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1787 - 2 - Inventaire du chteau d’Ecoyeux (17) - 1 - Les dpendances

samedi 9 septembre 2006, par Pierre, 19624 visites.

Source : Archives Dpartementales 17 - Cote 1J99 - Transcription : Pierre Collenot

Texte complet, prsent dans sa version et son orthographe originales ; seuls les titres intercalaires ont t ajouts. Glossaire et commentaires.

En raison de sa longueur, ce texte est prsent en deux parties :
 1 les dpendances du chteau (cette page)
 2 le chteau et divers lieux Ecoyeux

Autres parties de cet inventaire : voir colonne de gauche Dans la mme rubrique

Aprs le dcs fin 1786 de Louis Alexandre Frtard de Gadeville, seigneur d’Ecoyeux et de Chteau-Chesnel, un inventaire complet du mobilier de son appartement de Saintes et de ses deux chteaux est effectu en janvier 1787.
Ici, le chteau d’Ecoyeux.

Ce chteau, appartenant initialement la famille de Polignac, fut transmis par mariage la famille Chesnel, puis la famille Frtard de Gadeville. Plus rcemment, il appartint Evariste Poitevin dit Goulebenze (1877-1952), le barde saintongeais.

Suivons le notaire dans les pices de cette demeure cossue et dans quelques lieux de la paroisse d’Ecoyeux.

La cuisine La boulangerie La chambre des filles ( servantes) La laiterie Les caveaux La cour La grange
Le parc cochons Le pigeonnier La cour (suite) La petite curie La cour ( suite) Les chais Les curies et tables
Les greniers La chambre des domestiques La brlerie La prison Le grenier au-dessus du chai

Parmi les caractristiques de cet inventaire : son extrme prcision, presque photographique, sa langue tout fait comprhensible pour des lecteurs du 21me sicle, d’autant que le notaire prend la peine d’expliquer les termes locaux, voire de donner l’quivalent rgional de certains mots franais. Un modle du genre !

Sur la Base Mrime du Ministre de la Culture, faire une visite en images du chteau d’Ecoyeux
Choisir dpartement 17-Charente-Maritime, puis Ecoyeux (3 rubriques)

Texte Glossaire et commentaires
Et advenant cejourd’huy 15 janvier 1787, heure de huit du matin, nous notaire royal pour la rserve et rsidence de la ville de Saintes soussign, en prsent des tesmoins cy aprs nomms, ce requrant laditte dame Marie-Louise de Saint Mathieu veuve de Mre Louis Alexandre Frtard cuyer seigneur d’Ecoyeux, dnomme dans notre scance prcdente et de la demeure y exprime nous sommes rendus ds le jour de hier en son chteau dudit lieu d’Ecoyeux, aux fins de la continuation de la description et inventaire du mobilier de la succession dudit feu seigneur son mary, accompagn et assist dudit Me Alexandre Crugy, huissier jur priseur de la snchausse de Saintes, pour la prise et l’estimation du mobilier laquelle continuation ladite dame en sa qualit de tutrice, et toujours sous toutes ses rserves et protestations voulant procder,
Les armoiries de la famille de Saint-Mathieu
En janvier 1787, aprs le dcs Saintes, le 5 novembre 1786, de messire Louis Alexandre Frtard, de son vivant chevalier seigneur d’Ecoyeux, Chteau Chesnel et autres lieux, ancien lieutenant des vaisseaux du Roy, chevalier de l’ordre royal et nobiliaire de Saint-Louis , un inventaire dtaill est fait des diverses proprits de la famille, dont un appartement Saintes (Charente-Maritime), un chteau situ Ecoyeux (Charente-Maritime), et un autre chteau situ Cherves (Charente), appel Chteau Chesnel.

La "sance prcdente", dont il est question au dbut de ce document, est l’inventaire qui vient d’avoir lieu dans la maison situe rue Saint-Maur Saintes (Charente-Maritime), prs du Collge.
- La cuisine (p.130) Glossaire et commentaires
elle a reprsent et mis en vidence dans la cuisine dudit chteau o nous avons t introduits,
 un petit mauvais buffet deux portes l’une desquelles fermant cl ayant deux tiroirs et son dressoir par-dessus, quatre tages de bois blanc peint couleur brune apprci par le dit sieur Crugy la somme de neuf livres ;
 aux deux desquels tages les plus hauts sont, 16 petits plats de service en tain, plus ou moins grands, lesquels ayant t pess, s’en est trouv le poids de 20 livres estim raison de 14 sols la livre ce qui revient pour le tout 14 livres ;
 plus 21 assiettes de fayance, huit plats de service de diffrentes formes, un salladier, et une soupire aussy de fayance, vieille et use la plus grande partie casse et troue, un pot eau de mme fayance, une caffetire de terre, une bote caff de fer blanc, avec sa couverture et quatre gobelets de terre, le tout estim 3 livres ;
 plus de 12 bouteilles de verre, et quatre gobelets estims 3 livres 10 sols ;
 et au-dessus duquel dit dressoir s’y est aussi trouv une poissonire et une braisire de cuivre rouge, tames, cette dernire garnie de sa couverture, et l’un et l’autre objet de leurs anses, poigne et ramelle en fer, estim ensemble la somme de 15 livres ;
 suspendu audit dressoir une bassine lit de cuivre rouge fort mauvaise, son manche de bois tourn, prs de laquelle un fusil un coup ayant son canon renforc, qui a t jug de fabrique espagnole, sa platine tant marque de Laborde Saintes, sa mire en argent mont en fer, estim 18 livres ;
 plus encore prs dudit dressoir, suspendu par des clous crochets, clous une planche et grapps au mur sont quatre casserolles de cuivre rouge de diffrentes grandeurs, l’une desquelles a bord, et toutes tames et munies de leur queues en fer, bonnes et serviables, estimes ensemble 12 livres ;
 au mme lieu est gallement suspendu trois friquets de diffrentes formes, un grand passoir, le tout de cuivre jaune garni de leur queue en fer, une rpe sucre, un petit polon de fer blanc, et une trs petite casserole de cuivre rouge, avec une compotire encore de cuivre jaune, ses anses ainsi que les queues des autres objets en fer, le tout estim 7 livres 10 sols ;
 plus un mauvais quart dfonc, deux paniers, deux paires de manequin, une vanette, un mauvais chaufe pied, une gde, le tout de bois, de mauvaises lanternes de fer blanc, et une boule en tain pour tenir l’eau chaude, le tout estim 7 livres ;
 plus dans ladite cuisine deux grandes tables de bois fort, l’une forme de deux madriers de deux poulces d’paisseur sur neuf pieds de long, l’autre forme de deux madriers de deux poulces d’paisseur, de sept pieds quelques poulces de long, ayant chacune deux tiroirs boutons, deux bancs de la longueur des mme tables, forms de planche sans faon, et au bout de la dernire desdittes tables est une vieille souche, vulgairement appel bilhot pour acher, sur lequel est un petit couteau manche de bois, le tout estim 15 livres ;
 sur le potager compos de six trous, ce sont cinq fourneaux en fer, trois trois-pieds aussy de fer, une petite cruche vinaigre, un cocquemart, une caffetire de terre, de petites caffetires de fer blanc, avec leurs couvertures, un soufflet, deux paniers pour charbon, un gros achoir en fer, et ct une trs mauvaise salire de bois blanc, le tout estim 6 livres ;
 autour du foyer de la chemine huit petites selles en bois pour s’asseoir, faites sans faon, deux desquelles beaucoup plus paisses que les autres, avec un petit banc de bois de chesne, fait par main de menuizier ou charpentier, estim 3 livres ;
 dans le foyer deux gros chenets de cuisine de fer battu, ayant chacun un gros anneau par derrire pour ornement, une grosse barre aussi de fer, de quatre pieds et demy de longueur, une pince une pelle encore de fert, le tout estim, avec un garde foyer de fonte agrapp la chemine, la somme de 40 livres ;
 plus quatre broches rtir de diffrentes grosseur et longueur, deux desquelles main, les deux autres poulies, l’une desquelles nanmoins en est dmunie, quatre grils de diffrentes grandeurs, un grand trois pieds, et une cuillre pot, le tout de fer, bon et serviable, apprci ensemble avec une crmaillre et un crochet pour crmaillre le tout en fert, la somme de 9 livres ;
 plus deux chaudrons en fert pour vaisselle, l’un beaucoup plus grand que l’autre, et les deux ayant leurs ramelles, une grande pole frire assez bonne, le tout estim la somme de 7 livres ;
 plus deux marmites de cuivre rouge, l’une un peu plus grande, et les deux tames ayant leurs ramelles en fert, et la petite seullement de cuivre rouge et sa poigne de mme mtail (sic), la dernire sans pieds, estimes les deux 7 livres ;
 trois polons, tous de cuivre jaune, l’un desquels a pieds o il en manque un, de diffrentes grandeurs, avec une grande lchefrite de tle, le tout fort mauvais et rapic, estim 7 livres ;
 deux seilleaux et une cassette de bois de chesne garnis de leurs cercles et ramelles, une cassotte de cuivre rouge tame, le tout estim la somme de 4 livres y compris une bailhotte garnie de ses cercles pose sur une vieille souche ;
 plus de 25 pices de vaisselle de terre, tant en pots, plats, mazarine que assiettes ordinaires places dans diffrents tages d’un petit dressoir au-dessus de l’vier, estim 30 sols ;
 au mme dressoir est suspendu deux dessous de tourtire en cuivre rouge tames garnies de leurs pieds et anses en fer, un passoir de fert blanc, sa queue de fer, estim avec une grande fourchette trois brions de fert pour tirer viande la somme de 3 livres ;
 plus dans la mme cuisine un pot de fer de moyenne grandeur avec sa couverture, une grande pelle feu aussi de fert, une selle de bujour avec ses trois pieds, deux petites cuvottes, une baillotte de bois garnies de leurs cercles, l’une ramelle en fert, l’autre anses aussy de fert, les deux fort mauvaise, avec un moulin battre crme pour beurre, le tout estim 7 livres ;
 plus trois balais neufs et deux mauvais, le tout de milh, trois portes fusils en fer, trois tages, et une chelle de bois neuf marches le tout estim 8 livres ;
 dans le bout de laquelle cuisine, au mur de refand qui la spare avec la boulangerie, est construit un placard, duquel l’ouverture ayant t faite, s’y est trouv deux grands pots de fayance, anse, deux de terre aussi anse, trois cruches, un pot aussy de terre vernie, deux pots de terre noire, trois chandeliers main, deux desquels de cuivre jaune, et l’autre de cuivre rouge, trois flambeaux de cuivre jaune, sur l’un desquels est une petite lampe de cuivre rouge, une chopine et une roquille d’tain, un petit flambeau de fer, six bouteilles de verre de trois roquilles, deux douzaines de cuillers d’tain, et une douzaine de fourchettes de fert, le tout ensemble a t estim par ledit sieur Crugy la somme de 12 livres ;
Les dfinitions donnes dans la colonne de droite signes (ML) sont tires du " Dictionnaire du monde rural, les mots du pass ", de Marcel Lachiver. Un grand nombre d’autres dfinitions ont t apportes par des visiteurs du site que je remercie de leur contribution.

- ramelle (Saintonge) : anse de panier, de seau, de marmite (ML)
 serviable : qui peut servir. Inserviable : qui ne peut plus servir.
 mannequin : Dic. Acad 1762. s.m. Sorte de panier long, & troit, dans lequel on apporte des fruits ou de la mare au march. Mannequin de mare. Mannequin de fruits.
 vanette : petit van en osier pour ter la poussire de l’avoine (ML)
 friquet (ouest) : cumoire (ML)
 gde ou gdot (Saintonge) : panier de paille long ou rond que le boulanger utilise pour faonner et porter le pain au four (ML). Autre signification : jatte, rcipient en bois, souvent de vergne (aulne)
 coquemar : espce de chaudron sur pied, anse et couvercle, fait de terre vernisse ou de cuivre, dans lequel on fait chauffer l’eau (ML)
 seilleau (ouest) : seau en boissellerie (ML)
 cassette : sorte de puisette dote d’une queue creuse qui sert de fontaine (ML)
 cassotte (Saintonge) : sorte de sbile emmanche ou de cuiller pot dont le manche est creux ; elle est constamment pose sur le seilleau et sert puiser l’eau quand on veut boire ou se laver les mains, un petit filet d’eau s’coulant par le manche quand on a rempli la sbile (ML)
 baillotte : petite baille, vase de bois appel aussi baquet
 mazarine (Saintonge) : grand plat en terre cuite qui va sur le feu (ML)
 bujour (Poitou & Saintonge) : cuvier lessive en terre cuite, de forme ronde. La selle est son support pour le tenir stable
 milh : mil (noter la graphie "milh", avec lh marquant un l mouill)
 chopine : rcipient, ici en tain, correspondant une mesure pour les liquides, de capacit variable selon les lieux. La chopine de Paris valait 0,465 litre
 roquille : rcipient, ici en tain, correspondant une mesure pour les liquides, gale au quart d’une chopine, soit environ 12cl. Une roquille se subdivise en 2 canons
- La boulangerie Glossaire et commentaires
De ladite cuisine passs la boulangerie par la porte qui y communique, madite dame a reprsent
 deux met ptrir, l’une de bois d’ormeaux, sa couverture de mme bois, bonne et presque neuve, la seconde de bois blanc ainsy que sa couverture, mauvaise l’une et l’autre, pose sur leurs traiteaux estim la somme de 12 livres ;
 ouverture faite de cette dernire il ne s’y est trouv qu’une gde en bois, un trs mauvais tamis inserviable, une assiette de terre, et environ un picotin de recoux et avoine, estim 30 sols ;
 sur la premire sont trois tamis passer farine, l’un de soye, et les deux autres de crain environ demy uss, une autre gede de bois blanc, dans laquelle est une coupe-pte de cuivre jaune, et une petite marque pour pain formant une croix en boutons, le tout estim 6 livres ;
 ouverture faite de cette dernire met il s’y est trouv une assiette de terre dans laquelle est du levain, une mauvaise tamisaille casse et hors de service, un plumail et trs peu de farine, le tout estim 3 sols ;
 plus dans ladite boulangerie s’est trouv 28 sacs mettre grain de grandeur d’environ poche peu prs moiti uzs estim avec deux traiteaux sur lesquels ils sont poss 36 livres ;
 plus trois chaudrons de cuivre rouge avec leur ramelle coulant environ chacun trois seillaux, un presque neuf, un autre demy uz et le troisime presque inserviable, estim 20 livres
 plus trois bujours de terre cuitte l’un de la contenance de six sacs de linge, le second de quatre et le troisime de trois, le premier cass et se soutenant par la ligature de cordes qu’on y a mises au col, les deux autres remplis de cendre, deux saloirs mme terre de mme grandeur et bons, estims avec deux selles pour lesdits bujours la somme de 18 livres ;
 trois petits panniers de garniture, deux desquels fort mauvais, un petit boutillon en partie d’oizy, trois mauvais mannequins presque inserviables, une mauvaise barrique, un meloir, une petite minelle de paille, quatre trs mauvais futs de crible vulgairement appel grelle, deux autres trs mauvais fut de tamis, une mauvaise polle frire, un trs mauvais grand trois pieds l’un et l’autre inserviable, une assiette de terre vernie, une grande pelle de fer pour la chaudire, quatre petites bches de quatre pieds de longueur, et six fagots deux riottes, le tout valu avec une petite terrine de terre moyenne et deux autres petites assiettes aussi de terre, 3 livres ;
 plus un mauvais boucaud garni de ses cercles remplis de cendres, une grande encoignure de plusieurs bois ferre et fermant cl, faite en menuizerie, un petit panier couvert de bois d’ozier avec sa ramelle de mme bois et dans un des susdits sacs environ un boisseau et demi de farine mture encore avec le son, le tout estim avec une planche sur laquelle est pos le sac et deux pendails de bois, l’un pour cochon et l’autre pour le plus menu btail la somme de 10 livres ;
- met (Saintonge) : ou maie, huche, ptrin domestique dans lequel on prpare et conserve la pte pain
 picotin : mesure pour donner l’avoine aux chevaux, de valeur approchant 1/4 de boisseau, soit 3,25 l
 recoux ou recoupe : deuxime farine tire du son spar du gruau (ML)
 tamisailles (Saintonge) : petites traverses de la me sur lesquelles va et vient le tamis (ML)
 plumail : aile de volaille utilise comme plumeau
 poche : le contenu d’un sac, d’une poche. Contenance : on apprend plus bas que la poche vaut 3 boisseaux mesure de Saintes
 boutillon : panier tress deux anses souples et couvercle
 oizy (Saintonge) : osier
 meloir (Saintonge) : corbeille peu profonde pour faire mler les fruits (raisins, tranches de pommes, prunes...), c’est--dire les faire scher pour les conserver. On le plaait souvent sur un toit, au soleil
 minelle (Saintonge) : panneton, corbeille en tresse de paille et d’corce de ronce que les paysans faisaient la veille et qui servait conserver les grains, les fruits secs (ML)
 grelle : crible. Il existe des grelles pour tamiser la farine, d’autres pour le tamiser le sable pour faire le mortier.
 riotte : lien de fagot constitu d’une branche souple tordue
 boucaud : ou boucaut, futaille. En Saintonge, grande futaille de la contenance de 3 barriques.
 mture ou mteil : mlange de froment et d’autres crales comme escourgeons et baillage (orge de printemps) (ML)
 pendail (Saintonge) ou pendoir : ustensile en fer ou en bois, aux extrmits replies en crochets, pour pendre les grosses pices de viande que les bouchers veulent dpecer (ML)
- La chambre des filles (servantes) (p 157) Glossaire et commentaires
De ladite boulangerie pass dans la chambre des filles, ma ditte dame a mis en vidence
 une vieille armoire antique de bois blanc, un tiroir au bas ferr de ses poignes de fer, ferrures, petites fiches et fermant cl estime 4 livres ;
 ouverture faite de ladite armoire, il s’y est trouv 14 petites nappes de cuisine de diffrentes grandeurs, les plus petites tant de deux aulnes, et les plus grandes de deux aulnes et demie, toutes de grosse toile, la moiti presque uze et l’autre moiti demi neuve, estimes les toutes 15 livres.
 plus cinq paires de draps de matre de belle toille de brin de 6 aulnes chacun, les uns aux autres, tous marqus la marque de fut M. d’Ecoyeux, formant cette ressemblance YY estims raison de 20 livres la paire, ce qui forme pour le tout 100 livres.
 plus 41 draps de grosse toille pour domestiques de diffrentes grandeurs, les plus grands de cinq aulnes, le tout environ demi uz sans marque, estims raison de trois livres la pice, ce qui revient pour le tout 123 livres.
 plus 88 serviettes, toille unie et de brin commun, dont 18 neuves, moiti demi uzes et les autres presque inserviables, estimes les toutes 40 livres.
 plus 38 torchons, 12 desquels presque neufs, les autres plus que demi uzs, estims 24 livres.
 plus 10 tabliers de cuisine de grosse toile, demi neufs, 13 bissacs autrement doubles, et deux sachots aux petites poches de toile blanche environ demi neuves estims 15 livres.
 Referm ladite armoire et reprsent en ladite chambre un trs mauvais bois de lit colonnes de bois de noyer, fonc dessus et dessous sur lequel est une paillasse de grosse toile presque neuve, deux lits remplis de plume, l’un de volaille, coitte grandes rayes bleues et blanches, fort grosses, le second demi rempli aussi de plume, sa coitte vielle, ancienne grandes rayes, le traversin form de mme coitte que le premier des dits lits, une grosse vieille couverte de laine blanche, et deux trs mauvais linceux autour du dit de bois de lit servant de ridaud, le tout estim 48 livres.
 un autre bois de lit aussi colonnes de bois de noyer, fonc comme le prcdent dessus et dessous, sur lequel est une paillasse en vieille et mauvaise toile, un matelat piqu en laine couvert d’un gros coite blanc, un lit et traversin rempli de plume coiti grandes rayes, tout mauvais, et autour dudit bois de lit deux draps encore plus mauvais, presque inserviables, moins que ce soit pour seille, servant nanmoins de ridaud, le tout estim 50 livres.
 plus un coffre de bois de noyer fermant cl fait en marchepied, antique et mauvais, estim 6 livres.
 plus une petite table pliant de bois blanc, une autre table de bois de noyer pieds tourns, d’une forme carre, ayant son tiroir bouton, presque neuve, estime 6 livres.
Sur laquelle dernire table sont deux petits trs mauvais traversins de vieille coite a grandes rayes, remplis de plume, et 17 cheveaux fil d’toupe, de grosseur ordinaire avec un sac de grosse toile mettre grain, environ les deux tiers pleins de poils de boeuf, autrement bourre, le tout estim 7 livres.
 plus sur la croise de ladite chambre, un flambeau de cuivre jaune, deux fers passer linge, et une portire de chaudire avec sa poigne, estime avec quatre chaises de bois d’ormaux peintes couleur marron, garni de jonc, estim 9 livres.
- aulne ou aune : mesure de longueur pour les tissus, peu prs standard en France, valant au 18me sicle 1,949 m.
 brin : la varit de fil de chanvre le plus long et le meilleur, que l’on tire de la tige principale (ML)
 sachot : sac en toile pour contenir des matires en poudre (ML)
 fonc : pour un lit, ou pour un tonneau, etc, qui a un fond
 coitte ou couette : lit de plumes. Au 17me sicle, couette ne se disait que du lit des pauvres gens qui n’avaient pas les moyens d’enfermer la plume dans du coutil et qui n’y mettaient que de la toile (ML)
 couverte : couverture
 linceux ou linceul : drap
 seille ou seilleau : seau. Drap pour seille : juste bon laver le sol
 toupe : la partie la plus grossire de la filasse de chanvre, obtenue aprs teillage et peignage (ML)
- La laiterie p. 164 Glossaire et commentaires
Et de la susditte chambre passs dans celle appele la leitire ou beurire terre au-dessous la salle, il s’y est trouv
 23 pots lait pour crmer, trois autres grands pots bec pour tirer les vaches, un autre pot verni aussi bec, un autre pot aussi verni ances, deux crugeons, sept bouteilles, un coqmard, le tout de terre dont partie ont les goulauds casss et quatre autres pots noirs, aussi de terre de la fabrique de Monmoreau, une terrine de moyenne grandeur de terre de bujour, estim le tout 6 livres.
 deux grands pots de fer avec leur ramelle, l’un desquels ayant sa couverture, un plat et une assiette de terre, un petit boutillon ordinaire de bois d’ozier, un autre boutillon clervoye pour porter poulets ou pigeonneau, de grands chenets de cuisine de fer battu, le tout estim avec un boyard quatre batons et une crmaillre suspendue un bois de bout pour le soutien d’un lincoir de la chemine de la salle, la somme de 18 livres.
 plus quatre planches de bois de sapin de 10 pied et demi de long, sept pouces de large, poses sur quatre mauvais trteaux sans faon, sur lesquelles sont un picotin de la mesure de ladite seigneurie d’Ecoyeux marqu des armes d’icelle, un petit boutillon sans ramelle de bois d’ozier, un autre boutillon mauvais et perc, de bois de clisse, un autre boutillon couvert de bois d’ozier, trois grands et un petit meloir, un petit panier de garniture de bois de clisse, trois petites banaces avec leur couverture aussi de clisse les cinq mauvais mannequins presque inserviables, le tout estim 46 sols.
 deux grands trteaux de cinq pieds de long, deux autres petits mauvais trteaux de deux pieds aussi de long, deux petits morceaux de toile cire propre couvrir mannequins, un petit mauvais guindre vulgairement appel chtelet, une mauvaise canette remplie de cendres, un mauvais morceau de porte de grande fentre, deux bouteilles ou nids de pigeons de bois de clisse, et un petit mauvais panier de mme construction, un trs mauvais co.. de bois de clisse mont sur quatre morceaux de bois servant de pieds, le tout estim avec deux mauvaises planches de bois d’ormeau, et une mauvaise table de bois blanc 40 sols.
 plus deux mauvaises barriques dfonces d’un bout, l’une desquelles qui est la plus grosse n’ayant que six cercles monte sur quatre petits morceaux de bois, couverte par de grandes vieilles fentres, dans chacune desquelles barriques sont deux furets, moiti mle moiti femelle, trois desquels blancs et l’autre gris, estims tous lesdits objets compris lesdits furets 72 livres.
 plus un vieux grand et mauvais buffet de bois blanc fermant deux cls estim 3 livres.
 Ouverture faite de l’une des portes dudit buffet, s’y est trouv 40 pots de terre lait, pour crmer, presque tous remplis de lait, de grandeur de pinte cinq roquilles, estims avec un fourneau de moyenne grandeur aussi de terre la somme de 4 livres.
 Ouverture faite de la seconde porte s’est trouv dans l’tage bas cinq assiettes de terre vernie, un grand pot de terre noire dans lequel il y a 10 petits paquets d’egrettes souffres vulgairement appeles allumettes, un crugeon huile de terre vernie avec une demi-douzaine de petits ognons et une douzaine de ttes d’eaux, et dans le second tage une bouteille de verre trois roquilles, une livre et demie de chandelle de suif de huit la livre, sept assiettes de terre vernie, deux pots aussi de terre mme fabrique, dans l’un desquels environ une demie livre de beurre, dans l’autre une cuillre d’taing, deux grands pots de fayance ances, l’un en ayant une casse, l’autre environ le quart plein de beurre, deux autres pots aussi de fayance commune, 10 petits plats de terre vernie vulgairement appels catollons, le tout valu 7 livres.
 Fermeture faite de la porte dudit buffet, s’est trouv sur icelui deux chenelles de bujour de deux pied et demi de longueur, une vieille pe casse sans fourreau, un vieux et mauvais sachet dans lequel est environ une jointe d’orge, un petit mauvais pannier de clisse dans lequel sont six ttes de vielle chardonnette et trois mauvais morceaux de vielles ferrailles, le tout estim 20 sols.
- un boyard quatre btons : brancard, civire
 linoir : pice de bois, dans un plancher qui, d’un bout est scelle dans un mur, et de l’autre est assemble dans un chevtre, ce qui permet le passage d’une chemine dans un plancher (ML)
 banace : probablement variante de banastre, s. f. panier d’osier
 guindre ou chtelet : dvidoir axe vertical sur lequel on met les cheveaux de fil pour les dvider en bobines (ML)
 nid de pigeon : bouteille clisse ?
 furet : petit animal du genre des martres, voisin du putois, dont on se sert pour la chasse des lapins de gerenne. Prendre les lapins au furet (ML)
 egrettes souffres dites allumettes : le mot allumette ne demande pas de dfinition, mais le mot grette indique que ces allumettes soufres taient faites avec la partie ligneuse de la tige de chanvre.
 ttes d’eaux : il s’agit d’ail, aulx
 catollon : (incertain) dformation de caquelon ?
 chenelle de bujour (Saintonge) : cannelle, c’est dire robinet form d’un morceau de bois ou de mtal creus, qu’on met dans le cuvier pour couler la lessive
 jointe : quantit de grain qui peut tre contenue dans le creux des deux mains jointes (ML)
 chardonnette ou cardonnette : espce d’artichaut sauvage, dont la fleur sert faire cailler le lait (ML)
- Un petit caveau (p. 173) Glossaire et commentaires
Ensuite passs dans un petit caveau par la porte qui y communique a t reprsent
 six cruches de grs de diffrentes grandeurs, un trs petit salloir mme terre, trois petits crugeons moutarde de terre et un antonnoir aussi de terre, ayant sa douille casse, estim 5 livres.
 plus deux barriques garnies de leurs cercles et fonds, l’une et l’autre environ moiti pleines de vinaigre, l’une de blanc et l’autre rouge, estimes avec les bois sur lesquels elles sont attines, et deux bouts de planches, 30 livres.
 plus de 20 bouteilles de verre de trois roquilles remplies de vin rouge de pays estimes 10 livres.
- Un autre caveau (p. 175) Glossaire et commentaires
Et sortis dudit caveau, passs dans un autre qui a son ouverture dans le coin trs de ladite chambre y a aussi t reprsent
 40 bouteilles de verre trois roquilles remplies de vin blanc, tranger au pas, sans pouvoir distinguer les climats d’o il provient, ne nous croyant pas permis d’en faire la dgustation, ayant nanmoins t estim 20 sols la bouteille compris le fut, ce qui revient pour le tout 40 livres.
On sent comme une certaine frustration dans les propos du notaire !
- La cour - 1 (p. 176) Glossaire et commentaires
Dudit caveau sommes sortis dans la cour prs l’aile gauche. Nous rendant la grange, reprsent par ladite dame dans cette partie de ladite cour
 une muie, ou cage volaille adosse au mur de la cuisine, faitte en bois blanc, couverte de tuille creuse, prs laquelle est une espce de joug compos de six morceaux de bois rond de bout, d’une vieille roue de voiture, ses rayes et boutons peints de couleur rouge, traverse dans le haut par diverses petites perches de grosseur de jambe lies les unes aux autres par des oizis, est une espce d’chelle compose de quatre rollons attachs galement par des oizis, auprs d’un petit tas de douelles de barriques en contenant 238, un autre petit tas de douelles de sillaux et canettes en contenant 238, le tout bois de chesne, deux blistes volaille de bois de sauge, un petit bois de grosseur de solliveaux de 17 pieds de longueur, bois de chesne, un autre bois de mme grosseur de 8 pieds de longueur, une vielle perche de bois d’aubier pour tendre linge, un grand trttaux pour tenir les brancards de voiture demi neuf, un morceau de souche servant de montoir, le tout estim 48 livres.
- sillaux : pour seillaux, seaux
 canette : mesure de liquide reste en usage pour la bire, tenant un litre (ML)
 bliste volaille : Bltre, en Saintonge, ou belite, blite, blitte, blie. Mue pour les volailles, sorte de cage claire-voie (en forme de calotte) sous laquelle on retient en plein air une poule qui a des poussins, ceux-ci pouvant franchir les barreaux de la cage. (ML)
 montoir : grosse pierre ou gros billot, dont on se sert pour monter plus aisment cheval
- La grange (p. 178) Glossaire et commentaires
Entrs dans la ditte grange, a t reprsent et mis en vidence
 un tas de foin plac sur la partie gauche en entrant par le portail que le sieur Martin rgisseur de ladite seigneurie d’Ecoyeux a dclar provenir de la rcolte des prs dudit feu seigneur en domaine, et en contenir environ 40 milliers, lequel a t estim par le dit Crugy raison de 11 livres le millier, ce qui revient pour le tout la somme de 440 livres que l’on ne fait cependant mention ici que pour mmoire, attendu la consommation journallire qui s’en fait par les chevaux et autres bestiaux laisss par ledit seigneur d’Ecoyeux.
 plus un tas de paille place dans la partie droite au fond de la ditte grange en contenant encore suivant la dclaration dudit sieur Martin trois milliers qui ont t valus comme le prcdent article pour la forme et pour mmoire par la mme raison 7 livres le millier, ce qui reviendroit pour les trois 21 livres.
 plus six chelles dont quatre poses sur les traverses de la ditte grange, l’une de 34 rollons, la seconde de 16, une autre de 14, une autre de 13, la cinquime de 17 et la sixime de 14 avec les deux cts scis d’une autre chelle, et 8 perches d’aubier poses sur les mmes traverses, ainsi qu’un chevron d’environ 16 pieds de long, sur tout quoi deux faix d’auzier fendu, le tout estim 20 livres.
 plus un mauvais chariot compos de son chartis, fonsure, roue, essieux et ferrure, ayant son brancard droit cass et assujetti par deux ligatures en fer, un chartis d’autre chariot tout neuf, ainsi que sa fonsure sans autre garniture estim les deux objets la somme de 40 livres.
 plus un autre chariot sans aucune fonsure, ayant seulement une bote au milieu garni en fer avec ses roues convenablement ferres presque neuf, estim 50 livres.
 plus deux anciennes roues de voiture peinte en couleur verte avec leurs ferrures, qui quoique vielles, paroissent assez bonnes, estimes 24 livres.
 plus deux limonneaux et une guille pour charrette de bois de chesne de longueur et grosseur convenable au-dessous desquels une pice de charpente mme bois carissants en vivarette de 14 pouces de longueur de 18 pieds, trois madriers de deux pouces d’paisseur sur 12 pieds de long, et quatre chalattes mme longueur, mme largeur, mme bois de chesne pour table de ct charette, le tout 48 livres.
 plus deux bancs forms de madriers servant d’tabli aux charpentiers, ayant leurs pieds forms de triques de fagots et sans faon estim 30 sols.
 plus un tas de bois compos de sept gros bois de charpente, dont cinq carissant 13 et 14 pouces sur 28 pieds de long, les deux autres de six sept pouces sur mme longueur estim 78 livres.
 Tout le surplus dudit tas n’tant compos que de quelques soliveaux, chevrons, rognures de pices de bois, planches, chalattes et perches de diffrentes espces, estim le tout avec une meule guiser, un peu uze et dans une forme peu ronde, ainsi qu’avec un rteau de bois pour pr, la somme de 36 livres.
- millier : synonyme de 1 millier de livres, soit un peu moins de 500 kg (ML)
 faix d’osier (Saintonge) : faisceaux d’osier. Synonymes, une molle ou botte d’osier fendu dont se servent les vanniers et les tonneliers ; en gnral, l’osier tait vendu 4 pieds de longueur (1,30 m) (ML)
 chartis ou chartil : le corps d’une charrette, la partie haute et amovible, sans l’essieu, les roues et les ridelles
 fonsure : ?
 limonneau : synonyme ou diminutif (?) de timon ou limon, pice de bois longue, fixe au milieu de la vole d’une voiture, et par l’intermdiaire de laquelle les boeufs ou les chevaux retiennent et soutiennent le poids de la partie antrieure (ML)
 guille : flche des charrettes
 carissants en vivarette : probablement pour quarissant en vive arte, c’est dire taills angles droits
 chalatte ou chalasse (Saintonge) : planche mince pour les toitures, ou chanlatte (ML)
 trique ou trille (Saintonge) : gros bton, gros morceau de bois, parement de fagot
- Le parc cochons (p. 186) Glossaire et commentaires
Sortis de la ditte grange, passs audevant le parc cochons, ayant fait ouverture de la porte d’icelui, en est sortie
 une coche grasse toute poil blanc estime par ledit sieur Crugy la somme de 50 livres.
- coche : truie
- Un pigeonnier Glossaire et commentaires
Au-dessus duquel parc cochons est construit un petit pigeonnier pour pigeons francs actuellement inhabit, mais dans lequel sont nanmoins huit nids clisss et deux mangeoires formes de chalattes, estimes avec l’auge, ou mangeoire en pierre du cochon, place dans le dit parc de deux pieds de longueur, 40 sols. Attention, ce pigeonnier n’est pas la fuye, attribut seigneurial traditionnel. Celle-ci sera dcrite dans la seconde partie de l’inventaire, avec le chteau.
- La cour - 2 (p. 187) Glossaire et commentaires
Venant dudit lieu et nous rendant la petite curie sur main gauche en entrant par le portail a t mis en vidence
 un petit bois de charpente plac le long du mur de la cour entre la porte dudit toit cochon et celle d’entre prs le dit portail, de 21 pieds de long sur six pouces de large, avec un petit tas de tracons, bois de chesne, destins pour faire charbon, plac ct gauche du dit portail, estim la somme de 15 livres.
- traons : ici semble signifier des chtes de bois
- La petite curie (p. 187) Glossaire et commentaires
Entrs dans la petite curie par une porte sans serrure ni verroux, ne s’accrochant que par un morceau de corde un piquet en les dehors, il s’y est trouv
 un rtelier contenant 58 rollons, l’un desquels est abm, tenant d’un bout l’autre de ladite curie, estim avec une petite couchette de bois de chesne sans quenouille et une mauvaise couverte retaille 12 livres.
 plus une bride pour cheval, un bt d’arnai, sa ventrire, son culleron, un collier d’attelage avec sa couverture d’une peau de mouton et une scelle pour cheval orne de sa housse d’un drap noir, le tout vieux mais cependant serviable en faisant mettre une courpire la scelle, qui y manque, le tout estim 50 livres.
 plus dans le coin du fonds de ladite curie un tas de planches de bois de peuplier de longueur ordinaire de 6 pieds en contenant 20 brasses estims raison de quatre livres la brasse, ce qui revient le tout 80 livres.
 plus trois madriers de bois d’ormeaux six pieds de longueur, six pouces de large, estims compris une assiette de terre vernie, et un ballais de sanguin pour nettoyer l’curie, trois livres.
- quenouille de lit : les colonnes, les piliers qui se trouvent aux 4 coins du lit et qui supportent le ciel de lit et les rideaux
 couverte : couverture
 arnai : harnais
 ventrire ou sous-ventrire : longe de cuir, grande sangle qu’on passe sous le ventre d’un cheval attel (ML)
 culeron : partie de la croupire qui passe sous la queue du cheval (ML)
 brasse : mesure qu’on prend avec les deux bras tendus, d’un bout l’autre, et qui correspond peu prs 5 pieds, soit environ 1,62 m (ML)
 sanguin : il s’agit vraisemblablement de branches de cornouiller sanguin
- La cour - 3 (p. 191) Glossaire et commentaires
Sortis de la ditte curie passant dans la cour pour nous rendre au chaix, on nous a prsent
 un petit soliveau de croute bois d’ormeau, 17 pieds de long et tout auprs deux petites piles de merain bois de chesne pour tierons mal lev n’ayant pas l’paisseur convenable, en contenant deux quarts, une autre pile aussi merain bois de chesne pour barriques en contenant un quart, et une petite pile fonds de tierons contenant 145 pices galement comme les dittes douelles, mal lev, et par cette raison, le tout n’a t estim avec les cinq mauvaises rognures de bois qui leur servent de tin, la somme de 240 livres.
- merrain : bois fendu, en planches, ici de chne, propre diffrents usages, en particulier pour faire des douves (douelles) et fonds de tonneaux (ML)
 tieron et velte : tieron, ft d’environ 440 litres. Il est indiqu plus loin que le tieron fait de 60 62 veltes. La velte faisait environ 7,5 l
 tin (Saintonge) : morceaux de bois qui servent surlever les fts dans la cave ou le chai, pour qu’ils ne reposent pas par terre (ML)
- Le premier chai (p. 193) Glossaire et commentaires
- Audevant l’entre de la porte dudit chaix dans la ditte cour un tas de rape mles avec des balles propres fumier en contenant environ six charretes, estimes raison de 20 sols la charrete, ce qui forme en total six livres.

Entrs dans le dit chaix a t reprsent
 34 tierons de 60 62 veltes environ demi neufs et 49 barriques de grandeur ordinaire de pays, dont la moiti assez bonnes et le surplus mauvaises, le tout bien garni de leurs cercles, estim par ledit sieur priseur, les dits tierons raison de 12 livres pice et les barriques raison de quatre livres aussi pice formant pour le tout un total de 604 livres.
 plus deux grands thonneaux foncs dessous seulement coulant chacun 16 barriques, une grande cuve coulant huit barriques, trois cuves plus petites coulant chacune quatre barriques et trois autre cuves d’enchres ou de charrois, le tout de bois de chesne garnis de leurs cercles, passablement bons saufs les dittes cuves de charrois qui sont fort mauvaise, apprci le tout ensemble la somme de 160 livres.
 plus trois petites cuvottes vulgairement appel au pas bailles demi neufs, trois mauvais faux bassiots, quatre basses pour l’usage de la chaudire, assez bons, huit mauvaises basses de jocteur, un treuil ou pressoir de bois avec ses apparaux, le tout fort mauvais, apprci la somme de 120 livres.
 plus 22 tierons de vin rouge de la rcolte dernire, neuf tierons remplis comme les prcdents de la rcolte de 1785, huit autres tierons de vin blanc, 13 barriques aussi de vin blanc, six barriques remplies de vin rouge, ces trois articles de la rcolte aussi de l’anne dernire, et 16 barriques de boisson formant en tout environ 97 barriques de vin et les 18 de boisson, estim le tout ensemble compris les fts, la somme de 2400 livres.
- rpe ou rafle : la tige grene du raisin, utilise en vinification
 barrique : il est indiqu qu’elles sont de la grandeur ordinaire du pays, ce qui n’est pas franchement prcis, la barrique pouvant aller, selon les lieux, de 200 500 l
 enchre : cuve d’enchre, celle qui sert recevoir le vin qui s’coule du pressoir
 baille ou cuvotte : cuve de bois qui sert fermenter le raisin, souvent de la forme d’un tonneau coup en deux (ML)
 bassiot : petit baquet employ pour la distillation de l’eau-de-vie (ML)
 basse (Saintonge) : rcipient de vendange, en bois cercl, ayant un mplat latral, qui se place par paire sur le flanc des btes de somme. La basse contenait de 45 50 l (ML)
 jocteur (Saintonge) : celui qui porte les basses en vendange (ML)
 boisson : piquette, gnralement destine aux domestiques
- Le deuxime chai (p. 198) Glossaire et commentaires
Parvenus au bout dudit chaix, entrs dans celui o est la fouloire en pierre,
 observ laditte fouloire n’avoir qu’une dcharge, tre de 18 pieds de large en tous sens, qu’elle est bonne, bien mastique, dans laquelle sont 12 meules frettes de 10 pieds, 14 autres meules frettes de quartage et 30 mauvaises douelles cuves de quatre pieds de long, bois de chesne, nonobstant qu’elles soient neuves par la dfectuosit du bois dont elles ont t tires, estim le tout 160 livres.
 plus dans le mme chaix six madriers bois de chesne d’paisseur ordinaire de 12 pieds de long et deux morceaux de bois servant de tin de six pouces d’carrissage de vieux bois de dmolission estim 18 livres.
- fouloire : sorte de cuve, ici en pierre, o l’on foule le raisin avant de le porter au pressoir
 dcharge : ouverture permettant la vidange de la fouloire
 meules frettes : on rencontre le plus souvent "moles de frette". La frette est une branche de chtaignier fendue, gnralement en deux, pour tre utilise comme cercle de barrique, seille... Elle est vendue courbe en cercle. C’est pourquoi on parle de "meule", localement "mole". Ici, la frette fait 10 pieds de long, soit environ 3 m 30. Le diamtre du cercle fait environ 1 mtre. (J. Duguet)
- Le chai aux eaux-de-vie (p. 199) Glossaire et commentaires
- Sortis du dit chaix est passs celui des eaux-de-vie o nous sommes entrs par une porte deux pans place au devant du pressoir,
 y a t mis en vidence 62 tierons contenant eaux-de-vie fabrique en ce lieu depuis les huit dernires annes que Jean Merle thonnelier habitant dans cette paroisse d’Ecoyeux qu’il a fabrique et en a eu soin ds la seconde anne du commencement de ladite fabrication, a dclar qu’attendu le dprissement annuel et le coulage presque invitable dont cette espce de danre est susceptible, pouvoir contenir 120 barriques de 27 veltes et peser le poids ordinaire de quatre degrs l’prouvette de comparaison l’une et l’autre, estim par ledit sieur Crugy raison de 95 livres la barrique ce qui revient pour le tout compris les fts 11.400 livres.
 plus dans le mme chaix deux barriques et deux petits carteaux vinaigre, pouvant y en avoir actuellement une barrique dans les quatre pices, cinq planches bois de chesne longueur de huit pieds et cinq chalattes bois de sapin de sept pieds de long, estim le tout ensemble la somme de 40 livres.
 plus trois antonnoirs garnis de cercles de moyenne grandeur avec leurs douelles de cuivre jaune, trois canettes garnies de leurs ferrures et leurs poignes de fer, une petite gede bois de vergne, un madre mme bois et mme grandeur, deux poilonnes de cuivre jaune aussi de moyenne grandeur, un seilleau sans ferrure n’tant soutenu que par deux petits cercles de bois, deux petits paniers de clisse dans l’un desquels sont environ 200 bouchons de lige pour bouteille ayant dj servi une premire fois, estim avec tous les bois bons et mauvais provenus de dmolition et autres servant pour tins tant au tierons, barriques, thonneaux, cuves et autres futailles suscrittes la somme de 100 livres.
 Sortis dudit chaix a eau-de-vie, repassant par celui des thonneaux, premier o nous avons entr, pour sortir sur la cour, a t observ deux chelles de bois d’ormeaux l’une de 12 rollons et l’autre de 9, estims les deux 40 sols.
 Parvenus sur la ditte cour y avons remarqu prs la porte dudit chaix une chalatte de bois blanc, un peu plus loin une civire de bois blanc, son essieux en fer environ demi uz, un trs mauvais boyard presque hors de service et auprs du pui environ vers le milieu de laditte cour un grand timbre de pierre de taille de six pied et demi de longueur sur deux pieds et demi de large, de l’autre ct dudit pui un autre petit timbre de mme pierre de cinq pieds de long et 18 pouces de large, enfin prs de la petite mare lev sur une pierre de taille une petite auge ou bassie d’environ 15 pouces de large sur un pied et demi de long, le tout estim la somme de 36 livres.
- barrique et velte : la velte faisant environ 7,5 l, ce qui donnerait, pour une barrique de 27 veltes, environ 200 l
 carteau : quartaut ou quartaud ; mesure de capacit pour le vin reprsentant 1/4 de barrique, de 50 125 l selon la capacit locale de la barrique. Ici, le quartaud serait de 50 l environ
 madre (Saintonge) : plat de bois
 civire (Saintonge) : brouette
 timbre : grande auge de pierre, de forme quadrangulaire, servant gnralement faire boire le btail
 bassie : auge dans laquelle on donne manger aux porcs, ici vraisemblablement avec une fonction dcorative ou de jardinage
 4 degrs l’prouvette :
- L’curie aux mulets (p. 207) Glossaire et commentaires
Ensuite entrs dans l’curie aux mulets,
 il en a t prsent et mis en vidence deux poil noir, l’un g de trois ans ou environ, mus rouge, petite taille, l’autre g de 18 mois, mus blanc, plus haut que le premier, estim l’un et l’autre la somme de 25 pistolles, soit 250 livres.
 plus une vielle jument poil noir courte queue sans lui avoir t coupe, d’ge inconnu qu’on a dclar tre mre desdits mulets, et que l’on croit tre pleine d’un autre, les domestiques ayant dclar craindre qu’elle ne puisse mettre bas, attendu sa viellesse et son peu de force, estim nanmoins, nonobstant ces raisons et sa maigreur 15 livres.
 plus un rtelier presque dans toute la longueur de la ditte curie contenant 61 rollons, un chevallet pour mettre les scelles et autres arnois des chevaux, form de deux planches sur deux petits trteaux, deux fourches de fer, l’une deux branches, et l’autre trois avec leur manche de bois, une pelle aussi de fer, mme manche et deux morceaux de vieux arnais de voiture, le tout estim 10 livres.
- mus : museau
 pistole : monnaie de compte qui se disait de 10 livres tournois. Il n’y a pas de pistoles mtalliques en France. Le terme s’est mme employ au 19me sicle pour la valeur de 10 francs
- L’table vaches (p. 209) Glossaire et commentaires
Entrs par une porte au fond de la ditte curie droite dans une autre o logent les vaches laitires,
 il s’y est rencontr deux, desquelles on n’a pas pu dcouvrir l’ge, n’en paroissant plus les marques, l’une et l’autre poil mellet, l’une plus haute, plus avantageuse et plus grosse que l’autre, estim la plus belle 150 livres et l’autre de 50 livres ce qui forme pour les deux, 200 livres.
 plus un rtelier rollons en contenant 23 au dessus de la crche ou s’attachent les dittes vaches estim la somme de trois livres.

- Sortant de la ditte curie repassant par celle aux mulets, observ que depuis que nous en tions sortis on y a plac une bte azine d’ge inconnu, de moyenne taille, poil noir, le mus blanc fum, estim 24 livres.
- poil mellet : ? peut-tre de couleurs mlanges
 bte asine : terme employ par les notaires pour dsigner un ne, ce dernier mot tant au XVIIIme sicle considr comme trivial.
- L’curie aux chevaux (p. 211) Glossaire et commentaires
Aprs quoi ayant t introduit dans l’curie aux chevaux a ct gauche du portail venant du jardin,
 il y a t mis en vidence par ma ditte dame une jument poil noir, marque au front et entre les narines d’une marque blanche, qu’on a dit tre ge de huit ans, de quatre pieds quatre pouces en trs bon tat, un peu encelle, estime 200 livres.
 au-dessus de la crche o s’attachent les chevaux un rtelier barreaux en contenant 53 et tenant d’un bout l’autre de la ditte curie, estim avec deux bois et les cordes qui les supportent pour contenir les chevaux dans leur place, la somme de huit livres.
 plus un bois de couchette de diffrentes espces de bois sur lequel est une mauvaise paillasse de grosse toile, un lit et son traversin de plume grosse coette de pays, petite raye autrefois rouge et blanche et une couverte de laine blanche, le tout vieux et mauvais estim 30 livres.
 plus au pied de laquelle couchette est un vieux et trs mauvais coffre de bois blanc sans aucune ferrure ni serrure, pos sur deux petits trteaux, un porte-manteau agraff au mur contenant 10 supports pour suspendre les arnais, deux petites fourches de fer, l’une trois branches, l’autre n’en ayant que deux, ayant perdu son troisime qui est cass et adhir, ayant leur manche de bois avec un vieux et mauvais ballais de genet, une pelle et un rable de bois avec un autre ballais de mme espce que le premier, estim cinq livres.
 plus deux bridons, leur ttire sans longe, une bride, sa ttire et sa longe, un collier d’attelage avec ses fournitures de chane de fer, une vieille bricolle de cuir, un bridon avec sa ttire de cuir blanc, une mauvaise ttire de licol mme cuir, une vollette d’ozier, deux trilles, une brosse et un mauvais peigne, le tout estim la somme de 18 livres.
 plus deux trs mauvais coffres de bois blanc presque inserviables, une mesure pour donner de l’avoine aux chevaux, deux morceaux de bois pour sparer les chevaux, un seilleau grande gueule pour donner boire aux chevaux, estim le tout avec une botte et un tour pour le charriot la somme de trois livres.
 Dans lesquels trois susdits coffres, ouverture pralablement faite, il ne s’est rien trouv que les hardes servant aux domestiques.
La prsence de lit et de vtements dans l’curie aux chevaux indique que le personnel qui en est charg loge avec les btes, ce qui est courant cette poque
 bricole : partie du harnais du cheval qui s’applique son poitrail et qui remplace le collier
 volette : claie en osier
 trille : brosse de fer, pour les animaux
- Le grenier au-dessus de l’curie (p. 217) Glossaire et commentaires
Ensuite monts dans le grenier au-dessus de la ditte curie par une chelle rollons pose la dcharge en dehors, il s’y est trouv
 20 bottes de vieux et mauvais foin de la rcolte de 1785, 500 morceaux de chalatte bois d’aubier destin pour barres de tierons et barriques longueur suffisante pour cet objet, une douzaine de mauvaises et vielles doulles provenantes de dmolition de tierons et barriques, le tout estim 12 livres.
- Un autre grenier au-dessus de la chambre des domestiques (p. 218) Glossaire et commentaires
Dudit grenier entr dans celui au-dessus la chambre des domestiques, par la porte qui y communique, il s’y est aussi trouv
 deux bats pour cheval fort mauvais, sans courpires ni sangles, un carcan avec sa chane destin pour tre pos au poteau de la seigneurie, trois masses de fer, deux formes rondes et la troisime tte et taillant, leur manche en bois, un grand pige ou traquenard pour attraper les loups ou autres btes froces, environ un sac de quartiers de pommes de diffrentes espces, le tout estim 18 livres.
- courpire : sans doute pour croupire, partie du harnais qui, passant par-dessous la queue du cheval, vient se rattacher la selle ou la sellette par-dessus le croupe (ML)
 carcan : cadre de bois form de feux pices fermant par une charnire en mtal et un cadenas, dans lequel on enfermait le cou et les poignets des condamns, pour les attacher avec une chane au poteau de la seigneurie, avec un criteau indiquant le motif de leur condamnation
L’encyclopdie donne la dfinition suivante :"un poteau plant en terre, avec un collier de fer attach hauteur d’homme, quoi on attache par le cou des malfaiteurs qu’on ne juges pas dignes de mort, pour les punir d’un dlit qui marque la bassesse d’ame, par la confusion. La plpart de ceux qu’on attache au carcan, ont t auparavant fustigs par le bourreau, & marqus d’un fer chaud, & sont souvent ensuite ou bannis ou envoys aux galeres".
 traquenard : pige loups. La prsence de cet pige indique qu’il pouvait y avoir des loups dans cette rgion au 18me sicle. La prsence de cet animal est encore signale dans cette rgion jusque vers 1875.
- La chambre des domestiques Glossaire et commentaires
Descendus desdits greniers et passs la chambre des domestiques, il y a aussi t mis en vidence
 deux mauvais bois de couchette sur chacune desquelles est une paillasse de grosse toile, un lit et un traversin de plume couverte d’un gros vieux coitis de pays grande raye, et de chacun une couverte de laine blanche, estims les deux la somme de 72 livres.
 plus un bois de lit colonne de bois de noyer fonc dessus et dessous sans rideaud sur lequel bois sont aussi une paillasse, un lit, traversin et couverte semblable ceux des dittes couchettes, estime 40 livres.
 plus un coffre vieux et de mauvais bois ferr et fermant clef fait en marchepied, support par deux mauvais morceaux de planches qui y ont t cloues et qui y servent de pieds, estim 40 livres.
 plus une planche de sapin de 10 pieds de longueur supporte par deux tringles de bois attaches au solliveaux du planch servant mettre les souliers et autres ustencilles desdits domestiques, et un portemanteau huit supports, agrapp au mur au-dessus de la premire des dittes couchettes, estim trois livres.
 plus deux fusils, l’un deux coups, sa mire en argent, de mme que celui a un coup, et ce dernier ayant sa culasse de mme que le premier en fer orn d’une fleur en argent sur la position de la main droite, celui deux coups ayant son canon droit perc et min par la rouille, estims 40 livres.
 plus la bandollire du garde d’un drap rouge, galon jaune, fort use, son porte-mousquet en fer et ses plaques reprsentant les armoiries du fut seigneur d’Ecoyeux en cuivre jaune, estim 12 sols.

Sortis de la ditte chambre, passant par la cour pour nous rendre la brlerie, observ sur une espce de petit btiment qui formoit le commencement d’une tour pour faire parallle celle existante, prs la cuisine,
 un petit tas de tuille creuse en contenant 500 estim huit livres.
 plus une petite cloche place et suspendue une barre de fer qui traverse la seconde croise du mur construit dans cette partie, laquelle cloche on peut juger peser environ 40 livres, estime avec ses dpendances 50 livres.
- La brlerie (p. 226) Glossaire et commentaires
Et parvenus ladite brlerie, il a t mis en vidence
 une vieille chaudire faire eau-de-vie monte et qu’on a dit contenir environ 30 veltes, use et rapice, son chapeau et son serpentin cinq tours l’un et l’autre, assez bon, le dit serpentin pos dans une pice faitte exprs lie avec six cercles de fer, le tout estim avec la ouillette en cuivre rouge, la petite pieu.. de verre blanc et la petite vel.. en bois, la portire et la tirette de fer la somme de 250 livres.
 plus six madriers de bois d’ormeaux de deux pouces d’paisseur, huit pouces de large et six pieds de longueur, deux chalattes mme bois d’ormeaux et de mme longueur, environ 2 cents et demi de briques de terre cuitte, un demi cent de fagots fourages et 20 morceaux de bois brler destins pour la chaudire, estim le tout 20 livres.
 plus dans le mme lieu se sont trouvs tous les outils pour tonnellerie servant actuellement Jean Merle consistant en un soufflet de fertatage, une botte et contrebotte avec le jaud, trois autres jauds, un moyen et deux petits, tous les trois de cuivre, une losse, un tire-fretoc, quattre ouillettes laron de cuivre rouge, une dolloire, un taillefond, deux aces, une de rognage et l’autre de rabotage, un chien, un daviet, un bieuf de fer, une vrille, un couteau deux manches, une ouillette, un tire-en-arre, un cizeau points, un tirefond, une tenaille, un gros guimbelet, une petite losse, un petit guimbelet, une pompe, un rabot anglais, une rouanne, une grande doille pour ouiller le vin, un feuillet, une colombe et son fer, une prouvette de comparaison et une autre colombe plus grande que l’autre avec son fer, estim le tout 80 livres.
 plus deux chvres scier bois, cinq coins de fer pour le fendre, de diffrente grosseur et pesanteur, avec deux mails de bois avec leurs manches, et cinq mauvaises roues de voiture inserviables, defferres et propres pour le feu, estim le tout 12 livres.
dfinitions dans l’encadr ci-dessous


Les outils du tonnelier du chteau d’Ecoyeux :

 ouillette : entonnoir

 soufflet de fertatage : ?

 botte et contrebotte : ?

 jaud (Saintonge) : robinet de barrique (ML)

 losse : outil de fer du tonnelier, acr et tranchant, fait comme un demi-cne, coup du haut en bas dans l’axe, et concave au dedans, emmanch comme une vrille. L’outil ressemble assez une cuiller allonge et pointue. Il sert percer les bondes des barriques (ML)

 tire-fretoc : ?

 laron : un tuyau qui est utilis pour tirer le vin d’une barrique non quipe d’un robinet. On introduit le laron par la bonde et on aspire pour amorcer l’coulement. (dfinition propose dans le forum par Jacques Marchegay)

 doloire : hache de tonnelier dont le manche, trs gros, est dport pour faciliter le travail de l’ouvrier. On s’en sert pour aplanir le bois et tailler les cerceaux (ML)

 taillefond (Saintonge) : petite doloire de tonnelier (ML)

 asse : herminette, outil de tonnelier en forme de coquille perpendiculaire au manche pour dresser le bois et tailler les chanfreins (ML)

 chien : levier muni d’une tige de fer mobile, angle droit, termine par un crochet, dont le tonnelier se sert pour faire entrer les derniers cercles l’extrmit des tonneaux, ce qui s’appelle chienneter les cercles (ML)

 davier : barre de fer qui, attache par des crampons la pice que l’on veut forger, permet de la transporter sur l’enclume (ML)

 bieuf de fer : bœuf de fer : tte de bœuf en fonte de fer servant gnralement dcorer un billot. Sa place parmi les outils du tonnelier laisse un doute sur cette dfinition.

 tire-en-arre : peut-tre pour tire barre, outil servant placer la barre qui soutient le fond des ftailles.

 ciseau points : ?

 tire-fond : vis emmanche un anneau de fer dont se sert le tonnelier pour ajuster la dernire pice au fond d’un tonneau (ML)

 guimbelet : sorte de tarire l’usage des tonneliers, vrille pour percer une barrique. En Saintonge, les tonneliers taient appels guimbeletiers (ML)

 pompe : ? Il s’agit ici d’un outil de tonnelier.

 rabot anglais : pour rabot, pas besoin de dfinition, mais avec le qualificatif anglais ?

 rouanne : sorte de compas, dont un membre coupe, pour faire des ronds et former des lettres sur un tonneau, pour l’identifier (ML)

 douille pour ouiller le vin : douille ?. Ouiller signifie remplir un tonneau jusqu’ la bonde ou œil, pour que le vin ne soit pas en contact avec l’air (ML)

 feuillet : espce de scie tournante du tonnelier (ML)

 colombe : billot de bois carr sur lequel les tonneliers joignent et rabotent les fonds (ML)

 chvre : appareil de levage, gnralement form de poutres runies en pyramide et qui porte son sommet une poulie. La chvre permet de soulever de lourdes charges. Une chvre de charpentier, de maon. Une chvre d’chafaudage. Support permettant d’appuyer solidement une pice de bois pour la faonner ou la scier. (Dict. de l’Acadmie) Synonyme : chevalet.

 mail : gros maillet avec lequel on enfonce les coins pour fendre du bois. Masse (ML)

Au sujet du travail et des outils du tonnelier, on consultera utilement le chapitre "L’art du tonnelier dans le Dictionnaire "Descriptions des Arts et Mtiers" de 1777 sur le site du Conservatoire National des Arts et Mtiers

Et attendu qu’il est sept heures et demi du soir, nous dclarons nous retirer notre logement pour y passer la nuit et reprendre le jour de demain sept heures du matin pour la continuation du prsent inventaire, du consentement de ma ditte dame, laquelle heure tant elle que le dit sieur Crugy demeurent intims de comparoir.
Fait audit lieu de la brlerie, en prsence de Me Jacques Jean huissier et greffier de la prsente chastelanie d’Ecoyeux et de Julien Couchot marchand demeurant l’un et l’autre au bourg de la ditte paroisse d’Ecoyeux, tmoins connus requis et soussigns avec ma ditte dame, le dit Me Crugy et les dit sr Martin et Merle pour l’authenticit des dclarations par eux faites sur quelques articles du prsent inventaire, ainsi sign la minutte Mathieu J Martin, Jean Merle, de Crugy Jean, Julien Couchot et Chety Notaire Royal Saintes.
- La prison (p. 232) Glossaire et commentaires
Advenant le mardi 16 janvier 1787 sur les huit heures du matin nous dit notaire royal de la rsidence de Saintes soussign et tmoins bas nomms nous sommes rendus au susdit chteau d’Ecoyeux o y est comparu en personne la ditte dame Marie-Louise de Saint Mathieu des qualits et demeures sus-tablies, laquelle sous ses mmes rserves et protestations que prcdament faittes a requis la continuation de l’inventaire du mobilier de la succession de fut seigneur son mari ce que lui avons accord,
cet effet nous nous sommes ensemble et avec le dit Me Crugy huissier jur priseur rendus de la brlerie ou notre scance du jour d’hier prit fin dans un petit lieu ou rduit, duquel la porte d’entre ouvre sur un petit colidor par lequel on parvient la ditte brlerie, dnomm la prison, ouverture faite de la ditte porte, la ditte dame y a reprsent et mis en vidence
 tous les outils confis aux soins du jardinier dudit chteau, servant la culture et entretien du jardin de ce lieu lesquels consistent en deux scies nommes autrement en quelque lieu passe-partout ou godelan de longueur et largeur ordinaire, six grands arrosoirs dont deux de cuivre rouge bons et presque neufs, les quatre autres de fer blanc trs mauvais, percs et mins par la rouille, trois pelles ferrer, deux desquelles bonnes et la troisime demi use, trois barres de fer en pince, l’une grande et les deux autres moyennes, deux esses rondes, un pic, l’un et l’autre de ces objets en bon tat de service, un feuillet poingt, un couteau deux manches, un achereau de moyenne grandeur, un gros marteau, une serpe autrement nomme volant, un crochet quatre crampons pour pcher les seilleaux et canettes dans le pui, deux cordeaux, l’un presque neuf, l’autre mauvais est pourri, tous les deux de longueur suffisante pour les quarrs du jardin, trois bedochons l’un desquels corne, quatre esses plattes de diffrente grosseur, une paire de vielle force uze, cinq verrines presque toutes fendues, trois poches de toile propres mettre graines, deux rateaux de fer, l’un plus grand que l’autre, un crible autrement grelle, une petite scie scier bois avec son fer, un coucou autrement cizeau cheniller, deux ratissoires pour la propret des alles dudit jardin, deux autres petites scies autrement nommes egoynes avec leurs poignes de bois propre scier les petits arbrisseaux hauteur, un croissant pour faire la tte aux arbres en plein vent et une barre de fer pour chelle double, tout lesquels objet le dit Sr Crugy a pris la somme de 50 livres.
Les usages se perdent : la prison du chteau sert maintenant d’abri de jardin !

Les outils du jardinier

 passe-partout ou godelon : scie pour couper le bois deux (ML). Les spcialistes distinguent le passe-partout du godelon, en indiquant que le godelon a une lame tendue par un morceau de bois assez fort, en forma d’arc, que n’a pas le passe-partout

 pelle ferrer : ?

 esse (Saintonge) : large pioche pour dfoncer les parcelles destines la plantation des vignes (ML)

 feuillet poing : espce de scie tournante du tonnelier (ML)

 couteau deux manches : ?

 hachereau : petite cogne de bcheron qu’on peut manier d’une main (ML)

 volant : instrument lame courbe avec un long manche qui tient de la serpe et de la faucille (ML)

 bdochon (Saintonge) : large bche deux dents (ML)

 paire de forces : sorte de grands ciseaux ressort d’une seule pice faite de deux fers tranchants runis par un demi-cercle. On s’en servait pour tondre les moutons, les draps, pour couper les toffes (ML)

 verrine : espce de cloche de jardinier, forme de morceaux de verre assembls avec des lames de plomb (ML)

 crible ou grelle : tamis de peau tendue ou de fer pour nettoyer le grain (ML)

 coucou ou ciseau cheniller : merci au notaire de nous donner la signification !

 ratissoire : soit rteau, soit instrument compos d’une lame de fer tranchante fixe un peu de biais, tenue et tire paralllement la surface du terrain, et manoeuvrant une petite profondeur (3 cm environ), pour couper les plantes au-dessous du collet (ML)

 croissant : ou goyard ou volant, instrument en fer en forme d’arc, emmanch l’extrmit d’un longbton, qui sert tondre les charmilles, les haies, et ployer et entrelacer les branches pineuses dans les haies pour mieux assurer leur clture (ML)

- Le grenier au-dessus du chai (p. 238) Glossaire et commentaires
Sortis dudit lieu nomm la prison, et passs tous ensemble au grenier au-dessus du chaix cuvier et monts en icelui par un escalier en pierre saillant dans la cour, la ditte dame a prsent
 un petit tas de mture, bled, orge et baillarge fort grosse pouvant en contenir sur la dclaration du Sr Martin receveur de cette seigneurie le nombre de 15 poches qui composent 45 boisseaux mesure de Saintes, laquelle a t estime raison de 10 livres la poche, ce qui revient pour le tout la somme de 150 livres.
 plus sur le milieu de la place du dit grenier un petit tas de bled d’Espagne ml jaune et blanc dans lequel suivant la dclaration du mme et le mesurage qui en a t prcdemment fait, il contient huit poches mme mesure estim huit livres la poche, revenant pour le tout 64 livres.
 plus un petit tas de froment plac dans le coin du mme grenier sur la droite en entrant que le dit Sr Martin a dclar tre le reste de celui provenant de la rcolte dernire de mme que les deux articles prcdents, et que le dit petit tas de froment en contient deux poches qui ont t estimes 15 livres 10 sols chaque et les deux ensemble 31 livres.
 A t aussi prsent un boisseau environ de diffrents grains provenant de grelure sale, rempli de terre, paille et balle destin pour la volaille, qui par cette raison n’a t employ ici que pour mmoire.
 Dans le mme grenier dans son bout gauche, trois petits pilots de diffrentes lgumes et grain, savoir grosses fves, pois, gesses, vesse et pezillon pouvant le tout former un boisseau, estim 40 sols.
 plus un moulin vanner, sa cage de bois de vergne, actuellement hors de service, son roet et quelqu’autres parties qui formeroient son tout en tant dtaches et hors de leur lieu, estim nanmoins, n’tant susceptible que de raccommodage, une somme de 15 livres.
 plus deux boisseaux quatre pieds, le tout en bois, l’un de la mesure de Saintes et l’autre de la mesure du prsent lieu d’Ecoyeux, ce dernier ayant une barre de fer qui le traverse sur son orifice, soutenu par un pivot aussi de fer dans son milieu, deux pelles de bois de noyer pour vanner, tant toutes les deux fendues, ne se soutenant que par des liens en taule et fer dans le bout du palot et toutes les deux marques dans le dedans c h D E, deux razes de bois blanc, trois petits bouts de planche d’un pied et demi de longueur, un petit bout de chevron de trois pieds pourri, quatre ballais, deux de mil, un de brande et l’autre de chicore sauvage, de morceaux de fer l’un de 15 pouces et l’autre de 18 de longueur ayant chacun leur anneau qui font prsumer qu’ils servent pour peser du poid de 100 livres, les deux fort vieux et fort rouills, un greleau et un petit faix de mil ballais, le tout valu 20 livres.
- mture : ou mteil, mlange de froment et de baillarge (ML)
 bled : bl
 baillarge : orge de printemps (ML)
 poche et boisseau : il y a 3 boisseaux mesure de Saintes dans une poche.

Exercice, pour voir si vous avez tout compris : convertir une poche en boisseaux la mesure de Saintes (facile), puis convertir ce boisseau en jointes (voir dfinition plus haut), puis dire combien il y a de jointes dans un boisseau la mesure d’Ecoyeux (attention, question-pige !).
Pour fignoler le boisseau, vous pouvez vous servir de la raze, aprs avoir utilis, pour tasser la farine, la mthode prconise par la coutume de Saintonge, les deux mains mises en croix.

- grelure (Saintonge) : rsidu de ce qui a t grel, le dchet qui reste aprs le passage au tamis appel grelle (ML).
 gesse : il s’agit vraisemblablement ici de la gesse cultive (lathyrus sativus), lgumineuse longues tiges simples et folioles se terminant en vrilles. On la semait au printemps avec de l’avoine ou de l’orge pour la ramer, et elle donnait un bon fourrage, vert et sec, qui tait un bon aliment pour les moutons. Sa graine, farineuse, aplatie et peu prs carre, tait aussi consomme verte, comme les petits pois ou les fves, ou sche, en pure (ML)
 vesce : plante lgumineuse fourragre. Mmes usages que la gesse.
 pezillon : (incertain) varit de pois
 palot : la partie large de la pelle, en mtal ou en bois
 raze : rase ou radoire, baguette ou rgle pour raser (rader) le grain sur le boisseau. Cette rgle a une face carre et l’autre ronde. Les grains et les farines se rasent (radent) avec la face ronde (ML)
 brande : sorte de bruyre balais qui crot dans les terres incultes (ML)
 greleau : c’est l’orthographe qu’utilise ailleurs le notaire pour dsigner un grelot mettre sur les attelages.

Suite du texte de l’inventaire

Messages

  • Bravo pour la publication de cet inventaire d’une rare prcision, qui dcrit quantit d’objets usuels et devrait faire le bonheur des amateurs de lexique local.

  •  gde : jatte, rcipient en bois, souvent de vergne (aulne)
    - plumail : aile de volaille utilise comme plumeau
    - boutillon : panier tress deux anses souples et couvercle
    - meloir : corbeille peu profonde pour faire meler les fruits (raisins, tranches de pommes, prunes...), c’est--dire les faire scher pour les conserver On le plaait souvent sur un toit, au soleil.
    - riotte : lien de fagot constitu d’une branche souple tordue
    - boyard ; civire

  •  grelle est l’quivalent du franais crible. La prononciation du mot est diffrente de celle de grle. Il existe des grelles pour tamiser le sable pour faire le mortier.

    - mus : museau.

    - meules frettes. On rencontre le plus souvent "moles de frette". La frette est une branche de chtaignier fendue, gnralement en deux, pour tre utilise comme cercle de barrique, seille... Elle est vendue courbe en cercle. C’est pourquoi on parle de "meule", localement "mole". Ici, la frette fait 10 pieds de long, soit environ 3 m 30. Le diamtre du cercle fait environ 1 mtre.

  •  le tout de milh : noter la graphie "milh" (pour mil), avec lh marquant un l mouill

    - boucand : lire probablement boucaud "futaille"

    - banace ; probablement variante de banastre, s. f. "panier d’osier"

    - douelles de sillaux, pour seillaux

    - deux faix d’auzier fendu : faix a ici le sens de faisceau, botte (d’osier)

  •  cassette de bois de chne garnie de ses cercles et ramelle : d’aprs cette description, il s’agit d’un rcipent form de douelles cercles, avec anse, analogue au seilleau mais qui doit en diffrer par la forme ou la capacit.

  • beliste : d’aprs un souvenir d’enfance bien flou (mais suscit par la lecture de cet inventaire), ine beulitte (?) tait une demi-sphre de grillage, tenue par un cercle et deux demi-cercles de bois entrecroiss - une sorte de grande calotte - sous laquelle on abritait la poule et ses poussins. Pour les protger des oiseaux de proie ? Il faudrait regarder dans les dictionnaires et glossaires

  • bonjour, je viens de lire une partie de l’inventaire dress par ce notaire que je trouve fabuleux dans la prcision de son tat des lieux... Des leons retenir sur le srieux et le respect qui ressort de ce document et j’ai bien aim la "remarque" concernant l’impossibilit de goter aux vins pour en dfinir l’origine... Les notaires de l’poque taient aussi fin gourmets - peut-tre qu’en ralit ils devaient procder ce rituel, mais que ce jour l... il y avait trop de bouteilles et cela pouvait mettre en pril leur travail (sait-on jamais) mais pas de risque... pas de radar, pas d’alcotest, pas de voiture, pas de pollution..... ah ! ls ne connaissaient pas leur bonheur...
    Redevenons srieuse !!
    J’aurai un renseignement vous demander : j’ai deux gros chents (l’on m’a dit du 17me sicle) d’environ90 cm de haut, poss sur l’avant sur un pied avec des arabesques en fonte (tout est en fonte d’ailleurs) , le montant vertical dispose d’une sorte de crmaillre pour accrocher quelque chose, et ce montant se termine par une sorte de gros cercle de fonte soud sur le montant vertical par trois grosses pattes cylindriques d’environ10 cm de longueur chacune , comme si cela servait poser un plat.. il y a une chaine sur chaque chent avec d’norme maillons ronds qui dispose d’un ct d’un espce de crochet et de l’autre d’environ 30 cm de fonte torsade se terminant aussi par un petit crochet... On me parle de "lampiet" ou "lambiers" - pourriez vous m’clairer ??? Sinon, je vais regretter que ce bon Notaire ne soit plus de ce monde...merci Jany

    • La description que vous faites de ces beaux chenets fait penser qu’il s’agit de landiers
      L’Encyclopdie de Diderot donne de ce mot une dfinition amusante, et je ne rsiste pas au plaisir de l’indiquer ici :
      LANDIER, s. m. (Gramm. & Cuisine) grand chenet de cuisine. On ne sait d’o vient le proverbe, froid comme un landier, si ce n’est que cet pais instrument, quoique toujours dans le feu, n’est presque point chauff.

      Cordialement

    • Bonsoir Pierre...Merci de votre rponse - "froid comme un landier" doit peut tre avoir un rapport avec l’allure impressionnante de ces objets, munis de grosses chanes, en fonte de surcrot qui est trs froide - l’poque je devrais dire glaciale car les hivers taient plus rudes - et le temps de rechauffer tout l’ensemble, les pauvres marmitons devaient mettre pas mal de bois dans la chemine - quand on songe qu’il y avait beaucoup de courants d’air dans les immenses demeures de l’poque..(brrrrr). A bientt de vous lire, je continue de parcourir votre site trs intressant.
      et .. merci encore.Jany

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