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1670 - Les domaines de la Couronne en Saintonge, Aunis et Angoumois

D 6 novembre 2018     H 16:36     A Pierre     C 0 messages     A 14 LECTURES


Le domaine royal s’accroît de jour en jour, par divers moyens : par achat, par mariage, par héritage, par confiscation, voire par la force. Tous les moyens sont bons. Il y a parfois contestation. Ce document fait la synthèse des domaines, villes et seigneuries concernées en Saintonge, Aunis et Angoumois : Le Grand Fief d’Aunis, Benon, Bourg-sur-Charente, Châtelaillon, Comté d’Angoulême. La Marche. Lezignan. Cognac. Merpin., Saint-Jean-d’Angély, Ile d’Oleron, Ile de Ré, La Rochelle, une grande partie de la Saintonge, Taillebourg, Tonnay-Boutonne, Villebois-Lavalette.
Pour chacun de ces lieux, nous avons l’histoire du rattachement à la couronne, des éléments de généalogie, etc.

Source : Traitez touchant les droits du roy très chrestien sur plusieurs estats et seigneuries possédées par divers princes voisins et pour prouver qu’il tient à juste titre plusieurs provinces contestées par les princes estrangers. Recherches pour monstrer que plusieurs provinces et villes du royaume sont du domaine du roy. Usurpations faites sur les trois éveschez, Metz, Toul, Verdun, et quelques autres traitez concernant des matières publiques... - M. Dupuy et T. Godefroy. - Rouen - 1670 - BNF Gallica

Voir en ligne :

 Le Grand Fief d’Aulnis.

En l’an 1222. Marguerite Vicomtesse de Thoüars femme de Hugues Vicomte de Thoüars, fit la foy & hommage au Roy pour l’acquisition qu’ils avoient faite son mary & elle de la terre d’Aulnis.

En l’année 1242. en Aoust, il y eut un accord entre le Roy S. Louïs & Alfonse son frere d’une part, & le Comte de la Marche, la Reine sa femme & leurs enfans, Hugues le Brun, Guy & Geofroy de Lezignan. Le Roy S. Louïs retient de la conqueste qu’il avoit faite sur ledit Comte de la Marche, Saintes, la forest de la Verie, & plusieurs autres lieux, & particulierement le Grand Fief d’Aulnis. Ce que le Comte de la Marche ratifia en mesme temps.

En mil deux cens quarante-neuf Jeanne Dame de Lusson & de la Roche-sur-Yon femme de Maurice de Belleville, fit un traité avec Alfonse Comte de Poictiers. Cette Dame transporta audit Comte ce qu’elle avoit au Grand Fief d’Aulnis, & en la ville de Dampierre diocese de Saintes, & au Chastel de Tonnay Boutonne.

L’an 1250. Bernard de la Roche-valet fils de Guillaume de la Roche Chevalier vendit audit Comte de Poictiers le droit qui luy pouvoit appartenir au Grand Fief d’Aulnis, c’est à sçavoir au tiers de Tonnay.

En 1293. Guillaume de Harcourt vendit au Roy quatre-vingts sept livres de rente , qu’il avoit à prendre en la cense du Grand Fief d’Aulnis.

En 1300. Renaud de Pons Seigneur de Pons vendit au Roy deux cens livres de rente sur le Grand Fief d’Aulnis.

1300. Audit an Pierre de Jaulnay & sa femme vendirent au Roy cinquante fept livres de rente sur ledit lieu.

En 1309. Philippes le Bel acquit de Guy de Lezignan six cens livres de rente audit Grand fief.

En 1345. Philippes de Valois acquit treize livres dix sols de rente sur ledit lieu, d’Aimery Pasquault Seigneur de Brante.

En 1407, le Roy acquit vingt livres de rente sur le Grand Fief d’Aulnis de Guillaume Comte de Tancarville.

En l’année 1309. Guy de Lezignan Seigneur de Consé vendit au Roy Philippes le Bel ce qu’il avoit au Fief d’Aulnis , pour le prix de six mille livres.

En l’année 1335. se fit une transaction entre le Roy Philippes de Valois, & Philippes Roy de Navarre Comte d’Evreux, & Jeanne sa femme : par laquelle lesdits Roy & Reine de Navarre quittent au Roy tout le droit qu’ils avoient au Comté de Champagne, & le Roy de France leur donne cinq mille livres de rente fur le Tresor, & trois mille livres de rente qu’il promet leur asseoir : ce qu’il fit en l’année 1339. sur les terres de Benaon & Fontenay l’abbatu, & sur le Grand Fief d’Aulnis prés la Rochelle.

En consequence de tant & diverses acquifitions le Roy fut fait Seigneur· de ce Grand Fief d’Aulnis. Aussi par lettres du Roy Charles VII. par lesquelles il ordonne qu’il sera edifié un Port & Havre en une Prée nommée Queuë de vache, appartenant à l’Abbé du Convent de Fontdouce, lesdites lettres données à Loches en Avril 1435. il est porté qu’au Roy seul & pour le tout compete & appartient la seigneurie, jurisdiction & Justice du Bailliage du Grand Fief d’Aulnis. Qui est une terre ou païs prés de la ville de la Rocheile, contenant trois lieuës de long, & environ deux lieuës de large.

 Benaon (Benon).

Alphonse Comte de Poictiers & de Toulouse, ceda à Aimery Vicomte de Thoüars les fiefs que Raoul de Mauleon tenoit à foy & hommage dudit Comte : & ledit Vicomte , & Aimery de Rochechoüard & autres renoncerent en faveur dudit Comte de Poictiers au droit qu’ils pretendoient à Fontenay, à Benaon, & autres terres : ce qu’ils firent l’an 1253. en Juillet.

Ledit Comte de Poictiers pretendoit que ledit de Mauleon estoit bastard, & que par la Couftume du païs les bastards n’avoient autres heritiers que les Seigneurs feodaux.

En l’année 1335. se fit une transaction entre le Roy Philippes de Valois, & Philippes Roy de Navarre & Jeanne sa femme. Le Roy de Navarre quitte au Roy son droit au Comté de Champagne, & le Roy leur donne cinq mille livres de rente sur leTresor, & trois mille livres de rente qu’il promet leur asseoir : ce qu’il fit en l’année 1339. sur les terres de Benaon, Fontenay Labbatu , & sur le Grand Fief d’Aulnis prés la Rochelle.

En 1378. en Septembre le Roy Charles V. fit un échange avec Tristan Roüart Vicomte de Thoüars & Comte de Dreux, & Perronnelle sa femme. Le Roy leur bailla Benaon en Sainctonge & Fontenay Labbatu, & eux cedent au Roy les deux tiers du Comté de Dreux. Le Roy crea lors Benaon en Comté, pour estre tenu aussi noblement que le Comté de Dreux, & sa Majefté se reserva la faculté de retirer ledit Comté de Benaon en baillant recompense ailleurs en Sainctonge ou en Poictou. Cet échange fut executé.

En 1399 – 1404 Pierre d’Amboise Vicomte deThoüars & Comte de Benaon.

Depuis Benaon est tombé en la Maison de la Trimouïlle par femme , & en jouït encore à present.

 Bourg sur Charente.

JEAN d’Orleans Comte d’Angoulesme fils de Louïs de France Duc d’Orleans, achepta la Seigneurie de Bourg sur Charente en Angoulmois. Les comptes de cette acquisition sont rendus avec ceux d’Angoulesme, membre dépendant de l’apannage des Ducs d’Orleans.

L’apannage cessa par la promotion à la Couronne du Roy Francois I. premier fils de ce Jean, lequel l’an 1514. donna Bourg sur Charente à Artus Gouffier sieur de Boisy, Grand Maistre de France.

Le Procureur General quelque temps aprés fit saisir cette terre comme Domaniale, alleguant que la seigneurie acquise & adjointe à l’apannage avoit pris la qualité & condition d’iceluy par le meslange & reddition des comptes & revenus de l’un & de l’autre, confus ensemble & rendus à la Chambre. La question est de sçavoir, si la Seigneurie acquise par ce Prince apannagé est sujette à la mesme loy que l’apannage, qui doit retourner en certain cas à la Couronne. A la verité si le Comte d’Angoulesme eust par droit de retenuë feodale ou autrement par la condition du fief inferieur esté fait proprietaire d’icelle seigneurie en qualité de Comte d’Angoulesme Seigneur suzerain : en ce cas cette terre eust esté du domaine, tout ainsi que l’apannage : mais ayant acquis cette seigneurie comme personne estrangere & non par reunion, il est certain qu’elle n’est du tout incorporée à l’apannage. La Cour debouta le Procureur General de sa demande de reunion au domaine, & fit mainlevée de cette terre au sieur de Boisy, par Arrest du 15. Janvier 1548.

 Chastelaillon en Sainctonge.

Du regne de Charles VI. en l’année 1419. Jean l’Archevesque Seigneur de Partenay vendit à Charles Regent le Royaume, Dauphin, & Comte de Poictou & a ses successeurs Comtes de Poictou les Baronies, terres & Seigneuries de Partenay , Secondigny , Vouvent , Mervent , Besseleu, le Coudray Salebert au Comté de Poictou, Chastelaillon en Sainctonge, Mathefelon, Durtail & Chevigné en Anjou.

Le 21 Mars 1427. 14. Juin 1428. 23. & 24. May & 14. Juin 1429. differend pour la successìon de Partenay. Le Connestable Artus de Bretagne estoit acquereur & donataire, & le Procureur General au Conseil le 21. Novembre 1427. s’oppose à la reception & hommage des heritieres pretendues , & qu’elles ayent copie des titres & contracts faits par le Roy avec feu l’Archevesque ; & au plaidoyé les 3. & 19. Janvier 1429. Avril 1430. le Procureur General pretendit ledites terres appartenir au Roy comme unies à sa Couronne.

En Mars 1431. le Roy Charles VII. fit un traité avec Artus de Bretagne Comte de Richmont frere de Jean Duc de Bretagne, par lequel il fut convenu que ledit Comte de Richmont auroit les aydes qui seroient mis en ses terres de Partenay & Fontenay, & qu’il ne fera plus forger de monnoye audit Partenay ; que Chastelaillon luy sera rendu. Ce Comte de Richmont fut Conneftable de France, & prit la qualité de Seigneur de Partenay.

Ces terres de Partenay, Chastelaillon & autres cy-dessus tomberent en la Maison d’Orleans Longueville, par le mariage de Jean B. d’Orleans Comte de Dunois avec Marie de Harcourt fille de Jaques de Harcourt Comte de Tancarville la mere de laquelle Marie fut Marguerite de Meleun fille de Guillaume de Meleun & de Marie de Partenay. C’est là le premier moyen qu’ont ceux de Longueville pour fonder leur droit en ces terres. Mais le second moyen est bien plus fort au moins fut estimé tel par ledit Jean Comte de Dunois : car pour asseurer davantage ces grandes terres en sa Maison, il obtint du Roy Charles VII. don des droits que sa Majesté y avoit, tant en vertu de l’acquisition faite l’an 1419. de Jean l’Archevesque qui en estoit Seigneur proprietaire, que par la commise dudit Jean qui estoit frere de ladite Marie de Partenay.

Toutes ces terres sont encore dans la Maison d’Orleans, & Monsieur le Duc de Longueville en jouit.

Extrait de l’histoire d’Artus III. Duc de Bretagne année 1426. p. 40.
« Le Connestable Artus de Bretngne alla à Partenay prendre possession de la Seigneurie de Partenay ; car lc Seigneur dudit lieu qui eftoit mort n’avoit gueres, avoit fait ledit Connestable son heritier, & paravant avoit fait faire le serment à tous les Capitaines des places d’estre bons & loyaux audit Connestable. »

Ibidem pag. 156. ann. 1457.
« II me semble que le Roy reconnut mal les grands services à luy faits par ledit Connestable ; Et pource qu’aucuns dient qu’il luy donna Partenay, je le croy bien : mais ce fut malgré luy, car s’il l’eust eu en ses mains jamais ne l’eu eust. Mais Monseigneur de Partenay le fit son heritier, & luy en bailla la possession, & fit faire à tous ses gens le serment à mondit Seigneur de luy estre bons, loyaux & vrais obeïssans aprés sa mort. & aussi furent-ils. »

 Comté d’Engoulesme. La Marche. Lezignan. Cognac. Merpin.

Il n’est pas de besoin pour nostre dessein de prendre de plus haut la genealogie des Comtes d’Engoulesme, & de la Marche, sieurs de Lezignan, qu’à Aymar XIII. Comte d’Engoulesme, qui mourut l’an 1218. II ne laissa qu’une fille nominee Isabelle qui avoit épousé premierement Jean Sans Terre Roy d’Angleterre, & en second lieu Hugues de Lezignan Comte de la Marche, & sieur de Lezignan, qui fut Comte d’Engoulesme à cause de ladite Isabelle sa femme.

Hugues de Lezignan Comte de la Marche, mort 1245. x Isabelle Reine Comtesse d’Engoulesme & de Cognac.
 !
- Geoffroy seigneur de Chasteau-neuf, Châtelacher, & Bois Pouvreau. Geoffroy épousa Peronnelle de Senlis Comtesse de Dreux, mort 1305 sans enfans. Il eut une sœur mariée, de laquelle vint Dreux de Mello, auquel succederent Raoul Comte d’Eu, et Jean de Lion sieur de Jarnac.
- Hugues le Brun Comte de la Marche, d’Engoulesme & de Lezignan, mort 1260. x Yoland de Bretagne Dame de Fougeres.

  • Hugues de Lezignan, Comte comme son pere, sieur de Fougères, mort 1282. x Jeanne
    • Marie de la Marche x Estienne Comte de Sancerre
    • Yoland de la Marche x Renaud de Pons
      • Renaud de Pons alias Helie Rudel sieur de Pons et de Bragerac
    • Jeanne x Pierre de Genville
    • Hugues de Lezignan dit le Brun Comte d’Engoulesme x Beatrix fille de Hugues IV Duc de Bourgogne, mort 1303 sans enfans.
    • Guy ou Guyart de la Marche, seigneur de Lezignan x Jeanne sa femme, morte 1307.
  • Guy sieur de Cognac, Merpin, Archiac, mort 1288 sans enfans
  • Aimar de Valence Comte de Pembroc

Ce Hugues Comte d’Engoulesme mary de Beatrix de Bourgogne, fit plusieurs testamens : il y en a un de l’an 1283. par lequel il instituë son heritier universel Guy son frere, & luy substituë de ses parens. Le second est de l’an 1297. où il instituë son heritier Geoffroy de Lezignan son cousin, & au cas qu’il ne le puisse estre, veut qu’il ait le Comté d’Engoulesme, Cognac, Merpin & Lezignan ; veut que Guy ou Guyart de la Marche ne puisse rien demander en tous ses biens pour avoir toujours aidé ses ennemis capitaux : aprés cela il fait plusieurs degrez de substitution qui vont jusques à Renaud de Pons son neveu.

Pour Guyart, il fit un codicile en l’an 1302. par lequel en adjouftant à son testament il ordonna que sa sœur Yoland Dame de Pons aura telle part aux biens de ses pere & mere, que la Coustume luy donne.

Ce mesme Guyart en l’année 1303. fit un acte par lequel ayant parlé contre le testament de Hugues son frere qui le desheritoit pour causes fausses, & que Renaud de Pons informé de la verité avoit renoncé au droit qu’il pouvoit pretendre en vertu dudit testament, institua ledit Renaud son heritier universel.

En l’année suivante il fit un autre testament, par lequel il institua sa soeur Yoland Dame de Pons heritiere, & luy substitua Renaud de Pons son fils.

Le Roy aprés le decés de Guyart, informé de ses droits prit possession des Comtez d’Engoulesme & de la Marche & de Lezignan : ceux qui sont nommez par les testamens cy-dessus, & que la nature sembloit appeller à ces grands biens s’y opposerent, mais avec de si foibles moyens qu’ils transigerent tous comme il se peut voir par les contrads suivans.

En l’année 1308. Philippes le Bel traita avec Marie de la Marche Comtesse de Sancerre, elle pretendoit solidairement lesdits Comtez de la Marche & d’Engoulesme, & la terre de Fougeres aprés la mort de Guyart de la Marche Le Roy au contraire soustenoit par ses Officiers, que lesdites terres appartenoient au Roy par confiscation, sur ce que ledit Guyart vassal du Roy avoit bruslé le testament & codicile de son frere Hugues le Brun, par lequel il avoit fait au Roy de grands avantages ; & de plus qu’il avoit conspiré contre le Roy & son Estat, s’estant joint avec les ennemis, & donné Cognac & Merpin au Roy d’Angleterre, dequoy il fut poursuivy & condamné en six-vingts mille livres ; & de plus que par la disposition dudit Hugues frere de ladite Marie, lesdites terres appartenoient au Roy. Enfin ladite Marie transporta au Roy tout tel droit qu’elle avoit ausdits Comtez & à Lezignan, & autres terres possedées par lesdits Hugues & Guyart ; & le Roy promet mille livres de rente en fonds de terre, & un chasteau en dépendant, & plusieurs autres avantages specifiez dans le contract.

En la mesme année Aymar de Valence Comte de Pembroc sieur de Montignac traita aussi avec le Roy pour raison des mesmes pretentions, à la charge que le Roy luy bailleroit mille livres de rente en assiette sur les terres cedées, ou bien seize cens livres sur d’autres terres, à condition de reversion à la Couronne en cas de decés dudit Aymar sans enfans.

En ladite année Yoland de la Marche sœur aisnée desdits Hugues & Guyart Comtes, & mere de Renaud de Pons, transigea aussi avec le Roy pour ses pretentions sur lesdits Comtez & Seigneurie de Luzignan. Le contract porte que le Roy soustenoit que ces terres luy estoient engagées pour plusieurs causes, & particulierement pour le fait de la Terre Sainte, du vivant desdits Hugues & Guyart, pour plus de trois cens mille livres ; qu’Engoulesme, Merpin & Cognac luy appartenoient par donation faite au Roy par ledit Hugues le Brun par son testament supprimé par ledit Guyart, outre plusieurs autres crimes commis par ledit Guyart. Est convenu que le Roy laisse à ladite Yoland l’usufruit seulement sa vie durant, des Comtez de la Marche & d’Engoulesme, & de Lezignan & autres biens.

Si ceux de Bragerac enfans de ladite Yoland decedent sans enfans, les terres de Bretagne viendront au Roy de plein droit. Ladite Yoland consentit aussi que ce qu’il luy pourroit échoir des successions du Seigneur de Couhé, & de la Dame de Belleville, appartiendra au Roy : moyennant ce & par pitié (ce sont les mots du contract) le Roy promet à ladite Yoland six mille huit cens livres.

En l’année 1309. Jeanne de la Marche sœur dudit Guyart traita avec le Roy pour ses pretentions sur les terres de sondit frere, qu’elle ceda au Roy & sa Majesté par pitié luy laisse sa vie durant la jouïssance des terres de Couhé & de Peirac, & une somme de mille livres.

II y eut aussi traité fait avec Dreux de Mello. & en l’année 1328. Renaud de Pons autrement dit Helie Rudel Seigneur de Pons & de Bragerac, transigea avec le Roy Philippes de Valois pour le droit successif qui luy appartenoit és Comtez d’Engoulesme & de la Marche, à Lezignan & à Fougeres par le decés dudit Guyart, pour lesquels droits le Roy luy bailla mille livrées de terre de revenu.

Toutes ces cessions jointes aux droits du Roy sur ces grandes seigneuries eurent l’effet de rendre leur jouïssance paisible.

Les Rois Louïs Hutin, & Philippes le Long furent consecutivement Seigneurs de ces terres : mais le dernier de ces Rois mariant en 1317. Jeanne Reine de Navarre sa niepce fille du Roy Louïs Hutin, à Philippes Comte d’Evreux, fils aisné de Louïs de France Comte d’Evreux, il luy assigna le Comté d’Engoulesme, Bouteville, Cognac, Merpin, &c, De ce mariage vint Charles Roy de Navarre, Prince celebre pour les maux qu’il a faits à la France.

En l’année 1336. ce Roy de Navarre & Jeanne sa femme cederent au Roy Philippes de Valois & à ses successeurs, le droit qui leur pouvoit appartenir aux Comtez de Champagne & Brie ; moyennant quoy le Roy leur delaissa les Comtez d’Engoulesme & de Mortaing avec dix mille livres de rente, & soixante mille livres parisis pour une fois, à tenir du Roy lesdits Comtez, & lesdits dix mille livres de rente en Baronie, & en Pairrie à une foy & hommage.

Le Roy Jean qui avoit pris la ville d’Engoulesme, aprés la mort de Jeanne avenuë l’an 1349. s’empara du Comté d’Engoulesme, nonobstant que Jeanne eust laissé des enfans, & que Charles son aisné eust épousé la fille dudit Roy Jean.

L’an 1351. ledit Roy Jean donna au Connestable Charles d’Espagne le Comté d’Engoulesme en faveur de son mariage avec la fille du Comte de Blois Charles. Ce Connestable fut tué à Laigle en Normandie par Charles Roy de Navarre, indigné de ce que le Roy luy avoit osté le Comté d’Engoulesme.

Ce Connestable ne fut Comte que deux ans & demy, & aprés sa mort le Roy reprit le Comté en sa main ; ce qui fit jetter Charles Roy de Navarre du costé de l’Anglois, & le Roy pour le retirer de ce party traita avec luy moyennant de grandes sommes de deniers payées comptant & trente huit mille livres de rente en aissette en Normandie, & ce pour ledit Comté d’Engoulesme, & pour les droits qu’il pretendoit és Comtez de Champagne & Brie ; & ainsi demeura ce Comté d’Engoulesme au Roy.

En l’année 1356. arriva l’infortunée bataille de Poictiers, où Ie Roy Jean fut pris prisonnier, & delivré moyennant le delaissement que fit le Roy à l’Anglois du païs d’Aquitaine, jusques à la riviere de Loire, & particulierement la ville d’Engoulesme, & le païs d’Engoulmois en tout droit de souveraineté : ce traité fut executé l’an 1361.

Aprés ce traité la guerre commença plus que devant entre la France & l’Angleterre dans la Guyenne l’an 1372. Ceux d’Engoulesme ayans grande inclination pour le party François trouverent moyen de secouër le joug des Anglois, & se donner au Roy Charles V. qui leur donna de grands privileges, & ainfi cette ville revint és mains du Roy son seigneur naturel onze ans aprés qu’elle eust esté baillée aux Anglois.

L’an 1375. le Roy Charles V donna le Comté d’Engoulesme & la Sainctonge à Jean de France Duc de Berry son frere, qui mourut sans posterité qui ait eu suite.

Le Roy Charles VI. en l’année 1394. donna en accroissement d’apannage à Louis de France Duc d’Orleans son frere ledit Comté, à la charge de le retirer quand il luy plairoit ; & ce Louïs l’an 1403. faisant le partage de ses biens entre ses enfans, donna à Jean son troisiéme fils entre autres biens ledit Comté. II mourut l’an 1467. De luy vint Charles de Valois Comte d’Engoulesme, qui fut pere de François I. Roy de France, & ledit Roy erigea ledit Comté en Duché l’an 1514. & l’unit & l’incorpora avec tous ses membres à la Couronne ; mais au mesme jour & an il en fit don à Louïse de Savoye sa mere pour le tenir en Pairrie sa vie durant ; ce qui fut verifié en Parlement.

Aprés le decés de ladite Dame ledit Duché fut reuny à la Couronne, & n’en est sorty que du regne du Roy Henry III. qui le bailla en engagement à Diane legitimée de France fille naturelle du Roy Henry II. à la charge de reversion aprés sa mort, qui arriva l’an 1619 . Le Roy Louïs XIII. a continué cet engagement à Charles B. de Valois Comte d’Auvergne fils naturel du Roy Charles IX. ce que la Cour a verifié le 13. Avril de l’an 1620.

 S. Jean d’Angeli.

Cette ville est une des dépendances du Comté de Poictou.

Le Roy Philippes Auguste en l’an 1204. confirma les privileges de la Commune de S. Jean d’Angely , & leur donna de nouveaux privileges.

Le Roy Louïs VIII. 1224. confirma lesdits privileges, comme aussi le Roy S. LOUÏS 1228.

Philippes fils de Roy de France Comte de Poictiers, confirma lesdits privileges en l’an 1241.

En l’an 1230. Isabeau Reine d’Angleterre, Comtesse de la Marche & d’Engoulesme , receut du Roy S. Louïs le Chasteau de S. Jean d’Angely, & tout ce qu’il y avoit, & d’autres terres, à condition que le mariage d’Elisabeth sœur du Roy se fera & de Hugues fils aisné de ladite Comtesse ; mais ce mariage ne se fit pas.

En l’an 1241. Hugues de Lezignan Comte de la Marche & d’Engoulesme, cede la foy & hommage lige à Alfonse Comte de Poictiess de la ville de Saintes, & autres lieux qu’il tenoit au Comté de Poictou, & par mesme acte quita audit Comte la ville & Chasteau de S. Jean d’Angely.

En l’année 1257. Guillaume Mengon Chevalier sire de Surgeres, ceda à Alfonse Comte de Poictiers les droits qui luy appartenoient en la Viguerie de saint Jean d’Angely.

En l’an 1263. P. Archidiacre de Rodez reconnut n’avoir aucun droit ou jurisdiction temporelle en la ville de S. Jean d’Angely, & quc c’estoit de grace que le Comte de Poictiers luy avoit donné pouvoir d’exercer jurisdiction en ladite ville de S. Jean d’Angely, sur le differend qu’il avoit.

 L’Isle d’Oleron en Sainctonge. Pons, Marennes.

Le 17. Février 1372. le Roy Charles V. unit à la Couronne l’Isle d’Oleron proche de la Rochelle.

En la mesme année le Roy bailla le gouvernement de ladite Isle à Jacques de Montmor & Morelet de Montmor freres, Chevaliers avec tout ce dont avoit accoustumé de jouïr le Gouverneur de ladite Isle.

L’an 1381.lesdits de Montmor donnerent au Roy quitance de tout ce qu’ils luy pouvoient demander, fors ce qui leur avoit esté promis par sa Majesté en récompense de l’isle d’Oleron.

L’an 1461. Antoinette de Maignelay veuve d’André de Villequier avoit droit par transport du Roy Charles VII. en la Vicomté de Saint Sauveur, Isles d’Oleron & de Marennes &c.

En l’année 1507, Ie Procureur General en execution de la volonté du Roy déclarée par ses lettres Patentes pour la reunion de son domaine, fit procéder par faisie sur plusieurs terres appartenantes à ceux de Pons, sçavoir sur Marennes, Brouhé, Chessous, Monteslin & Arvert, leurs appartenances & dépendances. Les parties plaidèrent long temps jusques à ce qu’il y eust Arrest au Parlement de Paris du 16 Septembre 1514. par lequel ceux de Pons sont absous de la demande du Procureur General en ce qui touche les terres & seigneuries de Marennes, Brouhé, Chessous, Monteslin & Arvert, & leurs dépendances ; mais que ladite Seigneurie de Marennes sera estimée selon qu’il avoit esté ordonné par les lettres de don & assignation faite de ladite Seigneurie à Renaud Sire de Pons, données à Paris le douzième May 1380. Laquelle sera baillée en déduction de deux mille livres de rente donnez audit Renaud de Pons par le Roy Charles V. 1370. pour en jouir par eux, leurs successeurs & ayans cause & seront aussi precomptez sur l’assiette desdits deux mille livres de rente soixante livres de rente qui furent assignez l’an 1370. audit Regnaud sur le commun de la paix du mur des barres en Rouergue & Auvergne, en ce non compris les droits Royaux que la Cour adjugea au Roy en toutes lesditcs terres, fins & limites d’icelles. & en tant que touchoit l’Isle d’Oleron la Cour l’adjugea au Roy avec toutes ses appartenances & dépendances comme estant de son domaine, enfemble les chasteaux & forteresses estant en ladite Isle, avec la Tour & Fort de Brouhé situez en Sainctonge, desquels Isle d’Oleron,Tour & Fort de Brouhé lesdits de Pons jouïront jusques à ce que Roy leur ait fourny ledit assignat de deux mille livres de rente en Sain&onge, Poictou, Perigord, Limosin, ou au Duché de Guyenne.

L’execution de cet Arrest dura long-temps. Le Procureur General, & le Seigneur de Pons acquiescerent à tout ce qui avoit esté ordonné ; mais il restoit l’explication de ces droits Royaux reservez au Roy, & l’évaluation de la terre de Marennes, surquoy les parties contesterent long-temps aux Parlemens de Paris & de Bourdeaux, où par Arrest du 27 Aoust 1520 ladite terre de Marennes fut estimée valoir en assiette quatre cens quatre vingts neuf livres quinze sols de rente & demeura ainsi audit de Pons en déduction desdits deux mille livres de rente.

Depuis le Procureur du Roy en la Seneschaussée de Sainctonge, par ordre des juges ordonnez sur le fait de la réunion du domaine l’an 1533. fit mettre en la main du Roy la terre de Pons, sur ce qu’elle avoit esté autrefois confisquée au profit du Roy par Arrest de l’an 1461. donné contre Jaques de Pons rebelle, & que l’on avoit compté en la Chambre du revenu de ladite terre ; & en suite aussi lesdites terres de Marennes, Brouhé, Chessous, Monteslin & Arvert furent saisies. A quoy s’opposerent ceux de Pons, qui representèrent pour le regard de la terre de Pons, qu’il y avoit eu abolition des crimes prétendus commis par leur predecesseur, abolition entérinée où besoin avoir esté, ensuite de laquelle les biens furent restituez, & ceux de Pons receus à faire la foy & hommage au Roy,

Pour les autres terres ils alleguoient pour leur defence l’Arrest de la Cour de l’an 1514. cy-dessus, neammoins après de longs procès intervint Arrest de la Cour du 18 Janvier 1543, par lequel fut ordonné qu’Antoine de Pons, ses frères & sœurs auront mainlevée des terres & Seigneuries de Pons, Oleron, Marennes, Brouhé, Chessous, Monteslin & Arvert, pour en jouir comme personnes estrangères.

 Isle de Ré – Insula Eremi

Cette Isle a appartenu a ceux de Mauleon : en l’an 1245. Raoul de Mauleon fit la foy & hommage lige à Alfonse Comte de Poitiers, deTalmond, de Curson, du Chasteau d’Olone, de S. Michel au desert, de Chastelaillon & de l’isle de Ré, avec promesse de rendre à grande & petite force, lesdits chasteaux & forteresses audit Comte, lors qu’il en sera requis.

Depuis en 1264, Charles fils du Roy de France, Comte d’Anjou & de Provence, céda à R, Vicomte deThouars, à M. Vicomtesse de Thoüars, & à la fille de Geofroy de TaIney, le droit qu’il avoit aux Chasteaux & lieux susdits, & particulièrement en ladite Isle de Ré, moyennant cinq mille livres tournois.

L’an 1404. le 2 Juillet il y eut un accord entre le Procureur general du Roy d’une part Pierre Sire d’Amboise, Vicomte de Thoüars, Seigneur de l’Isle de Ré d’autre. Par lequel ledit Vicomte promet tenir ladite Isle à foy & hommage lige du Roy, à cause du chastel de la Rochelle, & au ressort & souveraineté accoustumez, à une florence ou maille d’or, ou la valeur d’icelle, pour tout devoir de rachapt ou d’autre devoir de fief à chaque mutation de vassal. Cet accord fut passé au Parlement.

Le Roy Charles VI l’an 1408, le 20 Mars décerna ses Lettres Patentes en faveur de Pierre Sieur d’Amboise, Vicomte de Thoüars, Seigneur de Talmont & de l’Isle de Ré : par lequel sur ce que ledit d’Amboise luy avoir remonstré, que ladite terre & seigneurie de l’Isle de Ré estoit de tout temps propre héritage de ceux d’Amboise, & qu’il l’avoit tenu en franc aleu, jusques à ce que ledit Pierre l’eust avouée tenue à foy & hommage lige, à une maille de Florence pour tout relief : le Roy déclara qu’il entendoit que ceux de ladite Isle de Ré fussent francs à toujours de tous aydes, tailles & subsides, & autres subventions, pour quelque cause que ce soit. Ce qui fut confirmé par Charles VII. en Mars l’an 1437. & par Louis XI. en Février 1461. & 1472.

Ledit Roy Charles VII. l’an 1457 en Septembre, voulant favorablement traiter le Vicomte de Thoüars Seigneur de l’Isle de Ré, il exempta à perpétuité les habitans desdites Isles, des payemens des tailles pour le soudoyement des gens d’armes par terre, des impositions de douze deniers pour livre, de toutes denrées & marchandises qui seront vendues ou échangées, & du huitième du vin vendu en détail esdites Isles, moyennant le payement de six cens livres, qu’ils payeront au Roy par chacun an, & aussi qu’ils seront tenus de contribuer à l’armement que le Roy fera par mer : & pour faciliter le payement desdits six cens livres, le Roy leur octroya deux sols six deniers sur chacun tonneau de vin tiré hors desdites Isles, & cinq sols tournois sur chacune queue de Vin, qui y sera vendue en détail.

Jaqueline de la Trimoüille fille de François de la Trimoüille Vicomte de Thoüars, fut mariée avec Louis de Bueil Comte de Sancerre, à qui elle apporta la seigneurie de Marans, & celle de l’Isle de Ré prés la Rochelle. De ce mariage vint Jean de Bueil Comte de Sancerre, Claude de Bueil pere de la Comtesse de Moret, & Anne de Bueil mere de Madame de Bellegarde.

 La Rochelle.

Cette ville a esté long-temps possedée par des Gentilshommes particuliers. Ceux de la maison de Mauleon & de Rochefort en ont esté Seigneurs. Guillaume dernier Comte de Poitou, & Duc de Guyenne, fut de plus Seigneur de la Rochelle, & y donna des privileges.

En l’annce 1138. Eleonor sa fille épousa Louis le jeune Roy de France luy porta le païs de Guyenne & le Comté de Poictou. Ce mariage ayant esté declaré nul l’an 1152, ladite Eleonor se remaria à Henrv II. Roy d’Angleterre, & luy porta tous ses biens & ainsi ces grandes provinces passerent aux Anglois.

Cette Reine Eleonor pour purger le titre vitieux de son pere, qui s’estoit emparé de la Rochelle sur ceux de Mauleon, par un titre de l’an 1199. bailla à Raoul de Mauleon pour la ville de la Rochelle, le Chasteau de Benaon, & autres choses specifiées dans le traité qui en fut fait.

Les Anglois possederent cette ville jusques à Louis VIII. Roy de France, qui la reduisit à son obeïssance l’an 1224. & nos Rois l’ont tenue jusques au traité de Bretigny 1360. fait pour la delivrance du Roy Jean, qu’elle fut laissee aux Anglois pour en jouïr en souveraineté, avec d’autres seigneunes. Ce qui dura jusques en l’an 1370. que la Guyenne fut confisquée sur l’Anglois, & la Rochelle conquise par force sur eux l’an 1372.

Depuis ce temps, le Roy Louïs XI. l’an 1472. la reunit à la Couronne, & y est demeurée jusques à present : mais sans aucuns privileges, dont elle a esté privée par sa rebellion & rasement de ses murailles & forteresses, l’an 1628. par le Roy Louis XIII.

 Sainctonge.

Comme le Duché de Guyenne avoit appartenu à Guillaume Duc de Guyenne, & en suite à Eleonor sa fille, qui avoit épousé en premieres noces le Roy Louïs le Jeune, & depuis elle épousa le Roy d’Angleterre Henry II. auquel elle porta ce Duché, aussi cette Reine & !es Rois d’Angleterre ont fait tous les actes de Seigneurs de la Saintonge.qui fait partie dudit Duché.

Le Roy d’Angleterre Jean Sans Terre, epousant Isabeau fille d’Aimar Comte d’Angoulesme, luy assigna son doüaire sur la Sainctonge. Cette Reine en secondes noces épousa Hugues de la Marche, lequel changeant le party Anglois, 1224. traita avec le Roy Louïs VIII. pour la recompense du douaire que sa femme avoit du Roy d’Angleterre son premier mary, qu’elle perdit son mary prenant le party de France, & fut convenu entre autres choses, que ledit Comte de la Marche retiendroit Sainctes, qu’il tenoit dudit douaire.

En l’année 1241. Hugues de Lezignan fit la foy & hommage lige a Alfonse Comte de Poictiers, de la ville de Sainctes, & de toute la terre qu’il tenoit au Comté de Poictou.

En l’année suivante fut fait un traité de Paix entre le Roy S. Louis, & ledit Alfonse son frere, avec Hugues de Lezignan & ladite lsabeau sa femme, qui porte : Que toutes les terres conquises par le Roy sur ledit Hugues, demeureront au Roy : comme Sainctes, Forest , Pontlabbé, & autres. Ce traité comme important, fut ratifié par les Princes qui y avoient interest.

En l’année 1380. Charles VI. declara comme le Roy Charles V. son pere avoit donné à Jean Duc de Berry fils du Roy Jean, la ville de Sainctes & le païs & le Comté d’Angoulesme, tenu par l’Anglois, à condition que si tost qu’il seroit paisible de Sainctes, S. Jean d’Angely & Angoulesme, il rendroit au Roy le Comté de Mascon & quatre mille livres de rente assises en ce Comté. Cela fait, ledit Duc à ses dépens conquit lesdits païs sur l’Anglois, & bailla au Roy Mascon & ladite rente : Nonobstant le Roy retira de luy ledit pais de Sainctonge, & le Comté d’Angoulesme, & les reunit à son domaine. La cession dudit Duc est du 8. Septembre 1374. & le Roy bailla audit Duc seulement quarante mille francs, encore que les biens conquis fussent de valeur de deux cens mille livres. C’est pourquoy le Roy luy bailla quatre-vingts mille francs d’or pour une fois. & en déduction luy laissa l’Hostel de Nesle à Paris, & l’Hostel du Val la Reine pour vingt mille francs : l’acte est de l’an 1380.

Charles VII. donna en Novembre 1428. à Jaques Roy d’Escosse, & à ses hoirs masles legitimes le Comté de Sainctonge, à le tenir à hommage & Pairrie de la Couronne.

Principaux lieux de Sainctonge : Sainctes, Oleron, Arvert, Marennes, Yers, Brouage, acquis par le Roy du sieur de Miranbeau, qui l’avoit par succession de Pons.

S. Jean d’Angely, Pons, Jonzac, Archiac, Barbezieux, Talmont, Roffignac, Cosnac, Mortagne, Royan, Saugeon, Cadenac, Plassac, Tonnai-Boutonne, Tonnai-Charante, Soubize, Frontenay Labbatu, Tors, Matas, Taillebourg, S. Savinien, Dampierre, Pisani, Chalais.

 Taillebourg, Sainctonge.

Εn 1269 Hugues Larchevesque Seigneur de Partenav & de Taillebourg, bailla la terre d’Esnande à Geofroy d’Ancenis & à Eleonor sa femme, en recompense de la huitiéme partie qu’ils pretendoient en la terre de Taillebourg & au Vicomté d’Aunay.

Le Roy Charles VI. en Avril 1407. unit à la Couronne la Chastellenie de Taillebourg & la terre du Cluseau, sur le droit qu’ont nos Rois par puissance souveraine d’appliquer à leur domaine, les terres, chàteaux, ports de mer & autres lieux estans en frontiere de leurs Ennemis, qui est la seule cause de cette union, contenue dans lesdites Lettres d union.

Aprés cette union si celebre, le mesme Roy donna lesdites terres de Taillebourg & du Cluseau, à Jean Harpedene Chevalier sieur de Belleville, qui avoit épousé une jeune fiile, dont le Roy estant en demence, avoit usé au lieu de la Reine sa femme, & de son consentement, parce qu’elle craignoit que ce Prince se vist sur sa personne pendant sa folie. Mais en l’an 1409. ledit Roy achepta & retira dudit Jean de Harpedene, lesdites villes & terres de Taillebourg & du Cluseau.

En 1421. Charles Dauphin de Viennois Regent le Royanme, engagea les Chasteaux de Taillebourg & de Chastelaillon, à Henry de Plusqualet Gouverneur de la Rochclle & à autres pour seureté de la fomme de treize mille écus d’or qu’ils luy avoient prestée, & dont ils avoient répondu envers quelques marchands, ce qui fut acquité peu apres.

Et le Roy Charles VII. l’an 1423. engagea de nouveau Taillebourg, audit sieur de Plusqualet, pour la somme de vingt mille écus d’or.

Chopin au 1. livre du Domaine, chap. 8. §. 6. écrit ce qui s’ensuit. Quant au Comté dc Taillebourg, l’on sçait qu’il fut acquis au Roy l’an 1444. par confiscation des biens de Maurice, Charles & Hilaire de Plusqualet. Le Roy neantmoins ne voulut incorporer Taillebourg à son domaine : mais il en fit don au Seigneur de Coitivy Admiral de France le 12. May 1444 & depuis par droit de succession, cette seigneurie passa à l’heritiere dudit de Coitivy seigneur de la Trimoüille, estant l’une & l’autre Maison conjointes par alliance.

 Tonnay Boutonne.

En Aoust 1242. le Roy S. Louïs & son frere Alfonse Comte de Poictiers, firent un accord avec le Comte de la Marche, la Reine sa femme & leurs enfans Hugues, Guy & Geofroy de Lezignan, qui se soûmirent aprés la conqueste dudit Comté de la Marche faite par le Roy S. Louïs, à la volonté dudit Roy : il fut donc convenu, que Sainctes, Pontlabbé, Frontenay, Langais, Tonnay Boutonne & autres terres, demeureroient au Roy & à sondit frere.

En l’année 1249. en Avril, ledit Alfonse Comte de Poictiers, fit un traité avec Jeanne Dame de Lusson femme de Maurice de Belleville, par lequel elle ceda & transporta audit Comte de Poictiers, le droit qui luy pouvoit appartenir au chastel de Tonnay-Boutonne, au grand fief d’Aunis & autres ; & ledit Comte luy laissa ce qu’il pretendoit à la Roche-sur-Yon & autres lieux.

 Villebois en Engoulmois.

Diocese de Perigueux.

Le Procureur General lors de l’execution des lettres patentes de la reünion generale du domaine, fit proceder par voye de saisie sur la terre & Seigneurie de Villebois, dont jouïssoit Messire Nicolas d’Anjou Comte de S. Fargeau, & Dame Gabrielle de Mareuïl son épouse. De cette saisie appel à la Cour, où le procés fut instruit.

Le Procureur General pour verifier que ladite terre estoit domaniale dépendante du Comté d’Engoulesme ancien domaine de la Couronne de France, produisit un titre de l’an 1317. regnant Philippes le Long, contenant la composition faite par ledit Seigneur Roy, & Eudes Duc de Bourgogne, pour les biens & droits appartenans à Jeanne fille du Roy Louïs Hutin niepce dudit Roy Philippes. Par cet accord est laissé à ladite Jeanne le Comté d’Engoulesme, consistant principalement és terres de Bouteville, Coignac, Greffignac, Aubeterre & Villebois, avec stipulation de retour à la Couronne, au cas que ladite Jeanne decede sans hoirs.

Cette Jeanne de France épousa Philippes d’Evreux, qui fut Roy de Navarre de par sadite femme ; & par leur contract de mariage Charles le Bel Roy de France stipula la reversion du Comté d’Engoulesme à la Couronne à defaut d’hoirs masles.

En l’année 1349. ladite Jeanne Reine de Navarre Comtesse d’Engoulesme mourut, & aprés sa mort le Roy Jean mit en fa main le Comté d’Engoulesme que les Anglois avoient pris, le bailìa à Charles d’Espagne qui fut Connestable de France, & qui fut tué à l’Aigle. & aprés sa mort le Roy reprit ledit Comté en sa main, dont indigné le Roy de Navarre issu de ladite Jeanne se joignit avec les Anglois,& fit guerre ouverte au Roy. Ce qui fut cause que le Roy traita avec luy, de telle sorte que le Comté d’Engoulesme demeura au Roy.

En l’année 1356. le 22. Aoust, le Roy Jean bailla la Chastellenie de Rochefort à Remond de Mareuïl, qui luy bailla en échange la Chastellenie de Villebois. Et en la mesme année 1356. Edoüard Prince de Galles en la bataille de Poictiers prit prisonnier le Roy Jean, qui pour sa rançon entre autres choses ceda à l’Anglois toute la Guyenne, & particulierement la ville d’Engoulesme & pais d’Engoulmois. Ledit Prince de Galles poursuivant l’execution dudit traité ne put estre mis en possession de plusieurs terres, entre autres de Villebois tenu & occupé par Messire Remond de Mareuïl. On ne laissoit pas pourtant de compter de ce domaine à la Chambre, comme il se voit par un extrait d’un compte du domaine de l’an 1363.

Neantmoins au mois d’Avril de l’an 1364. ledit Prince de Galles Duc d’Aquitaine fit un échange avec ledit Remond de Mareuïl, par lequel ledit de Mareuïl ceda audit Prince lesdits Chastel & Chastellenie de Villebois, qui luy avoient esté (dit-il) autrefois donnez par le Roy de France. Et ledit Prince en contreschange luy bailla la Chastellenie de Gresignac en Perigord, Marsal, Anjac, S. Amant, & Granet dépendans de son chastel de Bouteville, & mille livres d’Estrelins.

Depuis en l’année 1369 le Roy Charles V. pour les agréables services qu’il avoit receus de Raimond de Mareuil luy donna ladite terre de Villebois purement et simplement, confirmant les precedentes donations à luy faites par ses predecesseurs de ladite terre. Sur lequel don il faut voir ce qui fut dit lors de l’enregistrement en la Chambre des Comptes au mois de juillet 1369.

En l’année suivante 1370. fut donné l’Arrest de la confiscation de Guyenne, & de tout ce que jouïssoit le Roy d’Angleterre en France.

Depuis ce temps-là il appert, que lors que l’on a compté à la Chambre des Comptes du Domaine d’Engoulmois, sur l’article de Villebois, a toujours esté mis néant, attendu que Remond de Mareuïl en jouissoit, toutefois y avoit deceat de dono & en un autre compte de l’an 1409 en l’article de Villebois il y a néant, parce que Geoffroy fils de Remond de Mareuïl la tient par don du Roy, & y a en marge de caetero non scribatur. Et toutefois jusques en l’année 1505 au compte du eceveur du domaine d’Engoulmois, Villebois y est comme auparavant, mais il y a neant, parce que le sieur de Mareuïl la tient.

Tellement que le fondement dudit Comte de S. Fargeau & de sa femme est le don, & quelque cours de prescription. Quant au don, la qualité du domaine y resiste, joint que l’on voit que depuis ledit don ladite terre est revenüe au Roy par confiscation.

Pour le regard de la prescription, elle ne peut avoir lieu contre le Roy tant pour la qualité domaniale, que cours des guerres continuelles. Mais sur tout est à considerer, que depuis ce temps le Comté d’Engoulesme a esté hors des mains des Rois, & par eux baillé en apannage aux puisnez de la Maison de France, depuis l’an 1394. jusques en l’an 1530. que deceda Madame la Regente, auquel temps ledit Comté érigé en Duché fut réuny à la Couronne, quoy que dès l’an 1514, il l’eust esté.

Il est certain, que pendant les apannages ne se peut faire don, traité, ou accord au dommage du Roy, & la prescription n’a pu courir, ny pour le corps entier dudit Comté, ny pour les membres. Il faur scavoir si ce procès a esté jugé.

Monsieur le Duc d’Espernon est à présent Seigneur de cette terre, érigée en Duché & Pairie sous le nom & appellation de la Valette en faveur de Bernard de la Valette son fils.

Raimond de Mareuïl. 1369.
 !
Geoffroy de Mareuïl. 1409.
 !
Guy de Mareuïl I .1440.
 !
Jean de Mareuïl. 1490.
 !
Guy de Mareuïl II. 1515.
 !
Gabrielle de Mareuïl épousa Nicolas d’Anjou Marquis de Mesieres en Touraine, Comte de S. Fargeau.
 !
Renée d’Anjou fille unique, qui épousa l’an 1566. François de Bourbon Duc de Montpensier, Duc de S. Fargeau ;
 !
Henry de Bourbon Duc de Montpensier, pere de Marie de Bourbon Duchesse d’Orléans. Mort 1608.

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