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1723 - Le couvent des Capucins de Saint-Martin de Ré (Charente-Maritime)


D 10 novembre 2012     H 00:07     A Pierre     C 0 messages A 290 LECTURES

En 1723, Jean-Jacques Amelot de Chaillou, intendant de la Généralité de la Rochelle, lance une enquête sur les établissements religieux et hospitaliers de la Généralité, dans le but d’établir une "statistique". Le questionnaire envoyé par courrier comprend 6 questions :
- historique de la fondation
- nom de l’établissement
- ordre de rattachement
- effectifs
- revenus
- charges

Nous avons dépouillé pour vous les réponses à cette enquête. Voir l’introduction de cette rubrique

Source : Archives Départementales 17 - H86 - Transcription : Pierre Collenot.

Le rédacteur de ce document n’a vraiment pas le moral... Il est vrai que les temps sont durs pour ces Capucins.

Etat du couvent des Capucins de Saint Martin de l’Isle de Rhé qui contient

- 1° le temps de sa fondation est de l’année mil six cent vingt cinq soubs Louis treize dont nous avons les patentes ou plustost le brevet dans les archives du dit monastere

- 2° son nom est le couvent des Capucins de St Martin de l’Isle de Rhé

- 3° L’ordre dont il est est celuy des freres mineurs Capucins, institués par St François dans le treisiesme siecle venant au quatorze

- 4° Le nombre de ses religieux est actuellement de douze ; autrefois il y en avoit dix huit mais la paucité des religieux de la province l’a fait reduire à douze et je crains fort que la misere extreme du temps ne le diminue encore davantage, parce qu’il n’a pas les ressources pour vivre comme ceux de la grande terre, où l’on peut s’etendre davantage pour recueillir les aumones des fideles. Nous avons été etablis dans cette isle sur le pied d’aumonier du Roy, et depuis son etablissement nous n’en avons jamais receu aucun appointement

- 5° A l’égard du montant de son revenu je ne sçaurois vous l’assigner puisque il n’en a aucun et que nostre subsistance nous l’alons chercher tous les jours de porte en porte et quelle n’est etablie que sur la charité des fideles chretiens qui est tres refroidie et des plus modique et c’est un miracle continuel de ce que nous pouvons echapper nostre vie dans un temps si miserable et si malheureux. Ce n’est pas je vous asseure sans en souffrir beaucoup, mais on n’est pas religieux pour rien.

- 6° Pour le montant de ses charges comme il est sans revenu, il n’y a point aussy de charges si ce n’est d’aller tous les jours mendier son pain et sa pauvre vie et je souhaiterois fort que la Cour voulut nous oster cette charge en procurant à ce monastere un petit revenu competant à des religieux qui se sont immolés aux pieds des autels dès leur plus tendre jeunesse et ils en serviront encore Dieu de meilleur cœur, mais qu’il est à craindre que la Cour ne soit pas en état de nous faire tant de plaisir, et qui empescheroit beaucoup de dissipation inseparable des religieux mendiants qui n’est causée que par leur grande pauvreté qui n’est plus à la mode et encore moins de saison. L’Etat fera ce qui jugera à propos.

En asseurant que nous avons une entiere soumission à ces ordres, aussy bien qu’à tous ceux de vostre grandeur.

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pour en savoir plus sur : 17 Saint-Martin-de-Ré - 18e siècle - Archives Départementales 17 - Capucins (Frères mineurs de St François) -

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