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1778 - Enfants abandonnés : Cognac répond à l’enquête de Necker

D 7 décembre 2010     H 10:50     A Pierre     C 0 messages A 281 LECTURES


Plan général de cette étude Références et bibliographie

En 1777, le ministre Necker lance une enquête nationale sur les établissements capables d’accueillir des enfants abandonnés. Son questionnaire est transmis par voie hiérarchique aux intendants des Généralités (équivalent moderne : préfecture), puis aux subdélégations (équiv. : sous-préfecture). Les réponses permettent de se faire une idée d’un problème de société déjà ancien, mal résolu.

Voir les réponses de Saint-Jean d’Angély (17) au même questionnaire

Subdélégation de Cognac

Questions proposées pour un établissement à former pour les enfans trouvés

Art 1 – Si le désordre ou l’indigence produisent dans votre département beaucoup de ces êtres malheureux qui ne savent à qui ils doivent le jour ?

Réponse : Les villes de Cognac, Jarnac et Chateauneuf et les paroisses de cette subdélégation produisent tout au plus dix enfans bastards par an, en comprenant dans ce nombre ceux qu’on fait périr par l’avortement ou autre moyen.

Art 2 – S’il y a des enfans abandonnés par des peres et meres connus.

Réponse : Il n’y en a aucun ; cependant on voit quelquefois de malheureux orphelins abandonnés, mais des personnes charitables leur donnent le couvert, et ces petits malheureux vivent en mendiant. Il y en a à peine un de cette espèce par an.

Art 3 – Veriffier les loix et la coutume qui régissent votre pays, et voyés si se sont les seigneurs hauts justiciers ou les seigneurs féodaux, moyens et bas justiciers qui sont tenus de cette charge.

Réponse : La coutume d’Angoumois qui régit le ressort de Cognac ne contient aucune disposition relative à l’entretien des bâtards ; on suit le droit commun, et les seigneurs hauts justiciers sont les seuls obligés à cette charge.

Art 4 – Met-on quelques différences entre les enfans exposés dont les peres et mères sont inconnus et ceux abandonnés par des parans connus qu’on pourroit mettre au nombre des pauvres dont la subsistance est à la charge des communautés ?

Réponse : La différence dont il s’agit n’a jamais eu lieu, parce qu’il est sans exemple que des pères et mères ayant exposé leurs enfans légitimes, peut être cela seroit-il arrivé, si la crainte de la justice n’eût pas retenu des pauvres que l’indigence ou le manque de naturel auroit porté à cette extremité. Les loix prononcent la peine de galère contre ceux qui se mettent dans ce cas là.

Art 5 – Que deviennent ces enfans, les envoye t’on à Paris, ou y a t’il une maison pour les recevoir ?

Réponse : La ville de Cognac est trop éloignée de Paris pour qu’on ait jamais pensé à y faire porter les enfans trouvez ; à défaut de maison établie pour les recevoir, on les porte à Angoulême ou à Saintes ; et souvent ceux qui en font le transport les laissent à moitié chemin sur un jet de fossé, ou à l’entrée de quelque village. Par ce moyen il y a très peu d’enfans exposez soit à Cognac soit dans les paroisses du département. L’un dans l’autre cela va tout au plus à un par an.

Art 6 – Par qui cette maison est-elle tenue ; quels sont ses revenus ; sont-ils suffisans ; est-elle bien administrée ; quel est l’ordre qui y règne ?

Réponse : On vient de dire qu’il n’y avoit point de maison établie pour recevoir les enfans trouvés soit à Cognac soit dans le reste du département.

Art 7 – A défaut de maison destinée à élever les enfans trouvez, y a t’il quelque hopital bien administré qui pourroit traitter avec le Roy pour la nourriture et entretien de ses enfans ?

Réponse : Le petit hopital de Cognac seroit impropre à tenir les enfans trouvéz. Les filles de la congrégation de la Sagesse qui le desservent au nombre de quatre sont disposées à s’en charger, et à traitter de leur nourriture et entretien. Cet hopital a tout au plus 800 # de revenu, somme insuffisante pour faire un grand bien.

Art 8 – Quelles seroit les conditions de ce traité ?

Réponse : Les conditions du traitté qu’elles proposent sont :
- 1° qu’on fourniroit à l’entretien d’une cinquième soeur et d’une servante pour soigner les enfans trouvez depuis la sortie de la nourrice jusqu’à ce qu’ils fussent grands
- 2° elles demandent d’ailleurs qu’on leur fasse le même traittement qu’à la Rochelle.

Art 9 – Combien en coute t’il communément dans votre pays pour la nourriture et l’entretien d’un enfant pendant qu’il est en nourice et après qu’il est sevré ?

Réponse : Le peu d’enfans trouvés qu’on expose sont confiéz aux soins des officiers de police. Ils font des adjudications pour les nourrices. Et la subsistance et entretien jusqu’à sept ans aux frais du Roi montent à 120 # par an pour chaque nourrice, jusqu’à l’age de trois ans, et à 150 # pour chacune des 4 antres années. Il conviendroit de donner d’abord 150 # et ensuitte 180 #. A l’avenir on ne trouvera personns qui veuille se charger des enfans trouvés à un moindre prix.

Art 10 – Enfin quel seroit le lieu le plus propre à y transporter et faire élever les enfans trouvés de votre pépartement et qui peut recevoir en même temps tous ceux d’un certain arrondissement de pays assez voisin pour que le transport fût facille et à portée de ceux que des raisons particulières obligent à exposer leurs enfans ?

Réponse : Il n’y a point d’autre endroit pour placer les enfans trouvés que l’hopital de Cognac. La ville de Jarnac seroit plus au centre du département, mais il n’y a ni maison ny établissement propre pour cela. A Cognac on y transporteroit aisément tous les batards de 4 à 5 lieues à la ronde. Les paroisses du département de Vars seroient plus à portée de la ville d’Angoulême.

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