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1644 - 1766 - Les pionniers saintongeais en Nouvelle-France (Quebec)

D 16 décembre 2011     H 17:22     A Pierre     C 3 messages A 3451 LECTURES


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La revue québécoise "L’Echo de la France" publie en 1867 un article tiré de "l’Indépendant", journal édité a Saintes. Il contient un inventaire (non exhaustif) de 225 saintongeaises et saintongeais qui ont émigré en Nouvelle France entre 1644 et 1766, avec des commentaires utiles sur les circonstances historiques qui ont favorisé cette émigration.

Source : L’Echo de la France, revue étrangère de science et de littérature publiée sous la direction de Louis Ricard, avocat - Vol. V - Montréal - 1867 - Google Livres

Les pionniers saintongeois [1] et la nouvelle confédération de l’Amérique du Nord.

Les journaux annoncent que les colonies anglaises de l’Amérique du Nord sont sur le point de réussir dans leur projet de se former en une confédération capable de résister aux attaques des Etats-Unis.

Aux yeux de notre pays, mais surtout aux yeux des Saintongeois, éclairés sur les rapports de notre province avec l’ancienne nouvelle France, le projet dont il s’agit n’a pas seulement l’importance d’un grand acte nécessaire, dans cette partie de l’Amérique, pour y faire respecter la liberté de ce continent, déjà trop entamée et menacée de nouveau du côté du Sud.

Il y a là pour nous un autre motif du plus vif intérêt.

Nous devons y suivre les efforts et y chercher la destinée de la race française qui a, la première, découvert et occupé le sol entier de la confédération nouvelle, et qui, aussi la première, a défendu ces contrées contre les agressions de la Nouvelle Angleterre.

De 1608 à 1763, la lutte engagée contre les colonies qui devaient être les États-Unis, l’a été au nom de la France ; mais, depuis cette époque, lorsque Louis XV eût perdu son empire d’Amérique, comme celui de l’Inde, la race française, dans le Canada devenu anglais, a montré, par ses triomphes de 1774 et de 1812, que, si on savait se concilier son affection, c’était elle qui était le vrai rempart de la puissance anglaise contre les États-Unis.

Cela s’explique aisément :

Avant 1763, en dehors et au-dessus de la guerre entre les deux métropoles, il y avait une autre lutte que l’Angleterre eut tort de seconder contre nous, parce qu’elle devait en même temps tourner contre elle. La lutte dont je veux parler est celle qui résultait des vues de ses 13 colonies sur le territoire des nôtres dans le Canada. — Le traité de 1763 fit croire aux colonies de l’Angleterre que le Canada était à elles. Mais « liesse trompaient.— Pendant la guerre de leur indépendance, le Canada traité plus doucement par la Grande-Bretagne, lui demeura fidèle, et défit Montgomery. La race française vaincue gardait ses ressentiments particuliers contre les agressions déloyales d’un peuple, le premier auteur de son assujettissement.

Ce ressentiment de la race française, autant par la différence de sa religion et de ses mœurs, a été la force de ses nouveaux maîtres. Pitt, Burke et Fox se sont accordés pour le reconnaître et dire que ce serait l’assimilation des races qui perdrait la puissance de la Grande-Bretagne dans ces contrées.

Les conditions nouvelles que doit créer l’union des possessions anglaises
l’Amérique du Nord ne vont-elles pas donner à l’élément britannique une force plus grande ; et la race française ne sera-t-elle pas ainsi menacée dans son influence ? Nous le craignons. Et c’est là ce qui nous touche principalement dans ce nouvel ordre de choses, soit que la race française finisse par disparaître sous le flot de l’immigration anglaise, soit qu’elle doive en triompher, en puisant, dans l’exemple donné par ses pères depuis cent ans, une énergie et une sagesse nouvelles.

En 1763, le Canada ne comptait que soixante mille habitants d’origine française, l’Angleterre, comprenant mal ses intérêts, voulait d’abord détruire leur religion, leur langue, leurs lois, leurs mœurs ; elle éloignait alors les Canadiens-Français de tous les emplois ; mais, par sa constance, par son étroite union, la race française conserva tout. Elle reconquit d’abord ses droits civils, puis elle obtint un parlement ; son clergé lui conserva sa langue et sa foi, en développant l’instruction avec un zèle dont il faut lui tenir compte. Enfin, lorsque la politique anglaise, cherchant encore une fois la satisfaction de ses passions plus que celle de ses intérêts, eût lassé la patience des Franco-Canadiens, la révolte de 1838, à la voix d’un homme d’origine saintongeoise, M. Papineau, leur donna la prédominence, par l’effet de leur bonne harmonie au milieu de la division des partis anglais.

Aujourd’hui que notre race en Canada compte près de douze cent mille âmes, il y a, par cela même lieu d’espérer qu’elle ne sera pas au-dessous de son rôle ni de son passé. Si les difficultés ont grandi, les moyens en sa faveur se sont accrus aussi : son industrie, son agriculture, son instruction, tout cela est en voie de prospérité. Avec toutes ces ressources, qu’une lutte séculaire a données aux Canadiens-Français, l’on peut dire, après M. Etienne Parent, l’un des plus dignes représentants de notre race, que si la nationalité française meurt en Canada, c’est que les enfants seront indignes de leurs pères.

Malgré l’espérance qu’il n’en sera rien, le besoin d’efforts, plus grands encore dans cette phase nouvelle des destinées canadiennes, est bien propre à toucher la Saintonge, comme une mère qui sent surtout son attachement pour ses enfants dans les heures de crise. Or, comment ne se souviendrait-elle pas en ce moment, si elle a paru l’oublier, que ce sont des Saintongeois qui ont fondé la puissance française sur les rives du Saint-Laurent ainsi que sur les côtes qu’on nomme aujourd’hui les côtes de la Nouvelle-Ecosse et du Nouveau-Brunswick.

Je ne parle pas ici du pilote Jean-Alphonse de Xainctoigne, du canton de Saint-Mesme près de Cognac, qui a été au temps de Jacques Cartier l’explorateur des régions les plus septentrionales. Je parle de Gua, sieur De Mons, gouverneur de Pons, créateur de Port-Royal, aujourd’hui Annapolis et protecteur de l’établissement de Québec.

Je parle d’Antoinette de Pons, marquise de Guescheville, dont le concours amena la fondation de Pentagoët.

Je parle de Samuel de Cbamplain, capitaine de vaisseau, natif de Brouage qui fonda la ville de Québec, découvrit le lac appelé de son nom, le lac Ontario, la rivière des Outawas, fit commencer les missions sur les bords du lac Huron, et soutint les premiers efforts de la rivalité des colonies anglaises.

"La constance de Champlain dans la poursuite de ses entreprises, a dit le dernier historien de la colonisation française en Canada, sa fermeté et son courage dans les plus grands périls, le soin qu’il eut de nous laisser des relations curieuses des circonstances de ses voyages, la lutte qu’il soutint pendant tant d’années (1608-1635) contre les compagnies marchandes pour créer la colonie sans se laisser abattre par leur mauvais vouloir ; enfin, son attachement sincère à la religion et son zèle pour la répandre, lui ont acquis des titres immortels à la reconnaissance des Canadiens et des Français."

A la pensée de ces titres si éclatants et presque oubliés cependant parmi les masses, quand nous voyons chez nous prodiguer le bronze ou le marbre et dresser des statues à des écrivains de troisième ordre, tels que Gresset ou Quinault, à d’honnêtes professeurs de langue latine, comme l’Homond, à des généraux, simples instruments d’une gloire plus haute, nous ne pouvons nous empêcher de nous étonner que l’on méconnaisse la justice due à un homme, dont la vie a été si féconde en heureux résultats, pour les Deux-Mondes.— Vaudrait-il donc mieux, dans l’esprit des masses, avoir fait de petits vers, que d’avoir révélé à la science des contrées immenses par des explorations pleines de dangers, que d’avoir accru ainsi le territoire de la France sans verser de sang, que d’avoir enfin étendu, développé la nationalité française, en ouvrant loin de la métropole de vastes espaces à toutes les activités douées d’assez de courage pour s’élever de la misère au bien-être !

Nous ne ferons pas aux masses, l’injure de penser que telle est leur opinion, seulement il est dans la nature du plus grand nombre d’oublier ce qui est loin des yeux. C’est ainsi, que nous en sommes encore au point où M. Michel Chevalier nous reprochait d’être, il y a trente ans. "De l’empire qu’autrefois nous avons pu nous flatter de fonder en Amérique, disait le savant publiciste, il ne reste pas même un souvenir, car les hommes qui y sacrifièrent leur vie, n’ont pas une ligne dans nos annales, pas une esquise dans nos monuments."

Quand cesserons-nous donc de mériter un pareil reproche ?...

Ne serait-ce pas aujourd’hui, pour cela, un moment bien choisi que celui où l’ancienne nouvelle France se reconstitue dans son ensemble, la race française à sa tête ? N’y a-t-il pas également une coïncidence favorable dans la présence d’un Saintongeois au ministère de la marine et des colonies, appelé par ses attributions mômes à consacrer une gloire qui appartient à la fois à la marine, aux colonies et à la Saintonge. D’un autre côté, lorsque la prochaine Exposition-Universelle va nous mettre de nouveau en rapport avec les Canadiens, ne serait-il pas opportun de leur montrer qu’on suit leurs efforts avec une sympathie toute fraternelle. A une époque où l’on parle tant de l’union des peuples, de la grande famille humaine, il faudrait songer tout d’abord à resserrer par le Souvenir, les liens naturels entre les peuples d’origine commune. — Or, il nous. serait facile de montrer une longue liste de noms de l’Aunis et de la Saintonge, qui sont ceux aujourd’hui, si je puis m’exprimer ainsi, de nombreuses tribus franco-canadiennes. — Suivant nous, ces immigrations, en admettant que Champlain n’eût pas d’autre titre à nos hommages, ne nous, permettraient pas de rester indifférents à la mémoire du premier auteur dte ces relations entre nos provinces de l’Amérique du Nord.


Dans notre article sur les rapports de l’Aunis et de la Saintonge avec l’ancienne Nouvelle-France, deux faits ont particulièrement frappé on s’est intéressé d’abord, nous a-t-on dit, en regrettant de ne pas avoir plus de détails sur leurs actes, au rôle d’initiative de Pierre Dugua, sieur de Mons, à celui d’Antoinette de Pons, et particulièrement à celui de Samuel de Champlain qui ouvrit définitivement à l’activité française les vastes régions du Canada.—Puis l’on s’est demandé, sur quelques mots mis en avant par nous, la part qu’avait pu prendre le département de la Charente-Inférieure à l’expansion de notre nationalité dans l’Amérique du Nord.

Exposer le mouvement de ce seul département dans toute l’ancienne Nouvelle-France, exigerait de nous plus d’espace que n’en comportent naturellement les proportions d’un journal. Mais nous avons pensé satisfaire en partie la juste curiosité de la Charente-Inférieure par le tableau de son émigration dans la province où Champlain jeta les fondements de Québec.

Nous avons pu refaire une liste de cette émigration au moyen des paroisses dans lesquelles les deux époux indiquent leur origine. Les dates que nous donnerons sont donc celles auxquelles ont commencé des familles qui se sont depuis généralement étendues à l’infini et portées sur les divers points de l’Amérique du Nord.

Cette liste, incomplète assurément dans les notes que nous avons pu tirer du Canada, ne part que de la mort de Champlain.— Elle a toutefois une grande importance, puisque rien de semblable n’existe en France. Les premiers noms qui s’offrent à nous de la régence d’Anne d’Autriche jusqu’à la cessation de la compagnie des Cent-Associés, sont ceux-ci :

(Nous donnons l’arrondissement, la date du mariage et le nom de l’émigrant.)

- Marennes, 1644, César Léger, île Mornac.
- St.-Jean-d’Angély, 1645, Estienne Delafond, de St. Laurent de la Barrière.
- La Rochelle, 1647, Anne Archambault, de Dompierre.
- La Rochelle. 1647, François Morin, de St. Jean, a la Rochelle.
- La Rochelle, 1648, Paul Chauffour, de Sparme (!) en Aunis, épouse Jacquette Archambault, de Dompierre.
- La Rochelle, 1649, Nicolas Plante, de Laleu.
- Jonzac, 1651, Jean Chesnier, de Celles en Saintonge.
- La Rochelle, 1653, Anne Leydet, d’Angoulins.
- Marennes, 1656, Nicolas Gendron, du château d’Oleron.
- La Rochelle, Marie Chatigny de Bournevaux.
- La Rochelle, 1657, Pierre Chapeau, de Saint-Soulle.
- Marennes, — Jeanne Garnier, île d’Oleron, épouse René Maheust, de Mortagne.
- La Rochelle, — Hélène Quartier, de La Rochelle.
- La Rochelle, — Antoine Le Boesme, Bougneuf, ile de Rhé.
- La Rochelle, — Ozanne Achon, de Pierre-Avant, pays d’Aunis.
- La Rochelle, — Marie Parenteau, de St-Nicolas, La Rochelle.
- La Rochelle, 1658, Marie Godeau, de St-Barthelemy, de La Rochelle.
- La Rochelle, — Marie Valade, St Nicolas, de La Rochelle.
- Saintes, — Françoise Meunier, Saintonge.
- La Rochelle, — Jeanne Finallon, de La Rochelle.
- La Rochelle, 1659, Jeanne Gresnier, de l’évêché de La Rochelle.
- La Rochelle, 1659, Isabelle Targé, de St-Nicolas, La Rochelle.
- La Rochelle, 1659, Pierre Clément, St-Pierre de La Rochelle, épouse Louise Gale, de St-Nicolas de La Rochelle.
- La Rochelle, 1661, Jacques de Singré, de La Rochelle.
- La Rochelle, 1661, Anne Delaunay, de La Rochelle.
- Jonzac, 1662, Jean Martineau, de St Aubin-de-Cubillac ou de Coubillac.
- Saintes, 1662, Jean Durand, de Dubil (Douhet), évéché de Saintes
- La Rochelle, 1662, Catherine de Meliot, de Bourda, île de Rhé.
- La Rochelle, 1662, Marie-Susanne Benet, évéché de La Rochelle.
- La Rochelle, 1662, Perrine Terrienne, La Rochelle.
- La Rochelle, 1062, Fleurance Canteau, de Saint-Sauveur, La Rochelle.
- La Rochelle, 1663, Pierre Aigron, de Lamotte de Saint-Estienne-Destrée, épouse Marie-Madelaine Doucet, de St Sauveur de La Rochelle.
- La Rochelle, 1663, François Dusceau, do Notre-Dame de Cogne.
- La Rochelle, 1663, Marie Mazoné, de Notre-Dame de Cogne, épouse Louis Garnault, évéché de Poitiers.
- Saintes, 1663, René Emond, St-Martin de Rhé, épouse Marie Lafage, de St-Pierre de Saintes.
- La Rochelle, 1663, Jean Rabouin, de St-Nicolas, de La Rochelle.
- St-Jean-d’Angély, 1663, Jean Chauveau, St-Pierre d’Oleron, et Marie Albert, du même lieu.
- La Rochelle, 1663, Jean Grignon, de St-Jean-du-Perrot, La Rochelle.
- La Rochelle, 1663, Vincent Verdon, de St-Martin de Rhé.

En 1664, l’établissement de la compagnie des Indes occidentales qui succède à celle des Cent-Associés ouvre une ère nouvelle pour sa colonisation française, et donne une vive impulsion à l’émigration. Ce mouvement dure jusqu’à la mort de Colbert, en 1683. Durant cette période nous voyons dans la Nouvelle-France se marier les émigrants de l’Aunis et de la Saintonge, dont les noms suivent :

- La Rochelle, 1664, Jeanne Repoche, de Sainte-Marguerite, évêché de La Rochelle
- La Rochelle, 1664, Jean Jouineau. de Coigne ;—épouse Anne Yideau, de Saint-Sorlin de Marennes.
- La Rochelle, 1664, Anne Lépine, de Cretsé à Cousaille.
- La Rochelle, 1664, Jacques Cailloteau, de Notre-Dame de Cogne.
- Marennes, 1664, Guillaume Albert, de St. Pierre d’Oleron.
- Marennes, 1664, Anne Gentreau, de Saint- Nicolas- en-Olone, évêché de Saintes.
- La Rochelle, 1665, Catherine Baré, de La Rochelle.
- Cognac, 1665, Louis Blanchard, de Nersillac (Saintonge).
- Rochefort, 1665, Henri Bereau, de Bellon (Aunis).
- La Rochelle, 1665, Pierre Chamarre, de Saint-Hilaire.
- La Rochelle, 1665, Jacques Galarneau, de Notre-Dame de Cogne.
- La Rochelle, 1665, Jean-Gauvin, paroisse de Croix-Chapeaux.
- La Rochelle, 1665, René Réaume, de Notre-Dame de Cogne.
- La Rochelle, 1665, Pierre Corrier, de Saint-Hilaire, près La Rochelle.
- La Rochelle, 1665, Esther Coindreau, de Saint-Etienne d’Ars (île de Rhé).
- La Rochelle, 1665, Jean Soulard, Saint-Sauveur, évêché de La Rochelle.
- Rochefort, 1666, Jacques Lebœuf, paroisse de Ciré, évêché de La Rochelle ;—épouse Anne Javelot, de St Nicolas de La Rochelle.
- La Rochelle, 1666, Marie Guérin, paroisse Saint-Maurice d’Esnaut.
- St-Jean-d’Angély, 1667, Louise Landré, de Loiré, diocèse de Saintes.
- La Rochelle, 1667, Pierre Guilbault, de Saint-Barthélémy de La Rochelle.
- La Rochelle, 1668, Anne Poitraude, de Notre-Dame-de-Cogne.
- Marennes, 1668, Marie Balloux, Saint-Pierre d’Oleron.
- La Rochelle, 1668, François Couillard, paroisse de Courçon.
- Rochefort, 1669, Jean Morisset, fils de Paul et de Marguerite Guillois, de Saint-Gilles de Surgères.
- La Rochelle, 1669, Joachim Martin, de la paroisse d’Estré.
- Marennes, 1669, Jean Grondin, paroisse Ste-Marie de Brouage.
- Saintes, 1669, Jean Poitevin, de Dompierre ;—épouse Madelaine Guillaudeau, ,de Notre-Dame-de-la-Flotte.
- La Rochelle, 1669, Pierre Bodin, de Sainte-Radegonde-la-Vineuse.
- La Rochelle, 1669, François Maschaud, de Saint-Martin de Rhé ; — épouse Madelaine Grosleau, de St-Eloi de La Rochelle.
- Saintes, 1669, Antoine Bordoleau de Dompierre-sur-Boutonne.
- La Rochelle, 1669, Jacques Damian, natif de Ste-Catherine de la Flotte.
- Saintes, 1669, Jean Charron, de St Eutrope de Saintes.
- La Rochelle, 1669, Mathurin, de Villeneuve Ste-Marie (ile de Ré).
- La Rochelle, 1670, Marie Marchand, de Martin de Ré (ile de Ré).
- La Rochelle, 1670, Jean Munier, de Saint-Denis-de-Cogne.
- La Rochelle, 1670, Nicolas Fournier, de Saint-Etienne de Marans.
- Saintes, 1670, Jean Carrier, de St Georges, évêché de Saintes.
- La Rochelle, 1670, Jacques Masson, de Saint-Lézéré, prés La Rochelle.
- La Rochelle, 1671, Jean Drouart, de Saint-Georges-du-Bois, épouse Marguerite Pilote, de Saint-Nicolas, évêché de La Rochelle.
- La Rochelle, 1671, François Bibault, natif de Notre-Dame de Cogne.
- La Rochelle, 1671, Guillaume Bertrand, de Ste-Marie, évêché de La Rochelle.
- La Rochelle, 1671, Jacques Nolin, de Saint-Jean-du-Perrot, La Rochelle.
- La Rochelle, 1671, Jacques Dion, Marans.
- La Rochelle, 1672, Renée Birette, de La Rochelle.
- Saintes, 1672, Guillaume Chaillé, de Saintes.
- La Rochelle, 1672, Michel Gautron, de La Rochelle.
- Jonzac, 1673, Etienne Moreau, de Jonzac.
- La Rochelle, 1674, Renée de Laporte, St-Etienne-d’Ars.
- Marennes, 1674, Jean Gautier-la-Rouche, d’Echillais.
- La Rochelle, 1676, Pierre Grenon-Marsais, évêché de La Rochelle.
- La Rochelle, 1677, André Bernard, évêché de La Rochelle, épouse Marie Gilton, de Saint-Nicolas, La Rochelle.
- St Jean-d’Angély, 1677, Pierre Moreau, Massac, évêché de Saintes.
- La Rochelle, 1677, Jeanne Cousin, paroisse de La Flotte.
- La Rochelle, 1678, Jean Gottreau, Ste-Catherine de La Flotte, île de Rhé.
- Saintes, 1680, Philippe Poitiers, de Saint-Suresme-de-Mortagne.
- Saintes, 1680, Marie-Madelaine Bertelot, de St-Michel-de-Montagne.
- La Rochelle, 1680, Marie Jallais, Saint-Martin, île de Rhé.
- La Rochelle, 1681, André Auclerc, paroisse de Saint-Vicq, évêché de La Rochelle.
- La Rochelle, 1681, Jean Maschaud, de St-Sauvenr, évêché de La Rochelle.
- La Rochelle, 1681, Antoine Renaud, Notre-Dame de Cogne.
- La Rochelle, 1681, Jean Chauvet, Saint-Sauveur, La Rochelle.
- Marennes, 1681, Léonard Hazeur Desonol, de Brouage.
- La Rochelle, 1681, Pierre Doret, Saint-Nicolas, de La Rochelle.

Après Colbert, l’émigration n’est plus aussi fortement poussée ; mais, tout en étant abandonnée à elle-même, il reste un élément constant de peuplement de nos colonies, c’est la condition imposée aux navires marchands de porter un certain nombre d’engagés en raison de leur tonnage.—Les troupes fournissent aussi leur contingent. A côté des raisons particulières qui peuvent exciter les hommes à quitter leur pays, c’est sous cette double influence que dès lors l’émigration se fait. Le succès des premiers habitants qui ont ouvert la voie rend d’ailleurs moins pénible la position des émigrants dont nous allons lire les noms :

- La Rochelle, 1684, Suzanne Métayer, de Saint-Barthélemy, diocèse de La Rochelle.
- La Rochelle, 1686, Gabriel Duprat, Notre-Dame de Cogne.
- Saintes, 1686, Jean Raymond Bellegarde, bourg d’Ecoyeux.
- St-Jean-d’Angély, 1687, Jean Boutet, de Coulonge les Royaux.
- La Rochelle, 1689, Françoise Cailleteau, de La Rochelle, épouse Richard Denis, seigneur en partie de l’Acadie, fils de Nicolas Denis, ci-devant gouverneur et propriétaire de l’Acadie.
- St-Jean-d’Angély, 1690, Guillaume Gaillard, Villeneuve la Comtesse.
- Marennes, 1690, Marie-Anne Bazeur, Brouage.
- La Rochelle, 1695, François Renault, de Notre-Dame, évéché de La Rochelle.
- La Rochelle, 1696, Jean Grignon, de Saint-Jean-du-Perrot, La Rochelle, épouse Marie Jollan d’Anticosty.
- La Rochelle, 1698, Auguste Brunet, de La Rochelle.
- Marennes, 1698, Simon Drouillard, Marennes.
- Jonzac, 1699, Jacques Payan, de Sainte-Colombe, évéché de Saintes.
- Saintes, 1699, Jean Loiseau, de Saintes.
- La Rochelle, 1699, Jean Molay, Saint-Jean-du-Perrot, La Rochelle.
- La Rochelle, 1699, Jean-Baptiste Champagne, La Rochelle.
- Marennes, 1708, Daniel Pépie, dit la fleur de Notre-Dame, de Marennes.
- Saintes, 1710, Jacques Coquet, St. Georges-d’Aude, ile d’Oleron.
- St-Jean-d’Angély, 1710, Sébastien Chancelier, de Taillebourg.
- La Rochelle, 1711, Jean Maschesseau, paroisse de la Jarrie.
- La Rochelle, 1713. Etienne Lainé, dit Saint Pierre, Notre-Dame, de La Rochelle,
- Rochefort, 1713, Jean Loiseau, soldat, de Rochefort.
- Saintes, 1715, François Pineau, capitaine de vaisseau, Saint-Pierre, de Saintes.

Les guerres continuelles de Louis XIV avaient arrêté l’émigration ; mais les grandes vues commerciales de la Régence raniment l’esprit d’entreprise. Alors vont commencer, en Canada, de nouvelles familles, dont les chefs, originaires de la Charente-Inférieure, sont :

- Saintes, 1717, Jacques Bertin, de Mortagne.
- St-Jean-d’Angely, 1718, Jean Forton, de Saint-Jean-d’Angély.
- La Rochelle, 1718, Jean Dufour, de La Rochelle.
- Saintes, 1718, Jean-Jacques Richard, de Meize, diocèse de Saintes.
- La Rochelle, 1719, Joseph Fillion.
- La Rochelle, 1721, Louis Bazile, de La Rochelle.
- St-Jean-d’Angély, 1721, Jacques Jacquenot, de Grand-Jean.
- St-Jean-d’Angély, 1721, Etienne Durivau, diocèse de Saintes.
- Saintes, 1722, Mathurin Moreau, St Georges-des-Coteaux.
- Saintes, 1722, Jean Veillon, paroisse de Meschers, évêché de Saintes.
- La Rochelle, 1722, Jean-Baptiste Dessalines, de La Rochelle.
- Saintes, 1722, André Arnault, de Villeneuve-de-Préguillac.
- Saintes, 1722, François Duguast, diocèse de Saintes.
- La Rochelle, 1722, Jean Courtin, d’Angoulins.
- Marennes, 1722, Jean Beziers de Chaillevette.
- La Rochelle, 1722, Pierre Robin, de Saint-Jean du Perrot de La Rochelle.

On sent alors un moment le contre-coup du désastre de Law. Le mouvement semble suspendu. Mais, dans les années suivantes, la paix, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur, laisse la colonisation se développer. Nous voyons alors, au nombre des Charentais qui se marient dans la province de Québec :

- La Rochelle, 1725, Louis Paquet, de Saint-Romain, diocèse de La Rochelle.
- La Rochelle, 1726, Antoine Gillet, de La Rochelle, paroisse de St-Jean du Perrot.
- Rochefort, 1727, Michel Laporte, de Rochefort.
- La Rochelle, 1727, François Paradis, de St-Jean, de La Rochelle.
- La Rochelle, 1728, Georges Dupin-Belugard, de Rochefort.
- La Rochelle, 1728, Pierre Roy, de La Rochelle.
- Rochefort, 1728, Marte-Anne Couru, de Rochefort.
- Saintes, 1729, Jean Roudier, de Réteaux.
- Saintes, 1730, Jacques Coutant, de Pons.
- La Rochelle, 1730, Jacques Campaut, de La Rochelle.
- La Rochelle, 1731, Raymond de Gré, de La Rochelle.
- Rochefort, 1734, Pierre Larmé, de Rochefort.
- Marennes, 1734, Pierre Bouchard, de Marennes.
- La Rochelle, 1735, Claude Croisetière, de Saint-Barthélémy.
- Marennes, 1735, Bernard Lavelette, de Sainte-Marie d’Oleron.
- La Rochelle, 1736, Jacques Leclerc, de St-Barthélemy, évéché de La Rochelle.
- La Rochelle, 1736, Jean Claveau, de Marans.
- Saintes, 1737, Jean Charpentier, de Sainte-Radégonde.
- La Rochelle, 1737, Pierre Arnaud, île de Ré.
- Saintes, 1737, Pierre Noël, de Corme-Royal.
- Saintes, 1738, Louis Gatineau, de Saint-Etienne de Saintes.
- La Rochelle, 1738, Denis Goguet, de la Flotte, île de Rhé.
- Saintes, 1738, Antoine Sarrasin, de Gemozac.
- Saintes, 1738, Jean Robin, de La-Touche-de-Chaniers.
- Saintes, 1738, Pierre Haleau, de Nieul.
- La Rochelle, 1740, François Chevalier, de Saint-Sauveur de La Rochelle.
- Rochefort, 1740, Louis Bodin, de Rochefort.
- Rochefort, 1740, Pierre Marchand, fils de Louis Marchand, procureur au siège présidial de La Rochelle.
- Saintes, 1741, François Dumergue, de Thézac.
- La Rochelle, 1741, Jacques Bridard, de La Rochelle.
- Marennes, 1741, François de Jou, de Breuille.
- Rochefort, 1742, Pierre Marchand, de Saint-Louis de Rochefort.
- Rochefort, 1742, Pierre Bougrat de St-Martin, île de Rhé.
- La Rochelle, 1742, Marie Ruiller, de La Rochelle.
- Saintes, 1742, Guillaume Tachet, de Saint-Sauvant.
- Marennes, 1743, Pierre Cholet, Saint-Georges-en-l’Ile d’Oleron.
- Rochefort, 1743, Simon Bourbonnais, de Rochefort.

La fin du long ministère du cardinal Fleury commence une période de guerre. Néanmoins, des émigrants de l’Aunis et de la Saintonge continuent de faire souche en Canada, ce sont :

- Rochefort, 1744, Jacques Bodin, St Louis de Rochefort.
- Saintes, 1744, Marie-Anne Boismené, de St-Etienne, de Mortagne..
- Saintes, 1744, Louis Labarre, de Semussac.
- Saintes, 1746, François Benjoux, paroisse du Chay.
- Saintes, 1746, Yves Boilevin, de la paroisse do Rioux-Martin.
- Marennes, 1747, Pierre Virmontois, de Marennes.
- Saintes, 1758, Jean Gouffreteau, dit l’Epée, sergent, Ste-Colombe, ville de Saintes.
- La Rochelle, 1748, François Girard, de La Rochelle.
- La Rochelle, 1748, Joseph Comte, Notre-Dame de La Rochelle.
- La Rochelle, 1748, François Bellet, de Charron.
- Saintes, 1748, Pierre Robert Bombardier, de la paroisse de Pont-Labbé.
- La Rochelle, 1748, Noble homme, Claude Denis, écuyer, sieur de Bonnaventure, de la paroisse de St-Sauveur, de La Rochelle, fils de Simon, capitaine de frégate ;— épouse Louise Denis.
- Marennes, 1749, François Benoit, St Sébastien, de La Tremblade.
- Rochefort, 1749, Michel Laporte.
- La Rochelle, Charles Moquillon, St Nicholas de La Rochelle.
- St-Jean-d’Angély, 1750, Arnaud Chaussat, Julien-de-1’Escap.
- Rochefort, 1750, Etienne Nicolas, de Saint-Sauveur, de La Rochelle.
- Rochefort, 1750, Victor Almain, écrivain de la marine, de Saint-Louis, de Rochefort.
- Rochefort, 1750, André Chauvot, pilote des vaisseaux du roi, de Saint-Louis, de Rochefort.
- Marennes, 1751, François Gabriel Ferrière, de Brouage.
- Saintes, 1751, François Pitart, Saujon.
- La Rochelle, 1751, Henri Morin, Saint-Sauveur, de La Rochelle.
- Marennes, 1753, Jean Requiem, capitaine de navire, de La Tremblade.
- Marennes, 1753, Pierre Claverie, de Susmion, d’Oleron (voir forum) ;—épouse Marie-Anne Duperré.
- Rochefort, 1753, Charles Lévêque, Notre-Dame, de La Rochelle.
- La Rochelle, 1753, Jacques Perrotin, St. Martin, île de Rhé.
- Saintes, 1754, Jean Coupron, de Pizanni.
- La Rochelle, 1754, Pierre Blanchard, de St-Jean-du-Perrot, La Rochelle.
- Saintes, 1754, Pierre Durand, St. Porchaire.
- Jonzac, 1755, François Pellisson, de Saint-Dizant-du-Bois.
- St-Jean-d’Angély, 1755, Jacques Frelat, de Champdolent.
- La Rochelle, 1756, Suzanne Croisetière, Saint-Barthélemy, de La Rochelle.
- La Rochelle, 1756, Louis Courtin, de Toussey, diocèse de La Rochelle.
- La Rochelle, 1756, Pierre Granges, Saint-Nicolas de la Rochelle.
- La Rochelle, 1756, Louis Gattes, dit Belle-Fleur, sergent, de Saint-Pierre Deschaulete.
- La Rochelle, 1756, Pierre Borneut, de la Couarde, île de Rhé.
- La Rochelle, 1757, Jean Vaucelle, de La Rochelle.
- Marennes, 1757, Charlotte Morisset, St-Jean d’Oleron.
- Marennes, 1757, Denis Pellissier, dit Saintonge, de Saint-Pierre de Royan.
- Marennes, 1757, Dorothée Gosselin, de St-Laurent, île d’Oleron.
- Saintes, 1757, François Blanchard, du Douhet.
- La Rochelle, 1757, Maurice Richard, de la Flotte, île de Rhé.
- Rochefort, 1759, Jean Marguerit, dit Va-de-bon-Cœur, de Rochefort.
- La Rochelle, 1759, Jean Gobert, St-Jean-du-Perrot, La Rochelle.
- Jonzac, 1762, Arnaud-Guillaume Paulet, de Bedenac.
- Marennes, 1764, Pierre Portnait, d’Oleron.
- La Rochelle, 1765, Jean Moreau, de Benon
- Marennes, 1766, Jean Requiem, de Marennes.

Tels sont les noms de l’Aunis et de la Saintonge que nous avons pu recueillir depuis le commencement du règne de Louis XIV, jusqu’à l’époque du traité de Paris, qui nous fit perdre notre magnifique colonie, restée, après ce traité, fermée pendant près d’un siècle à nos vaisseaux. Ce n’est que sous Napoléon III, en 1855, que la frégate la Capricieuse, commandée par M. de Belvèze, a ouvert de nouveau les eaux du Saint-Laurent à notre navigation, à la grande joie des habitants qui s’écriaient avec transport : "Voilà nos gens qui reviennent."

Si l’on songe maintenant à l’extension des familles canadiennes dans lesquelles le chiffre de dix à douze enfants n’était pas rare, on peut juger par le temps qui s’est écoulé entre les époques que nous avons indiquées et celui-ci, le nombre des générations qui ont dû se multiplier, et par là le développement des familles d’origine charentaise répandues dans l’Amérique du Nord.

Au commencement de la colonisation, Colbert accordait une pension annuelle de 300 livres aux familles qui avaient dix enfants, et une de 400 à ceux qui en avaient douze. Il voulait également que les habitants qui en auraient le plus fussent préférés aux autres.

C’était comme un concours ouvert. Ce concours n’a pas cessé depuis 1763.

Comme depuis cette époque, il ne venait plus d’émigrants de France, avoir de grandes familles était le seul moyen pour la race française de n’être pas débordée par le flot de l’émigration anglaise. Aussi l’un d’eux disait-il avec raison à M. Ampère : "Nous sommes terribles pour les enfants." Nous le croyons sans peine. Il fallait sauver la nationalité, et l’on ne regardait pas à accroître les embarras. Dieu bénit du reste les grandes familles, et il s’est fréquemment détaché d’elles des hommes de mérite. Dans les noms que présente notre liste, il en est plus d’un dont la France se ferait honneur. Nous avons, par exemple, entendu parler avec les plus grands éloges de M. Chauveau, écrivain qui a occupé dernièrement de hautes fonctions, par un ancien grand juge du Canada, notre ami regretté. Or, nous croyons qu’on doit tenir compte de l’opinion d’un homme aussi éminent que l’était lui-même sir Hippolyte Lafontaine, le chef du parti franco-canadien, après l’exil de M. Papineau.

Ainsi, d’après ce que nous avons dit, la métropole a, selon nous, intérêt à ne pas perdre de vue un peuple qui s’applique à maintenir ses traditions, sa langue, sa religion au prix de son sang qui est le nôtre.

Et puisque la Saintonge a donné à ce pays son fondateur, il nous semble que c’est à elle à lui donner aussi avant les autres provinces de France les premières preuves de sympathie, nous dirons plus, de confraternité. Ces preuves montreront que l’union entre les deux peuples, pour n’être plus politique, peut aisément se resserrer par l’idée d’une même origine et par la communauté des souvenirs comme par celle des sentiments.

Et comment en serait-il autrement quand l’histoire de la Saintonge et de l’Aunis se lie aussi souvent, aussi étroitement à celle du Canada ?

Les noms des Begon, des Beauharnois, du marquis de la Galissonnière n’appartiennent-ils pas autant au Canada qu’à Rochefort.

Le fils de Michel Begon, qui créa réellement ce port, n’alla-t-il pas en Canada, comme intendant ?

M. de Beauharnois, intendant de cette colonie avant le fils de Michel Begon, et frère du marquis de Beauharnois qui en fut si longtemps gouverneur, ne fut-il pas également intendant de Rochefort.

N’est-ce pas, à l’époque de Champlain un contrôleur des sallines de Brouage, qui donna les moyens d’envoyer les premières missions des Récollets au lac Huron.

La Rochelle, d’où sont sortis tant d’émigrants, n’était-elle pas également le port le plus en relation avec le Canada ?—N’en a-t-on pas entre autres une preuve dans les ex-voto suspendus aux murs de l’église de Saint-Jean-du-Perrot devant laquelle demeurait en 1545 Jean Alphonse, le fameux pilote de Roberval et de Pantagruel ?

Evidemment tous ces souvenirs communs ne sauraient être négligés plus longtemps et pour les sauver de l’oubli, pour les ramener à l’attention, il faut les grouper dans un monument, autour d’une gloire en laquelle ils se confondent, soit parce qu’elle en a été le principe, soit parce que l’homme qui l’a conquise a le premier tiré parti des actes de ceux qui l’avaient précédé.

Cette gloire, pour nous, est celle de Samuel Champlain ; sans doute, généralement on connaît aussi peu la noble vie de ce personnage dans la Saintonge, qu’on ignore à Rouen l’histoire du grand découvreur de la Louisiane, Cavelier de la Salle. Mais pour être tardive, l’heure de la justice n’arrivera pas moins pour eux. Nous l’espérons, et jusqu’à un certain point peut-être, leur renommée bénéficiera-t-elle du long ajournement qu’elle a subi, puisque la grandeur des découvreurs comme celle des pionniers ne cessera de s’accroître avec le développement même des pays auxquels leur dévouement a donné naissance.

L’Indépendant.


[1Un bon ami de notre publication nous a fait le plaisir de nous remettre "l’Indépendant" journal publié a Saintes, en Saintonge, France, sur lequel se trouve un article important qui se rattache à notre histoire par l’origine. Cet article est d’autant plus précieux qu’il jette de nouveaux éclaircissements sur les premiers tems de la Colonie en ce Pays. Plusieurs d’entre nous peut-être reconnaîtront leurs ancêtres dans la liste de Pionniers Saintongeois que nous publierons dans notre prochaine livraison. D’ailleurs ce morceau a encore le mérite de l’opportunité, en établissant ce qu’était alors la nouvelle France et ce qu’elle est aujourd’hui.

Cet écrit remarquable devait naturellement trouver place dans nos colonnes et nous remercions vivement notre judicieux ami d’avoir pensé à le mettre à part pour nous. Nous saisissons cette occasion pour dire que nous serons toujours heureux de publier tout écrit soit original ou de reproduction qui filtrerait dans le cadre que nous nous sommes imposé.

Vos commentaires

  • Le 16 décembre 2011 à 19:45, par claverie jean-louis En réponse à : 1644 - 1766 - Les pionniers saintongeais en Nouvelle-France (Quebec)

    Merci pour la confirmation d’un "parent" parti au québec en 1753
    Pierre Claverie dont j’avais retrouvé la trace lors d’un séjour au Canada en 1999.
    La commune de Susmion en Oléron n’existe plus et je désirerai bien pouvoir la localiser.
    Merci si vous pouvez me fournir une piste.

    Répondre à ce message

    • Le 16 décembre 2011 à 23:56, par Pierre En réponse à : 1644 - 1766 - Les pionniers saintongeais en Nouvelle-France (Quebec)

      Votre question va permettre de corriger ce qui semble être une erreur de localisation de l’origine de Pierre Claverie.

      La paroisse de Susmion appartenait au diocèse d’Oloron (auj. Pyrénées-Atlantiques), écrit autrefois « Oleron », ce qui est à l’origine de nombreuses confusions.

      Dans le Dictionnaire universel de la France ancienne et moderne et de la Nouvelle France (1726), cette définition :

      SUSMION, dans le Bearn, Diocèse d’Oleron , Parlement de Pau , Intendance d’Auch , Sénéchaussée de Sauveterre, a 69 habitans.

      Ayant vécu quelques années dans ce département (64), je ressens que le patronyme Claverie n’est pas déplacé à Oloron.

      Il semblerait que le rédacteur de cet article soit tombé dans le panneau en mettant cet "Oleron" en Saintonge.

      Un Pierre Claverie, de Susmion, diocèse d’Oloron serait bien parti en 1753 pour la Nouvelle France.

      Cordialement

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