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1643 - Instructions au sieur d’Aumont pour réprimer les soulèvements en Saintonge, Aunis et Angoumois

D 26 février 2010     H 01:07     A Pierre     C 0 messages A 1338 LECTURES


La révolte que le marquis d’Aumont est chargé d’aller mater en Saintonge et Angoumois, a plusieurs origines difficiles à démêler : accès de colère contre les droits sur le vin, combats d’arrière-garde des seigneurs protestants contre le pouvoir de la régente. Le document est d’une grande précision. Pas de place à l’initiative personnelle pour le sieur d’Aumont. Les noms des seigneurs rebelles sont bien identifiés. La machine répressive se met en marche et en bon ordre. Droit sur Saint-Jean d’Angély !

Source : Troubles en Poitou, Saintonge, Aunis et Angoumois, 1643 et 1644 - Documents publiés par M. Louis Delavaud - Société des Archives Historiques de la Saintonge et de l’Aunis - La Rochelle - 1891 - BNF Gallica

Nota : pour faciliter la lecture du document, qui comporte un grand nombre de notes, celles qui concernent des personnes sont regroupées dans un encadré à la fin du paragraphe où le nom est mentionné. Deux autres notes importantes ont été placées à la suite de leur paragraphe.

1643, 29 décembre. — « Instruction pour le sieur marquis d’Aumont, touchant les soulèvements arrivés aux paroisses de Rié et autres du Poitou. »

État du pays de Rié depuis quatre ans : envoi de troupes ; occupation par les rebelles de deux châteaux de Mlle de Rohan ; assemblée de la noblesse à Saintes en septembre 1643 ; nomination de sages ; noms des gentilshommes ayant assisté à cette assemblée et à celle de Montignac ; relations de M. de Couvrelles avec l’Angleterre ; agitations dans l’Angoumois ; préparatifs d’une révolte ; projet d’une réunion à Lusignan dès le mois de juin 1643 ; ordre au marquis d’Aumont d’occuper le pays de Rié, de désarmer les mécontents, de faire payer les taxes et d’arrêter les promoteurs des assemblées de la noblesse ; instructions su sujet de la discipline des troupes.

Bibliothèque nationale, manuscrit 4,169, f° 62-73.

Le roi et la reine régente, sa mère, étant bien informés que, depuis quatre années entières, plusieurs paroisses de Poitou, et entre autres celles du marais de Rié, n’ont payé aucune chose des tailles ni de la subsistance et autres impôts qui se lèvent sur tous les sujets de S. M. en ladite province et autres du royaume, et que les habitants desdites paroisses de Rié qui sont au nombre de 8 ou 10, sont dans une désobéissance presque ouverte, laquelle il n’y a pas lieu d’espérer de vaincre que par la force, s’étant armés sous prétexte de se défendre des incursions des ennemis et se servant de leurs armes contre ceux qui sont employés pour le recouvrement des deniers de S. M. ; qu’outre ce mal, lequel pourrait passer plus avant dans la province, s’il n’y était pourvu, il y en paraît un autre depuis quelque temps, qui est encore de plus grande conséquence : aucuns gentilshommes qui, par leur naissance et par leurs privilèges, sont spécialement obligés à donner l’exemple à tous les autres d’une entière obéissance et fidélité, essayant de former un parti contre l’autorité du roi en ces quartiers-là, et d’y attirer le reste de la noblesse et le peuple, et même ayant tenu des assemblées en Saintonge et Angoumois, et en ayant indiqué une en Poitou, prenant pour prétexte l’imposition qui avait été faite d’un écu par tonneau de vin, bien que, S. M. l’ayant fait révoquer à l’égard de la campagne, ils n’y aient point d’intérêt, et, en outre, prétendant d’être lésés en la recherche des biens aliénés par les ecclésiastiques, quoique ce soit une chose pratiquée en tous les siècles, et qui est fondée sur divers édits, ordonnances et usages du royaume, outre qu’il n’y a rien en cela qui ne soit commun à toutes les autres provinces, et qu’il n’est pas tolérable que des sujets demandent raison à leur souverain par de telles voies ;

LL. MM. ont résolu d’y apporter les remèdes convenables, et ayant reconnu que les forces ordinaires que les gouverneurs (sic) et ses lieutenants généraux des dites provinces ont près d’eux ne sont pas suffisantes pour y faire reconnaître leur autorité et faire cesser ces divers mouvements, elles se trouvent obligées, avec beaucoup de regret, d’y en envoyer d’exprès, prévoyant bien qu’il sera impossible que la punition de quelques uns des auteurs de ces entreprises ne cause beaucoup de souci à ses fidèles sujets, et déjà LL. MM. ayant fait avancer deux régiments d’infanterie [1] et deux de cavalerie [2] vers ladite province de Poitou, en attendant d’être mieux éclaircies de ce qui se passait dans les dites provinces, elles ont estimé nécessaire de les y faire entrer, et pour les employer plus utilement d’envoyer pour les commander une personne qui ait créance près des troupes et toutes les autres bonnes parties nécessaires à cet effet, avec l’autorité requise. Et ayant fait choix du sieur marquis d’Aumont pour cet effet, elles ont voulu, avec le pouvoir qu’elles lui ont fait expédier, lui faire donner la présente instruction pour l’informer de l’état de ces provinces et de ce qu’elles veulent qu’il fasse pour y rétablir une parfaite tranquillité et obéissance.

Il saura que, par divers avis que l’on a eu de ces quartiers-là, les dites paroisses du marais de Rié qui sont cotisées à cent mille livres et plus de tailles et subsistance, n’en payent aucune chose depuis quatre ans ; qu’il y a deux châteaux nommés Beauvoir sur mer [3] et La Garnache [4], appartenant à la demoiselle de Rohan*, esquels ceux du pays ont mis une forte garnison et ont été si osés que de menacer celles qui sont dans les places de S. M. de les venir attaquer, tous les habitants des dites paroisses s’étant armés sous prétexte d’empêcher la descente des Espagnols en la côte*, et en un mot étant dans une rébellion formée.

* Il ne s’agit pas de Marguerite de Rohan, née le 16 juin 1645, morte le 9 août 1684, mariée le 16 juin 1645 à Henri de Chabot, et fille d’Henri, mais de la sœur de ce dernier, Anne (1584-1646), qui fut enfermée au château de Niort à la suite du siège de La Rochelle.
* La flotte espagnole était tenue en échec par le duc de Brézé, qui la battit sur les côtes de Catalogne, le 9 août et le 3 septembre 1643. (A. Jal, Du Quesne, I, 135). La duchesse de Cbevreuse voulait, vers le milieu de l’année 1643, acheter l’i1e Dieu à madame d’Asserac pour y placer Alexandre et Henri de Campion qui allaient former un complot contre Mazarin, et y recevoir les Espagnols. Elle réclamait en même temps la Bretagne et l’amiralat pour la famille de Vendôme, aux intérêts desquels MM. de Campion étaient liés. Elle aurait été ainsi maîtresse de la flotte et d’une partie de nos cotes. (Chéruel, I, 154).

Et quant aux assemblées de la noblesse, qu’il s’en est fait deux : l’une au faubourg de Saintes, dans un jeu de paume [5], au mois dernier, en laquelle l’on nomma douze syndics que l’on délibéra d’appeler sages : le sieur marquis de La Caze*, le sieur de Saint-Léger*, dans sa maison de Romette, à trois lieues de Saintes, tirant vers Tonnay-Charente, lequel s’est mêlé des plus avant en d’autres pareilles assemblées et nominations tumultuaires de députés, entreprises ci-devant dans la Saintonge ; les sieurs de Bussac*, Malaville*, Lavergne*, Montmouton*, Saint-Martin La Couldre*, et cinq autres desquels l’on ne mande pas les noms, qui sont tous de Saintonge ; et le sieur de Châteaucouvert, du même pays, qui fait sa demeure près de Saint-Jean d’Angély, a aussi été député pour la sollicitation des intérêts de l’assemblée.

L’on note entre ceux qui firent le plus de bruit en leur assemblée les sieurs de Bussac, Boisront*, La Bernardière et Malaville ; le dernier desquels proposa d’attaquer le bureau de Tonnay-Charente et d’en piller la demeure.

Et par un procès-verbal authentique du lieutenant général au siège présidial de Saintes*, fait le 24e octobre dernier, il marque qu’outre les dits sieurs de La Case et le nommé Lavergne, il a vu dans leur assemblée et au jeu de paume les nommés Dargence*, Descoyeux *, De Landes*, Champfleury*, Montbroy, Des Varennes, La Dorine, Desforgues, La Vigerie*, Tustal*, La Case, La Magdeleine*, Puyballon*, Saint-Hilaire*, Fiefgallet*, Dupuys-Messignac, La Bausse, La Ferrière, Paulouïs (?), des Rabenières*, Debart, du Bois-Breuillet, Marencenne et La Giraud* le jeune ; et que leur ayant demandé en vertu de quoi et pour quel sujet ils s’assemblaient, ils auraient déclaré que c’était pour la révocation de l’imposition sur le vin ;

Qu’outre tous ceux-là, l’on note encore entre ceux du pays de Saintonge les sieurs de Beaupuy* et du Breuil de Chives*, qui ont accompagné le sieur de Saint-Georges de Vérac* à une visite au sieur comte de Parabère, gouverneur de Poitou, étant allé à Lusignan pour empescher l’assemblée dont il est parlé ci-après.

Noms cités ci-dessus

- Jacques de Pons, marquis de la Caze. Sa fille Suzanne est fort connue pour la passion qu’eut pour elle le duc de Guise.
- « Le sieur de St Léger » Sans doute Charles de Courbon, chevalier, seigneur de Saint-Léger et de Romette, canton de Saint-Porchaire.
- Isaac de Beaucbamp, fils de Louis, écuyer, seigneur de Grandfief et de Bussac, et de Françoise Vigier, dame de Saint-Georges des Coteaux ; il épousa Esther de Granges.
- Emmanuel de Gelinard, sieur de Varaize et de Malaville, marié le 30 juillet 1648 à Marguerite Du Fossé, mort en 1603.
- Jean Boisseau, seigneur des Moulines et de Lavergne, dont la fille fit passer celle dernière terre dans la famille de Jacques de Turpin de Jouhé, qu’elle épousa en 1668.
- Jacques Roland, sieur de Montmouton en Archingeay, fils de Jacques, lieutenant particulier de Saint-Jean d’Angély, et de Madeleine d’Abillon.
- Louis Bouchard d’Aubeterre, sieur de Saint-Martin la Couldre (Voir Bulletin, t. IV, p. 115, et les Archives, t. XI, p. 12l), marié a Catherine-Bérénice de Baudéan-Parabére.
- René de Saint-Légier, seigneur de Boisrond, d’Orignac, etc., marié à Louise de Blois.
- Jean Marsaud, sieur de Lugeon, conseiller du roi en ses conseils, maire de Saintes en 1632 et 1634, époux d’Esther Gay.
- D’Argence et d’Escoyeux appartenaient tous deux à la famille de Polignac. Léon de Polignac s’était marié en premières noces, le 23 novembre 1577, à Catherine Tizon, fille de Cybard Tizon, chevalier, seigneur d’Argence ; c’est ainsi que la seigneurie d’Argence vint à la famille de Polignac. Le sieur d’Ecoyeux ci-dessus désigné devait être son petit-fils.
- Henry Guybert, seigneur de Landes, fils de Pierre et de Gabrielle Herbert, marié à Diane de Polignac. Le seigneur des Varennes était son frère cadet. Pierre Guybert acquit en 1649 la châtellenie de Coulonges-sur-Charente.
- Gabriel Gombaud, seigneur de Champfleury, marié en premières noces a Gabrielle de Bremond, en secondes, à Marie de Beauchamp, en troisièmes, à Suzanne de La Rochefoucaud-Bayers ; il était fils d’Henri Gombaud et de Gabrielle Herbert, veuve en premières noces du seigneur de Landes.
- Charles des Montilz, sieur de La Vigerie (Registres protestants de Saint-Savinien, 1640-1668).
- René de Tustal, seigneur de La Prévôté, en la paroisse de Saint-Saturnin de Séchaux, époux de Jeanne Pascaud, mort le 6 avril 1674, à l’âge de 62 ans.
- Sébastien Gadouyn, sieur de La Magdeleine, époux de Jeanne Arrondeau, décédé sans postérité vers 1660.
- De la famille Goussé, François Goussé était, en 1610, seigneur de Puyballon et de Mons, près Matha ; il avait épousé Héliette d’Hautlieu qui se remaria en 1630 à Antoine de Pazelly, capitaine d’infanterie.
- Paul de Queux, seigneur de Saint-Hilaire, fils de Jacob et de Jeanne Joly, marié le 14 novembre 1628 à Judith de Villedon, mort en 1678.
- Nicolas Gallet, sieur le Fiefgallet, époux de Marguerite Queux.
- Théophile Vigier, sieur des Rabesnières.
- Benjamin de Vallée, seigneur de La Giraud en Asnières, fils de Paul et de Jeanne Pallet, marié â Rachel Gaillard, ou plus probablement son frère cadet.
- De la famille Fé. (Archives, t. XI, p. 120).
- Jean du Breuil de Chives, fils de Joachim de Ponthieu, seigneur du
Breuil de Chives en 1600, marié à Madeleine de Monberon, c’est le père de Jean-Charles de Ponthieu, émigré en Angleterre en 1683, dont la fille épousa le célèbre Jean Cavalier, chef des camisards des Cévennes.
Tous les gentilshommes indiqués ci-dessus étaient protestants.
- Olivier de Saint-Georges de Vérac, baron de Couhé.

L’autre assemblée de la noblesse s’est tenue le 8 du mois de novembre dernier au bourg de Montignac-Charente [6], appartenant au sieur duc de La Rochefoucauld*, à trois lieues d’Angoulême, à la suscitation du sieur Château-Couvert, pour porter la noblesse d’Angoumois à faire le semblable que celle de Saintonge, et là furent nommés pour sages les sieurs de La Grave, de Châtillon, Chermans, Villeneuf, Linieres*, Rousles, Pressac et Forgues, et député pour agir avec ledit sieur de Châteaucouvert le sieur de Couvrelles* qui est de la religion prétendue réformée, et beaucoup considéré parmi ceux qui en font profession, qui a habitude en Angleterre, qui y a fait un voyage depuis deux ans pour visiter le sieur de Soubise*, qui a toujours paru, durant les guerres de ladite religion, comme un des auteurs des mouvements, s’est maintenant fait député par brigue ; à quoi l’on ajoute que l’on croit que les quatre autres sages sont les sieurs de Florac, de Salles, La Vallade et de Riaux, frère dudit sieur de Florac.

Noms cités ci-dessus
- François, duc de La Rochefoucaud, né le 5 septembre 1588, duc et pair en 1622, mort le 8 février 1650 ; grand-maître de la garde robe, chevalier des ordres, père de l’auteur des Maximes.
- Charles Poussard, fils de Charles Poussard, sieur de Fers et de Linières, et d’Esther de Pons, frère du marquis de Fors et cousin germain de M. de Couvrelles dont il va être parlé ; marié en 1630 à Charlotte Accarie du Bourdet.
- Jean-Casimir d’Ocoy, marié à Jeanne de La Rochefoucauld du Parc d’Archiac, et qui vivait en 1651 à Saint-Brice (Bulletin de la société des Archives, III, 98). Sur le rôle joué par son père Louis d’Ocoy de Couvrelles, voir les Mémoires de Michel de la Huguerve, publiés par le baron de Ruble pour la société de l’histoire de France, tome 1er, p. 325.
- Soubise : Benjamin de Rohan, mort le 9 octobre 1642 à Londres, où il était retiré depuis 1629.
Relations des huguenots français avec l’Angleterre après le siège de La Rochelle.

On n’a pas bien éclairci l’histoire des relations des huguenots français avec l’Angleterre pendant la période de paix qui suivit le siège de La Rochelle ; un récit complet des relations du gouvernement français avec les mécontents d’Angleterre, d’Écosse et d’Irlande, n’a pas été fait non plus ; mais ou trouve d’intéressantes indications dans les ouvrages de M. Gardiner (History of England from the accession of James 1, 1883-89), dans The travels and memoirs of sir John Reresby, édités par Cartwright (Londres, 1875), etc. Les conclusions de M. Vigier (La politique extérieure du cardinal de Richelieu, 1630-1638, Revue des questions historiques, 1er avril 1889) ont été combattues dans une dissertation inaugurale, qui ne me paraît pas avoir été citée encore dans les publications françaises : Frankreichs bezichungen zu dem schottischen aufsland (1637-1640), par F. Salomon, docteur en philosophie de l’université de Berlin (Berlin, Speyer et Peters, 1890, 60 p. in-8°). M. Salomon explique l’impossibilité d’une alliance entre Richelieu et le parti presbytérien écossais, avec qui l’ambassadeur Bellièvre recommanda vainement une entente ; en revanche, le cardinal demandait en 1639 à l’Angleterre de ne pas soutenir les mécontents de Normandie et de Poitou. La cour d’Henriette était toute française, mais peuplée des ennemis de Richelieu ; rentrée en France en Juin 1643, la duchesse de Chevreuse travailla à réunir la France, l’Espagne et le roi d’Angleterre, et à faire décider une intervention française en faveur de Charles 1er, d’accord avec l’ambassadeur, lord Goring, plus tard comte de Norwich, et le commandeur de Jars, très lié avec Henriette ; quand la reine elle-même se fut réfugiée en France, elle chercha à intéresser les catholiqnes et le clergé à sa cause. Le pape entra en relations avec les Irlandais en 1645 ; mais Mazarin se tint sur la réserve tant à l’égard du gouvernement royal dans sa lutte contre le parlement qu’à l’égard des Irlandais. (Voir Gardiner, t. XI, p. 319, 376, 411, 432 ; Chéruel, I, 132, 160, 183, et Lettres de Mazarin, I, 343, 420, 521, etc.). Il aurait pu craindre des représailles, comme le montre le document que nous publions ; nous ne savons rien d’ailleurs du voyage fait par Couvrelles en Angleterre en 1641, ni des relations que ses coreligionnaires ont eu ou ont pu avoir avec les parlementaires anglais, Pendant les années postérieures, l’Angleterre suivit avec inquiétude ses succès en Flandre, mais fut réduite à l’impuissance par la guerre civile, Guinot et Chéruel ont longuement raconté les intrigues des frondeurs bordelais en 1649 et du prince de Condé eu 1650 avec l’Angleterre ; il était question d’établir la république en France et de remettre aux Anglais Blaye et La Rochelle ; un émissaire de Cromwell parcourut le midi de la France et reconnut que les protestants ne s’uniraient pas à la faction des princes. (Guinot, Histoire de la république d’Angleterre, I, 260 ; Chéruel, Histoire de France sous le ministère de Mazarin, I, 59 et suivantes), Les Rochelais, irrités de la tyrannie du comte du Daugnon, imploraient en 1651 l’assistance du roi et de l’armée royale, déclarant que, si la cour les abandonnait, ils se donneraient aux Anglais (Chéruel, op. cit., I, 44). Les catholiques d’Irlande ne cessaient pas d’entretenir des relations avec la France ; on trouve dans le vol. 1,508 des Mémoires et documents (France) aux affaires étrangères, une liste des Irlandais réfugiés en Bretagne, à la date de 1654 ; en 1655, on arma un navire à Brouage pour aller en Irlande.

L’on marque aussi que ceux d’Aulnix ont nommé trois gentilshommes pour syndics ou sages, l’un desquels est ledit sieur de Chives, de la religion prétendue réformée, qui s’est marié à La Rochelle ; les noms des deux autres n’ont point été envoyés ;

Qu’encore que l’on n’ait parlé dans ces assemblées que de demander la suppression de l’imposition d’un écu par tonneau de vin et la décharge des taxes sur ceux qui possèdent des biens ecclésiastiques, néanmoins les discours et les résolutions de tous ceux qui y ont assisté et toute leur conduite n’ont tendu qu’à une révolte, ayant signé une espèce de ligue, nommé des syndics avec pouvoir de délibérer et de convoquer l’assemblée générale en cas de besoin pour se maintenir contre les ordres qui pourraient venir de la part de la reine et la justice si on les maltraitait, proposant d’user de représailles sur les intendants et mesme sur les gouverneurs ; que chaque gentilhomme ferait état des hommes et des armes qu’il pourrait fournir, qu’en cas de besoin ils prendraient les tailles pour leur solde ; que pour se fortifier il fallait solliciter la province de Poitou de faire une assemblée, laquelle, en effet, a été indiquée au quinzième du présent mois en la ville de Lusignan, en laquelle les députés de Saintonge et d’Angoumois se devaient trouver pour donner leurs paroles et en recevoir de réciproques, et ceux d’Aulnix aussi y assister ; qu’ils devaient élire un général et tous les officiers d’une armée qu’ils prétendaient former de quinze ou vingt mille hommes, sans y comprendre le Poitou, et se rendant maistres de La Rochelle, de laquelle seule ils espéraient deux mille hommes, la fortifier, et de là former toutes leurs entreprises ;

Que la proposition de l’assemblée de Poitou indiquée à Lusignan a commencé en la maison du sieur de Saint-Georges de Vérac qui était promoteur d’une autre dès le
mois de juin dernier, ayant dès lors pris parole de plusieurs gentilshommes de la province de s’assembler en ladite maison, lesquels il contremanda ; et qu’en ce dernier rencontre les émissaires pour convoquer l’assemblée de Lusignan sont partis de chez lui, et lorsque lui et les autres ont pris résolution de ne s’y point assembler, les contremandements en sont aussi partis, et il est allé trouver ledit sieur de Parabère pour le divertir d’aller à Lusignan, l’assurant qu’il ne s’y trouverait personne, et que, s’il doutait de sa parole, il lui laisserait deux gentilshommes, qui étaient présents, pour otages ; et voyant que ledit sieur de Parabère était résolu d’aller à Lusignan, il lui dit qu’il s’y rendrait le 11, et empescherait de s’y rendre ceux qui n’auraient pas été avertis du changement de résolution ;

Que ledit sieur de Saint-Georges étant accompagné de quatre gentilshommes, trois desquels sont de Saintonge et entre autres de Bussac, l’un des sages, de Miraucong (?), de Beaupuy, du Breuil de Chives, de la religion prétendue réformée, frère du député d’Aulnix, et de Romaneau, gentilhomme du Poitou, aussi de ladite religion, lequel a pareillement aidé à avertir la noblesse de se rendre à Lusignan, alla visiter ledit sieur de Parabère où ledit de Bussac parla fort indiscrètement et les autres ensuite n’en firent guère moins, disant qu’il fallait que leur assemblée se tint tost ou tard, que la reine ne gardait point la parole qu’elle avait donnée de révoquer l’impost sur le vin, que ledit sieur de Vautorte, intendant de la justice, police et finances en la généralité de Limoges, l’avait voulu établir à Saint-Jean d’Angély, s’échauffèrent si fort qu’ils sortirent de la maison du sieur de Parabère sans prendre congé de lui.

11 y a encore le sieur de Contais, gentilhomme de Poitou, qui a fait plusieurs allées et venues pour débaucher la noblesse de la province, ce qui a aussi été fait par le sieur de Châteaucouvert ; et l’on assure en outre qu’il a dit à Poitiers que, si l’on envoyait des troupes dans la province, l’on irait au-devant et l’on les déferait : tous lesquels avis des choses spécifiées ci-dessus ont été extraits des mémoires envoyés depuis peu sur ce sujet par les officiers du roi et par ceux qui sont employés pour son service et ces provinces.

Et le sieur de Soubran*, qui commande à Angoulême en l’absence du sieur de Brassac* ne dissimulera pas que la noblesse s’est adressée à lui pour avoir permission de s’assembler dans ladite ville d’Angoulême, ce qu’il n’a pas voulu souffrir, et que les syndics qui ont été nommés pour l’Angoumois se sont assemblés plusieurs fois, et ont érigé un conseil qu’il appelait abrégé de province, et disposent de toutes choses comme si leur autorité était légitime, s’étant assurés par seings et par serment de tout le reste ;

Noms cités ci-dessus :
- Jean de la Rochebeaucourt, marquis de Soubran, lieutenant du roi à Angoulême,
- Jean de Galard de Béarn, comte de Brassac, lieutenant général de Poitou, mort le 14 mars 1645 ; sa femme, nommée dame d’honneur de la reine par Richelieu, avait été, à la demande des ennemis du cardinal, renvoyée de la cour au commencement de la régence.

C’est pourquoi n’y ayant aucun temps a perdre pour empêcher les effets de la rébellion de Rié et de la mauvaise volonté desdits gentilshommes, l’intention de LL, MM. est que ledit sieur d’Aumont s’achemine en toute diligence en Poitou et lieux où lesdits régiments d’infanterie et de cavalerie se sont avancés, dont le contrôle sera mis en ses mains pour les faire de là marcher droit au marais de Rié, y faisant descendre l’infanterie par la rivière de Loire jusqu’à Nantes, s’il voit qu’il soit plus commode et à propos, ou bien la faisant marcher par terre par les lieues d’étape dont le contrôle lui est aussi donné, et faisant en même temps avancer la cavalerie soit en corps ou autrement pour aller se saisir des principaux lieux du dit marais, et pareillement des châteaux appartenant à Mlle de Rohan, en vertu des lettres que S. M. en écrit à ceux qui y commandent, et de celles que S. M. a trouvé bon d’y faire joindre de la part de ladite demoiselle, pour empêcher qu’il n’y ait aucune difficulté ; et ce faisant, d’y établir en garnison le nombre de gens de guerre qu’il verra être à propos et sous le commandement de tel des officiers des dits régiments d’infanterie qu’il voudra choisir ;

Qu’en même temps qu’il fasse ôter aux châteaux des dits lieux leurs armes, et les fasse transporter avec lui ou les fasse distribuer à ceux des dites troupes qui en auront besoin, défendant très expressément aux dits châteaux de s’armer à l’avenir, pour quelque cause et sous quelque prétexte que ce puisse être, sans en avoir permission par privilège spécial et par lettres patentes de S. M., signées d’elle, contre-signées d’un des secrétaires d’état et scellées de son grand sceau, sous peine de crime de lèse-majesté ;

Qu’il demeure avec toutes les dites troupes dans les paroisses des marais de Rié, jusqu’à ce qu’elles aient satisfait au paiement de ce qu’elles doivent des tailles, subsistance et autres levées dont il sera employé telles parties qu’il conviendra pour le paiement des dites troupes, par les ordres du sieur de Villemontée ;

Qu’attendu la notoriété du crime des dits syndics ou sages et députés de la noblesse, promoteurs et entremetteurs d’assemblées, LL. MM, veulent que ledit sieur marquis d’Aumont les fasse arrêter tous, s’il se peut, et nommément le marquis de La Case, Saint-Léger, Bussac, Malaville, La Vergne, Monmouton, Saint-Martin la Couldre, Châteaucouvert, Boisrond, La Bernardiére, Beaupuys et du Breuil, qui sont estimés être tous du pays de Saintonge, les nommés de La Grave, Châtillon, Chermans, Villeneuf, Linières, Rousles, Pressac, Forgues et de Couvrelles, Florac, Salles et La Valade, du pays d’Angoumois, de Chives, frère du député d’Aulnix, Romaneau et de Contais, de Poitou, et tous ceux des autres syndics ou sages ou autres qui auront notoirement promu les dites assemblées, convié les autres à s’y trouver, et qui y auront paru entre les plus séditieux ;

Que pour cet effet, il aille avec les dites troupes où il sera besoin, ou seulement qu’il en détache une partie lorsqu’il verra le pouvoir effectué sans commettre l’autorité de S. M., tenant ce dessein secret jusqu’à ce qu’il le puisse mettre à exécution ;

Que s’étant assuré de leurs personnes ou d’aucuns d’eux, il les fasse mettre en lieux sûrs et au pouvoir du sieur de Villemontée pour leur faire et parfaire le procès, selon l’autorité de sa charge, au plus prochain présidial des lieux où ils auront été arrêtés, et suivant la rigueur des ordonnances contre les perturbateurs du repos public, et par contumace contre leur absence ; et ceux qu’il ne pourra faire arrêter, qu’il appuie par sa présence et par celle des troupes ou partie d’icelles, s’il en est besoin, l’instruction et perfection des
dits procès et jugement contre les prévenus du crime de soulèvement et rébellion, et fasse en cela tout ce qu’il avisera avec le sieur intendant pour l’affermissement de l’autorité de LL. MM. ;

Que s’ils s’étaient retirés en quelques maisons, forts ou autres lieux dont il ne les pût avoir qu’avec le canon, il ait à l’y faire mener là, tirant ensemble les munitions nécessaires pur l’exploitation des lieux dont le mémoire lui sera donné, et à employer les forces qu’il commandera, en telle manière qu’il verra être à propos pour faire obéir entièrement S. M. dans les dites provinces ;

Que si quelques gentilshommes ou autres étaient si osés que de s’assembler en armes et se mettre à la campagne, il ait à se porter incontinent aux lieux où ils seront, à les tailler en pièces, ou à les forcer s’ils se mettent en quelque château, en sorte que S, M. soit pleinement obéie, et ceux qui se soulèveront, exemplairement châtiés ;

Qu’en toutes les choses susdites et dès son arrivée en ladite province, il prenne les avis du sieur de Villemontée, intendant de la justice, police et finances en Poitou, Saintonges et Angoumois, et agisse en tout ce que dessus de concert avec lui, tant pour la compétence qu’il s’est acquise de tout ce qui concerne les dites provinces, depuis plusieurs années qu’il y fait ladite charge, que pur la confiance active que LL. MM. ont en sa prudence, fidélité et affection à leur service qu’il a fait paraître en toutes occasions, même en s’employant avec beaucoup de soin et de succès à dissiper de pareilles factions et désobéissances qui se sont ci-devant émus en ces quartiers là.

Il sera bon néanmoins qu’il observe que ledit sieur de Villemontée ayant eu plusieurs différends qui sont assez publics contre le sieur des Roches-Baritaud* l’un des lieutenants généraux pur S. M. au gouvernement de Poitou, il est juste d’apporter une particulière circonspection aux avis qui seraient donnés d’une part ou de l’autre sur ce qui les concerne ;

Nom cité ci-dessus :
- Gabriel de Châteaubriand sieur des Roches-Baritault, lieutenant genéral en Bas Poitou, marié à Charlotte de Salle ; ou son fils, marié à Suzanne de Rémond.

Ledit sieur d’Aumont établira une particulière correspondance avec ceux qu’il saura être affectionnés au service de LL. MM., qu’elles savent bien être en bon nombre, et se servira à cette fin des lettres qui sont mises en ses mains ; mais surtout il prendra confiance au sieur évêque de Poitiers qui a fait paraître en ces occasions, comme par le passé en toutes autres, une singulière affection au service de S, M., et qui a un tel crédit dans son diocèse que si l’on y voulait prendre quelque résolution contraire à ce qui est dû à S. M., il serait seul capable de l’empêcher ;

Lesdits sieurs évêque de Poitiers et de Villemontée pourront lui indiquer les principaux gentilshommes et autres desquels il se pourra assurer et à qui il sera bon qu’il donne des lettres de S. M., les distribuant en sorte que cela ne cause aucune jalousie entre eux ;

S’il voyait avec l’avis du sieur de Villemontée et des autres serviteurs de S. M. qu’il ait besoin de se faire assister de la noblesse, il en pourra user ainsi qu’il verra avec eux être à propos ;

Il s’informera de son chef et par le moyen de ceux auxquels il verra se pouvoir confier de toutes les cabales formées ès dites provinces de Poitou, Saintonge et Angoumois qui en sont les auteurs et les véritables causes, et quels remèdes l’on put y apporter pur s’en garantir à l’avenir et mettre tout-à-lait l’esprit de LL. MM. en repos à l’égard des dites provinces afin de leur en donner son bon avis ;

Il aura un soin particulier de faire vivre les troupes en bon ordre et discipline [7], les obligeant à payer partout comme ayant reçu depuis peu leur montre ; en sorte que chacun connaisse qu’elles ne sont envoyées dans les dites provinces que pour assurer le repos et l’obéissance de S. M. sans faire aucune oppression ni foule, s’il se peut, à ses bons sujets, et si quelqu’un contrevenait à ses règlements, elles veulent qu’il le fasse punir exemplairement, et qu’il ordonne aux prévôts des dites provinces de suivre les troupes à cette fin, chacun en leur détroit [8] ;

Que lorsqu’il fera séjour en quelque lieu et même en marchant, il voie à fortifier les troupes, comme il se pourra facilement en un pays où il y a beaucoup de gens de guerre ;

Que pour remettre la cavalerie il traite avec les mestres de camp et officiers des régiments dudit corps de troupes aux mêmes conditions qu’il sait avoir été fait par deçà, et pour cette fin l’on met en ses mains copie des traités qui ont été signés ;

Qu’il fasse payer les dites troupes des montres qui leur seront ordonnées, savoir la cavalerie après la signature des dits traités sur le pied de quarante hommes par compagnie aux conditions portées par iceux, et pour l’infanterie de tout ce qu’il y aura effectivement en chaque compagnie après d’exactes revues ;

Qu’au surplus il agisse selon le pouvoir qui lui est donné par sa commission et rende compte à LL. MM. le plus souvent qu’il pourra de l’avancement qu’il fera pour l’effet de leurs instructions et de ce qu’il jugera être à propos pour le maintien de leur autorité et l’avantage de leur service dans les dites provinces, avec assurance que celui qu’il y rendra dans l’occasion présente ne leur sera pas en moindre considération que s’il s’agissait d’une entreprise de très grande reptation au dehors du royaume, n’y ayant rien de plus important à l’état ni qu’elles aient plus à cœur que de conserver le dedans en son repos et en son entier ; et il ne doit pas omettre de publier et faire bien comprendre à un chacun la malice de ceux qui le veulent troubler, tandis que S. M. a toutes ses forces occupées contre les plus puissants ennemis que cette couronne ait jamais eus [9], et le préjudice que ces esprits pernicieux font à leur patrie et pourraient causer à tout l’état, si LL. MM. ne se résolvaient pas avec la sévérité convenable d’arrêter d’abord le cours de leurs desseins ; et c’est ce qu’elles peuvent recommander au dit sieur d’Aumont, se remettant du surplus sur ce qu’il verra être à faire pour le mieux par l’avis du dit sieur de Villemontée, lequel S. M, désire qu’il considère particulièrement.

Addition à l’instruction du sieur d’Aumont ; Ordre de marcher droit à Saint-Jean d’Angély, d’apaiser avant tout les troubles de Saintonge et de se concerter avec M. de Langeron.

Bibliothèque nationale, manuscrit fr. 4,169, f° 73-74. Copie.

Depuis l’instruction donnée au dit sieur d’Aumont, LL. MM. ayant eu avis que les assemblées de la noblesse continuent en Saintonge et Angoumois, même à Saint-Jean d’Angély, et que les factions et cabales des séditieux s’échauffent de plus en plus de ce côté, et considérant qu’il importe bien davantage de les éteindre et étouffer aux lieux où est leur source que d’aller en l’une des extrémités du Poitou pour chasser la désobéissance de quelques paroisses et les obliger à payer des arrérages des tailles, vu même que c’est chose qui se pourra toujours faire et plus facilement lorsque le reste de la province sera sans aucun trouble, LL. MM. Ont trouvé bon d’ajouter la présente à ladite instruction pour ordonner au dit sieur d’Aumont de marcher avec les dites troupes droit au dit Saint-Jean d’Angély et, étant en ces quartiers-là, de pourvoir en toute diligence à faire arrêter les auteurs des dites assemblées et ceux qui les ont promues et ont fait des allées et venues pour cette fin, desquels il lui est ordonné de se saisir par instruction, d’apporter à cela et à leur châtiment toute la diligence possible, de rétablir entièrement l’autorité de S. M. et dissiper toutes les factions qui se sont élevées en Poitou, Aunis et Saintonge et Angoumois, se porter en tous les lieux où il sera nécessaire pour cet effet et tailler en pièces tous ceux qui lui feront résistance, comme il est porté selon ladite instruction et selon le pouvoir qui lui est donné par sa commission ; après quoi, sur les avis qu’il donnera comme les ordres et intentions de S. M. auront été exécutés, et de ce qui sera à faire pour tenir les dites provinces dans un reps assuré, LL. MM. Lui enverront leurs ordres plus exprès pour aller vers les paroisses du marais de Rié pour les faire châtier et s’assurer des châteaux qui y sont ; de quoi, cependant, il sera de sa prudence de ne se point ouvrir pour ne donner pas d’alarmes en divers lieux à la fois, et faire les choses pied a pied et aussi sûrement qu’il est convenable pour ne mettre aucunement l’autorité de S. M. en compromis ;

Comme ledit sieur de Langeron doit être à présent à Tulle en Limousin [10] et que l’on estime bien à propos de faire qu’il puisse en un besoin assister ledit sieur d’Aumont, LL. MM. ordonnent au dit sieur de Langeron par une dépêche qui est mise en ses mains [11] de se tenir en état d’aller joindre ledit sieur d’Aumont, s’il en est besoin, ou de s’avancer en quelque lieu vers la Saintonge pour lui donner la main suivant les avis qu’il en recevra du dit sieur d’Aumont, lequel aura égard à ne pas divertir le dit sieur de
Langeron de l’emploi qu’il est assez utile dans le limousin, si ce n’est qu’il voie qu’il soit nécessaire pour quelque occasion importante de le faire avancer vers les lieux où il sera, et, en cas qu’ils se joignent, l’intention de LL. MM. est que chacun d’eux conserve le commandement sur le corps que S. M. a mis sous sa charge ; agissant néanmoins de concert ensemble, ainsi qu’il est nécessaire pour le bien et avantage du service de S. M. ;

Qui est ce que LL. MM. ont voulu prescrire au dit sieur d’Aumont, outre ce qui est porté par ladite instruction, laquelle, pur le surplus, il aura à exécuter.


[1Navarre et Rambures.

[2La Ferté et Vervins.

[3Aujourd’hui commune du département de la Vendée.

[4La Garnache, bourg de Vendée, près Challans ; château-fort construit par le connétable de Clisson ; il n’existe plus.

[5Voir Bulletin des archives, t. III, p. 97.

[6Gervais, dans son Mémoire sur l’Angoumois, qualifie le château de Montignac de « vieille masure ». Le bourg, dit-il, contient, « Saint-Etienne joint, quelques 90 feux ».

[7Mazarin avait fait les mêmes recommandations à l’intendant du Languedoc (Lettres de Mazarin, 1, 413. « L’humanité de Mazarin, dit Chéruel (I, 209), se réduisait à ménager dans le peuple un instrument de production et de richesse pour la royauté. C’était le troupeau qu’il fallait tondre sans l’écorcher vif. »

[8La même recommandation fut faite au duc d’Epernon. (Lettres, I, 475).

[9Le 24 novembre 1643. Rantzau fut défait à Dotlingen (Chéruel, I, 256, 266) ; Rantzau, Montausier, Sirot, Noirmoutier, restèrent prisonniers avec 3000 hommes ; la ville de Rotweill fut reprise par l’ennemi, mais Mercy ne sut pas profiter de sa victoire ; Turenne fut placé à la tête de l’armée d’Allemagne et mit l’Alsace en état de défense.

[10Langeron assiégea et enleva Saint-Salvadour, prés Tulle, occupé par les paysans révoltés. (Chéruel, I, 210).

[11Publiée dans les Lettres de Mazarin, tome 1er, p. 524 (2 janvier 1644) « J’estime qu’il sera à propos qu’il se forme un commerce entre vous et M. d’Aumont. »

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