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1620 - A Saintes, le roi Louis XIII et le Duc d’Epernon se réconcilient

D 21 août 2018     H 23:58     A Pierre     C 0 messages     A 13 LECTURES


Le duc d’Épernon (1554-1642) est, pendant trois règnes (Henri III, Henri IV et Louis XIII), l’un des principaux personnages de la noblesse française.

Ses relations avec le pouvoir royal ont été particulièrement agitées. Pendant les dernières phases des Guerres de religion, catholique convaincu, il est le soutien fidèle de Catherine de Médicis.

A la suite de l’assassinat du roi Henri IV, il est accusé de complicité.

En 1619, c’est la "guerre de la Mère et du Fils" entre la Reine-Mère Marie de Médicis et Louis XIII. Elle s’évade de Blois où le roi l’avait emprisonnée, et rejoint Angoulême et le duc d’Epernon, pour entamer des négociations. On découvre un complot aux poudres ayant pour but de faire sauter le duc. Chaude ambiance.

En 1620, il a pris ses distances avec la Cour du roi Louis XIII, et l’épisode relaté ici marque son retour en grâce.

En 1621, il sera blessé au siège de Saint-Jean d’Angély.

Jean-Louis de Nogaret de La Valette, duc d’Epernon, sur Histoire Passion

Source : BNF Gallica

L’arrivée de Monsieur le duc d’Espernon, vers sa Majesté . Ensemble la réception, et harangue dudit Seigneur, faicte au Roy en la ville de Xaintes le 10 septembre 1620.

L’arrivée de Monsieur le Duc d’Espernon vers le Roy est une choies estrange que depuis que Monsieur dEspernon s’est une fois retiré de la Cour, & s’est éloigné de ses derniers exercices & serices ordinaires de sa charge, qu’il a sur l’Infanterie, n’a plus desiré y retourner, n’y s’y faire paroistre, mais il en met les causes en avant, qui sont pour l’indisposition de son grand âge : trop attenué par ses longs services, qui demendent maintenant un peu de repos asseuré.

Il est vray que quelquefois ceux qui sont les derniers a offrir leur service, ne sont pas le plus souvent les moins affectionés a servir : comme il arrivera, en quelques uns, quelques empeschements par excuses vallables (encore que quand il y va de l’obeissance du subiect envers son Prince,on doit préférer son service à sa necessité) les autres s’y disposeront de longue main : les autres, pour manifester la promptitude de leur bonne volonté, s’y presenteront à la première commodité, & cercheront l’occasion opportune de tesmoigner avec fidelité leur franche obeissance : mais quoy que ce soit, on doibt tousiours bien penser, de ce qu’il n’est loisible de penser.

Les Princes qui apres la deroute du Pont de Scé, vinrent trouver le Roy, pour luy continuer le vœu de leur service, accompagnèrent sa Majesté ès Provinces, de l’Anjou, la Touraine, & le Poitou, & par toutes les Villes, ou elle eust désir d’aller : & depuis que le Roy les eust reçeus , ils l’ont tousiours suivy, & ne l’ont point quitté : cela tesmoigne assés le desir qu’ils ont de luy faire preuve de leur fidelité : Or apres ceux-là est venu Monsieur le Duc de Mayenne, qui n’avoit point encore veu le Roy depuis son absence, tellement qu’il restoit (sans nous estendre plus avant) Monsieur le Duc d’Espernon, qui se voulant faire croire fidelle subject : du Roy, & affectionné Serviteur de la Couronne, estoit obligé de venir offrir aux pieds de sa Majesté, ses armes & sa Foy : ce qu’il a vouleu, & deu faire pour servir & suivir sa justification : s*il à tant remis, tardé, & dilayé à l’execution necessaire de son debvoir, volontiers qu’il reservoit l’humilité de ses grâces, à une commode occasion, pour plus amplement consacrer le reste de ses iours aux commandemens du Roy, & que peut estre la il peu faire avec plus de consideration dans la Ville de Xaintes que nulle part ailleurs.

Ces esmotions dernieres furent subiect à Messieurs les Princes de quitter la Cour & chascun d’eux se retirer ou il desira mais quand à Monsieur d’Espernon il n’avoit point attendu ce prétexte pour couvrir son absence. car il l’a prevenu de plus de 4. ans auparavant, laissant quelque odeur aigrye apres luy, pour un si long esloignement, il sembloit que sa condition & sa charge le requerassent plus souvent aux necessités de son office, mais son exemption, comme il apert, à esté ensevelie soubs la clemence du Roy, & n’a pas empesché qu’il ne fust receu de sa Majesté comme un subject doibt estre reçeu de son Prtnce : venant donc Monsieur d’Espernon à Xaintes 2. iours avant que sa Majesté y arrivast, il la fust recevoir avec ces paroles.

HARANGUE DE MONSIEUR D’ESPERNON AV ROY.

Sire,

Combien que iusques icy on m’ait toujours estimé peu soucieux de vos comrnandernens, & peu zelé, au religieux respect que te doibs à vostre service, contre la syncerité de mes fidelles intentions : i’ay iugé ne pouvoir plus oportunement vous monstrer le contraire, qu*en vous venant moy mesme rendre le debvoir de bon & fidelle subject, & l’obeissance de très-humble serviteur : s’il semble qu’un si long retardement me vueille accuser de négligence à vous servir, ie proteste, SIRE, en la conscience de mes pures volontés, avoir desiré de tous mes vœux l’occasion presente, pour tesmoigner & asseurer vostre Majesté de l’Eternité des services que le reserve, avec le peu de vie qui me reste, aux affectionnés souspirs de l’humilité que ie porte aux iustes ordonnances de vos loix : ie suis, Sire, le moindre de vos subjects : mais celuy qui ay plus voué de service à vostre Majesté, laquelle ïe supplie tres-humblemen me vouloir entendre & recevoir au nombre, & pour le plus affectionné, de ses très-humble très obeissant, & tres obligé subiect & serviteur.

Le Roy, qui ne sait que c’est de se souvenir des fautes passees, & qui courageux n’a point le cœur a la vangeance, oubliant tous les soupçons qu il pouvoit avoir de la personne de Monsieur le Duc d’Espernon, le receust volontiers avec sa douceur, & sa clemençe accoustumee, & passant legerement par sus toutes les fantasies, le receust sans insister plus long temps sur son Abscence, & son long sejour hors de la cour : aussi nostre Roy dit, que c’est vertu de parcere subiectis, & debellare superbos.
sC’est une gloire veritablement digne de louange, de punir, & chastier les superbes, se monstrer severe, & rigoureux a l’endroit des hautaîns, & orgueilleux, mais c’est une perfection, digne d’un perpétuel monument, que d’oublier, & pardonner a ceux qui se viennent ietter a l’ombre de la clemence, comme a l’Asyle asseuré de toute bonne esperance : ce que nostre Roy Tres-chrestien practique tous les iours, es grâces de ceux qui ont alteré sa misericorde.

Ainsi le Roy a il receu Monsieur le Duc d’Espernon : & ainsi Monsieur d’Espernon fust il receu de sa Majestéj, contre l’opinion de la plus part, qui doubtoient, non 1
non que le Roy le receust, mais qui n’osoient se promettre que Monsieur d’Espernon se vint plonger dans le fleuve , & le ruisseau de la Clémence de nostre Roy , qui portant au frontispice de son Diademe la IVSTICE, ne peut qu’exercer les accidents de sa mifericorde. & le fe fïst il le leudy 10. îour du present mois, en la ville de Xaintes : à la ioye de plusieurs que en esperent avec le contentement, du soulagement, du repos & du bien.

F I N.

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