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1782 - L’air de La Rochelle est-il irrespirable ? Polémique dans les gazettes

Mercure de France du 12 octobre 1782

D 5 septembre 2018     H 01:20     A Pierre     C 0 messages     A 11 LECTURES


Le Chevalier de Malartic, Lieutenant-Colonel-Commandant du Bataillon de Garnison de Poitou n’apprécie pas du tout l’information donnée dans un numéro précédent du Mercure de France, selon laquelle l’air de la Rochelle serait irrespirable et nocif pour la santé.
Il écrit une longue lettre au rédacteur en chef du Mercure de France.
Vérité ou fake news ?

Source : Le Mercure de France - Samedi 12 octobre 1782 - Google Livres

Voir en ligne :

Mercure de France

Samedi 12 octobre 1782

Nous nous empressons de publier la lettre suivante, qui vient de nous être adressée de la Rochelle ; elle rappelle des faits dont nous avons déjà entretenu le public & les rectifie ; elle détruit en même-tems les insinuations qu’on s’est plu à répandre depuis quelque temps, sur la prétendue insalubrité de l’air de cette Ville , & que nous regrettons d’avoir répétées. Notre devoir, quand nous ayons été induits en erreur, est de revenir à la vérité, & nous nous hâtons de le remplir.

Je viens, M., me plaindre à vous-même de la facilité avec laquelle vous avez consigné, dans votre Journal, N° 38 page 131 , un fait qui n’a jamais existé que dans l’imagination de celui qui vous l’a transmis. Votre amour pour la vérité me persuade qu’il ne vous a pas été possible d’avoir les éclaircissemens que vous desiriez , & que vous me saurez gré de ceux que j’ai l’honneur de vous adresser. S’il existe des préjugés qu’on doit respecter, il en est d’autres qu’on ne sauroit trop s’empresser de détruire, lorsqu’ils compromettent l’intérêt d’une Province. Tels sont ceux que l’on cherche à répandre depuis quelque tems contre la ville de la Rochelle. Les assertions que feu M. le Chevalier de Jaucourt n’avoit pas craint de hasarder dans le Dictionnaire de l’Encyclopédie, article « peste », peuvent y avoir donné lieu. Sans le vouloir, vous paroîtriez, M., accréditer ces préjugés, en laissant subsister la même erreur dans votre Journal. — M. le Comte de Broglie, dans les différens voyages qu’il fit l’année dernière, de Ruffec à Rochefort, & aux environs, ne vint point à la Rochelle. Ayant fait plusieurs voyages en très-peu de tems , & pendant les premiers jours d’Août, on a soupçonné que la chaleur excessive de la saison, & les émanations méphitiques des marais qu’il avoit traversés, pouvoient avoir occasionné la maladie dont il mourut à St-Jean-d’Angely. — M. de Voyer d’Argenson, Commandant en second dans les Provinces de Poitou, Aunis & Saintonge, n’est revenu à la Rochelle qu’à la fin du mois dernier. Il étoit alors occupé des inspections qu’il avoit commencées dans les différentes villes & sur les côtes de son Commandement. Il se proposoit de les continuer. A son arrivée, il se plaignit de sa santé, qui étoit dérangée depuis un mois. Le travail qu’il vouloit finir ; quelques voyages qu’il projettoit dans les Isles de Ré, d’Aix & d’Oleron, ne lui permirent pas de prendre le repos donc il avoit besoin. Il partit pour l’Isle de Ré, quoiqu’il eût la fièvre depuis quelques jours. Le mal ayant augmenté, il se fit débarquer & transporter, dans sa maison de campagne, aux portes de la Rochelle. Il en partit le 8 de ce mois, malgré tous les symptômes qui annonçoient une maladie très-sérieuse. Il crut que le mouvement de la voiture, & le plaisir de se retrouver chez lui, aux Ormes, le soulageroient.. Quelque représentations qu’on lui fît sur le danger auquel il s’exposoit, il suivit sa première idée, & se rendit aux Ormes en trois jours. La maladie pendant cet intervalle fit des progrès très-rapides ; elle acquit peut-être plus de malignité par les fatigues du voyage, & le défaut de secours en route : on n’a plus été à même de l’arrêter ; elle a eu toutes les suites facheuses qu’on craignoit. — Il paroît, M., que dans les pertes qui nous affligent le plus, nous, voulons, pour notre consolation, sans doute, les attribuer.à des causes extraordinaires. La mort a toujours tort. Nous ne pouvons pas croire. dans le premier élan de notre douleur, que des Officiers Généraux, dont les talens & les connoissances ont inspiré à la Nation & à tout le Militaire la plus grande confiance, qui ne respirent que pour le bonheur des Provinces, dont le Roi leur a confié le commandement, soient soumis a aux évènemens ordinaires de cette triste vie. Mais en cédant au chagrin qui nous accable, devons-nous imputer nos malheurs à nos voifins ? Faut il décrier une Ville, une Province, alarmer tous ses Habitans, & leur persuader d’abandonner leur Patrie ? Tels seroient cependant l’objet & le résultat des propos aussi singuliers qu’inconséquents, qui ont été tenus l’année-dernière, & qui se renouvellent aujourd’hui, si les témoins des évènemens qui y ont donné lieu, ne cherchoient à diminuer l’impression que ces propos peuvent faire sur des esprits trop crédules. — Il est de fait, que M. le Comte de Broglio n’est pas venu l’année dernière à la Rochelle , & que par conséquent il n’a pu y prendre, comme on l’a dit, le germe de la maladie dont il est mort à St-Jean-d’Angéli. Il est également vrai que M. le Marquis de Voyer, qui avoit la plus grande attention, comme il le disoit lui-même, de couper l’air, & d’être rarement huit jours de suite dans le même endroit, étoit déjà malade lorsqu’il vint à la Rochelle le 27 Août dernier ; que très-dur à lui-même, occupé du bien de cette Province , & des travaux que S. M. a ordonnés pour le dessechement des marais d’Aunis & de Saintonge, s’en rapportant un peu trop à la bonté de son tempérament, il a négligé les moyens de rétablir sa santé, & de prévenir la maladie qui l’a enlevé à nos vœux & à nos plus douces espérances. — Voilà , M., ce que je puis vous certifier, d’apres l’aveu général & particulier de tous ceux qui ont connu & suivi les deux Lieutenans-Généraux que nous avons eu le malheur de perdre. C’est un hommage que je dois à la vérité.- Puisse-t-il réparer le tort que d’aveugles préjugés & de faux rapports ont fait à notre Ville. — Veuillez, M. insérer ma lettre dans votre premier Journal, je vous en aurai une véritable obligation. Mes concitoyens vous sauront un gré infini de rétracter ainsi une erreur, qui ne peut leur être que très-préjudiciable. J’ai l’honneur d’être , &c. signé, le Chevalier de Malartic, Lieutenant-Colonel-Commandant du Bataillon de Garnison de Poitou.

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