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17 Aytré

Commune

samedi 22 octobre 2022, par Pierre, 18 visites.

Source : "Statistique du Département de la Charente-Inférieure" (1839) par A. Gautier, Fleuriau de Bellevue, Membre du Conseil général ; Bargignac, sous-Préfet de Marennes ; Michel, Conseiller de Préfecture ; Dor, Ingénieur en chef des Ponts et chaussées ; Massiou, Juge d’instruction ; Dubeugnon, Juge au tribunal civil ; Delayant, Professeur de philosophie ; G. Mareschal ; Dières- Monplaisir, Trésorier des Invalides de la Marine ; Chesnet , Docteur-médecin.

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AYTRE. — Population : 1390 habitans.

• La commune d’Aytré, qui avait autrefois le titre de Châtellenie, était, à son origine, une dépendance de l’ancien château de la Rochelle ; ainsi son nom, qui dérive du Celte, et qui signifie chemin, , était-il connu dès le 10e siècle.

Aimeri de Resse était seigneur d’Aytré vers la fin du 12e siècle. Marie, sa fille, qui épousa Guillaume de l’ancienne maison de Barrabin, recueillit la succession de son père, et la laissa à Jeanne Barrabin, sa fille aînée. Celle-ci apporta ce domaine en dot à Gilbert Chasteigner, seigneur de la Meilleraie et de Réaumur. Simon, fils de Gillebert, succéda à son père et il était seigneur d’Aytré en 1318. Geoffroy Chasteigner, ayant manqué de rendre foi et hommage pour la châtellenie d’Aytré en 1416, les officiers du Roi se saisirent de cette terre : il fallut des lettres du régent du royaume adressées au gouverneur de la Rochelle, pour donner main-levée à Geoffroi, et le réintégrer dans ses biens, à condition qu’en qualité de vassal, il remplirait à cet égard ses engagemens.

Louis XI, ayant donné pour apanage à Charles, son frère , le duché de Guienne, Pierre Chasteigner, fit hommage à Charles de France de sa terre et seigneurie d’Aytré par acte passé à la Rochelle le 14 Juillet 1469.

Jean Chasteigner, son fils, vendit cette terre vers l’an 1514, et successivement elle appartint, par voie d’aliénation, à différons seigneurs : eu 1520, Jacques de Lion en fit hommage au Roi, le 18 juin de la même année ; en 1554, Jean-Nicolas de Coureilles en avait la propriété ; en 1562, Claude d’Angliers, seigneur de la Sausaye, Beauregard et Mortagne, l’était encore de Tasdon et d’Aytré ; en 1654, Pierre Guillemin obtint des lettres-patentes portant érection en châtellenie de la seigneurie d’Aytré, avec pouvoir d’établir des juges et de faire tenir un marché ; en 1755, Louis Green de Saint-Marsan.., baron de Chatel-Aillon et sénéchal du pays d’Aunis, la réunissait à ses autres fiefs.

La position d’Aytré , limitrophe de la ville de la Rochelle, lui a nécessairement acquis une certaine célébrité dans les guerres et les sièges que cette ville a soutenus.

En 1568, les Rochelais, ayant levé l’étendard de la révolte, fortifièrent leur ville, et, pour ne rien laisser au dehors de ce qui pouvait en faciliter les approches, ils rasèrent entièrement le faubourg de Tasdon, qui fut relevé quelques années après.

En 1571, le siège de la Rochelle ayant été décidé, le maréchal Biron vint camper aux environs de cette ville, et Aytré fut choisi pour l’un de ses quartiers ; mais les Rochelais l’ayant prévenu, avaient déjà mis le feu à ce bourg. Les royalistes y entrèrent comme il fumait encore de son embrâsement ; et, ne trouvant’plus de maisons, ils furent contraints de bâtir des huttes sur les cendres de ce lieu désolé. Durant ce siège qui eut lieu sous le règne de Charles IX, les Rochelais firënt plusieurs sorties et le faubourg de Tasdon fut plus d’une fois le théâtre de combats sanglans.

Le 12 octobre 1627, le roi Louis XIII ayant résolu de prendre la Rochelle, établit son quartier-général à Aytré ; celui du cardinal Richelieu fut placé dans la suite au hameau de la Moulinette. Il y avait alors, dans la paroisse d’Aytré, plusieurs forts qui inquiétaient beaucoup la Rochelle : tels étaient celui de la Moulinette, celui de Bongraine, celui de Saint- Nicolas, celui de Coureilles, celui d’Orléans, et enfin celui de Marillac, situé à l’extrémité sud de la fameuse digue.

Après la réduction de la Rochelle, Louis XIII, en mémoire de ceux qui avaient péri au siège de cette ville, fonda, à la pointe de Coureilles, un couvent de Minimes. Un article de la capitulation portait que le cimetière de ce lieu, où avaient été enterrés les corps de tant de braves morts en combattant pour lé service du Roi, serait conservé à perpétuité. Deux plaques de cuivre placées à la porte de l’église du couvent rappelaient sommairement cette disposition ainsi que la sentence de la rébellion de la Rochelle.

Les batteries que Louis XIII avait fait construire à la pointe des Minimes, furent conservées, et plus tard on conçut le projet d’y bâtir un fort. Ce projet s’est réalisé sous l’Empire ; cette position est en effet très-favorable à la défense de la Rochelle ; la nature l’a parfaitement bien disposée pour y placer des batteries dont les feux se croisant avec ceux de la pointe de Chef-de-Baie, défendent les approches du port.

C’est dans l’anse de la pointe des Minimes, qu’on a construit, en 1833), un môle dont l’objet est de former un point d’abordage pour les bâtimens en quarantaine, et pour opérer le débarquement des marchandises. Cette construction est doublement avantageuse au commerce de la Rochelle, en ce qu’elle peut, donner, en temps de guerre, des moyens de refuge aux navires qui seraient poursuivis de près par l’ennemi, et qu’à l’époque des tempêtes , elle présente également un moyen de salut par les points d’amarrage qu’elle offre aux bâtimens.
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La commune d’Aytré, composée de vingt hameaux, outre le chef-lieu, est agréablement située sur une hauteur qui domine la Rochelle, dont elle est seulement distante de 4 kilomètres. Son étehdue territoriale » est de 1500 hectares ; elle est traversée, de l’Est à l’Ouest, par la route royale de la Rochelle à Périgueux ; elle possède deux fours à chaux et- 15 distilleries d’eau-de-vie.

Ses productions, la nature de son sol, celle de sa culture et l’emploi de ses vins, sont absolument les mêmes qu’à Angoulins. On y compte 350 habitations parmi lesquelles on remarque plusieurs maisons d’agrément.

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