1573 - Agrippa d’Aubigné - Siège de la Rochelle (17)

Histoire Universelle - Livre VI, chapitres X et XI

D 18 octobre 2007     H 02:09     A Pierre     C 0 messages A 2272 LECTURES


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Le duc d’Anjou, futur Henri III, met le siège devant la Rochelle, où se sont retranchés les huguenots. Agrippa d’Aubigné a 21 ans.

Un document vivant et détaillé, particulièrement intéressant en raison des rapprochements faits avec d’autres sources contemporaines : Arcère, La Popelinière, de Thou, "Mémoires de l’estat de France sous Charles IX", etc.

Source : Histoire universelle - Edition publiée par la société pour l’histoire de France par le baron Alphonse de Ruble, Libr. Renouard - 1889.

Voir aussi : Paix de la Rochelle (ou Edit de Boulogne) du 11 juillet 1573

CHAPITRE X. - De ce qui se passa au grand siège de la Rochelle jusques au secours du comte de Montgommeri.

Nous voilà au grand siège qu’il ne faut plus laisser qu’à la fin. Au commencement de l’an, les approches [1] se firent par mer et par terre ; deux forts, l’un à la poincte de Gourcille, l’autre vis à vis au port neuf. Le Gast [2] commandant au premier et Cosseins à l’autre.

Au milieu des deux estoit à l’anchre la caraque [3], bien chargée de lest, qui avec des couleuvrines tiroit à coups perdus dans la ville. A un bas de mer, ceux de la ville y portèrent des feux d’artifice, mais ils furent repoussez avec perte de quinze ou seize soldats. On commence à parlementer, et, en suite de quelques lettres [4] envoyées auparavant à Languillier [5], Biron escrit [6] aux Rochelois la venue de l’abbé de Gadagne [7], demande hostages pour lui et entrée en la ville. Les autres refusent cela et demandent lettres du roi pour y respondre comme ils pourront. Biron rescrit [8] à La Noue force choses notables, mais entr’autres : « Qu’entre des plus grands princes du monde, on n’a jamais refusé le parlement et les hostages, comme estans du droict des gens. » Cela ne fit point changer d’advis aux habitans, répliquans : « Qu’entre les princes on traictoit de bonne foi, cela valoit ; mais qu’eux, ayans esté perfidiez, trouvoyent doubteuses les choses seures et vouloyent qu’on traictast par escrit. » Sur ce temps, y ayant deffense aux soldats, dans la ville, de ne sortir pource que, les tranchées estans avancées, les plus judicieux voyoyent des corps de garde et ridottes [9] faictes à propos pour donner sur les doigts aux plus hastifs (et, de fait, elles estoyentbien garnies), quand des soldats, se dérobant par des eschelles, allèrent importuner les travailleurs, mieux parez qu’ils ne pensoyent.

La Noue, voyant qu’il n’y avoit plus moyen de retenir les compagnons, et le danger qu’ils fussent battus au commencement, sort à cheval et, faisant autant de charges qu’il voyoit d’embuscades, desmesle les premiers et reschauffe et maintient une escarmouche cinq heures, que Biron disoit aussi furieuse que celle de Jazeneuil [10]. Ceux de la ville s’en retournèrent avec gain, prindrent deux capitaines en chef, un, parent de Puygaillard [11], poignardé par les chemins. Salbert, ayant descouvert quelques menées commencées par Tibaudière de Xainctonge [12], sur un fort léger soupçon, fit jeter par dessus les murailles, à la porte neufve et à la veuë des ennemis, quatre des plus soupçonnez ; ce que voyant, un nommé Baugenci, des gardes du roi de Navarre, et six autres se jettèrent [13] par le bastion de l’Évangile ; deux empoignez et tuez. Adonc ils ne craignirent point de donner la géhenne à trois prisonniers [14] qu’ils avoyent, qui confessèrent à la géhenne et à la mort que Biron les avoit envoyez avec asseurance qu’ils avoyent beaucoup de compagnons en la ville. Cela rompit les discours de l’abbé, qui se contenta d’envoyer ses lettres de créance [15].

Les assiégez, sachans la venue de Monsieur, du roi de Navarre et du prince de Condé et autres grands, envoyèrent [16] en Angleterre Languillier, qui n’y fit point ses affaires, pource que le comte de Rets y estoit allé [17] ambassadeur extraordinaire, faire Élizabeth commère du roi [18], renouveller les alliances, rendre conte de la Sainct-Barthélemi en termes exquis, prier la roine qu’au lieu de secourir les Rochellois inutilement, elle leur donnast des conseils de paix, qu’ils ne cerchassent point la vengeance des choses advenues par les querelles des grands, qu’ils se contentassent d’obtenir seureté en leurs biens et vies et liberté de leurs religions ; de quoi le roi mettroit sa foi entre les mains de la roine. L’instruction du comte portoit encores d’emprunter de l’argent de ceste princesse, afin que, si elle prestoit, elle eust moins de moyen de prester encore, et, si elle refusoit le roi. qu’il y eust toute apparence de refuser ses subjets.

Il y eut encor ce malheur pour les réformez, c’est que le duc de Sommerset [19], estant venu pour le baptistère à Paris [20], fut destroussé et courut fortune, en s’en retournant, par des pirates françois ou Flamands [21] ; de quoi la roine irritée fit arrester tous les vaisseaux de ces deux nations, sur le poinct que le comte de Montgommeri vouloit amener le secours par mer ; ce qui le fit partir plus tard et mal équippé. A la fin de janvier [22], les assiégez firent une course à Nestré, où ils ostèrent aux fourrageurs force munitions ; mais ils se battirent à bon escient à Coureilles [23], à cheval et à pied ; et par eau, par le moyen des galiottes qu’ils avoyent faictes, La Noue entretint l’escarmouche jusques à la nuict.

De Sainct-Maixant [24], Monsieur escrit [25] à La Noue pour promettre aux habitans bonnes conditions s’ils s’humilioyent dans trois jours ; sinon, il venoit résolu avec tous les princes et grands de France pour faire une prompte et horrible punition [26]. Il n’y eut point de response, mais deux combats [27] sur la fin de février ; l’occasion prise d’une barque eschouée que les assiégeans entreprirent de brusler et les autres de deffendre.

La Noue, avec ses gens de cheval, fit une charge de trois cents pas dans les vases de Ia mer retirée, et, par là, engagea et deffit plusieurs soldats de l’armée. A la seconde fois, ceux de la ville y perdirent, par les arquebusiers qui avoyent percé la barque. Encor de Mauzé [28], Monsieur escrivit aux Rochelois lettres de remonstrances [29], ausquelles ils respondirent [30] honnestement. Le lendemain [31], ils virent arriver de Congne, avec le salve [32] de toute l’armée, Monsieur, le duc d’Alençon, son frère, le roi de Navarre, les princes de Condé et Dauphin [33], les ducs de Guise, d’Aumale [34], Nevers, Longueville, Bouillon et Uzez [35], le chevalier [36] et mareschal de Cossé, Montluc [37], le comte de Rets, la Chappelle-aux-Ursins [38], Chavigni [39] et le grand prieur de Champagne [40]. Tout cela va loger à Nieul [41]. Aux premiers conseils, il y eut grande différence d’opinions pour les manières d’assiéger ; depuis, on partagea la conduite des tranchées [42]. Le duc de Montpensier et le marquis de Mayenne [43] (depuis duc) demandèrent la charge de lever un cavalier [44] à six vingts pas du coin du fossé qui tourne vers Congne, avec un destour de la grand’tranchée, pour y mener les pièces. La plus-part des grands que nous avons nommez voulurent estre de cette besongne, c’est-à-dire gens pour eux ; car, à tels maneuvres, ces messieurs n’y donnent que le nom et la pourmenade.

A trois jours de là [45], Mirande [46], Rochelois, avec quelques pataches, alla enlever vers Chef-de-Baye, d’entre les munitions de l’armée, cinquante tonneaux de vin et vingt-cinq de froment. Et, encores que les deux forts de Coureille et de Port-Neuf, avec la Caraque [47], lui donnassent plus de cent canonnades, il fut bien receu et sans perte à la ville. Le lendemain, Monsieur voulut disner à Coureille, où, pour l’amour de lui, se passa une escarmouche de quatre heures [48], durant laquelle Grandris [49], avec huict chevaux [50] et autant d’arquebusiers en crouppe, alla enlever un logis auprès la Fonds et emmener les prisonniers [51].

Voilà encor les parlements resveillez [52], le peuple un peu estonné de tant d’entreprises, et notamment de l’intelligence mesnagée par un Blancardière [53], naguères maistre d’hostel de Teligni. Monsieur choisit pour ce parlement Strosse, Biron, le comte de Rets [54], Villecler [55] et l’abbé de Gadagne. De la ville sortirent [56] avec La Noue le bailli Mortier [57] et Morisson [58]. Gadagne, comme dernier envoyé, ayant loué la courtoisie du roi [59], qui,sans user de son droict, vouloit traicter avec ses subjets, se mit sur la conjuration de l’amiral : « Comme les choses estoyent allées plus avant que Sa Majesté ne vouloit ; qu’il avoit arresté le cours du mal par les deffenses ; depuis, escrit plusieurs fois aux Rochelois amiablement ; et, après avoir envoyé Le Vijan, mal traicté et contre la foi, oubliant tout cela, le roi leur promettoit l’exercice libre de leur religion en leur ville, pourveu qu’es autres choses ils monstrassent obéissance et qu’ils reçeussent ses lieutenants de roi comme il appartient ; qu’ils ne s’attendissent point aux Anglois, avec lesquels le roi est mieux que jamais, ni à Montgommcri, qui ne cerche rien qu’à se réconcilier ; par ainsi, qu’ils soyent sages de bonne heure, pour ne se précipiter point à une nécessité sans remède. » Les Rochelois respondirent à cela [60] : « Que ce leur est un grand crève-cœur de voir que tout ce qu’ils font pour deffendre leurs vies se tourne en crime de rébellion vers le roi ; que les plus apparents de leur ville crioyent contre ceux qui donnoyent des soupçons à l’amiral ; que, la mèche estant découverte par le massacre, quelques maux et appréhensions que leur eust donné le baron de la Garde, enlevé leurs vivres, recogneu leur place par mer et par terre, soubs titre de discours, qu’ils sont tousjours demeurez en estat paisible. Quant au faict du Vijan, que ceux qui avoyent fait le coup estoyent bien venus au service du roi, et ceux qui avoyent demeuré dans la ville avoyent esté punis ; et pour la promesse du roi de faire observer ses édicts de paix. Ils remercient le roi très humblement, supplians Sa Majesté que, cependant qu’ils feront part de cest offre aux églises qui sont en mesme cause avec eux, il y ait partout cessation d’armes et liberté de conscience. »

Le lendemain [61] de ce parlement inutile, il y eut une sortie de six heures, où La Noue courut grand’fortune de sa vie [62] ; et Marsac qui exposa la sienne pour lui mourut deux jours après. Là encores se perdirent deux capitaines en chef [63] ; du costé des catholiques, furent blessez Auchi [64], Ragni [65], Vins [66], Grillon [67], Sérillac [68] et La Molle [69]. Tant que la meslée dura, cinquante femmes de la ville ne bougèrent d’entre les soldats, leur portans ce qu’ils appellent à la mer des rafraichissements, amenants les blessez et rapportans les morts [70].

Les députez de la Rochelle, ayans rapporté leurs discours, les plus gros de la ville panchoyent merveil-leusement au traicté, mais les ministres s’y opposèrent et firent résoudre qu’on ne traicteroit plus qu’avec tous les partisans du royaume et par escrit.

Le dernier de febvrier [71], les batteries [72] commencèrent, l’une au bastion de l’Évangile, l’autre à une tour de Congne sur laquelle deux coulevrines faisoyent mal dans l’armée. Pour response à un trompette qui sommoit la ville, La Noue fit sortir par deux endroits, mais il trouva la cavalerie en garde commandée par les deux frères de Guise [73]. Cela chargea La Noue si vertement, qu’il trouva bien à propos le capitaine Normand, pource qu’avec peu de perte [74], il desmesla ceste retraicte. Là fut tué Monts [75], premier capitaine des gardes, et blessez les comtes de Saint-Aignan [76] et de Molevrier [77], Chemeraut [78] et Montigni [79]. Quelque ordonnance qu’eussent fait faire les ministres, La Noue, qui avoit gaigné crédit par tant de combats, fit redresser un parlement et, ayannt pour hostages Strosse, le chevallier de Batteresse [80] et Mandreville [81], alla trouver Monsieur, avec les deux mesmes qu’on lui avoit adjoints la première fois, Monsieur, les ayant bien receus, n’adjousta rien aux premiers discours de Gadaigne, sinon quelques lettres de Languillier surprises, par lesquelles ils ne devoyent rien espérer en Angleterre, et que ceux de Montauban avoyent accepté les offres qu’on leur faisoit comme pleines d’équité [82]. Là-dessus, Monsieur tire La Noue à part et puis les autres, et comme ils revenoyent, sentans plus les pacifiques qu’ils n’estoyent partis, ceux de la ville prenoyent tousjours des résolutions plus fermes, desquelles La Noue, qui faisoit l’homme de guerre et le pacificateur, estant irrité, cerchoit la mort à toutes occasions.

Sur le soir du discours, à une grande escarmouche qui s’attaqua, le duc d’Aumale fut tué derrière un gabion percé [83], ce qui haussa encores le courage aux assiégez. Dès ce temps-là, le comte de Rets commença à presser La Noue de la promese faicte au roi, qui estoit de quitter les Rochelois, quand il les verroit hors le chemin de la paix. De là, en avant, La Noue commença de solliciter la reddition, dont advint que, se retirant du conseil, La Place [84], ministre et gentilhomme, poursuivant ce chevalier avec reproche jusques à son logis, lui donna un soufflet. Quelques gentilshommes des siens s’avançoyent à punir cest outrage ; mais lui les arresta et fit emmener ce vieillard à sa femme, la chargeant qu’elle eust soing de lui. Pour autres cholères pareilles, il fut puis après déposé du ministère. La Noue donc s’en alla [85] ; avec lui Roche-Esnard, Champagne et La Salle, et puis d’autres, qui prirent cest exemple à leur commodité.

Les assiégez, pour monstrer qu’ils estoyent plus irritez qu’estonnez, firent pendre tous les prisonniers accusez de la dernière intelligence [86], puis adjousterent pour conseil de guerre à leur maire Le Chaillou, Les Essars, avec les capitaines Normand, La Rivière et Gargouillaut [87]. La batterie continua par quatre jours [88], durant lesquels ils sceurent quelques nouvelles [89] du comte de Montgommeri et de Sancerre [90], qui avoyt desjà enduré trois assauts. Ils sortent à minuict, se jettent dans les tranchées, lesquelles ils enfilent assez loing. Là, Serillac, ci-devant blessé, fut tué [91], et Cosseins arresta ceux qui estoyent sortis avec nombre de noblesse et gens couverts. De mesme, le capitaine La Fonds donna, l’autre nuict [92], dans les tentes d’auprès de la ladrerie et y tua quantité d’hommes de bonne maison. À ces deux fois, les assiégez perdirent quatorze hommes, et puis, voyans les tranchées et les logis d’artillerie avancez jusques vers le moulin de la Brande, ils firent encores une grande sortie, où ils mirent haut le cul tous les gabions, roulèrent quelques balles de laine vers eux, retardèrent le dessein de batterie vers la porte de Congne, laissent soixante des assiégeans morts sur la place et force blessez, entre ceux-là le comte de Rets [93]. Plusieurs commencèrent lors à se desrober de la ville, entr’autres Le Chaillou [94], pour les disputes qu’il avoit avec le maire, surtout pource qu’il tendoit à parlementer, de quoi il eut aussi dispute avec un Robert David [95], parlant pour le peuple, tousjours bandé à la fermeté. Les catholiques eurent bien tost relevé les tranchées rompues, si bien que, dans la fin de mars, les commissaires rapportèrent avoir tiré 14,745 coups de canon [96], tant à la tour d’Aix qu’aux deux tours du Chasteau et à la courtine d’entre-deux, comme aussi en ruine par la ville.

Il y eut une attaque du costé de Meaubec [97], pour gaigner les casemattes, mais cela fut vivement repoussé avec beaucoup de perte. Les assiégez aussi tirèrent un grand rempart derrière le bastion de l’Évangile, où une mine creva sur six-vingts pionniers. Le lendemain [98], ayant eu charge de presser vers Tadon, comme la cavallerie s’y présenta, douze des assiégez leur font une charge ; l’aisné Lourie tué et son frère [99] pris. Dans la Ville aussi se perdirent les capitaines Sauvage et Provençal ; Gargouilleau [100] fut mis en la place du premier. De la ville sortoyent tousjours quelques soldats qui disoyerit du pis qu’ils pouvoyent de l’armée ; se desroboyent force gens sans congé pour leurs incommoditez. L’un et l’autre furent cause à Monsieur de se résoudre aux grands efforts, tellement que les batteries commencèrent [101] à jouer sans relasche, battans depuis la vieille fontaine jusques à la tour d’Aix, et quant et quant le boulevard de l’Évangile, tout cela mis en ruine ; et de sept casemates, les unes abriées [102] de ruine ou aveuglées, et par ainsi n’y ayant plus de flancs, à l’abri d’un pont de bois de trente-six pieds de long, où marchoyent trois soldats de front, et puis des mantelets roulans, couverts de fer, tout le camp vint, à l’assaut [103].

Ceux de la ville regaignent une casematte, puis voyans venir toute la noblesse et des princes à leurs testes, hommes et femmes ensemble s’encouragèrent, jettent de leurs meilleurs hommes dans le bastion, et, encor que toute la contr’escarpe fust en feu de coups de canon qui tiroit à fleur du rempart, c’estoit à qui iroit planter de meilleure grâce une arquebusade à descouvert jusques aux pieds ou porter un feu d’artifice tout froidement ; le fossé tout en feu, les ducs de Nevers [104] et du Maine, Clermont et du Gast blessez ; plusieurs armez bruslans dans leurs cuirasses. Il falut lascher le pied. La confusion qui se fit à entrer dans le fossé par les pertuis avoit bien esté préveue par le duc de Nevers, qui promettoit tousjours à Monsieur une mauvaise journée, s’il n’empeschoit les princes et les courtisans d’y donner.

Le duc de Guise, qui avoit rompu les deffenses, se trouva engagé en la ruine, couvert de feu et fit blesser le duc de Nevers en le secourant [105]. Il y eut un soldat qui, sur le poinct qu’un pan de muraille tomba, mit le nez jusque hors du rempart, où il trouva que les femmes et quelques ministres faisoyent jouer des feux d’artifices et entr’autres une pièce qu’ils appelloyent l’encensoir : c’estoit un mas qui tournoit sur un pivot et avoit une chaudière au long bout, duquel long bout on versoit le feu dans le milieu du fossé. Faut dire en passant que les canonniers de l’armée plusieurs fois coupèrent le pivot. Cest assaut ayant duré deux heures, demeurèrent sur la place du dedans soixante hommes, et » pour ce que sur la fin quelques uns, qui avoyent donné au bastion de l’Évangile, bien repoussez, l’avoyent pourtant recognu, où mesme Strosse, Bellegarde [106] et Chasteauvieux [107] furent blessez et Saint-Supplice [108] tué, ceux qui gardoyent le bastion, à l’ombre d’uner grande fumée, retranchèrent ; ce qui fut cause que le lendemain, en y pensant donner un assaut, on ne fit que le présenter. Tout cela fut faict dans le septiesme et huictiesme d’apvril [109].

Sur le dixiesme, Monsieur se résolut à mettre le tout pour le tout, commande au comte du Lude une attaque d’escalade par Tadon [110] et la porte des Moulins, à quoi Biron et Bajourdan [111] furent encore envoyez, l’un pour donner à la chaine au bas de la mer, l’autre à l’escalade [112]. Le premier, estant subject à la mer et ne pouvant partir que de grand jour, receut dommage d’une barque couchée où s’estoyent mis des soldats. Ainsi Bajourdan fut renvoyé si rudement qu’il perdit soixante ou quatre-vingts hommes et ses eschelles, et les femmes et les goujats à qui, avec fort peu d’autres, ils avoyent eu afaire, allèrent despouiller les morts jusques à quatre cents pas de la ville [113].

Le principal effort fut au bastion de l’Évangile [114], mais la casematte, qui avoit resté, et la multitude des artifices renvoya tout sans grand effort. Ce jour-là, fut perte aux assiégeans de trois cents hommes. Le douziesme, on approcha le bastion pied à pied, et les quatre jours d’après furent tous de grande batterie. Voilà une mine preste sous le bastion qui, joué, fait mourir neuf de ceux du dedans [115], entre ceux-là un ministre [116], et, pour n’avoir pas esté la poudre bien dispensée ni logée, la terre enlevée accabla deux cents hommes dans le fossé des plus choisis de l’armée. L’assaut ne laisse pas de se donner [117], mais un retranchement de six pieds en œuvre et l’opiniastre deffense renvoyèrent tout cela. Encores avoyent-ils fait un pertuis au retranchement pour faire des sorties, comme ils firent. Les femmes, les premières, qui tuèrent dans le fossé plusieurs se retirant de l’assaut, blessèrent Savaillan et La Bastide ; et elles mesmes mirent le feu au pont et mantelets. Là fut blessé à mort, du dedans, La Musse. Le quinziesme, se fit une petite sortie sur les pionniers. Le seiziesme [118], une autre par le trou que nous avons dit. Deux jours après, furent tuez Cosseins [119] et Scipion [120], cestui-ci travaillant à deffaire ce qu’il avoit faict. Nous vous avons fait cognoistre l’autre à la Sainct-Barthélemi ; ses domestiques nous ont conté d’estranges propos à sa mort [121].

CHAPITRE XI [122] - Achèvement du siège et commencement de la paix.

Sur ces difficiles besongnes, parut [123] l’armée [124] du comte de Montgommeri, composée de cinquante trois vaisseaux, dont il y en avoit douze de charge. Tous les autres, horsmis l’amiral, nommé la Prime-Rose, et celui où estoit son gendre Champernon [125], estoyent tous de soixante tonneaux [126] pour le plus ; et, parmi ceux-là, plus de la moitié barques françoises qu’on avoit envoyées solliciter le secours ou qui, pensans retourner à la Rochelle, l’avoyent trouvée blocquée. En tout cela, pas une pièce de bronze, mais tous vertueils [127], tous pauvrement équippez, comme estans des deniers des réfugiez, ou empruntez par les envoyez de la Rochelle. La cause pourquoi ils estoyent en si piteux estât fut que le conseil de la roine Élizabeth l’intimida, comme estant rempli de catholiques, et mesme l’amiral Clinton avoit envoyé Olestat [128] desgraisser les navires qui faisoyent la guerre pour la cause, les despouillans de deux millions d’or qu’on disoyent qu’ils avoyent gaignez. Il y avoit dix-huict cents hommes dans l’armée, moitié matelots.

Les Rochelois, à la veuë de leur secours, despeschent le capitaine Mirande avec une galliotte bien accommodée, qui passa hazardeusement aux coups de canon de la Caraque, du prince et autres navires qui faisoyent palissade d’une coste à l’autre.

Le soir, les galères firent la bienvenue à coups de canon [129] ; le vent changeant, si fit aussi le dessein de Montgommeri, qui s’en retourna à Belle-Isle [130], espérant s’y fortifier.

L’ambassadeur en Angleterre s’estant pleint de ceste flotte, partie des havres de Cornuaille, la roine les désavoua et déclara pirates, priant le roi, s’ils tomboyent en ses mains, de les traicter comme tels, encores qu’il y eust quelque noblesse de bonne maison angloise qui accompagna Champernon [131]. Mirande avoit à dire au comte que, l’armée de Monsieur s’estant mieux montée de navires et galères, fournies d’autres artilleries et ayant des hommes à plaisir, desquels ils avoyent rempli quatorze navires qui estoyent chargez de sel et que le comte eust bien pris s’il eust voulu, les costes garnies de pièces avantageuses, et mesmes Monsieur pouvant flanquer son armée de toute la pallissade, ils n’estoyent pas d’advis qu’ils se bazardassent à ces désadvantages, mais seulement qu’ils leur fissent tenir quelques poudres et autres nécessitez par voyes desrobées. Voilà ce que quelques uns disent pour le retour du comte ; les autres, qu’il pouvoit tout emporter d’abordade avant que Monsieur eust fait entrer à bord la fleur de son armée.

Le vingt-troisiesme d’apvril, après une batterie en ruine, Ouarti et Vaux, frère des Essarts, vindrent demander à parlementer [132] à la porte de Congne. Le baillif, les Essarts et le ministre de Nort sortirent. Comme ils achevoyent leur discours, on met le feu à la mine qui estoit sous le boulevard de l’Évangile. La terre couvrit des uns et des autres. On va à l’assaut, favorisé de deux cents coups de canon. Les premiers arrestez, le reste tourna visage. Le lendemain, la batterie continuée pour empescher qu’on n’ouïst les pionniers qui minoyent vers le milieu du bastion. Le vingt septiesme, le comte du Lude fait donner un assaut à Tadon, bien donné, et le terrier gagné jusques au haut de l’escarpe. Le vingt huitiesme, la batterie plus furieuse que jamais au bastion de l’Évangile ; nouvelles coulevrines mises sur la caraque pour accompagner ceste batterie ; on trie de toute l’armée pour un assaut ; la moitié du bastion est emportée par la mine ; il y eut cinq rafraichissemens d’assaut qui combatirent chacun une heure. Là, les femmes prindrent les armes de leurs maris, blessez ou las, soustindrent les derniers combats. Un petit logement que le capitaine Bobineau [133] avoit fait au fossé fit grand dommage aux assaillans ; mesmes on vint aux mains dedans les mines avec lances à feu, le pistolet et l’espée, et à ce jeu se trouvèrent plusieurs femmes. Cest assaut repoussé haussa fort les courages des uns et attiédit ceux des autres, et, au lieu qu’au commencement du siège plusieurs sortoyent dehors et peu se jettoyent dedans, la chance estoit tournée ; entr’autres deux gentilshommes Xainctongeois, faussans un corps de garde ou plein midi, en l’eau jusques au ventre des chevaux, passèrent, à la porte des deux moulins. Par eux les Rochelois sceurent comme Royan avoit esté pris, et aussi tost quitté par Campet [134], sauvé de prison.

Le dernier d’avril, les assiégez sortis prindrent un fort tout contre le bastion de l’Évangile, que Clermont Taîlard avoit pris et gardé jusques lors. Ayans tué tout ce qui estoit dedans, ils l’ouvrirent du costé de la ville pour le quitter. En huict ou dix jours il ne se fit rien que quelques feux artificiels pour brusler un cavallier des assiégeans, et, le pourparlé de la paix n’estant point interrompu, la noblesse du dedans envoya [135] ses demandes à Monsieur, et les receut par Ouarti ; le propos remis à trois jours. Cependant on fit encores sauter une mine, où les soldats ne firent plus que bransler la queue, quoi que Strosse et le Gast se missent à leurs testes. La nuict du neufiesme, ceux de dedans, ayans contreminé, firent quitter le corps de garde de la mine, qu’ils gardèrent jusques à dix heures du matin ; mais, les canonnades remplissans tout de terre, ils le quittèrent.

Le dixiesme, sur la diane, une sortie par la porte des deux moulins, avec six vingts arquebusiers, tailla en pièce ce qui estoit dans la tranchée de la Corderie. Biron, allant pour y remédier, receut une arquebusade en la cuisse, estant près delà contr’escarpe. Le peuple, appelle au boulevard de l’Évangile, ouyt lire les articles de Monsieur [136], et les renvoya. Monsieur, estant pressé par la venue du secrétaire Pinard [137] de faire une fin ou autre, cela sans préjudice des sorties ; car sur le soir quatre cents arquebusiers et cinquante chevaux sortirent par la porte de Maubec, donnèrent dans les maisons ruinées de Congne. Les catholiques, comme se vengeans, donnèrent une heure avant jour si brusquement sur le haut du boulevard de l’Évangile qu’ils chassèrent la garde, se contentèrent du drapeau [138] de La Rivière faute d’être suivis. Et le troisiesme, voulans essayer le mesme heur suivis comme il faloit, ils montèrent à la bresche de la vieille fontaine, qu’ils trouvèrent bien garnie, et se falut retirer. Deux jours après les assiégez donnèrent de résolution à brusler le pont, où ayans pris le vent à propos et porté quantité d’artifices, après avoir donné résoluement et fait abandonner la besongne, la fumée empescha ceux qui y vouloyent redonner ; et sur la fin un autre grand effort leur donna moyen d’achever d’un autre costé. En mesme temps il y eut quelque légère escarmouche pour empescher le povre peuple de pescher [139].

En fin à la mi-may [140], le huictiesme assaut se donna au bastion de l’Évangile, bien assailli, mieux défendu, les trois rafraichissemens commandez par Goas, Saincte-Golombe et le capitaine Stephe [141], qui y perdit la cuisse, Saincte-Colombe fort blessé. Entre les morts demeura Renchère, parent du duc de Nevers. De la ville se perdit Berger-Beaulieu [142], qui avoit acquis beaucoup d’honneur au siège. Les jours suivans se passèrent en canonnades pour raser un moineau qu’ils avoyent avancé de la courtine. Les assiégez ne perdoyent plus de coups au loing, sentans la défaillance de leurs poudres. Cela faisoit pourmener les courtisans privément jusques auprès des contr’escarpes. Le comte de Montgommeri, sur la demande que lui avoyent faite les Rochelois, avoit despesché [143] le capitaine La Meausse [144] avec cinq barques chargées de poudre et autres commoditez ; mais, n’ayans ni vent ni autre moyen de passer avec cela, le capitaine Arnaud [145], avec sept hommes, en un vaisseau de trente cinq tonneaux, contrefit le pescheur, n’ayant que son haut bourset et la misène défrelée [146]. Comme ceux de la Caraque lui commandèrent d’amener, et qu’il se vid à l’endroit des pertuis de la palissade, il abbat et amure sa grande voile tout d’un coup, et, hinsant la civadière, le vent n’afraichit pas assez, il fait prendre les rames à six hommes qu’il avoit, beut toutes les canonnades en avant et les arquebusades de six pas au passer, et, lui seul blessé d’une arquebusade à un bras, gaigna le havre.

La nuict, les habitans firent rouler force chariots pour faire entendre qu’ils remplissoyent leurs magasins, et, ayans distribué de la poudre aux compagnons, leur permirent de tirer de plus loing. Là furent empoignez les pourmeneurs, entr’autres Pouillac [147] qui tiroit des passades à la veue de la ville et Puygaillard en passant. Alors commencèrent en l’armée les dissenteries et les soldats sans paye n’estoyent plus pensez. Ils guettoyent les seigneurs en passant pour monstrer les vers dans leurs playes. Mais il s’y mit encor une pire maladie que tout cela : ce fut trois partialitez de fidèles, qui maintenoyent la Saint-Barthélemi bien faicte ; mal contents, qui blasmoyent ces choses et l’estât ; nouveaux, c’estoyent les révoltez de leur religion. Les deux derniers commencèrent dès lors à parler ensemble ; les mal contents apprenoyent à ces nouveaux que, la Rochelle estant prise, on les feroit tous mourir, et que les Jésuites, qui commençoyent lors à avoir crédit, disoyent à l’oreille : « Sauvez-vous un parricide, un voleur et un traistre, pour dire qu’il ne veut plus estre cela ? Et les hérétiques qui ont volé le prophane et le sacré, parricides d’avoir esgorgé en tant qu’ils ont peu l’Église leur mère, traistres à leur roi et patrie, est-il dit qu’ils en seront quittes pour faire semblant qu’ils n’y voudront plus toucher ? » Telles procédures remplirent l’armée de menées. Plusieurs de ma cognoissance furent envoyez en Gascongne pour faire r’allier nombre de noblesse sous Langoiran [148] ; en Xainctonge, avec le vicomte d’Aubeterre [149] et, Campet. Le lieutenant La Haye [150] travaillant dès lors en Poictou, le duc d’Alençon fut alléché pour se faire chef [151]. Le prince de Condé n’en parloit que trop haut, le roi de Navarre plus retenu. Ils en vindrent à mettre leur picquet sur le retour du comte de Montgommeri, promis aux Rochelois par le capitaine Arnault et depuis par une despesche de Languillier.

L’armée des Suisses [152] dès longtemps attendus [153], mit de l’eau dans le vin des entrepreneurs. Comme on les alloit loger à Ronçai et à Nestré [154], plusieurs, qui estoyent de garde, voulurent voir [155] ce nouveau secours.

Ceux de la ville advertis font sortie, rompent tous les premiers corps de garde, mettent en fuite tout ce qui estoit aux tranchées jusques à la Fonds, perdent vingt hommes à leur retraicte pour la faire trop glorieusement à la teste de toute la noblesse ; perdirent entre ceux-là Maronnière [156] et le capitaine Bobineau auparavant. Mais ils laissèrent dans les tranchées, le ventre en sus, quatre cents de ceux qui avoyent courage, emportèrent neuf enseignes, desquelles ils n’oublièrent pas à parer leurs remparts le lendemain [157]. De cela Monsieur, plus irrité que jamais, se résout de garnir de mines toute la courtine, qui va de la vieille Fontaine jusqu’au bastion de l’Évangile. Pour ce faire il falut raser à bon escient les petites casemattes qu’on regaignoit et perdoit quelquesfois. Mais on ne pouvoit, par les trous du fossé, tirer à celle qui estoit vers Congne, sinon quelques arquebusades de la contr’es-carpe, qui n’empeschèrent point que les assiégez, possédans la moitié du fossé, n’y amenassent une bastarde et une moyenne, desquelles ils battoyent les approches qu’on faisoit au bastion.

Le vingt-deuxiesme [158], on fait marcher les Suisses, non sans perdre des gens au passage ; on met le feu à la grande mine, laquelle, pour n’estre pas encores assez grande, laissa des avances aux deux bouts qui servirent de flanc. On marche à l’assaut. Le Gast en eut la poincte [159]. Strosse le soustenoit avec trente capitaines qui avoyent juré de faire merveilles. Un gros de noblesse suivoit après, mené par le prince de Condé et le duc de Longueville. À la dernière troupe marchoyent le duc de Guise et le chevalier de France [160]. Par cinq fois l’assaut fut repris, y ayant dispute entre les hommes et les femmes de la ville à qui monstreroit plus de courage. Après la perte de quelques uns de ces capitaines choisis de Goas, qui avoit fait la guerre long temps sans être blessé, et de trois cents des meilleurs soldats de l’armée, il se fallut retirer ; les deffenseurs quittes pour vingt-cinq hommes, et entre ceux-là d’un capitaine en chef [161]. Le comte du Lude ne manqua pas en mesme temps de donner l’escalade vers Tadon, prit et garda quelque temps le vaisseau eschoué auprès de la chaîne, de quoi nous avons parlé.

Depuis cest assaut, les assiégeans, ne cerchans plus qu’à se deffaire honnestement d’une si fascheuse besongne, le canon seul travaillant pour faire mine de siège, la nouvelle d’élection de Monsieur pour le faire roi de Polongne [162] arrive. Il se sauva de la ville un capitaine Brave [163], pour avoir esté mal mené du nouveau maire nommé Maurisson [164]. Cela mit du soupçon dans la ville, pource que les gros avoyent gaigné les plus affamez à présenter une requeste, le siège d’ailleurs estant refroidi. Et le roi, bien adverti, envoya Villeroi [165], secrétaire d’estat, pour faire la composition le plus commodément et honnestement que faire se pourroit. Pour donc induire à cela et faire mieux, on fait nouvelles mines, les plus grands navires chargez d’artillerie s’approchans pour favoriser un assaut. Ceste mine joua fort bien, fit grand bresche et remplit le fossé. Plus de cent gentilhommes montèrent sur le rempart de la vieille fontaine, mais, voyans au dedans un grand retranchement bien flanqué, et que le peuple donnoit à eux la teste baissée, ils prirent parti du retour, emportans Bussi [166] et Jule Centurion [167], blessez, et peu d’autres [168].

Quant au duc de Guise, qui avoit donné au bastion de l’Évangile, quelque peu de noblesse le suivoit, mais les gens de pied ne voulurent point sortir de leurs tranchées. Pour punition de quoi, Monsieur cassa honteusement maistres de camp et capitaines, jusques à soixante compagnies, mettant les Suisses en leurs gardes.

On avoit des députez de Montauban avec La Noue, pour faire parler les Rochelois. Il n’y eut autre response sinon qu’ils feroyent tout, ayans les consciences, vies et biens bien asseurez. Lors, la peste s’adjousta aux autres maux de l’armée, sur tout dans les navires, où mourut le vicomte d’Usas [169], y ayant commandement. Monsieur, se pourmenant avec son frère et le roi de Navarre, faillit à estre tué [170] dans le fossé, d’une meschante pièce chergée de dragée. Mais Vins [171] se jetta au devant de lui, si bien qu’il n’eut que quelques rifflades au col, à la main gauche et à la cuisse ; mais son écran, Vins, en eut par la hanche, qu’on creut avoir esté guairi par enchantement. Et puis, bien qu’on fist jouer une mine à la Vieille fontaine et qu’on commençast une batterie nouvelle à la porte Sainct Nicolas [172], tout cela ne fut que pour haster le parlement où se trouvèrent les comtes de Suze [173], de Rets et de la Vaugion [174], Montluc, Villecler, Biron et Malicorne [175], ausquels on adjoint depuis La Noue et Villeroi. D’autre costé, le baillif Gargouilleau et les députez de Montauban et de Nismes s’assemblèrent et tombèrent d’accord des articles que nous vous donnerons à la fin du livre [176]. Ce chapitre nous donnera encores la petite merveille sur laquelle plusieurs ont cerché des causes naturelles, c’est que, sur la grande nécessité des Rochelois, le Havre fut rempli d’une monstrueuse quantité de sourdons et pétoncles [177], ce qu’on n’avoit jamais veu en ce lieu et dont les réformez ont encores les tableaux en leurs maisons pour mémoire comme d’un miracle. Ce peuple accoustumé à courir pour s’en munir sur les vases, quelques soldats de l’armée avoyent empoigné des femmes qu’ils forcèrent durant le parlement. Mais elles y coururent en grand nombre ; et parmi elles y en avoit de barbues, qui avoyent caché les armes sous la cotte. Celles-là, rangeans le long de la coste, ne faillirent pas de voir donner à la trouppe les plus eschauffez, ni aussi de leur coupper chemin et les guérir de leurs chaleurs.


[1Le 4 janvier 1573, pendant qu’on célébrait la cène à la Rochelle, arriva un navire chargé de harengs qu’on estimait environ à la somme de 3,000 livres [Mémoires de l’estat de France, t. II, p. 124 v°).]

[2Strozzi, dans une lettre au duc d’Anjou, en date du 27 janvier 1573, lui apprend que Louis Bérenger, s. du Gast, colonel de gens de pied, vient d’arriver avec son régiment sous les murs de la Rochelle (Orig., f. fr., vol. 15556, f. 190).- Gosseins, dont l’auteur parle un peu plus loin, arriva le jour même ou le lendemain (Ibid.).

[3La caraque était un bâtiment que Jacques de Sore, amiral rochelais, avait pris aux Vénitiens. Repris par l’armée royale, il fut désarmé, coulé et servit à boucher l’entrée du port de la Rochelle (Brantôme, t. IV, p. 38).

[4Ces lettres étaient datées du 10 novembre 1572 (La Popelinière, t. II, f. 121 v°). Languillier y répondit le 8 décembre. Ces deux pièces sont imprimées dans les Mémoires de l’estat de France sous Charles IX, t. II, f. 99 v° et suiv.

[5Le roi avait adressé au capitaine Languillier une lettre inspirée par un désir de pacification, et Languillier lui avait répondu le 8 décembre 1572. Ces pièces sont imprimées par La Popelinière, t. II, f. 121 v°.

[6Cette lettre est datée du 8 janvier 1573 et imprimée dans La Popelinière (t. II, f. 126).

[7Gadagne était porteur d’une lettre de créance signée du roi et datée du 26 décembre 1572, qui est imprimée dans les Mémoires de l’estat de France sous Charles IX, t. II, p. 127 v°.

[8Le 10 janvier 1573 (Mémoires de l’estat de France sous Charles IX, t. II, f. 125).

[9Ridotte, réduit, retraite, de l’italien ridotto.

[10Allusion à un combat livré à Jazeneuil en 1567, et qui était resté célèbre dans les deux armées par les contre-temps qui arrêtèrent la marche de chaque parti (Arcère, t. I, p. 439, note).

[11Ce capitaine se nommait Puygaillard et était parent de Jean de Léaumont, seigneur de Puygaillard (Arcère :, t. I, p. 439).

[12La Thibaudière, gentilhomme saintongeois, avait appartenu autrefois au parti de la réforme. Barbot, dans son histoire encore inédite du siège de la Rochelle, le peint comme un homme d’honneur, mais Arcère parle de lui comme d’un traitre (t. I, p. 448).

[13Le 18 janvier 1573 (Arcère, t. I, p. 449).

[14D’après La Popelinière, c’étaient le capitaine Jacques de Saux de l’Isle-Jourdain, Jean Nantel, caporal du capitaine Cabane, et Pierre Guillochon, dit Guitinière (t. II, p. 127 v°). Voyez aussi les Mémoires de l’estat de France sous Charles IX, t. II, f. 129.

[15Les lettres de Biron données à l’abbé de Gadagne sont datées du 25 décembre 1572 et sont imprimées dans les Mémoires de l’estat de France sous Charles IX, t. II, f. 128.

[16La mission de Languillier en Angleterre est datée par La Popelinière du 27 Janvier 1573 (1581, t. II, f. 128 v°).

[17Voyez le récit des négociations de La Mothe-Fénelon dans les additions de Le Laboureur aux Mémoires de Castelnau, 1731, t. III, p. 286.

[18Le 25 octobre 1572, la reine Elisabeth d’Autriche, femme de CHARLES IX, avait donné le jour à une fille dont Elisabeth d’Angleterre avait été marraine.

[19Guillaume de Sommerset, comte de Worcester, premier baron d’Angleterre, attaché au parti du pape.

[20Le 2 février 1573 (La Popelinière, t. II, p. 131).

[21Cette affaire est racontée dans les Mémoires de l’estât de France sous Charles IX, t. II, f. 131 v°.

[22Le jeudi 29 janvier 1573 (Mémoires de l’estât de France, t. II, f. 130 v).

[23Le combat de Coureilles eut lieu le 3 février (Mémoires de l’estat de France sous Charles IX, t. II, f. 135).

[24Le duc d’Anjou arriva à Saint-Maixent le 30 janvier 1573 (Journal de Le Riche, 1846, p. 127).

[25Cette lettre est datée du 2 février 1573 et imprimée dans les Mémoires de l’estat de France sous Charles IX (t. II, p. 136).

[26La Popelinière dit que le duc d’Anjou arriva au camp de la Rochelle le 2 février ; mais cette date est fautive, puisque le duc, d’après ses lettres, était le 2 à Saint-Maixent et le 10 à Mauzé. La vérité est que Monsieur n’arriva que le 11 sous les murs de la ville, ainsi que le disent les Mémoires de l’estat de France sous Charles IX, t. II, f. 135 à 140.

[27Les Mémoires de l’estât de France et La Popelinière disent que ces rencontres eurent lieu le 6 et le 8 février 1573.

[28Petit village situé à sept lieues de la Rochelle.

[29Elles sont datées du 10 février 1573 et imprimées dans les Mémoires de l’estat de France sous Charles IX (t. II, p. 138), et dans La Popelinière, t. II, f. 129 v°.

[30Le 13 février 1573. La lettre des Rochelais au duc dAnjou est imprimée dans les Mémoires de l’estat de France (t. II, f. 139) et dans La Popelinière (t. II, f. 129 v°).

[31Pour être exact, d’Aubigné aurait dû écrire l’avant-veille au lieu de le lendemain.

[32Avec des salves de toute l’armée.

[33Le prince dauphin d’Auvergne, fils du duc de Montpensier.

[34Claude de Lorraine, duc d’Aumale.

[35Antoine de Crussol, duc d’Uzès.

[36Henri, chevalier d’Angoulême, bâtard de Henri II.

[37Une lettre de Fabian de Monluc au duc d’Anjou, du 26 décembre (1672), nous donne la date du départ de Biaise de Monluc pour le camp de la Rochelle (P. fr., vol. 15558, f. 217). Une pièce sans date contient la liste des capitaines qui accompagnaient l’auteur des Commentaires (F. fr., vol. 3312, f. 1). M. Tamizey de Larroque a publié dans Pages inédites de Biaise de Monluc, in-8°, p. 6, un mémoire de ce capitaine sur le siège de la Rochelle.

[38Christophe de la Chapelle-aux-Ursins.

[39François le Roi, seigneur de Chavigny.

[40Michel Seure, grand prieur de Champagne.

[41Petite ville à une lieue de la Rochelle. Les seigneurs de l’armée y demeurèrent jusqu’à la paix (Mémoires de l’estat de France, t. II, f. 140).

[42Peu après son arrivée, le 15 février1573, le duc d’Anjou rendit une ordonnance sur la police de l’armée où toutes les questions de la conduite du siège sont résolues. Cette pièce a été réimprimée à la fin de la traduction de l’Histoire du siège de la Rochelle de Cauriana (La Rochelle, 1856, in 8°. On conserve aussi quelques ordres édictés par le duc d’Anjou sur le service des tranchées et des gardes, tant de jour que de nuit (ms. 20638 du fonds français).

[43Charles de Lorraine, marquis, puis duc de Mayenne.

[44Cavalier, sorte de retranchement.

[45Le 15 février, d’après La Popelinière (t. II, p. 131 v°).

[46Le nom de ce brave officier de mer étoit, non pas Miraut, comme on lit dans l’Index Thuani, mais Mirande. » C’est ainsi que le nomme d’Aubigné, t. II, liv. I, chap. II, sous l’année 1573. « Cette famille est rocheloise, et depuis trente ans réfugiée à Berlin, » dit une note de la traduction de De Thou, t. IV, p. 774. Il ne faut pas non plus le confondre avec Jean de Mirande, Rochelois et avocat en 1590 (Hist. de la Rochelle, t. I, p. 453, note).

[47La flotte royale était arrivée en vue des murs de la Rochelle vers le 16 février 1573, ou un peu avant cette date (Ordre du duc d’Anjou du 16 février 1573 ; f. fr., nouv. acquis., vol. 6003, f. 83).

[48Près de la porte Saint-Nicolas.

[49Selon de Thou. Grands-Ris s’avança ad Fontannum usque vicum, c.-à-d. à la Pond, et non au village des Fontaines, comme disent certains traducteurs, t. IV, p. 741 (Arcère, t.I, p. 453, note).

[50Deux cents chevaux, d’après La Popelinière (t. II, p. 131 v°).

[51Trois prisonniers et quelques chevaux (Mémoires de l’estât de France, t. II, p. 141).

[52Les députés que le duc d’Anjou nomma pour la conférence se réunirent sur la fin de février (La Popelinière, t. II, p. 132). Les articles de pacification proposés par le roi sont datés du 23 février ; les réponses des Rochelais du 26 du même mois (Ibid.).

[53Arcère le nomme Blanchardière et raconte ses pratiques (t. I, p. 449)) d’après les Mémoires de l’estat de France sous Charles IX (t II f. 141 v°) et les manuscrits.

[54Le comte de Retz était revenu d’Angleterre et se trouvait sous les murs de la Rochelle le 26 janvier 1573. A cette date, il adressa au duc d’Anjou une lettre pour lui rendre compte d’une reconnaissance qu’il avait faite sous les murs de la ville (Orig., f. fr., vol. 15556, f. 163).

[55René de Villequier.

[56Bouchet, s. des Mortiers, lieutenant général du présidial de la Rochelle, un des coélus du maire de La Rochelle, tué par l’éclat d’une mine pendant l’assaut du 12 avril 1572 (Delayant, Hist. de la Rochelle, t. I, p. 276).

[57Le dimanche 22 février (La Popelinière, t. II, p. 132).

[58Morisson, nommé maire de la Rochelle le 29 mars 1573. Les pourparlers dont parle d’Aubigné eurent lieu le 22 février (Mémoires de l’estat de France sous Charles IX, t. II, f. 142 v°).

[59L’abbé de Gadagne communiqua au conseil de la Rochelle, le 25 février, les articles proposés par le roi (La Popelinière, t. II, f. 133 v). Ces articles sont imprimés clans les Mémoires de l’estat de France sous Charles IX, t. II, f. 143 v°.

[60La réponse des Rochelais aux propositions du roi est imprimée dans les Mémoires de l’estat de France sous Charles IX, t. II, f. 148).

[61Le 27 février (Arcère, t. I, p. 458).

[62Il eut deux chevaux tués sous lui et son armure fut faussée de plusieurs coups (Mémoires de l’estat de France sous Charles IX, t. II, f. 152).

[63Ces deux capitaines étaient Adrien, dit La Barderie, de Niort, enseigne du capitaine Le Lys, et Charrier, enseigne du capitaine La Musse (Mémoires de l’estat de France sous Charles IX, t. II, p. 152).

[64Conflans, vicomte d’Auchy, gentilhomme de la chambre du duc d’Anjou.

[65François de la Magdelaine, seigneur de Ragny, capitaine franc-comtois, servait en qualité de volontaire.

[66Jean de la Garde, sieur de Vins.

[67Louis Berton, sieur de Crillon.

[68Serillac, colonel de gens de pied, d’origine gasconne (Arcère). Biaise de Monluc nomme dans ses Commentaires plusieurs capitaines de ce nom.

[69Joseph Boniface de la Mole.

[70Sur le courage des dames de la Rochelle pendant le siège de la ville, voyez Brantôme, t. IX, p. 419.

[71Dans la nuit qui précéda l’ouverture de la batterie, deux soldats gascons, un assiégé du haut des murs et un assiégeant du fond de la tranchée, nouèrent un plaisant colloque. Voyez le curieux récit de Brantôme, t. IV, p. 36.

[72Les batteries étaient de huit canons et de deux couleuvrines (La Popelinière, t. II, p. 135). Le Rôle des canonniers et gens de mestier estant au camp devant la Rochelle est daté du 22 février 1573 (F. fr., vol. 3240, f. 100).

[73Le duc de Guise et le marquis de Mayenne, son frère.

[74Il perdit un homme et eut deux blessés (La Popelinière, t. II, p. 135).

[75Lieutenant de la première compagnie du régiment de Strozzi. De Thou l’appelle Dumont (t. IV, p. 778).

[76Claude de Beauvillier, comte de Saint-Aignan, lieutenant du duc d’Alençon.

[77Charles-Robert de la Marck, comte de Maulevrier, frère du duc de Bouillon.

[78Émery de Barbezières, seigneur de Chemerault.

[79Charles de la Grange, seigneur de Montigny.

[80Le capitaine Batteresse était chevalier de Malte et commissaire général des vivres.

[81Jean du Val, seigneur de Mandreville.

[82La nouvelle était fausse. Les habitants de Montauban s’étaient joints aux réformés de la Rochelle pour proposer la paix au roi à la condition de la liberté du nouveau culte et d’une amnistie générale (Pièce du 9 mars 1573 ; copie du temps ; f. fr., vol. 15557, f. 20).

[83Le duc d’Aumale fut tué par un boulet de couleuvrine, à la fin de l’escarmouche, le 3 mars 1573. Voyez le récit de Brantôme, qui était présent (t. IV, p. 284). Cette mort produisit autant de consternation dans l’armée que de joie à la Rochelle, car le duc d’Aumale passait pour avoir été un des plus ardents aux massacres de la Saint-Barthélémy. On dit qu’il avait prédit qu’il mourrait à ce siège (Delayant, t. I, p. 269). M. Read a publié dans le Tigre, p. 96, des vers inédits sur la mort de ce prince.

[84Le ministre La Place, l’insulteur de La Noue, ne doit pas être confondu avec les ministres du même nom cités par Haag. Il était de Bordeaux, dit le chroniqueur Barbot, et, loin d’être gentilhomme, comme le dit d’Aubigné, il appartenait à une famille de basse extraction. Sa qualité de ministre lui avait fait épouser une demoiselle de Roulet (Arcère, 1.1, p. 477).

[85La Noue se retira le 11 mars 1573. Cette date, inexactement donnée par La Popelinière et par plusieurs historiens, a été établie par Arcère, t. I, p. 481, note. Les Mémoires de l’estat de France sous Charles IX (t. II, f. 171 v°) confirment cette indication. Une longue lettre du duc d’Anjou au roi, du 23 mars, raconte l’accueil qui fut fait à ce capitaine au camp du roi (Minute ; f. fr., vol. 15557, f. 80).

[86Ces prisonniers étaient Jacques du Saux et ses complices. Ils furent pendus avant la retraite de La Noue, le 5 mars (Mémoires de l’estat de France sous Charles IX, t. II, f. 171).

[87L’adjonction de ces capitaines fut décidée le 12 mars 1573 (Mémoires de l’estat de France sous Charles IX, t. II, f. 172).

[88Le feu contre la Rochelle devait recommencer le 22 mars (Lettre de Cossé à Villars, du 21 mars 1573 ; orig., f. fr., vol. 3224, f. 66). D’après les Mémoires de l’estat de France sous Charles IX, t. H, f. 175, il ne reprit que le 28 mars, à une heure de l’après-midi.

[89Le 14 mars 1572, on apporta les lettres que le comte de Mongonmery et les députés d’Angleterre avaient adressées à la Rochelle le 16 février. Le comte annonçait son arrivée prochaine à la tête d’une flotte et la réussite de l’emprunt qu’il avait été chargé de négocier (Mémoires de l’estat de France sous Charles IX, t. H, f. 172 V).

[90Le messager de Sancerre arriva le 15 mars (Mémoires de l’estat de France sous Charles IX, t. II, f. 172 v°). Sur le siège de Sancerre, voyez plus loin, chap. XII.

[91Serillac, blessé dans le combat du 21 février 1573, fut tué dans la nuit du 15 au 16 mars (De Thou).

[92Le 17 mars 1573 (Mémoires de l’estat de France sous Charles IX, t. II, f. 173).

[93Vers le 16 ou 17 mars, il reçut, en descendant de la tranchée, un coup de mousquet dans le flanc gauche, au même endroit où Chavigny avait été blessé quelques jours auparavant (De Thou).

[94Le capitaine Le Chaillou passa dans le camp du roi le 26 mars 1573 (De Thou).

[95Robert David, qu’il ne faut pas confondre avec Jean David, qui avait été envoyé en Angleterre un peu avant le siège, appartenait à la même maison (Haag).

[96De Thou dit qu’on comptait douze mille huit cent quatre-vingt-dix. coups de canon tirés contre la ville depuis le commencement de mars jusqu’au 26.

[97Maubec, porte de la.Rochelle. Cette attaque eut lieu le 27 mars (Arcère, t. I, p. 485)

[9828 mars 1573 (Mémoires de l’estat de France sous Charles IX,i. II, f. 174 v°).

[99Le s. de la Lourie était frère du s. de Guimenières. Il fui tué et Guimenières fut fait prisonnier (Mémoires de l’estat de France sous Charles IX, t. II, f. 175).

[100Louis Gargouilleau, capitaine huguenot, avait fait ses premières armes sous Puyviaut, au siège de Niort, et y avait été blessé. Il reprit les armes au commencement du siège et continua à.guerroyer dans les provinces de l’ouest pendant tout le règne de Henri III. Il fut nommé maire de la Rochelle en 1588 (Haag).

[101Le feu contre la Rochelle recommença le 7 avril 1573 et dura toute la journée (Lettre du secrétaire Fizes à Villars, du 8 avril 1573 ; orig., f. fr., vol. 3224, f. 71).

[102Abrier, mettre à l’abri, abriter. Abriées de ruine signifie abritées par des décombres.

[103Cet assaut fut donné par l’armée catholique le 7 avril. Voyez le récit des Mémoires de l’estat de France sous Charles IX, t. Il, f. 233 v°.

[104Depuis la mort du duc d’Aumale, Ludovic de Gonzague, duc de Nevers, avait pris la direction des opérations militaires.

[105C’est-à-dire : Nevers fut blessé en le secourant.

[106Roger de Saint-Lary, seigneur de Bellegarde, créé maréchal de France en 1571.

[107Joachim, seigneur de Château-Vieux en Bresse, depuis chevalier de l’ordre du Saint-Esprit.

[108Armand d’Ebrard, s. de Saint-Suplice, plus tard chevalier du Saint-Esprit.

[109Ces dates sont exactes. Le 7 et le 8 avril eurent lieu les deux premiers assauts contre la Rochelle.

[110Au commencement de février, Biron avait fait établir à Tadon un fort armé d’artillerie contre la ville (Lettre de Biron au duc d’Anjou, du 4 février 1573 ; orig., f. fr., vol. 15556, f. 280).

[111Simon de Bajourdan, frère cadet de Hugues de Bajourdan, dont d’Aubigné a mentionné la mort en 1562 (t. II, p. 96), était neveu du maréchal de Thermes. Il combattit à la défense de Poitiers en 1569 (t. III, p. 105), puis en Languedoc sous les ordres de Damville, et vivait encore en 1592 (Mémoires du chev. D’Antras, p. 159).

[112Simon de Bajourdan avait été renvoyé par le duc d’Anjou en Guyenne. Avant de recevoir l’ordre de rebrousser chemin, il arriva au camp de la Rochelle le 1er avril 1573 (Lettre de Fizes à Villars de cette date ; orig., f. fr., vol. 3224, f. 69).

[113Troisième assaut, 10 avril 1573. Voyez le beau récit des Mémoires de l’estat de France sous Charles IX, t. II, f. 234 V.

[114Assaut du fort de l’Évangile, 12 avril 1573 (Mémoires de l’estat de France sous Charles IX, t. II, f. 235 v°).

[115Entre autres les s. des Mortiers, des Grosles, Rouflac, Talmand et deux soldats (Mémoires de l’estat de France, t. II, f. 236).

[116Son nom était Vincent (Mémoires de l’estat de France, t. II, f. 236).

[117Quatrième assaut, 14 avril 1573.

[118La sortie du 16 coûta la vie au capitaine La Musse (Delayant, t. I, p. 276).

[119Cosseins, l’un des meurtriers de Coligny, mestre de camp d’un des régiments français de la garde du roi, fut frappé, à l’assaut du 18 avril, d’une arquebusade dont il mourut (La Popelinière, t. Il, p. 143). Voyez le récit et les détails que Brantôme donne sur la mort de ce capitaine (t. VI, p. 68 et suiv.).

[120Scipion Vergano fut tué dans la tranchée quelques minutes après Cosseins, le 18 avril (Arcère, t. I, p. 495).

[121D’Aubigné fait peut-être allusion aux paroles du roi sur la mort de Cosseins. Charles IX, comparant l’antique valeur de ce capitaine à sa faiblesse pendant le siège de la Rochelle, dit qu’il n’avait montré « non plus de cœur qu’une putain. » Ces mots sévères furent relevés par les courtisans (Brantôme, t. VI, p. 70).

[122Le numéro et l’en-tête du chapitre manquent à l’édit. de 1618.

[123Le 19 avril 1573. Elle arriva à une heure de l’après-midi,’ selon les, Mémoires de l’estat de France ; vers les deux heures, ; ; selon La Popelinière ; vers les quatre heures du soir, suivant les lettres du roi publiées dans les additions de Le Laboureur aux Mémoires de Castelnau (Arcère, t. I, p. 496, note).

[124On comptait parmi les officiers français le capitaine Lorges, fils de Mongommery, Languillier, Berre le jeune, Pajet, Maisonfleur, La Meausse, Les Mansonnières et Nepinville (Arcère, t. I, p. 196).

[125Champernon, amiral anglais, avait épousé Roberte de Lorges, fille de Mongonmery et d’Elisabeth de la Tousche.

[126La Popelinière dit qu’ils étaient de trois à quatre cents tonneaux (t. II, p. 148 v°).

[127Verteil, vertueil, petite pièce d’artillerie.

[128Christophe Olstoc, contrôleur de la marine anglaise, plusieurs fois cité dans la Correspondance de La Mothe-Fénelon. Voy. notamment t. I, p. 160.

[129Une lettre du secrétaire Fizes à la reine mère, en date du 20 avril 1573, raconte avec détails cette bataille navale (Bibl. de l’institut, coll. Godefroy, vol. 256, f. 107).

[130Ile située à l’embouchure de la Loire. Voyez la description qu’en donne La Popelinière (t. II, p. 153).

[131D’Aubigné sur ce point était bien informé. Voyez les correspondances diplomatiques publiées par Le Laboureur à la suite des Mémoires de Castelnau, t. III, p. 265, in-fol.

[132De Thou dit que c’est le 25 avril qu’ils demandèrent une conférence de la part du duc d’Anjou (t. IV, p. 789).

[133Bobineau, capitaine d’une compagnie bourgeoise et commandant d’un fort (De Thou).

[134Pierre de Campet, baron de Saujon, avait été fait prisonnier par Biron (Brantôme, t. V, p. 150). Il s’échappa des prisons de Niort, leva une troupe de soudards et surprit la ville de Royan (avril 4573).

[135Requête des gentilshommes de la Rochelle au duc d’Anjou, mercredi 6 mai 1573 (Mémoires de l’estât de France, t. II, f. 269 v°).

[136Ces articles, dit Arcère d’après les manuscrits de Gaurian, étaient la répétition des propositions du roi apportées par l’abbé de Gadagne (Arcère, t. II, p. 508).

[137Claude Pinart, né à Blois, secrétaire du maréchal de Saint-André, puis secrétaire du roi, des finances, et enfin secrétaire d’État, de 1570 à 1588, fut l’un des agents les plus employés par Charles IX et Henri III, et surtout par Catherine de Médicis. Il mourut le 14 septembre 1605. On trouve un récit de sa vie dans le vol. 19603 du fonds français.

[138Ce fut Sainte-Colombe qui prit, le 11 mai 1573, le drapeau de La Rivière de Lys (De Thou).

[139Les Mémoires de l’estat de France sous Charles IX (t. II, f. 270 v>) expliquent cette phrase. La famine croissant chaque jour à la Rochelle, le pauvre peuple se répandait sur la plage et ramassait pour sa nourriture les coquillages que. la mer y déposait. Ces récoltes furent l’occasion de mainte escarmouche. Voyez à la fin du chapitre.

[140Huitième assaut de la Rochelle, 17 mai 1573 (Arcère, t. I, p. 510).

[141Etienne Castriotto, capitaine italien, originaire du duché d’Urbin, que Amos Barbot appelle Stepha (Arcère, t. I, p. 510).

[142Le seigneur du Verger-Beaulieu, capitaine huguenot, originaire du Poitou, reçut une arquebusade au-dessous de l’ombilic, le 15 mai, et mourut le même jour (Mémoires de l’estat de France sous Charles IX, t. II, f. 271).

[143Le 20 mai 1573 (Mémoires de l’estat de France, t. II, f. 271 v°).

[144Le capitaine La Meausse amenait d’Angleterre au secours de la ville une flottille de cinq vaisseaux chargés de munitions (Chronique de Barbot, citée par Arcère, t. I, p. 511).

[145Arnauld du Halde, pilote.

[146Ces expressions techniques signifient que Arnaud amena ses voiles pour faire croire aux croiseurs qu’il n’avait pas l’intention d’entrer dans le port.

[147Le capitaine Pauillac se promenait « sur un cheval au poil « de chastaigne, estant suivy de six pages et quatre laquais. » Un soldat rochelais, appelé le Gascon, de la compagnie de Saint-Estienne, armé d’une arquebuse de chasse de cinq pieds de long, « luy donna un coup de balle duquel il tomba à terre mort après « que son cheval eust fait quatre pas. » (Mémoires de l’estat de France sous Charles IX, t. II, f. 272.)

[148Guy de Montferrand, dit Langoiran, frère cadet de Charles de Montferrand, était un des chefs de la réforme en Guyenne.

[149François Bouchard, vicomte d’Aubeterre, gentilhomme huguenot, avait pris les armes et tenté un coup de main sur Libourne (Procès-verbal daté du 3 octobre 1572 ; copie du temps, f. fr., vol. 15555, f. 142). Montferrand demanda des ordres et des forces au duc d’Anjou pour réprimer cette rébellion (Lettre du 27 janvier 1573 ; orig., f. fr., vol. 15556, f. 184). D’Aubeterre fit bientôt sa soumission (Lettre à Monluc du 16 juin ; ibid., f. 72).

[150Jean de la Haye, baron des Coutaulx, lieutenant général en la sénéchaussée de Poitou et siège présidial de Poitiers, auteur des Mémoires et recherches de France et de la Gaule Aquitanique, in-8°, 1581.

[151D’Aubigné parle ici de la formation du tiers parti, dit Politique, qui s’organisa en effet pendant le siège de la Rochelle (Mémoires de Bouillon, édit. Buchon, p. 387 et suiv.). Ce parti repoussait le fanatisme des deux partis et reconnaissait le duc d’Alençon, François de Valois, pour chef nominal. La maladie de Charles IX, dès lors réputée incurable, et le prochain départ de Henri III pour la Pologne, donnaient à la conjuration des Politiques le trône de France comme objectif. Sur les débuts de ce parti voyez les Mémoires de l’estat de France sous Charles IX, t. II, et de Thou, liv. LVI.

[152Depuis le commencement du siège, Pompone de Bellièvre, ambassadeur en Suisse, négociait auprès des cantons catholiques une levée de sis mille hommes (11 novembre 1572 ; f. fr., vol. 15902, f. 194). Ce secours, pendant la durée du siège, fut plusieurs fois contremandé et redemandé suivant que les chances de paix prenaient plus ou moins de consistance. Le vol. 15902 du fonds français, qui contient une partie de la correspondance de Bellièvre, est rempli de cette négociation.

[153Une lettre de Tavannes au roi, du 10 avril 1573, lui apprend l’arrivée des Suisses à Saint-Jean-de-Losne (Orig., Vc de Colbert, vol. 7, f. 487).

[154Rompsay et Aytré, villages aux portes de la Rochelle. Les Suisses arrivèrent le 23 mai 1573 (Arcère, t. I, p. 512).

[155Les soldats du camp accoururent fort loin à leur rencontre, « comme si jamais on n’avoit vu Suisse, dit Brantôme, qui fut la « plus sotte curiosité qui fût jamais » (Brantôme, t. V, p. 323).

[156La Maronière, gentilhomme du Poitou, mourut deux jours après. Ce combat se livra le 23 mai (Mémoires de l’estat de France tous Charles IX, t. II, f. 272).

[157Brantôme, qui eut une entrevue avec les Rochelais le lendemain, chercha vainement à les dissuader de cette fanfaronnade pour ne pas exaspérer le duc d’Anjou.

[158Le 26 mai 1573, d’après tous les historiens. Les Suisses n’étaient arrivés que le 23 mai.

[159La pointe, le premier rang.

[160Le chevalier d’Angoulême, nommé plus haut, fils de Henri II.

[161Le capitaine Blaise, un des meilleurs officiers des assiégés (De Thou).

[162Voyez plus loin, chap. I du livre VII.

[163Le capitaine Brave, lieutenant de la compagnie de La Rivière-le-Lys, passa dans les rangs des catholiques, le 5 juin 1573, sous prétexte de parlementer (Mém. de l’ estat de France sous Charles IX, t. II, f. 274 V). Brave était originaire de Niort et fut tué dans les rangs des catholiques au siège de Fontenay, le 31 août 1574 (Journal de Généroux, p. 125).

[164Jean Morisson, maire de la Rochelle, mort le 2 juillet 1573. Mignonneau, qui avait été nommé avec lui, lui succéda.

[165Nicolas de Neufville, seigneur de Villeroy, né en 1542, mort, à Rouen le 12 novembre 1617. Il succéda dans la charge de secrétaire d’état à son beau-père Claude de l’Aubespine.

[166Louis de Clermont d’Amboise, s. de Bussy, était alors premier gentilhomme du duc d’Anjou.

[167Jules Centurion, capitaine génois.

[168Cet assaut fut donné le 12 juin (Mémoires de l’estat de France sous Charles IX, t. II, f. 275 v°).

[169Louis de Lur, vicomte d’Uza, lieutenant de l’amiral de France, marquis de Villars, était arrivé sous les murs de la Rochelle, le 19 février 1573 (Lettre du duc d’Anjou au roi, du 21 février ; f. fr., nouv. acquis., vol. 6003, f. 84). L’auteur de la Notice généal. sur la maison de Lur (Bordeaux, 1855, in-8") a publié plusieurs lettres du roi adressées à ce capitaine. Il fut tué à l’âge de trente-huit ans, vers le 19 juin 1573 (Lettre du baron de la Garde à Villars ; f. fr., vol. 3224, f. 95).

[170Le duc d’Anjou fut très légèrement atteint par une arquebusade et eut « seulement la peau un peu froissée. » 14 juin 1573 (Arcère, t. I, p. 520). Une lettre du roi à Damville, du 18 juin 1573, donne quelques détails (Orig., f. fr., vol. 3245, f. 74).

[171Le s. de Vins, gentilhomme provençal, écuyer du duc d’Anjou.

[172Vers le 27 mai, d’après La Popelinière (t. II, p. 174 v°).

[173François de la Baume, comte de Suze.

[174Jean d’Escars, s. de la Vauguyon.

[175Jean de Chourses, s. de Malicorne.

[176Les négociations avaient commencé le 15 juin 1573 et durèrent jusqu’aux premiers jours de juillet. Arcère les a racontées avec détails (t. I, p. 520 et suiv.). La capitulation fut signée le 10 juillet et publiée le 12 à la Rochelle. Le 13, les députés de la ville prêtèrent serment entre les mains du duc d’Anjou (Ibid., p. 527). Voyez les notes du chap. xx.

[177Sourdons, pétoncles, sortes d’huitres et do coquillages. Les Mémoires de l’estat de France sous Charles IX les appellent sourdons, moufles et pallourdes (t. II, f. 270 v°).

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