits deniers. (lesquels, et semblablement ceux qui les ont fournis et baillez., en demeureront quittes et dchargez) en puissent estre aucunement recherchez pour le present, ne pour l’advenir : n’aussi de la fabrication de la monnaie, fonte d’artillerie, confection de poudres et salpestres, fortification de villes, dmolitions faites poux lesdites fortifications par le commandement d’iceluy nostredit cousin le prince de Cond en toutes villes de cestuy nostre royaume et pays de nostre obissance. Dont le corps et habitans d’icelles villes demoureront aussi deschargez, et iceux deschargs par cesdites prsentes.

 (12) Que tous prisonniers, soit de guerre, ou pour le faict de la religion , seront respectivement mis en libert de leurs personnes et biens, sans payer aucune ranon : en ce non comprins les voleurs, brigands, larrons et meurtriers, lesquels ne seront comprins en cesdites prsentes.

 (13) Et pour, autant que nous dsirons singulirement, que toutes les occasions de ces troubles, tumultes et sditions cessent, rconcilier et unir les intentions et volonts de nosdits subjets les uns envers les autres, et de ceste union maintenir plus facilement l’obissance que les uns et les autres nous doivent : avons ordonn et ordonnons, entendons, voulons, et nous plaist :

 (14) Que toutes injures et offenses que l’iniquit du temps, et les occasions qui en sont survenues, ont peu faire naistre entre nosdits sujets, et toutes autres choses passes et causes de ces prsens tumultes, demeurent estainctes, comme mortes, ensevelies et non advenus, dfendant trs-estroitement, sur peine de la vie, tous nosdits sujets, de quelque estat et qualit qu’ils soyent, qu’ils n’ayent s’attaquer, injurier ne provoquer l’un l’autre par reproche, de ce qui est pass , disputer , quereller ne contester ensemble du faict de la religion, offenser n’outrager de faict ne de parole : mais se contenir et vivre paisiblement ensemble, comme frres, amis et concitoyens : sur peine ceux qui y contreviendront, et qui seront cause et motifs de l’injure et offense qui adviendroit, d’estre sur le champ, et sans autre forme de procez, punis selon la rigueur de nostre prsente ordonnance.

 (15) En considration aussi de laquelle, et du contenu cy-dessus, et pour faire cesser tout scrupule et doute, nosdicts subjets se dpartiront et dsisteront de toutes associations qu’ils ont dedans et dehors ce royaume : et ne feront d’oresnavant aucunes leves de deniers, enroollemens d’hommes, congrgations n’assembles autres que dessus, et sans armes, ce que nous leur prohibons et dfendons aussi sur peine d’estre punis rigoureusement , et comme contempteurs et infracteurs de nos commandemens et ordonnances.

Si donnons en mandement, etc.


[1V. la note sur l’dit du 16 aot 1563, et l’dit du 17 janvier 1561, sa date. C’est la fin de la guerre civile.

Rechercher dans le site

Un conseil : Pour obtenir le meilleur résultat, mettez le mot ou les mots entre guillemets [exemple : "mot"]. Cette méthode vaut également pour tous les moteurs de recherche sur internet.