1576 - 07 Recueil en forme d’histoire - De Philippe le Bel à François 1er, par François de Corlieu

D 16 juin 2007     H 03:18     A Pierre     C 0 messages A 2327 LECTURES


TROISIESME LIVRE TRAICTANT DE L’ESTAT DE LA VILLE D’ENGOLESME, DESPVIS LE TEMPS QU’ELLE FUT REUNYE A LA COURONNE, PAR PHILIPPES LE BEL, IUSQUES A MAINTENANT, ET PREMIEREMENT,

De 1307 à 1576, de Philippe le Bel à François 1er, histoire de la ville d’Angoulême par François de Corlieu, historien angoumoisin du XVIème siècle.

- Ch 1 - de Philippe le Bel, roi de France, qui succéda au Comté d’Angoulême par la mort de Guy de Lusignan
- Ch 2 - de Louis le Hutin, Philippe le Long et Charles le Bel, enfants de Philippe, successivement rois de France, et comtes d’Angoulême
- Ch 3 - Philippe d’Evreux et Jeanne de France.
- Ch 4 - Charles d’Espagne, connétable de France et comte d’Angoulême
- Ch 5 - comment, après la mort de Charles d’Espagne, le comté d’Angoulême revint entre les mains du roi Jean, qui le transporta aux Anglais, et après onze ans retomba entre les mains du roi Charles le Bien aimé
- Ch 6 - comme Charles le Bien-aimé donna le comté d’Angoulême à Jean, duc de Berry, son frère, qui le tint un temps, et après le rendit à Charles six, roi de France.
- Ch 7 - de Charles VI , roi de France, qui donna le comté d’Angoumois en apanage à son frère Louis, duc d’Orléans
- Ch 8 - Louis, Duc d’Orléans et comte d’Angoulême
- Ch 9 - Jean de Valois, fils de Louis, comte d’Angoulême
- Ch 10 - Charles de Valois, comte d’Angoulême
- Ch 11 - François de Valois, roi de France, dernier comte d’Angoulême.

CHAPITRE I. - DE PHILIPPES LE BEL, ROY DE FRANCE, QUI SUCCEDA AU COMTÉ D’ENGOLESME PAR LA MORT DE GUY DE LEZIGNAN.

Celuy qui a leu la première partye de cette histoire, a veu comme antiennement le comté d’Engomois estoit tenu en domaine par noz premiers roys, qui enuoyoient des gouuerneurs pour tenir le pays souz leur main : que despuis, et du viuant de Charles le Simple, roy de France, Aldoin, gouuerneur d’Engoiesme, s’empara du comté, et le transmit héréditairement à sa postérité, laquelle en iouït, comptant le temps de Vulgrin son père, par l’espace de quatre cens quarante et vn an, et iusques en l’an mil trois cens sept qu’il tomba en la couronne de France, par le moyen que dit est. Or, Philippes, après que le comte Guy fut mort, n’eut rien plus hatif que de venir en personne prendre possession du comté d’Engolesme et le mettre en sa main : Mais la dame de Pons et la comtesse de Sanserre qui auoient desia prins le nom de comtesse d’Engolesme, Dreux de Marle et Aymar, fils de Guillaume de Valences se y opposèrent : les deux sœurs comme héritières de Guy, et les autres pour plusieurs droicts qu’ils pretendoient en la maison d’Engolesme, dont ils tenoient en procez le comte quant il viuoit. Toutes-fois le roy pacifia le tout incontinent, car il accorda à la dame de Pons aisnée, sœur de Guy, qu’elle iouiroit de tous les biens délaissez par son frère sa vie durant, à la charge qu’elle ne pourroit recepuoir les homages des vassaux ne coupper les bois de fustaye, sauf qu’elle pourroit disposer de cent liures de reuenu, à prandre sur la seigneurie de Ville-bois, et iusques à la somme de deux mil liures vne fois payée sur les biens de Bretaigne. Quant à la comtesse de Sanserre, il luy fut assigné mil liures de rente ailleurs, et mil liures qui luy furent payées. Quant à Dreux de Marle, la seigneurie de Moulineus luy fut donnée et quelque argent comptant, et quant à Aymar de Valences, il fut contenté en deniers. Il appointa aussi à Beatriz, touchant son douaire et deniers dotaulx, et luy laissa, marché faisant, le chasteau de Coignac pour sa demeure, auecques pouuoir de chasser en ses bois aux bestes noires seulement : Ces accordz furent faits à Engolesme l’an mil trois cens et huict, et au partir, le roy confirma tous les dons, biens-faitz et legatz, que les Taille-fers et ceux de Lezignan auoient faits aux églises du pays, et laissa à Engolesme vn gouuer-neur nommé messire Guillaume de la Celle, pour acheminer les affaires et prendre le serment des vassaux.

L an mil trois cens quatorze , mourut Philippes le Bel, laissez trois fils, Loys, Philippes et Charles. Fit testament par lequel il donna à Charles, entre autres choses de son appanage, le comté de la Marche et la ville de Fougières, reseruant par exprez au roy, et couronne de France, le comté d’Engolesme, les chasteaux de Coignac, Merpin et Lezignan.

Du temps que le roy Philippes tint l’Engomois, furent deux euesques à Engolesme, Foulcault deuxiesme et Iean quatriesme, dont le premier vesquit deux ans et l’autre quatre.

CHAPITRE II - DE LOYS HVTIN , PHILIPPES LE LONG ET CHARLES LE BEL, Enfans de Philippes, successiuement roys de France, et comtes d’Engolesme

Ces trois vesquirent peu, et de leur viuant n’ay trouué chose aduenuë en Engomois qui mérite estre escrite. Loys mourut l’an mil trois cens seize, laissée vne fille nommée Ieanne, de sa femme royne de Nauarre, et comtesse de Champaigne et Brye. Philippes le Long, l’an mil trois cens vingt et vn : et Charles, paruenu à la couronne, maria sa niepce royne de Nauarre, à Philippes, fils de Loys, comte d’Eureux, et pour son dot et.les droicts qu’elle pretendoit en Champaigne et Brye, luy donna le comté d’Engolesme, à pact de reuersion à la couronne, à défaut d’hoirs masles, enquoy a failly l’autheur des Annalles de France, qui dit que la recompence fut assignée à la royne de Nauarre en la Marche, car la vérité est celle que ie dy.

Enuiron ce temps viuoient en Engomois plusieurs notables personnages et grand seigneurs, sçauoir : Guy, sieur de la Roche-foucault, fils de Emery, auquel le roy Philippes le Long donna exploict pour son chasteau de la Roche, en la forest de Braconne, en recompence (comme porte le don) des seruices que Guy luy auoit fait, le recognoissant pour son naturel et droicturier seigneur, et s’estant mis et ses chasteaux en son obéissance. Item Emery de la Rochechouard, qui espousa Lore, dame de Chabanois et Confolant, dont vint Echiuat, troisiesme de ce nom ; autre Robert, seigneur de Mont-beron ; Bertrand, fils de Guillaume, sieur de Rochandric ; Alo, quatriesme du nom, sieur de Montmoreau, et vn euesque, successeur de Iean, nommé Gaillard.

CHAPITRE III, PHILIPPES D’EVREVX ET IEANNE DE FRANCE , sa femme, comtesse d’Engolesme

L’an mil trois cens vingt et vn, furent les nopces de Philippes, comte d’Eureux, et Ieanne fille de Loys Hutin, à laquelle appartenoit le royaume de Nauarre, de par sa mère, duquel royaume toutes-fois le roy Charles, son oncle, ne luy voulut faire deliurance, mais luy bailla seullement le comté d’Engomois, où elle et son mary vindrent dès la mesme année demeurer, et se y tindrent jusques à l’an mil trois cens vingt et huict, que Philippes de Valois, successeur de Charles, meu de conscience, luy randit ledit royaume ; et lors Philippes d’Eureux et la comtesse sa femme, ayant miz ordre et estably officiers au pais, s’en allèrent demeurer en Nauarre, sans que on sache que despuis ils soient retournez en Engomois, sinon peut estre la comtesse après le decez de son mary, car on trouue qu’elle se retira à Paris : mais auparavant que de aller en Nauarre ils tindrent les estatz, firent proclamer leurs hommages, et prindrent les serments de leurs vassaux d’Engomois, commettant la vérification de leur domaine à leurs officiers ; et souz leur authorité passèrent toutes choses audit païs, tant qu’ils vesquirent, comme de ceux qui en estoient les vraiz et naturels seigneurs.

Le mesme an mil trois cens vingt huict, mourut à Coignac la comtesse Beatriz de Bourgoigne, douairière d’Engolesme, qui fut une moult belle et sage dame. Elle ordonna par son testament (que i’ay veu) estre enterrée aux Cordeliers d’Engolesme, ou son corps fut apporté et inhumé deuant le grand autel. Au temps des troubles de l’an mil cinq cens soixante et deux, son tombeau fut ouvert et fut trouué son corps cousu par dessus le suaire en vne peau de fort cuyr sans plomb. Elle fonda dix chappelles, sçauoir : six en l’église cathedralle d’Engolesme, et quatre en celle de Xaintes, et les dotta de vingt liures de rente chascune, qu’elle auoit acquis en la chatellenie de Boutheuille.

La mesme année, le roy Philippes donna le comté de la Marche à Pierre, seigneur de Bourbon. Aucuns disent que ce fut pour pacifier quelque procez qui estoit entre eux pour l’appanage de Bourbon : autres que ce fut pour les seruices que auoit fait ledit sieur à sa Majesté au recouurement de la Couronne.

L’an mil trois cens trante six, mourut Péronnelle de Senlis, comtesse de Dreux et douairière de Chasteau-neuf, et fut enterrée en l’église de Bassac.

L’an mil trois cens quarante trois, Philippes, roy de Nauarre, estant deuant la ville d’Arsezille en Grenade, que le roy de Castille et luy auoient assiégée sur les Maures qui la tenoient, fut tué ; son corps, enterré en l’église de Nostre Dame de Pampelune, et son cœur aux Iacobins de Paris ; laissa deux fils et deux filles, Charles, qui fit tant de maux en France ; Philippes, comte d’Eureux ; Blanche, seconde femme de Philippes de Valois , et vne autre que espouza le comte de Foix.

Enuiron ce temps recommancèrent les guerres des Anglois, lesquels auoient dormy despuis le temps de sainct Loys, d’autant plus dangereuses que le suject en fut plus grand, car premièrement les deux nations ne se guerroyoient que par ialouzie ou pour quelques surprinses de villes ou chasteaux, mais ceste dernière guerre fut de tout l’estat de la couronne de France, que le roy anglois, fils de Yzabel, fille de Philippes le Bel, roy de France, pretendoit lui appartenir, voulant faire succéder les femmes au royaume des François et leur commander contre leurs loix et coustumes : et dura ceste guerre cent ans et plus, courageusement entreprinse, poursuiuie obstinément et soubstenuë de mesmes, dont la ville d’Engolesme en sentit sa bonne part ; car il se trouue (afin que ie ne touche que ce qui concerne nostre particulier) que, l’an trois cens quarante cinq le comte d’Herby, lieutenant à Bourdeaux pour le roy d’Angleterre Edhuard, aduerty qu’il n’y auoit aucunes garnisons à Engolesme, enuiron le mois de iuin, vint mettre le siège deuant auecques mil hommes de cheual et deux mil hommes de pied archiers, et contraignit les habitans de venir à composition, par laquelle iceux habitans promirent de randre la ville, si dedans vn mois le roy n’enuoyoit homme puissant de tenir les champs contre le comte, et de ce donnèrent hostages vingt quatre des principaux bourgeois de la ville, qui furent enuoyéz à Bourdeaux ; moyennant ce, le comte d’Herby leua le siège, tenant les champs pendant que ceux de la ville enuoyerent deuers le roy qui se trouua empesché ailleurs, et partant furent les habitans contrainctz (le secours leur défaillant) randre la ville aux Anglois, qui y laissèrent vn capitaine nommé Iean de Nornic. Mais sur la fin de la mesme année, au mois de ianuier, le roy Philippes enuoya le duc de Normandie son fils, pour reprendre Engolesme qui, partant de Thoulouze auecques vne armée de cent mil hommes l’assiégea, et d’arriuée fit tous ses effortz pour la prandre d’assaut ; mais les Anglois se défendirent vaillamment plusieurs iours, de sorte que le duc fut contrainct de clorre et renfermer la ville pour empescher les viures, n’ayant autre espérance de la prandre que par famine. Le capitaine anglois se voyant réduit à extrémité, vza d’vne telle ruze : La veille de la Purification de Nostre Dame venue, il demanda treues au Duc pour le lendemain seullement, lesquelles il obtint pour l’honneur de la feste. Ce fait, le matin venu, troussa baguage, et auecques tous les siens, passant au milieu du camp de son ennemy, se sauua à la prochaine garnison d’Anglois, et de là à Bourdeaux, sans qu’on luy osast rien demander à cause des treues. Voilà comme le conte Froissard ; mais l’autheur de l’histoire de Flandres dit que le comte d’Herby estoit à Engolesme en personne auecques les comtes de Lisle et de Monbeliard. Ainsi la ville fut reconquise ou le duc demeura iusques à la my Karesme, attendant la douceur du temps.

L’an mil trois cens quarante neuf, au mois d’octobre, mourut, à Paris, Ieanne, royne de Nauarre et comtesse d’Engolesme, et fut enterrée à Sainct Denis, près son père Loys Hutin, après la mort de laquelle, Iean, roy de France, celuy qui reprint Engolesme sur les Angloys, s’empara du comté d’Engomois et le mit en sa main, nonobstant que la royne de Nauarre eut laissé des enfans, et que Charles, fils aisné d’elle, eut espousé la fille dudit roy, ce qu’il fit, cognoissant le legier courage de son gendre et pour la conséquence de la ville qu’il sçauoit seruir de frontière à ses ennemis du costé de la Guyenne.

L’an mil trois cens cinquante, le roy lean fit trancher la teste, à Paris, à Raoul, comte d’Eu et deGuynes, connestable de France, conuaincu de leze majesté : l’estât duquel il donna à messire Charles d’Espaigne, que peu auparauant il auoit marié auecques la fille de Charles, comte de Bloys, et luy donna encores le comté d’Engolesme, en faueur de mariage, contre ce qu’auoit ordonné Philippes le Bel par son testament. Ce Raoul, comte d’Eu, estoit fils d’autre Raoul dont nous auons parlé cy deuant, et seigneur de larnac et Chasteau-neuf en partie et de Ciuray en Poictou, parquoy par sa mort il confisca ses biens, et de la sont venuz les quinctz de Iarnac et Chasteau-neuf, qui appartiennent au roy, lequel aussy iouït de Ciuray à ce tiltre.

Au temps de la royne de Nauarre, comtesse d’Engolesme, vesquirent en Engomois plusieurs hommes de nom : et premièrement l’euesque Aquilin, successeur de Gaillard, qui, par commission du pape, informa de la vie de Yues le Breton, patron des aduocats de France, et sur l’information qu’il en fit auecques l’euesque de Limoges son adioinct, futYues canonizé ; Emery, fils de Guy sieur de la Roche-foucault, qui fut tué à la bataille de Poictiers où il gist ; Bertrand sieur de la Rochanderic et Hugues son fils ; Ymbert de Mont-beron, fils de Robert, qui espouza Yoland, dame héritière de Mastas ; Guillaume sieur de Ruffec, cheuallier ; Echiuat sieur de Chabanois et Confolent, fils de Emery , et qui fut plus renommé que tous ceux la ; maistre lean Fabri, docteur es loix, natif de Roussines en la terre de Mont-beron, homme sçauant en la Jurisprudence et premier des Jurisconsultes gaulois, lequel se tenoit à Engolesme et y mourut enuiron l’an mil trois cens quarante, fut enterré au cloistre des Iacobins, ou se voyoit encores son epitaphe ces ans passez, contenant plusieurs sortes de vers à sa louange et sa représentation au milieu, séant en vne chaire auecques ses habits doctoraux, desquels vers ie n’ay aucune mémoire, fors de deux qui estoient escrits à part souz ses piedz, et croy qu’il les auoit faits, disans ainsi :
Si nul ne doit, ne peut autre plus cher auoir, que soy,
Comment voudra ton hoir, ce que tu n’as voulu bailler pour toy.

CHAPITRE IV - CHARLES D’ESPAIGNE, connestable de France et comte d’Engolesme

Charles d’Espaigne, connestable de France, fut fait comte d’Engolesme l’an mil trois cens cinquante, par don que luy en fit le Roy, à Ville-neufue d’Avignon, le vingtroisiesme iour de décembre, lequel don est causé sur leur proximité ( comme estant cousin du Roy, descendu de ses prédécesseurs, nourry dès sa ieunesse auecques luy ) et sur les seruices qu’il luy auoit fait, et luy bailla d’auantage les chastellanies de Benaon et Fontenay l’abattu, le tout à hommage, pour lui et ses hoirs masles procrées de sa chair en loyal mariage. Aucuns ont voulu dire qu’il se appeloit Charles de la Cerda et qu’il estoit nepueu du roy Philippes de Valois qui luy auoit donné Engolesme, ce qui est faux. Froissard raconte quel il fut et dit qu’ils estaient deux frères, Loys et Charles, qui vindrent en France . au seruice du roy, fils d’vn puisné de la maison de Castille, cousins germains de Alphonse d’Espaigne, au fils duquel les François donnèrent secours contre les forces du prince de Galles. D’ailleurs ceux qui sont versez es histoires françoises sçauent assez que le roy sainct Loys maria Blanche sa fille auecques Ferrand d’Espaigne, roy de Castille, aieul de ces deux frères, et qui estaient par ce moyen proches parens du roy. ï’ay veu les armoiries du comte Charles en plusieurs lieux, et portait de France escartellées de Castille toutes telles que les portoit la royne mère de sainct Loys, qui se voient au grand vitral des Cordeliers de Poictiers qu’elle fit faire. Or, estant Charles comte d’Engolesme, il ne tarda gueres qu’il ne vint prandre possession de son comté, et fut à Engolesme, Coignac et autres lieux du pays assez longtemps, comme i’ay veu par les lettres de confirmation des biens faits et priuileges concédez aux villes, églises, abbayes et monastères du pays par ses prédécesseurs comtes qu’il leur expédia y estant, et par les hommages lesquels luy furent faits, qui tous sont de l’an mil trois cens cinquante et vn et cinquante deux. Entre autres choses, i’ay leu au trésor de la ville de Coignac, que y estant ïl bailla permission aux bourgeois d’icelle ville d’auoir maison appellée l’escheuinage et bource commune, se assembler à son de cloche et présenter par chascun an quatre prud’hommes au seneschal d’Engomois pour en eslire l’vn d’eux en maire, et leur donna iurisdiction iusques à soixante sols et un denier, que les roys de France ont confirmé despuis. Luy, de-retour au païs de sa femme fut fait tuer en son lict, en la ville de Laigle, par Charles, roy de Nauarre, qui estoit desplaisant dequoy le roy lui auoit osté le comté d’Engolesme, et pensoit que le connestable l’eust fait faire. Voila la fin de Charles d’Espaigne, lequel fut comte d’Engolesme enuiron deux ans et demy, et est enterré en l’église Sainct Sauueur, de Bloys.

CHAPITRE V. - COMME APRES LA MORT DE CHARLES D’ESPAIGNE, Le comté d’Engolesme reuint es mains du roy Iean, qui le transporta aux Anglois, et après vnze ans retomba es mains du roy Charles le Bien aymé

Bien que le roy de Nauarre eust fait tuer Charles d’Espaigne,comme dit est, non pourtant recouura il le comté d’Engolesme, mais le reprint le roy en sa main et y enuoya gouuerneur et bonnes garnisons, qui fut cause que IeNauarrois j se ralia des Anglois et commança à faire guerre ouuerte au roy, lequel fut contrainct enfin d’entendre à composition et finer ce différent moyennant grandes sommes de deniers comptants et trente huict mil liures de rente en assiete qu’il assigna au roy de Nauarre, en Normandie, pour le comté d’Engolesme et les droits qu’il pretendoit es comtés de Brie et de Champaigne : et ainsi demeura derechef l’Engomois au roy.

L’an mil trois cens cinquante six, près de Poictiers, Edhuard, prince de Galles et duc de Guyenne, print prisonnier Iean, roy de France, et le mena à Bourdeaux et de là en Angleterre, où sa majesté fut iusques en mil trois cens soixante qu’il fut deliuré moyennant entre autres choses qu’il laissa pour rançon au roy anglois tout le pais d’Aquitaine iusques à la riuiere de Loyre, et particulièrement la ville d’Engolesme et païs d’Engomois en tout droict de souueraineté, ainsi qu’il est deduict plus amplement es annales de France. Et suiuant ce traicté manda le roy de liurer les villes aux Anglois ; mais les habitans d’Engolesme disoient que ia rien n’en feroient, et fallut que le roy leur en escriuist derechef, enioignist très expressément de ce faire : les lettres patentes adroissantz aux maire, iurez, vniuersité et habitans d’Engolesme, en sont au trésor de ladite ville, suiuant lesquelles messire Iean Chandos, seneschal en Guienne pour le roy d’Angleterre, après plusieurs reffuz qu’en firent les habitans, entra en Engolesme le vingt sixiesme octobre, l’an mil trois cens soixante et vn, ou peu de temps après le prince de Galles vint aussi demeurer auecques sa femme, y faisant sa plus ordinaire résidence pour la force et commodité du lieu. Ce fut vn prince courageux et magnanime , mais superbe et hautain à l’angloise. Il fut de haute stature, fort sur ses membres, ayant les cheueux roux et la barbe, les yeux sanglans et estincellans, comme disent ceux qui ont escrit de luy, et qui eut fait beaucoup de maux en France s’il eust vescu.

Sur la fin de l’an mil trois cens soixante et deux, la princesse de Galles accoucha en la ville d’Engolesme d’vn filz qui fut nommé Edhuard, et, pour honorer sa releuée, le prince manda grand nombre de seigneurs, dames et damoiselles de tous ses païs. Froissard dit qu’il y fut faite vne très-belle feste de quarante cheualliers et quarante damoiselles, à laquelle se trouua Pierre de Lezignan, roy de Cypre, qui estoit venu en France pour solliciter les chrestiens de secourir la terre saincte.

L’an mil trois cens soixante et six, le prince de Galles, pour ne demeurer sans rien faire, entreprint la deffence de dom Pierre, roy de Cas-tille, contre Henry, son frère bastard, que le roy maintenoit, et raconte Froissard que vn iour qu’il estoit en son chasteau d’Engolesme, accompagné de plusieurs grands seigneurs, il demanda au sire de Labreth auec quel nombre de gents il luy ferait seruice en cette guerre, qui fît responce qu’il luy fourniroit mille lances, ses vassaux, sa terre gardée. Le prince, tournant la teste vers les seigneurs anglois, dit en son langage qu’on deuoit bien aymer la terre ou il se trouuoit de tels barons, et dit au sire de Labreth qu’il les tenoit tous. Toutes-fois peu après luy estans venu plus de gents qu’il ne pensoit, réduisit les mil lances à deux cents, dont icelluv de Labreth fut mal contant, d’autant qu’il auoit desapoincté beaucoup de ses gents, et iceux retirez de leur prou faisant, comme dit l’autheur, dont il pensa dire quelque chose ; mais le prince luy respondit durement qu’il passeroit par là. Et, au retour de cette guerre, il assembla les Estats de tous ses païs à Engolesme, ou il imposa vne tace sur le peuple de dix sols tournois pour chacun feu, le fort portant le foible, par an et pour cinq ans : cause de mescontanter plusieurs grandz seigneurs ses vassaux, qui d’ailleurs se commençoient à ennuier des Anglois à cause de leur arrogance insuportable, et qu’ils ne faisoient conte, ne n’atiroient à eux autres gents que ceux de leur nation, auquels ils bailloient toutes les charges, honneurs et offices du païs, et en déboutaient lesdits seigneurs , qui seulz auparauant les auoient, iusques à dire par les Anglois qu’ils n’en estoient, taillés ni dignes, comme dit Froissard. Tellement qu’il ne tarda gueres que le sire de Labreth, les comtes d’Armaignac et de Perigord et plusieurs autres ne se reuoltassent contre eux, tous lesquels se retirèrent deuers le roy Charles cinquiesme qui estoit lors, et se firent parties contre le prince, et la dessus Froissard dit vn bon mot, que le roy Philippes de Valois et Iean son fils auoient perdu les Gascons (ainsi appelle il tous les païs de pardeça) par hautaineté, et aussi fit le prince de Galles, et que le roy Charles, fils de Iean, les reconquist par douceur, largesse et humilité, et que ainsi veullent estre Gascons menez. Le roy enuoya adiourner le prince à comparoir en personne en la chambre des pairs, à Paris, pour ouyr droict sur les plainctes du peuple d’Aquitaine, lequel fit responce que voirement il y yroitle bacineten teste, accompagné de soixante mil hommes, et des lors recommença la guerre. Pour fournir à laquelle le roy d’Angleterre enuoya de pardeça les comtes de Cantebruge et de Pennebroth, lesquels vindrent trouuer le prince à Engolesme, et de la furent courir le païs de Perigord auec trois mil combatans, ou ils prindrent le chasteau de Bourdeille, et ce fait se retirèrent. D’autre part, le roy assembla ses forces et mit sus deux armées : l’vne que menoit le duc d’Anjou son fils, qui print Limoges sur les Anglois, et l’autre le duc de Berry son frère. Quoy voyant pensa le prince que les François le viendraient assiéger à Engolesme : si manda gents de tous costéz, pour venir trouuer à Coignac, ou son frère le duc de Lanclastre, nouuellement venu d’Angleterre, se rendit, et furent en tout douze cens lances, mille archiers et mille hommes de pied, auec lesquels le prince fut assiéger la ville de Limoges, laquelle il reprint à force, et fut là fait grand meurtre de menu peuple, après laquelle prinse, le prince qui estoit malade d’hydropisie et qui deslors n’alloit plus que en lectiere, laissa messire Henry Haye, cheuallier anglois, gouuerneur à Engolesme et se retira à Bourdeaux auecques sa femme et de là en Angleterre pour changer d’aër, ou il mourut d’icelle hydropisie, et despuis ne prospérèrent les affaires des Anglois en la Guyenne.

Apres le retour du prince en Angleterre, qui fut l’an mil trois cens soixante et huict, continua la guerre de pardeça, et conduisoient les Anglois messire Iean Chandos, connestable en Guyenne, le duc de Lanclastre, les comtes de Cantebruge et de Pennebroth et le Captal de Bus gascon, durant laquelle guerre se rendirent plusieurs villes aux François.

L’an mil trois cens septante deux, messire Henry Haye, gouverneur d’Engolesme, fut pris par les François, deuant Soubize, et plusieurs autres grands seigneurs anglois, cause que les habitans d’Engolesme, qui ne faisoient que espier l’occasion de s’affranchir du ioug des Anglois et recouurer leur liberté, se voyans les plus fortz en leur ville, par ce que la plus part de leurs garnisons auoient suiuy leur capitaine, fermèrent leurs portes aux fuyars, et despuis ne voulurent receuoir lesdits Anglois, mais se donnèrent es mains et obéissance du roy Charles cinquiesme, lequel, pour rémunérer de ce loial deuoir, leur octroya plusieurs beaux et grands priuileges que ie n’ay voulu icy insérer, mais les ay reiettez à la fin du liure, ou i’en ay fait vne briefue recollection, et des autres priuileges à eux concédez par les roys subséquents iusques à maintenant. Et ainsi reuint la ville d’Engolesme es mains du roy de France son seigneur naturel, vnze ans après qu’elle eust esté liurée aux Anglois.

Soubz le roy Iean et le prince de Galles, ves-quirent en Engolesme plusieurs hommes illustres, sçauoir : Helies, second du nom, euesque, successeur d’Aquilin ; Emery sieur de la Roche-foucault, fils de celuy qui fut tué à la prise du roy Iean, auquel sa majesté donna le chasteau de Boutheuille ; messire Amaury de Craon, cheuallier , sieur des quatre quintz de larnac et À Chasteau-neuf et de Moulineuf, par succession de Amaury de Craon son père et de ceux d’Eslion ; messire Raymond de Mareuilh, qui fut de ceux qui se reuolterent contre les Anglois, et duquel Froissard escrit que, durant la guerre, comme il reuenoit de Paris, il fut prins par les Anglois près d’Argenton, dont le roy d’Angleterre aduerty, manda de le luy garder et qu’il le feroit escorcher tout vif ; mais il euada par le moyen d’un Anglois qui le gardoit, auquel il voulut donner la moytié de son bien, et l’Anglois se contenta de deux cens liures de rente ; ce fut vn gentil cheuallier et qui fit beaucoup de seruices au roy en ceste guerre. Il espousa Iouide, fille de Hugues de Montchaulde, qui luy porta en dot les seigneuries de Vibrac et Angeac sur Charante, eut vn nepueu, sieur de Mareuil, nommé Guillaume, qui suiuit tousiours le party des Anglois, et fut prins auec les autres deuant Soubize ; le roy donna à l’oncle les biens du nepueu et les seigneuries de Ville-bois et de Grezignac. De ce Raymond est descendue dame Gabrielle de Mareuil, marquise douairière de Mesieres, de laquelle a esté parlé cy deuant ; messire Iean Chandos Anglois, qui se tenoit ordinairement à Engolesme, et fit faire vne des portes de la ville qui, de son nom, a esté appellée la porte de Chandos ; messire Milles de Thouars, qui espousa dame Ieanne de Chabanois, fille de Echiuat, seigneur de Chabanois et Confolent.

CHAPITRE VI - COMME CHARLES LE BIEN AYME donna le comté d’Engolesme à lean, duc de Berry, son frère, qui le tint un temps, et après le rendit à Charles sixiesme, roy de France.

Bien que la ville d’Engolesme fut reduitte en l’obéissance du roy, comme dit est, non pourtant l’estoit le reste du païs, mais y auoit encores plusieurs villes et chasteaux qui tenoient pour les Anglois, comme Coignac, Merpin, Chasteau-neuf, Boutheuille et presque toutes les forteresses d’autour la ville. Quoy voyant le roy bailla les comtés d’Engomois et Xainctonge au duc de Berry son frère, qui les tint quelques années faisant continuelle guerre aux ennemis ; et entre autres fut par luy recouuerte la ville de Coignac, et y entra le duc le premier iour de iuin mil trois cens septante cinq : et l’an ensuiuant mil trois cens septante six, il obtint lettres pour imposer sur chascun feu du comté deux francz d’or, le fort portant le foible, à fin de subuenir aux frais de ceste guerre, et print les chasteaux de Chasteau-neuf sur Charanfe et Merpin, qui est vn fort chasteau près Coignac qu’on dit auoir esté basty par Charlemaigne. I’ay leu que le roy fut présent au siège de Chasteau-neuf, lequel dura quatre ans et d’auantage ; mais à la fin et l’an mil trois cens octante six, le duc remit le comté es mains du roy Charles sixiesme, moyennant la somme de quatre vingts mil liures à laquelle ils composèrent les fraiz que le duc disoit auoir fait à la réduction du païs.

De ce temps la et plusieurs années suyuantes, le plat païs d’Engomois fut estrangement molesté des coureurs et pillars qui tenoyent les forteresses tant d’vn que d’autre costé ; ils voloient, saccageoient et rançonnoient qui pouuoient : les garnisons faisoient courses tous les iours par le païs, surprenoient villes et chasteaux, tailloient les laboureurs et marchans, et le premier qui se pouuoit emparer d’vne place s’y fortifioit, sans en vouloir partir, fust elle au roy, et en prenoit le reuenu, voire que le roy estoit quelques fois contrainct de racheter à purs deniers ses villes et forts des compagnons qui les tenoient.

CHAPITRE VII - de CHARLES SIXIESME , ROY DE FRANCE , qui donna le comté d’Engomois en appanage à son frère Loys, duc d’Orléans.

L’an mil trois cens octante, le roy Charles le bien aymé deceda, et luy succéda Charles sixiesme du nom son filz, qui fit messire Jacques de Mont-beron, cheuallier, fils de messire Imbert, son seneschal en Engomois, où encores pour lors les Anglois tenoient aucunes places : mesmes le fort chasteau de Boutheuille.

L’an mil trois cens octante sept, messire Loys de Sancerre, mareschal de France, passant par Engomois, trouua quelques chasteaux et forteresses sans garde ou les ennemis se feussent peu fortiffier : et qui n’estoient de conséquence, lesquels il commanda de desmolir, et fut le chasteau de Iarnac et la forteresse de Bourg sur Cha-rante ruynez par les habitans de Coignac.

L’an mil trois cens nonanle, le roy ayant volonté d’appanager son frère le duc de Touraine, du comté d’Engomois, pour sçauoir quel domaine il y auoit et de quel reuenu, en fit faire la veriffication par son seneschal, messire Iacques de Mont-beron, et se trouua que le reuenu d’vne année commune se montait pour lors deux mil trois cent septante cinq liures tournois. Pour lors estoit euesque à Engolesme lean quatriesme du nom, et en Engomois viuoient Guy, fils de Emery de la Roche-foucault, grand et renommé seigneur, qui fut de ceux qui premier se rendirent au roy Charles cinquiesme et quicterent le party des Anglois. Froissard dit de ce Guy qu’il combatit en la ville de Bourdeaux deuant messire lean Harpedène, connestable en Guyenne pour le roy d’Angleterre, auecques messire Guillaume de Mont-ferrant, l’an mil trois cens octante, et fut accompagné à ce combat par deux cents gentils-hommes, tous de son lignage : dit plus qu’il estoit nepueu fils de la sœur de messire lean de Grilli, captal de Beuz. Il tint luy trantiesme les ioustes qui furent faictes à Paris, à l’entrée de la royne, l’an mil trois cens octante neuf, espousa Marguerite, fille de messire Guillaume de Craon, seigneur des quatre quintz de Chasteau-neuf et de larnac, aussi seigneur de Montbazon, Marsilac et Saincte Maure, duquel de Craon il acquit Marsilac pour neuf mil escus, et les quatre quintz de Chasteau-neuf pour deux mil liures, il acquit aussi les seigneuries de Montignac et Thouriers, de Péronnelle vicomtesse de Thouars. Il eut vn frère nommé Raymond, qui espousa l’heritiere de Barbezieux : ce Guillaume de Craon eut vn fils nommé lean et vne autre fille nommée Ieanne, qui fut mariée auecques messire Loys Chabot, cheuallier, venu de l’ancienne maison des Chabots en Poictou ; mais lean mourut sans hoirs, et par ce luy succédèrent ses sœurs, sçauoir l’ainée à Montbazon et Saincte More, et Ieanne à larnac. Viuoient aussi de ce temps la Guillaume fils de Bertrand sieur de la Rocheandric ; messire lruois sieur de Ruffec, fils de Guillaume, qui laissa vne seulle fille nommée Alienor, que espousa messire Herué de Volluire, cheuallier ; Geoffré, sieur de Mareuil, de Ville-bois, d’Angeac et Vibrac, fils de messire Raymond ; messire Regnault de Thouars, fils de Milles, seigneur de Chabanois et Confolant, qui espousa Catherine de Loiac, dont vint VII autre Milles de Thouars.

CHAPITRE VIII - LOYS, Dvc d’Orléans et comte d’Engolesme

L’an mil trois cens nonante et deux, le roy Charles sixiesme donna à son frère Loys, en partage de la maison de France, le duché de Orléans, les comtés d’Engolesme, Perigord et de Vertus. Il espousa Valentine fille au duc de Millan, de laquelle il eut trois fils et une fille, Charles, lean et Philippes , et Ieanne qui fut mariée au duc d’Alençon. Il acquist de Guy, comte de Blois, le comté de Blois pour la somme de deux cens mil liures. Fut comte d’Engolesme quinze ans, et mourut par enuie du duc de Bourgongne, son oncle, qui le fit tuer l’an mil quatre cens sept à Paris ou son corps gist en l’église des Celestins. le n’ay trouué chose aduenuë en Engomois de son temps qui mérite estre escripte, fors que le mesme an mil quatre cens sept, le fort chasteau de Boutheuille fut repris par les gens du roy sur les Anglois, et pour fournir aux fraiz du siège, fut leué, par commission du roy, au pais, la somme de trois mil sept cens seize francs. Fut de son temps un euesque à Engolesme, nommé Guillaume cinquiesme du nom.

CHAPITRE IX - IEAN DE VALLOIS, fils de Loys, comte d’Engolesme

A lean, second fils de Loys, escheurent en partage les comtés d’Engolesme et de Perigord, lequel demeura ieune par le decez de son père, en la charge et tutelle de son frère le duc d’Orléans. Leur mère et eux poursuiuirent au commancement le duc de Bourgongne par justice, laquelle leur défaillant pour la maladie du roy, eurent recours aux armes, et employèrent le roy d’Angleterre qui enuoya en France à leur secours le duc de Clarence ; toutefois , on trouua moyen d’appoincter les parties, et s’en retournèrent les Anglois sans rien faire, après que le duc d’Orléans eut composé à eux, pour leurs fraiz, à la somme de deux cens quarante mil escus, dont il leur en paya cent quarante mil contant, et pour le reste qui estoit deux cens neuf mil liures monnoye de France, selon Monstrelet, leur donna en hostage le comte lean , son frère, lequel à tant fut mené en Angleterre l’an mil quatre cens treize, estant lors seullement aagé de neuf ans, ou il fut détenu en grand captivité trante deux ans, à faulte d’acquitter cette somme, laquelle il luy conuint payer seul du reuenu de ses biens qui n’estoient grands, et par vente et engagement de ses meubles, et du comté de Perigord qu’il uendit la somme de seize mil royaux d’or au vicomte de Limoges, lean de Bretaigne, l’an mil quatre cens trante sept, Sans que ses frères luy voulussent ayder d’un seul denier. Et durant sa détention le comté fut administré souz le nom du duc d’Orléans, son tuteur, par officiers, comme le temps et les guerres le permettoient. Lesquelles guerres de long temps après ne prindrent fin en Guienne, mesmes y auoit encores pour lors en Engolesme plusieurs places fortes qui tenoient pour les Anglois, comme i’ay leu au trésor de la ville d’Engolesme du chasteau de Roche-enderic qui fut repris par messire Arnault Guilhen Cheualier, sieur de Barbazan, soy disant cappittaine gênerai pour le roy en Guyenne, deçà la riuiere de Dordoigne, l’an mil quatre cens seize, et lequel Guilhen escrit au seneschal d’Engolesme, ou son lieutenant, et au maire de desmolir iceluy chasteau : ce qu’il firent, et y auoit pour lors garnison à Engolesme, et capitaine pour le roy. Ainsi se maintint le pays iusques au retour du comte lean, qui fut l’an mil quatre cens quarante cinq, que arriué en France, et après auoir fait reuerence au roy, vint visiter sa ville d’Engolesme, ou il se tint ordinairement despuis, et l’an mil cinq cens quarante neuf se maria à vne belle et sage dame Marguerite , de la maison de Rohan, auecques laquelle il ne fut longuement qu’il luy fallut aller à la guerre qui se dressa lors es pays de pardeça, pour le recouurement de la Guienne, ou il se trouua, et seruit le roy de sa personne et biens tant que la guerre dura, et là fit preuue de sa vertu et vaillance, comme il se lit en plusieurs endroicts des chroniques de France. La guerre finie, il se retira en ses terres, et le reste de ses iours employa à bastir à Engolesme et à Coignac, veriffier et meliorer son domaine, et appoincter de ses droicts auecques ses subjectz, entre lesquels il se maintint auecques telle douceur et modestie, que de son temps et despuis fut réputé homme de saincte vie. Et estant paruenu iusques en l’aage de soixante quatre ans, mourut en son chasteau de Coignac, le dernier iour d’auril mil quatre cens soixante huict ; son corps fut porté à Engolesme et enterré en l’église Cathedralle. Il laissa deux enfans, Charles et Ieanne, et acquist, despuis qu’il fut marié, les quatre quintz de Chasteau-neuf sur Charante, de lean, seigneur de la Roche-foucault, et la seigneurie de Bourg, sur la mesme riuiere, de maistre Pierre Bragier, sieur de Brie-enbourg : il eut vn fils que le roy tint sur les fonz, nommé LOYS, et fut le premier de ses enfans, qui mourut ieune et fut enterré à Boutheuille.

Du viuant du comte lean, vesquirent à Engolesme plusieurs hommes de nom, et grands seigneurs , sçauoir : deux euesques d’Engolesme, Robert de Mont-beron et Geoffré de Pompadour : Foulques, seigneur de la Roche-foucauJt et de Marthon, fils de Guy, qui mourut de peste en la ville de Poictiers, et laissa de sa femme Ieanne, fille de Geoffré, seigneur de Rochouard, deux fils lean et Aymar, dont lean fut seneschal d’Engomois, et capitaine du chasteau de Fronssac, qui espousa Marguerite de la Roche-foucault, dame de Barbezieux, Montandre et Verteuil, sa cousine. Autre lean de la Roche-foucault, fils de Raymond, seigneur de Barbezieux, et Mussidan, cappitaine d’Engolesme pour le roy, qui aussi fut seneschal de Poictou, et tint le party du daulphin de France Loys, contre le roy Charles septiesme, dont il fut contrainct prendre lettres d’abolition que i’ay veu, mourut à Engolesme l’an mil quatre cens quarante, auquel succédèrent Georges et Guy de la Roche-foucault ; et cette Marguerite, dont nous auons parlé et ses enfans sont enterrés aux Iacobins d’Engolesme : mais Georges et Guy, qui furent aussi seneschal d’Engomois, moururent sans enfans, tellement que tout le bien de la maison de Barbezieux reuint à Marguerite, et de la tomba en la maison de la Roche-foucault. Item viuoit messire Milles de Thouars, seigneur de Chabanois et Confolant, qui espousa dame Beatriz de Mortagne, dont vint Catherine de Thouars, qui fut mariée en première nopce à messire Gilles de Bretaigne, baron de Raiz, mareschal de France, necromantien, qui fut exécuté par iustice, à Nantes, l’an mil quatre cens quarante, et en secondes à messire lean de Vendosme Cheuallier, dont vint lean de Vendosme et de lean, lacques, et de lacques, François Vidasme de Chartres, et seigneur de Chabanois et Confolant, qui a vescu de nostre temps : viuoit aussi messire Guy de Mareuil Cheuallier, fils de Geoffré , et messire Renault Chabot, seigneur de Iarnac, fils de Loys, qui fut vn moult vaillant cappitaine, faisant mortelle guerre aux Anglois : messire Ioachin de Volluire Cheuallier, sieur de Ruffec, fils de messire Nicolas ; messire François et autre François son fils, le père fils de lacques, seigneurs de Mont-beron , Archiac, Mastas et Aulnay : le fils vendit Mont-beron à la comtesse Marguerite, après la mort du comte son mary, pour la somme de dix mil escuz ; de luy sont descendus dame Loyze de Mont-beron, femme de messire Loys Preuost, cheuallier de l’ordre du roy, seigneur de Sansac, les sieurs de Tors et de Fontaines en Xainctonge, et la dame de Bourdeille, qui à présent sont. Et quand aux honnestes et plus grandes et anciennes familles des habitans de la ville d’Engolesme, qui pour lors estoient, nous trouuons que ce furent les Caillons, les Tirados, les des Ages, les Geraultz, Athons, Négriers, Preuostz, Seguis, du Sou, du Mayne et Chambaulx, et encores les Cailles et les Pelletans : car quant est de ceux du Tillet, des Corlieux , Calueaux, Couillaudz, l’Hommeletz, Ponteniers, de la Place et autres qui fleurirent souz les comtes Charles et François le Grand, ils n’estoient anciennement de la ville, mais venus d’ailleurs, et s’estoient faits grandz au seruice de leurs princes.

CHAPITRE X - CHARLES DE VALLOIS, Comte d’Engolesme

Charles estoit fort ieune quand son père mourut et demeura en la charge de sa mère, à laquelle fut donné par le roy, coadiuteur honoraire , messire Yues du Fou Cheuallier, que sa Majesté fit aussi gouuerneur d’Engomois. Quant il fut en aage, le roy l’appella à la cour et le fit gouuerneur de Guienne. Il fut parlé de le marier auecques Marie, fille vnique et héritière de Charles, duc de Bourgongne ; mais l’affaire se poursuiuit froidement, cause que la fille fut mariée ailleurs, qui fut vne grande faulte faite aux François. Cela aduint l’an mil quatre cens octante, et l’an mil quatre cens octante neuf, il espousa madame Loyze, fille de Philibert duc de Sauoye, de laquelle il eut deux enfans , François , et Marguerite qui fut despuis royne de Nauarre, et ne fut longuement en mariage qu’il luy tomba vne fluxion sur les poulmons, de laquelle en fin il mourut en son chasteau de Chasteau-neuf, au mois de febuerier de l’an mil quatre cens nonante cinq. Il auoit vn médecin auquel il se fieoit, qui luy ordonna de faire vne diette si estroicte, qu’estant à la moytié, nature luy deffaillit, non sans soupçon de faulte en monsieur le médecin, qui gaigna au pied et ne fut veu despuis : son corps fut porté à Engolesme près celuy de son père. Ce fut vn bon et sage prince, qui ne dégénéra de la vertu de ses ancestres, et les eust peut estre deuancés sans la mort qui le preuint. Ce que ie dy plus volontiers, pour le bénéfice duquel il obligea à soy maistre François de Corlieu, mon aieul et toute sa postérité, le faisant lieutenant general de sa iustice en Engomois, au seul rapport de ses mérites : lequel mien aieul estoit fils de Iean, fils de Thomas, et ce Thomas puisné de la maison de Corlieu , au pays et euesché d’Yorte, en Angleterre, qui vint icy durant les guerres des Anglois, et s’estant emparé du chasteau de Goruille à quatre lieues d’Engolesme, le tint à force, pour ceux de sa nation iusques à la réduction de Guienne, qu’il le rendit, parmy la composition qu’on luy donna vne maison audit chasteau hors du donion, et vne femme qui fut de la maison du Fresne en Anjou.

Charles maria sa sœur leanne à Charles de Coytiui, comte de Taille-bourg et seigneur de Craon, dont est descendu le seigneur de la Trimoille qui à présent est. Il acquist les seigneuries de Torteron et Solençon, du sieur de Gye, pour la somme de neuf cens escus : sa mère, laquelle après qu’il fut marié s’estoit retirée à Coignac, vesquit iusques à l’an mil quatre cens nonante sept, auquel an elle mourut, et fut son corps amené à Engolesme.

Du temps de ce comte, vesquirent en Engomois plusieurs grands personnages, sçauoir : deux euesques d’Engolesme, qui furent Raoul du Fou, frère de cet Yues dont nous auons parlé, et Robert de Luxembourg, fils bastard du connestable de Sainct Paul ; François, fils de Iean, seigneur de la Roche-foucault ; Iean , seigneur de Mareuil, fils de Guy ; messire Philippes, sieur de la Rochanderic, fils de Iean, lequel Philippes fut père de leanne, qui a esté mariée auecques messire Loys de Sainct Gelais, cheualier de l’ordre du roy et seigneur de Lansac ; messire Iean de Volluire Cheuallier, sieur de Ruffec, fils de Ioachin, et messire Iacques, fils de Regnault Chabot, seigneur de Iarnac.

CHAPITRE XI - FRANÇOIS DE VALLOIS, roy de France, dernier comte d’Engolesme.

François, comte d’Engolesme, après la mort de son père, demeura en le bail et gouuernement de sa mère. Le roy Loys douziesme, voyant qu’il n’auoit aucun fils, et que ledit comte estoit son cousin, fils de Germain, et le plus proche pour succéder à la couronne, l’appella auec sa mère incontinent près de soy, et luy fit, par l’aduis des estatz de France, fiancer sa fille aisnée, i’an mil cinq cens six, et espouser l’an mil cinq cens quatorze. Auquel an sa Maiesté deceda et luy succéda au royaume de France, le comte François, et le mesme an le nouueau roy érigea le comté d’Engomois en duché qu’il vnit d’abondant et incorpora auec tous ses membres à la couronne : puis le donna en douaire à madame Loyze, sa mère, et, après la mort d’elle, à Charles, duc d’Orléans, son second fils, en appanage, par le decéz duquel le duché retourna derechef à la couronne, et n’en est despuis sorty, mais a esté heureusement tenu et gouuerné par tres-chrestiens, tres-haux et tres-puissans roys Henry deuxiesme, Françoys deuxiesme, Charles neufiesme et Henry troisiesme à présent régnant , auquel Dieu doint bonne vie.

Du temps de ce roy, furent en Engomois d’hommes illustres et de réputation, ceux qui ensuyuent : Et premièrement, six euesques d’Engolesme, sçauoir : Octauien de Saint-Gelais, homme congneu par ses grandes lettres : Hugues de Bausa Carcynois, Anthoine d’Estain Auuergnac, Anthoine de la Barre Tourangeau, et laques et Philippes Babous frères, cestuy cy cardinal et ambassadeur à Rome, auquel a succédé messire Charles de Bony Florentin, le soixante deuxiesme euesque séant a présent sur la chaire de Sainct Ausone, des mérites duquel de Bony ie me taiz, puis qu’il est viuant. Ce François de la Roche-foucault duquel a esté parlé, en faueur duquel le roy érigea la baronnie de la Roche-foucault en comté, lequel François de la Roche-foucault fut père de François second, comte de la Roche-foucault, Anthoine sieur de Barbezieux, Hubert sieur de Marlhon, Loys sieur de Montandre et Mont-guyon, et Iean, euesque de Mande : Et François second a engendré François troisiesme, comte, Iean, abbé de Marez-monstier et Cormery, et Charles, sieur de Rhandan : François troisiesme a engendré François quatriesme, qui à présent est, seigneur de grande espérance.

Item estoit de mesme temps Guy second de ce nom, seigneur de Mareuilh, fils de Iean et père de la dame de Mezieres dont a esté parlé, qui fut Seneschal d’Engomois : Item messire François de Volluire, seigneur de Ruffec, père de messire René, duquel et de la fille héritière de messire Philippes de Montauban, chancellier du duc de Bretaigne, est issu messire Philippes de Ruffec, gouuerneur d’Engomois et père du pays, qui à présent est. Item messire Charles, sieur de Iarnac, et Philippes Chabotz, enfans de Iacques, Charles, père de messire Guy, cheuallier de l’ordre du roy, seigneur de Iarnac, de Montlieu et saincte Aulaye qui à présent est, et Philippes , qui fut admirai de France. Item messire Iean de la Roche-beaucourt cheuallier, qui fut gouuerneur d’Engomois après le decéz de Charles, duc d’Orléans, père de messire François, aussi gouuerneur d’Engomois, duquel François sont descendus René sieur de la Roche-beaucourt, senechal d’Engomois, et Iean, seigneur de Sainct-Mesmes, frères. Item messire Charles Tison, père de messires Benoist et Cybart Tisons, frères, dont Cybart sieur d’Argence est viuant, tous deux descendus de cet Helies Tison, qui viuoit du temps de la royne Izabel, et plusieurs autres seigneurs de nom que i’obmetz pour briefueté. Il y auoit aussi à Engolesme deux nobles seigneurs frères, messire Iacques de Sainct Gelays, euesque d’Vzais et doyen d’Engolesme, et Charles de Sainct Gelais, archidiacre de Luxon : ces deux hommes, autant vertueux que nobles, descendus de l’ancienne famille de Sainct Gelais, qu’on sçayt estre extraicte de la puissante et noble maison de Lezignan, laissèrent vne perpétuelle mémoire de leur nom par plusieurs beaux et superbes ediffices, desquels ils décorèrent leur ville nourrisse, mesmement d’une chappelle qu’ils firent bastir en l’église cathedralle, autant belle et riche qu’il y en fust au royaume de France, et d’vne maison que Charles fit faire hors la ville, pour la retirence des pestiferez, auec vne aumosne generalle et anniuersaire qu’il fonda de douze pippes de blé de rente. le ne veux icy frauder plusieurs personnages d’honneur pour lors habitans de ladite ville de la louange qu’ils ont mérité : ce furent maistre Séraphin et Iean du Tillet frères, tous deux greffiers ciuils de la Court de parlement de Paris, et congneus pour les recommandables seruices qu’ils ont fait à cette couronne : maistre Cybart de Couillaud, lieutenant general d’Engomois, et messire Geoffré de Haulte-claire, cheuallier et maistre des requestes ordinaire de l’hoslel du roy, son fils : et maistres Iean et Guiilaume Calueaux, frères, Iean, euesque de Senlis et abbé de la couronne, et Guiilaume, procureur pour le roy en Engomois, et plusieurs autres hommes de valleur, que ie passe malgré moy souz silence, d’autant que ie craindrais de mesprandre si i’en obmettois quelqu’vn, et parler de tous, le propos en serait plus long que du principal subject de ce liure. Et quand est de ceux qui ont esté despuis le règne du roy François le Grand, et encores sont gents de grande auctorité et mérite, ie me depporte du tout d’en parler, par ce que la mémoire de leurs vertus (encores fraiche) les recommande beaucoup plus que ie ne sçauroys dire.

Iusques icy parmy les comtes d’Engomois, i’ay comme en passant tousiours touché quelque chose des seigneurs et gentils-hommes du pays, pour par mesme moyen faire entendre aux amateurs de noz antiquitez, la descente, suitte et progrés des plus signalées et illustres maisons qui y ont esté et encores sont, à fin de représenter l’histoire plus entière : et entre autres i’ay dit vne partye de ce que ie sçauois des maisons de la Roche-foucault, Coignac, Barbezieux, larnac, Ville-bois, Mareuil, Chabanois, Mont-beron, la Roche-anderic, Mont-moreau et autres : Mais ie n’ay point parlé de la maison d’Aube-terre, et gueres de celle de Ruffec, combien que ce soyent des principalles de ce comté : ce que ie n’ay pas fait par oubly, ne de leur mérite, ne de mon deuoir, ains pour n’auoir esté informé assez à temps des mémoires qui les concernoyent, lesquels m’auoient esté promis et qui encores me manquent, de sorte que ie ne puis pas vous en dire ce que ie voudrois bien ; et ce que i’en sçay est : Quant à la maison de Ruffec, qu’il est certain qu’elle est extraicte de ces anciens seigneurs de Ruffec, qui estaient du temps des Taille-fers, leurs parens, dont nous auons parlé, desquels de père en fils sont descendus les seigneurs de Ruffec qui sont de ce temps, qui auoient tousiours porté le nom de Ruffec ius-ques à messire Herué de Volluire qui espouza l’heritiere de cette maison, enuiron l’an mil quatre cens. Lequel de Volluire estoit de grande maison, seigneur de Roche-seruiere en Poictou, de la Mothe-allementet de Fresnay en Bretagne, et des ponts de Piblemy de Nantes : Et quant à leurs alliances, elles ont aussi esté fort grandes, dont font foy les maisons de la Roche-foucault, de la Marche, Bazauges, Belleuile, Combourg, des Chastelliers, du Flomel, de Miollans, de Gamaches, de Serrant et autres, esquelles ils ont prins leurs femmes : et encores despuis cent ans deux puissantes maisons d’Amboise et Montauban, desquelles estoient les aieulle et mère du seigneur de Ruffec qui est à présent : font foy aussi de leur grandeur plusieurs fondations qui se trouuent ça et la auoir esté faites par eux, comme de l’abbaye de Nieuil sur Antise, celle de Nanteuil en vallée, de Sainct Sauueur de Redon, et des carmes de Ploërmel en Bretaigne. Et cela suffira pour ce coup de la maison de Ruffec.

Quant à celle d’Aubeterre, qui est vicomte, elle est partage de la maison de Castillon : cette cy de celle de Foix, et n’ay trouué mémoire d’elle que despuis l’an mil deux cens cinquante, que vne fille de Pierre, seigneur de Castillon et d’Aubeterre, nommée Marie, fut mariée à vn grand seigneur portant le surnom de Raymonds, dont vindrent Galdras et Iean Raymonds, et de Galdras marié, que espouza Guymard Bouchard, vn autre grand seigneur, et de Guymard vint Sauary, et de Sauary Ioachin et François Bouchards ; Ioachin mourut sans enfans, et de François, qui fut seneschal d’Engomois, vint Loys, et de Loys, François second, et de cestuy cy Robert et François qui estoient nagueres tous grands seigneurs, et grandement alliés et apparentés : desquels ie ne puis particulariser autre chose, pour n’en estre suffisamment informé, et icy feray de ce recueil, priant ceux qui prendront la peine de le lire, s’ils reçoyuent quelque plaisir, vouloir faire demesme, ou mieux que moy, et s’ils sçauent quelque chose que i’aye ignoré (comme il est aysé), n’en vouloir estre chiches à leurs amis et concitoyens ; car ie suis contant qu’ils ayent l’honneur d’avoir mieux faict, et ne veux tenir autre rang entre ceux qui auront trauaillé pour la décoration de leur patrie , fors qu’on die de moy que i’ay esté le premier qui ay mis la main à l’œuure, et d’vn pas hardy ay franchy la carrière d’vn subject assez fascheux et pénible.

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