Histoire Passion - Saintonge Aunis Angoumois

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1683 - Factum contre les Prtendus Rforms de Baignes-Montauzier

mercredi 2 janvier 2019, par Pierre, 197 visites.

Factum : Rcit de l’une des parties, destin aux juges, exposant sommairement les faits d’un procs. Il s’agit ici d’argumentaires en faveur de la partie catholique (Diocse de Saintes), contre les Protestants.

Le d-tricotage de l’Edit de Nantes, pendant les rgnes de Louis XIII et de Louis XIV, se fait de diffrentes manires :
 par l’usage de la justice Royale, ce qui nous donne des dossiers d’argumentaires (factums) pour aider le clerg du diocse de Saintes lutter contre les protestants ;
 par l’usage de la force : dragonnades, mises au couvent, envoi aux galres, etc.

L’intrt de ces "Factums" est la description de la situation locale du protestantisme pendant les rgnes de Henri IV, Louis XIII et Louis XIV, avec les noms et les rles des acteurs locaux, lorsque cela est utile l’argumentaire..

Source : Factums pour le syndic du clerg du diocse de Saintes contre les prtendus rforms de Saintonge, sur le sujet des temples et des exercices publics de leur religion qu’ils ont tablis dans le diocse de Saintes, par contravention aux dits. - 1683 - BNF Gallica

Voir ici une page de synthse sur les 41 factums en cours de publication sur ce site. On y trouve la liste des lieux concerns par un Factum, et les rfrences rglementaires sur lesquelles s’appuie le rdacteur, Monseigneur de Chteauneuf.

BAIGNE OU MONTAUSIER.

FACTUM
Pour le Syndic du Clerg du Diocese de Saintes, demandeur.
Contre les Prtendus Reformez de Baigne & de Montausier, defendeurs.

Pour l’intelligence de la contestation qui est entre le Syndic du Clerg de Saintes & les P. R. de Baigne & de Montausier, il faut savoir que Baigne & Montausier sont deux lieux proche l’un de l’autre, situez dans la Paroisse de Sainte Radegonde, & que le Seigneur de Montausier, qui a un Chteau dans ce lieu, est aussi Seigneur de Baigne.

En l’anne 1646. le 13. Mars, Dame Marguerite de Chateaubriand, veuve de messire Leon de Sainte-Maure Seigneur de Montausier, faisant profession de la Religion Prtendue Reforme, laissa aux P. R. de Baigne & de Montausier une place dans le Bourg de Montausier, pour y btir un Temple, & y faire l’exercice public de leur Religion. Ce fait paroist par la premire pice que les dfendeurs ont remise sous cote C. Ce Temple a est bti conformment l’intention de ladite Dame. Le Syndic du Clerg de Saintes en demande la dmolition.Ces moyens sont.

1. Il paroist que l’exercice de la R. P. R. qui s’est fait Montausier devant l’Edit de Nantes, & mesme long-temps aprs, pour les Habitans de Baigne & de Montausier, estoit un exercice personnel, que les Seigneurs de Montausier avoient tabli, & qui se faisoit ordinairement dans leur Chteau.

Cela se prouve par un extrait d’un Papier Baptstaire que les dfendeurs ont remis sous cote A. Il est dit au 3. article de ct extrait, que les baptesmes qui s’administroient aux enfans de l’Eglise de Baigne, se faisoient quelquefois audit Bourg de Baigne, & quelquefois au Chateau du Seigneur de Montausier, Seigneur dudit Baigne.

Cela se prouve encore par !e contract de donation de la place que ladite Dame de Chteaubriand, veuve de feu Messire Leon de Sainte-Maure Seigneur de Montausier. laissa ceux de la R. P. R. tant du lieu de Baigne que de celuy de Montausier, pour y btir un Temple. Dans ce contrat qui est produit par les defendeurs sous cote C. il est dit que cette place que ladite Dame laisse ausdits P. R. servira pour y btir un Temple o ceux de Baigne, de Montausier & autres lieux circonvoisins, feront exercice public de leur Religion, & s’y assembleront au lieu du Chteau dudit Montausier, o par la permission de ladite Dame ils ont accotum d’aller au Temple, qu’elle ou ses predecesseurs Seigneurs y ont fait btir ct effet. Ces paroles font voir clairement, que l’exercice qui se faisoit Montausier, o ceux du Bourg de Baigne & de Montausier alloient, estoit un exercice personnel que les Seigneurs de Montausier avoient tabli, & qu’ils faisoient faire dans leur Chteau. Les Ministres qui servoient cet exercice, faisoient ordinairement les fonctions de leur ministere dans le chteau de Montausier, & quelquefois ils allojent au Bourg de Baigne baptizer des enfans.

Les deux tmoignages rapportez cy-dessus, & tirez des propres pices des dfendeurs, justifient assez cette vrit. Le Seigneur de Montausier estant present Catholique, l’exercice de la R. P. R. qu’on faisoit autrefois Montausier pour les Habitans dudit lieu & de celuy de Baigne, doit cesser. Nous sommes dans l’espece de l’Arrest du Conseil d’Etat du 11. Janvier 1657. rapport par Bernard page 18. qui porte que les Temples qui auront est tablis par less Hauts-justiciers faisans profession de la R. P. R. dans leurs Terres, seront dmolis, & l’exercice dfendu, lorsque le Seigneur ou ses successeurs en la Terre seront Catholiques.

2. Le Syndic allegue une raison generale, & dit que quand bien mesme l’exercice que ceux de Baigne & de Montausier ont fait de la R. P. R. n’auroit pas est un exercice de Fief tabli par les Seigneurs de Montausier, il doit estre interdit ; parce que les dfendeurs ne donnent point de preuve d’un exercice tabli & publiquement fait parmi eux s annes portes par l’Edit.

Quant l’anne 1577. il n’en est fait aucune mention dans leurs titres.

Pour les annes 96. & 97. requises par l’Edit de Nantes, ils n’alleguent aussi rien qui puisse faire la moindre preuve. Tout ce qu’ils produisent pour ces deux annes, se rduit un extrait informe des actes du Synode Provincial tenu la Rochelle le 7. May 1597. o l’Eglise de Baigne est marque comme absente. Comment les P. R. de Baigne & de Montausier peuvent-ils prtendre d’avoir un Temple, & de maintenir leur exercice, ne pouvant allguer aucun titre qui prouve qu’on ait fait Baigne ou Montausier, le moindre acte d’un exercice public de leur Religion, s annes requises par l’Edit de Nantes.

Les P. R. font bien voir qu’ils ne se conduisent dans leurs entreprises, que par un esprit d’entestement & d’opinitret, estant resolus de tout sotenir, quelque mal fond qu’il puisse estre.

3. Les dfendeurs ayant construit un Temple long-temps apres l’Edit de Nantes, vritablement du consentement du Seigneur de Montausier, mais sans obtenir aucune permission de Sa Majest, & sans faire apparoistre pardevant aucuns Juges de leur droit prtendu d’exercice ; il est sans difficuIt que ce Temple doit estre dmoli, conformment la Dclaration du Roy du 16. Dcembre de l’anne 1656. qui porte, que les Temples qui ont est tablis depuis l’Edit de Nantes & contre la teneur d’iceluy, sans Lettres de permission de Sa Majest, seront dmolis.

Pour ces moyens, le Syndic espere de la justice de Sa Majest & de celle de Nosseigneurs de son Conseil, que l’exercice public de la R. P. R. sera interdit Baigne & Montausier, & le Temple o il se fait, que les dfendeurs ont construit long-temps aprs l’Edit de Nantes, dmoli jusques aux fondemens.

Monsegneur de Chasteau-neuf, Rapporteur.

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