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1570 - Agrippa d’Aubigné -2- Sièges de Jonzac, Pons, Archiac et Cognac

D 15 octobre 2007     H 02:20     A Pierre     C 0 messages A 1048 LECTURES


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Agrippa d’Aubigné a 18 ans.

Sources :
- Histoire universelle - Edition publiée par la société pour l’histoire de France par le baron Alphonse de Ruble, Libr. Renouard - 1889.
- Mémoires de Théodore Agrippa d’Aubigné / publ. pour la première fois d’après le ms. de la bibliothèque du Louvre par M. Ludovic Lalanne ; Suivis de fragments de l’histoire universelle de d’Aubigné et de pièces inédites - Paris : Charpentier, 1854 - BNF Gallica

1570

18 ans

Sièges divers en Saintonge et Angoumois.

Histoire Universelle, t. III, p. 186-187
Il seroit long et de peu de profit de vous conter tous les petits sièges de maisons particulières et combats avantureux de ceste province, partagée de toutes places contraires à veue l’une de l’autre, comme tenans pour les katholiques, Bouteville, Alas, Ozillac, Jonsac, Mortagne, Caunac, Pizani et Matha, sans ce que j’oublie ; pour les autres, Barbesieux, Monguion, Montauzier, Mirambeau, qui fut assiégé et réduit au donjon par le feu, comme aussi Archiac par neuf jours sans progrès, Sainct-Magrin et autres.
1570

18 ans

Combat de Jonzac.

Mémoires, p. 19.
Toute la Xaintonge parsemée de petites garnisons qui se voioient tous les jours, semble désirer que nous disions quelque chose pour le moins des combats à drappeaux arborez. Les compagnies d’Anieres, Brelauville et Arerat, à la solicitation et rapport de Bois-rond, firent partie pour aller à une diane attaquer deux compagnies françoises et autant d’italiennes logées et retranchées dans Jonsac ; où est à remarquer que les capitaines S. Richer et Aubigné qui menoient les premières trouppes, sans choisir par où donner, allèrent, à l’envi l’un de l’autre, attaquer un retranchement fait de double estage de pippes, où ils trouvèrent les Italiens combattans sur un couridour de planches, l’espée à la main. Ils avoient à main droitte un terrier eslevé et taillé assez droit, mesme pour les gens de pied, et pourtant les Italiens n’avoient mis sur ce terrier qu’une suitte de barriques. Boisrond, voiant les siens qui faisoient à la barrière pour plaisir, présente le terrier à un Turcq [1], qui en donnant du ventre et se relevant gravit sur le haut : là dessus aiant fort peu de terre pour prendre pied il franchit la barriquade. Ce cavalier seul, armé le corps seulement, vint jouer d’une espée large dans la barriquade, si bien que les attaquans eurent loisir de monter sur les espaules les uns des autres, et, par ce coup hazardeux, les compagnies furent deffaittes, horsmis ce qui se sauva dans le chasteau.
1570 Prise de Pons.

Mémoires, p. 20.
Arriéres, ne pouvant faire assiéger Pons, obtint seulement de faire parer le canon et l’atelage comme pour y marcher le lendemain ; et lui poussa son régiment le soir mesme jusques à Collombiers. Là Aubigné, qui portoit sa première enseigne, obtint à penne congé pour aller (comme il disoit) faire gagner des chausses aux compagnons ; il va mugueter le fauxbourg, et jugea à un grand bruit qui estoit vers les Aires qu’il y avoit effroi ou mutinerie. Il en veint là que s’estant avancé à cafourchons sur les gardes du Pont, après avoir jette des pierres à la guérite, il voit par une fente un homme qui portoit des hardes d’une maison en l’autre ; il l’appelle, le fait cognoistre par son nom, lui dit que tous ceux du pais estoient au fauxbourg et qu’il leur falloit ouvrir pour empescher la ville d’estre pillée. Par le moien de cet homme, trois habitans, de ceux qu’ils appelloient huguenots souffrans, lui apportent les clefs ; il laisse sur la porte un corporal [2] qu’on lui avoit donné pour talbot [3] et qui l’importunoit avec un autre soldat ; et lui, avec vingt-deux hommes qui lui restoient, gagne la porte de l’autre costé qu’il trouva ouverte, y laisse deux des siens et deux de la ville pour cercher de quoi la fermer, donne dans le fauxbourg, empoigne quelques soldats qui pilloient. une maison et en poursuit d’autres qui se sauvoient jusques à l’hospilal. Là il vit le chemin et les deux champs des deux cotez pleins de mèches et d’hommes en aile, consullans pour r’entrer, pource qu’ils venoient de rencontrer huict compagnies conduittes par le comte de Losun. Cet estourdi troubla ce conseil d’une douzaine et demie d’arquebusades, et puis deffendit tout haut de tirer ; les autres lui envoient une cinquantaine à coups perdus et mettent à grand haste leur quatorze compagnies dans le chemin de Plassac, ce pendant que le jeune capitaine garnissoit sa courtine bien clersemée, et envoie quérir son mestre-de-camp pour le faire gouverneur.
1570 Siège d’Archiac

Mémoires
Il passa le reste des troisièmes guerres en Xaintonge, se trouva à la desfaicte de deux compaignées italiennes et de deux de l’Herbette à Jonzac, et là on commença de se fier en luy de mener vingt harcquebusiers, enfants perdus. La barriquade très eslevée et très advantageuse, fut bien desfendue et forcée par la vertu de Boisrond (Appendice, n° 111).
Germond d’Amboise, Ranty et autres estants venus se retrancher dans Archac [4], la Rivière Puittaillé, qui estoit à Pons avec cinq cornettes italiennes [5] et quatre françoises, vint plusieurs fois attacquer l’escarmouche à cette noblesse, où il s’en passa de fort belles et où les gardes d’Acier servoient de précepteurs aux Xaintongeois. Là Aubigné eut l’honneur d’attendre un cavalier qui le desfioit ; il le tira de si près qu’il le porta par terre ; dès lors il refusoit plusieurs enseignes ; mais il vouloit, comme il l’eut après, avoir celle de la première compaignée. Archac fut assiégé, luy estant lors à Cognac ; mais il trouva moyen d’entrer dedans et d’y mener des soldats chargez de poudre, desquels l’un ayant voulu porter sa mèche mit le feu en son pacquet et en fut quitte pour la perte des yeux.
1570

18 ans

Siège de Cognac

Mémoires
Estant enseigne d’Anière, Blochard, depuis nommé Cluzeau, et luy menèrent les enfants perdus au siège de Coignac, ou estant receus résoluement par des sergents dans la halle, ils furent meslez encore plus résoluement, principalement Aubigné qui, estant en pourpoint, commença la barriquade sur le bout du pont-levis, en levant un buffet et deux coffres et l’amena ainsi à contre-poil, non sans perte de bonshommes, vers le bourg ; pour cette folie, Anière l’honnora de luy fère fère la capitulation (Appendice, n° IV).

A cette affaire, un gentilhomme fut enlevé par le pont-levis en la place et ne fut rendu qu’avec elle : et puis pour dernier traict de ses guerres, vous voyez la prise de Pons à la fin du XXIVe chapitre du Ve livre [6] (Appendice, n° V). Mais encore faut-il dire qu’au retour de là, durant que la paix se mesnageoit [7], le régiment d’Anière passant avec grande crainte auprès de Royan, nostre enseigne nouveau, ayant eu congé de mener à la guerre-trente harcquebusiers à cheval, fit une si belle contenance à la teste du baron de La Garde qui marchoit pour desfaire le régiment, que tournant sur soy l’estchez [8] il sauva ses compaignons ; mais, deux heures après, une fièvre continue le mit au lict, et là, estimant mourir, il fit dresser les cheveux à la teste des capitaines et des soldats qui le visitoyent, ayant principalement sur son cœur les pilleries où il avoit mené ses soldats, et nottamment de n’avoir peu l’aire punir le soldat auvergnac qui avoit tué un vieux paysan sans raison ; là il faisoit valoir sa faute d’avoir ozé commander avant que l’aage luy eust donné l’aucthorité, cette maladie le changea entièrement et le rendit à luy-mesme.
1570 Siège de Cognac (1570).

Mémoires, p. 20.
Un trait hazardeux m’a empesché d’oublier ce siège : c’est qu’Anieres aiant fait partir de la main pour aller faire brusler l’amorce, les capitaines Blanchard (despuis nommé Cluzeau) et Aubigné, avec chacun vingt hommes trouvent dans la halle deux sergens et cinquante arquebusiers, qui, couverts des pilliers, les receurent rudement. Trois chevau-légers du Chaillou se mettent avec leurs gens de pied qui avoient perdus quelques hommes dans la halle, prenent envie d’entrer pesle-mesle avec ce qu’ils avoient trouvé dehors ; un des trois nommé la Mothe ne donnant pas moien aux gens de pied de le suivre, fut enlevé avec le pont dans la place, fort blessé et n’en sortit que par la capitulation.

[1Un cheval turc.

[2Caporal, suivant le Dictionnaire de Trévoux. — On nommait aussi corporeau un soldat de la milice bourgeoise. Voy. dans le Recueil de chants historiques, de M. Leroux de Lincy, t. II, p. 275, une chanson satirique sur les corporeaux.

[3J’ignore le sens exact de ce mot, que je n’ai rencontré nulle part. Peut-être a-t-il la même signification que Talevasier. On appelait ainsi le soldat qui portait un de ces longs boucliers (talevas) destinés à protéger, dans les sièges, les travailleurs et les archers.

[4Archiac, non loin de Pons (17)

[5NDLR : une mauvaise relecture de ce document nous avait fait écrire "cornettes haïtiennes" au lieu de "cornettes italiennes". Nous demandons à nos lecteurs de nous excuser pour cette erreur provenant du notre système de reconnaissance de caractères. Elle pouvait donner lieu à des supputations sans objet. L’erreur a été signalée par un de nos lecteurs, que nous remercions d’avoir eu l’amabilité de le faire.

[6Il faudrait lire du vingt-cinquième chapitre, car le chapitre porte à tort, dans l’imprimé, le n° 24 (t. 1, p. 336).

[7La paix de Saint-Germain (8 août 1570), en cours de négociation.

[8L’attaque

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