1585 - Siège confus de Brouage par les troupes protestantes

D 6 avril 2009     H 17:11     A Pierre     C 0 messages A 837 LECTURES


L’année 1585 marque la reprise des hostilités de la 8ème guerre de religion. Le siège de Brouage par les troupes protestantes est assez confus, et il se termine aussi confusément,

Source : Mémoires de la Ligue, contenant les évenemens les plus remarquables depuis 1576, jusqu’à la paix accordée entre le roi de France & le roi d’Espagne, en 1598 - Simon Goulart - Amsterdam - 1758 - Books Google

Cependant M, le Prince, pour ne laisser ces troupes inutiles, résolut, avec M. de Rohan, & les Seigneurs qui lors l’accompagnoient, de faire acheminer l’armée vers les Isles de Saintonge, pour seulement recouvrer Soubize & le château de Saint Jean d’Angle, que le Sieur de Saint Luc [1], qui étoit Gouverneur de Jacopoli, dit Brouage [2], avoit pris, & y avoit mis garnison. C’étoit aussi pour se saisir des sels qui estoient esdites Isles , desquels on pouvoit faire un grand denier. L’entreprise n’étoit pas faite pour passer outre, ni pour entreprendre sur Brouage.

Pour mieux faciliter cette entreprise, & avoir les munitions nécessaires d’artillerie & autre équipage, ledit Sieur Prince s’achemina, avec quelque nombre de cavalerie, à la Rochelle, encore que la peste y fût fort âpre. Il obtint de Messieurs de la Rochelle la provision nécessaire d’artillerie & de munitions, vaisseaux & escorte pour le tout surement conduire ès environs de Brouage, Oleron & autres lieux qui leur seroient commandés.

Durant ce voyage, ceux de la Religion prirent sur la Ligue la Tour de Fourras sur la Charente.

Le Mercredi dix-huitième de Septembre, partie des troupes s’acheminèrent droit à Saint Jean d’Angle, pour assieger le château dans lequel le Sieur de Saint Luc avoit mis le Capitaine Villetar, avec nombre de soldats, lesquels mal résolus, encore que le château & basse-cour d’icelui fussent fort bons, s’étonnèrent, & craignant d’être investis, le quittèrent de nuit sans coup frapper, aïant laissë force bagages & quelques chevaux.

Le lendemain , M. le Prince, & toutes les troupes tant de pied que de cheval, se rendirent ès Isles dans le bourg de Saint Gêmes [3]. Au même tems Messieurs de S. Mesmes [4], de Lorge [5] & de Ranques, se rangèrent à Tonne-Charente [6] avec leurs troupes. Ce qu’entendant la garnison que M. de Saint Luc avoit à Soubize, qui étoit de deux cens hommes, prirend l’effroi, & brûlant le pont & la porte de Soubize, firent état de se retirer ; ce qu’ayant entendu lesdits Sieurs de Saint Mesme, Ranques [7] & Lorges , résolurent de les suivre. Ce que s’ils eussent fait dès l’heure de l’avertissement, comme vouloit ledit Sieur de Ranques, ils eussent dès lors pris le Sieur de Saint Luc, qui étoit passé l’eau, & eussent défait lesdites troupes.Mais ayant par l’avis d’aucuns, différé jusques au Dimanche suivant, ils poursuivirent ladite garnison & la chargèrent au bourg de Moyse & à Saint Frou, & les pressèrent jusques à la cote vis-à-vis de Brouage, en un lieu appelle Grand-garçon , où après quelques escarmouches ils les rangèrent jusques sur le bras de mer & canal, où est le port de Brouage, s’étant là jettés afin que de Brouage on les vît, & qu’on leur amenât des bateaux pour passer ; mais ils furent là réduits en basse marée, qui fut cause que ne leur pouvant Je Sieur de Saint Luc donner aucun secours ni envoïer bateaux, lesdits soldats qui étoient les plus braves qu’eut Saint Luc, étant fatigués & harassés , désesperés, se jetterent dans les vases, où la plupart furent tués, les autres ne se pouvant tirer desdites vases furent noïés à la venue de la marée, les autres , jusqu’au nombre de soixante, furent pris prisonniers. Le tout se passa à la vue de Saint Luc, qui étoit sur l’autre bord en grande angoisse de voir ainsi mal mener ses gens, sans leur pouvoir donner autre secours que quelques canonades qui furent tirées de Brouage. Cette défaite fut de grande conséquence audit Sieur de Saint Luc ; car c’étoit le plus beau de sa garnison. Qui fut la première occasion que M. le Prince prit d’étendre son dessein plus avant que les Isles. Mais Monsieur de Lorges remit aucunement le désespoir du Sieur de Saint Luc, aïant renvoïé par courtoisie les prisonniers, & entr’autres les Capitaines Luchet & Millaubourg [8], outre un Capitaine nommé Sauvage, qui, contre sa foi promise, se sauva la nuit. Cela se fit au mécontentement de Monsieur le Prince, tant pour que c’avoit été sans son su, que pour ce aussi que ce reste de soldats fut en partie ce qui défendit le mieux Brouage, quand depuis on s’en approcha de plus près.

De Gemmes, Monsieur le Prince s’achemina à Saint Just, & là auprès avec ses Capitaines avisa & prit résolution de ce qui étoit à faire. Au départir ledit Sieur Prince vint descendre à côté de Marenne, en une métairie assise vis-à-vis du Pas d’Hiers , qui est le passage d’une cheneau fâcheuse à passer ; car elle ne se peut gaycr, sinon la marée étant fort basse. Ce passage est prochain du bourg d’Hiers [9], lequel comme étant le plus prochain de Brouage, le Sieur de Saint Luc vouloit défendre, & pour ce faire, avoit résolu de garder le Pas d’Hiers, qu’il estimoit être la principale avenue pour entrer dans le bourg d’Hiers. Il étoit sorti de Brouage avec environ trois cens arquebusiers, & peu de chevaux , & avoit fait faire au Pas d’Hiers une barricade gardée par quelque nombre d’arquebusiers. Lui demeura au bourg d’Hiers pour pourvoir aux autres avenues.

Cependant Monsieur le Prince aïant distribué ses commandemens sur les trois heures après midi , la marée s’en allant basse, monta à cheval. Les gardes dudit Sieur Prince, avec plusieurs soldats, (auxquels se joignirent plusieurs Gentilshommes à pied) furent commandés de donner à la barricade du Pas d’Hiers, à laquelle ils trouvèrent quelque résistance, & y fut blessé le Capitaine Vignoles [10], Capitaine des gardes , & quelques autres, & un Gentilhomme tué. Pendant qu’ils sont aux mains de ce côté-là, M. de la Boulaye [11], qui étoit commandé de charger d’un autre côté avec sa compagnie de gens-d’armes & nombre d’arquebusiers, se fit conduire de Saint Just à travers les marais par un chemin non usité, tellement que donnant à toute bride dans le bourg d’Hiers, Saint Luc l’eut plutôt sur les bras qu’il ne l’eut découvert, occasion que se sentant foible , & que s’il perdoit ce qu’il avoit avec lui, il perdoit la défense de Brouage , il se retira fort à la hâte. Ce qu’appercevant ceux qui étoient à la barricade du Pas d’Hiers, ils s’étonnèrent & s’enfuirent. Saint Luc & les siens furent poursuivis jusques près des portes de Brouage, qui favorisa la retraite de Saint Luc à coups de canon, qui battoit jusques au-dessus de la garenne, toutefois avec peu d’effet ; car ils tiroient le plus souvent à coup perdu. Ainsi en moins d’une heure & demie , sans autre perte ni résistance, ce passage fut pris, contre l’attente de tous. Et furent logés les regimens dans le bourg d’Hiers prochain de Brouage de la portée du canon. M. le Prince, la nuit venue, se retira à Marenne, distant d’Hiers d’une bien petite demie lieue. Ce fut le Jeudi 19 Septembre.

Cette facilité & succès inopiné, fut cause que M. le Prince commença à entrer en opinion de serrer Brouage de plus près, persuadé par plusieurs, qu’étant de toutes parts investi, mal garni d’hommes (car Saint Luc avoit été surpris), de vivres, munitions, & de choses nécessaires à un siege (car ils n’avoient pas même de chandelles, médicamens pour les blessés, & peu d’eau), il étoit facile d’en avoir quelque raison : quand principalement l’artillerie & le secours qu’on attendoit de la Rochelle par mer, seroit arrivé : Car sans cela il n’étoit aisé de beaucoup faire.

Le Mercredi suivant se passa en continuelles escarmouches de part & d’autres ; car les assiégeans souvent donnoient jusqu’à la justice & sur le fossé, pour attirer au combat ceux de dedans, qui quelquefois sortoient assez avant. En ces escarmouches furent blessés trois des assiégeans, plusieurs des assiegés tués & blessés, & entr’autres le principal des Capitaines que Monsieur de Lorges avoit licentié, fut blessé d’une arquebusade à la cheville du pied, qui le rendit inutile durant tout le siege, qui fâcha grandemeut le Sieur de Saint Luc ; car il étoit estimé homme de valeur.

Ce même jour, la Tour de Mornac, vers les Isles d’Alvert [12], où le Sieur de Saint Luc avoit garnison, fut assiegée par quelques compagnies que M. le Prince y envoïa. Ceux de la garnison se défendirent quelques jours ; mais se voïant sans espoir de secours, & en hasard d’être forcés, se rendirent à composition. Là dedans fut pris le Capitaine Jean Pierre , qui étoit fort favori du Sieur de Saint Luc, & avoit beaucoup de réputation.

Le Dimanche 11, M. de la Trimoille [13], qui de long- tems auparavant étoit entré en communication avec M. le Prince, pour se joindre avec lui à cette juste défense contre la Ligue, arriva à Marenne [14] avec quelque nombre de Gentilshommes. M. le Prince le reçut avec beaucoup de bonne chère & gratification , & se joignirent lors d’amitié particulière, qui fut un grand contentement à tous ceux du parti de la Religion, pour l’espérance bonne que tous concevoient de ce jeune Seigneur, & qu’il se rangeroit de la Religion, comme il a depuis fait, s’étant d’ailleurs acquis entre tous beaucoup de réputation pour sa valeur & sa modestie.

Ce même jour arrivèrent aussi les navires de guerre qu’on attendoit de la Rochelle. Tellement que par ce moïen la mer fut fermée, & le partage empêché à ceux de Brouage , qui dès-lors redoublèrent leur crainte , n’ayant pas estimé qu’on les dût presser de si près.

M. le Prince voyant ce succès plus heureux qu’il n’avoit esperé, commence aussi à entreprendre plus qu’il n’avoit au commencement délibéré, la guerre se faisant au doigt & à l’œil.

Il se résolut donc à tenir Brouage fermé de toutes parts, tant par mer que par terre. Sachant certainement que Saint Luc n’avoit pas leans plus de quatre cens hommes , desquels plusieurs étoient blessës. Ceux qui sortoicnt de Brouage assuroient qu’ils avoient grande disette d’eau, peu de vin, & encore presque tous gâtés ; de bleds, ils en avoient raisonnablement, mais d’autres menus vivres, grande rareté, n’ayant aucun magasin ; mais seulement quelque bétail, que deux jours seulement auparavant l’arrivée de M. le Prince ils avoient ravi des prochains villages , & jetté là-dedans.

Le sieur de Saint Gelays étoit logé en la maison de la Blanchardiere, hors du bourg d’Hiers, sur le bord du coteau regardant dans Brouage, & de là pourvoyoit aux choses nécessaires pour les vivres & munitions des soldats : comme aussi le Sieur de Boisdulie, qui de ce faire fut commandé par M. le Prince. Ils y faisoient ce qu’ils pouvoient , mais non pas ce qu’ils eussent bien voulu ; car les soldats voïant qu’on vouloit faire là séjour, commencèrent à entrer en mécontentement, & à demander argent pour acheter les vivres & autres choses nécessaires qu’on apportoit de divers endroits. Plusieurs commencerent à laisser leurs enseignes & se dérober, jusqu’à tems qu’on eût recouvert quelques deniers, tant de ceux des Isles que de quelques Gentilshommes qui en prêtèrent ; au moïen de quoi on fit faire montre & toucher la solde aux soldats, qui les contenta, & les fit reprendre courage aux combats & escarmouches ordinaires, qui se faisoient en divers endroits des marais devant la Ville.

Environ le vingt-cinquième, pour réprimer les courses des assiegés du côté de la justice, où est le grand chemin , on commença à fortifier une maison qui est au-dessus de la garenne près la justice, à l’embouchure du grand chemin qui mène dans la porte de Brouage de côté d’Hiers ; mais pour ce qu’on n’y avoit point laissé de gardes, & que les soldats s’étoient tous retirés en leur retranchement du bourg d’Hiers, ceux de Brouage sortirent de nuit, & rompirent les barricades, comblèrent les retranchemens encommencés, & mirent le feu en la maison. Toutefois le lendemain on la fortifia, & y mit-on forte garde, tellement qu’on s’en servit toujours depuis.

En ce même tems, M. de Ranques , qui commandoit en Oleron , prit sur la côte un Mestre de Camp du Maréchal de Matignon, nommé Beaumont, accompagné du premier Capitaine de Brouage, nommé Thiebert [15], qui avoit sa compagnie dans la Ville, & autres Gentilshommes & soldats jusques au nombre de vingt-deux, qui venoient de la part de M. de Matignon pour négocier avec Saint Luc touchant son secours. Ils étoient dans un traversier [16], où ledit Sieur de Banques les attaqua avec trois chaloupes ; & les ayant forcés au combat, les contraignit de se jetter en mer, & gagner terre en Oleron où ils se sauverent en une maison que ledit Sieur de Ranqucs assiègea , & les contraignit de se rendre. Le Capitaine Thiebert étant estimé homme de menée & factieux (qu’on disoit même avoir négocié en Espagne pour la Ligue) fut avec d’autres prisonniers de guerre, pour plus grande sureté, emmené à la Rochelle.

En ce même tems, le château d’Angers (Place des plus fortes de France) fut surpris & saisi par quelques-uns , dont l’alarme fut grande en France. Il a été mal aisé jusqu’ici d’en éclaircir toutes les circonstances, parceque la plupart de ceux qui avoient conduit & mené cette entreprise, moururent peu après.

...

Reste d’expédier sommairement ce que devint le siege de Brouage. M. le Prince avoit laissé le sieur de S. Mesmes pour y commander, comme il a été dit , avec les Regimens des sieurs de Sorlus, de Boisrond, Lorges, & autres forces, avec espérance de son retour quinze jours après, durant lesquels il espéroit avoir fait ou failli l’entreprise d’Angers. Ledit sieur Prince avoit aussi promis d’envoïer audit sieur de S. Mesmes la Compagnie de M. de Nemours, avec quelqu’autre nombre de Cuirassés pour le fortifier davantage ; mais cela ne fut exécuté, ce fut le Lundi.

Le Jeudi suivant le sieur de S. Mesmes reçut, comme on disoit, avertissement que les Gouverneurs de Xainctes, Coignac, Angoulêmes, & autres forces du Païs s’ssembloient pour le venir charger au bourg d’Hiers ; occasion que ne se sentant assez fort pour résister, manquant principalement de Cavalerie, retira du bourg d’Hiers ses Regimens , & se rangea à Marennes, ce qui émut & étonna grandement tout le païs. Il envoïa aussi à Saint Juste le sieur de la Haye, lors Commissaire général des vivres de l’Armée, pour s’acheminer à la retraite.

Sur les quatre heures après midi arrivèrent à Saint-Just, le sieur de Saint-Disan [17], avec deux Compagnies de gens de pied, & le Capitaine Bordeaux [18] avec la sienne. Lesquels voïant les habitans des Isles, s’enfuit & entendant ce qui s’étoit passë à Hiers, avec beaucoup d’affection s’acheminèrent vers le Bourg d’Hiers, où ils arrivèrent sur les deux heures après minuit, & là trouvèrent plusieurs soldats que le sieur de Saint-Luc avoit fait sortir de Brouage, qui aïant mis le feu en quelques maisons, s’amusoient à piller & ravager les autres. Ils furent si vivement chargés par les sieurs de Saint-Disan & Bordeaux, que plusieurs furent tués, les autres pris prisonniers.

Le Sieur de Saint-Mesmes, averti de cet exploit & enfort, qui lui étoit venu, fort aise, retourna à Hiers avec le reste des compagnies. Et tous ensemble, reprenant courage, continuèrent ce Siège l’espace de vingt-un jour, durant lequel tems se donnèrent plusieurs escarmouches, en fut tué beaucoup, & plusieurs Capitaines & soldats pris prisonniers de part & d’autre.

Mais sachant ledit Sieur de Saint-Mesmcs que M. le Prince étoit passé Loire, n’espérant de long-tems aucun secours, plusieurs sinistres rumeurs courant déjà de part & d’autre de la défaveur dudit sieur Prince, fut par conjecture ou autrement, & voïant que plusieurs de ses soldats se retiroient, les autres alentissoient fort leur courage, sur les bruits qui se renforçoient d’heure à autre du secours que les Gouverneurs susdits vouloient donner au sieur de Saint-Luc, & investir en cette Isle, les troupes des Assiegeans, comme il leur étoit fort facile, après avoir pris sur ce l’avis des Capitaines, resolut de se retirer.

Il envoïa aussi quérir le sieur de Ranques, Gouverneur en l’Isle d’Oleron, & lui aïant communiqué la retraite qu’il étoit pressé de faire, ledit sieur de Ranques eut bien voulu qu’il lui eût laissé quelques forces pour les jetter dans Oleron , & là subsister, attendant nouvelles de M. le Prince, toutefois cela ne se put faire, soit que les soldats fussent ja découragés, soit qu’on jugeât être pour le meilleur de se retirer en troupe pour obvier à quelque plus grande défaveur.

Ainsi commencèrent à s’acheminer les troupes (aïant le siege été levé) & tirer vers la Charente, au passage de laquelle il y eut beaucoup de desordre, (comme volontiers il avient en telles retraites) & sur tout en un lieu appelle Loupin, près Soubise, où la plupart du bagage fut pris par l’ennemi, avec plusieurs soldats qui furent emmenés prisonniers.

Le sieur de Ranques nonobstant entretint l’armée de mer l’espace de huit jours , durant lequel tems il écrivit plusieurs fois à la Rochelle pour avoir quelque secours , tant pour l’Isle que pour la conservation de l’armée de mer, qui étoit à la côte d’Oleron, mais n’en pouvant obtenir, & ceux de l’Isle cuidans que tout fut perdu, (car aussi Saint Luc affermoit la défaite de M. le Prince, fut par conjecture, pour ce qu’il le désiroit, ou autrement) remontrèrent audit sieur de Ranques, que leur coutume étoit de céder au plus fort ; ce qui fit résoudre ledit sieur de Ranques de se retirer avec l’armée navale, y étant principalement incité, pour avoir découvert & pris quatre de l’Isle, entre lesquels étoit un nommé le Comte & un Cordelier, qui avoit toujours été caché en l’Isle durant le siege de Brouage, lesquels étoient députés vers le sieur de Saint Luc, pour négocier avec lui contre ledit sieur de Ranques. De quoi les voulant faire punir, la plupart des Insulaires lui furent contraires, tellement que craignant pire, il fut contraint de se retirer, non sans péril de sa personne.


[1François d’Espinay, sieur de S. Luc, dit le Brave de S. Luc , Chevalier des Ordres du Roi , Gouverneur de Saintonce, depuis Grand-Maître de l’Artillerie de France, &c. Voïez son éloge par Scevole de Sainte-Marthe. Il fut tué au Siège d’Amiens le 8 Septembre 1597. On a de lui des Discours Militaires & quelques Poésies.

[2Ville en Saintonge , avec Port de Mer. Cette Ville fut nommée d’abord Jacqueville (en Latin Jacopolis) parcequ’elle fut bâtie par Jacques de Pons.

[3C’est Sainte-Gemme.

[4Jean de la Rochebeaucour de Sainte-Mesme

[5Al. de Montgommeri , Comte de Lorges.

[6Tonnay-Charente, Ville en Saintonge.

[7Antoine de Ranques.

[8M. deThou le nomme Millanbourg.

[9Hiers , dit M. deThou, est un Bourg voisin de Brouage, dont il n’est séparé que par un Canal, qui dans le tems du reflux, reste tellement à sec, que le passage en est très dangereux, à cause des trous remplis de sable mouant dont il est est plein.

[10M. de Thou le nomme Vignelles.

[11Charles d’Echalard, sieur de la Boulaye.

[12La Tour de Mornac est située dans l’isle d’Alvert.

[13Claude la Trimoille, Duc de Thouars, jeune Seigneur, qui ne se distinguoit pas moins par son esprit 8 par ses bravoures que par sa naissance. Il fit peu de tems après profession publique de la Religion protestante.

[14Bourg en Saintonge, proche de l’ernbouchure de la Seudre.

[15Ce Thiebert étoit Sergent-Major de la Garnison de Brouage : on disoit qu’il avoit fait un voïage en Espagne pour communiquer avec Sa Majesté Catholique au sujet des desseins secrets de la Ligue.

[16Petit Bâtiment de Mer, qui sert pour de petites traverses. C’est ce qu’on nomme pour Tartanne sur la Mer du Levant.

[17Saint Disant.

[18M. de Thou, livre 82, le nomme Bourdet.

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