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1738 - 1814 - Joseph-Ignace Guillotin : biographie historique d’une figure saintaise

lundi 23 février 2009, par Pierre, 30321 visites.

N Saintes le 28 mai 1738, Joseph-Ignace Guillotin est, tort, considr comme l’inventeur du sinistre instrument qui lui a emprunt son nom. Dure rputation supporter pour un docteur humaniste. Sa biographie complte, dans une tude de E.-J. Gurin, publie dans "Le Pays d’Ouest" en 1912.

Source : Figures saintaises : Le Docteur Joseph-Ignace Guillotin - Edmond-Jean Gurin - dans Le Pays d’Ouest - Juillet-octobre 1912 - Collection personnelle.

Le docteur Joseph-Ignace Guillotin, figure Saintaise

Le 26 mars 1814, quatre jours avant l’entre des allis dans Paris la suite del capitulation des marchaux Marmont et Mortier, un vieillard, bris par l’ge, us par les douleurs morales qui le minaient sourdement, rendait, trois heures du soir, le dernier soupir dans une maison portant le numro 333 de la rue Saint-Honor, quartier des Tuileries, et le mme jour, sur la dclaration lui faite par les sieurs Joseph-Raimond Plassan, imprimeur, g de 31 ans, rue de Vaugirard, n 17, neveu du dfunt, et Augustin-Pierre Rousseau, ecclsiastique, g de 53 ans, rue du Foin-Saint-Jacques, n 18, l’adjoint au maire du premier arrondissement de Paris, faisant les fonctions d’officier de l’tat-civil, M. Antoine-Charles Roze, dressait l’acte de dcs de Joseph-Ignace Guillotin, docteur en mdecine, g de prs de 76 ans, n Saintes, dpartement de la Charente-Infrieure, mari dame Marie-Louise Saugrain  [1].

Guillotin ! Ce nom sonne lugubrement l’oreille, car il a servi dsigner le terrible instrument de supplice dont l’accroissement de la criminalit rend malheureusement, plus que jamais, le maintien ncessaire. Et cependant ce nom, qui fait surgir soudain, devant nos yeux, la rouge vision de l’infme machine avec son ignoble panier sanglant, devrait tre, au contraire, un symbole de noblesse et de bont de cœur, parce que celui qui le porta fut un grand citoyen, un vrai libral, un philanthrope dans la meilleure acception du mot. Aussi l’tude que nous consacrons notre concitoyen a-t-elle pour but d’abolir dfinitivement la lgende qui fait de lui l’inventeur de ce moderne engin de destruction, et d’tre ici un cho des loges qu’il mrite tant d’gards ?

I. — C’est le 28 mai 1738, 11 heures et demie du soir, que Joseph-Ignace Guillotin vint au monde au domicile de ses parents situ Saintes, rue et paroisse Saint-Pierre (1).

La maison, o est n Guillotin et qui porte le n 2 de cette rue, appartenait au pre de Guillotin, lequel la lgua ce dernier par testament mystique en date du 27 janvier 1776, dpos au rang des minutes de Pasquier, notaire Saintes, le i3 avril 1778. Le docteur Guillotin la vendit Franois Fabvre, marchand, suivant contrat, pass devant Bigot, notaire royal Saintes, le 28 octobre 1783. Cet immeuble, aprs diverses mutations, est aujourd’hui [NDLR en 1912] la proprit de Mme Jeanne-Anatolie Massiou, pouse de M. Charles Parat, sous-intendant militaire Verdun (Meuse), auparavant Prigueux et se trouve occup, en qualit de locataire, par M. Emile Larmat, libraire.

Il tait le neuvime enfant de M. Me Joseph-Alexandre Guillotin, conseiller du roi, avocat en la Cour, lu en l’lection principale de cette ville, et de demoiselle Catherine-Agathe Martin , (dont le pre tait Pierre Martin, juge snchal de Saint-Denis (Ile d’Olron) (2).

La famille de Guillotin, qui parait tre originaire de Dolus (le d’Olron), tait ancienne et fort honorable. Elle tait apparente aux Guillotin de Fougre, aux Guillotin de la Martire, aux Guillotin des Gonthires. A cette dernire branche se rattache M. Louis-Evariste Vignier, beau-pre de M. Georges-Eusbe Genet, snateur de la Charente-Infrieure, maire de Saintes. Le pre de M. Evariste Vignier, Louis-Pierre-Simon-Nicolas Vignier, n en 1787, mort le 16 aot 1854, officier de marine, puis propritaire la Clairesire, commune de Saint-Denis d’Olron, avait, en effet, pous Marie-Adlade Guillotin, fille de Jean-Louis Guillotin, des Gonthires, officier de la Lgion d’honneur, capitaine de vaisseaux, chef de la marine au port de Rochefort de 1800 1807, qui commanda la frgate la Franchise dans l’expdition du gnral Humbert en Irlande (1798), et de Marie-Anglique Guillotin, sa cousine, qu’il avait pouse le 28 janvier 1798 (Revue de Saintonge et d’Aunis du 1er juillet 1900, pages 260-263).

On manque de dtails sur les premires annes d’Ignace Guillotin. On sait seulement qu’aprs avoir t un lve studieux et mme distingu au Collge de sa cit natale, il alla achever ses tudes scolaires Bordeaux, o ses humanits finies, il soutint brillamment, le 11 dcembre 1761, au collge d’Aquitaine, une thse la suite de laquelle il obtint le grade de matre s-arts l’Universit de Bordeaux. Il entra d’abord au noviciat des jsuites, reut le 4 avril 1756, dimanche de la Passion, en qualit de membre de cette Socit, la tonsure et les quatre ordres mineurs, dans la chapelle du palais archipiscopal et des mains de Mgr Louis-Jacques d’Audibert de Lussan, archevque de Bordeaux et primat d’Aquitaine. Il professa quelque temps, dans cette ville, leur collge des Irlandais. Mais l’indpendance naturelle de son caractre le dtermina se retirer bientt de cet ordre fameux, qui imposait l’obissance passive chacun de ses membres, perinde ac cadaver. Il alla ensuite Paris, au commencement de l’anne 1763, rsolu se consacrer l’tude de la mdecine, profession pour laquelle il se sentait de la vocation. Il put donner suite ses projets grce une pension de 800 livres par an, que, pendant plusieurs annes, lui servit son pre, qui n’avait pourtant qu’une modeste aisance et de lourdes charges de famille.

Joseph-Alexandre Guillotin avait eu treize enfants, filles ou garons, de son mariage avec Catherine-Agathe Martin, dont trois seulement survcurent leurs parents : i Ignace-Alexandre Guillotin, avocat au Parlement de Bordeaux ; 2 le Docteur Joseph-Ignace Guillotin, qui nous intresse ; 3 Marie-Marguerite-Monique-Agathe Guillotin, devenue le 26 janvier 1780, pouse de messire Jean-Franois de la Charlonnie, cuyer, garde du corps, capitaine de cavalerie, chevalier de Saint-Louis, demeurant Villars-Marange, paroisse de Mrignac, en Angoumois (Contrat de mariage devant Pasquier, notaire royal Saintes du 13 janvier 1780. Etude de M" Laferrire).

Elve favori du clbre Antoine Petit, aussi habile praticien que bon professeur, Guillotin se fit remarquer par son assiduit aux cours et ses rapides progrs. Il se fit recevoir d’abord docteur en mdecine Reims le 7 janvier 1768, puis, de retour dans la capitale, grce un labeur acharn, on le vit, le 27 fvrier suivant, remporter dans un concours solennel, le prix annuel qu’un ancien rgent des coles, Jean de Diest, avait fond au profit d’un lve dnu de fortune, et la suite duquel il fut proclam pupille del Facult de Mdecine de Paris , avec dispense de tous les droits attachs l’obtention des grades (Registres de la Facult de Mdecine de Paris, tome XXIII, page 203.).

Infatigable, Guillotin, le 26 octobre 1770, passait avec succs l’examen de docteur en mdecine de cette mme Facult, devant une commission prside par Poissonnier, ensuite de docteur-rgent, suprme dignit mdicale cette poque, et tait charg de la chaire d’anatomie,.physiologie et pathologie. Ses talents et ses connaissances le firent attacher, comme mdecin, la personne de Monsieur, frre du roi, et lui valurent, en 1784, l’insigne honneur de faire partie, avec Franklin, Lavoisier, Bailly,Le Roy, de l’Acadmie des sciences, Laurent de Jussieu, de la Socit royale de mdecine, de la commission nomme par le gouvernement, pour tudier les phnomnes du magntisme animal, introduit en France par Mesmer, vers 1779, et propag Paris par son disciple Deslon, docteur-rgent de la Facult de Paris et mdecin ordinaire du Comte d’Artois. Ce fut, dit-on, Guillotin qui, par d’ingnieuses preuves, contribua discrditer le mesmrisme et le faire condamner par la commission dans un rapport d la plume de Bailly, son secrtaire.

La mission, dont il venait d’tre charg par Louis XVI. ne fit certainement qu’accrotre la rputation, dj grande, qu’il s’tait acquise comme mdecin et comme savant, et dt faciliter singulirement le mariage qu’il contracta, le 17 juillet 1787, Paris, en l’glise de la paroisse Saint-Victor, avec Marie-Louise Saugrain, fille d’Antoine-Claude Saugrain, matre libraire, et de Marie Brunet, son pouse.

Le pre de Madame Guillotin, Antoine-Claude Saugrain appartenait une trs ancienne famille d’imprimeurs et de libraires franais, remontant Jean Saugrain (15i8-1586) premier imprimeur du roi Lyon en 1568. De son mariage avec Marie Brunet il avait eu :
 a. Marie-Thrse Saugrain, pouse de Pierre-Plassan, imprimeur-libraire Paris ;
 b. Marie-Louise Saugrain, pouse du Dr Guillotin, laquelle, lve de Moreau le jeune, obtint une certaine notorit comme graveur sous le nom d’Elise Saugrain et mourut sans postrit en 1832 ;
 c. Claude-Marin Saugrain, mari Louise-Josphe Chalgrin, fille de Th. Chalgrin, architecte du roi, et de son pouse Emilie Vernet, sœur de Carie Vernet ;
 d. Anglique-Thrse Saugrain, qui pousa le beau-frre de Bernardin de Saint-Pierre, Henry Didot, typographe distingu, de la famille du clbre imprimeur de ce nom ;
 e. Antoine-Franois Saugrain, dit de Vigny, qui alla s’tablir comme mdecin la Louisiane.

Nous devons ces renseignements l’un des membres de la famille Saugrain, M. H. Delaroche-Vernet, premier secrtaire d’ambassade, petit-fils de Paul Delaroche et arrire-petit-fils d’Horace Vernet, les deux clbres peintres. (Consulter la Gnalogie de la famille des Saugrain, libraires depuis 1518 jusqu’ prsent, par Joseph Saugrain. Paris, 1736, de l’Imprimerie de Pierre Prault, et Recherches gnalogiques sur Horace Vernet, Paul Delaroche et leur famille par Horace Delaroche-Vernet. Paris, Imprimerie Nationale, 1907.

II — Imbu des ides philosophiques nouvelles, alors si fort la mode, Guillotin s’tait, depuis longtemps dj [2], affili la franc-maonnerie, apporte Paris ds 1725 par lord Derwent-Waters, et s’tait fait admettre la loge des Neuf Sœurs, fonde par l’astronome Lalande, et qui comptait dans son sein des savants, tels que Benjamin Franklin, Bailly, Buion, Lacepde, Cabanis, Monge, Montgolfier, l’aronaute Pilastre du Rozier, des potes et des littrateurs comme l’abb Delille, Parny, Roucher, Berquin, La Harpe, Florian, Marmontel, les philosophes Voltaire, Hlvtius, etc., Elie de Beaumont, le dfenseur des Calas, le prsident Du Paty, auteur des Lettres sur l’Italie , les peintres Greuze et Vernet, le sculpteur Houdon, le duc d’Orlans (Philippe Egalit), le duc de Chartres (Le futur roi Louis-Philippe 1er), Louis XVI et mme un illumin comme Saint-Martin, le Philosophe Inconnu, et un charlatan comme Joseph Balsamo, dit le comte de Cagliostro, cet aventurier italien, qui fut implique, en 1785, avec le Cardinal de Rohan, dans la tnbreuse affaire du Collier de la Reine [3].

Malgr ses aspirations une re nouvelle, qui donnerait son pays plus de justice et de libert, Guillotin ne s’tait pas jusqu’alors occup de politique et s’adonnait, tout entier, la pratique de l’art mdical, lorsque l’arrt du Conseil du Roi du 5 juillet 1788, vint ordonner la convocation des Etats-Gnraux, et dans son article 8, inviter tous les savants et les hommes clairs du royaume adresser au Garde des Sceaux (Chrtien-Franois de Lamoignon-Malesherbes), leurs ides sur l’organisation de cette assemble, qui n’avait pas t runie depuis 1614.

Guillotin, n avec une me ardente, anim de ce patriotisme, qui, ce moment-l, chauffait tous les esprits, n’hsita pas s’occuper d’une question, alors si passionnante, et composa, le 8 dcembre 1788, un crit intitul : Ptition des citoyens domicilis Paris, o il rclamait, entr’autres choses :
 1 Que le nombre des reprsentants du Tiers-Etat fut au moins gal au nombre total des reprsentants runis des deux autres ordres ;
 2 Que dans tous les votes, les voix fussent comptes par tte ;
 3 Que les dputs du Tiers ne pussent tre choisis que dans cet ordre et jamais parmi les membres du Clerg ou de la Noblesse ;
 4 Que ces mmes dputs fussent en proportion du nombre des reprsents [4].

Les Six Corps [5] adoptrent unanimement, par dlibration du 10 dcembre 1788, la Ptition des Domicilis, la firent tirer sur les presses de leur imprimeur Clousier, plusieurs milliers d’exemplaires, dont beaucoup furent distribus, le 16 du mme mois, par la voie de la petite poste , et, firent dposer, une copie de la ptition chez tous les notaires de Paris pour que chaque citoyen pt y adhrer par sa signature. La hardiesse des principes, qui y taient professs, fit dfrer cet crit au Parlement le 17 dcembre 1788, et mander son auteur la barre de cette haute juridiction. Guillotin se dfendit habilement, aussi, aprs un rquisitoire de l’Avocat du Roi, Antoine Sguier, et un rapport du Conseiller, Adrien-Louis Lefebvre, fut-il donn acte verbalement notre concitoyen que les magistrats ne trouvaient rien de reprhensible dans son ouvrage, nanmoins le Parlement rendit, le 19 dudit mois de dcembre, un arrt faisant dfense aux Gardes [6] des Six-Corps et tous ordres de rpandre, l’avenir, dans le public, de pareils crits, et aux notaires de les recevoir, et, enjoignant ces derniers de remettre, dans le jour, au Greffe de la Cour, les exemplaires dtenus par chacun d’eux [7]. Cet arrt souleva des clameurs hostiles contre ceux qui venaient de le prononcer et ne fit qu’augmenter la popularit de Guillotin, qui, la sortie de l’audience, fut acclam, couronn de fleurs et reconduit en triomphe son domicile rue Croix-des-Petits-Champs, numro 55 (Htel de Gesvres). A la suite de cette ovation, le docteur, considr, juste titre, comme l’un des Amis du Peuple , fut nomm lecteur de Paris intra muros, puis l’un des secrtaires de l’assemble lectorale, runie, le 26 avril 1789, dans la grande salle de l’Archevch, sous la prsidence de l’avocat Target, de l’Acadmie Franaise, fut le lendemain, charg de la rdaction des cahiers du Tiers avec Marmontel, Lacretelle, Bailly, l’avocat Camus, Vauvilliers, de l’Acadmie des Belles-Lettres, professeur au Collge de France et hellniste distingu ; et trente autres commissaires, et enfin, le premier mai suivant, fut lu le dixime dput titulaire de la Ville de Paris par 143 voix sur 273 votants, contre 118 suffrages, obtenus par Berthereau, procureur au Chtelet [8].

III. — Guillotin, devenu lgislateur, ne fut pas certes un orateur, un tribun comme Mirabeau, Vergnaud, Danton etc., mais si le rle qu’il remplit pendant les deux ans et demi qu’il sigea parmi les mandataires de la France rgnre, fut modeste, il n’en fut pas moins d’une utilit incontestable. Nous en trouvons la preuve dans les principaux actes de sa carrire politique, que nous allons relater dans leur ordre chronologique.

Le 17 juin 1789, il vote une motion, soutenue par l’abb Sivcs et accepte par 491 voix contre 90, par laquelle les reprsentants des Communes, rejetant le nom d’Etats-Gnraux, qui rappelait les institutions cadriques et les dsordres de la royaut , adoptrent la dnomination —- d’Assemble Nationale. — Le mme jour, il se proccupe de la salubrit de la salle des sances et propose d’y faire des ouvertures suffisantes au renouvellement de l’air, qui est pesant, pestilentiel , ainsi que de mettre des dossiers aux bancs, siges vraiment trop incommodes. — L’assemble le charge alors de prsider tous les changements ncessaires la construction de la salle et la distribution des banquettes [9] .

Le 20 juin, Louis XVI, ayant fait fermer et garder par la troupe la salle des Etats, Guillotin conseille aux dputs du Tiers de se runir dans la salle du Jeu de Paume, au Vieux Versailles [10] et, dans ce local sombre et nu, dans cette sainte masure selon l’expression image d’Andr Chenier [11], prte avec eux, sur l’initiative de Mounier, (du Dauphin), le serment clbre, qui fut l’acte primordial de notre Rvolution.

Le 13 juillet, 1789, il prsente l’Assemble Nationale, qu’il adjure de la prendre en considration, l’adresse des lecteurs de Paris, tendant obtenir rtablissement d’une milice bourgeoise, qui serait confie la garde de la capitale en proie des troubles qui la dsolaient.

Le 18 de ce mme mois, il vient Paris, avec trois reprsentants de cette ville, Gros, cur de Saint-Nicolas du Chardonneret, Demeunier, censeur royal, et Adrien du Port, conseiller au Parlement, annoncer l’assemble lectorale que la Constituante leur a donn pour mission d’inviter les citoyens charitables subvenir aux besoins pressants de la classe ouvrire  ; et il remet au caissier municipal la somme de 40.000 livres, montant de la souscription, faite entre ses membres par la dputation de Paris.

Le 28 aot, il demande que la motion du vicomte de Noailles, dput de la noblesse du bailliage de Nemours, sur la sanction royale, soit examine dans les bureaux.

Le 11 septembre, il parle sur la sanction royale et pose les questions suivantes : 1 Le roi peut-il refuser son consentement la Constitution ? 2 Peut-il refuser son consentement au pouvoir lgislatif ? 3 Dans le cas o le roi refusera son consentement, ce refus sera-t-il suspensif ou indfini ? 4 Dans le cas o le refus du roi serait suspensif, pendant combien de temps pourra-t-il durer ? Sera-ce pendant une ou plusieurs lgislatures ? — L’Assemble dcida : 1 Que le veto serait suspensif ; 2 Qu’il cesserait la deuxime lgislature, qui suivrait celle o on aurait propos la loi. (11 et 12 septembre 1789).

Le 5 octobre, Guillotin est envoy en dputation dans le palais de Louis XVI pour le prier de donner son acceptation pure et simple la Dclaration des Droits de l’Homme et la Constitution.

Le lendemain, il accompagne, avec cent autres membres de l’Assemble, la famille royale, que le peuple affam, sous la conduite de l’huissier Maillard, ramne en triomphe de Versailles Paris, aprs les scnes sanglantes que l’on connat (5 et 6 octobre 1789).

Le 9 octobre, il fait adopter un article portant que : toute condamnation peine affictive ou infamante, en premire instance ou en dernier ressort, exprimera les faits pour lesquels l’accus sera condamn, sans qu’aucun juge puisse employer la formule pour les cas rsultant du procs.

Le mme jour, il propose, au cours de la discussion de l’ancien systme pnal, la motion, qui devait donner son nom sa clbrit particulire, et de laquelle nous reparlerons plus bas.

A cette mme sance du 9 octobre, sa qualit de mdecin hyginiste fit que l’Assemble, ayant dcid qu’elle se transporterait Paris, dsigna Guillotin avec cinq autres commissaires : le duc d’Aiguillon, dput de la noblesse d’Agen, de Colbert-Seignelay, vque et dput de Rodez, Le Pelletier de Saint-Fargeau, dput de la noblesse de Paris, La Poule, dput du Tiers du bailliage de Besanon, et le marquis Louis Gouy d’Arsy, dput de Saint-Domingue, pour chercher Paris un local propre recevoir la reprsentation nationale [12].

Le premier dcembre, il russit faire voter par l’Assemble le premier article d’un projet de dcret, d son initiative et, portant l’galit des peines sans distinction du rang, ni de l’tat des coupables. Nous reviendrons plus loin sur cette importante question.

Le premier fvrier 1790, il est nomm secrtaire de l’Assemble.

Le 18 du mme mois, il prend la parole dans la discussion sur la question de savoir s’il y aurait une distinction dans la fixation des pensions des religieux entre les ordres rentes et non rentes et fait dcrter par la Constituante que le traitement des religieux mendiants serait diffrent de celui des religieux non mendiants [13].

Le 17 mars, il est choisi comme commissaire adjoint du Comit de mendicit, cr le 21 janvier prcdent (1790).

Le 17 juillet, il fait partie de la dlgation des douze membres, chargs d’assister la crmonie funbre, ordonne parla Ville de Paris, pour clbrer la mmoire de Benjamin Franklin, dcd le 17 avril prcdent Philadelphie, et en l’honneur de qui Mirabeau avait fait dcrter par la Constituante un deuil de trois jours, en France [14].

Le 30 juillet, il prsente, au nom des commissaires des Bureaux, un rapport la suite duquel la Constituante prescrit l’vacuation du couvent des Capucins de la rue Saint-Honor, pour tre ensuite affect au service de l’imprimerie Baudouin [15], et l’installation des bibliothques prcieuses des maisons religieuses des Jacobins et des Rcollets, qui allaient disparatre [16].

Le 12 septembre] il propose la cration d’un Comit de Sant, qui devait avoir pour mission de s’occuper de tout ce qui est relatif l’enseignement et la pratique de l’art de gurir, des tablissements salutaires dans les villes et les campagnes et spcialement de tous les objets qui peuvent intresser la salubrit publique [17] ; mais sa motion, d’abord adopte, finit par tre rapporte, deux jours aprs, grce aux efforts de La Rochefoucauld-Liancourt.

Guillotin fut, pendant toute la dure de la Constituante, l’un des commissaires de la salle, comme l’on disait alors, un des questeurs de l’Assemble, selon le terme en usage aujourd’hui. Tant que les reprsentants de la Nation sjournrent Versailles, il resta le seul commissaire charg par eux de veiller la police, la sret et la salubrit de la salle de leurs sances (les Menus). — Au mois d’octobre 1789, lorsque la translation du sige de l’Assemble Paris fut dcrte, on lui adjoignit cinq autres commissaires, ainsi qu’on l’a vu plus haut, mais, mme aprs cette adjonction, notre concitoyen, en raison incontestablement de ses connaissances techniques, s’occupa pour ainsi dire toujours seul de l’amnagement de la salle du Mange des Tuileries, o sigeait a Constituante, et d’assurer le bon ordre, la propret, l’hygine des locaux destins cette Assemble (installation de paratonnerres sur l’difice, de ventilateurs, amlioration de l’clairage par la substitution aux bougies, employes jusqu’alors, de lampes courant d’air et chemine. Il se montra nanmoins trs conome des deniers publics, aussi, lorsque le 29 septembre 1791, veille de la sparation de la Constituante, Guillotin prsenta le rapport demand aux commissaires del salle par cette assemble, sur l’tat des constructions, rparations et dpenses de tout genre ordonnes par elle tant au dedans de la salle des sances qu’au dehors, tant dans la maison des ci-devant Capucins , que dans celle des Feuillants, et qu’il et fait connatre que les sommes, dpenses depuis l’ouverture des Etats-gnraux jusqu’au 1er juillet 1791, s’levaient en totalit, 1.239.489 livres 8 sous 10 deniers [18] reut-il les flicitations chaleureuses de Lavie, dput du bailliage de Bfort et d’Huningue, se faisant, dans la circonstance, l’interprte de ses collgues [19] ?

IV. — Nous allons examiner maintenant la part relle que prit le docteur Guillotin l’adoption de la sinistre machine, dont la tradition populaire — encore persistante — lui attribue tort l’invention.

Le 10 octobre 1789, lors de la discussion sur la rformation de la jurisprudence criminelle, propose l’Assemble nationale par son Comit des Sept [20], notre mdecin montait la tribune et donnait lecture des six articles suivants, rdigs par lui.

 Article 1er. - Les dlits du mme genre seront punis par le mme genre de peine, quels que soient le rang et l’tat du coupable.
 Article 2. - Les dlits et les peines tant personnels, le supplice d’un coupable et les condamnations infamantes quelconques ne peuvent imprimer aucune fltrissure sa famille. L’honneur de ceux qui lui appartiennent n’est nullement entach, et tous continueront tre admissibles toutes sortes de professions, d’emplois et de dignits.
 Article 3. — Les confiscations des biens des condamns ne pourront tre prononces en aucun cas.
 Article 4. — Le corps du supplici sera dlivr sa famille si elle le demande. Dans tous les cas, il sera admis la spulture ordinaire, et il ne sera fait sur le registre aucune mention du genre de mort [21].
 Article.5. — Nul ne pourra reprocher un citoyen le supplice, ni les condamnations infamantes quelconques d’un de ses parents. Celui qui osera le faire sera rprimand par le juge. La sentence qui interviendra sera affiche la porte du dlinquant. De plus, elle demeurera affiche au pilori pendant trois mois.
 Article 6. — Dans tous les cas o la loi prononcera la peine de mort contre un accus, le supplice sera le mme, quelle que soit la nature du dlit dont il se sera rendu coupable. Le criminel sera dcapit ; il le sera par l’effet d’un simple mcanisme.  [22]

Voici pour quelles causes Guillotin avait prsent son projet de dcret.

Sous l’ancien rgime, les principaux modes d’excution capitale, usits en France, taient la dcapitation par la hache, le sabre ou l’pe, la pendaison et la roue [23].

La premire peine, rserve aux nobles, n’avait aucun caractre infamant pour le condamn, ni pour les siens, auxquels elle laissait tous les droits dont ils pouvaient jouir. Ce supplice ne droge point , lit-on dans l’Encyclopdie ou Dictionnaire raisonn des Sciences, par Diderot et d’Alembert, au mot Dcapiter  [24].

Les deux autres peines, destines aux roturiers, entranaient pour le supplici une fltrissure qui rejaillissait sur sa famille. Les prjugs taient si baroques encore et si enracins qu’il tait honteux d’avoir un frre non pas mis mort pour uni crime, mais mis mort d’une certaine faon, par la corde ou par la roue  [25]. C’tait le renversement de la morale contenue dans le vers fameux de Thomas Corneille :
Le crime fait la honte et non pas l’chafaud  [26].

D’autre part, on connat l’excessive svrit des peines cette poque, les tortures atroces, qui accompagnaient trop souvent le chtiment des condamns mort. Pour ce qui concerne particulirement la dcapitation, comme elle se faisait sur un billot, elle causait parfois d’pouvantables souffrances au patient, par suite de la maladresse ou de l’motion de l’excuteur. La tte de Marie Stuart ne tomba qu’au second coup de l’instrument de supplice, celle de Lally-Tollendal qu’au troisime ou quatrime !... On pourrait citer bien d’autres exemples.

Ds longtemps, l’humanit avait emprunt la voix de la philosophie et de l’loquence pour dnoncer l’opinion publique ces funestes erreurs de notre lgislation criminelle. Quelques juges mme, il faut le dire, obligs de prononcer contre la loi ou leur conscience, pressaient avec instances le gouvernement de les dlivrer, pair un nouveau code, de cette alternative pnible  [27]. Elie de Beaumont et Loiseau de Maulon, Paris ; Dupaty, Bordeaux ; Montclar et Lachalotais, Rennes ; Prost de Royer, Lyon ; Servan, Grenoble, s’taient signals parmi ces magistrats courageux qui demandaient une rforme des lois pnales.

Guillotin, anim des sentiments les plus louables d’quit et de philanthropie, se fit l’interprte de cette rclamation universelle, de ce vœu gnral, en dposant sa proposition galement conforme la religion, la philosophie et aux mœurs de la nation , comme le disait un autre constituant, Guillaume, dput du Tiers de la vicomt et prvt de Paris [28]. Il voulait obtenir deux rsultats, l’un moral, l’autre physique : rendre les hommes gaux devant la loi, comme ils le sont aux yeux de l’Etre suprme  [29], en tablissant l’identit de supplice pour les coupables de toutes les classes sociales, et faire ainsi cesser la distinction, inique dans les consquences, du chtiment selon qu’il atteignait le noble ou le vilain ; pargner aussi au coupable une douleur, inutile pour la rpression et pour l’exemple, en substituant la hache ou au glaive manis la main, aux potences, la roue, etc., un procd scientifiquement plus humain.

Aussitt aprs la lecture des six articles de Guillotin, Guillaume proposa douze articles additionnels la motion de son collgue : abolition de la peine de mort sauf contre les assassins, les empoisonneurs et les incendiaires, suppression de la peine du fouet et de la fltrissure, sauf en cas de condamnation aux galres perptuit, substitution de la peine de la .rclusion dans une maison de force au bannissement, etc. [30].

Mais l’Assemble tait presse de rendre dfinitifs les articles qu’elle avait vols et d’introduire, le plus lot possible, dans la pratique- de l’instruction criminelle les principes libraux qu’elle avait sanctionns : elle pronona l’ajournement des articles proposs par Guillotin et Guillaume [31].

Ceux prsents par le premier des deux dputs ne revinrent l’ordre du jour que le 1er dcembre 1789, sance du matin. . Malgr un discours de Guillotin, frquemment interrompu pair des applaudissements, malgr l’motion souleve par ce discours dans une partie de l’Assemble, qui demanda dlibrer sur le champ, le premier article [32], qui proclamait l’galit des peines, sans distinction de rang ni d’tat, fut seul adopt, grce l’intervention nergique du duc de La Rochefoucault-Liancourt, et la suite de la discussion fut renvoye une sance ultrieure [33].

Le discours de Guillotin - et c’est regrettable, - semble tre perdu pour la postrit. Ni le Moniteur, ni aucun des autres journaux de l’poque ne l’ont insr, et il ne se trouve pas dans l’es Archives Nationales, qui possdent cependant les minutes de nos Assembles lgislatives [34].

Un seul recueil, le Journal des Etals-Gnraux, dans son compte rendu de la sance du 1er dcembre 1789 [35], en a donn une analyse, plus ou moins complte, assaisonne de quelques rflexions, qu’a publie le Dr Chereau dans son intressante tude :

M. Guillotin... a record l’Assemble ses dcrets sur les Droits de l’Homme ; et, par une transition, rapide et heureuse, il est pass sur la ncessit de la rformation du Code pnal. La loi, a-t-il dit, soit qu’elle punisse, soit qu’elle protge, doit tre gale pour tous les citoyens, sans aucune exception. Faisant ensuite une peinture aussi pittoresque que sensible des supplices effrayants, qui se sont perptus jusque dans le sicle de l’humanit : les gibets, les roues, les chafauds, les bchers, les supplices barbares, imagins par la barbare fodalit, il a conclu ce qu’il n’y eut plus dsormais qu’un seul supplice du mme genre pour tous les crimes. Quelque soit un coupable, il est assez puni par la mort et la socit est assez venge en le vomissant de son sein... Ici..... M. Guillotin a fait la description de la mcanique, je ne le suivrai pas dans ses dtails. Pour en peindre l’effet, il a oubli un instant qu’il tait lgislateur, pour dire en orateur : La. mcanique tombe connue la foudre ; la tte vole ; le sang jaillit, l’homme n’est plus.. Ce n’est pas dans un Code pnal que de pareils morceaux sont permis. Les veni, vidi, vici de Csar, si expressifs, si loquents, ne plairaient plus s’il les avait prononcs en pareille circonstance...

Nous croyons intressant de joindre aux extraits de cet article les apprciations de quelques autres feuilles du temps sur la motion de Guillotin.

La Gazette de Paris [36] salue les grands principes de jurisprudence criminelle dvelopps par M. Guillotin (n du 4 dcembre 1789).

Le Journal de- Paris [37] vante les sentiments d’humanit qui respirent dans sa proposition (n 336, du 1er dcembre 1789).

Le Moniteur n’oublie pas ’de mentionner les applaudissements que la motion de M. Guillotin a reus dans le sein de l’Assemble Constituante (n 101, du 1er dcembre 1789).

Cependant tout le monde tait loin de lui rendre justice et de comprendre mme ses intentions humanitaires. Les injures, les sarcasmes, les railleries ne lui furent pas pargns, surtout de la part des gazetiers royalistes dont ce lugubre sujet excita la verve.

Le Journal les Actes des Aptres [38], cette espce de satire Mnippe du temps , comme dit Lamartine [39], o Rivarol, Suleau, Peltier, Champcenetz, Mirabeau cadet, surnomm Mirabeau-Tonneau, faisaient une si rude guerre aux hommes et aux choses de la Rvolution, aprs avoir annonc (n X) que M. Guillotin, aussi adroit mdecin, que profond mcanicien , venait de prsenter au monde l’esquisse d’une machine dcapiter , qui, disait l’crivain par ironie, allait tendre la gloire du nom franais jusqu’aux rives du Bosphore , examinait ensuite si l’on devait donner cette machine supplicielle la dnomination douce et coulante de guillotine , ou celle de mirabelle, du nom de M. Mirabeau....

L’article finissait par une chanson compose par un membre de l’Acadmie franaise sur l’air grave du menuet d’Exaudet  :
Guillotin,
Mdecin,
Politique,
Imagine, un beau matin,
Que pendre est inhumain
Et peu patriotique...
Et sa main
Fait soudain
La machine
Qui simplement nous tuera
Et que l’on nommera
Guillotine.

Dans ses numros XXVII et XXXI, cette feuille satirique le raillait encore, surtout dans un Nol ou elle tournait en drision plusieurs autres constituants :
Il est bien plus honnte,
S’cria Guillotin,
De faire un coupe-tte,
Sans y mettre la main.
Daignez donc agrer,
Messieurs, cette machine,
Qui pourra mme, en mon projet !
Servir, par un ressort secret,
Quand, par tte, on opine.

Le Journal en Vaudevilles [40], de son ct, clans un pot-pourri compos sur la sance du 1er dcembre 1789, faisait dire Guillotin en parlant de sa machine dcapiter  :

C’est un mcanisme nouveau
D’un effet admirable ;
Je l’ai tir de mon cerveau
Sans me donner au diable,
Un dcoll de ma faon
La faridondaine,
La faridondon,
Me dira : Monsieur, grand merci,
Biribi,
A la faon de Barbari,
Mon ami.  [41]

Un peu plus tard, le vicomte de Mirabeau, le frre pun du grand orateur, dans le Djeuner, ou la Vrit bon march, une satire du nouvel ordre de choses, crivait son tour : Vous tiez pendus, ou du moins vous risquiez de l’tre pour, vol, d’avoir les. os briss pour assassinat, de voir vos cendres jetes au vent pour empoisonnement ou parricide ; mais aujourd’hui, grce M. Guillotin, son esprit inventeur et l’Assemble nationale, vous aurez tous la tte coupe sans qu’il y paraisse, et ce supplice ne sera pas rserv aux seuls aristocrates.

Le grave Moniteur, s’levant, dans son numro du 18 dcembre 1789, contre ces plaisanteries macabres et ces trivialits indcentes, disait : L’innovation de mettre la mcanique la place d’un excuteur, qui, comme la loi, spare la sentence du juge, est digne des sicles o nous allons vivre et du nouvel ordre o nous entrons. Elle prpare l’anantissement du prjug qui fltrit, la honte de la nation, toute une famille honnte par le supplice que la loi prononce contre un criminel.

Quant aux Rvolutions de Paris [42], journal de Prud’homme, hostile la peine de mort, il se montra assez sarcastique : La machine qu’il (Guillotin) a propose, a t appele guillotine. On a fait ce sujet, une chanson... C’est une douce correction que le public lui inflige. L’honorable membre a donn des preuves assez fortes de son patriotisme pour que l’on doive oublier sa motion et la chanson. Errare humanum est.

Ainsi, on le voit, l’instrument de supplice se trouva baptis longtemps avant sa naissance, et du nom du pauvre docteur !

Le 21 janvier 1790, l’Assemble reprit la discussion des articles prsents par Guillotin... Aprs un discours de l’abb Papin, cur-prieur de Marly-la-Ville, dput du clerg de Paris-hors-les-murs, qui insista pour un vote immdiat, aprs une dernire intervention de l’auteur du projet, fltrissant le prjug de cette infamie hrditaire que nos anctres avaient consacre depuis tant de sicles , et des observations de l’abb Maury, de Barnave, etc., les articles II, III et IV de la proposition furent adopts dfinitivement par la Constituante, pour tre aussitt soumis la sanction royale. Quant aux articles V et VI, sur la demande mme de leur rdacteur, ils furent renvoys au comit des Sept [43].

II. — Ce ne fut que dans la sance du 3 juin 1791, sur le rapport de Louis-Michel Le Pelletier de Saint-Fargeau, que l’Assemble Nationale, aprs avoir dcrt pralablement, dans l’article 2 du code pnal, que la peine de mort consisterait dans la simple privation de la vie, sans qu’il pt tre exerc aucune torture envers les condamns, vota l’article 3 d’une concision terrible : Tout condamn ( mort) aura la tte tranche  [44]

Guillotin n’avait pas pris part la discussion, mais son ide exprime plus de vingt mois auparavant, recevait ainsi sa conscration.

Nanmoins onze mois s’coulrent avant qu’on pt se mettre d’accord sur l’instrument employer, le lgislateur n’ayant pas dtermin le systme de dcollation. Enfin, aprs une correspondance active qui et lieu sur ce sombre objet entre Verrier, commissaire du roi prs le deuxime tribunal criminel de Paris, Rœderer [45], procureur gnral syndic du dpartement, Duport-Dutertre, ministre de la justice, et le prsident de l’Assemble nationale (Guyton de Morveau) et aprs une consultation de Charles-Henry Sanson, l’excuteur des hautes œuvres [46], l’Assemble, mise ainsi en demeure d’arrter une mthode prompte et facile de dcapitation et de tirer die son embarras le pouvoir judiciaire, qui avait faire mettre excution plusieurs sentences capitales, eut l’excellente ide de s’adresser, par l’intermdiaire de son comit de lgislation, au docteur Antoine Louis, secrtaire perptuel de l’Acadmie de chirurgie, pour le prier de lui enseigner un procd, qui runit la fois la sret, la clrit et l’uniformit.

Louis ne dclina pas cette mission, et, le 7 mars 1792, il signait un avis motiv, o, adoptant l’ide de Guillotin qu’il ne nomma mme pas dans son rapport, il prconisait, pour la parfaite russite et la rapidit de l’excution capitale, l’emploi de moyens mcaniques invariables . Il citait, ce sujet, une machine, employe en Angleterre pour le supplice des condamns mort et qui tait forme de deux poteaux barrs dans le haut par une traverse d’o l’on faisait tomber sur le cou une hache au moyen- d’un dclic. Il proposait de faire construire une pareille machine, en y apportant divers perfectionnements qu’il nonait.

C’est arm de ce mmoire qu’ la sance du 20 mars 1792, Prosper-Hyacinthe Carlier, dput de l’Aisne, vint, au nom du comit de lgislation, prsenter un rapport, a la suite duquel l’Assemble Lgislative dcrta que l’article 3 du titre 1er du code pnal serait excut suivant la manire indique et le mode adopt par la consultation signe du secrtaire perptuel de l’Acadmie de chirurgie et autorisa, en consquence, le pouvoir excutif faire les dpenses ncessaires pour parvenir comodo d’excution de manire qu’il fut uniforme dans tout le royaume  [47].

M. le docteur Chereau a publi, dans son trs intressant et trs document travail [48], une lettre crite, le 10 mars 1792, par le procureur gnral syndic (Rœderer) Guillotin pour le prier de passer au dpartement, place Vendme, son premier moment de libert , afin de lui donner communication des notions importantes qu’il avait recueillies et compares pour adoucir une peine , dont l’intention de la loi n’avait pas t de faire un supplice cruel.

Quelle rponse donna Guillotin ? Que fit-il ? Se rendit-il a l’invitation qui lui tait adresse ? Prit-il part la solution du problme pos : la dcouverte de la meilleure machine trancher la tte ? C’est un point d’histoire qu’il ne nous a pas t possible d’lucider. Du reste, peut-tre ne ft-il consult que pour la forme ?... [49]

Malgr l’urgence et les rclamations incessantes des autorits judiciaires et du garde des sceaux, ce n’est que le 26 mars 1792 que Clavire, ministre des contributions publiques, chargea le Directoire de Paris du soin de faire construire la nouvelle machine. Le 5 avril suivant, Rœderer fit parvenir au ministre le devis estimatif , s’levant 5.660 livres, qui venait de lui tre prsent par le matre charpentier Gudon, fournisseur ordinaire des bois de justice [50]. Ce devis ayant paru exorbitant, le Directoire, autoris par Clavire traiter avec tout autre artiste , s’entendit avec un juif allemand, Tobias Schmidt, facteur de forte-pianos et habile mcanicien, demeurant Paris, rue de Thionville, qui s’engagea construire une machine bien conditionne [51] pour 824 livres seulement. L’instrument, fabriqu sous l’inspection de Louis, fut bientt prt. Avant de s’en servir, on l’exprimenta sur d’innocents moutons, dans la cour du Commerce, rue Saint-Andr-des-Arts [52], puis sur des morts, afin qu’il apprit d’eux son œuvre , selon le mot de Chateaubriand [53] . Cette dernire exprience eut lieu le mardi 15 avril 1792, dix heures du matin, Bictre, dans la cour adjacente l’amphithtre, sur cinq cadavres fournis par le docteur Louis-Michel Cullerier, chirurgien gnral de cet hpital, en prsence de plusieurs assistants, parmi lesquels figuraient, d’aprs certains auteurs, Guillotin [54] lui-mme. Mais cette assertion, qui ne semble tre corrobore par aucun document, est-elle exacte ?...

Ce qu’il y a de positif c’est que la mcanique spulcrale  [55] fonctionna admirablement comme le faisait savoir le 19 avril de cette mme anne Rœderer Challan, procureur gnral syndic du dpartement de Seine-et-Oise, dans une lettre, dont la Revue rtrospective a donn le texte, ce qui valut Schmidt la fourniture des machines de la Seine, de la Seine-et-Oise et de plusieurs autres dpartements [56].

Neuf jours aprs les expriences de Bictre, le 24 avril, on faisait Paris, sur la place de Grve, avec un plein succs, la premire application du nouveau tranchoir sur les vertbres cervicales du nomm Nicolas-Jacques Pelletier, assassin et voleur.

Le lendemain, le journaliste Duplan faisait connatre ses impressions sur celle excution dans les termes suivants :

On fit hier l’essai de la petite Louison et on coupa une tte...
Je n’ai, de ma vie, pu approcher un pendu, mais j’avoue que j’ai encore plus de .rpugnance pour ce genre d’excution ; les prparatifs font frissonner et aggravent le supplice moral, quant au supplice physique, j’ai fait assister quelqu’un qui m’a rapport que c’tait l’affaire d’un clin d’œil ; le peuple semblait invoquer le retour de Sanson a l’ancien rgime et lui dire .

Rends-moi ma potence en bois,
Rends-moi ma potence .

La Chronique de Paris du 26 avril, disait, de son ct : Cette machine a t prfre avec raison aux autres genres de supplice : elle ne souille pas la main d’un homme du meurtre de son semblable, et la promptitude, avec laquelle elle frappe le coupable, est plus dans l’esprit de la loi, qui peut souvent tre svre, mais ne doit jamais tre cruelle.

La fatale machine, la louison, la louiselle, comme on l’appela parfois lors de ses dbuts, la guillotine, comme le nom finit par lui rester officiellement, existait dj, depuis une poque trs ancienne, au moins dans ses principes essentiels, dans plusieurs contres de l’Europe, notamment en Italie, sous le nom de manaa, pour ceux qui jouissaient du privilge de la noblesse [57], en Ecosse, en Angleterre sous le nom de maiden (la vierge) [58], en Bohme, en Allemagne [59], dans les Pays-Bas [60].

Ainsi il est sr que Guillotin n’a nullement invent la machine auquel il a eu le fcheux honneur de donner son nom. Il proposa, en vue d’humaniser le supplice, la substitution d’un mcanisme la main de l’homme ; sa motion fut prise en considration, et il en rsulta le choix de l’instrument, qui l’a rendu tristement fameux. Voil quoi s’est rduit son rle dans l’adoption de la machine, qui allait accomplir, avec une hte si effroyable, son affreux labeur, pondant cette priode terrible et glorieuse de nos annales, o, selon la belle et forte expression de Chateaubriand, la tragdie rougissait les rues  [61].

On a dit que l’ide lui vint de faire la proposition en voyant, l’Ambigu-Comique, employer, dans la pantomime, les Quatre fils Aymon, le mode de supplice, usit en Toscane [62]. Nous serions plutt port prsumer qu’il connaissait dj la manaa italienne par les ouvrages dont nous avons fait mention plus haut. Ce qui nous parat confirmer notre hypothse, c’est un curieux pamphlet du temps, dont voici le titre. Grande dcouverte d’un vol CONSIDERABLE, fait un membre de l’Assemble Nationale. Imprim par les soins d’une socit de gens de lettres pour l’instruction de plusieurs et au profit du membre vol.. S. d., in-8, 7 pages [63].

Cet opuscule est prcd d’un avant-propos, o se trouve ce passage : On va voir comment l’auteur de la belle et grande histoire de Louis XII, crite en 1507, a tratreusement et dloyalemenl escroqu et vol les ides et belles penses, mises au jour, en l’anne 1790, par le sage, lumineux et auguste membre Monsieur (ci-devant Monseigneur) Guillotin (sic).

Suit un extrait de l’histoire de Louis XII par les chroniqueurs Jean d’Authon et Claude Seyssel, complte par Thodore Godefroy (tome II, 1513), renfermant le rcit de l’excution capitale, Gnes, du conspirateur Dmtrius Giustiniani, avec une machine, dont la guillotine n’est qu’un perfectionnement.

Ce pamphlet offre de l’intrt car il dmontre que certains de ses contemporains savaient quoi s’en tenir sur la prtendue invention de notre concitoyen. Mais, malgr tout, pour la plupart des Franais d’alors, et pour beaucoup encore de ceux d’aujourd’hui, le philanthrope dput de Paris est rest le seul crateur de l’instrument, dont il a t le parrain bien involontaire.

Jusqu’ sa mort, en effet, il protesta toujours contre l’abus de son nom, et se montra constamment trs affect de l’usage qu’on en faisait [64].

III. — Les premires excutions politiques furent celles de Louis Collenot David d’Angremont, secrtaire de l’administration de la garde nationale, de La Porte, l’intendant de la liste civile et de du Rosoy, le rdacteur de la Gazette de Paris ; elles eurent lieu sur la place dit Carrousel, les 21, 24 et 25 aot 1792.

Mais c’est surtout compter du 7 avril 1793, "date de l’institution du tribunal rvolutionnaire, le crime et l’erreur de la Rvolution  [65], que la pseudo-invention de Guillotin commena fonctionner avec une activit si formidable que Prudhomme dans ses Rvolutions de Paris (n 198, du 20 au 28 avril 1793), mettait la crainte que le peuple se familiarist avec l’ide de meurtre.

Il fut si bon prophte que le citoyen Lebreton, commissaire observateur de Paris, dans un rapport du 22 ventse an II crivait que le peuple s’habituait aller l (la place de la Rvolution, o la guillotine restait dresse en permanence) comme la messe, et la victime, comme le prtre qui va faire le sacrifice  [66].

A cette poque, en effet, l’exaltation singulire, qui s’tait empare de tous les esprits, avait accoutum si bien chacun avec la mort violente que les excutions ne causaient plus la mme impression d’effroi.

Le supplice tait accept avec indiffrence et parfois avec transport.

Pour Lamourette, ce n’tait qu’une chiquenaude sur le cou  ; pour le Mayenais Adam Lux, c’tait la dlivrance, et on le voyait se prcipiter avec joie sous le couteau, dont le tranchant avait touch le cou charmant do Mlle de Corday  [67].

Dans les prisons, les femmes s’tudiaient monter sur l’chafaud sans montrer leurs jambes, en gravissant des montagnes de chaises qu’elles accumulaient cet effet, et tout cela n’tait pas la forfanterie du courage, c’en tait plutt l’abus.

Oh ! combien Guillotin dt souffrir moralement d’tre le tmoin impuissant, durant tant de mois, des crimes de sa filleule, devenue une affreuse mgre, toute ruisselante du sang gnreux de Bailly, l’ancien maire de Paris, de Lavoisier, que les efforts courageux du Dr Halle n’avaient pu sauver [68], d’Andr Chnier, de trop d’autres nobles et infortunes victimes ! De quelle douleur inexprimable son me dt-elle tre treinte en voyant tomber, sous le couperet galitaire, des ttes amies, comme celle, par exemple, de l’alsacien Edelmann [69], pianiste et compositeur de talent, qui lui avait ddi son opra, Ariane dans l’le de Naxos [70] ?

Attrist de voir couler le sang flots et dsol de son impuissance sauver quelques victimes [71] notre mdecin-philosophe, toujours bon et compatissant, pour pargner aux condamns mort le supplice de l’attente et diminuer les angoisses de leurs derniers moments, leur fournissait, dit-on, [72] (qu’y a-t-il de vrai dans cette assertion ?) des pilules base de laudanum, que son confrre, le Dr Cabanis, avait imagines et si bien prpares, que, selon le mot d’un dtenu, elles envoyaient leur homme petit bruit dans l’autre monde . Il enlevait de la sorte, remarque Beugnot, des pratiques sa machine .

Guillotin dut, si l’on en croit un document, publi dans l’Intermdiaire des Chercheurs et des Curieux [73], quitter, un moment donn, Paris ; car en l’an II, on trouve Arras, un personnage de ce nom, directeur des hpitaux militaires, installs dans l’abbaye de Saint-Waast, aprs l’expulsion des bndictins. Il est prsumer que las de vivre dans cette atmosphre de mort, cœur d’entendre continuellement prononcer le mot de guillotine, mme dans des chansons, et d’apercevoir, sans cesse, l’image de la mcanique spulcrale  [74] sous la forme de hideux bibelots, d’ignobles bijoux (boucles d’oreilles, cachets de montre, etc.), le pauvre docteur avait voulu se dlivrer de cette tragique obsession.

Revenu dans la capitale, il dut prudemment rester dans l’ombre, durant la tourmente rvolutionnaire. Il avait, en effet, appartenu aux clubs de Valois et des Feuillants, et la Socit de 1789, tous les trois fort honnis par les hommes de la Montagne, [75] et cette circonstance jointe des propos courageux, mais imprudents, tenus, dit-on, sur Maximilien Robespierre, qu’il regardait comme l’auteur principal des excs de la Rvolution, devait le rendre vhmentement suspect de modrantisme, crime alors inexpiable. Aussi, d’aprs la plupart de ses biographes, notre concitoyen aurait failli exprimenter personnellement l’excellence de son philanthropique instrument, devenu un engin de terreur, formidable et docile ; il aurait t, en tout cas, arrt, incarcr, et n’aurait d la libert et le salut qu’au Neuf Thermidor. [76] La chose en elle-mme n’aurait rien eu de surprenant, toutefois comme aucun auteur n’indique la prison o il fut enferm ; que d’autre part, ni la Biographie Moderne [77] ni celle de Michaud, publies de son vivant, ne mentionnent cette incarcration qu’enfin son nom ne figure pas parmi ceux des dtenus, cits par M. C. Dauban, dans son intressant ouvrage : Les Prisons de Paris sous la Rvolution [78], nous tions loin d’tre pleinement convaincu de la ralit du fait. Nous avons donc voulu vrifier l’assertion et nous avons eu la bonne fortune de nous procurer la copie de deux pices, contenues dans les dossiers de la police gnrale, lesquelles, pensons-nous, sont de nature lucider compltement ce point historique, qui nous paraissait obscur. Voici ces documents, qu’il nous semble utile, cause de leur importance, de reproduire intgralement :

1
Du 16 vendmiaire l’an 4e [79]

Le Comit de sret gnrale aprs avoir entendu le citoyen Guillotin, secrtaire de la Section de la Halle au(x) bleds, et v qu’il est de notorit publique que ledit Guillotin est rdacteur et signataire de plusieurs adresses et crits contraires aux lois, arrte que ledit Guillotin sera sur le champ arrt et traduit dans la maison d’arrt ditte des Orties [80] pour tre ensuitte statu sur son compte, conformment aux lois.

Les reprsentants du peuple, membres du Comit de Sret Gnrale : Alex. Isabeau, Cals, Monmayou, Pemartin, Bailly, Colombel de la Meurthe, Roberjot, Kervelegan, Bordas, Quiroz, Pre Guyomar, Hardy.

P. c. c. (Sign) Bourguignon.

Collationn, (Sign) Gobert.

II
Du 13 brumaire an 4e.

Le Comit de sret gnrale arrte que le citoyen Guillotin ex-constituant, sera mis en libert au vu du prsent, et que les scells mis sur ses papiers, seront levs.

Les reprsentants du peuple, membres du Comit de Sret Gnrale, signs (sic) : Monmayou, Colombel, Bordas, Bailly, Kervelegan, Cals, Quiroz, Guyomar et Pons.

Pour copie conforme, (Sign) Bourguignon.

Collationn, (Sign) Pasquet.

Quels sont les crits, qui avaient ainsi dchan sur notre infortun concitoyen, les foudres du comit de Sret Gnrale ? [81] Nous l’ignorons absolument, mais il rsulte, d’une manire positive, des documents ci-dessus transcrits — qui se rapportent incontestablement au docteur Guillotin [82], — que celui-ci a bien t successivement incarcr, puis relax, mais que son emprisonnement a eu lieu longtemps aprs le 9 thermidor an II, - poque o, selon l’opinion gnrale, mais errone, de ceux qui ont crit l’histoire de sa vie, il aurait recouvr la libert.

VI. — Une vive controverse, qui, aprs la fin du terrorisme, s’leva entre les physiologistes sur les effets du supplice inaugur en 1792, vint encore affliger Guillotin, ce philosophe sensible , comme on disait au XVIIIe sicle. Un mdecin allemand, Sœmmering, dans une lettre adresse son confrre le docteur Œlsner [83], soutint cette thse qu’aprs la dcapitation le moi reste vivant pendant quelque temps, et ressent l’arrire-douleur dont le cou est affect . et il en concluait que la pendaison tait un genre de mort plus doux. En France, J.-J. Sue adopta ce sentiment et tcha avec un talent et un savoir incontestables, d’en prouver la vrit. Allant mme plus loin que le professeur de Mayence, Sue prtendait qu’un dcapit souffrait dans le tronc comme dans la tte, et il dclarait, en terminant, prfrer au supplice de la guillotine a un des plus affreux par sa violence et sa dure , celui de l’asphyxie qui apaise tellement la puissance vivante qu’il la tient engourdie et comme anantie dans tous ses points  [84]. Mais cette dsolante et paradoxale opinion , selon le mot du docteur Rveill-Parise, fut bientt vivement combattue et rfute par Georges Wedkind, mdecin l’hpital militaire de Strasbourg [85], Lveill, chirurgien l’Htel-Dieu de Paris, Gastellier, ancien dput du Loiret l’Assemble Lgislative, mdecin l’hpital de Sens [86], Jean Sdillot jeune, fondateur et secrtaire gnral de la Socit de Mdecine de la Seine [87], et principalement par Cabanis, l’ami de Mirabeau ; qui vint apporter le poids de son talent et de son autorit aux adversaires de la survie. Dans un travail o il fait valoir des arguments dune force irrsistible mais qui ne peuvent entrer dans le cadre ; de notre tude, ce clbre mdecin regarde comme impossible l’existence de la moindre tincelle de la conscience du moi aprs la dcollation. Il conclut ainsi ; Il en rsulte qu’un homme guillotin ne souffre, ni dans les membres, ni dans la tte ; que sa mort est rapide comme le coup qui le frappe, et, si l’on remarque dans les muscles des bras, des jambes et de la face certains mouvements, ou rguliers, ou convulsifs, ils ne prouvent ni douleur, ni sensibilit ; ils dpendent seulement d’un reste de facults vitales que la mort de l’individu, la destruction du moi n’anantit pas sur-le-champ dans ces muscles et dans leurs nerfs [88].

On conoit aisment l’angoisse douloureuse, la stupeur profonde que devait prouver Guillotin — lui qui avait voulu humaniser le supplice — en voyant contester le but suprme qu’il s’tait propos par l’emploi d’un mcanisme : la prompte extinction de la vie avec le moins de souffrance possible. Mais une chose surprend, c’est son silence dans cette discussion la fois physiologique, morale et philosophique. Peut-tre cet homme doux et un peu timide, extrmement alle t d’avoir vu mconnatre ses intentions, avant tout philanthropiques, tait-il abattu au point de n’avoir plus qu’un seul dsir, se faire oublier, viter qu’on parlt de lui ? Quelque soit le motif qui ait retenu sa plume dans cette grave circonstance, il est constant que rien ne dnote qu’il ait pris la moindre part la controverse.

La carrire politique de Guillotin se termina le 30 septembre 1791, jour de la sparation de l’Assemble Constituante, et partir de ce moment il resta dsormais tranger aux affaires publiques et se livra exclusivement l’exercice de sa profession mdicale. En 1792, le digne docteur eut des dmls avec le fisc l’occasion du paiement de la patente, impose aux mdecins par la loi du 17 mars 1791 (article 7), et qu’il prtendait ne pas devoir en sa qualit de docteur-rgent de la Facult de mdecine de Paris. Assign la requte de Rœderer, procureur gnral syndic du Directoire de cette ville, il concerta ses moyens de dfense avec un ancien avocat au Parlement, Pierre-Nicolas Berryer, dfenseur officieux trs rput [89]. Mais le tribunal du 2e arrondissement de Paris, sant aux Petit-Pres, que prsidait Lhritier, ancien conseiller de la Cour des Aides, aprs avoir entendu Chignard,, avou du procureur syndic, Guillotin lui-mme et le commissaire du roi, Lesueur, dans leurs conclusions, rendit le 8 mai 1792 un jugement par lequel il dclara que, faute par lui de s’tre pourvu d’une patente, notre concitoyen avait encouru la peine dicte par l’article 19 de ladite loi du 17 mars 1791, et le condamna l’amende du quadruple du prix fix par la patente dont il aurait du se munir et aux dpens [90].

VII. — Si, depuis l’expiration de son mandat lgislatif, le docteur Guillotin demeura toujours loign de la scne politique, ses tendances, la bont naturelle de son cœur et son amour pour ses semblables le portrent s’occuper encore de ce qui pouvait servir l’humanit.

Il tait mdecin du bureau de bienfaisance de la section de la Halle aux Bls, quand, au commencement de 1800, les journaux annoncrent les expriences, faites en Angleterre4, de la mthode de la vaccine, invente par Edward Jenner, mdecin Berkley (Glocestershire). — Malgr l’insuccs des premires expriences qui eurent lieu Paris, la Salpetrire, le 24 germinal an VII1 (14 avril 1800) [91], Guillotin comprit immdiatement toutes les consquences fcondes pour la sant publique que pouvait avoir cette prcieuse dcouverte, — qu’il se hta de prconiser ; aussi fit-il, ds la cration, partie du comit mdical de vaccine qui — l’instigation de La Rochefoucauld-Liancourt, se forma, Paris, le 21 floral an VIII (11 mai 1800). — Il devint ensuite membre du comit central de vaccine de douze membres, tabli par le ministre de l’intrieur Chaptal, et ne tarda pas en tre nomm le prsident. C’est en cette qualit que le 30 vendmiaire an XII (23 octobre 1803), il vint offrir Bonaparte. Premier Consul, qui l’accueillit avec faveur, le rapport gnral sur cette nouvelle dcouverte [92]. Chaptal, pour encourager encore plus la pratique de la mthode jennerienne, ayant institu, par arrt du 4 germinal an XII (4 avril 1804), une socit pour l’extinction de la petite vrole en France par la propagation de la vaccine, compose de mdecins et d’hommes recommandables par leurs places et leurs lumires. — Guillotin fut choisi comme prsident de cette socit nouvelle, et, comme tel, il eut l’honneur de prsenter ses collaborateurs au Pape Pie VII, alors Paris, et d’adresser au souverain pontife un discours plein d’lvation, qui fut imprim par ordre du ministre de l’intrieur [93].

En 1806, Guillotin, dont l’activit n’tait pas absorbe toute entire par ses occupations professionnelles et ses travaux au Comit de vaccine, et dans le but de reconstituer, dans la limite du possible, l’image des anciennes facults supprimes par le dcret du 8 aot 1793, sur le rapport de Grgoire, avait fond, sous le titre de Socit Acadmique de Mdecine, une association mdicale, dont les rglements furent approuvs par dcision du ministre de l’intrieur du 31 dcembre 1807.

Cette socit s’occupait des maladies rgnantes et de tout ce qui pouvait contribuer aux progrs de l’art de gurir et donnait des consultations gratuites aux pauvres, le mercredi de chaque semaine, dans le lieu ordinaire de ses sances l’Oratoire, mis sa disposition par M. Maron, prsident du Consistoire Rform [94].

Guillotin demeura, jusqu’ la fin, prsident de la Socit Acadmique, dont les travaux ont, du reste, laiss peu de traces et qui, vers 1814, fusionna avec le Cercle Mdical sous cette dernire dnomination.

VIII. — Jusqu’ son terme, la vie de Guillotin fut empoisonne par le malheur d’avoir donn son nom au fatal instrument, qui avait fait tant de victimes politiques, aussi cherchait-il trouver dans le travail un adoucissement son chagrin ? Il espra, un certain moment, obtenir un peu de tranquillit de cœur et d’esprit dans l’existence paisible de la campagne. Dans ce but, il fit l’acquisition des poux Letellier d’un domaine situ Villers-sur-Orge, canton de Longjumeau, arrondissement de Corbeil, ainsi qu’il appert d’un contrat, pass devant Me Nol, notaire Paris, le 19 octobre 1808 [95]. Hlas ! les douceurs de la villgiature ne lui donnrent pas la quitude dont il dsirait jouir, comme le dmontre une lettre adresse le 15 aot 1812, un ami qui lui conseillait de se reposer et dont voici quelques lignes : Je vous assure que j’en ai autant d’envie que de besoin, mais ma position ne me le permet pas. Les circonstances dans lesquelles je me suis trouv et les divers vnements de la Rvolution m’ont rendu le travail ncessaire mon existence et le rendront probablement indispensable jusqu’ la fin de mes jours. Je n’ai donc de repos attendre que le repos ternel, heureusement que cela ne peut plus tre bien long  [96]

Notre concitoyen se remit donc l’œuvre avec plus d’ardeur que jamais et s’effora, comme le pass, de rendre service autrui. C’tait, en effet, un bon et agrable vieillard, ayant cette relle urbanit, cette exquise courtoisie, cette finesse de manires qui annoncent la bonne ducation. Il tait rest fidle au costume de l’poque de sa jeunesse, ainsi qu’au chapeau cornes et la perruque poudre, qu’il porta mme pendant la vogue du bonnet phrygien et de la carmagnole. Sa figure et son regard taient expressifs et, lorsqu’il tait son aise, sa conversation devenait spirituelle, savante sans pdanterie et mme enjoue. Il tait dou d’une indpendance de caractre vritable et d’une franchise toute preuve, dont voici un trait remarquable qui mrite d’tre rappel : Patriote de 89, excrant 93, Guillotin conservait, vivace au fond du cœur, l’amour de la libert, aussi, quoiqu’admirant l’incomparable gnie de Bonaparte, il dtestait sa politique et ses tendances au despotisme. Quand ce Corse ambitieux se fit sacrer Empereur par le pape Pie VII, sous le nom de Napolon Ier (2 dcembre 1804), son aversion fut complte pour celui auquel il reprochait la perte des liberts de notre pays, conquises au prix de tant de sang et de sacrifices. Le prfet de police (le comte Dubois) ayant eu connaissance de certains propos, par trop libres, tenus par notre concitoyen cette occasion, le manda, un jour, dans son cabinet et l’interpella en ces termes : Monsieur Guillotin, vous passez pour ne point aimer l’Empereur. — Monsieur le Prfet, cela est parfaitement vrai. — Mais, monsieur, pourquoi ne l’aimez-vous pas ? — Monsieur, parce que je ne le trouve pas aimable. Pourtant rien ne fait croire qu’il fut inquit [97].

Sa sant se soutint longtemps, mais enfin, atteint d’un anthrax de mauvaise nature l’paule gauche, il trouva dans la mort ce repos ternel qu’il souhaitait tant, le 26 mars 1814, ainsi qu’on l’a vu au dbut de cette tude.

Guillotin mourait sans enfants et laissait : 1 pour donataire universelle en usufruit sa veuve, Marie-Louise Saugrain, avec laquelle il avait toujours vcu en excellente union, et s’tait mari sous le rgime de la sparation de biens, le tout en vertu de leur contrat ante-nuptial, reu par Giard, notaire Paris, le 18 juin 1787 [98] ; 2 et pour sa seule hritire, sa sœur, Mme Jean-Franois de La Charlonnie, ne Marie-Marguerite-Agathe Guillotin, ainsi que l’tablit l’inventaire dress aprs son dcs par Nol, notaire susnomm, le 18 avril 1814 [99]

Les journaux du temps, spcialement le Journal de l’Empire, du jeudi 31 mars 1814, et le Journal de Mdecine annoncrent sa mort avec regrets, et le docteur Bourru, ancien doyen de l’ex-Facult de Mdecine de l’Universit de Paris, pronona sur la tombe de celui qui avait t son collgue et son ami, un discours dans lequel il retraa, grands traits, les qualits qui distinguaient le dfunt. L’orateur termina son loge funbre par ces paroles pleines d’une loquence mue : Celui, dont nous accompagnons de nos larmes la froide dpouille, montra, en ses derniers instants, sur sa figure, les signes les plus certains de la puret de sa conscience, on aurait pu y lire l’histoire de toute sa vie, Au lieu de le voir mourir, vous auriez cru le voir dormir du sommeil le plus calme. Les anciens auraient dit que, quelques jours avant que la circulation s’arrtt en lui, son me tait alle d’avance jouir des douceurs de l’Elyse, et ils n’auraient srement fait graver sur la pierre funraire, qui aurait couvert sa tombe, d’autre pitaphe que celle-ci :

Josephus-Ignatius Guillotin Doctor mediens Integer vitœ  [100].

Tel fut cet illustre mdecin philosophe qui, jusqu’ son dernier soupir, resta fidle aux menes convictions politiques et conserva cette fermet de caractre, cette quit leve qui ne consentent jamais renier le progrs, abjurer la libert parce qu’on commet en leur nom des crimes et des folies. Puissions-nous avoir atteint le but que nous avons poursuivi en crivant cette tude, faire cesser la prvention dfavorable, aussi injuste que ridicule, — et qui n’a pas t uniquement populaire [101] — qui s’est attache au nom de notre concitoyen, prvention qui subsiste malheureusement encore et entache, dans une certaine mesure, son souvenir ?

Edmond-Jean Gurin.

Bibliographie

Indpendamment des ouvrages mentionns au cours de cette tude, on peut consulter sur Guillotin et sa pseudo-invention :
 Dr Achille Chevreau : Guillotin et la Guillotine, Paris, aux bureaux de l’Union Mdicale, 1870, in-8 52 pages
 Charles Dangibeaud : Les Guillotin, dans la Revue de Saintonge et d’Aunis de mars 1892, p. p. 184-189 ;
 Ch, d’Avone : Guillotin, dans la revue Les Contemporains du 12 juillet 1896 ;
 Pierre Larousse : Grand Dictionnaire Universel du XIXe sicle, tome VIII, v Guillotin, Paris, 1866-1875 ;
 Pierre Quantin-Bauchart : Guillotin et la Guillotine, extrait de la Nouvelle Revue, Paris, s. d. ;
 Dr Cabanes : Le Cabinet secret de l’Histoire, 2- srie, p. 121, Paris, 1897, aux bureaux de la Chronique Mdicale ;
 Edmond-Jean Gurin : Le Docteur Joseph-Ignace Guillotin, La Rochelle, Nol-Texier, 1908, in-8, 83 pages, extrait du Bulletin de la Socit des Archives Historiques de la Saintonge et de l’Aunis ;
 Louis du Bois : Recherches historiques et physiologiques sur la Guillotine, Paris 1843 ;
 abb A. Blome, cur de Roquetoire : Notice sur la Guillotine, Hazebrouck, L. Guermonprez 1865, 22 pages, in-8- ;
 M. J. Mathieu : La Guillotine et les portraits de son inventeur, dans la Curiosit Universelle, journal hebdomadaire du 18 aot 1890 ;
 La Guillotine ou Rflexions Physiologiques sur ce genre de supplice, par D. Ph. Mustel, docteur en mdecine, Paris, 1834, in-8- 32 pages ;
 History of Guillotine by the rigth, hon John Wilson Crocker, London, Murray, 1853, in-16, VIII, 88 pages.


Voir en ligne : Biographie de Joseph Ignace GUILLOTIN


[1Archives du Greffe du tribunal civil de la Seine.

[2Une lettre du 23 septembre 1778, envoye par le secrtaire de la Loge Maonnique de La Rochelle celle de Bordeaux pour annoncer l’arrive du F.-. Guillotin, dput du Grand Orient de Paris, prouve que notre concitoyen tait alors un des adhrents de cette Socit secrte. (Voir Revue de Saintonge et d’Aunis, t. XVI, 1896, page 344, o cette lettre a t publie).

[3Une loge maonnique d’avant 1789 : les Neuf Sœurs, par M. Louis Amiable, conseiller la Cour d’appel d’Aix-en-Provence Grand matre du Grand Collge et ancien membre du Conseil de l’ordre du Grand-Orient de France. Paris, 1897.

[4La Bibliothque de la Ville de Paris possde un exemplaire de la Ptition des Domicilis, qui doit tre considre comme l’une des pices les plus curieuses parmi les curiosits rvolutionnaires du Muse Carnavalet.

[5D’aprs un dit d’aot 1776, les six corps tablis Paris, comprenaient : 1 les drapiers-merciers ; 2 les piciers ; 3 les pelletiers, bonnetiers et chapelliers ; 4 les orfvres, batteurs et tireurs d’or ; 5 les tissutiers, les rubaniers, passementiers, boutonniers, brodeurs ; 6 les marchands de vin (Voir dans la Grande Encyclopdie, tome 12, pages 1025-1030, V Corporation, un article trs intressant de M. H. Monin).

[6Dans les six corps des marchands de Paris, on appelait gardes, ceux qui taient lus et choisis par les matres de chaque corps pour tenir la main l’excution des statuts et rglements de chaque corps en particulier, et pour en soutenir les privilges.

[7Voir le compte rendu complet des audiences du Parlement o l’affaire de la Ptition fut juge ainsi que l’arrt rendu par cette juridiction dans les Elections et les Cahiers de Paris en 1789, par M. Chassin, t. I, p. 56-78. Paris, Jouault et Sigaux, 1883. — Dans cet ouvrage se trouve aussi le texte de la Ptition des Domicilis.

[8Procs-verbal des sances et dlibrations de l’Assemble gnrale des lecteurs de Paris, runis l’Htel de Ville. 3 vol. in-8. Paris 1790.

[9Rimpression de l’Ancien Moniteur, tome 1er, page 84. Paris, Plon frres, 1847.

[10Mmoires d’un tmoin de la Rvolution, ou Journal des faits qui se sont passs sous ses yeux et qui ont prpar et fix la Rvolution Franaise, (par Bailly). — Paris, Levrault et Cie Schoell, an XII (1804).

[11Le Jeu de Paume, ode ddie an peintre Louis David, 1791.

[12La commission ne visita pas moins de dix-neuf tablissements, qu’elle mesura avec soin et dont elle dtermina la capacit (le Panthon, le Val de Grce, les Invalides, la Sorbonne, la Galerie du Louvre, l’Ecole de chirurgie, la Halle aux Bls, le Wauxhall, la Bibliothque, l’Assomption, l’Eglise des Augustins, le Cirque du Palais-Royal, etc.) Elle se dcida finalement pour la salle du Mange des Tuileries, qu’elle fit approprier sa nouvelle destination par l’architecte Paris. L’Assemble y tint sa premire sance le 9 novembre 1789, aprs avoir, depuis le 19 octobre prcdent, en attendant l’achvement des travaux, sig provisoirement dans la grande salle de l’Archevch, dite aussi Chapelle des Ordinations. (Voir le texte du Compte rendu l’Assemble Nationale par les six commissaires qu’elle a nomms et revtus de pouvoirs pour choisir un local les 10 et 11 octobre 1789 dans les Archives Parlementaires, Ire srie, tome IX, page 555. Paris, Paul Dupont, 1880.

[13Moniteur du 19 fvrier 1790, n 50 ; Cf. Aulard. La Rvolution Franaise et les Congrgations. Paris, Cornly, 1903.

[14Archives Parlementaires, tome XVIII, pages 178-179. — L’assemble lectorale du dpartement de la Charente-Infrieure et la Garde nationale de Saintes, adoptrent, en signe de deuil de la mort de Franklin, un ruban noir, nou au bras gauche. Journal Patriotique de Saintes et du dpartement de la Charente-Infrieure, par F M. Bourignon, du 27 juin 1790, n XXVI, pages 209 et 212.

[15Baudouin (Franois Jean) imprimeur Paris, dput supplant du Tiers de cette ville, tait imprimeur de l’Assemble Nationale depuis le 24 juin 1789.

[16Archives Parlementaires, tome XVII, pp. 426-427.

[17Projet de dcret sur l’enseignement et l’art de gurir, prsent, au nom du (Comit de salubrit publique, par M. Guillotin, dput de Paris, imprim par ordre de l’Assemble Nationale. A Paris, de l’Imprimerie Nationale, 1791.

[18Les Archives Parlementaires, tome XXX, p. 71 et suivantes, ont publi le texte de ce rapport, qui contient des dtails curieux sur l’installation matrielle de l’Assemble Constituante, comme annexe la sance du 3o aot 1791.

[19Archives Parlementaires, tome XXXI, p. 625.

[20Le Comit de Lgislation criminelle, dit Comit des Sept, cause du nombre de ses membres, avait t institu le 14 septembre 1789, et tait compos d’hommes de loi ou d’anciens magistrats, parmi lesquels nous citerons Le Berthon ( Andr-Benoil-Hyacinthe), premier prsident au Parlement de Bordeaux, dput de la noblesse de la snchausse de cette ville.

[21Cette interdiction a t consacre par l’article 85 du Code Civil.

[22Archives Parlementaires, tome IX, page 393. — La motion de Guillotin n’est pas au Moniteur.

[23Il y avait encore d’autres formes de la peine capitale, l’cartlement, avec adjonction de tenaillements ardents et d’eau bouillante, qui tait la punition des rgicides, le bcher, employ pour la rpression des crimes d’hrsie, de sortilge et de magie.

[24T. IV, p. 642. Paris, Briasson, 1764.

[25Maxime Ducamp, op. cit., p. 358.

[26Le comte d’Essex, tragdie, acte IV, scne III.

[27Rapport sur le projet du code pnal, prsent l’Assemble nationale aux noms des comits de constitution et de lgislation criminelle, par M. Le Pelletier de Saint-Fargeau. Imprim par ordre de l’Assemble nationale.

[28Archives parlementaires, t. IX, p. 393. Guillaume, Louis-Marie, (Paris, 22 janvier 1750-septembre 1794,) avocat aux conseils du roi. Voir sur lui le Dictionnaire de la Rvolution, du docteur Robinet, t. II, p. 119.

[29Archives parlementaires, toc. cit., supr.

[30Archives parlementaires, t. IX, p. 394. Le Pelletier de Saint-Fargeau, Robespierre, d’autres encore demandrent mme l’abolition de la peine de mort que l’Assemble n’osa pas prononcer.

[31Archives parlementaires, loc. cit.

[32Cet article devint l’article 1er de la loi du 21 janvier 1790 (Collection des lois de Duvergier, t. 1er, p. 95.

[33Archives parlementaires, t. X, p. 346.

[34Dr Chereau, Guillotin et la guillotine, p. 6.

[35Tome IV, p. 235, anne 1789. Ce journal (Paris, Deyaux et.Gattey, 1789-1791, 35 vol. in-8) tait rdig par Le Hodey de Saultchevreuil, qui au mois d’avril 1791, fonda, avec le concours des constituants Adrien Duport, Lameth, etc., le Logographe. Cette dernire feuille fut comme les premiers vagissements de la stnographie, qui ne sortit de l’enfance qu’en 1820 ; elle touchait une pension de la liste civile (Rapport de Valaz du 6 novembre 1792 sur les papiers de l’armoire de fer). Voir Maurice Tourneux, Bibliographie, loc. cit., n 10.212, 10.606 et 10.663, et C. Hatin, Bibliographie de la presse p. 132 et suiv.

[361er octobre 1789-10 aot 1192. Paris, in-4 quotidien. Rdige par Barnab Farmian du Rosoy. (Voir Maurice Tourneux, Bibliographie de l’Histoire de Paris pendant la Rvolution Franaise, t. II, n 10336).

[37Le Journal de Paris, l’anctre de la presse franaise politique (1er janvier 1777-30 septembre 1811), fond par d’Ussieux, Cadet de Vaux et Corancez. (Bibliographie de M. Tourneux, t. II n 10191).

[38Ce journal, fond par Jacques Peltier, de Nantes, exista du 2 novembre 1789 au mois d’octobre 1791. (Voir, son sujet : Eugne Hatin : Histoire de la Presse. Paris, Poulet-Malassis et de Broise, 1861, t. VII, p. 78, et Bibliographie de la presse priodique franaise, p. 94, sup. ; Maurice Tourneux, op. cit. t. II, n 10353).

[39Histoire des Constituants, t. III. p. 218. Paris, 1854.

[40Le Journal en Vaudevilles des Dbats et Dcrets de l’Assemble Nationale, 1790, 12 numros in-8*. En vers et en prose. Rdig par plusieurs, notamment par un ancien page de Louis XV, le marquis de Bonnay, dput de la noblesse du Nivernais aux tats Gnraux (M. Tourneux, op. cit., t. II, n 10396).

[41Voir dans les Hymnes et Chansons de la Rvolution, par AI. Constant Pierre (Paris, Imprimerie nationale, 1904), la nomenclature de plusieurs autres chansons sur Guillotin et sa machine.

[42N XXIV, du 29 novembre nu 26 dcembre 1789. Ce journal, publi par le sieur Prudhomme et ddi la Nation et au district des Petits Augustins eut, pendant son existence (17 juillet 1789-10 ventose an II, 28 fvrier 1791) successivement pour principaux rdacteurs : Alexandre Tournon, Elyse Loustalot (n Saint-Jean d’Angly, en 1762, mort Paris en 1790), Sylvain Marchal, Fabre d’glantine, Santhonax, Chaumette (Bibliographie de M. Maurice Tourneux, t. II n 10249).

[43Dcret du 21 janvier 1790 (Duvergier, Col. des lois, t. II, p. 95). Cf. Archives parlementaires, t. XI, p. 297. Moniteur du 21 janvier 1790, n 24.

[44Articles 2 et 3 du code pnal du 25 septembre 1791. L’article 3 est devenu l’article 12 de notre code pnal actuel.

[45Rœderer (Pierre-Louis), ex-constituant, avait t lu le 10 septembre 1791 procureur gnral syndic, en remplacement de Pastoret, contre d’Andr, prsident du club des Feuillants (Etienne Charavay, Assemble lectorale de Paris, 16 aot 1791-12 aot 1792, p. 298. Paris 1894).

[46Voir ces documents dans Chereau, op. cit., p. 12 15, et Revue rtrospective de Jules Taschereau, 2e srie, t. I, p. 7.

[47Voir ce dcret et l’avis motiv de Louis, qui y est annex, dans la Collection des lois de Duvergier, t. IV, p. 61.

[48Guillotin et la guillotine, p. 18.

[49Dr Chereau, loc. cit., et docteur Cabanes, Le Cabinet secret de l’Histoire, 2e srie, p. 121. Paris, aux bureaux de la Chronique Mdicale, 1897.

[50La Grande Encyclopdie, t. XIX, p. 590, v Guillotine.

[51M. Georges de Labruyre (le Matin, du 22 aot 1907), prtend, nous ne savons sur la foi de quelle autorit, que le modle de la guillotine avait t dessin par le citoyen Laquiante, greffier du tribunal de Strasbourg . Alexandre Dumas (le Drame de 93, Paris, 1866, .1, 42), et les Mmoires de Sanson, racontent, de leur ct, que c’est Louis XVI, dont on connat la passion pour la serrurerie, qui aurait perfectionn la nouvelle machine en substituant la forme oblique celle en croissant, adopte primitivement. (Consulter sur cette question, l’Intermdiaire des chercheurs et des curieux, t. IX, p. 612-697).

[52Le Gaulois, du 7 septembre 1907 (article de M. L. de Fourcaud).

[53Mmoires d’outre-tombe, t. II, p. 496. Paris, Dufour, Mulat et Boulanger, 1860.

[54Dr Chereau, loc. cit., p. 22. ; Louis du Bois, Recherches historiques et physiologiques sur la guillotine. Paris, 1843. Cf. Pierre Quantin-Bauchart, Guillotin et la guillotine, p. 25 ; extrait de la Nouvelle revue, Paris, s. d. ; Dr Cabanes, op. cit., p. 122 ; Paul Bru, Histoire de Bictre, p. 87.

[55Chateaubriand, op. cit., p. 496.

[56A la suite du fonctionnement dfectueux de la machine de Paris, dans une excution, on retira la fourniture des autres dpartements Schmidt, qu’on donna Ren-Nol Clairin, menuisier patent Paris , qui, le 13 juillet 1792, s’engagea faire et fournir, conformment au devis dress par M. Giraud, architecte, les guillotines moyennant le prix de 500 livres pour chacune mme en y comprenant la peinture. Cf. Chereau, op. cit., p. 28, 29 et 31.

[57Voir Symbolicarum quœstionum de universo genere, par Achille Bocchi. Bononiae, 1555 et 1574.— Figures de Bonasone, retouches par Carrache.— Voyages en Espagne et en Italie, par le Pre Labat. Paris, 1730, et Amsterdam, 1731, 8 vol in-12.

[58Guillaume Cambdem, Britannia... (Londres, 1586 et 1607) ; Walter Scott, Histoire d’Ecosse, 1re srie, chap. IX).

[59Hortulus animae. Wittemberg, 1548, in-4 (figures de Lucas de Crarach). Cf. gravures d’Albert Durer, de Nuremberg (1522), d’Henri Aldegrever (1553), de Gregorius Penez. Voir aussi Revue d’Aunis et Saintonge de mars et juillet 1895, p. 110 et 294.

[60Notice sur la guillotine, par l’abb Adolphe Blorme, cur de Roqueloire (Hazebrouck. — L. Guermonprez, 1865, 22 pages in-8). Cf. Intermdiaire des chercheurs et des curieux du 30 mai 1897, p. 676, et Posies du Hollandais Jacques Cats (Hambourg, 1710-1717).

[61Mmoires d’outre-tombe, t. I", p. 491.

[62M. J. Mathieu, La guillotine et les portraits de son inventeur, dans la Curiosit universelle, journal hebdomadaire, du 18 aot 1890. Cf. Actes des aptres, n XXVII.

[63M. Tourneux, Bibliogr., t. IV, n 23.004.

[64Dans deux lettres qu’il nous a adresses les 23 octobre et 19 dcembre 1907, M. A. Dires-Monplaisir, ancien prsident du tribunal de commerce, Marennes, nous a dit qu’il a eu connaissance du chagrin prouv par Guillotin, par la lecture de divers documents.

[65H. Wallon, op. cit., t. III, p. 382.

[66Archives nationales, W. 112. Cf. Intermdiaire des chercheurs et des
curieux du 30 avril 1892, t. XXV, p. 427.

[67C. Dauban. La dmagogie A Paris en 1793. Paris, Henri Pion, 1868.Mmoires et souvenirs du baron Hyde de Neuville, t. I, chap. 2, p. 70. Paris, 1888, 3e dition.

[68Le clbre mdecin, Jean-Nol Hall, pour sauver Lavoisier, avait prsent an tribunal rvolutionnaire un rapport dtaill sur les travaux du principal fondateur de la chimie moderne. La Rpublique n’a pas besoin de chimistes , ft la seule rponse qu’obtint le dfenseur du grand savant. Cette phrase cruelle et stupide, gnralement attribue Fouqnier-Tinville, l’impitoyable pourvoyeur de l’chafaud, ne serait pas de lui, mais de Coffinhal, le vice-prsident de ce tribunal de sang, qui prsidait l’audience, o fut prononc le jugement condamnant la peine capitale Lavoisier et les autres fermiers gnraux. (Lavoisier, par Edouard Grimaux, page 376. Paris, F. Alcan, 1888. — G. Lentre, Le Tribunal Rvolutionnaire, page 204, Paris, 1908, Perrin et Cie).

[69Jean-Frdric Edelmann, n Strasbourg, le G mai 17/19, avait embrass les ides ultra-rvolutionnaires, ce qui ne l’empcha pas, le 29 messidor an II (17 juillet 179/4), d’tre condamn mort comme affili la conjuration, ourdie Paris, contre la reprsentation nationale et la sret des prisons. — (H. Wallon, Histoire du Tribunal rvolutionnaire de Paris, tome V, page 07. Paris, L. Hachette, 1881).

[70Ce drame lyrique avait t reprsent, avec succs, l’Acadmie Nationale de Musique le 24 septembre 1782. Un exemplaire de cette œuvre musicale est conserv la Bibliothque du Conservatoire. A la page de garde se lit cette ddicace : Tmoignage de reconnaissance et d’amiti, offert M. Guillotin par l’auteur. (Gaulois du 7 fvrier 1907).

[71Il avait fait, parait-il, en faveur de condamns mort, qui l’intressaient, appel la clmence de Marat, qu’il avait connu, d’une manire assez intime, lorsque ce dernier tait mdecin des curies du comte d’Artois, mais le trop fameux rvolutionnaire avait repouss impitoyablement les sollicitations de son ancien confrre. (Guillotin Joseph-Ignace, par le Dr. Rveill-Parise, Paris, Panckoucke. S. d. in-8, extrait du Moniteur Universel des 20 fvrier et 20 mars 1851).

[72Mmoires de Beugnot, publis par son fils. Paris, 1866, page 192. — Voir aussi un article de M. Arthur Chuquet, La Guillotine trahie par Guillotin, dans les Feuilles d’histoire du 1er avril 1910, page 867. Paris, Roger et Chernovitz, diteurs.

[73Numro du 20 mars 1907, vol. LV, 751. Le document, dont s’agit, est une ptition, adresse par les rpublicains blesss l’hpital militaire de St-Waast d’Arras , aux reprsentants en mission, pour protester du zle, de l’activit, de l’humanit, de la douceur et du patriotisme du docteur Guillotin et de ses auxiliaires, les chirurgiens Dautreville, Baudelocque et Hoche , violemment attaqus par la Gazette du Nord, dans un article insinuant qu’ils taient au-dessous de leur mission.

[74Chteaubriant, Mmoires d’Outre-Tombe, page 496.

[75Voir M. Augustin Challamel : Les Clubs contre-rvolutionnaires, p. 37, 64, 286, 320. Paris, L. Cerf, Noblet et Quantin, 1895.

[76Biographies de Rabbe, d’Arnauld et de F. X. de Feller, Hoffer-Didot, Dictionnaire Encyclopdique de la France de Ph. Le Bas, tome IX, p. 250 ; Nouveau Larousse illustr, Grande Encyclopdie, tome XIX, p. 589 (article du Dr Hahn) ; Dictionnaire de la Rvolution et de l’Empire, du docteur Robinet, tome II, p. 122 ; Biographies Saintongeaises de Rainguet, et H. Feuilleret et de Richemond ; Dictionnaire des Parlementaires franais, par A. Robert, F. Bourloton et G. Cougny, tome III, p. 284 : Rveill-Parise, op. cit. ; Go Furlh, Docteur Guillotin (dans la Charente-Infrieure du 16 mars 1904) ; Charles Rmv-Saint-Maurice le Dr Guillotin, dans l’Indpendant de la Charente-Infrieure des 8 septembre et 1er octobre 1853 etc.

[77Tome II, p. 396, 2e dition. Breslau, Korn, 1806. Les auteurs de cet ouvrage anonyme sont Alphonse de Beauchamp, Caubrires, Fl.-Jos. Giraud, Joseph Michaud, L. de Coiffier et autres.

[78Paris, H. Plon, 1870.

[79Archives Nationales, Police Gnrale, F. 7,4736.

[80O tait la maison d’arrt dite des Orties ? Certainement dans la rue appele ainsi. La rue des Orties, dont le nom est emprunt aux plantes sauvages qui y croissaient, se trouvait dans la paroisse de Saint-Germain-l’Auxerrois ; elle commenait la rue Froimenteau (ou Froid-Manteau), finissait d’abord au rempart de la ville (enceinte de Charles V) et s’est termine plus tard la place du Carrousel. Elle longeait la faade septentrionale de la grande galerie du Louvre, ce qui lui avait tait donner en 1603, le nom de rue Sainct-Nicolas-du-Louvre ou de rue des Galleryes du Louvre . En 1800, cette voie, dont les maisons taient dj, en partie dmolies, a disparu entirement, ainsi que la rue Froimenteau, lors de l’achvement du Louvre, en vertu de la loi du 4 aot 1849.Quant la prison o fut incarcr Guillotin, il est probable qu’elle tait tablie dans tout ou partie de l’ancien clotre Saint-Thomas, existant dans la rue des Orties (Voir Topographie historique du Vieux Paris (Rgion du Louvre et des Tuileries, I, pages 79 et 177), par M. Adolphe Berty, historiographe de la Ville, Paris, Imprimerie impriale, 1866).

[81L’poque, laquelle fut opre l’arrestation de Guillotin, fait toutefois supposer que les crits incrimins devaient se rapporter au manifeste de la section Lepelletier, du 10 vendmiaire an IV, auquel avaient adhr 32 autres sections parisiennes, parmi lesquelles celles de la Butte-aux-Moulins, du Thtre Franais, de la Halle-aux-Bls, etc., pour protester contre le dcret de la Convention du 13 fructidor an III (3o aot 1795), d’aprs lequel les assembles primaires devaient lire des Conventionnels dans la proportion des deux tiers. Ce manifeste fut on le sait, suivi le 13 vendmiaire an IV (5 octobre 1795) d’une insurrection contre cette Assemble, laquelle se mlrent les royalistes et que Bonaparte rprima durement en mitraillant les sectionnaires sur les marches de l’glise Saint-Roch. (Aulard. Histoire politique de la Rvolution franaise ; p.532 et 575, Paris ; 1901). — Pour le dtail des sources ; consulter Maurice Tourneux. Bibliographie de l’Histoire de Paris pendant la Rvolution, Paris, 1890, Imprimerie Nouvelle, t. Ier, pp.. 434, 437, in-4. Cet auteur cite le Rapport fait la Convention Nationale, au nom. des Comits de Salut public et de Sret gnrale, par P. Barras, reprsentant du Peuple, gnral en chef de l’arme de l’intrieur, dans la sance du 30 vendmiaire an IV, mais ne fait aucune mention des crits subversifs, reprochs au Dr Guillotin.

[82Ce qui le dmontre c’est d’abord la qualification d’ex-constituant, donne dans l’un d’eux la personne arrte (Guillotin fut le seul dput de ce nom l’Assemble Constituante) ; c’est ensuite cette particularit que la rue Croix-des-Petits-Champs, o il habitait alors, tait situe prs de l’ancienne Halle aux Bls et devait sans doute faire partie de cette section.

[83Cette lettre a t publie dans le Moniteur du 18 brumaire an IV (9 novembre 1795).

[84Opinion du citoyen Sue, professeur de mdecine et de botanique, sur le supplice de la Guillotine, 1796, 16 pages. — Jean-Joseph Sue, n et mort Paris (i3 janvier 1760-21 avril 1830) est le pre du romancier Eugne Sue, l’auteur populaire du Juif Errant et des Mystres de Paris.

[85Moniteur du 20 brumaire an IV (11 novembre 1795).

[86Que penser enfin du supplice de la Guillotine ? Nouvel examen de cette question, par Ren Gastellier, mdecin de l’hpital de Sens. Paris, an IV, chez les marchands de nouveauts, in-8, 20 pages.

[87Rflexions historiques et psychologiques sur le supplice de la Guillotine. Paris, an IV, in-8, 26 pages.

[88Note adresse aux diteurs du Magasin Encyclopdique sur l’opinion de MM. Œlsner et Sœmmering touchant le supplice de la Guillotine, par le citoyen Cabanis, publie dans ce journal, tome V, p. 153-174. — Les tudes de l’Ecole Pratique, dite de Clamart, les recherches poursuivies de nos jours par MM. Hayem, Brown-Squard, Loye, etc., donnent tout lieu de croire, comme l’a affirm Cabanis, que la conscience disparat immdiatement avec la dcapitation et que les signes de survie dont on a parl (contraction des muscles, mouvements, etc.) ne sont que de simples rflexes (article du docteur Langlois dans la Grande Encyclopdie, t. XIII, p. 1046, v Dcapitation). Cependant dans un livre rcent (Peine de mort et criminalit. Lyon, Rey et Cie, 1908) M. A. Lacassagne, savant professeur de mdecine lgale l’Universit de Lyon, a dclar qu’il n’est pas partisan du supplice de la Guillotine, o, dans certains cas, il peut y avoir survivance et a rclam l’emploi de la pendaison, comme en Angleterre ; mais le docteur Socquet, le mdecin, lgiste parisien bien connu, s’est empress de rfuter l’opinion de son confrre dans une interview, parue dans le journal l’Eclair du 14 mars 1908.

[89Pierre-Nicolas Berryer, n Sainte-Menehould le 17 mars 1757, mort le 20 juin 1841, Paris, tait le pre de l’illustre orateur lgitimiste Pierre-Antoine Berryer et du gnral Hippolyte-Nicolas Berryer ; il s’est particulirement fait connatre par la dfense du marchal Ney, o il fut aid par Dupin ain. On a de lui divers crits, notamment des Souvenirs (1839), livre curieux pour l’histoire contemporaine, o il relate, t. I, p. 155 et 156, la consultation donne au docteur Guillotin.

[90Le texte de cette dcision se trouve dans les Tribunaux civils de Paris pendant la Rvolution (1791-1800), par MM. Casenave et A. Douarche, conseiller la Cour de Cassation. Paris, Cerf, Noblet et Quantin, 1905, t I, p. 207.

[91Dans la Charente-Infrieure, les premiers essais de vaccination furent faits Rochefort le 7 germinal an VIII (28 mars 1800) par Jean-Baptiste Bobe-Moreau, pharmacienen chef de l’cole de sant de celte ville, et Saintes, du 14 au 24 prairial an IX (2 au 12 juin 1801) par les docteurs Couturier, Lavigne, Viault, Brissonneau, Nron et Brusl, ex-mdecin de marine au port de Rochefort ; ( Voir Bob-Moreau et les premiers essais de la vaccine en Saintonge, par A. Duplais-Destouches, dans la Revue de Saintonge el d’Aunis t VIII, p. 49 et 219).

[92Moniteur du 16 brumaire an XII (8 novembre 1803) a publi ce discours.

[93Voir le Moniteur du 23 ventse an XIII (14 mars 1805) qui donne le texte du discours de Guillotin.

[94Voir pour l’organisation de la Socit Acadmique et les membres la composant l’Almanach Imprial, publi Paris, par Testu, imprimeur de Sa Majest, rue Hauteville, 13, annes 1808, 1809 et 1810.

[95Cette proprit fut vendue, aprs le dcs de Guillotin, aux poux Etienne Aignan, de Paris, aux termes d’un acte reu par le mme notaire Nol le 6 septembre 1814. (Etude de M" Mahot de la Querantonnais).

[96Nous devrons la communication de cette lettre un arrire petit-neveu de son destinataire qui tait M. Dieres-Montplaisir, employ la prfecture, rue de la Comdie, Saintes.

[97Eloge funbre de Guillotin par un de ses condisciples et amis, 1n-4. Paris, 1814.

[98Me Charles Tollu, notaire Paris, est dtenteur des minutes de Giard.

[99D’aprs des notes, dues la complaisance de Me Mahot de la Ouerantonnais, notaire Paris, l’un des successeurs de Nol.

[100Discours prononc le 28 mars 18l4, jour des obsques de M. Guillotin, par M. E-C. Bourru, ancien et dernier doyen de l’ancienne Facult de Mdecine de l’Universit de Paris, etc., etc. Paris, Plassan, imprimeur de la Grande Chancellerie et de la Lgion d’honneur, s. d , in-4, 8 pages.

[101En 1892, M. Lon Bourgeois, alors ministre de l’instruction publique, a command un sculpteur charentais, M. Th.-Henri Bouillon (n Saint-Front, canton de Mansle, fils de M. Jean Bouillon, ancien magistrat, maire de Mansle, lequel est dcd en cette ville le 2 mars 1893), un buste en marbre blanc de Guillotin, destin la salle du Jeu de Paume, au muse de Versailles. Ce buste a bien t plac dans ce local, mais, d’aprs les renseignements fournis par M. Blanc, gardien de la salle du Jeu de Paume, contrairement aux pratiques gouvernementales en pareille circonstance, il n’y a eu ni inauguration, ni discours cette occasion.

Est-ce que l’on doit voir dans ce silence et dans l’abstention des reprsentants officiels de la Rpublique la preuve qu’ils ont eux aussi cd la prvention inique inexplicable, contre laquelle nous avons voulu ragir, et que nous avons le vif dsir et le ferme espoir de voir enfin disparatre, tout jamais, des esprits mieux clairs ?

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