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1750 (c) - Saintes - Tableau de l’état de la ville au XVIIIe siècle

D 22 février 2007     H 13:01     A Pierre     C 0 messages A 1038 LECTURES


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Une situation qui se rencontrait assez couramment dans les villes à cette époque.

Note d’une écriture du XVIIIe siècle, probablement du maire Guillaume Gaudriaud, conservée aux Archives de la Charente-Inférieure et déjà publiée par le Baron Eschassériaux : Etudes, Documents et Extraits relatifs à la ville de Saintes.

Saintes, capitale de la Saintonge, est très bien située pour le commerce des denrées de cette province et de celle de l’Angoumois.

La rivière de Charente, qui y est d’une grande profondeur, seroit navigable jusqu’à Rochefort, si le pont de Taillebourg n’existoit pas.

Cette province fournit abondamment des vins, des eaux-de-vie, du bled, des bois de construction et à brûler, des fourrages, etc. Saintes peut devenir l’entrepôt d’une partie de ces productions, dont plusieurs se portent à Coignac, pour ensuite redescendre la rivière et passer devant cette ville, afin de suivre leur destination de commerce...

Il seroit intéressant de favoriser et même d’exciter l’industrie des habitants qui s’adonnent au commerce, non seulement en n’augmentant pas leur quote pour la taille et pour l’industrie, mais au contraire en leur accordant des grâces et les soulageant d’une partie de leurs impositions..

Quant à l’intérieur de la ville, il est intéressant pour le bien des habitans d’y jetter un coup d’œil.

Les inspecteurs de police ou commissaires ou autres sous-ordre demandent à être vivement excités pour veiller au bon ordre général, pour faire relever les boues et fumiers, et surtout pour les faire enlever. La fermentation qu’éprouvent ces immondices, répandent une odeur infecte et une insalubrité générale très dangereuse. Les pluies et les charrettes entraînent une partie de ces fumiers sur les pavés et dans les ruisseaux qui, n’ayant point de pente, rendent les rues pires que les plus mauvais chemins des villages.

Une partie des rues de la ville servant de passage aux charrettes des rouliers et autres pesantes voitures publiques, les pavés qu’on y fait sont détruits en moins de six mois et laissent subsister pendant trois ans, terme où on les refait, des ornières et des trous où ces mêmes voitures s’embourbent et s’enrochent au point que le passage public est quelquefois intercepté, et que souvent les rouliers qui sont dans l’usage de se réunir sur la route sont obligés de se prêter mutuellement leurs chevaux, et de mettre deux et trois attelages sur leurs charrettes, pour les sortir de ces précipices. Comme les rues sont en général très étroites, les voitures passant perpétuellement sur les mêmes points, les affaissent promptement, y creusent des trous et des ornières qui subsistent et s’agrandissent, jusqu’au renouvellement des dits pavés. N’y auroit-il pas quelqu’équité que les Ponts et Chaussées vinssent au secours de la ville, pour y réparer chaque année, comme cela se pratique pour les grands chemins, les rues qui servent de passage aux voitures publiques ? car non seulement ces rues sont mises hors de service, mais, après un certain tems, les rouliers les laissent pour passer dans d’autres qu’ils réduisent comme les premières, ce qui produit un double domage qui ne se répare pas de longtems.

Autre inconvénient auquel il seroit très instant de remédier. Il n’y a dans cette ville ni pompe ni seaux pour les incendies. Les maisons y sont en général très vieilles : l’intérieur en est presque tout cloisonné en planches ; les escaliers sont en bois et les rues sont très étroites. Un incendie arrivant, la ville peut être consumée dans une nuit. Ne seroit-il pas possible d’avoir un dépôt de seaux à l’hôtel de ville et de créer une compagnie de secours, pour, au premier coup de tocsin, en réunir les membres dans la cour de cet hôtel et les conduire au lieu du désastre ? et en augmentant les moyens ne pourroit-on pas, par la suite, se procurer une ou deux pompes à incendies, dont la compagnie de secours auroit la conduite ?

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