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Camp de César de Toulon, piles de Pirelonge et d’Ebéon, voies antiques en Charente-Maritime

D 6 mars 2008     H 18:54     A Pierre     C 0 messages A 6124 LECTURES


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Les camps romains (ou non) et les "piles" à l’usage inconnu ont toujours fait couler l’encre. Ici Léon Massiou livre ses réflexions sur le "camp de César" de St-Romain-de-Benet, sur les "piles de Pirelonge et d’Ebéon" et les voies antiques voisines.

Source : Massiou, dans L’Investigateur – Journal de l’institut historique – Paris - 1835

Les "piles" de Courpéteau (Varaize) à g. et d’Ebéon à dr.
Par Claude Chastillon
Pendant long-temps la haine des vaincus pour les vainqueurs, éclata en fréquentes insurrections. Sous le triumvirat d’Octave, d’Antoine et de Lepide, l’Aquitaine et la Gaule celtique, décimées par les proconsuls, se soulevèrent et furent désarmées par Agrippa [1]. Sous l’empire d’Auguste, une insurrection pareille éclata chez les Santons, et fut étouffée dans un combat livré, dit-on [2] sur la côte d’Arvert par Messala Corvinus, célébré par Tibulle, son compagnon d’armes, qui se trouva à la bataille [3]. On montre encore dans ce lieu les restes d’un camp romain [NDLR : A propos de ce camp romain, voir la note ci-dessous.]. Le grand nombre de monument militaires dont les débris étaient jadis pars sur le territoire des anciens Santons, atteste la nécessité où furent souvent les conquérans de reprendre les armes pour le maintenir dans ces contrées.

L’Occident étant pacifié, Rome, moins avide de conquêtes, s’occupa davantage de civilisation des peuples. Auguste créa (av J-C. 27) une nouvelle organisation territoriale. Il forma, du Rhin aux Pyrénées, quatre provinces ; au midi le pays occupé par la république avant la conquête de César reçut le nom de province Narbonnaise ; au nord, la province Belgique comprit l’ancienne contrée de ce nom, augmentée d’une partie de la Celtique : cette dernière, bornée à l’orient par la Saône, au midi, par la Loire, prit le nom de province Lyonnaise ; enfin ce qui restait entre la Loire, les Cevennes, le Tarn, la Garonne supérieure, la chaîne occidentale des Pyrénées et l’Océan, forma la province Aquitaine.

Note au sujet du camp romain de Saint-Romain-de-Benet

Dans la commune de Saint-Romain-de-Benet, canton de Saujon, arrondissement de Saintes , on rencontre, sur les hauteurs du village de Taulon, les restes d’un camp romain. Il est carré et renfermé par deux lignes de circonvallation. La première, qui a environ huit cents pas de circuit, consiste en un fossé de vingt pieds de largeur, défendu par un glacis ou terre-plein de vingt cinq pieds d’élévation sans pallissade ni parapet. Un fossé de vingt-huit pieds de largeur sur trente de profondeur forme la seconde ligne qui a environ deux cent pas de circuit et communiquait avec la première au moyen de portes et de rues dont on distingue encore quelques vestiges. Au milieu de cette double enceinte s’élève une tour carrée (Turris Longini, Tour longe, Toulon, La Sauvagère) ayant quarante et un pieds de largeur sur chaque face, avec un parapet de quatre pieds de hauteur sur cinq et demi d’épaisseur. Des proportions aussi vastes supposent une hauteur considérable : mais ce monument a été ruiné en grande partie et n’a plus que douze pieds d’élévation. Sa construction consiste en un blocage à bain de ciment revêtu d’un parement de petit appareil allongé, c’est-à-dire formé de moellons de figure parallélogramatique superposés dans le sens horizontal. On n’est pas fixé sur la destination de cette tour carrée. Selon Bourignon, Ant. de Saintes, chap. XVI, c’était un lieu d’observation où lon plaçait une vigie ; et selon La Sauvagère Rec. D’Ant. dans les Gaul., un temple où l’on consultait les augures à la veille d’une bataille. Ne serait ce pas plutôt ce prétoire en forme de temple, que d’après le témoignage de Flavien Josèphe, les anciens bâtissaient toujours au milieu de leurs camps, et qui donnait son nom à la porte qui lui faisait face ? (Voy. M. de Caumont, Cours d’Antiq. Mon., 2e part. p. 290 et 302.)

Ce camp était, au reste, habilement placé sur le versant d’une colline d’où il dominait tout le pays circonvoisin, et où l’on n’avait garde d’être surpris par l’ennemi. Mais à quelle époque remonte sa construction, et à quelle occasion fut-il construit ? Voilà une question à laquelle il est bien difficile de répondre, tant sont vagues et incomplets le petit nombre de documens que nous possédons sur le pays des Santons pendant l’ère gallo-romaine. Quelques savans pensent que le camp de Toulon était destiné à protéger une station romaine, dont on a cru reconnaître des traces dans le voisinage. On a même cherché dans ce lieu l’ancienne station militaire appelée Novioregum dans l’Itinéraire d’Antonin, bien qu’on soit généralement convenu de la placer à Royan. On se fonde particulièrement sur ce qu’il n’existe à Royan aucun vestige de la voie romaine qui conduisait de Blaye à Saintes, tandis qu’on en trouve des traces certaines dans la commune de Saint-Romain-de-Benet, près du village de Toulon. On suit en effet cette voie de Blaye à Saintes en passant par le hameau de Fontclair, commune de Saint Sorlin de Cônac, canton de Mirambeau, arrondissement de Jonzac, par la deuxième station appelée Tamum (Talmont), canton de Coze, arrondissement de Saintes, par les communes d’Arces et de Semussac en Didonne, même canton, par Médis, canton de Saujon, où elle laisse Royan à une grande lieue sur la gauche, enfin par le village de Toulon où elle arrive après avoir traversé la Seudre au dessous de Saujon. Des pans de murs antiques répandus çà et là dans la campagne, une grande quantité de briques romaines et de fragmens de marbre que la charrue déterre chaque jour dans les champs voisins, enfin des bains romains très bien conservés, qui furent, assure-t-on, découverts près de là, mais que le propriétaire du terrain se hâta de faire combler pour se soustraire à l’importunité des curieux qui venaient les visiter, tels sont encore les motif qui ont fait supposer qu’une station militaire existait anciennement près du camp de Toulon. C’est au reste une tradition répandue dans le pays, qu’il y avait autrefois dans le voisinage de ce camp une ville considérable, et l’on cite un titre de l’an 481, conservé, dit-on, dans le cartulaire de l’abbaye de Sablanceaux, qui faisait mention d’une porte de cette ville. (Voy. La Sauvagère.)

Nous ne discuterons point ici cette opinion, qui n’est peut être pas sans quelque apparence de probabilité, mais qui demanderait à être appuyée sur des documens plus authentiques. Nous ferons seulement remarquer que le camp de Toulon ne présente aucun des nombreux compartimens qui se trouvaient ordinairement dans les camps fixes, appelés castra stativa, castra hiberna, où des légions étaient cantonnées, soit pour garder le pays, soit pour y passer leurs quartiers d’hiver. Il semble plutôt avoir appartenu à cette classe de camps temporaires, appelés castra œstiva qui, pendant une campagne, étaient construits à la hâte pour servir de retraite et qu’on fortifiait avec moins de soin que ceux destinés à former ou protéger des stations. (Voy. M. de Caumont, Cours d’Ant. Mon., 2e part., p. 293) Puisqu’en l’absence de faits positifs on est forcé de recourir aux conjectures, nous nous sommes arrêtés à celle qui nous a semblé fondée au moins sur un document écrit. Il est certain que, sous Auguste, Messala Corvinus marcha, en mainte occasion, contre les Gaulois insurgés et les défit, dit le poète Tibulle, au pied des Pyrénées, près des rives de la Saône, du Rhône, de la Garonne, de la Loire, et jusque sur le rivage des Santons. « Tu n’as cueilli aucuns lauriers sans moi, dit le poète à son général, témoin le rivage de l’océan Santonique ». Serait-il donc impossible que le camp de Toulon eût été construit à l’occasion d’une bataille livrée, à cette époque, sur la côte d’Arvert, et avons-nous de si puissantes raisons pour repousser le témoignage de ce monument de deuil qui semble être resté debout sur nos rivages pour nous apprendre que là nos aïeux succombèrent, il y a dix huit cents ans, en défendant leurs foyers contre l’oppression étrangère ?

L’enceinte fortifiée de Toulon est connue, dans le pays, sous les noms populaires de Camp de César et de Murs Sarrasins (La Sauvag.). Ces dénominations vulgaires, sur lesquelles on ne peut raisonnablement baser une opinion quelconque, sont toutefois remarquables en ce Qu’elles semblent prendre leur source dans une tradition qui remonte aux temps les plus reculés. Il existe dans nos campagnes comme une réminiscence confuse de la conquête romaine, et de cette irruption des Arabes d’Espagne qui fut si funeste au pays, lorsqu’au commencement du huitième siècle, l’émir Abderah-man s’élança du sommet des Pyrénées, à la poursuite du duc d’Aquitaine, et traversa, comme un torrent fougueux, le Périgord, la Saintonge, et le Poitou, marquant son passage par le meurtre, la ruine, et l’incendie. Abderamen proposuit interiorem Galliam penetrare, et Eudonem ducem persequi non desistens, per Petragoriam, et Santoniam et Pictariam civitates, oppida et ecclesias devastando et igne continuo consummendo … diruit et consumpsit. (Roderic. Toletan., Hist. arab., cap XIV, ap. script. rer. gallic. Tom. II). Il est des malheurs public qui font sur l’esprit des masses, une impression si vive et si durable, que la mémoire s’en perpétue d’âge en âge, et qu’après bien des siècles, il en reste encore, parmi le peuple, un vague, mais ineffaçable souvenir.

La métropole des Santons, Mediolanum santonum passa ainsi de la Celtique dans la nouvelle Aquitaine. D’abord assise sur le versant d’une colline [4], à peu de distance de la Charente et à une journée de l’Océan, cette ville fut plus tard rebâtie dans la plaine. Il entrait dans la politique des Romains de faire descendre des hauteurs les populations gauloises, pour les empêcher d’y prendre une attitude hostile. D’un autre côté, la paix et la civilisation appelèrent naturellement les tribus celtiques dans les vallées les plus favorables à l’agriculture, au commerce et à l’industrie.

Après s’être déployé dans les travaux de la conquête, le génie de Rome se tourna vers la prospérité publique et les arts. Des monumens immortels s’élevèrent de toutes parts avec une majesté digne du peuple-roi. [NDLR : A propos de la "Pile de Pirelonge" et des voies romaines, voir la note ci-dessous.]Pour le service de l’Etat et le commerce des nations, des routes larges et commodes sillonnèrent, dans une étendue de 40,000 lieues, la surface de l’Empire. Dans les Gaules, les voies romaines partaient toutes de Lugdunum [5] comme d’un centre commun. De cette ville, Agrippa dirigea vers l’occident un chemin qui traversait les Cévennes, et se prolongeait jusque chez les Santons [6]. Deux autres, partant de Vesunna [7] et de Burdigala [8], venaient se réunir à Mediolanum, d’où une quatrième gagnait au nord Limonum [9] et la vallée de la Loire [10]

MASSIOU, juge d’instruction à La Rochelle, Membre de la 1ère classe de l’INSTITUT HISTORIQUE.

Note au sujet des voies romaines et des "Piles" de Pirelonge et d’Ebéon

Nous avons déjà fait connaître le trajet de la voie romaine qui conduisait de Blaye à Saintes, (voir la note sur le camp romain de Toulon). Celle qui allait de Saintes à Poitiers, passait par les stations militaires d’Aunay et de Rоm, l’Aunedonacum et le Rauranum de l’itinéraire d’Antonin. Voici, au reste, la direction que suivaient ces deux voies romaines dont la seconde n’était que la continuation de la première telle qu’elle est tracée par l’itinéraire d’Antonin, avec les distances d’une station à l’autre

Iter à Burdigala (Bordeaux), Augustodunum (Autun) M. P. CCLXXIV.
Blavium (Blaye) M.P. XVIII.
Taumum (Talmont) M.P. XVI.
Novioregum (Royan ou Toulon) M.P. XII.
Mediolanum Santonum (Saintes) M.P. XV.
Aunedonacum (Aunay) M.P. XVI.
Rauranum (Rom) M.P. XX.
Limonum (Poitiers) M.P. XVI.

Itiner. Antonin. Aug. Ap. Scrip. Rer. Gall. tom I, p. 109)

Cette même voie est ainsi tracée sur la carte de Peutinger, monument géographique, présumé du quatrième siècle, dont on connaît la confusion, l’inexactitude et la singulière configuration.

Blavia (Blaye) ХXII
Lamnu (Taumum Talmont) XXII
Mediolano Sancon (Mediolanum Santonum Saintes)
Condati [NDLR Merpins ?] X
Anedonaco (Aunedonacum, Aunay) VIII
Brigiosum [NDLR Brioux-sur-Boutonne] XII
Rarauna (Rauranum, Rom) XVI

(Segment. Tabul. Peuting. Ap. script. Rer. gall. Tom. I)

Le long de cette voie romaine se trouvait, outre le camp de Toulon, ci-dessus décrit, deux monumens remarquables dont la description doit trouver place ici.

Lorsque, partant du camp de Toulon, on se dirige vers le S-E de la commune de Saint-Romain-de-Benet, on rencontre, après avoir traversé la route départementale de Saujon à Saintes, un édifice de construction romaine, non moins digne d’attention par l’élégance de ses formes, que par la majesté de son aspect : c’est la Pile ou tour de Pirelonge. Représentez-vous un mole, de figure pyramidale, dont la base parfaitement carrée a dix huit pieds de largeur sur chaque face. Il est surmonté d’une cape conique de 20 pieds de hauteur, formée de 7 assises de grosses pierres, dont la surface extérieure est symétriquement tailladée de petites rainures disposées par compartimens. L’édifice n’a pas moins de 74 pieds d’élévation de la base au sommet. Comme il est entièrement massif, il n’a ni escalier ni ouverture ; on y voit seulement deux crevasses que les gens du pays y ont pratiquées dans l’espoir d’y trouver un trésor, selon une vieille tradition populaire qui a hâté la ruine de beaucoup d’édifices de ce genre. Toute la partie inférieure depuis la base jusqu’au couronnement est revêtue d’un parement en moellons carrés de 5 à 6 pouces de face. Ce beau monument est fort endommagé, surtout la coupole dont les dales ont été en grande partie déplacées ou arrachées par les vents du nord et de l’ouest, quoiqu’elles adhérassent les unes aux autres par des tenons et des mortaises.

On a beaucoup discuté sur la destination de ce monument. La Sauvagère (Rec. D’antiq. dans les Gaules) pense que c’était un de ces monumens par lesquels les anciens transmettaient à la postérité le souvenir d’une victoire mémorable. Bourignon (Ant. de Saint. Chap. XVI) soutient que c’était un mausolée consacré à la mémoire de quelque général romain. D’autres avancent que la mer passait anciennement dans le voisinage de Saint-Romain-de-Benet, dont elle venait battre le coteau, et que cette pyramide n’était autre chose qu’un phare ou une balise destinée à guider les navigateurs à travers les écueils de l’Océan. (Voy. l’ing. Masse, Descrip. mss de plusieurs lieux de Saint. – Dulaure, Descr. de la Saint. Pag. 290.), mais ce ne sont là que des conjectures. Il est aujourd’hui démontré que ces sortes de pyramides dont il existe plusieurs exemples n’étaient rien moins que des trophées militaires ou des guides pour les marins. On a remarqué en effet, que presque tous les monumens de ce genre étaient comme les colonnes itinéraires, placés au bord des voies romaines, particulièrement dans les carrefours et aux embranchemens des chemins où ils pouvaient servir à marquer les limites des territoires. Il existe encore au bord de plusieurs voies romaines du midi et de l’ouest de la France plusieurs de ces tours massives, tantôt carrées, tantôt cylindriques, et surmontées d’un couronnement conique ou pyramidal. On remarque à quelques uns de ces obélisques une niche destinée à recevoir peut-être la statue de Mercure, protecteur des chemins, ce qui ferait remonter leur construction aux temps qui ont précédé l’établissement du christianisme dans les Gaules. (Voy. M. de Caumont, Cours d’antiq. mon. 2 part., pag 144 et suiv.) Ces observations s’appliquent d’autant mieux à la Pile ou tour de Pirelonge, que la voie romaine de Blaye à Saintes passait tout près de ce monument. En effet, cette voie venant de Médis au village de Toulon, passe à gauche du camp romain et se dirige vers le nord-est sur le hameau de Villeneuve, laissant à droite, la tour de Pirelonge, à une demi-lieue environ du camp de Toulon. Cette circonstance jointe aux observations faites à l’occasion de plusieurs autres monumens semblables, démontre que ces sortes de pyramides étaient le plus souvent élevées au bord des voies publiques, soit comme limites, soit comme ornemens, et qu’on s’est trompé en les prenant pour des mausolées ou pour des phares ; ce qui prouve qu’elles n’avaient pas cette dernière destination, c’est qu’elles sont pour la plupart massives, et n’offrent, ni à l’extérieur, ni au-dedans, d’escalier pour arriver au sommet et y placer un phare. Si ces monumens eussent d’ailleurs servi de balises ou de phares, ils seraient dans le voisinage des côtes, et l’on n’en rencontrerait pas, ainsi qu’il arrive, à de très grandes distances du littoral de l’Océan. D’un autre côté, le motif qui a fait prendre la tour de Pirelonge pour un monument funèbre, nous semble on ne peut plus futile : nous n’en voulons d’autre preuve que ce raisonnement de Bourignon : « II ya lieu de croire que c’est un tombeau ; il me semble naturel de penser que son nom lui vient de sa ressemblance avec un bûcher élevé, pyralonga ; et s’il est permis de tirer une induction du rapport du nom avec la chose j’assurerais que Piralonga annonce un mausolée ». (Bourig. Ant. de Saint. chap XVI).

A quatre lieues au nord-est de Saintes sur l’ancienne paroisse d’Ebéon, et tout prés de la voie romaine qui allait de Saintes à Poitiers en passant par Aunay et Rom, s’élève une autre pyramide de construction romaine, qui, comme celle de Pirelonge, consiste en un massif carré de 18 pieds de largeur sur chaque face, couronné d’une coupole conique ; mais la tour d’Ebéon diffère de celle de Pyrelonge, en ce qu’elle n’a guère que 50 pieds , et que sa cape est comme sa base construite en moellons de petit appareil. La situation de cette pyramide, sur la même voie romaine que la tour de Pyrelonge, vient encore à l’appui de ce que nous avons dit à l’occasion de cette tour, sur la destination de ces sortes de monumens.

Une ramification de la voie romaine venant de Blaye à Saintes se prolongeait à l’est, jusque dans l’ile de Courcoury dont nous avons déjà parlé à l’occasion du tumulus celtique qui s’y trouve. Il n’est pas douteux qu’il existait dans cette ile un établissement romain d’une certaine importance. Des fouilles pratiquées autrefois près du tumulus ont fait découvrir une grande quantité de médailles romaines et des fragmens d’armes antiques. On y trouva aussi, il y a environ un siècle et demi, un trésor assez considérable pour fixer l’attention du gouvernement qui envoya des commissaires sur les lieux. La tradition rapporte que ce trésor consistait en un veau d’or massif. Il est plus vraisemblable que c’était un amas de médailles d’or et d’argent, sorte de découverte dont nous avons journellement des exemples. On apercevait encore il y a quelques années dans l’ile de Courcoury, et particulièrement dans le bois de la Creuzille, de nombreux restes de constructions antiques, entre autres des débris en terre cuite de la voie romaine dont nous avons parlé, et plusieurs pans de murs. L’archéologue saintongeois Bourignon, à qui nous empruntons ces détails, trouva dans le même lieu un fragment de peinture à fresque, et une quantité de ces briques à rebord que les Romains employaient dans leurs constructions ; enfin du temps de cet antiquaire, des fouilles ayant été pratiquées dans un pré voisin du bois de la Creuzille, on en retira une tète en marbre blanc des Pyrénées, remarquable par la grâce des formes, et la correction du dessin. M. Pajou, sculpteur du roi, se chargea de restaurer ce fragment antique dont il faisait le plus grand cas. (Voyez Bourig. Ant. de Saint. chap X )


[1Vid. Appian., lib. V. - Eutropii breviar., etc

[2Bourignon Antiq. de Saint. Chap. I.

[3At te victrices lauros, Messala, gerentem
Portabat niveis currus eburnus equis
Non sine me est tibí partus honor : Tarbella Pyrene
Testis et Oceani littora Santonici
(Tibul. Lib. I., eleg. 8)

[4Haec urbs in monte posita, olim fuisse dicitur (Hadrian. Vales. Not. Gall.). Strabon place la ville des Santons dans un terrain aride, sablonneux, qui ne produisait que du mil : Santonum urbs est Mediolanum, Aquitaniae solum quod est ad littus Oceani majore sui parte arenosum est et tenue, milio alens, reliquarum frugum minus ferax. (Strab., Geog., lib. IV., vers. Casaub.). Mais on sait, comme il le dit lui-même, lib. II, que ce géographe ne s’avança en occident que jusqu’à la Toscane et à l’Ile de Sardaigne. Il est vraisemblable qu’il n’a écrit dans cette occasion que d’après de fausses données. César, plus à portée de connaître le territoire des Santons, avait écrit, long-temps avant Strabon, que ce peuple habitait des plaine découvertes et très fertiles en blé, locis patentibus maximeque frumentariis. (César, de Bel. Gal. lib I, cap 10

[5Lyon

[6Agrippa hoc ex loco partitus est vias, umamque per Caemnenas montes, usque ad Santones et Aquitaniam. (Strabon, Georg., lib III, vers. Casaubon)

[7Périgueux

[8Bordeaux

[9Poitiers

[10Voy. Bourignon, Antiq. de Saint., p. 284. Dufour, Anc. Poit. p 226., M de Caumont, Cours d’ant. Mon., 2e Part. p. 96. Chaudruc de Crazannes, dans la Revue normande, tom. II. Itiner. Antonin, tabul. Peutinger, etc.

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