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1569 - A Tonnay-Charente (17) Jeanne d’Albret pleure la mort à Jarnac du Prince de Condé

D 8 février 2009     H 19:24     A Pierre     C 0 messages A 1041 LECTURES


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La défaite de Jarnac et la mort du Prince de Condé ont cassé le moral des troupes huguenotes. Jeanne d’Albret vient les réconforter à Tonnay-Charente où elles se sont repliées. "Amis, vous pleurez ; je pleure avec vous ; mais sont-ce des pleurs que la mémoire de Condé demande ? Non, non, réunissons toutes nos forces, retrempons nos courages..." Un grand cœur et un esprit mâle, dit de Thou à son propos. Un grand sens politique, aussi.

Source : Histoire de Jeanne d’Albret, reine de Navarre - Vauvilliers - Paris - 1818 - Books Google

En savoir plus sur Jeanne III de Navarre dite Jeanne d’Albret (Wikipédia)

L’auteur de l’Histoire de Jeanne d’Albret fournit, pour l’année 1569, la bibliographie qui suit, mais sans préciser d’où vient exactement le texte ci-dessous.

1569.

- De Thou t. 5, années 1569 et 1572 , t. 6.
- Désormeaux, t. 4.
- Histoire de la Navarre.
- Histoire des Troubles dn Bearn , Mirasson.
- Mémoires de l’état de France sous Charles IX.
- D’Aubigné.
- La Popelinière , t. I.
- Histoire de notre temps.
- Mémoires de Montluc, t.3 - 4
- Mémoires de Tavanes.
- Favin.
- Mémoires de Nevers ;
- D’Avila.
Suite

- Mémoires de La Noue ;
- Histoire de La Noue.
- Mézeray, grande Histoire, t. 3.
- Péréfixe.
- Histoire manuscrite du Béarn, Mirasson.

Manuscrits de la Bibliothèque Royale.
- De Vita et rebus gestis Henrici magni, manuscrits de Béthune, n° 9768, 8736
- Fonds de Condé, n°278
- Manuscrits de Colbert, vol. 24 - 338
- Fonds de Condé, n°354, et manuscrits de M. de Pruneis, carton 3, 5e cahier.
- Fonds de Baluze, 5e armoire, n°3
- Manuscrits de Du Puy, vol 500.

La mort de Condé fut suivie de la déroute complète de l’armée : personne ne douta que la perte de ce prince n’entraînât celle de tous les protestans ; et cette conviction augmentant le désordre, on voyait fuir de tous côtés chefs et soldats. Enfin, Coligni, d’Andelot son frère et quelques autres des principaux religionnaires, réunirent les débris de l’armée à Tonnay-Charente.

La reine Jeanne ne tarda pas à apprendre le résultat funeste de la bataille. « Comme elle avait un grand cœur et un esprit mâle », dit de Thou, elle ne s’arrêta point à déplorer ce malheur, mais à le réparer, à en prévenir les suites. Elle quitte aussitôt la Rochelle, court en toute hâte à Tonnay-Charente, s’avance au milieu de tous ces guerriers accablés par la douleur et la fortune. Ce fut sans doute un spectacle des plus extraordinaires que celui de toute une armée au désespoir, se précipitant, par un mouvement spontané, au-devant d’une femme pour entendre sortir de sa bouche quelques paroles de consolation, et peut-être d’espérance. Après avoir porté quelques instans ses yeux pleins de larmes sur toute cette troupe, elle fit un effort sur elle- même, et d’une voix entrecoupée de soupirs :

« Enfans du Christ et de la patrie, s’écrie-t-elle, Condé n’est plus ! Ce prince, qui à donné tant de fois l’exemple du courage et de l’honneur, qui combattit toujours pour son roi, sa religion, sa patrie, qui jamais ne s’arma que pour en domter les ennemis implacables ; ce prince, dont les méchans même sont forcés de reconnaître les grandes vertus, vient de mourir pour la plus sainte des causes : au lieu de la couronne de laurier que devait obtenir son héroïque valeur, il a ceint la couronne immortelle ! il est mort au vrai lit d’honneur. Il est mort : une main sacrilège a tranché le cours d’une si belle vie : ses ennemis la lui ont arrachée par une lâche perfidie. Que dis-je ? ils ont insulté à ses froides dépouilles ; et par tant d’outrages, ils ont à-la-fois ajouté à sa gloire, et souillé pour jamais les lauriers des vainqueurs de Jarnac. Amis ! vous pleurez ! je pleure avec vous ; mais sont-ce des pleurs que la mémoire de Condé demande ? vous arrêterez-vous à des regrets stériles ? Non, non, réunissons toutes nos forces, retrempons nos courages, pour défendre une cause qui ne peut périr, pour venger celui qui en fut toujours le solide appui. Le désespoir vous accable ! le désespoir, ce honteux partage des ames communes, les vrais chrétiens, des guerriers généreux le doivent-ils jamais connaître ? Quand Jeanne peut espérer, devez-vous craindre ? et parce que Condé meurt, qu’il est perdu pour nous, tout le doit-il être avec lui ? notre cause a-t-elle cessé d’être juste ? Non, L’Eternel, qui l’avait armé pour la défendre, qui vous a déjà arrachés à tant et de si grands périls, lui avait en même temps associé des compagnons d’armes capables de lui succéder, de vous mener comme lui combattre les ennemis de la religion, du roi, de la patrie et de la vérité ; des princes d’une naissance illustre, mais aussi les Coligni, les La Rochefoucault, les La Noue, et de Piles et d’Andelot et Montgommery, tant d’antres encore nous restent. A tous ces braves, je joins mon fils ; essayez de sa valeur : le sang des Bourbons et des Valois, qui coule dans ses veines, brûle de se répandre pour la cause de la liberté, pour venger la mort d’un prince qui, jusqu’à son dernier soupir, a combattu pour elle. Puis, montrant le jeune Condé : Voilà aussi son fils : il devient le mien ; digne héritier des vertus de son père, comme de son nom, il succédera à sa gloire. Amis ! je vous donne tout ce qui est en ma puissance, mes biens, mes pierreries, mes richesses, et ce que j’ai de plus cher au monde, mes enfans. Je jure, ce n’est point en vain, vous le savez tous, je jure de défendre aussi, jusqu’à mon dernier soupir, la cause sainte qui nous a réunis, celle de l’honneur et de la vérité. »

Elle finit son discours en rendant grâce à Dieu de lui avoir donné un fils, nourri comme elle de la pure parole, et qui, sensible à la vraie gloire, est prêt à se sacrifier pour la liberté évangélique et le salut de tous les bons Français. Ce discours prononcé, des cris d’admiration s’élevèrent de toutes parts ; long-temps prolongés, ils ne furent enfin interrompus que par Henri de Bourbon qui, s’avançant vers le gros de l’armée, avec une vivacité qui lui était naturelle : Votre cause est la mienne, vos intérêts sont les miens , dit-il, je jure sur mon âme, honneur et vie, d’être à jamais tout à vous. Le prince de Condé fit également son serment ; après quoi Henri fut proclamé généralissime, au milieu des cris de joie et d’enthousiasme, les cœurs estant merveilleusemeut esmus par la harangue de la reine, qui mesla, d’une belle grâce les pleurs et les soupirs avec les résolutions. Jeanne, partageant à son tour l’enthousiasme qu’elle avait fait naître, embrassa ses deux fils au milieu de nouvelles acclamations ; et tenant Henri de Navarre longtemps pressé sur son coeur, elle s’applaudit d’être mère. Ensuite elle le présente à tous, les priant de le recevoir comme le plus cher gage qu’elle pût leur donner de son affection. Ainsi par l’héroïsme de son courage, elle effaça les termes des regrets, et l’armée, après une grande salve, se sépara. Quelques momens après, Henri en reçut le serment, et en particulier celui des chefs.

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