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751 - 1140 - La chronique de Maillezais (ou de Saint-Maixent) - 1ère partie

1ère partie : de 751 à 1040

D 14 décembre 2008     H 19:40     A Pierre     C 6 messages A 5389 LECTURES


Abbaye de Maillezais (85)
Photo : Pierre Collenot - 08/2008

Rédigée au XIIe siècle par un moine de l’abbaye de Maillezais, c’est une chronique passionnante et capitale pour l’histoire médiévale des régions Poitou-Charentes, Aquitaine et Pays de Loire : elle couvre une période allant de 751 à 1140.

Pour les latinistes, pas de soucis. Aurons-nous assez de courage pour en faire une traduction en français, ou la chance d’en trouver une toute faite et bien faite, libre de droits d’auteur ?

Source : Chronique des églises d’Anjou – Paul Marchegay et Emile Mabille – Paris – 1869 – BNF Gallica

Quelques dates repères dans l’histoire de la Saintonge, de l’Aunis et de l’Angoumois :
- Arrivée de la tête de Jean-Baptiste à Saint-Jean-d’Angely
- incursions normandes en Saintonge

Les dates en chiffres arabes et les commentaires de la colonne de droite sont ajoutés par Histoire Passion.

En raison de sa taille, ce document est présenté en 2 parties 2ème partie

La richesse de ce document motive à faire quelques travaux d’analyse. Les pages du site pourraient s’enrichir prochainement
- d’une table onomastique (personnes et lieux cités)
- d’une table des abbayes, avec leurs dates significatives
- d’une chronologie des évènements météorologiques
- etc.

Les pictogrammes utilisés pour guider dans le texte

Éclipses Comètes Tremblements

de terre

Gelées Incendies Évènements

insolites

Invasions

normandes

Temps des

croisades

Saintonge Angoumois Poitou

Présentation de la Chronique par P. Marchegay

Chronique de Saint-Maixent ou de Maillezais.

La chronique de Saint-Maixent, plus connue sous le nom de chronique de Maillezais, a été imprimée par le P. Labbe, dans le tome II de sa Nova Bibliotheca manuscriptorum (p. 190-220)-, mais cette édition laisse beaucoup à désirer ; Labbe a introduit dans son texte des phrases entières qui ne se trouvent point dans le manuscrit et lui a fait subir des modifications’ dont on ne voit pas toujours la nécessité. Le manuscrit dont il s’est servi est conservé aujourd’hui à la Bibliothèque impériale sous le n° 4892 du fonds latin ; il est intitulé Julii Flori chronicon universale. C’est un gros infolio en vélin, d’une belle écriture du XIIe siècle. Il a été écrit pour le monastère de Maillezais, et était au XVe siècle placé dans la douzième armoire de la bibliothèque de cette abbaye. On lit en effet sur le premier feuillet : XII° armaria.

De toute la bibliothèque de Maillezais ce volume est peut-être le seul qui ait survécu. On en doit la conservation à Jean Besly, qui y a mis plusieurs notes marginales. Nous ignorons comment et à quelle époque l’historien des comtes de Poitou et des évêques de Poitiers en devint le possesseur. Nous apprenons seulement par une de ses lettres à André Duchesne [1], qu’il l’avait entre les mains dès l’année 1616.

A sa mort, en 1644, ce manuscrit fut remis par son fils aux frères Pierre et Jacques Dupuy, qui en firent imprimer quelques passages dans l’Histoire des comtes de Poitou que Besly avait laissée en portefeuille. Cette publication terminée, les frères Dupuy, sous les auspices desquels elle avait été faite, conservèrent encore quelques années le manuscrit de Maillezais. C’est d’eux que le P. Labbe l’emprunta, ainsi qu’il le dit lui-même, pour en imprimer une partie. Il ne cessa pas néanmoins d’être la propriété de la famille Besly [2], et c’est ce qui explique comment il a pu arriver dans la bibliothèque du cardinal Mazarin, sur le catalogue de laquelle il figure sous le n° 390 et de là dans la Bibliothèque du roi où il entra en 1668.

On chercherait vainement ailleurs la plupart des documents que ce manuscrit nous a conservés. Outre divers ouvrages relatifs à la géographie et aux croisades, il contient la chronique universelle de Julius Florus avec la continuation connue sous le nom de Chronique de Maillezais et l’histoire de la fondation de ce monastère, composée par un religieux nommé Pierre, à la prière de Goderanne, son supérieur [3]. Sur le verso du premier feuillet se trouve le catalogue des livres que possédait le monastère au commencement du XIIe siècle, catalogue qui nous permet de voir que ces livres formaient une bibliothèque qui ne manquait pas d’importance. Aux XIIIe, XIVe et XVe siècles les religieux ont eu le soin d’utiliser les feuillets laissés en blanc par leurs prédécesseurs, et d’y enregistrer les faits et les actes qui leur ont paru les plus dignes de mémoire. Indépendamment de plusieurs lettres pontificales et du récit des persécutions que Geoffroi de Lusignan, seigneur de Vouvent et de Mervent fit souffrir en 1225 à l’abbaye de Maillezais, on y trouve un certain nombre de mentions chronologiques qui offrent de l’intérêt pour l’histoire du bas Poitou [4].

La chronique de Saint-Maixent ou de Maillezais n’est pas du reste autre chose qu’une vaste compilation rédigée vers le milieu du XIIe siècle, dans laquelle l’auteur a fondu sans grande méthode les renseignements qu’il puisait dans la bibliothèque de son monastère ou dans celles des abbayes voisines. Il s’est contenté le plus souvent de transcrire à la suite les uns des autres, par fragments comprenant une certaine période, les documents qu’il employait sans leur donner l’uniformité qui aurait imprimé à son œuvre un caractère homogène. Voilà pourquoi l’ordre chronologique n’est pas toujours observé dans cet ouvrage et pourquoi aussi les mêmes faits se trouvent répétés plusieurs fois.

Le rédacteur a eu recours le plus ordinairement pour l’histoire du VIIIe et du IXe siècles aux hagiographes. Ainsi il a tiré de la Vie de saint Herblain [5], le long récit de l’apparition de l’âme de Morontius, abbé de Saint-Florent de Saumur, qui, dans le manuscrit, précède immédiatement une généalogie des rois de France de la deuxième race, par laquelle nous faisons commencer la chronique dans notre édition. Les faits relatifs aux invasions normandes sont extraits une première fois du récit des Miracles de saint Mesmin, abbé de Mici, écrit au Xe siècle par le moine Letald, ou des Miracles de saint Benoît, par Adrevald, moine de Fleuri-sur-Loire ; une seconde fois de la Translation du corps de saint Martin de Vertou, écrite également au Xe siècle. Pour quelques faits, le compilateur paraît avoir eu connaissance de l’histoire de Guillaume de Jumièges ou du moins a-t-il puisé à la même source que cet historien. C’est aux différents chroniqueurs de Saint-Cibard d’Angoulême qu’il a emprunté les principaux traits de l’histoire des Carlovingiens ; nous signalerons entre autres le passage relatif aux funérailles de Charlemagne comme ayant cette origine. Pour le XIe et le XIIe siècle, il a eu à sa disposition les annales de Saint-Aubin d’Angers et les chroniques de Rainaud, de L’Evière et de Saint-Florent dont il a copié presque en entier certains passages.

Si le compilateur de Maillezais se fût contenté de recueillir des fragments plus ou moins considérables des hagiographes et des chroniqueurs que nous venons de nommer, son œuvre serait d’un bien faible mérite, mais ce qui lui donne un intérêt tout particulier, c’est que l’auteur a puisé en outre de nombreuses mentions dans des obituaires aujourd’hui perdus, et qu’il a transcrit presqu’en entier les annales de quelques abbayes qui ne nous sont point parvenues sous leur forme primitive. De ce nombre sont les Annales de Maillezais, le monastère où fut rédigée la compilation et celles de Saint-Maixent, qui, à cause de leur étendue, ont fait donner leur nom à l’ensemble de l’œuvre quoiqu’à vrai dire elles n’en soient qu’une assez faible partie. Voilà ce qui constitue le véritable intérêt de la chronique de Maillezais, ce qui fait qu’elle sera toujours consultée avec fruit par ceux qui s’occupent de l’histoire du bas Poitou, à l’époque surtout où cette histoire se trouve intimement liée à celle de l’Anjou par suite des guerres que se firent entre eux les comtes de ces deux provinces

On ne pouvait guère songer à publier la chronique de Saint-Maixent telle qu’elle se trouve dans le manuscrit. Les faits mentionnés comme passés sous les mêmes années étant quelquefois séparés par un ou plusieurs feuillets. Nous avons cherché à rétablir autant que possible l’ordre chronologique et à placer à la suite les uns des autres les faits mentionnés sous la même date, mais rapportés séparément par le compilateur qui les avait puisés à des sources différentes. Nous avons dû aussi rectifier quelques dates rendues fautives par suite d’erreurs évidentes du copiste. Sauf ces légères modifications, notre édition reproduit exactement le texte du manuscrit latin 4892. La chronique de Saint-Maixent se termine à l’année 1140 ; M. de la Fontenelle (Recherches sur les chroniques de Saint-Maixent, p. 6) et M. l’abbé Aubert (Revue de l’Aunis, de la Saintonge et du Poitou, 1868, t. II, p. 128) en ont attribué la rédaction à Pierre Raymond qui en 1134 succéda à Geoffroi, abbé de Saint-Maixent, mort le 9 janvier de cette même année. Nous ne pouvons partager cette opinion, la compilation improprement nommée chronique de Saint-Maixent ayant été rédigée, comme nous l’avons fait voir, non à Saint-Maixent, mais dans l’abbaye de Maillezais. L’assertion de ces deux érudits n’est d’ailleurs que la répétition d’un passage du Gallia christiana (Nouv. édit., t. II, p. 1255) qui a avancé le fait sous forme dubitative et sans citer de texte à l’appui.


CHRONICON SANCTI MAXENTII PICTAVENSIS.

Date Texte original Commentaires
751

768
Pipinus Vetulus, dux Francorum, genuit Karolum Martellum, qui genuit Pipinuni Pium qui de illa linea generationis primus elevatus est a Francis, evacuata linea de genere Faramundi. Pipinus Pius genuit domnum regem augustum imperatorem Carolum. Itaque, post Pipinum regem domnus Carolus, filius ejus ; quem postea Romani elegerunt sibi advocatum sancti Petri contra Langobardorum reges, deinde ipsum domnum Carolum elegerunt sibi in patricium Romanorum, deinde elevaverunt in imperatorem augustum. Pipinus vero Pius, pater domni Caroli, postquam elevatus est in regem, regnavit septem annis, et obiit DCCLXVIII° anno ab incarnatione Domini ; et ipso anno omnes Franci, magno gaudio exultantes, elevaverunt sibi in regem domnum Carolum Magnum ; anno ab incarnatione Domini DCCLXVIII°. Sic enim computantur anni ab incarnatione Domini : a Nativitate Domini usque ad transitum sancti Martini, sunt annni quadringenti XLV ; a transitu sancti Martini usque ad transitum Clodovici regis Francorum, qui primus christianus fuit de regibus Francorum, sunt anni CXII ; a transitu sancti Martini usque ad transitum sancti Eparchii, sunt anni CXX ; a Nativitate Christi usque ad primum annum regni Caroli, sunt anni DCCLXVIII. Un peu de vocabulaire générique de ce texte :

- genuit : engendra
- obiit : est mort
- humatus, humata : inhumé(e)
- cognomen : surnom - cognomentus : surnommé

- domnus, dominus : seigneur
- comes : comte

- obsidio : siège (d’une ville, d’un château)
814 Domnus vero Carolus, piissimus et gloriosus imperator, genuit Ludovicum imperatorem ; et post multa et laudabilia gesta, quae enumerare longum est, dum in palatio Aquis Grani hiemaret, anno LXXII° aetatis suae, regni autem XLVII°, subactae autem Italiae XLIII°, imperii vero XIV° rebus humanis excessit, V° kalendas februarii, sepultus in basilica Dei genitricis Aquis Grani, quam ipse construxerat. Corpus ejus aromatizatum est et, in sede aurea sedens, positum est in curvatura sepulchri, ense aureo accinctus, evangelium aureum in manibus habens et genibus reclinatis humeris in cathedra et capite honeste erecto, ligato aurea catena ad diadema, et in diademate lignum crucis positum ; et repleverunt ejus sepulchrum aromatibus, pigmentis, balsamo et musco et thesauris. Vestitum est corpus ejus indumentis imperialibus et sudario. Sub diademate, facies ejus operta est. Sceptrum aureum et scutum aureum, quod Leo papa consecraverat, ante eum posita, et sigillatum sepulchrum est. Nemo enim referre potest quantus pro eo luctus fuerit per universam terram, nam a paganis plangebatur quasi pater orbis. Obiit vero in pace, unctus oleo sancto et viatico munitus, anno DCCCXIV° ab incarnatione Domini ; et regnavit gloriosissimus Ludovicus filius ejus, pro eo.
799 Iste rex magnus aedificari fecit coenobium Carrofum et coepit anno ab incarnatione Domini DCCLX° nono, et Rotgericus comes cum eo, in honore Sancti Salvatoris. Ædificavit et alia sex, ad similitudinem VII ecclesiarum quae in Apocalipsin leguntur : coenobium Rodonense, coenobium Villelupae, ubi quando aliquis frater obierit tabula percussa a pluribus auditur.

Carolus iste duos filios habuit ex Hildegarde regina. Primogenitus ejus fuit Drogo, qui factus est Metensium episcopus, alter Ludovicus qui ei successit in regno. Is sexto anno regni sui, Pipinum filium suum regem fecit Aquitaniae ; septimo autem anno alterum filium Clotarium regem Franciae constituit.

Hilbodus et Frobertus abbates Sancti Florentii [6] fuerunt Ludovici tempore.

Karolo augusto Magno imperatore Francorum diem obeunte, Ludovicus filius ejus imperii gubernacula suscepit. Cujus tempore, variis tumultuationibus regno Francorum attrito, multo et gravi turbine Ecclesiae visus est concuti status. Namque filiis diversa adversus patrem molientibus quantum ad totius specimen regni adtinet, intestina oritur collisio : cumque pater alios honoribus ob merita privare, alios cumulare opibus studet, id ipsum vero filii adversus patrem dejectos ab illo erigere, sublimatos deponere conantur, tempestatis instar maritimae, subjeclos hac illacque dispergunt. Qua causa res quarumque Christi Ecclesiarum contigit gravissima pati dispendia divi augusti Ludovici temporibus, cum, secundum evangelicum dictum Domini,abundante iniquitate refrigesceret caritas, multorum dissidio gentis Francorum accidit multifariam rempublicam ejusdem regni affligi. Namque, pravorum hominum consiliis, dum consultatio reipublica ; in superbiam dominatumque se transformavit primoribusque magis sibi invicem invadere obloqui quam regni utilitati consulere placuit, coepere regibus boni quique suspectiores existere quibus, ut ait Crispus, semper aliena virtus formidolosa est, atque in primisgenti contraria sentire. Qua de re actum est ut, dum imperator nobilitatem veteranorum insequitur, at hi, memores pristinae virtutis defensare libertatem nituntur, defectiones ab imperatore magnumque regni parant excidium. Sed quia nostri haudquaquam propositi est regum actus stylo comprehendere, immo miranda Dei opera necne quae peracta sunt, ad ea quae coepimus redeamus.

Imperator, ut dictum est superius, suspectos Francorum primores habens, Germaniae populos, Aquitaniam profecturus, evocat : Saxones videlicet, Toringos, Bajoarios atque Alemannos, eosque quos virtute pater armis subegerat [ad] regni statum incomposite convertit. Illud quoque animo Franci coeperunt in promptu agnoscere est. Liberalitate igitur trans Rhenum, ac si ob tutelam imperatoris, adepta, vitiis sese omnemque subdidere exercitum.

Imperii Francorum monarchiam Ludovico augusto ut dictum est gerente, venerabilis abbas Hilduinus coenobii sancti martiris Dionisii legatos misit Romam atque ab Eugenio papa corpus beati Sebastiani martiris impetravit. Quo delato in Sancti Medardi basilica, juxta corpus ejus, in loculo gestatorio, ad tempus collocavit ; quo in loco innumera miraculorum opera patrata sunt a Christo, interventu beati martiris.

Huic quatuor filii fuerunt : primus Clotarius quem imperatorem fecit, et Pipinus quem Aquitaniae fecit regem, tertius Ludovicus rex Germaniae, quartus Carolus Calvus rex Francise et Burgundiae.
Pays, régions, provinces

- Andegavensis (adj.) : d’Anjou, d’Angers
- Burdegalensis (adj.) : du Bordelais, de Bordeaux
- Lausdunus (adj.) : de Loudun
- Lemovicus (adj.) : du Limousin, de Limoges
- Nanneticus (adj.) : de Nantes
- Partiniacensius (adj.) : de Parthenay
- Pictavensis (adj.) : du Poitou, de Poitiers
- Rothomagensis (adj.) : de Rouen
- Santonicensis (adj.) : de Saintonge, de Saintes
- Toarcensis (adj.) : de Thouars
- Vindocinus (adj.) : de Vendôme

- Normanni : les Normands
- Liger : la Loire (fleuve)

Monastères, abbayes

- coenobium (subst.) : monastère
- Cluniacensis (adj.) : de Cluny (71)
- Malliacensis (adj.) : de Maillezais (85)
- Sanctus Benedictus Nantolius : Saint-Benoit de Nanteuil
- Sanctus Florentius : Saint-Florent au Mont-Glonne à Saint-Florent le Vieil (49)
- Sanctus Hilarius Pictavensis : Saint Hilaire de Poitiers (86)
- Sanctus Joannes Engeriacus : Saint-Jean d’Angély (17)
- Sanctus Michaelis ad Heremum : Saint-Michel en l’Herm (85)
- Sanctus Salvator apud Carrofum : Saint-Sauveur de Charroux (86)
- Sancta Trinitas Vindocina : la Sainte-Trinité de Vendôme (41)
815 Anno ab incarnatione Domini DCCCXV°, domnus Ludovicus imperator, indictione X, anno imperii sui III°, Aquisgrani habito concilio, jussit fieri regulamcanonicis ut, sicut monachi respiciunt ad librum regulae sancti Benedicti, sic perlegant canonici inter se librum vitae clericorum ; quem librum Amalarius, ab imperatore jussus, collegit ex diversis doctorum sententiis. Dedit ei imperator copiam librorum de palatio suo ut ex ipsis ea quae viderentur congrua excerperet ; et ita, cum episcoporum decretis qui ibi fuerunt, vita clericorum roborata est.

Scripsit eidem imperatori Amalarius librum de divinis officiis et de varietatibus eorum, et de ordine psalmorum clericorum usum antiquum. In illo tempore Rabanus, Magnentii monachus doctissimus, magister Alcuini, imperatori ipsi porrexit librum valde mirabile de Theologia sanctae crucis. Beda enim, doctus a Benedicto abbate et nutritus, docuit Simplicium, et Simplicius Rabanum, qui a transmarinis oris a domno imperatore Karolo susceptus est et pontifex in Francia factus. Item Rabanus docuit Alcuinum et Alcuinus Smaragdum imbuit ; Smaragdus autem docuit Teodulfum, Aurelianensem episcopum ; Teodulfus vero Heliam Scotigenam, Engolismensem episcopum ; Helias autem Heinricum ; Heinricus Remigium et Vobaldum Calvum, monachos, haeredes philosophise reliquit.
823 Anno DCCCXXIII° Abbo abbas et Gundacher prior praerant abbatiae Sancti Maxentii.
830 Anno ab incarnatione Domini DCCCXXX° basilica Sancti Hilarii Nobiliaco dedicatur et corpus sancti Juniani illuc transfertur a Mariaco villa ; quam translationem fecerunt abbas Godolenus, adjuvante Sigibranno episcopo et Fulcone abbate Sancti Hilarii. Huic Sigibranno episcopo successit Ebroinus episcopus.

Verum piissimo augusto Ludovico carnis onere spoliato, regnum Francorum, quod ex diversis nationibus solidum corpus fuerat effectum, trifarie dividitur atque a tribus ejusdem imperatoris filiis ad regendum suscipitur : et major quidem natu Clotarius Franciam cum Italia, Ludovicus Saxoniam omnemque Germaniam, Karolus autem Junior Burgundiam cum Aquitania accepit. Sed ut de regnis taceam, bella ne attrita decreverint an pace continua aliquanto floruerint, nostrae partis aerumnas brevi eloquio excurrere libet.

Karolo regni non minimam assecuto partem, infortunium junctum rempublicam maximo profligavit dampno : ac primo marchisis Britannici limitis inter se graviter perduellionem dissidentibus, bellum oritur lugubre utrique parti ; quamvis Rainaldo occumbente victor Lamberlus exstiterit. Nec adeo tamen victricia ab hoste retulit signa dum millia suorum prospexit oppetiisse satellitum ; atque adversus Erveum repetens primum natorum Rainaldi, arma ob vindictam paternae necis resumentem, eumdem male depugnantem devicit telisque confossum neci tradidit.

Hoc dissidii genere bellatoribus utrinque pereuntibus, pene omnis illa regio, defensoribus nudatis, vix praeda gentibus patuit externis. Brictonum siquidem maxime limitem transgressa antiquum, Nanneticam regionem, Andegavensem quoque Meduanam usque fluvium vastando, caedibus atque incendiis redegit potestatem. Obstiterat quidem Lambertus jampridem id adnitentibus, sed jussu regis loco cedens Brictonibus explere conatus permisit barbaricos.

Praeterea Normanni, gens Aquilonalis nostro generi plus sequo praecognita, nam jam piraticam exercendo sed libere terras nullo resistente pervadendo, omnem oram maritimam pessumdedit atque, ut verius dicam, in vastam redegit solitudinem. Fuerunt eorum pessum conatus saepe a ducibus illarum regionum sibi succedentium frustrati, Lamberto scilicet atque Rotberlo necnon Ramnulfo ; sed illis varia sorte pereuntibus, omnis fere Neustria quae a Gennabi urbe per transversum Luteciam usque Parisiorum pertingit oppidum, Normannieae patuit feritati. Irruptionibus namque creberrimis cuncta vastando, circumeuntes primo pedites, quidem eo quod equitandi peritia deesset, deinde equis evecti, more nostrorum pervagantur. Interea stationem navium suarum, ac si asylum omnium periculorum, in insula quadam Sancti Florentii [7] supposita componentes, mapalia quoque instar aedificavere burgi, quo captivorum greges cathenis astrictos adservarent ipsique pro tempore corpora a labore reficerent, expeditione illico servitura ; ex qua inopinatos discursus agitantes, modo navibus modo equis delati, tolam circumquaque delevere provinciam. Et primo quidem adventantes urbem Nanneticam incendio concremavere ; deinde Andegavensem percurrentes regionem, ipsam quidem civitatem concremant. Pictavorum castella atque vicos omnemque patriam a mari usque ad eamdem Pictavam urbem propalantur, vastant, caedibus replentes omnia. Sequenti tempore, navigio Turonum veniunt eamque, de more, stragibus complentes, ad postremum ignibus tradunt, propalata circumquaque regione. Haud longe post, superiora Ligeris amnis navibus expetentes, Aurelianis perveniunt captamque urbem auro distrahunt.

Egio tunc temporis praesulatum praefatae urbis gerebat ; sicque ad tempus recedentes, secundo adventu praedicta civitas combustione dissipatur : ab eis matre dumtaxat ecclesia, quae in honore Sanctae Crucis, jubente Constantino augusto, a beato Evurcio praesule sacrata erat, studio bonorum hominum remanente. Quid denique solius Neustriae clades memorando stilum protrahimus, aut solae quatuor supra memoratae urbes excidii dampna sensere ! Quid Lutecia, Parisiorum nobile caput, resplendens quondam gloria oppidis fertilitate soli, incolarum quietissima pace, quam non immerito regum divitias impiorum dixero populorum, non magis ambustos cineres quam urbem nobilem potis est cernere ? Quid proinde Bellovagus ? Quid Noviomacum et ipsae quondam Galliae praestantissimae urbes ? Nonne et ipsae irruptionibus Normannicis concidere ? Piget referre coenobiorum nobilissimorum tam virorum quam feminarum Deo devote servientium excidia stragesque non ignobilium plebium, captivitates matronarum, virginum ludibria ac cuncta quae victores inferre valent tormentorum genera.

Quid Aquitaniae ingentem referam afflictionem, quae olim bellorum nutrix, nunc frigidam bello praefert dexteram, suosque optimos quosque genitalis soli in sese elidens patet. nunc praeda gentibus alienis ! Ab ipso quoque, ut ita loquar, Oceani littore, orientem versus Arvernum usque clarissimam vetere tempestate Aquitaniae Urbem, nulla libertate retineri valuit regio, non oppidum aut vicus, non denique civitas quae non strage ferali conciderit paganorum. Testatur id Pictavis, quondam foecundissima urbs Aquitaniae ; hoc Sanctonicum, hoc Engolisma, hoc Petragoricum, hoc Lemovicas. Hoc certe Arvernus, terminus ejus barbarici gladii, ipsumque Avaricum, caput regni Aquitanici, proclamant : nulla scilicet bellica obviante manu, hostili graviter sese concidisse incursu.

His itaque hujuscemodi malis, per triginta ferme annorum curricula, Galliis non absque piaculo quorumlibet detritis, cultus quoque divinae religionis quomodo processerit, utrum necne floruerit, in promptu est cuilibet, licet tardioris ingenii, mortalium persentiscere. Haac de excidio jocundissimae patriae, breviter litteris mandare libuit.

Rege jam dicto Carolo regnante, fames admodum gravis universas occupavit Gallias. Clades etiam ex insectatione paganorum non modica totam Oceani incolentem littora attrivit gentem. Sed ut tertiam, juxta prophetam, orbis experiretur plagam, graves immissae sunt bestiae, quae famem clademque effugientes barbaricam hianti ore exciperent.


Igitur Pipinus, rex Aquitaniae, filius Ludovici imperatoris obiit, sepultus apud Sanctam Radegundem Pictavis. Hic jussu patris fecerat monasterium Sancti Johahnis Baptistae Angeliaco, in quo monasterio translatum est caput sancti Johannis Baptistae, cum tribus innocentibus. Quod cum evenisset, libet breviter narrare.

Regnante Pipino rege Francorum, patricio Romanorum, Stephano papa residente in sede apostolica, cuidam viro religioso sacerdoti ac monacho, nomine Felicio, qui orationis gratia in illis diebus Hyerosolymam ab occidentali adierat, angelica visione dictum est : « Felici, surge, concitus perge ad civitatem Alexandriae, et invenies ibi ecclesiam in honore sancti Johannis Baptistae consecratam, ubi caput ejus cum tribus parvulis innocentibus reconditum est ; quod accipiens, transfer in partibus Galliarum, in regione Aquitaniae, in loco quem tibi ostendero. » De qua visione certus, expergefactus, reverendus senex, gaudio amplissimo repletus, pergens illico ubi jussus fuerat, cuncta reperiens, rectori sui itineris grates innumeras rependit ; properansque ad locum, thesaurum sibi a Deo destinatum accipiens, in unius sportellae conclusit sinu, statimque retro iter arripiens, junctis sibi sociis fratribus suis, qui cum eo abierant septem, vallansque regionem omnem illam, clam perveniens ad littus maris, invenit navem cum remigiis ac gubernaculo a Deo paratam. lllico ingressus est cum thesauro et magni pretii margaritis, navigantesque prospere, et Domino ordinante, pervenerunt ad portum, qui appellatur Engolinse, quo tempore in pago Alnisii pugnaverat Pipinus cum Gandalis, in quo praelio perdidit de nobilibus viris viginti ; qui, admonitus per visionem ut pergeret obviam sanctis reliquiis, mox cum exercitu et mortuorum corporibus perrexit. Qui simul cum omnibus Dominum deprecatus est ut sui, quos perdiderat, meritis sanctorum quorum ossa deportabant, resuscitarentur ; quod et factum est. Dehinc beatus Felicius et socii ejus, cum venerando rege Pipino, inter caetera Dominum deprecabantur ut eis salubre concilium suggereret ad sancta membra locanda ; aedificantesque basilicam et in ea ciborium cum sex columnis lapideis, mirifici operis, bene compositis, non longe a Vultumnis littore, passus (ut arbitror) centum, in quo cum aromatibus et plurimis bonorum odoribus condientes caput sancti Jobannis Baptistae, almi praecursoris Christi, et beatorum innocentium in hoc ciborio concluserunt.

Construxit quoque idem rex monasterium Sancti Cypriani quod est in prospectu Pictavis, monasterium Brantomense, et transtulit canonicalem habitum in monasterio Sancti Eparchii Engolismae ; quibus monasteriis praefecit Martinum.

Circa haec tempora constructum est monasterium Sancti Pauli Cormaricensis, ab Alcuino et caeteris sanctis canonicis [8].
838 Anno DCCCXXXVIII. — Pipinus rex Aquitanorum obiit ante Ludovicum patrem suum imperatorem [9].
840 DCCCXL. — Tunc eclipsis solis fuit et dominus Ludovicus obiit, II° kal. junii, anno DCCCXL° ; sepultus Metis apud Sanctum Arnulphum. Remanserunt tres filii ejus : Lotharius imperator, Ludovicus rex Germaniae et Carolus rex Franciae et Burgundiae ; qui pro regno Aquitaniae inter se discordantes, bellum committunt in Fontaneto, quod est in Burgundia : Lotharius ex una parte cum exercitu Italiae, Carolus et Ludovicus ex altera cum Francis et Aquitanis.
841 DCCCXLI. — Fuit hoc bellum post mortem Ludovici [anno] primo, quidem Lotharius victor fuit ; sed subito Garinus dux, cum Tolosanis et Provincianis superveniens, bellum restauravit et fugatus est Lotharius.

Praelium factum inter Carolum et Clotarium fratres apud Fontanetum, anno ab incarnatione Domini DCCCXLI. Abhinc Caroli Calvi regnum.
842 DCCCXLII. — Anno secundo post mortem Ludovici, Carolus et Ludovicus regnum partiti sunt sibi ; et post duos annos venit imperatrix, mater Caroli Calvi, Turonis, [ubi] obiit, sepulta apud Sanctum Martinum.
843 DCCCXLIII. — Civitas Namnetica a Normannis capitur vice prima, prodente eam Lamberto perfido comite, qui a fidelitate Francorum regum ad Nomenoium Britonum se contulerat ; qui etiam ipsius consilio in Britannia regnum usurpare ausus est.
844 DCCCXLIV. — Sequenti anno, Stephanus, comes Arvernorum, a Danis interfectus est. Ipso anno Rainaldus, comes Arbatilicensis, cum Lamberto Namnetis comite congressus, occisus est ; et Namnetis eo anno a Winfaldingis capta est, et Carolus Calvus primo Britanniam ferro et igne vastavit.

Eodem anno, id est DCCCXLIV [10], cum nomen gentis Normannicae apud nostrates nec auditum foret, repente de vagina suae habitationis exiens, [illa gens] nancta piraticam caestum a mari Britannico depopulata est loca, navibusque longis alveum ingressa Ligeris, Namneticae properat ad moenia urbis, speciem praeferens multitudinis negotium exercentis. Dies tunc festivus cunctum ad ecclesiam invitarat populum, nam erat sancti praecursoris nativitas, nec erat suspicio bellici tumultus et intrabatur portis semper patentibus. Sanctus etiam Gonardus [11] pontifex, in ecclesia B. Petri apostoli, super aram Ferreoli martyris, quae est ad laevam ejusdem aedis, reverenter sacris instabat missarum solemniis. Igitur nullo prohibente ingressi Normanni, sub vestibus arma celant gladiosque sub umbra ; intrantesque ecclesiam, enses denudant, ipsumque pontificem Sursum corda dicentem, juxta sacram victimam obtruncant, bacchantesque per populum nulli aetati parcendum putant ; ipsaque urbe vastata ecclesiaque incensa, cum grandi captivorum multitudine et pretiosa captivitatis supellectile naves conscendunt et in insulam quamdam contubernium faciunt. Inde eruptionibus crebris, maritimis indefensis oris, multa formidine pressos incolas ignotas cogunt perquirere terras.

Claruerunt Sergius papa, cui Leo successit, Benedictus, Nicolaus, Adrianus, Johannes ; Amalricus Turonus, Dodo Andegavinus, Godo Pictavinus, Bernardus Lemovicus, Amardus Petragoricus, Autbertus Engolismensis, Actardus Namnetensis.

Vicesimo anno ex quo episcopi Britanniae sese a Turonica metropoli diviserunt, perrexit iste Actardus Romam, transmissus a synodo Suessionica, praesente Herardo archiepiscopo Turonensi, intimare cupiens papae Nicolao, tertio a Leone, qualiter non solum episcopi supradicti Turonensem archiepiscopum nequaquam recognoscerent metropolitanum, verum etiam princeps eorum Herispoius colla de sub jugo Caroli Calvi, filii Ludovici, omnino excussisset. Hunc Actardum deposuit Nomenoius, princeps Britannicus, de sua sede, et in loco ejus Gislardum substituit ; quam obrem a Leone papa epistolis, et verberibus plenis, vehementer increpatus est.

Sanctus Guhardus trucidatus est a Normannis in civitate sua Namnetica.

Posteaquam isti Normanni civitatem Namneticam ceperunt non parvo tempore in ea habitaverunt et, exinde egressi, proximas regiones vastando praedaverunt.

Superveniens vero alia classis Normannica, ubi audivit eos in civitate ipsa residere omnesque provincias circumquaque quasi in proprium jus vindicasse, misit nuncios suos ad Erispoium, Britannicum principem, mandans ei, ut congregato exercitu veniret, junctique simul supradictos Normannos a civitate expellerent. Herispoius haec audiens, Nannetum pergens et adjuvantibus sibi Normannis jam dictae classis, civitatem obsedit. Illis autern deintus haud segniter se defendentibus, pugna gravis usque ad noctem deducitur, sauciatusque est in illo certamine Sidric, comes praefatae classis. Nocte vero sequenti pacem fecerunt inter se Normanni cum insulanis. Insulanos ideo dico, quia in insula quadam Retia nomine, sub civitate Namnetica, sua magalia exstructa habebant. Mane autem facto,mare ingressi, per Sequanam fluvium superiores Franciae partes agere cupientes petierunt ; sed nefandissimi eorum conatus omnino frustrati sunt, nam a Carolo Calvo ibi congressi et usque ad internecionem omnes deleti sunt.

Eo anno apparuit in Francia stella quae dicitur cometes diebus viginti ; et fames tritici horribilis per Franciam, Burgundiam et Aquitaniam, ita ut non essent qui sepelirent cadavera morientium, sed se invicem homines manducarent.
845 DCCCXLV.—Sequenti anno Bernardus comes Pictavinus et Arveus filius Rainaldi, congressi cum Lamberto comite, occisi sunt.

Alio anno Siguinus, comes Burdegalensis et Santonicensis, a Normannis captus et occisus est, et Sanctonas a Normannis igne concremata est, thesauris ejus optimis exportatis. Karolus, iterum Britanniam pergens, cum Nomenoio duce dimicat et victor fuit, Nomenoio fugato.

His temporibus Normanni diffusi sunt per Aquitaniam, quia duces ejus inter se bello deciderant [12] nec erat qui eis resisteret ; et concrematae sunt ab eis Hero insula et monasterium Deas, Burdegala, Santonas, Engolisma, Lemovicas, Parisius, Turonis, Belvagus, Noviomagum, Aurelianis, Pictavis, et innumera monasteria et castella destructa post mortem Ludovici imperatoris.
851 DCCCLI. — Karolus tertia vice Britanniam igne et ferro vastavit ; et dum in Aquitaniam regressus [13] esset, Nomenoius dux Redonas civitatem et Namnetes capiens, destruxit eas et in Britanniam repedavit.
852 DCCCLII.—Anno sequenti, jubente Deo, ab angelo percussus interiit ; et Karolus Calvus, quarto Britanniam ingressus, curn Erispoio filio Nomenoii dimicavit. Victor exstitit, sed magnam partem exercitus sui cum Viviano duce amisit.
850 DCCCL.— Anno ab incarnatione DominiDCCCL [14], Leo tenebat sedem Romanam XXIV annis ; et post Stephanus, cui ex ordine per multorum annorum curricula cunctis spaciis temporum successionem sortiuntur sanctae Romanae sedis : Paschalis, Eugenius, Valentinus, Gregorius, Pelagius, item Leo.
851 DCCCLI. — Nomenoius, Britannorum tyrannus potius quam rex, coelitus percutitur ; cui successit usurpativo in regno Erispoius, filius ejus [15].
852 DCCCLII. — Et sequenti anno Lambertus, comes Namnetensium, a Gauberto comite Cenomannensium in bello occiditur ; et Karolus quitita vice Britanniam vastavit et [per] Pipinum nepotem suum ibi positurn adquirens, Britanniam sibi subjugavit occiso Erispoio.

Ramnulfus comes quoque Pictavensis et Raino comes Arbatilicensis, consanguineus ejus, cum Normannis in Briliaco villa dimicantes fugati sunt [16] ; et Gaubertus dux Cenomanensis, insidiis Namnetensium circumventus, occisus est [17].
855 DCCCLV. — Anno ab incarnatione DCCCLV° Lotharius moritur, filius Ludovici imperatoris qui fuit filius Caroli Magni, prius factus monachus in monasterio Prumiae Sancti Salvatoris, ob peccatum persecutionis paternae [18].

Karolus vero, XV° anno post praelium Fontaneticum, in regem Lemovicae unctus est, in basilica Sancti Salvatoris, et inde ingressus est Franciam. Post paucos dies Lotharius imperator monachus factus est, quia patrem in carcerem ejecerat : quo mortuo de anima ejus altercatio visa est inter angelos nequam et sanctos ; daemones autem frustrati sunt. Parvo post tempore Ludovicus filius ejus obiit ; et Carolus Calvus in imperatorem elevatus est, qui construxit monasterium Sancti Petri Parciacensis.

Temporibus Salomonis regis et ducis Cornubiae, corpus sancti Matthaei apostoli translatum est in urbe Legionensi et conditum in ecclesia sancti Pauli episcopi ; inde post quadraginta et octo annos translatum est in Lucaniae partibus.

Anno ab incarnatione Domini DCCCLV, Normanni a milliario uno prope Pictavim interfecti sunt.
863 DCCCLXIII. — Anno nono post haec, id est DCCCLXIII° Pictavis a paganis vastata est, et basilica Sancti Hilarii igne cremata est.
857 DCCCLVII. — Herispoius, filius Nomenoii, rex tyrannicus Britonum a Salomone occiditur [19].

Dominus Herardus ordinatus est Turonensium archiepiscopus.
858 DCCCLVIII. — Hic, generali synodo in civitate Turonica habita, quaedam necessaria sanctorum canonum capitula excerpsit, quae firmius. custodienda sanxit XVII° kalendas junii [20].
863 DCCCLXIII. — Corpus sancti Urbani papae translatum est.
867 DCCCLXVII. — Ludovicus filius Caroli Aquitaniam venit.
868 DCCCLXVIII. — Coeptum est coenobium Sancti Michaelis ad Clusam.

His diebus incoeptum est monasterium Sancti Pauli Cormaricensis, ubi primus [abbas] exstitit Jacob [21].

Anno ab incarnatione Domini DCCCLXVIII, beatissimi Mauri [22] corpus, jussu serenissimi regis Karoli, in monasterium sanctae Dei Genitricis et semper virginis Mariae beatique Petri principis Apostolorum quod antiquitus Fossatense appellatur, digno cum honore translatum est ; quod sanctus pontifex Æneas, in ipso monasterio suscipiens, in arca ferrea ad hoc ipsum praeparata recondidit.

Eodem anno, pridie ante sanctam Pentecostem, III° kalendas junii, ordinatus est famulus Dei Gauslinus primus abbas, post restaurationem monastici ordinis in coenobio Sancti Mauri, in ecclesia Sancti Salvatoris, ante altare quod ipse aedificaverat in honore individuae ac vivificae Trinitatis, a summo pontifice Turonicae urbis Ursmaro aliisque duobus episcopis ; quem etiam ipso anno primum quidem Ebroinus antistes in ecclesia Pictavensi ad ordinem diaconatus, Dodo autem episcopus in ecclesia Andegavensi ad presbyterii promoverat dignitatem gradus.

Quo tempore gravissime Normanni affligebant Aquitaniam, et Helias Scotigena, Engolismensis episcopus, defunctus est ; monasterium quoque beati Eparchii ab infestantibus paganis desolatum est, ita ut ibi nullus monachorum habitaret, et hac de re canonicalis habitus ibi reverteretur qui nuper exierat.

Turpio vero, abiens Franciam cum rege Carolo et inde regressus, non post multos dies cum Normannis congressus, occidens eorum regem nomine Maurum, ab eo ipse occiditur ; et Emeno frater ejus Engolismae comes extitit, et ipse post biennium cum Landrico comite Santonensi confligens, interempto Landrico, in castro Runconia reducitur saucius et octavo die moritur, sepultus juxta basilicam beati Eparchii, et reliquit parvulum filium Ademarum nomine ; et Carolus hoc audito Vulgrinum propinquum suum, fratrem Aldoini abbatis ex mpnasterio Sancti Dionysii, direxit et praefecit Engolismae et Petragoricae, et Olibam statuit in episcopatu Engolismae.

Carolus Bituricas vastavit fame.

Reaedificatum est, ut dictum est, monasterium Sancti Mauri ; et primus ibi ordinatus est Gauslinus abbas a summo pontifice Ursmaro Turonensi.
869 DCCCLXIX. — Lotharius filius Ludovici imperatoris obiit.

Sequenti anno fuit Vienna Carolo data.
872 DCCCLXXII.—Clusense coenobium Sancti Michaelis inceptum est [23].
875 DCCCLXXV. — Eclipsis solis facta est mirabilis ; hora nona.
876 DCCCLXXVI. — Fames valida per omne regnum Franciae incubuit. Cometa visa est mense julio, et eclipsis solis fuit mirabilis V° kal. Novembris [24].
877 DCCCLXXVII - Interea Carolo Calvo de saeculo migrante, eodem anno regnum in Francia pro eo filius ejus Ludovicus Balbus accepit ; nec ultra imperium accepit aliquis de regibus Franciae.

Carolus Calvus imperator Romanorum et rex Francorum obiit, et filius Ludovicus regnum suscepit, et eclipsis solis mirabilis facta est hora nona.

Tunc Bajoarii et Alamanni ex gente eorum creaverunt [25] sibi regem Hotoriem [26] ; Langobardi similiter ex gente sua regem Adalbertum, deinde Arduinum ; Romani vero de senatoribus elevaverunt in regno Albericum, cujus frater Benedictus papa ordinatus est post Sergium, qui Johanni successit.

His ita evenientibus destructa monasteria erant, de quibus libet aliqua memorare. Monasterium Sancti Martini Vertavensis, quod ipse primus aedificavit, eversum erat. Monasterium Sancti Martini Turonensis, quod ipse sanctus Martinus incepit, destructum erat.

Coenobium Sanctae Mariae Lucionensis, quod Lucius quidam imperialis incepit et postea rexit sanctus Philibertus, destructum erat. Coenobium Sancti Michaelis ad Eremum, quod sanctus Ansoaldus Pictavensis episcopus aedificavit, dirutum [27] erat. Monasterium Sancti Hilarii et coenobium Sanctae Crucis, quod beata Radegundis regina construxit, destructa erant. Cella Sancti Benedicti Quinciaci destructa. Coenobium Sancti Savini et castrum in quo est, quod Carolus Magnus jussit aedificari, inviolabile mansit solum, caeteris multis destructis quae non occurrit nominare.
890 DCCCXC. — Ramnulfus comes Pictavinus obiit.
892 DCCCXCII. — Visa est cometa in cauda Scorpii per dies ferme LXXX ; quam subsecuta est validissima siccitas, toto aprili et maio. IV° autem idus maii et XVII° kalendas julii, ita immensa gelu vineas et sigalum decoxit ut per omnem Franciam, Burgundiam, Neustriam ac partem Germaniae modicum quid colligeretur [28]

Defuncto rege Ludovico regnum pro eo filius ejus Carolus, cognomento Insipiens vel Minor, accepit anno DCCCXCIII [29] et Remis factus est rex. Hic fuit follus, qui postea a Rotberto dejectus est regno Francorum ; nam Franci, conjurantes, eum ejiciunt de regno et Odonem Aquitaniae in regno elevaverunt.

Quo tempore Rodulfus, rex Burgundiae, cum fortissimo hoste Lemovicinum appulit, et congregati sunt contra eum innumerabiles hostes Normanorum ; et commisso praelio in loco qui dicitur ad Destrictios, usque ad internecionem devastati sunt pagani, et exinde fugientes non ultra fiduciam praesumpserunt veniendi in Aquitaniam. Rodulfus autem Deo gratias retulit, pro quo animam suam posuerat, [et] cum magno triumpho regressus est. Et Normanni reversi terram vacuam reperientes, sedem sibi in Rotomago constituunt cum principe suo Rollo ; qui factus christianus, [qui] captivos plures ante se decollare fecit in honorem deorum quos coluerat, deinde infinitum pondus auri per ecclesias distribuit christianorum in honore veri Dei, in cujus nomine baptismum susceperat.
893 DCCCXCIII. — Odo rex Pictavis venit.

Ramnulfus quoque comes Pictavensis habuit filium nomine Eblum. Qui Ranulfus consanguineus erat Willelmi nobilissimi comitis Arvernorum, summamque amicitiam cum eo et cum Rollo principe Normannorum habuit. Et quia pugnator fortissimus erat, a rege Odone valde honorabatur, et dum regalem aulam assiduaretur veneno necatur. In extremis Geraldo [30], ibi tunc praesenti, parvulum filium suum Eblum commisit tuendum. Ademarus autem filius Emmenonis, Sancia in conjugio copulata, Alduino comiti Engolismensi et Willelmo Petragoricensi familiarissimus existens, honore eorum ac si frater potiri videbatur. Qui a rege Odone vocatus ad palatium, provectus est Pictavus comes ; regressusque a palatio sanctus Geraudus clam subductum filium Ramnulfi Willelmo, Aquitaniae duci, comiti Arvernis credidit nutriendum, cui propinquus erat.
900 DCCCC — Obiit Hecfridus episcopus Pictavinus et Froterius ordinatur.
902 DCCCCII. — Pictavis nocte ingreditur Eblus. Erat abbas apud Sanctum Maxentium Ademarus.
903 DCCCCIII. — Sequenti anno erat abba Ademarus Sancti Maxentii. Basilica Sancti Martini Turonensis, quam sanctus Perpetuus olim aedificaverat, cremata est pridie kalend. julii, quam postmodum nostra aetate Herveus thesaurarius reaedificavit. Construxit enim coenobium monachorum Sancti Petri Pruliaco castro, ubi primus abbas fuit Amblardus.

Similiter sanctus Geraudus, comes Aureliaco, suum coenobium construxit in proprio jure, ubi iterum primus abbas fuit Berno. Willelmus comes Cluniaco sanctum Bernonem primum abbatem instituit, qui postquam subditis suis bene ministravit in eo monasterio defunctus est ac sepultus.

His diebus Otho, rex Bajoariorum, Langobardorum regnum sibi subegit. Similiter defuncto Alberico, consensu Benedicti papae, Romanorum imperator promotus est ; quo defuncto imperavit filius ejus Otho.

Francorum vero rege Odone obeunte, regnavit pro eo filius Arnulfus pauco tempore et mortuus est. Itemque Carolus minor regnum suscepit, unxitque eum Arbertus episcopus ; contra quem iterato Francorum proceres conspirati, eum regno pellentes, Rotbertum ducem pro eo constituunt regem. Tunc inter se divisi sunt Franci, sed major pars favebat Rotberto.
910 DCCCCX. — Willelmus, dux Aquitanorum, construxit Clunianum monasterium in fundo proprio, quod in Burgundia noviter fecit. Qui cum non haberet prolem et sororem suam in matrimonio desideraret sancto Geraldo conjungere, nullatenus quivit ; qui caelibem vitam ducens semper, cum ad copulam suaderetur amore filiorum, respondit : « Utilius est, inquit sine filiis mori, quam relinquere malos heredes. »

Erat etiam Ademarus, comes Pictavinus, amator sanctae eeclesiae ; cumque et ipse prolem non haberet cum uxore sua Sancia, de futuro saeculo prospiciens sibi, concessit quaedam ex jure proprio ecclesiis Christi praedia : Sancto Salvatori Karrofo Noeriam, Sancto Martiali Wultonnum, Sancto Johanni Neiriacum, Sancto Hilario Corcolmum, Sancto Eparchio Godorvillam.

Eo tempore Ebbo Bituricus coepit aedificare coenobium Dolense in honore Dei matris. Quod postea integravit filius ejus Rodulfus, ubi primus abbas fuit Berno ; cui successit Odo, Frambertus, Rannulfus, Arbertus, Bernardus, Emeno [31].
911 DCCCCXI. — Apud Carnotum, anno DCCCCXI° praliatum est die sabbati contra paganos, per Ricardum et Robertum duces ; et perempti sunt fortissimi paganorum sexies mille et septenginti [32].
915 DCCCCXV.- Berno abba suscepit curam Cluniacensis coenobii, quam tenuit XI annis. Obiit autem idibus januarii, regnante Ludovico rege.

Anno Ludovici regis sexto, erat Garbertus abbas Sancti Maxentii.
917 DCCCCXVII. — Rainaldus abbas Nobiliaco obiit, et Rottardus ordinatur.
918 DCCCCXVIII. — Willelmus dux, comes Arvernorum, obiit. - comes Arvenorum : comte d’Auvergne
919 DCCCCXIX. — Karolus Follus a suis relinquitur. Postea accito auxilio ab Othone imperatore, cum multo exercitu, partim de Bajoaria, partim de Francia, regressus Franciam, conserto praelio Rotbertum interfecit ; regnumque recuperans, Hugoni, filio Roberti, ducatum permisit regendum.
921 DCCCCXXI..— Ricardus dux obiit et Robertus dux Franciae unctus est in regem a Galterio Senonum episcopo, qui eodem anno occisus est a militibus Karoli Lothariensibus ; et Rodulfus dux Burgundiae unctus est in regem Franciae a supradicto episcopo.
926 DCCCCXXVI. — Eo tempore, DCCCCXXVI° anno instante et Ludovico regnante, Odo abbas Cluniacum monasterium suscepit regendum.
936 DCCCCXXXVI. — Erat Ebulus episcopus et abbas Sancti Maxentii.

Temporibus hujus [33] fuit septimo anno abba Ermenfredus Sancti Maxentii.

Karolo migrante, Ludovicus Ultramarinus filius ejus regnum suscepit, quando Robertus tyrannus occisus est a Lothariensibus militibus. Eo tempore Hungari in Burgundiam venerunt [34].

Ipsis diebus Ademarus, comes Pictavinus, defunctus estet Pictavus, juxta basilicam Sancti Hilarii, IV° kalendas aprilis sepultus est.

Interea Willelmo duce mortuo, Eblus filius Ramnulfi Arvernis et Pictavis simul comes commotus [35] est, acceptaque in conjugio Adela, filia Rolli Rothomagensis, genuit ex ea Willelmum Caput Stupae et episcopum Ebulum. Eblo duce defuncto, filiorum ejus alter episcppus factus est : Ebulus enim annuente Ludovico rege, pontifex Lemovicae civitatis factus est ; Willelmus vero Caput Stupae Arvernis, Vellatis, Lemovicae et Pictavis comes provectus, dux Aquitanorum et consul exstitit.

Hic germano suo Ebulo abbatiam Sancti Hilarii et Sancti Maxentii cum nonnullis possessionibus in Pictavensi solo praebuit. Fuit enim Ebulus, bonus pastor ecclesiae, aedificavitque castellum Lemovicae sedis, castellum Sancti Hilarii ; et canonicos ibi disposuit, quia infestatione Normannorum idem locus a pristina monachorum habitatione desciverat. Restauravit monasterium Sancti Michaelis ad Eremum et multa alia laudabilia in opere Dei egit ; qui defunctiis, sepultus est in basilica supradicti angeli. Fuit autem successor Turpionis episcopi, avunculi Rotberti vicecomitis Albucensis ; fuit autem Ebulus a sancto Martiale trigesimus nonus.

Eodem tempore, adhuc vivente Turpione, Odo et Teuthelo, canonici Sancti Martini illustrissimi, adimplentes evangelicum praeceptum, derelictis omnibus suis, pauperes pauperem Christum secuti sunt et Cluniaco sancto habitu et vita induti sunt. Unde nutu Dei Odo abba praefuit sanctissimus, sicut in sequentibus dicemus. Teutelo, jubente. abbate suo, archiepiscopus invitus consecratus [est] Turonis. Quinquagesimus primus a sancto Gatiano successit Herbertus [36] episcopus.
937 DCCCCXXXVII. —Ordinatus est Albinus episcopus Pictavis.

Tempore illo Rollo defuncto, filius ejus Willelmus loco ejus praefuit, a pueritia baplisatus ; omnisque multitudo quae juxta Franciam habitabat fidem Christi suscepit et, gentilem linguam omittens, latino sermone assuefacta est.

Guillelmo ab Arnulfo Flandrensi comite interempto, filius ejus Ricardus succedens, christianissimus factus, aedificavit in ea Normannia quae antea vocabatur Marcha Franciae et Britanniae monasterium Sancti Michaelis de Monte, ubi monachos ordinavit ; item aliud monasterium Fiscannum, in honore sanctae Trinitatis, ubi sepultus est, ubi quoque monachos posuit, et Willelmum abbatem eis praeposuit, cui successit Johannes et alius Willelmus.

Ipsi quoque principi Ricardo [successit] filius ejus Ricardus, et huic alius Ricardus ; huic quoque Robertus, pater ejus qui Willelmum genuit, ex ea quae fuit filia pelletarii, burgensis [Falesiae].

Eo tempore inceptum erat aliud monasterium de Sancto Michaele de Clusa, a sancto Johanne episcopo et eremita, ubi primus abba fuit Arveus ; quae duo coenobia monachorum angelica jussione facta sunt, et creberrime ab angelis nimiis et fulguris et miraculis simul illustrantur.

Eo quoque tempore constructum est monasterium Sancti Florentii in Salmuro castro [37], ab initio regni Karoli, filii Ludovici ; quo regnante, facta est destructio monasterii Sancti Florentii. A Nomenoio Britone usque ad abbatem Fredericum, qui illud monasterium reaedificavit et apud Salmurum alterum quod nunc est Novum constituit, computantur anni CLXXXIII.

Illud in Salmuro castro institutum est hortatu et juvamine nobilis et praecellentis Tetbaudi, in quo, cura magno populorum ambitu, idem comes transtulit sanctissimum Florentium confessorem, ac propriis rebus, tam de alodis quam de aliis mobilibus facultatibus, honorare curavit ; in quo etiam monasterio quemdam Sancti Benedicti alumnum, Amalbertum nomine, abbatem constituit. Iste Tetbaudus pater fuit Odonis comitis et Hugonis archiepiscopi. Huic Amalberto dedit idem comes locellum Sancti Lupantii, adjuvante Arduino archiepiscopo Turono ; cui abbati successerunt Rotbertus, Audebertus et Giraudus, qui in via Sancti Sepulchri decollatus est.
938 DCCCCXXXVIII —Obiit Odo, abbas Cluniacensis, XIV° kalendas decembris, atque Turonis sepultus est in monasterio Sancti Juliani, duodecim annos in abbatia existens. Eodem anno succedit Aimarus humilis abbas, Ludovico regnante.
942 DCCCCXLII. — Apparuit cometa in orientali parte coeli, mense octobri, per viginti duos dies, sub obscuro capite longam facem velut funem trahens post se, paulatim ad meridianam partem tendens contra sub-solanum [38].
943 DCCCCXLIII. — In sequenti anno, subsecuta est, pestis boum ingens per totam Germaniam, Franciam, Burgundiam ; Italiam quae diu non tenuit.
944 DCCCCXLIV. — Tertio vero anno, III° kal. maii, vineae exustae sunt a gelu. Eodem tempore, venerandus abbas Aimo Sancti Johannis Baptistae monasterii, Sanctique Cypriani quod est situm in prospectu civitatis, cum Rainaldo monacho familiari suo, transtulit corpus sancti Reverentii a Noiastro castro Pictavis, in monasterio Sanctye Radegundis. Cui Aimoni successit ipse Rainaldus in abbatia ; et postea eumdem sanclum transtulit, cum consilio Willelmi ducis Aquitanorum, in supradicto monasterio Sancti Johannis Baptistee Angeriaco, quod coenobium ipse dux multum diligebat et magnis honoribus ditaverat.

Francorum interea Ludovico rege vita exeunte, regnum pro eo Lotharius filius ejus, ex Gerberga regina progenitus, suscepit. Iste Lotharingiam calumniatus est : cujus expeditionibus Gosfridus comes Andegavorum, pater Fulconis ultimi, interfuit nostraeque aetatis multi viri.

Eo tempore corpus sancti Matthaei, apostoli et evangelistae, Salernum a Lucaniae partibus, tempore Gisulfi regis, translatum est.

Noiastro : Nouâtre

954 DCCCCLIV. — Corpus sancti Matthaei translatum est. Eodem anno obiit Ludovicus, et Lotharius regnare cepit.
955 DCCCCLV. — Sequenti anno obsedit Pictavis civitatem cum Hugone duce. Ipso anno mortuus est Hugo dux.
956 DCCCCLVI. — In tertio, obiit Hugo dux et abbas Sancti Martini, filius Roberti pseudo-regis [39].
961 DCCCCLXI. — Regnante Lothario, erat domnus Ebulus episcopus et abbas Sancti Maxentii, regens abbatiam.

Hoc tempore exstructum est coenobium Sanctae Mariae et Sancti Vincentii Sanctique Leodegarii martyris quod est situm super Severa.

Eodem tempore ccenobium Sancli Leodegarii Arvernis,. Ebrolii coenobii [40], ubi abbas fuit Amblardus, cui successerunt Bernardus, Emmo, Raimundus, Girbertus, Willelmus, Gosfredus, Teptardus.

Nobiliaco Fulco abbas ordinatur.

Ipso anno Maiolus abbas, sexto anno ordinationis suae, suscepit curam Cluniacensis coenobii.
962 DCCCCLXII.-— Sequenti anno, obiit Alboinus episcopus [Pictavensis], cui successit Petrus.
lnterea Willelmo duce, cognomento Caput Stupae, effecto monacho apud Sanctum Cyprianum, ducem pro eo filium ejus Willelmum habuit Aquitania ; qui filiam Tetbaudi Campanensis, vocabulo Emmam sive Emelinam, accepit uxorem, genuitque ex ea filium iterum nomine Willelmum. Quae nobilis comitissa exstruxit monasterium in dote sua, Burgulium, in honore sancti Petri apostoli, ubi primus abbas exstitit Guitbertus.

Willelmus comes Caput Stupae reliquit monasterium, et veniens apud Sanctum Maxentium obiit ibi in pace. Willelmus vero filius ejus, cognomento Ferabrachia, successit ei.
963 DCCCCLXIII. — Obiit Willelmus apud Sanctum Maxentium, ubi erat Odo abbas.
965 DCCCCLXV. — Erat Ramnulfus abbas post Odonem.
968 DCCCCLXVIII. — Erat Constantinus abbas Sancti Maxentii post Ramnulfum.

Eo tempore, idibus maii, in maxima parte hujus regni, in omnibus fere villis in quibus ecclesiae sunt, caelestis ignis sine tonitruo ac turbine, non hominem neque pecus laedens, cecidit ; et in quibusdam locis, daemones in forma luporum, ad imitationem caprearum balantes, apparuerunt [41].
973 DCCCCLXXIII. — Erat Girbertus abba Sancti Maxentii, qui multa acquisivit.
975 DCCCCLXXV.— Obiit Petrus episcopus Pictavinus ; cui successit Gislebertus episcopus.
978 DCCCCXXLVIII — Otho imperator apud Parisium fuit, sed Franci fugaverunt eum [42].
980 DCCCCLXXX. — Obiit Otho imperator ; cui successit Otho tertius filius ejus et nomine et actu.
981 DCCCCLXXXI. — Sequenti anno, tres apostolici apud Romam mortui sunt [43].
985 DCCCCLXXXV.— Obiit Hugo [44] Bituricus archiepiscopus.
986 DCCCCLXXXVI. — Sequenti anno, Lotharius rex Lemovicam adiit, et tempus aliquantulum in Aquitania egit ; unde revertens, veneno a regina sua adultera extinctus est, Ludovicumque filium reliquit, qui uno tantum anno [45] supervivens et ipse potu malefico necatus est. Iste, puer adhuc, Blanchiam accepit uxorem ; in quo etiam reges defecerunt de familia Magni Karoli. Et Karolus, patruus Ludovici, pro eo regnum Francorum accipere voluit, sed non potuit, quia Deus judicio suo meliorem elegit ; nam Franci, inito consilio, eum abjiciunt et Hugonem ducem, filium Hugonis, in regem eligunt cum filio suo Rotberto.

Obiit Andegavinus Gosfredus comes, pater Fulconis ultimi, XII° kalendas augusti, in obsidione Marsonis super Odonem Rufinum facta, et ei successit Fulco.
988 DCCCCLXXXVIII. — Igne succensus est Karrofus. Karrofus : Charroux (86)
993 DCCCCXCIII. — Bernardus abba emit curtem de Marciano.
994 DCCCCXCIV. — Sanctus Maiolus obiit Silviniaco, peracto vitae suae cursu felici. Ibi sepultus est, in monasterio apostolorum Petri et Pauli ; et fuit successor beatus Odilo, non dispar virtutibus et merito vitae, vixitque in abbatia feliciter triginta et tribus [annis].

Eo tempore, apud Majus Monasterium Turonis, post restaurationem Normannorum, et post sanctum Maiolum qui eum regebat ; primus abba fuit Guitbertus ; cui successerunt per multorum annorum curricula : Bernerius, Gosbertus, Sichardus [46] Evrardus, Audebertus, Bartholomeus.
989
à
996
DCCCCLXXXIX — DCCCCXCVI [47]. — Hugo dux cum filio suo Rotberto levantur in regno [48]. Hac de causa episcopus Montis Leudonensis [49], Ascelinus, majori hebdomada ante pascha in qua est coena Domini, velut Judas Christum ipse tradidit Karolum. Qui Aurelianis trusus [est] in carcerem usque ad mortem, ibique genuit Karolum et Ludovicum et mortuus est ; et expulsi sunt a Francis filii ejus, et profecti sunt ad imperatorem Romanorum et habitaverunt cum eo.

Sane dux Aquitanorum Willelmus, reprobans nequitiam Francorum, Hugoni subditus esse noluit. Unde factum est ut Hugo, exercitu Francorum adunato, urbem Pictavim obsidione fatigaret ; dumque frustratus abscessisset, cum Aquitanorum manu Willelmus insecutus est usque Ligerim ; ubi in gravi praelio Franci decertantes, et [ob] Aquitanorum animositates multo sanguine alterna caede fuso, superiores Franci exstiterunt et sic reversi sunt. Pacem postea habuit. Willelmus cum Hugone et filioejus Rotberto.

Rex Hugo cogitans erga se gratiam Dei, quasi rependens vicem, defensor clementissimus exstitit ecclesiae Dei. Nam ob hanc causam creditur progenies Karoli reprobata quia jamdudum, Dei gratiam negligens, ecclesiarum potius neglectrix quam erectrix videbatur. Beati ergo Dionysii coenobium, quod jam pristinam normam monasticam corripuerat, rex Hugo regulari honestate, sicut in Dei oculis rectum erat, honeste restauravit, per manus venerabilis Odilonis abbatis ; et alia sanctorum nonnulla monasteria in decorem pristinae disciplinae revocavit.

Eo tempore gravissimum bellum inter Willelmum ducem et Gofredum Andegavensem comitem peractum est. Sed Gaufredus, necessitatibus actus, Willelmo duci se subdidit seque in manibus praebuit, et ab eo Lausdunum castrum cum nonnullis aliis in Pictavensi pago beneficio accepit.

Ea tempestate, Otho imperator tertius, cogitans lucra Christi, ut ante tribunal judicis duplicatum redderet talentum, Dei voluntate populos Ungriae [50] una cum eorum rege ad fidem Christi convertere meruit. Girbertus vero, natione Aquitanus, monachus Aureliacensis Sancti Geraldi ecclesiae, causa philosophiae primo Franciam deinde Cordubam lustrans, cognitus ab imperatore, archiepiscopatu Ravennae donatus est. Procedente tempore, cum Gregorius frater [51] imperatoris decessisset, iste Girbertus ab imperatore papa Romanorum sublimatus est, propter philosophiae gratiam. Mutatum est nomen ejus pristinum et vocatus est Silvester.

Girbertus enim docuit Fulbertum, Carnotensem episcopum, qui post Leobinum exstitit episcopus ; de quo multa scripta, vel in pagina vel in cantu, sanctae ecclesiae remanserunt. Hic iterum Fulbertus docuit Berengarium, canonicum Sancti Martini, qui item Brunonem Remensem et alios multos heredes philosophiae reliquit. Bruno quidem, perfectus philosophus, monachus factus et eremita apud Calabriam multorum monachorum pater, obiit in Christo.

Praefectus Romae Crescentius cum contra Othonem imperatorem vellet imperium arripere Romanum, tandem coactus in turre quae vocatur in cella, diu evasit ; sed expugnata ipsa turre captus est, insidiis suae conjugis, et patibulo suspensus ; et pro eo planctus magnus factus est.

His ita evenientibus, Turonis Arduino episcopo mortuo succedunt Archimbaudus et Hugo. Similiter Lemovicae civitati, Audoino episcopo succedunt Jordanus, Willelmus atque Wido.

Eodem modo Engolismae Gundaberto subrogati sunt Fulcaudus, Ebbo, atque Ramnulfus.

His diebus supradictis, apud Burgulium coenobium, in quo diximus primum patrem monachorum esse Gaubertum, cui temporum spatiis successerunt Berno, Rainaudus, Teudo, Raimondus, Johannes, Baldricus [52] atque Guitbertus.

Simili modo Girberto abbati Sancti Maxentii successit Bernaudus, qui recepit donum ab Aldearde vicecomitissa de coenobio Sancti Leodegarii, quod erat antiquitus juris Sancti Maxentii, post sepulturam mariti sui Arberti vicecomitis, et pro anima sua et filii Aimerici.

Hugo quoque dux Francorum, amator sanctas ecclesiae et servantissimus aequi, mortuus est ; et regnavit pro eo filius ejus Rotbertus, vir clarae honestatis et magnae pietatis, ornamentum clericorum, nutritor monachorum pauperumque pater assiduus, vere cultor Dei, rex non tantum populorum sed etiam morum suorum.

Similiter Otho imperator, haustu veneni, periit sine filiis ; et pro eo consanguineus ejus Hinricus imperium suscepit. Siquidem Arbertus, Coloniae archiepiscopus, expirante Othone in partes Capuae, sceptrum et coronam auream cum lancea sacra secum afferens, ab Hainrico circumventus insidiis, captus est et imperatoris praeventus honoribus.

Hainricus vero in imperio confirmatus, cum Langobardos sibi reperisset contrarios, misso Rodulfo duce Burgundiae, Papiam obsedit et incendio tradidit ; et palatium in ea sibi aedificavit et rebellantes sibi servire coegit. Duces quoque Graecorum cum partes ejus invaderent, ordinata expeditione oras [53] Apuliae penetrans, tot dies expugnando eorum civitates ibi exegit usque quo pestilentia exercitus ejus laboraret, sicque reverteretur. Hic in terra Theodisca a novo civitatem aedificavit, vocabulo Baemburg, quam Benedictus papa in honore Dei Genitricis consecravit et parochias in circuitu , ex paganorum vicis et oppidis dum converterentur, ad illam attitulavit [54]. Hic Cluniacensi coenobio contulit dona : sceptrum aureum, coronam auream, sphaeram auream, vestimentum imperiale, crucifixum aureum, pensantia simul libras centum, et alia multa ; et cum Odilone, abbate ejusdem loci, crebrius colloquium familiare exercebat et in aula palatii sui eum prae omnibus diligebat. Huic conjuncta fuit in matrimonium Alaidis nobilissima, quae construxit monasterium Paherne in honore Dei genitricis Mariae semper virginis ; ex qua habuit filium, quem vocavit nomine suo Ainricum.
1000 M. — Anno millesimo obiit Alaidis imperatrix.
1003 MIII - Anno millesimo tertio, primum donum fuit Maliaco coenobium construendi a Willelmo comite.
1005 MV. — Gaufredus comes cognomento Martellus, filius Fulconis comitis Andegavorum, natus est pridie idus aprilis.
1010 MX. — Romae praesidente Sergio papa, et Rotberto Francorum rege regnante, Willelmus dux Aquitanorum construi praecepit coenobium in honore sublimium Apostolorum Petri et Pauli quod vocatur Malliacum ; quod plenissime, ut decuit, ditavit magnis reditibus multisque possessionibus et, quod majus est, excellentibus reliquiis sanctorum. Dehinc pluribus adunatis fratribus regulariter viventibus, praefecit eis abbatem nomine Theodelinum ; deditque Sancto Maxentio quandam villam quae vocatur Celesium, quando corpus sancti Maxentii delatum est Pictavis, ad concilium, VI° idus martii, tempore Bernardi abbatis et Gisleberti episcopi Pictavorum.

Interea defuncta conjuge Willelmi, ducis Aquitanorum, ex qua susceperat Willelmum, idem dux sororem Sancii, ducis Gasconiae, Briscam nomine, in uxorem copulavit sibi ; quae ei duos filios genuit, Odonem et Tetbaudum videlicet, qui puer mortuus est, et alter consul et dux Gasconiae elevatus est. Amore istorum filiorum, et pro remedio animae suae, dedit item sancto adjutori Maxentio aribannum in villa Sancti Maxentii, tempore Rainaldi abbatis.

Malliacensis : de Maillezais

1014 MXIV. — Obiit Constantinus abbas Sancti Juniani Nobiliaci, cui temporaneus exstitit Letaudus abba et alii multi, sed inter alios praecipuus musicus et cantor ; huic Constantino successit Imo.

Eo tempore Theodelinus abba [55] transtulit ossa sancti Rigomeri presbvteri a Cenomanico pago, temporibus Fulconis et Odonis comitum.
1016 MXVI. — Fuit praelium Pontelivis, inter Odonem [56] et Fulconem consules, pridie nonas julii ; et victoria penes Fulconem fuit.
1020 MXX.— Monasterium Sancti Nicolai apud Andegavum fundatum est [57].
1023 MXXIII.—Obiit Hugo archiepiscopus Turonensium, IV° idus maii, cui successit Arnulfus nepos ejus [58].

Interea defuncta Sancia, conjuge Guillelmi ducis, duxit tertiam nomine Agnetem, ex qua iterum suscepit geminos filios : Petrum cognomine Acerrimum, et Gaufredum qui et Wido vocatus est.
1024 MXXIV. — Obiit Hainricus imperator.
1025 MXXV.—Captum est Salmurum castrum a Fulcone et Gelduinus fugatus est. Tunc Fredericus abba, quarto anno ordinationis suae, et fratres qui cum eo erant rapuerunt de mediis ignibus libros et quaedam ornamenta ecclesiastica ; et accipientes corpus sancti Fiorentii et reliquias caeterorum Scriptas pergunt ad ecclesiam Sancti Hilarii, ibique per aliquot annos in parvis tuguriis, more hospitum degentes, ecclesiam istam novam aedificare coeperunt. Quae, cum perfecta fuisset, convocavit venerabilis abba Fredericus Arnulfum episcopum Turonerisem et Humbertum episcopum Andegavensem, Isembertum Pictavensem atque Gauterium Namnetensem, et dedicatum est ab eis idibus octobris [59].

Eo tempore, apud castrum Liziniacum, habuit quaedam nobilis matrona novem filios, tempore Hugonis Bruni domini ipsius castri, filii Hugonis Albi, qui fuit genitus Hugonis Kari, qui exstruxit primus castrum.

Per haec tempora Ermengaudus, comes Hildergensis, post triumphos copiosos de Mauris et Saracenis, praelio inito ultimo, innumerabilem stragem Saracenorum interficiens, dum victor regreditur alium exercitum Maurorum offendit venientem ; quem cum paucis suorum lassus persequens, multos eorum occidit et ipse cecidit. Caput vero ejus Saraceni pro magno thesauro secum asportaverunt ; quod aromatizatum rex eorum auro cooperuit et semper secum in praeliis ferebat causa victoriae.
1026 MXXVI. — Ordinatus est Gulferius [60] post Rainaldum ; qui unum annum solum vivens obiit, et Amblardus successit, ordinatiis ab Isemberto episcopo successore Gisleberti.
1028 MXXVIII — Sacrosanctae ecclesiae Dei [61] sceptrum regente, Rotberto rege et Guillelmo duce in Aquitania, orta est tempestas inaudita apud nos magna, in sabbato VIII° idus julii.

Eodem anno [dux] Guillelmus et Gaufredus vice-comes Toarcensis, quosdam servos et ancillas dedit [62] Sancto Maxentio in Celosia villa supradicta.
1029 MXXIX. — Sequenti anno, post multa et laudabilia facta, ipse dux Guillelmus, monachus factus apud Mailliacum, plenus dierum in senectute bona obiit in pace, pridie kalendas februarii. Vixit autem septuaginta et unum annos.
1029 MXXIX. —Obiit domnus Fulbertus episcopus Carnotensis ecclesiae, mirabilis doctor modernorum temporum, III° idus aprilis [63].
1032 MXXXII. — Combustio civitatis Andegavae, prima nostrorum temporum, facta est V° kalendas octobris.

Eo tempore, ut ferunt, Fulco, filius Gaufredi aedificavit monasterium supradictum Sancti Nicolai civitatis Andegavim [64] ; quod, similiter ut diximus de Malliaco, bene ornato et multis fratribus adunatis, ibidem primus abba extitit Hildinus. Huic quoque successit Emmo, Airaudus, Nathalis, Lambertus atque Johannes.

[V°] Kalend. octobris ; civitas Andegava horribili conflagrat incendio. Nihil enim in ea intra muros urbis incombustum remansit, nec ipsa mater ecclesia scilices episcopalis. Sed de suburbio, cum toto monasterio Sancti Albini, [pars] maxima deperiit : imo nihil quoque ejus evasit, praeter pauculum quod aliis monasteriis haerebat [ita] ut ignis ardere non posset [65].

Eo tempore fuit concilium factum Pictavis, de fide catholica, rege Rotberto concedente ut per omnes civitates fierent concilia. Inter caetera ergo accidit ut in Pictava urbe, sicut diximus, modo concilium ageretur, duce nobilissimo Willelmo videlicet et Isemberto urbis illius episcopo, Jordane Lemovicensium praesule atque Arnaldo Petragoricensis regionis et diversorum ordinum christianorum, abbatibus videlicet, monachis et clericis necnon et fidelibus populis. Cum igitur de pluribus tractarent, statuerunt ut si quis homo res sanctae Dei ecclesiae fraudulenter ac violenter possideret, quas injuste rapuerat cum summo studio restitueret ; et ut terras monachorum integras liberasque persolverent.

Igitur Guillelmo duci saepedicto Guillelmus Pinguis, filiorum ejus major natu, succedit in principatu [66]. Qui, quarto anno post mortem patris, habens certamen cum Gaufredo Martello, convenerunt in praelium simul ; ubi utriusque exercitus conveniens ad praelium juxta monasterium Sancti Jovini, ad Montem Coerium, rnagnis animositatibus certatum [est]. a Pictavis et Andegavinis. Tandem Guillelmus dux traditur et capitur, XII° kalendas octobris.

Ainricus, post mortem Roberti, levatus est in regno.
1036 MXXXVI. — Imo abbas Sancti Juniani obiit, et succedit Ricardus.

Isembertus episcopus, Pictavis fecit synodum ubi magnam pacem firmavit. Qui, cum Eustachia uxore Guillelmi comitis, aliquantulum expoliavit monasteria auro et argento unde redimerent eum ; qui postea paucos dies vivens finem vitae sortitus est, uxorque ejus similiter defuncta : ipsa quidem apud Sanctam Mariam Pictavis sepulta, et ipse cum patre apud Malliacum humatus est. Isembertus quoque episcopus postea, pergens Romam, obiit in via, apud Paveiam civitatem peregrinus.
1037 MXXXVII. — Dedicatio ecclesiae Carnotensis Sanctaa Maria fuit facta, XVI° kalendas junii [67].

Willelmo comite mortuo, Pictavenses in magno angore et anxietate positi de morte principis sui, sicut oves sine pastore relicti, Odonena comitem, germanum ejus ex patre supradicto, ab Gasconia convocaverunt.

Eodem tempore Gastinenses Germundum castrum construxerunt [68], auxilio Andegavorum, Guillelmo Partiniacensium in eodem castro principe.

Per haec tempora Gaufredus Martellus duxerat uxorem supradictam [69] causa Pictavensium, ut haberet sibi subditos, adhuc duobus filiis suis, scilicet Petro et Gaufredo, parvulis.

Interea Odo comes, veniens a Gasconia, voluit capere Germundum castrum, sed non potuit. Inde reversus, Mausiacum, quem pari modo reperit repugnantem, expugnare coepit, ubi inhiando [70] cum coepisset adtendere, occisus est ; cujus corpus sepultum in Malliaco, ubi pater et frater erant humati.
1040 MXL. — Erat Amblardus Sancti Maxentii abbas, et post eum Emmo. In Nobiliacensi coenobio, Ricardo successerunt Petrus atque Umbertus.

Eodem anno dedicatum est monasterium Sanctae Trinitatis Vindocini, ubi primus, sicuti de aliis diximus, praefuit ibidem Domino servientibus monachis Oderinus abbas et post eum Rainaldus.

Eodem anno, obiit Fulco comes, XI° kalendas junii [71], monachus factus apud Sanctum Nicolaum.

Fulco comes, pergens in Jerusalem, in eadem via defunctus est sicut dicilur. Huic successit Gosfridus filius ejus in comitatu.

His diebus supradictis Hislo praeerat Sanctonensibus, cui successerunt Arnulfus et Boso.

Suite de la chronique


[1Lettre du 16 août 1616. Bibliothèque impériale. Collection Duchesne, vol. XXXV, f° 187.

[2Il ne figure pas dans le catalogue des livres des frères Dupuy.

[3Cette histoire a été imprimée par Labbe à la suite de la chronique de Maillezais.

[4Voyez sur ces mentions historiques un article publié par M. Marchegay, dans la Bibliothèque de l’école des Chartes, 1e série, t. II, p. 148, intitulé : Fragments inédits d’une chronique de Maillezais.

[5Mabillon, Acta SS. ord. S. B., t. II.

[6Au monastere du Mont-Glonne, avant sa destruction par les Normands.

[7Suppl. monasterio.

[8Voyez sur la fondation du monastere de Cormeri près Tours la note 2 de la page 368.

[9Cette répétition, comme plusieurs de celles qui suivront, est placée dans le ms sous la rubrique : Recapitulatio verborum supradictorum.

[10Le manuscrit porte, par suite d’une erreur évidente, DCCCLXIV.

[11Sic pour Gontardus ou Gohardus.

[12Imp. dissidebant.

[13Imp. reversus.

[14Dans le ms cet article porte, par erreur la date DCCCLX. Le pontificat de Leon III a dure 21 ans et non 24, de 795 a 816. Au lieu de Pelagius, le chroniqueur aurait du ecrire Sergius. Leon IV, élu en 847 est mort en 855.

[15Cet article est semblable a ceux des chroniques de Rainaud et de l’Evière.

[16En marge du ms de la main de Besly : pridie non. novembris.

[17Ibidem : mense marcio.

[18Cet article est semblable à ceux des chroniques de Rainaud et de l’Evière.

[19Cet article est sembiable a ceux des chroniques de Rainaud et de l’Evière.

[20Conférez avec la chronique de L’Evière.

[21Il y a ici erreur de rédaction. Le monastère de Cormeri fut fondé en 791 et organisé par Charlemagne et Alcuin en 800. Jacob n’en fut que le quatrieme abbé, mais le premier depuis la soumission du monastère à la règle de Saint-Benoit : la date se rapporte a ce dernier fait.

[22Imp. Maioli.

[23Fait deja rapporté plus haut, sous l’année 868.

[24Conférez les chroniques de Rainaud et de L’Evière, sous 1’annee 875.

[25Impr. cremaverunt.

[26Ibidem Othonem.

[27Impr. destructum.

[28Voir les chroniques de Rainaud et de l’Evière.

[29DCCCCXIII dans le manuscrit.

[30Saint Geraud, comte d’Aurillac, patron de la Haute-Auvergne.

[31Les séries d’abbés et autres personnages que donne le chroniqueur ne sont pas toujours exactes.

[32Voir les chroniques de Rainaud et de L’Evière

[33Supp. Rodulfi regis.

[34Ce dernier fait est rapporté sous l’année 937 par la chronique de L’Evière.

[35Sic pour promotus.

[36Mieux Herbernus

[37Le chroniqueur confond ici Saumur avec le Mont-Glonne ou Saint-Florent-le-Vieil, et commet plusieurs erreurs ainsi qu’on l’aura vu plus haut.

[38Voir pour cette année et les deux suivantes, les chroniques deRainaud et de 1’Evière.

[39Voyez Ia chronique de l’Evière.

[40Mieux, castri.

[41Voir la chronique de l’Evière, qui place ce fait sous 1’année 965 ; et la chronique de Saint-Florent qui le rapporte a 1’année 966. L’une et l’autre le datent IV° idus maii.

[42En 977, selon la chronique de saint-Aubin ; conférez avec la chronique de Saint-Florent et celle de l’Evière.

[43Il s’agit ici des papes Jean XIV mort le 20 aout 984, Jean XV mort en juillet 985, et de l’antipape Boniface VII mort en mars 985.

[44Impr. Otho.

[45Impr. regno.

[46Impr. Sicgardus.

[47Tous les faits qui suivent sont placés dans le ms sous l’année 996, mais il est évident que beaucoup sont antérieurs à cette année puisqu’ils se rapportent au règne de Hugues Capet. Nous les avons datés de 989 à 996.

[48Comme le ms F de la Chronique de Saint-Aubin qui place cet alinea sous l’année 987.

[49Laon, dont l’évêque était alors Adalberon et non Ascelin. V. Richeri Historiarum liber IV, cap. 47-49.

[50Imp. Hungariae.

[51Pour cognatus.

[52Imprimé : Balduinus. II

[53Imp. partes

[54Le ms porte attularit.

[55De Maillezais, Malliacensis.

[56Ici, comme à la ligne précédente, le ms porte Hugonem pour Odonem.

[57Conférez avec les chroniques de Saint-Serge et de 1’Evière.

[58Chronique de l’Evière junii au lieu de maii.

[59Consultez pour la date de ces evenements les chroniques de Rainaud, de 1’Evière et de Saint-Florent.

[60Suppl. Abbas S. Maxentii

[61Suppl. Joanne XlX papa.

[62Mieux dederunt.

[63Le ms se trompe en datant sa mort de l’an 923.

[64Impr. Andegavinae. — Erreur dans la date de ce fait. Voyez ci-dessus a l’année 1020.

[65Ces détails sont placés par erreur dans le manuscrit sous 1’anneé 1036. Conférez a ce sujet les chroniques de Rainaud, de Saint-Aubin de Saint-Serge et de l’Evière.

[66Voyez ci-dessus à l’an 1029.

[67Voir les chroniques de Rainaud et de 1’Evière.

[68Le manuscrit porte construentes.

[69Agnès, veuve de son cousin Guillaume, comte de Poitou. Voir la chronique de Saint-Serge, a l’année 1028.

[70Var. Hiemando.

[71Voir les chroniques de Saint-Aubin, de l’Evière et de Saint-Serge. Julii au lieu de junii.

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