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1793 - 1797 - Le clergé de Charente et Charente-Inférieure dans les pontons de la Terreur

D 31 mai 2008     H 00:25     A Pierre     C 0 messages A 1954 LECTURES


La Guyane, Rochefort, l’île d’Aix, l’île Madame, les pontons, le Washington, les Deux Associés : des lieux qui rappellent les milliers de morts d"une période noire de la Révolution Française.

Inventaire des victimes dans le clergé de Charente et de Charente-Inférieure.

Cet ouvrage, publié sous la Restauration, est marqué (dans le style de la rédaction) par la réaction catholique qui est une des caractéristiques fortes de la période.

Source : Les martyrs de la foi pendant la Révolution Française - Aimé Guillon de Montléon - Paris - 1821 - Books Google

Sur le même sujet : Louis AUDIAT - Les pontons de Rochefort en 1793. Paris, in-8, 72 pages ;

DiocèseNomBiographie
La Rochelle ALDEBERT N… Prêtre et chanoine de l’église cathédrale de La Rochelle, l’un des deux grands vicaires de l’évêque, et membre du bureau diocésain, devoit toutes ces dignités à son mérite et à ses vertus. A la dissolution de son chapitre et à l’établissement du clergé schismatique en cette contrée, les vexations exercées envers ceux qui s’étoient distingués par leur attachement à la Foi catholique, déterminèrent le chanoine Aldebert à se réfugier en la ville de Bordeaux, où, étant moins connu, il espéroit jouir de plus de tranquillité. Son espoir fut déçu par l’ardeur inquisitoriale des agens de la persécution. Reconnu pour ecclésiastique et pour prêtre non assermenté, il fut emprisonné comme suspect en 1793. Les événemens d’alors ne lui laissoient pas douter qu il ne fût destiné à périr sur l’échafaud. Résigné à mourir pour la même sainte cause qui l’avoit fait persécuter et emprisonner, il mérita la couronne du martyre en mourant captif dans l attente de son dernier supplice (V. J. ALBOUY et B. ANDRAN.)
Saintes BASCLE Jacques-Philippe Curé d’Allac-Champagne, diocèse de Saintes, né au même lieu, n’y donna point le scandale de la prestation du serment de la constitution civile du clergé. Les événemens de la fin de 1792 l’effrayèrent au point qu’il prêta le serment de liberté égalité. Cette condescendance de foiblesse ne le mit point à l’abri de la persécution en 1792. Il avoit montré en 1791 qu’il ne consentirait jamais à abandonner la Foi catholique ; et il continuoit à résider dans sa province, et même dans sa paroisse. On l’y arrêta et l’on décida qu’il serait déporté à la Guiane. Conduit à Rocbefort et embarqué sur le navire les Deux Associés, il ne put soutenir les maux de cette espèce de prison ; et, voyant qu’il étoit près de rendre compte à Dieu de sa conduite, il craignit de porter devant le tribunal suprême le crime du serment de liberté égalité, et le rétracta en présence de ses confrères. Ce curé, sacrifié en haine de la religion, mourut dans la nuit du 22 au 23 août 1794 ; et fut enterré dans l’île Madame. (V. N BARTHÉLEMI et J.B. O. BAUDET)
Saintes BOUTET Pierre Curé de Gua, près Saujon, dans le diocèse de Saintes, étant resté dans sa paroisse comme presque tous les prêtres catholiques du Poitou et de la Saintonge, fut arrêté vers la fin de 1793. Le tribunal criminel du département de la Charente Inférieure, devant lequel il comparut le 12 nivôse an II (1er janvier 1794), et qui siègeoit à Saintes, ne voyant que conspiration dans la pratique de la religion catholique, condamna ce curé à la peine de mort, comme « conspirateur » ; et cet ecclésiastique périt sur l échafaud le jour même de sa condamnation.
Saintes CASTIN de la MADELEINE François-Dominique Curé dans le diocèse de Saintes, chanoine et vicaire-général de Saintes, se reprochoit, dans l’exil auquel la loi de déportation l’avoit obligé, cette vie inutile qu’il menoit à Londres, tandis que ses paroissiens faisant partie de l’armée catholique et royale, exposoient leur vie pour la cause de la religion. Il brûloit d’impatience de venir s’exposer lui-même, pour leur salut, aux dangers de la persécution ; et il profita de l’expédition de Quiberon, pour se rapprocher de ses ouailles. Embarqué avec le vénérable évêque de Dol, et trente autres prêtres environ, il partagea leur sort, et reçut en même temps la palme du martyre, le 30 juillet 1795. (V. P.F. BREHEREC et F. FLATTIN)

MADELEINE (François-Dominique CASTIN DE La) chanoine de la cathédrale de Saintes, vicaire général du diocèse et official diocésain, a été par erreur qualifié de curé à l’article CASTIN auquel nous renvoyons, en priant le lecteur d’y rétablir ses titres. Il étoit plus généralement connu sous le nom de l’abbé DE LA MADELEINE et se trouvoit à l époque de la révolution pourvu d’une petite abbaye du diocèse de Saintes, celle de Madion, vacante par la mort de l’un des chanoines DE LUCHET, vicaire général de Saintes.
La Rochelle CLÉMENT Jacques Curé de Vervant, dans le diocèse de La Rochelle, et né dans une paroisse voisine en 1754, n’abandonna point ses paroissiens aux dangers du schisme, quoique son refus du serment de la constitution civile du clergé l’eût fait priver de son titre de curé. Son attachement pour eux 1e détourna de se soumettre à l’inique loi de la déportation. Mais il fut arrêté et amené dans les prisons d’Angoulême. Quand la Convention supprimant les tribunaux extraordinaires de province, au printemps de 1794, eut ordonné que tous ceux que, dans les départemens, on accuseroit de quelque délit contre la révolution, seroient conduits à Paris, le curé Clément y fut traîné. Le tribunal révolutionnaire devant lequel il comparut le 16 prairial an II (4 juin 1794), le condamna à la peine de mort, sous l’accusation vague, alors employée contre presque toutes ses victimes, celle « d avoir conspiré contre le peuple français, en provoquant la dissolution de la représentation nationale, et le rétablissement de la royauté ». C’étoit ainsi que sous l’empereur Maximien, les chrétiens avoient été envoyés à la mort comme ennemis des lois, et perturbateurs de la tranquillité publique. Le curé Clément périt le même jour.
La Rochelle COSSIN Jean-René Prêtre et l’un des plus anciens chanoines de l’église cathédrale de La Rochelle, étoit comme insermenté sexagénaire, soumis à la peine de la réclusion, par la loi du 26 août 1792. Ce n’étoit pas assez pour la rage des impies révolutionnaires contre les prêtres : le chanoine Cossin fut envoyé à Nantes, pour être, de là, déporté à la Guiane ; et le proconsul Carrier l’y fit submerger dans la Loire avec l’atroce stratagème de ses bateaox à soupapes.
La Rochelle DEAU N… Jeune ecclésiastique du diocèse de La Rochelle et probablement neveu de la religieuse Marie-Madeleine-Jeanne Deau, se montra digne d’elle par son zèle pour la Foi, et les autres dispositions sacerdotales dont il étoit pourvu. Il fut arrêté en 1793, et jeté dans les prisons de La Rochelle, où le tribunal criminel du département de la Charente-Inférieure le condamna, comme « réfractaire et contre-révolutionnaire », à périr sur l’échafaud de la guillotine.
Angoulême DAVID Pierre Prêtre du diocèse d’Angoulême, et né dans cette ville, en 1753, y étoit chanoine régulier de la congrégation de Sainte-Geneviève. Après avoir échappé aux terribles dangers des plus affreuses années de la révolution sans avoir fait aucun de ses sermens, il exercoit avec une sorte de sécurité son ministère à Angoulême, en 1797, lorsque survinrent et la catastrophe du 18 fructidor (4 septembre 1797) et la terrible loi de déportation, rendue le lendemain (Guiane). Ses exécuteurs, dans le département de la Charente, parvinrent à se saisir du chanoine David, au commencement de 1798, et l’envoyèrent à Roche fort pour être embarqué. On l’y fit monter la corvette la Bayonnaise, le 1er août suivant. Dans la traversée, il fut atteint de l’épidémie qui se manifesta sur cette frégate ; et quoiqu’il en fût malade encore à son arrivée à Cayenne, le 29 septembre, on le relégua dans le désert de Synnamari. Il eut cependant l’avantage d’y être reçu dans l’habitation du colon Konrad-Lillebat ; mais il n’y mourut pas moins des suites de l’épidémie qui s étoit amalgamée avec son existence, à bord de la Bayonnaise. Sa mort arriva le 2 février 1799. II a voit alors 45 ans. (V. H. DARMAND, et J. F. DAVIOT)
Poitiers DUPAS Jacques-Maurille

[NDLR : a été béatifié le 1er Octobre 1995 par le Pape Jean-Paul II]
Prêtre, vicaire en la ville de Ruffec, au diocèse de Poitiers, et né dans la même paroisse, montra la fermeté de sa Foi, en refusant de prêter le serment schismatique de 1791. Continuant d’exercer son ministère, pour le salut des catholiques, il essuya bien des persécutions. Après avoir échappé à plusieurs dangers, il tomba enfin sous la main des persécuteurs qui le jetèrent dans les prisons de Poitiers. Ensuite ils l’envoyèrent à Rochefort, pour qu’il en fût déporté au- delà des mers. On l’embarqua sur le navire les Deux Associés. Quoiqu’il fut dans la force de l’âge, il ne put supporter long-temps les horribles souffrances de cette déportation. Dupas expira le 21 juin 1794, et fut enterré dans l’île d’Aix. Un de ses compagnons de douleur nous atteste que le vicaire Dupas étoit « d’une piété admirable, doux pour les autres, et sévère pour lui-même ». (V. J. DUMONTEIL, et Et. DUPLAIN. )
Angoulême DUPLESSIS N Curé de Mornac, dans le diocèse d’Angoulême, sur lequel il étoit né, se laissa séduire par la constitution civile du clergé, et en fit le serment. Un attachement trop humain à sa cure avoit contribué à l’y décider ; et ce sentiment le porta encore à faire, dans l’automne de 1792, le serment de liberté-égalité, prescrit à cette époque. En vain il s’aveugloit sur les intentions et les vues des impies qui l’avoient exigé ; eux mêmes bientôt le détrompèrent, lorsqu’ils montrèrent que leur but final étoit la destruction de toute religion appuyée sur l’Evangile. Lorsqu’en 1793, aucun prêtre n’étoit plus épargné, le curé Duplessis fut jeté dans les prisons d’Angoulême ; et bientôt ensuite, on l’envoya à Rochefort, pour être déporté au-delà des mers, avec les prêtres qui ne s’étoient souillés d’aucun serment. On l’embarqua sur le navire le Washington. Quand il se vit associé aux souffrances de tant de ministres constamment fidèles, il ne put supporter le poids de ses infidélités, et rétracta ses deux sermens. Cette confession de Foi le rendit l’égal des Martyrs avec lesquels il souffroit : il expira dans le courant de septembre 1794, à l’âge de 47 ans. Son corps fut enterré dans l’île Madame. (V. E. DUPLAIN, et DUPRÉ, Prémontré.)
Angoulême DUVERNEUIL Jean-Baptiste

[NDLR : a été béatifié le 1er Octobre 1995 par le Pape Jean-Paul II]
Prêtre, et religieux de l’ordre des Carmes-Déchaussés, sous le nom de Père Léonard , dans leur couvent d’Angoulême , province d’Aquitaine , revint , après la suppression des ordres monastiques, habiter la ville de Limoges où il étoit né. Zélé pour le maintien de la Foi catholique , non seulement il repoussa le serment du schisme, mais encore il travailla beaucoup à la maintenir pure et intacte parmi les enfans de l’Eglise. Son ministère importunoit trop les impies pour qu’ils ne dirigeassent pas la persécution contre lui. Le P. Léonard fut jeté dans les prisons de Limoges, et envoyé , au commencement de 1794, à Rochefort, pour en être déporté au-delà des mers. On l’embarqua sur le navire les Deux Associés, où il édifia beaucoup ses compagnons de déportation. C’étoit, dit notre correspondant « un religieux fervent et plein de vertu ». Il mourut le 1er juillet 1794, âgé de 57 ans, et fut enterré à l’île d’Aix. « Ce digne fils de sainte Thérèse, ajoute M. de La Biche , avoit, entre autres vertus , beaucoup d’assiduité à la prière , et un zèle ardent pour le maintien de la religion. Il n’étoit retenu en cela par aucun des timides ménagemens du respect humain ; et il n’y avoit ni menaces ni dangers qui pussent l’empêcher de reprendre avec force les blasphémateurs et les impies, quels que fussent l’autorité dont ils étoient revêtus , et le pouvoir qu’ils avoient pour se venger de cette liberté, vraiment évangelique. » (V. DUYAUX, et M. ERLINGER.)
La Rochelle GIBAUT ou GIBEAU Mathieu Jeune prêtre du diocèse de La Rochelle, né dans l’île de Ré, en 1764, y étoit vicaire en 1791. Il refusa le serment schismatique et ne se soumit point à l’inique loi de la déportation. Cependant en 1793, la persécution menaçant sa personne, et contrariant fort son ministère, il vint dans le Poitou pour l’exercer à l’ombre de l’armée catholique et royale. Sur ces entrefaites, il fut saisi par les persécuteurs, dans la partie du Poitou qu’on appelle Le Bocage. Bien des Rochellois croient qu’il y fut alors massacré : mais ils sont dans l’erreur. Le vicaire Gibaut fut envoyé, avec plusieurs Vendéens, à Nantes, où le proconsul Carrier exterminoit des victimes par centaines. Celle-ci fut livrée au tribunal criminel du département de la Loire-Inférieure siégeant en cette ville, et ce tribunal condamna le vicaire Gibaut à la peine do mort, comme prêtre réfractaire, le 9 nivose an II (29 décembre 1793). Carrierétoit trop sûr de le faire périr de cette manière, légale en apparence, pour le comprendre dans ses hécatomphonies déja trop nombreuses. Ce vicaire n’avoit que 29 ans quand sa tête tomba sur l échafaud.
Saintes GRANGIER Joseph Prêtre, religieux Bénédictin de la congrégation de Saint-Maur, en leur maison de Saint-Jean d’Angély, au diocèse de Saintes, ne fit point le serment schismatique de 1791. Quoique voué à la persécution dans cette contrée, il n’alla point se réfugier en son pays natal, Allègre, au diocèse du Puy-en-Velay ; et il resta dans la Saintonge, devenue le département de la Charente-Inférieure. Il continuoit encore en
1793 à y exercer le saint ministère, lorsqu’il fut arrêté par les impies de cette province, et condamné à la déportation maritime. On le conduisit à Rochefort, et on l’y embarqua sur le navire les Deux Associés. Bientôt accablé par les maux auxquels les prêtres étoient en proie, il mourut le 21 juin 1794, à l’âge de 47 ans. Son corps fut inhumé dans l’île d’Aix. (V. J. B.Jh. GRANDMAIRE et P GRAVIER)
Angoulême GRAVIÈRE Guillaume CHAI GNEAU de la Né à Angoulême vers 1729, prêtre, chanoine de l’église cathédrale de cette ville, et représentant des Prieurs au bureau diocésain dont il étoit membre, se distinguoit par une piété solide et fervente. Son cœur plein d’une charité tendre et compatissante pour les pauvres, lui faisoit employer la majeure partie de ses revenus à les soulager ; il alloit les visiter jusque dans les hôpitaux, leur portant des secours temporels avec les consolations de la religion. Il se plaisoit encore à les aller voir dans leurs tristes demeures pour les instruire et pour en confesser les malades. Il n’y avoit pas un seul jour de l’année qu’il ne leur donnât ces marques d’intérêt. Le serment de la constitution civile du clergé ne le séduisit point : il se montra aussi fortement attaché à l’Eglise catholique, qu’il étoit immuable dans son affection pour les pauvres, malgré leur ingratitude à cette époque. Les circonstances épouvantables au milieu desquelles les législateurs des 10 août et 2 septembre 1792 demandèrent l’insidieux serment de liberté égalité, troublèrent ce vertueux ecclésiastique : il le prêta avec simplicité. Mais restant toujours attaché de cœur à l’Eglise catholique, et persévérant dans ses bonnes œuvres, il fut arrêté. Peu de temps après, les autorités du département de la Charente l’envoyèrent à Rochefort, pour en être transporté au delà des mers, et jeté sur des rives sauvages. On le fit monter le navire le Washington, sur lequel il endura patiemment les calamités inexprimables auxquelles on y étoit livré. Déjà il avoit rétracté avec humilité et componction son serment de liberté égalité. Après avoir vécu saintement, il mourut de la mort des Saints au milieu des tourmens de la déportation, en octobre 1794, à l’âge de 57 ans. Son corps fut inhumé dans l’île Madame. (V. P. GRAVIER, et J. GRÉARD)
La Rochelle GRÉARD Jean Prêtre, religieux Capucin du monastère de Rochefort, au diocèse de La Rochelle, sous le nom de Père Donatien, étant sexagénaire lors de la suppression des ordres monastiques, n’eut pas le courage de retourner à Orléans où il étoit né en 1731. Voulant rester paisiblement dans le pays d’Aunis, et manquant de lumières qui l’éclairassent sur la perfidie des sermens exigés parles impies réformateurs, il consentit d’abord à prêter celui de la constitution civile du clergé, et ensuite celui de liberté-égalité. Comme il croyoit n’avoir pas compromis son ministère sacerdotal, et qu’il vouloit continuer à l’exercer en 1793, lorsque les impies achevoient de proscrire la religion de l’Evangile, il fut emprisonné ; et les autorités du département de la Charente-Inférieure le réunirent à tous ces prêtres fidèles qu’on amenoit de toutes parts à Rochefort pour les sacrifier dans la déportation maritime qui s’y préparoit. Le P. Donatien fut embarqué. Sa conscience s’éclaira au milieu de tant de confesseurs de la Foi qui l’avoient si fort honorée, en refusant tous les sermens demandés par l’impiété : il rétracta ceux qu’il avoit faits, et devint digne de ses compagnons d’infortune. Succombant des premiers sous les maux qu’on éprouvoit dans le navire, il mourut le 25 mai 1794, à l’âge de 63 ans, et fut enterré dans l’île d’Aix. (V. G. GRAVIÈRE, chanoine, et J. A. GRÉGOIRE)
Angoulême LECLERC Charles Chanoine de l’église cathédrale d’Angoulême, né dans cette ville en 1757, n’étoit encore que sous-diacre lorsque la révolution éclata, et que son chapitre fut dispersé par les réformes anti-religieuses de 1791. Il se tint éloigné du schisme qu’elles introduisoient, n’en fit point le serment, auquel d’ailleurs il n’étoit point légalement obligé ; mais, par sa conduite catholique et régulière, il s’attira de plus en plus la haine des ennemis de la religion. Lorsqu’après l’épouvantable catastrophe du 10 août 1792, et les massacres qui la suivirent, fut exigé l’équivoque et perfide serment de liberté-égalité, le sous-diacre Leclerc n’en vit pas les piéges ; et, croyant par ce moyen se procurer plus de sécurité, il le prêta dans le courant de septembre : mais sa vie n’en fut pas plus assurée, parce qu’elle étoit en opposition avec les vues athéistes des persécuteurs. Ils l’enfermèrent dans les prisons d’Angoulême, en 1793, et les premiers mois de l’année suivante, les autorités du département de la Charente le firent conduire à Rochefort, avec beaucoup de prêtres entièrement insermentés, pour être déporté comme eux au-delà des mers. On l’embarqua sur le navire le Washington, où, voulant se rendre tout à fait digne des confesseurs de Jésus Christ avec lesquels il se trouvoit, il rétracta son serment de liberté-égalité. Après avoir résisté quelques mois aux maux divers sous lesquels succomboient tant d autres déportés, il mourut lui-même à son tour en octobre 1794, à l âge de 37 ans. Son corps fut inhumé dans l’île Madame. (V. F. LERRUN, Bénédictin, et F. LECOENT)
Poitiers LIMOUSIN Pierre Curé dans le diocèse de La Rochelle, peut-être a Alloue, dans le départenment de la Charente ou des Deux-Sèvres, où il résidoit encore en 1793, étoit inassermenté, et n’avoit point obéi à l’inique loi de la déportation. On n’ignore plus avec quel dévouement à leurs paroissiens les pasteurs de ces contrées s’exposèrent, pour leur salut, aux plus grands périls. Le curé Limousin, voyant le danger menacer sa personne, s’éloigna, en avançant dans le Poitou, pour y trouver un asile. Les agens de la persécution l’y eurent bientôt arrêté : ils le traînèrent dans les prisons de Poitiers ; et le tribunal criminel du département de la Vienne, siégeant en cette ville, prononça contre lui une sentence de mort , en le qualifiant de « prêtre réfractaire », le 28 ventose an II (18 mars 1794). La sentence s’exécuta dans les vingt-quatre heures.
Saintes MARTIN François Curé d’Agonay, près le bourg de Saint-Savinicn, dans le diocèse de Saintes, et né à Saintes, en 1755, ternit l’honneur d’un long sacerdoce par la prestation du serment schismalique de 1791, et ensuite par celle du serment de liberté-égalité. Le cruel sort que, malgré ces défections, les impies réformateurs lui firent éprouver en haine de la religion, prouve qu’il vouloil cependant lui rester attaché. Ce curé fut emprisonné ; et les autorités du département de la Charente-Inférieure le firent conduire à Rochefort, pour qu’il y subît la mortelle déportation maritime préparée aux prêtres fidèles. Il le devint par la rétractation de ses deux sermens. On l’embarqua sur le navire les Deux Associés ; et il souffrit avec beaucoup de résignation les maux auxquels on y étoit en proie. Enfin, il succomba le 16 septembre 1794 , à l’âge de 59 ans, et fut enterré dans l’île Madame. (V. Jh. J. MARTIN, et M. MASLEAU)
Angoulême NAUD N... Prêtre du diocèse d’Angoulême, né à Puy-Moyen , et aumônier des Carmélites de la ville d’Angoulême, ne fit point le serment schématique de 1791 ; mais, déjà fort avancé en âge lorsque, parmi les massacres d’août et septembre 1792, fut exigé le serment de liberté-égalité, il le prêta. Cette condescendance aux vues des impies réformateurs ne put le sauver. Les autorités du département de la Charente, siégeant à Angoulême, le firent mettre en réclusion ; et, au commencement de 1794, elles l’envoyèrent à Rochefort pour être sacrifié dans la déportation qui alloit s’y faire d’une multitude de prêtres fidèles. On l’embarqua sur le navire le Washington, où , voulant se rendre digne de ses plus généreux compagnons d’infortune , il rétracta son serment de liberté-égalité. Les souffrances l’accablèrent ; il mourut en octobre 1794, à l’âge de 55 ans ; et son corps fut inhumé dans l’île Madame. (V. A. MOUTET. et NEVEU, chanoine.)
Saintes PAUTARD Guillaume Curé de Marqueville, dans le diocèse de Saintes, né sur celui de Saint-Flour, à Vallevieille, paroisse de Valenge, étoit resté dans la Saintonge après les réformes schismatiques de 1791. La haine de la religion, qui animoit aussi les administrateurs de cette province, alors appelée le département de la Charente-Inférieure, n’épargna pas le curé Pautard. Il fut emprisonné en 1793 ; et, au printemps de 1794, on le fit passer à Rochefort, pour y subir la peine de la déportation maritime, infligée aux prêtres fidèles. Il se vit embarquer sur le navire les Deux Associés, où il ne résista que peu de mois aux maux qu’on y enduroit. La mort le frappa le 22 septembre 1794. Son âge étoit alurs de 43 ans ; et il fut enterré dans l’île Madame. Le respectable vicaire-général de l’évêque-Martyr de Saintes disoit, dans le Mémoire déjà cité, sur l’état de la religion dans ce diocèse, depuis 1789 jusqu’à la fin de 1796 : « Ce diocèse s’honorera encore, et surtout de la contenance évangélique de ces prêtres et de ces curés qui ont subi les rigueurs de la réclusion , ou qui ont été entassés dans des vaisseaux comme en d’horribles cachots, et qui ont succombé à l’infection et à la misère. S’ils n’ont pas résisté jusqu’au sang, ils ont eu une espèce d’agonie plus effrayante, plus douloureuse. Leur mort, et par ses causes et par ses circonstances, peut et doit être appelée un véritable martyre ». (V. G. PATOUREAU, et G. PEBEYRE.)
La Rochelle PÉROCHE Charles-Jean Prêtre du diocèse de La Rochelle, vicaire en la paroisse de Mauzé, au pays d’Aunis, ne sortit pas de France après la loi de déportation, quoiqu’il n’eût point voulu prêter le serment schismatique. Son zèle le retint en cette contrée, qui se signala par une Foi si courageuse. Les agens de la persécution s’emparèrent enfin de sa personne ; et il fut conduit dans les prisons de Niort. Le tribunal criminel du département des Deux-Sèvres qui siégeoit en cette ville, le condamna, le 28 ventôse an II (18 mars 1794), à la peine de mort, comme « prêtre réfractaire » ; et le lendemain il fut décapité.
Saintes PRÉVIGNAUD JacquesTrudbert Curé de Saint-Florent de Niort, sur le diocèse de Saintes, et né dans la ville épiscopale de Périgueux en 1746, avoit échappé aux terribles persécutions de 1793 et 1794. Dans les années suivantes, la paix semblant rendue à l’Eglise, Prévignaud vint exercer sans défiance son ministère dans la ville de Saintes et les environs. La catastrophe du 18 fructidor (4 septembre 1797) enfantant une nouvelle loi de déportation pour les prêtres qui, ayant déjà refusé le serment schismatique de 1791, repoussoient encore celui de haine à ta royauté prescrit alors, Prévignaud fut recherché, arrêté et envoyé à Rochefort pour y être embarqué. On le fit monter, le 12 mars 1798, sur la frégate la Charente ; puis, le 25 du mois suivant, sur la frégate la Décade, qui le jeta dans le port de Cayenne vers le milieu de juin. Il en fut aussitôt repoussé dans le désert de Konanama, où la peste vint bientôt l’assaillir. Un sensible et généreux colon, nommé Henri William, possesseur de la seule case qui restât dans la Savanne, le prit chez lui ; et sa jeune et charitable épouse prodigua au curé Prévignaud tous les soins que pouvoient exiger son déplorable état et sa périlleuse maladie. La crainte d’en être atteinte elle-même ne ralentit point le zèle de cette nouvelle Marthe que le Ciel en préservoit. Mais déjà une grande partie de son intéressante famille contractoit le même mal qui entraînoit Prévignaud vers la tombe. Il eut, avec les autres peines, le chagrin accablant d’avoir apporté chez ses hôtes une désolante contagion, lorsqu’il en mourut ; à l’âge de 52 ans, le 15 octobre 1798. Il voyoit périr à ses côtés le père et les deux enfans de cette jeune femme qui recevoit, avec son mari, les derniers soupirs de ce Martyr de la religion catholique. L. A. Pitou raconte, dans son Voyage forcé à Cayenne, tom. II, pag. 126, qu’étant venu quelques jours après visiter cette habitation, il se fit conduire, par le nègre de William, dans le cimetière où reposoit le curé Prévignaud avec tant d’autres prêtres. « Quand nous y fûmes arrivés, continue-t-il, le nègre se mit à pleurer, en me disant dans son jargon : C’est là que reposent mes bons maîtres. Pour moi, assis sur le brancard qui étoit à l’entrée, je contemplois les bâches qui ombrageoient les tombes des déportés. Après quelques instans d’un morne silence, mes idées se fixèrent, et je dis en pleurant : Je les rejoindrai peut-être bientôt ces vertueux prêtres de Jésus-Christ. ...Ils sont dans votre sein, ô mon Dieu !... ils ont assez souffert … ils vous demandent grâce pour leurs persécuteurs. » (V. G. PRADIER, et C. A. RAIMBAUD)
Saintes ROCHEFOUCAULD-BAYERS Louis de la

Les martyrs des Carmes ont été béatifiés en 1926.
Evêque de Saintes, tué aux Carmes, à Paris, le 2 septembre 1792.

[NDLR De nombreux ouvrages traitent de la vie et de la mort de cet évêque, et en particulier la biographie écrite par Louis AUDIAT : Deux victimes des Septembriseurs : Pierre-Louis de la Rochefoucauld, dernier évêque de Saintes et son frère, évêque de Beauvais - Desclée de Brouwer - Lille - 1897. Texte intégral en ligne. ]
La Rochelle SAUZY Jean-Baptiste Vicaire-général du diocèse de La Rochelle, et chanoine de la cathédrale, représentant du chapitre au bureau diocésain, avoit d’abord été curé dans la campagne ; et c’étoit son rare mérite seul qui l’avoit élevé aux diverses places qu’il occupoit à l’approche de la révolution. « Il n’excelloit pas seulement à traiter les matières contentieuses, dit l’abbé de La Biche : ; il possédoit encore, dans un degré peu ordinaire, presque toutes les branches des connoissances ecclésiastiques, et se livroit, arec un zèle et un succès prodigieux, à tous !es divers genres du ministère sacerdotal. Il dirigeoit Ia conscience d’un très-grand nombre de fidèles.

Après la destruction de son chapitre, Sauzy resta dans le diocèsese et contribua beaucoup au refus qu’on y fit du serment de la constitution civile du clergé. Il repoussa avec la même indignation celui de liberté-égalité. Comme il n’étoit pas sorti de France d’après la loi de déportation, il fut enfermé. Au commencement de 1793, on le condamna à être déporté à la Guiane ; et on le fit traîner, pour l’embarquement, à Rochefort. Le navire les Deux Associés, qu’on l’obligea de monter devint pour lui un supplice mortel. « Cet excellent homme, dit M. de La Biche, un de ses compagnons de déportation, cet excellent homme, qui jouissoit d’une réputation prodigieuse , languit long-temps avant d’être atteint de la maladie qui l’emporta, et n’en fit pas moins, sur le vaisseau , tout le bien dont il étoit capable , avant de terminer sa pénible et glorieuse carrière ». Il mourut dans la nuit du 27 au 28 août 1794, et fut enterré dans l’île Madame. (V. J. F. SAUVEAU-FOMBELLE, et J. SAVARY)
Angoulême SIMARD Pierre Jeune prêtre du diocèse d’Angoulême, qui, pour n’y avoir pas fait le serment schismatique de 1791, et surtout à cause de son attachement , notoirement inébranlable, à la Foi catholique , éprouva beaucoup de persécutions, surtout après la loi de l’exil. Il brava néanmoins encore tous les dangers jusqu’à l’automne de 1790, pour l’utilité des catholiques du canton qu’il habitoit ; mais enfin, ces dangers y étant devenus presque inévitables, il alla se réfugier à Bordeaux. En vain des âmes charitables cherchèrent à le soustraire aux recherches des persécuteurs, qui vinrent alors désoler celte ville ; il fut découvert, et livré à la commission militaire qu’ils y avoient établie. On ne comptoit que deux mois depuis son arrivée à Bordeaux, lorsque cette commission le condamna à la peine de mort , comme « prêtre réfractaire », le 14 frimaire an II (4 décembre 1793) ; et, le lendemain, il fut décapité, à l’âge de 28 ans.

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