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1811 - Napoléon organise la riposte au Blocus Continental en Charente-Inférieure

D 29 août 2008     H 01:16     A Pierre     C 0 messages A 3020 LECTURES


18 lettres de l’Empereur Napoléon, dans lesquelles il organise la défense des côtes et des ports. Malgré ses efforts, ce blocus fut une rude épreuve pour le pays. La Charente-Inférieure est en première ligne.

Source : Correspondance de l’Empereur Napoléon Ier, publiée par ordre de l’Empereur Napoléon III - T. XXII - Paris - 1867 - Books Google

La rade des Basques

Au Capitaine de Montmorency, officier d’ordonnance de l’Empereur, à Paris.

Saint-Cloud. 30 avril 1811.

Monsieur le Comte Montmorency, rendez-vous à la Rochelle ; vous ferez le tour de la place ; vous compterez le nombre des pièces qui sont en batterie, vous noterez de quel calibre elles sont ; vous verrez les travaux qu’on y fait, la garnison qui s’y trouve.

De là, vous passerez dans l’ile de Ré, où vous séjournerez cinq ou six jours. Vous ferez le tour de l’ile ; vous prendrez note des batteries, de leur armement, ainsi que des forts qui la défendent ; vous prendrez le nom des officiers qui y commandent, et me rendrez compte de tout ce qui peut m’inléresser. Vous verrez la garnison, le régiment de conscrits réfractaires. Vous vous informerez si les capitaines, lieutenants, sous-lieutenants, sergents et caporaux sont arrivés ; combien il en manque ; combien il y a de bataillons de formés ; si l’habillement est arrivé, si les conscrits sont habillés ; si l’armement est arrivé et si les conscrits sont armés ; quand ils seront habillés et armés ; quelle volonté ils ont. Si cinq ou six jours ne vous suffisent pas, vous resterez plus longtemps pour vous mettre en état de me donner le plus de détails possible. Vous m’enverrez tous les jours un rapport de ce que vous aurez vu.
Vous reviendrez de l’île de Ré à la Rochelle, et de là vous suivrez le long de la côte jusqu’à l’embouchure de la Charente. Vous prendrez connaissance du nombre et de la force des batteries, du nombre d’hommes employés à chacune d’elles, de la manière dont le service se fait, des travaux qu’on y fait ; vous noterez celles qui sont fermées à la gorge.

De la batterie de Fouras vous retournerez, par la rive droite de la Charente, jusqu’à Rochefort, de batterie en batterie, en faisant les mêmes observations. Vous m’enverrez un premier rapport de Rochefort. Vous visiterez les remparts de cette place ; vous prendrez note de la quantité de pièces qui sont en batterie et de leur calibre, du nombre d’ouvriers qui travaillent à l’arsenal, de l’emplacement des cales et des lieux où sont les bâtiments en désarmement. Vous m’enverrez l’état de situation des troupes.

De Rochefort vous vous rendrez à l’île d’Aix. Vous visiterez les travaux qu’on y fait, les batteries, leur armement et leur approvisionnement, les commandants, les troupes, enfin tout ce qui intéresse mon service. Vous y passerez une nuit entière. Vous irez voir ensuite les vaisseaux et frégates en rade. Vous reviendrez à Rochefort, d’où vous m’enverrez le rapport de votre visite à l’île d’Aix et sur l’escadre.

A Rochefort, vous descendrez la rive gauche de la Charente jusqu’à l’île Madame, et de là à l’embouchure de la Gironde. Vous remonterez de la rive droite de la Gironde jusqu’à Blaye, et vous m’enverrez le résultat de vos observations pendant cette tournée sur tout ce qu’il m’importe de connaître.

De Blaye vous pourrez aller passer deux jours à Bordeaux, après quoi vous reviendrez en droite ligne dans l’île de Ré ; vous y passerez deux jours pour revoir les progrès qn’a faits le régiment de l’ilc de Ré, et vous retournerez à Paris.

D’après la minute. Archives de l’Empire.

Au Général Clarke, Duc de Feltre, Ministre de la Guerre, à Paris.

Saint-Cloud, 2 mai 1811

J’ai examiné le projet de Rochefort, et j’ai rendu un décret par lequel j’accorde 500,000 francs sur le fonds du budget du génie pour fermer la place, y disposer des parapets et terre-pleins et construire sur la rive gauche de la Charente un chemin couvert avec des lunettes ; ce qui, protégé par l’inondation, suffira pour mettre ce côté à l’abri de l’insulte. Ainsi, avec 500,000 francs, Rochefort sera à l’abri de toute surprise et pourra se défendre un certain temps.

Si vous envoyez une note sur le système du camp retranché à établir autour de Rochefort, il faut en faire rédiger le projet conformément à cette note et le présenter au conseil de novembre prochain.

Il est indispensable de mettre l’île Madame dans un état tel qu’elle puisse se défendre, même quand le continent serait au pouvoir de l’ennemi.

D’après la minute. Archives de l’Empire.

Instructions pour le Capitaine d’Hautpoul.

Saint-Cloud, 13 juin 1811.

M. l’officier d’ordonnance d’Hautpoul se rendra à la Rochelle et de là à l’ile de Ré. Il visitera ces deux points. Ci-joint est la note des cadres envoyés à l’ile de Ré pour recevoir des conscrits réfractaires. M. le capitaine d’Hautpoul enverra un rapport détaillé de la situation du régiment de l’ile de Ré, sur l’habillement et l’armement, sur l’espèce d’hommes, sur l’esprit qui anime ce régiment, sur les officiers , sur le nombre d’hommes fournis aux cadres des compagnies envoyées à l’Ile de Ré, et sur la situation de ces compagnies. Il verra manoeuvrer les troupes, visitera l’hôpital et prendra note de tout ce qui peut m’intéresser.
Il rendra compte de l’état de l’armement de la place de la Rochelle, des batteries de côtes et de l’armement de l’Ile de Ré.

Après avoir séjourné deux jours dans l’Ile de Ré, il passera à l’ile d’Aix, où il inspectera l’artillerie. Il ira voir la batterie d’Énette et m’enverra un rapport détaillé de tout ce qu’il aura observé dans cette inspection.

Il ira à bord de l’escadre en rade. Il verra si elle fait les manœuvres convenables, si les conscrits s’exercent et dans quelle situation sont les bataillons de marins qui montent les vaisseaux.

De l’ile d’Aix il ira à l’Ile d’Oleron ; il visitera la batterie des Saumonards et rendra compte de l’état de défense de cette Ile.

Il se transportera au dépôt de Niort. Ci-joint est un résumé des ordres que j’ai donnés concernant ce dépôt et ceux de Saintes, d’Auch et de Pau. M. le capitaine d’Hautpoul vérifiera si ces ordres sont exécutés, et fera un rapport sur la situation du dépôt de Niort, sur l’habillement, l’armement, l’équipement, les remontes, sur l’esprit des soldats, sur les officiers et sur l’époque où les différents corps seront en état d’entrer en campagne.
H fera les mêmes observations au dépôt de Saintes.

Lorsque sa mission sera terminée dans ces deux dépôts de cavalerie, il se rendra à Auch, où il passera trois jours. Il enverra de là nn rapport détaillé sur la situation des bataillons du train d’artillerie, sur les cbevaux, harnais, et sur ce qu’on peut tirer de ce dépôt en état de faire la guerre.

De là il ira à Pau, où il fera le même rapport sur les équipages militaires.

Enfin il ira à Bayonne ; il visitera l’artillerie en détail, les affûts, les caissons, et verra comment on les répare. Il visitera les manutentions, les magasins de vivres et de munitions, les baraques, les troupes qui y sont campées.

Il ira voir le tracé de la tête de pont de la Bidassoa et le lieu où l’on a le projet de placer la tour.

Il aura soin de mander tout ce qu’il apprendrait sur ce qui se passe en Espagne.

Après avoir passé à Bayonne quinze jours qu’il emploiera à tout voir et à m’instruire de tout, M. d’Hautpoul reviendra par Pau et Auch, pour voir les progrès qu’ont faits ces dépôts depuis son passage.

Il ira visiter le dépôt de Toulouse.

Il repassera par les dépôts de Saintes et Niort, pour constater les progrès de ces dépôts.
M. d’Hautpoul écrira tous les jours, longuement, et n’omettra rien de ce qui peut mériter l’attention.

D’après l’original comm. par M. le général marquis d’Hautpoul.

Au vice-amiral Comte Decrès, Ministre de la Marine, à Paris.

Saint-Cloud, 19 juin 1811.

Donnez des ordres et prenez des mesures pour que six vaisseaux de ligne, dont un de 80 et un à trois ponts, soient armés à Rochefort et envoyés en rade, de manière à y être au mois de septembre.

Vous prescrirez les dispositions suivantes pour appuyer la gauche de la rade :
- 1° Une bombarde portant quatre mortiers à la Gomer de 12 pouces, lesquels, tirés à petite charge, de manière à porter à 1,300 toises, ne fatigueraient pas les bombardes et leur permettraient de résister longtemps, et portant de plus deux mortiers de 12 pouces à plaque, portant à 2,000 toises ;
- 2° Deux prames dans le genre de celle qui est à Cherbourg, et portant quatorze canons, quatorze pièces de 36.

Une batterie flottante ou vaisseau à trois ponts, portant trois batteries de 36 et pouvant porter de quatre-vingt-dix à cent pièces de canon. On construira cette batterie flottante â neuf ; ou l’on prendra le Tourville, on le démâtera, on fera les réparations nécessaires pour qu’il puisse contenir les trois batteries, et l’on doublera l’épaisseur du bois de la batterie, partie en liège, bois et cordages, de sorte que le vaisseau soit à l’abri du boulet. Ce vaisseau sera placé sur des corps morts, entouré de ses prames et de ses bombardes, de manière à appuyer la gauche.

On ajouterait â chaque vaisseau deux canonnières portant du 24 et trois excellentes péniches, indépendamment des canots.

Je donne ordre qu’il soit placé â l’Ile d’Aix huit pièces de 48.

Je pense même qu’il serait utile que la première batterie de la batterie flottante fût composée de pièces de 48.

D’après la minute. Archives de l’Empire.

Au Général Lacuée, Comte de Cessac, Ministre Directeur de l’Administration de la Guerre, à Paris.

Saint-Cloud, 29 juin 1811.

An 20 juin, il n’y avait dans le magasin du régiment de l’île de Ré que 320 habits, 28 vestes et 98 culottes. Le 1er bataillon, qui est à l’île d’Aix, était seul habillé ; les autres bataillons avaient reçu des draps, mais n’étaient pas encore parfaitement habillés ; de sorte qu’il parait que, quoiqu’on ait beaucoup fourni à ce régiment, on n’a pas fourni suffisamment. Il y a suffisamment de gibernes, mais il manque la moitié des autres objets d’équipement.

Les hôpitaux sont insuffisants dans l’île de Ré.

D’après la minute. Archives de l’Empire.

Au vice-amiral Comte Decrès, Ministre de la Marine, à Paris.

Saint-Cloud. 4 juillet 1811.

Le rapport sur la rade de l’Ile d’Aix n’est pas satisfaisant, et je ne puis comprendre comment il n’y a pas de moyens, soit en plaçant des batteries sur des vaisseaux que l’on raserait, soit en construisant un fort, de protéger la gauche de la rade. Ne serait-il pas possible de suppléer le fort Boyard par une batterie flottante ? Je désire que vous occupiez les ingénieurs de cette question.

Mais, en attendant, j’approuve l’idée d’avoir cinquante-quatre chaloupes canonnières armées chacune de deux pièces de 24, et quelques-unes même de pièces de 36. Mon intention serait d’employer ces canonnières non-seulement à protéger l’escadre qui serait dans la rade de l’Ile d’Aix, mais à faire une guerre constante aux bâtiments qui mouilleraient dans la rade. Ce genre de guerre aurait l’avantage de protéger le cabotage de la Rochelle à l’île d’Aix, et donnerait lien à des mouvements qui exerceraient nos équipages et obligeraient l’ennemi à ne plus mouiller dans la rade.

Je vous prie de me présenter un projet de décret pour l’organisation de cette flottille. Première question : Quel est le modèle de chaloupes canonnières qu’il faut adopter ? Il est évident que ce ne peut être celui des canonnières de Boulogne. Ces bâtiments ont été faits pour entrer dans les ports de la Manche et pour tirer très-peu d’eau. Ici, au contraire, ils sont destinés à aller dans la rade, dans la Charente, et on peut leur donner autant de tirant d’eau qu’on voudra. Ils doivent être bons marcheurs. Les canonnières ne doivent porter ni hommes ni chargement ; elles ne doivent avoir que ce qu’il faut pour deux pièces de canon. Il faudrait qu’elles allassent à la rame. Des canonnières dans le genre des bateaux hollandais, mais plus légères, rempliraient le but ; elles seraient moins dispendieuses et exigeraient moins d’hommes.

En supposant une flottille de 81 bâtiments, formant 4 divisions, et composée de 54 chaloupes canonnières très-perfectionnées et de 27 péniches : des 54 chaloupes canonnières, 9 porteraient un mortier à plaque de 12 pouces destiné à tirer à 1,800 toises ; des 27 péniches, 9 seraient des bombardes portant chacune un mortier â la Gomer de douze pouces destiné à tirer à 1,000 toises, 9 seraient de simples péniches portant un obusier, et 9 autres des calques portant une pièce de 24. En résumé, on aurait 45 chaloupes canonnières portant 90 pièces de 24, 9 grosses bombardes ayant chacune un mortier, 9 péniches portant un mortier, 9 péniches-caïques portant une pièce de24, et 9 péniches simples ; total de la flottille, 81 bâtiments.

Un seul équipage de la flottille serait suffisant pour servir ces bâtiments. Mais il faudrait de tout cela faire de bons modèles ; et, en plaçant quatre vaisseaux et deux frégates à l’île d’Aix, protégés par cette flottille et se battant tous les jours avec les bâtiments anglais qui seraient au mouillage, cela pourrait obliger les Anglais â ne plus mouiller et à se tenir au large, parce que par ce moyen ils évitent de montrer leur force.

Enfin il serait nécessaire que vous ordonnassiez au préfet maritime daller visiter la batterie des Saumonards, dans l’ile d’Oleron, pour voir si elle est en situation de protéger l’escadre, s’il y a des mortiers et comment sont faites les plates-formes.

D’après la minute. Archives de l’Empire.

Au lieutenant-colonel Deponthon, secrétaire du cabinet de l’empereur, en mission a Rochefort.

Saint-Cloud. Ier août 1811.

Je reçois votre lettre en date du 14, avec les plans qui y sont joints. J’attache une grande importance à ce que mes frégates puissent se rendre dans la Gironde. J’ai ordonné la construction d’un fort au Verdon. Je désire que vous apportiez les plus grands renseignements sur le cours de la Gironde et sur les positions que pourraient y prendre mes escadres. Vous trouverez ci-jointe une note du décret que j’ai pris pour l’armement des batteries de côte.

Mon intention est de placer trois vaisseaux aux Saumonards ; il faut pour cela en renforcer les batteries. J’attends le rapport sur l’ile d’Oleron, où vous me ferez connaître ce qu’il y reste à faire pour que les bâtiments soient à l’abri. Avec les trois vaisseaux qui sont à l’île d’Aix, cela me fera deux divisions, chacune de six vaisseaux en rade, et obligera l’ennemi à tenir dans la rade des Basques un nombre au moins pareil de vaisseaux. On a objecté à ce projet que le courant des Saumonards est trop fort pour qu’on y puisse mouiller, j’ai ordonné en conséquence qu’une gabare y mouillât. Allez vous-même à bord de cette gabare et faites en sorte qu’on ne me fasse pas légèrement un rapport là-dessus. Rien n’empêche que dans le gros temps les trois vaisseaux qui seront aux Saumonards ne filent leurs cables et n’aillent mouiller dans la rade des Trousses, puisque, même éloignés des batteries, ils n’auront rien à craindre de l’ennemi, qui ne peut les attaquer par un gros temps.

Vous verrez, à l’ile d’Oleron et à l’ile d’Aix, les dépôts de conscrits. Entrez dans les plus grands détails sur leur habillement, leur armement et leur composition. J’ai ordonné que toutes les compagnies fussent portées à 200 hommes pour désencombrer le dépôt de l’ile de Ré. Vous verrez à Rochefort la situation des huit vaisseaux que j’y ai. Je suppose que les réparations pour leur armement ne seront pas trop considérables.

D’après la minute. Archives de l’Empire.

Au vice-amiral Comte Decrès, Ministre de la Marine, à Paris.

Saint-Cloud, 4 août 1811.

On m’assure que dans les plus mortes eaux il y a 7 pieds d’eau dans le canal qui conduit de Rochefort à la Gironde. Effectivement, on voit sur le plan que vous m’avez remis que dans les basses eaux il y a 7 pieds. Or les eaux ne peuvent monter moins de 10 à 12 pieds ; je compte qu’il y a 16 pieds au moins, et dans les grandes eaux et à l’équinoxe peut-être plus de 18 pieds.

- 1° Je conçois donc l’espérance que mes frégates et vaisseaux, allégées autant qu’il serait nécessaire, pourraient passer et se diriger dans la Gironde au Verdon, où ils seraient armés et en appareillage pour toute espèce d’expédition. Il est impossible à l’ennemi de bloquer Bordeaux.

- 2° Ne pourraient-ils pas appareiller de la rivière de Seudre dans la rade de Gatsau ? II y a 35 pieds d’eau, et cette fosse a 1,000 toises de longueur. Un vaisseau peut facilement y être contenu, de la pointe de Gatsau à la terre. A la pointe d’Arvert il y a 1,000 toises. Mes vaisseaux seraient là à l’abri de toute attaque, et de là ils seraient en état de se mettre en appareillage pour aller partout.

Je conçois difficilement comment une frégate ou vaisseau arrivant par la rade des Trousses, longeant la Roche d’Antioche, où il y a 25 ou 30 pieds d’eau, toujours à portée de la Roche, serait empêché de sortir ; il me semble que par cette manœuvre il éviterait la rade des Basques.

- 3° Faire un canal de 6,000 toises qui couperait l’ile d’Oleron en deux. Ce canal pourrait partir de la rade des Trousses et déboucherait en pleine mer, et dès ce moment la rade de l’île d’Aix aurait une autre issue que celle des Basques. La rive d’Oleron du côté de la rade des Trousses est basse et remplie de marais salants ; de l’autre côté, il parait qu’il y a des rochers. Il est un point du côté de Saint-Pierre où la plage est basse.

Les vaisseaux alors resteraient en appareillage dans ce canal et pourraient déboucher d’un côté ou de l’autre, selon l’endroit où serait l’ennemi. Il est possible qu’on puisse faire le canal sans être obligé de faire des écluses ; l’Ile serait coupée en deux : alors ce serait un travail qui ne devrait pas être extrêmement cher.

D’après la minute. Archives de l’Empire.

Au lieutenant-colonel Deponthon, secrétaire du cabinet de l’Empereur.

Saint-Cloud. 5 août 1811.

Vous partirez sur-le-champ pour vous rendre à Rochefort. Aussitôt arrivé, vous vous rendrez cbez le contre-amiral Lacrosse ; vous demanderez une péniche et les meilleurs pilotes ; il s’embarquen avec vous ; vous ferez le trajet que font les gabares et corvettes pour aller à Bordeaux en passant entre Oleron et le continent. Vous aurez d’autres péniches avec des officiers de marine, et l’on sondera où il sera nécessaire pour lever les incertitudes.

Vous mènerez l’ingénieur des ponts et chaussées, qui doit connaître bien le pays, et l’ingénieur militaire.

Visitez la rade de Gatsau, qui a beaucoup d’eau et où il serait possible de tenir les vaisseaux en sûreté : elle a 1,000 toises de large et plus de 2,000 de long.

Mon intention est de faire passer les quatre frégates que j’ai en rade d’Aix et celle qui est à l’eau, lèges s’il le faut, par cette passe, et les conduire au Verdon, où on les armera en guerre et où ces quatre frégates seraient en appareillage. Je désire même qu’il soit possible d’en faire autant pour les vaisseaux, et que tout ce que jai à Rochefort puisse de même, à fur et mesure, se rendre au Verdon, et là soit armé et mis en appareillage. On m’assure que dans les hautes mers il y monte 18 pieds d’eau, dans toutes les marées plus de 16. Les vaisseaux de 74, allégés, pourraient donc réellement passer et se rendre dans la Gironde.
Je dis Gironde parce que je suppose qu’ils ne peuvent pas séjourner dans la Seudre. Si cela était possible, ce serait bien plus avantageux. S’il était nécessaire pour arriver à ce résultat de faire manœuvrer quelques Marie-salopes, il faut faire vérifier les points où cela serait nécessaire ; je n’y trouve point d’inconvénient.

Enfin, si rien de cela n’est possible, il resterait à voir s’il serait possible de creuser un canal, soit de Rochefort, soit de Brouage, soit de la Seudre, dans la Gironde ; de sorte que mes vaisseaux, du canal, passant par une écluse, seraient conduits dans la Gironde.

Vous aurez soin de bien vous assurer quelle est la rade du Verdon et l’état des batteries de côte existantes, et de voir où il conviendrait d’en placer de nouvelles pour mettre ce point important en défense. Je pense qu’il en faudrait à la Courbe, à la pointe de Maumusson, à la pointe de la terre d’Oleron et dans tous les points nécessaires pour bien favoriser le passage.

Vous reconnaîtrez bien l’état actuel de toute cette côte, et vous aurez soin de m’en rendre compte dans un mémoire détaillé, accompagné de dessins ; vous y joindrez l’opinion des officiers-mariniers et des pilotes les plus instruits. Informez-vous aussi du tirant d’eau des divers bâtiments de commerce qui ont passé par In.

Vous verrez aussi la rade de l’Ile d’Aix du côté des Grandes-Trousses, des Saumonards, et celle dite d’Antioche, pointe d’Oleron ; et si, en faisant des batteries là, les vaisseaux ou frégates qui auraient passé la rade des Basques pourraient être en appareillage en sûreté pour gagner la haute mer. Comment les frégates ne peuvent-elles pas, de nuit, passer entre le Boyard et les Saumonards et doubler sans que l’ennemi s’en aperçoive de la position qu’il occupe en rade des Basques ?

Vous aurez soin de visiter l’Ile d’Oleron en règle, les batteries , troupes et conscrits réfractaires. J’ai là un petit bataillon des 66e et 82e, malades, déserteurs ; demandez ce que pensent les officiers de ce bataillon, si l’on peut les envoyer à Bayonne avec sûreté, de quels départements sont ces conscrits.

Vous verrez la batterie des Saumonards, et vous demanderez combien de coups elle a tirés lors du désastre d’Aix. Faites tirer les mortiers à la Gomer et les mortiers à semelle pour voir leur portée ; vous ferez tirer dix coups de chaque.

Je pense qu’il faut augmenter cette batterie importante et la porter à vingt mortiers. Demandez et envoyez-moi des détails de ce qu’ils ont fait lors de l’attaque des Anglais.

Parmi tant de projets qu’on peut méditer, peut-on partir des Saumonards vis-à-vis les Trousses et faire un canal de 6,000 toises qui couperait l’ile d’Oleron et jetterait les vaisseaux en pleine mer ? Consultez constamment l’ingénieur sur ces projets. Deux ou trois millions ne me paraissent pas trop cher.

Vous irez à l’ile d’Aix, visiterez le fort qu’on y construit, l’inspecterez et m’en donnerez votre avis. Il y a des conscrits réfractaires : vous les inspecterez, ferez manœuvrer, m’apporterez des états en règle, me ferez connaître de quels départements sont les hommes de chaque bataillon. Vous resterez à Aix un ou deux jours pour bien voir en détail.

A Rochefort, voyez tous mes vaisseaux, vérifiez leurs besoins el ce qui est relatif à la construction. Visitez les fortifications et vérifiez les nouveaux plans que j’ai adoptés, faites les observations que vons jugerez convenables au bien de mon service. Visitez l’ile Madame et les batteries de Fouras.

Voyez à l’ile de Ré les bataillons de réfractaires. Vous pouvez rester dix ou quinze jours pour bien remplir votre mission. Ou ma dit qu’à Ré il y a trop de réfractaires et qu’on les laisse mourir ; donnez des ordres là-dessus.

D’après la minute. Archives de l’Empire.

Au vice-amiral Comte Decrès, Ministre de la Marine, à Paris.

Saint-Cloud, 16 août 1811.

Monsieur le Comte Decrès, le colonel Deponthon me rend compte que les marins et gens du pays sont dans l’opinion que les frégates peuvent passer par le pertuis de Maumusson et aller ensuite mouiller dans la rade du Verdon. Je désire qu’on y fasse passer aussitôt les trois frégates qui sont en rade, et que vous ordonniez sur-le-champ l’armement de la frégate la Saale ; par ce moyen j’aurai quatre frégates dans la Gironde. Je désire également qu’on travaille avec la plus grande activité à la Circé, afin qu’elle puisse être mise à l’eau avant le 1er octobre. J’aurais donc alors cinq frégates dans la rade du Verdon. Cela étant ainsi, il devient nécessaire de mettre deux nouvelles frégates sur le chantier de Rochefort. Vous ne devez cependant regarder ceci que comme indication de ce qu’il y aurait à faire. J’attends, en définitive, le rapport que vous devez me faire à ce sujet, car, si les vaisseaux peuvent mouiller aux Saumonards, nous pourrons y avoir trois vaisseaux, et trois autres à l’ile d’Aix ; ce qui obligerait l’ennemi à avoir aussi six vaisseaux sur la rade des Basques. Mais probablement il ne voudra pas tenir un pareil nombre de vaisseaux mouillés ; il préférera bloquer la rade extérieurement, avec la même croisière qu’il a devant Lorient, et tenir seulement des vaisseaux en observation. Je pense que, s’il est possible de mouiller aux Saumonards, il est nécessaire de s’occuper de l’armement de l’Océan, du Foudroyant, du Triomphant, du Cassard et du Jemmapes, qui, avec le Régulus, feront six vaisseaux. Il ne resterait dans le port que le Patriote.

D’après la minute. Archives de l’Empire.

Au Général Clarke, duc de Feltre, Ministre de la Guerre, à Paris.

Saint-Cloud, 16 août 1811.

Monsieur le Duc de Feltre, la marine s’occupe dans ce moment d’une opération dont le résultat serait de faire passer les frégates et peut-être les vaisseaux, depuis l’embouchure de la Charente jusque dans la Gironde, par le pertuis de Maumusson. L’ennemi peut vouloir s’y opposer ; il est donc nécessaire de prendre aussitôt des mesures pour armer d’une manière convenable toutes les batteries de côte depuis les abords du port de Rochefort jusque dans la Gironde. Vous recevrez un décret relatif à cet armement. Il est nécessaire que vous donniez des ordres pour que toutes les batteries soient armées au 10 septembre.

J’ai demandé un projet de défense pour l’île Madame ; faites-le faire de manière que cette île puisse se défendre seule, dans la supposition que l’île d’Aix et même tout le littoral de Rochefort seraient pris.
D’après la minute. Archives de l’Empire.

Au vice-amiral Comte Decrès, ministre de la marine, à Paris.

Saint-Cloud. 20 août 1811.

Monsieur le Comte Decrès, présentez-moi mercredi un projet de décret, avec la nomination de l’état-major, pour former à Rochefort quatre équipages pour les vaisseaux qui sont dans le meilleur état, le Triomphant, le Jemmapes, le Foudroyant et l’Océan ; ce qui, avec le Régulus, fera cinq équipages. Il est nécessaire que les officiers et les maistrances soient promptement rendus à Rochefort, dès le commencement de septembre, ainsi que le personnel d’artillerie. H f’0| faire un appel sur la côte et une levée dans le port de Lorient, par01 les marins des flottilles et les garde-côtes, pour armer ces vaisseaux. Mon intention est d’avoir cinq vaisseaux en rade de l’ile d’Aix tout l’hiver. Je désirerais qu’ils fussent en rade, un en octobre et les autres en novembre. Le dépôt de l’île de Ré peut fournir un certain nombre de conscrits réfractaires. Les frégates, le Régulus, les vaisseaux de Lorient, de Brest même, peuvent concourir à former le fond des équipages. On en mettra deux aux Saumonards et deux à l’île d’Aix, ou tous les cinq à l’île d’Aix. Je veux que les Anglais soient obligés de tenir quatre vaisseaux devant Rochefort. Présentez-moi un contre-amiral pour commander cette division. Si le contre-amiral Violette, de Toulon, est capable de commander en chef, il faut le faire venir. Il y a des officiers des marins de la Garde à Paris qui sont sans emploi ; il faut leur donner du service, de préférence à Anvers ou sur la flottille de Boulogne, car il est probable que je me trouverai de préférence avec cette escadre et cette flottille.

Présentez-moi un projet de décret mercredi pour nommer et avoir en activité de service 16 contre-amiraux, savoir : 4 à Toulon, 1 à Rochefort, l à Brest, 1 à Cherbourg, 1 à la flottille de Boulogne, 5 à la flottille de l’Escaut, 2 hollandais pour les 9 vaisseaux et 1 à Venise.
En faisant de nouveaux contre-amiraux, il ne faut pas considérer l’ancienneté des services, mais véritablement l’étoffe et les espérances que les officiers peuvent donner.

D’après la minute. Archives de l’Empire.

Au général Clarke, Duc de Feltre, Ministre de la Guerre, à Paris.

Saint-Cloud, 22 août 1811.

La batterie de l’ile d’Hyères a mal fait son devoir, elle a fort mal tiré ; les canonniers qui s’y trouvaient n’avaient jamais encore tiré. Le plus grand désordre régnait dans la batterie. Le vaisseau anglais a tiré 3 à 400 boulets et n’a blessé que deux hommes légèrement. Pour qu’un pareil événement n’ait plus lieu, il faut que les batteries de cette ile s’exercent à tirer à boulets sur un bâtiment placé en mer, ainsi qu’au tir des bombes et des boulets rouges. Ordonnez les mêmes exercices à toutes les batteries de la rade d’Hyères, de la rade de Toulon et de la rade de l’île d’Aix, et spécialement de celle des Saumonards. Il faut mettre de l’intelligence en plaçant le but : par exemple, aux Saumonards, il faut placer une chaloupe à 100 toises du fort Boyard, et de manière qu’on puisse tirer dessus de l’ile d’Aix et de l’Ile d’Oleron. On tirera aussi avec les mortiers à semelle, ainsi qu’avec des obus dans les pièces de 36.

D’après la minute. Archives de l’Empire.

Au général Clarke, Duc de Feltre, Ministre de la Guerre, à Paris.

Saint-Cloud, 22 août 1811.

Je reçois votre rapport du 22 [1]. Les douze mortiers de 12 pouces à la Gomer tirés de Metz seront bien longtemps avant d’arriver à Rochefort. Vous portez cinq mortiers à plaque, douze mortiers à la Gomer et trois mortiers ordinaires ; il ne faut point de mortiers ordinaires sur la côte ; ils doivent tous être à la Gomer. Je donne ordre au ministre de la marine de vous fournir les vingt-deux pièces de 36 et les onze pièces de 24 dont vous avez besoin. Envoyez-moi l’état des mortiers qui sont sur cette côte, et je vous ferai connaître d’où l’on peut en tirer pour en avoir plus promptement. Si ces batteries ne sont pas promptement armées, j’aurai des frégates prises. Il faut que vous me fassiez connaître à quel jour précis les batteries de Maumusson, du fort Chapus, d’Arvert, de la Coubre, de Terre-Nègre, de Royan et de Susac, et surtout la pointe de Grave seront armées. Le temps est ici d’une grande importance. Cette partie de la côte est, je crois, comprise dans l’arrondissement d’une colonne mobile commandée par un chef d’escadron. Faites mettre sous ses ordres tout le régiment de Berg, afin qu’il aide à la construction des batteries, et qu’aussitôt que mes frégates seront en mouvement et passeront dans la Gironde il ait un bataillon entier à la pointe de Grave, et que les batteries de Royan, d’Arvert et de la Coubre, soient suffisamment gardées. Quant à la batterie de Maumusson, le commandant d’Oleron aura soin d’y tenir un bataillon, afin qu’on soit à l’abri de toute surprise.

Je vois qu’à la batterie des Saumonards il y a cinq pièces de 36. Mon intention est qu’il y en ait dix de plus, et que les pièces de 24 soient portées à dix ; ce qui fera vingt-cinq pièces de 36 et de 24. Elles doivent être montées sur de bons affûts de côte, et elles seront approvisionnées, indépendamment des boulets, de 30 coups à obus. Les quatre mortiers à semelle ne servent à rien, puisque les plates-formes ne sont pas faites et qu’ils ne pourraient tirer qu’un seul coup. Faites construire des plates-formes comme je l’ai ordonné, et faites-les faire doubles. Il faut aux Saumonards huit nouveaux mortiers à semelle, de manière à y en avoir douze. Il faut dix nouveaux mortiers à la Gomer, ce qui fait quinze, et avec les quatre mortiers en fer, en tout, trente et un mortiers à cette batterie. Outre les vingt-cinq pièces de 36 et de 24, il faudra deux pièces de 18 en bronze pour tirer à boulets rouges. Il est nécessaire que cet armement soit promptement achevé. Je vais avoir une escadre mouillée aux Saumonards, et son sort dépendra beaucoup de la force de cette batterie. Il faudra avoir à l’Ile d’Oleron quatre obusiers sur essieux et quatre pièces de 12 de campagne pour pouvoir se porter sur tous les points, suivre les mouvements de l’ennemi et s’avancer à mer basse sur Testran, afin de protéger les vaisseaux qui seraient dans la rade des Trousses. Je vois qu’au château d’Oleron il n’y a que des mortiers ordinaires ; je crois qu’il faudrait quatre mortiers de 8 pouces pour la défense de ce fort. A l’Ile de Ré je ne vois point de mortiers pour la défense de la place ; il faudrait y envoyer huit mortiers de 8 pouces. Il y a à la citadelle de Saint-Martin trois mortiers à semelle ; je ne les y crois pas utiles. Envoyez-les à l’embouchure de la Gironde.

Il y a trente-huit mortiers à l’Ile d’Aix, cela me paraît suffisant. Les huit mortiers à semelle n’ont pas de plates-formes ; faites-en construire sur-le-champ, et faites-les construire doubles ; sans cela ils ne peuvent être d’aucune utilité. Je pense qu’il faut avoir à l’île d’Aix les obusiers prussiens en réserve. Il se trouve deux pièces de 48 à l’île de Ré et trois à la Rochelle. Si ces cinq pièces sont en bon état de service, elles seraient mieux placées à l’île d’Aix.

Il y a à Brouage trois pièces de 36, deux pièces de 24 et trois pièces de 18, que vous indiquez comme en réserve ; elles peuvent être employées dans l’armement des nouvelles batteries. Ainsi le principal objet de cette lettre est que vous me fassiez connaître quand les nouvelles batteries seront armées et quand tous mes ordres pour les Saumonards seront exécutés. Je désire le savoir jour par jour. Je vais remettre ma flotte en rade dans la rade de l’ile d’Aix ; des événements auront lieu ; il faut donc que tout soit bien préparé. Je vais faire passer des frégates entre l’Ile d’Oleron et le continent pour se rendre dans la Gironde ; il faut donc que la Gironde et les batteries qui couvrent le passage soient promptement armées.

D’après la minute. Archives de l’Empire.

Au vice-amiral Comte Decrès, ministre de la marine, à Paris.

Saint-Cloud, 23 août 1811.

Monsieur le Comte Decrès, vous me dites beaucoup de bien du capitaine de vaisseau Jacob : s’il le mérite, je ne m’oppose pas à ce qu’il soit chargé de réaliser mon projet sur l’ile d’Aix, qui consiste à avoir trois ou quatre vaisseaux, trois ou quatre bombardes et quelques canonnières mouillés sous l’Ile d’Aix, et à avoir cinq vaisseaux, y compris l’Iena, mouillés dans les Saumonards et dans la rade des Trousses. Qu’il étudie cette question ; qu’il me mette un vaisseau à l’eau, et, quand j’aurai là huit vaisseaux mouillés, il sera fait contre-amiral , il en aura le commandement et sortira avec pour les conduire dans un grand port.
Napoléon.

D’après l’original comm. par Mme la duchesse Decrès.

Au général Clarke, Duc de Feltre, Ministre de la Guerre, à Paris.

Trianon, 29 août 1811.

Je vous ai fait connaître mes intentions pour l’armement du pertuis de Maumusson et de l’embouchure de la Gironde ; le besoin est urgent ; on doit profiter des marées d’équinoxe pour faire passer les frégates de la rade de l’île d’Aix dans la Gironde. Il est donc indispensable que, pour cette époque, les batteries soient armées.

Le fort Cbapus a deux pièces de 24 et une de 8 non montées ; il est nécessaire de tout disposer aussitôt,- pour qu’au 10 ou 12 septembre elles soient montées. Il faut s’occuper également de celles qui doivent être placées au château d’Oleron, du côté de la mer. Sans ces précautions importantes mes frégates seraient prises. Maumusson n’a qu’un corps de garde ; j’ai prescrit le nombre de pièces qu’il faut y placer. Faites également faire les changements à la batterie d’Arvert.

Il est important que la batterie de la pointe de Grave soit armée et approvisionnée et dans le cas de tirer, ainsi que celles de Royan et de Susac. Faites-moi connaître quelle sera l’exécution de mes ordres au 15 septembre. Le moindre retard peut nous mettre dans l’alternative de perdre la saison de l’équinoxe ou d’exposer mes frégates à des dangers pressants. Donnez aussi ordre au chef de bataillon qui commande la colonne mobile de l’embouchure de la Gironde de réunir son monde avec le détachement de Berg et de se porter ponr renforcer les batteries, surtout celles de l’entrée de la Gironde et d’Arvert, et de ne se porter cependant en avant que lorsqu’il saori que les frégates ont commencé leur mouvement. Quant à Maumusson, il y a beaucoup de troupes dans Oleron ; on pourrait, s’il était indispensable pour l’armer plus tôt, prendre des pièces dans les batteries de l’ile autre que les Saumonards.

Le général se tiendra à Maumusson avec 5 ou 600 hommes, pour pouvoir porter aussitôt les secours nécessaires. Recommandez au colonel de la colonne mobile et au général commandant l’ile d’Oleron de donner, s’il était nécessaire, toute espèce de secours en hommes aux frégates, au moment de leur passage. Vous préviendrez le ministre de la marine du résultat de ces ordres.

D’après la minute. Archives de l’Empire.

Au capitaine Christin, officier d’ordonnance de l’Empereur, en mission.

Compiègne. 14 septembre 1811.

Vous trouverez ci-joint un plan de la Gironde et un rapport du bureau du dépôt de la marine sur cette rivière. Vous irez reconnaître cette rivière depuis l’embouchure jusqu’à Bordeaux. Vous visiterez la jetée et le port de Royan, les travaux faits et ceux à faire, ainsi que l’autre port dont il est question dans le mémoire 1. Vous reconnaîtrez avec soin les deux rades de Jau et de Talmont et la possibilité qu’il y aurait à y mettre des vaisseaux à l’abri.

Vous verrez les batteries qui sont à la Pointe-de-Grave et au fort de Royan. Le maître des requêtes Fain vous remettra un relevé des ordres donnés pour la défense de ces côtes et l’armement de ces batteries.

Vous vous rendrez en droite ligne à Rochefort ; vous m’enverrez de là un mémoire. De là vous irez à Oleron voir la batterie des Saumonards et prendrez connaissance de ce qui est relatif à la défense de cette rade. Vous visiterez Maumusson, Arvert et ce qui est relatif à la défense de ce point important.

Votre mission terminée, vous irez visiter les travaux des iles d’Oleron et d’Aix. Vous verrez les troupes qui sont dans ces îles, et vous m’enverrez un rapport sur leur habillement, instruction, santé, et sur les dispositions qu’elles montrent, enfin sur tout ce qui peut intéresser dans ces corps.

D’après la minute. Archives de l’Empire.

Au général Clarke, Duc de Feltre, Ministre de la Guerre, à Paris.

Amsterdam. 18 octobre 1811.

Donnez ordre dans les trois îles de Ré, d’Oleron et d’Aix, à Belle-Ile, aux deux régiments de la Méditerranée, ainsi que dans tous les autres bataillons qui se complètent avec des conscrits réfractaires, à Toulon, en Corse, dans l’Ile de Walcheren, etc., de faire l’état de tous les hommes qui ont déserté, après avoir rejoint leur corps, et comptant déjà plus de six mois de services effectifs. Aussitôt que j’aurai cet état, mon intention est d’ordonner que ces hommes soient réunis pour un service spécial dans ces îles ; car ce serait une duperie que de confondre ces hommes, qui connaissent déjà le service militaire et qu’on n a pu y accoutumer, avec dès jeunes gens qu’on peut espérer fixer à ce service lorsque la première répugnance sera vaincue.

D’après la minute. Archives de l’Empire.


[1Sur les batteries de côtes de Rochefort et de l’embouchure de la Gironde.

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