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1790 - 1791 - Breuillet (17) : le Serment Fédératif du 14 juillet

"Vive le Roi, la Loi et la Nation"


D 27 juin 2008     H 01:30     A Freddy Bossy     C 0 messages A 2624 LECTURES

«  Serment fédératif  : cela veut dire : pacte d’alliance, serment d’alliance. Tous les Français qui l’ont prêté sont donc alliés et frères. Ceux qui feront du mal aux autres seront donc de mauvais frères ; ils seront aussi des parjures, c’est-à-dire des hommes sans foi et sans parole »

La Feuille Villageoise, 1790, p. 8.

Breuillet, église St-Vivien.
Photo F. Bossy

Les registres paroissiaux de Breuillet ont conservé les actes, dressés par le curé Lompré, de cérémonies qui ont contribué à répandre l’idéologie révolutionnaire dans les villages : le serment fédératif du 14 juillet 1790, son renouvellement en 1791 et, auparavant, la bénédiction de la Garde Nationale, encore appelée Milice Bourgeoise, le 27 septembre 1789.

La plupart des signataires étaient protestants. Et c’est peut-être la première victoire, même si les grandes crises de foi étaient passées, que de réunir tout le monde indistinctement dans l’église.


« Bénédiction des étandarts de la paroisse de Breüillet du 27 7bre 1789, toute la paroisse assemblée.

Le vingt-septiême jour du mois de septembre mil sept cent quatre-vingt-neuf à neuf heures du matin, jour de dimanche, ont été bénis par moy curé soussigné, en présence des soussignés et de tous les habitans de la paroisse de St-Viviens de Breüillet assemblés en corps de Milice nationale, les deux étendarts qui nous ont été présentés par monsieur Alexandre Pelletrau seigneur de Taupignac, commandant la Milice bourgoise [sic] de cette paroisse, dont l’un a pour légende ces mots : “Pour le Roi & la Paterie”, et l’autre : “La Force nait de l’Union” [1].
- Signés :
- Pelletreau, juge de paix
- Delaffond
- Guillory, sindic
- Bonnaud, capitaine
- Augraud, lieutenant de la conpanie de Pelletreau
- S. Richard, scegraitaire de la comitée
- Charrier, elecqueteur de la paroisse
- Teissier, delequteur de la paroie [sic]
- Roufineaud, elequteur de la paroisse
- Bricou, electeur de la paroise
- Bonnarme Latouche, prezidand du comité
- Lompré, curé de Breüillet.
 »


[ Notes  : douze signataires pour tout un village, cela paraît peu. Mais comparativement à certaines paroisses qui ne deviendront jamais communes parce qu’il ne s’y est pas trouvé une seule personne sachant lire et écrire (L’Ilatte, par exemple, près de Saujon), cela rétablit la réalité de l’époque.

Les gens n’étaient pas familiarisés avec la terminologie révolutionnaire : « paterie » pour patrie, « la comitée » au féminin, « scegraitaire » avec des fioritures mais qui est témoin du mot dialectal (on dit « segret », « segrétain » : sacristain, etc.), ou encore « électeur », mot tout nouveau qu’on ne savait comment écrire.


« Serment fédératif du 14 juillet 1790.

Le quatorse du mois de juillet mil sept cent quatre-vingt-dix, jour mémorable pour les Français, à l’heure de midy, Monsieur Guillory, maire de la présente paroisse de St-Viviens de Breüillet, accompagné de MM. les Officiers municipaux, a convoqué tous les habitants de la comune conjointement avec toute la Garde nationale de la présente paroisse, qui se sont tous rendus dans l’église paroissiale pour y faire le serment fédératif d’être fidelles à la Loy, au Roi et à la Nation, et de soutenir la Constitution française de tout leur pouvoir et au péril même de leur vie ; ce qu’ayant été exécuté à mutuelle satisfaction, nous avons chanté solemnellement le “Te Deum” auquel ont succédés des cris répétés de “Vive le Roi, la Loy et la Nation”, et avons signés, après nous être embrassés comme frères et bons amis.
- Lafond, major de la Garde nationale [2]
- Guillory maire
- Pelletreau, comandant de la Garde national
- Gireaud, p. de la commune
- Raby, of. municipeau [3]
- Etienne Ramigeaud, échevin
- Cazimir Roufineaud, notable
- Robert, notable
- André Giraud
- Pierre Tessier, officié municipeaux
- Elïe Bonneaud
- Bonnarme Latouche, lieutenant collonel
- Lunau notable
- Maichain offisier municipas
- Sicard
- Jacque Sicard
- Sauvignou [4]
- Lompré curé de Breüillet. »


Médaille du pacte fédératif, 1790
(Cuivre doré, 50 mm, 12 h, 12,6 g)

PACTE FÉDÉRATIF // à l’exergue 14 JUILLET / 1790. Scène du serment de la Fête de la Fédération, signé DUPRÉ F..
- R/NOUS JURONS / DE MAINTENIR / DE TOUT NOTRE / POUVOIR LA / CONSTITUTION / DU ROYAUME. dans une couronne formée d’une branche de chêne et d’une branche d’olivier.
- Tranche : lisse. G/Augustin Dupré (1748-1833).
- Hennin consacre une longue notice à cette médaille du pacte fédératif : “M. Augustin Dupré grava cette médaille sans qu’elle lui eût été ordonnée. Il la présenta à la commission chargée de l’examen des papiers des fédérés à leur arrivée à Paris, qui agréa cette offre. Cette médaille, qui parut dans les premiers jours de juillet (Journal de Paris du 8 juillet 1790), est d’un grand travail très fin et fit beaucoup d’honneur à cet artiste. Elle eut un grand succès à cette époque, et il en fut vendu trois mille épreuves tant en or qu’en argent et en cuivre doré. Cent mille épreuves allaient être frappées pour être distribuées aux armées, lorsque le coin cassa sous le balancier, ce qui retarda cette opération, qui fut alors oubliée”. »

Source (Cliché et texte)


« Renouvelement du serment fédératif, du 14 juillet 1791.

Le quatorse du mois de juillet mil sept cent quatre-vingt-onse, à dix heures du matin, Mr Guillory maire de la présente paroisse de St-Viviens de Breüillet, accompagné de MM. les Officiers municipaux, après avoir convoqué tous les habitans de laditte paroisse conjointement avec toute la Garde nationale, qui se sont rendus dans l’église paroissiale pour renouveller le Serment fédératif d’être fidelles à la Loi, à la Nation et au Roi, et de soutenir la Constitution française de tout leur pouvoir et au péril même de leur vie ; ce qu’ayant été executé à mutuelle satisfaction, nous avons chanté solemnellement le “Te Deum”, auquel ont succédé des cris répétés de “Vive le Roi, la Loi et la Nation”, et avons signés le présent registre, après nous être embrassés comme frères et bons amis.
- Jean Tiessier, adgudant [sic]
- Daniel Richaud, lieutenant
- Elie Augraud, capitain [sic]
- Bonnaud, capitaine
- Lafond, major
- Jean Tessier, adjudan
- Paul Corbeau, off. municipal
- Meschain, off. municipal
- Ramigeau, off. municipal
- Cotard, procureur de la commune
- Guillory, maire
- Lompré, curé de Breüillet.
 »


[ Source  : Registres paroissiaux de Breuillet, série communale (mairie). Collationné. Orthographe respectée ; seuls les accents et la ponctuation ont été modernisés pour faciliter la lecture.]


On trouvera ici une autre relation de Fête de la Fédération, à Aussac (Charente), cette fois provenant des registres des délibérations de la municipalité.


Voir en ligne : Autrefois Breuillet


[1Ceci, « la Force naît de l’Union », est écrit d’une autre main, qui a corrigé ce fabuleux lapsus du curé : « L’Union naît de la Force »… C’était beaucoup pour ce pauvre prêtre qui était à Breuillet depuis une quarantaine d’années, et avait connu le temps des « baptêmes forcés » de bébés protestants portés à l’église par la maréchaussée.

[2Cette signature a été soigneusement biffée. On notera qu’il s’appelait « Delaffond » quelques mois avant.

[3remarquer la forme, dialectalement régulière, « municip(e)au » au masculin singulier ; Méchain a même noté la prononciation, aussi normale, avec « a » final.

[4Sic pour : Sauvignon.

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