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1575 - Angoulême - Philippe de Volvire au Duc de Montpensier, un accueil pas très catholique

D 30 avril 2008     H 01:45     A Razine     C 0 messages A 3288 LECTURES


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L’affaire se passe alors qu’Henri III vient de succéder à son défunt frère. En 1574, la cinquième guerre de religion est menée par le parti des « politiques », appelé aussi les malcontents. Il réunit autour du Duc d’Alençon (frère cadet du roi), la noblesse catholique modérée, opposée à son roi. Certains grands du royaume comme Henri de Condé se sont joints au mouvement. Henri de Navarre, de son côté, s’est enfui de la cour.

Inquiet, Henri III accepte de négocier. Pour apaiser les esprits et dans un souci de conciliation, le roi signe l’édit de Beaulieu qui octroie d’importants avantages à son frère mais aussi aux protestants qui peuvent jouir de la liberté de culte, sauf dans la capitale. Cela ne peut que mécontenter les catholiques les plus fermes, dont fait partie Philippe de Volvire. Depuis 1573, le baron de Ruffec est gouverneur de la ville d’Angoulême. A cette époque, la guerre civile fait rage, pour s’apaiser ensuite avec la signature du traité signé avec le duc d’Alençon. En 1575, le roi accorde en effet à son frère des places de sûreté dont celle d’Angoulême. C’est dans ce contexte que le duc de Montpensier se présente sous les remparts de la ville.

Sources :
- La Charente communale illustrée d’Alcide Gauguié – 1865 – Société des Gens de Lettres
- Histoire universelle - Agrippa d’Aubigné

Les suites de cet épisode sont racontées sur cette autre page

C’est donc avec une suite nombreuse que le duc de Montpensier se présente devant la porte du Palet pour prendre possession de la place, muni des pleins pouvoirs. Mais Philippe de Volvire ne l’entend pas ainsi ! Il croit complaire au roi en se faisant « tirer l’oreille ». Par conséquent, il ne tient pas compte de ses ordres. Il pense en effet, que le roi Henri III n’a concédé cet avantage à Alençon que dans un moment de faiblesse. Il n’a donc pas l’intention d’ouvrir les portes de la ville d’Angoulême.

La suite est relatée ainsi par ses contemporains. Il laissa donc le héraut du duc se morfondre devant les remparts, personne ne daignant répondre à sa sommation. Enfin après une longue attente, quelqu’un se montra au-dessus du parapet. Le duc qui se trouvait non loin de là, crût trouver un négociateur. En fait l’ambassadeur du sire de Volvire n’était autre qu’une vieille femme de haute stature. Se tournant du côté du duc qui l’interpellait, elle leva certaine partie de son vêtement et dévoilant ainsi son anatomie, elle ajouta pour toute réponse « qu’elle faisait ses affaires ». Le duc de Montpensier furieux trouva sans doute cette attitude peu « catholique » et fut obligé de s’en retourner. On dit que le roi Henri III rit beaucoup de cette mésaventure et pour consoler son frère de cet affront il lui octroya en compensation Saint Jean d’Angély et Cognac.

Philippe de Volvire paya cher cette mauvaise plaisanterie car il fut assassiné à Paris en 1585. L’assassin fut-il catholique ou protestant ? Volvire avait levé bien des inimitiés autour de lui s’étant fait beaucoup d’ennemis, particulièrement auprès des protestants. Il exerça de cruels sévices sur eux ainsi que sur les gens de ses domaines pour avoir accueilli quelques calvinistes fugitifs. Après son assassinat, son corps fut transporté à Angoulême et enterré au milieu de la cathédrale. Au XIXème siècle, on retrouva cette tombe longtemps oubliée sous le pavé de l’église. Le cercueil de plomb fut ouvert et l’on s’étonna alors de constater que les chairs étaient restées intactes. Quelques curieux coupèrent en souvenir des poils de sa barbe ou mèches de cheveux d’un blond pâle avant que le cercueil ne soit remis à la même place, recouvert d’une dalle portant une inscription commémorative avec la date de sa mort et de la seconde inhumation.

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