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1628 - Le Pater Noster et l’Ave Maria des Rochelais - Pamphlet catholique

D 12 janvier 2011     H 19:25     A Pierre     C 0 messages     A 701 LECTURES


Les pamphlets sont un mode courant d’expression des camps en présence pendant le grand siège de la Rochelle. Celui-ci, écrit par un catholique autour des paroles du Notre Père, ne manque pas d’originalité.

Source : BNF Gallica

Voir en ligne :

1628 - Instruction aux Huguenots pour leur apprendre le Pater Noster et l’Ave Maria

Le Pater Noster des Rochelois, demandans pardon au Roy.

Grand Roy de vertu assorty,

Par vostre clémence ordinaire

Soyez nous aussi débonnaire

Que fut à tout nostre party

Pater.

Si Dieu n’eust pris ce brave Hector

Outre tant de villes perdues,

Et de fortes places rendues :

Tout le Bear seroit encor

Noster

Viens Rohan,& les Sevenots.,

Puisque les armes tu as prises,

II faut que tu nous favorises

Grand protecteur des Huguenots,

Quì es

Ou bien helas ! s’il nous faut tous

Souffrir la rigueur de la Parque,

Belle ame d’HENRY, grand Monarque,

Faittes nous place auprès de vous,

In Coelis !

L’OMBRE D’HENRY.

Vous sçavez que pour estre Roy,

II me falloit ouyr la Messe :

Faittes à DIEU mesme promesse,

Et que chacun changeant de Foy,

Sanctificetur.

Rochelle le temps va finir

De voir tes maisons embrasées,

Tes Tours, tes murailles razées,

Et reste seul a l’advenir,

Nomen tuum.

Mais tu attends qu’en peu de jours.

De la part du Roy d’Angleterre,

Pour faire une seconde guerre

Un plus fort & puissant secours,

Adveniat

Mais ce Roy, au lieu d’assaillir,

Doit songer à se bien deffendre,

Car à ce que l’on peut entendre

L’Espagnol les veut envahir,

Regnum.

LES ROCHELLOIS.

Plustost, SIRE, d’ame, & de voix

Nous prions tous le DIEU suprême

Dont vous tenez le Diadème,

De faire que le Sceptre Anglois

Tuum fiat.

LE ROY.

Tu le dis peuple,mais son voit

Le contraire, car à ce Prince,

Tu voulois livrer mes Prouinces,

Et as bien monstré que c’estoit,

Voluntas tua.

A qui auras tu donc recours,

Délaissé de DIEU, & du monde,

N’attens point en la terre & l’onde,

Rencontrer non plus de secours,

Sicut in Coelo

Tu te verras tost affamer,

Rochelle, si tu continues ;

Car tes conduits, & advenues,

Sont du tout bouchez sur la mer :

Et in terra.

LES ROCHELLOIS.

Quand nous estions hors de danger,

Sire, nous faisions bonne chere ;

Ores accablez de misère,

Nous sommes contraints de manger,

Panem nostrum,

Encores n’en avons nous pas .

Pour tout le jour que demy livre,

Jugez comme nous pourrions vivre

A ne faire qu’un seul repas,

Quotidianum.

Duc de Rohan, si tu n’accours,

Nos Forteresses s’en vont prises,

Leve d’argent de nos Eglises,

Et soudain vienne du secours,

Da nobis.

Car si bien tost on ne reçoit

Quelque secours pour nous deffendre,

Nous serons contraints de nous rendre,

DIEU ne vueille que ce ne soit :

Hodie,

Que si tu crains que les Sergens

Te donnent quelque coup de pince,

Et qu’ils te conduisent au Prince,

Arrive, tes trouppes, & tes gens :

Et dimitte nobis.

Et si tu n’as de quoy frayer

Aux Soldats, pour leur nourriture.

Nous te faisons ample procure

De lever, & faire payer,

Debita nostra.

Prens garde à la Comté de Foix,

Et au reste de nos Eglises :

Car certes si tu n’y advises,

Elles seront tost aux aboix :

Sìcut & nos.

S’en est fait, si tu ne deffans

Nostre ville, & nous delivre,

Car tous les jours faute de vivre.

Les femmes & petits enfans,

Dimittimus.

S’ils ne te payent volontiers,

Presse nos debteurs par requestes :

Car le ROY de toutes nos debtes

A promis de donner un tiers,

Debìtoribus nostris

Mais tu nous as faucé ta foy,

Traistre, c’est pourquoy l’on t’avize,

Que jamais plus toy ni Soubize,

Ne soyez plus rebelle au ROY :

Et ne nos inducas.

Fin Renard, tu t’estois meslé

D’avoir Montpellier par surprise,

Pour mettre à fin l’entreprise

Fait choir le brave de Meslé,

In tentatìonem.

Comme tu nous as engagé

A mourir dans nostre Rochelle,

Tu as dedans la Citadelle

Tes meilleurs Soldats engagé,

Sed libera.

Pour toy, le ROY s en prend à nous,

Que si pour la race Huguenotte

Il nous faut conter avec l’hoste,

Qui payera l’escot pour tous ?

Nos.

C’est donc à vos pieds ROY clément,

Que nous venons poser les armes,,,

Faittes retirer vos gens-d’armes,

Et deslivrez nous promptement

A malo.

Advis aux Rochellois

Rochelle sçais tu qu’il y a,

Et faut croire à l’Eglise nostre,

Et si tu sçais le Pater nostre,

Apprents donc l’Ave Maria.

AMEN

FIN

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