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Charente-Maritime - Dolmens, menhirs et tumulus, par Léon Massiou, en 1836

D 20 décembre 2007     H 00:49     A Pierre     C 2 messages A 5045 LECTURES


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Les monuments de l’époque celtique ne manquent pas en Charente-Inférieure. Léon Massiou nous fait faire une visite commentée de ces lieux qui ont toujours stimulé l’imagination et créé des légendes.

Plusieurs étaient en voie de disparition en 1836. Qu’en reste-t-il aujourd’hui ?

Source : Les Santons, avant et pendant la domination des romains, ou recherches historiques et archéologiques sur les peuples qui habitaient la Saintonge, avant l’invasion des Francs au midi de la Loire, par Léon Massiou - Revue des études historiques – 1836
Nota : le texte ci-dessous est le contenu d’une longue note de bas de page dans un article sur l’histoire des Santons.

Il existe en Saintonge un grand nombre de ces monumens celtiques appelés par les savans dolmens, peulvans ou menhirs, tombelles ou tumulus et par les gens du pays pierres levées, pierres debout, terriers, etc. Dans le seul département de la Charente Inférieure beaucoup moins étendu que le territoire des ancien Santons on compte encore quatorze dolmens sur trois, quatre, six piliers ou un plus grand nombre, plantés debout dans le sol, le tout colossal, brut, sans aucun ornement. Nous ne donnerons de ces monumens qu’une description rapide.

- 1° Le dolmen de Civrac, dans la commune de Geay, arrondissement de Saintes. Sa table est plate, couverte d’aspérités et d’une circonférence mal arrondie. Il a treize pieds de pourtour, sur dix huit pouces d’épaisseur, et est levé à cinq pieds au dessus du sol sur trois pierres brutes fichées en terre. Au centre de la table, on remarque un trou rond, circonstance qui se rencontre dans plusieurs autres monumens de ce genre. Quelques savans pensent que cette ouverture était destinée à faciliter l’écoulement du sang des victimes humaines qui, selon eux, étaient immolées sur ces autels à Teutatès, à Taranis à Hesus et aux autres divinités celtiques ; d’autres savans qui voient dans ces pierres druidiques, non des autels, mais des tombeaux, ont combattu cette conjecture qui ne paraît fondée, au reste, que sur ce passage connu de la Pharsale :
Et quibu immitis placatur sanguine diro
Teutates, horrensque feris altaribus Hesus,
Et Taranis Scythicae non mitior ara Dianae
(Lucan de Bell. Civil., lib I.)

Pour revenir au dolmen de Civrac, les gens de la contrée croient que, chaque nuit, au premier chant du coq, cette pierre tourne sur elle-même. Ils racontent encore qu’en 1242, pendant sa campagne en Saintonge contre Henri III, roi d’Angleterre, et Hugues de Lusignan, comte de la Marche, saint Louis vint se reposer sous ce monument celtique et s’y endormit profondément.

- 2° Le dolmen de la Jarne, dans la commune de ce nom, arrondissement de La Rochelle. Il a huit pieds de diamètre, sur dix huit à vingt pouces d’épaisseur. Il est élevé à trois pieds et demi au dessus du sol, et situé au sommet d’une colline d’où la vue s’étend fort loin. Dans l’origine, il était porté par quatre piliers : il n’en a plus que trois aujourd’hui, encore un de ces derniers qui supporte seul une des extrémités de la table est-il fendu par le haut, ce qui fait craindre, pour ce monument, une ruine prochaine. On a remarqué que la pierre dont il est formé n’est qu’un massif de madrépores et de coquilles qui diffère entièrement de la nature du sol sur lequel il est établi. Cette observation semble attester que les Celtes choisissaient de préférence pour ces sortes de monumens, des pierres étrangères par leur nature aux lieux où ils les érigeaient, afin qu’il fût plus aisé de les reconnaître. Ainsi firent plus tard, les Romains pour leurs termes, bornes ou pierres limitantes.

- 3° Le dolmen qui se trouve sur le chemin de Dolus (dol, pierre, dans le dialecte celto-armorik) au quartier de Saint Pierre,île d’Oléron. Il est appelé, par les insulaires, la Galloche, mot dérivé du latin gallica, et désignant une chaussure en bois présumée d’origine gauloise, en usage dans toute la Saintonge, où elle porte ce nom bien plus usité, parmi les campagnards, que celui de sabot. Le dolmen de Dolus est aussi décoré du nom populaire de Cuiller de Gargantua ; ce héros de Rabelais est devenu un personnage historique dans nos contrées de l’ouest, où on lui attribue des ouvrages gigantesques comme lui. C’est au reste à sa figure plate et concave, que ce monument celtique doit sa double dénomination. Un autre dolmen qui se trouve dans la même île, a donné son nom au lieu de Pierre-Levée, sur lequel il est situé.

- 4° Les deux dolmens, dits du pont de Charras, dans la commune de Saint-Laurent de la Prée, arrondissement de Rochefort. Ils sont de figure à peu près semblable, et à deux cent pas environ l’un de l’autre. Le plus petit et le mieux conservé a dix pieds et demi de longueur, sur huit et demi de largeur, et un pied huit pouces d’épaisseur : son élévation au dessus du sol est de trois pieds. C’est un quartier de roche calcaire creusé en forme d’auge et recouvert d’une pierre plate. Ce couvercle est échancré à l’une des extrémités, ce qui forme une ouverture par laquelle on peut s’introduire dans l’auge ; il est percé au milieu d’un trou rond. L’autre dolmen a dix pieds de longueur, sur six de largeur, et de neuf à dix huit pouces d’épaisseur : son élévation au dessus du sol est de quatre pieds. L’auge, qui a deux pieds de profondeur, est brisée à l’une de ses faces ; le couvercle en a été enlevé et se trouve dans la cour d’une métairie voisine : il a dix pieds de longueur, sur dix à quinze pouces d’épaisseur. Les paysan racontent qu’un démon, voulant montrer sa force prodigieuse, lança un jour à mille pas de lui, cette table qui fit jaillir une source du lieu où elle vint tomber.

- 5° Le dolmen le plus remarquable de la Charente-Inférieure est celui de Pierre Folle, situé prés du village du Maine, commune de Mont-Guyon, arrondissement de Jonzac. Il est assis sur le sommet d’une colline, d’où la vue embrasse un vaste horizon ; sa table, d’un grès très dur, rongé et noirci par le temps, a environ trente pieds de longueur, sur douze de largeur, et est élevée à quinze pieds du sol ; sur les piliers qui la supportent à ses deux extrémités. Elle a perdu beaucoup de sa position horizontale. On a cru reconnaître dans le voisinage des vestiges d’un de ces cercles de pierres, ou enceintes sacrées, appelés cromleck ou mallus, comme on en rencontre dans la Bretagne et la Touraine. L’origine druidique de ce monument semble attestée par le nom de Mont-Guyon (mont du gui), qui est resté à la colline sur laquelle il est situé, et qui se trouve elle même au milieu des bois.

- 6° Dans le bois de la Sauzaye, commune de Soubise, arrondissement de Marennes, se trouvent trois dolmens : le plus considérable est une pierre longue de quinze pieds et large de cinq, qui n’est plus supportée que par trois piliers, les autres ayant été renversés et brisés. Le second, mieux conservé que le premier, est une pierre carrée de neuf pieds de côté, élevée aussi sur trois piliers à sept pieds au dessus du so.l Ces deux dolmens, qui sont à quarante toises l’un de l’autre, étaient fermés comme ceux du pont de Charras. Le troisième, éloigné du second, de soixante dix toises, n’est plus qu’un monceau de pierres renversées.

- 7° La carte de Cassini, indique un autre dolmen, dans la commune d ArdilIères, arrondissement de Rochefort. Il a six pieds et demi de longueur, et est élevé sur trois piliers à quatre pieds au dessus du sol. On remarque, au milieu de la table, une ouverture comme aux dolmens de Civrac et du pont de Charras. Enfin on rencontre trois dolmens, ouverts, de médiocre grandeur, dans la commune de la Vallée, arrondissement de Saintes. Ils sont ruinés, et ne présentent plus que des masses informes.

Outre les quatorze dolmens dont on vient de parler, il y en avait encore dans le département de la Charente-Inférieure, plusieurs autres qui ont disparu, mais dont le souvenir est perpétué par le nom de Pierre Levée, que la tradition a conservé aux lieux qu’ils occupaient. Ils auront été successivement détruits par la cupidité, car c’est une opinion répandue parmi le peuple qu’il y a des trésors enfouis sous ces monumens. Les fouilles pratiquées sous quelques uns des dolmens ci-dessus décrits, particulièrement sous ceux de Civiac et de la Jarne, n’ont toutefois produit rien autre chose que l’exhumation d’ossemens humains et parfois d’animaux domestiques, de charbons, de cendres, de haches en silex, et de fragmens de poteries grossières.

Des monumens celtiques qu’on rencontre aussi sur le territoire des anciens Santons sont les peulvans, mепhirs, ou pierres debout. Les deux plus remarquables se trouvent l’un à Méпаc, prés de Pons, l’autre sur l’ancienne limite de la Saintonge et du Périgord, au lieu appelé Quatre-Chemins. Le premier est une pierre longue, plantée par l’une des extrémités au milieu d’un champ, d’où on l’aperçoit de très loin. Elle a plus de surface que d’épaisseur, et plus de largeur à sa base qu’à son sommet. Elle est noircie par le temps et pleine d’aspérités. L’autre, appelée la Grand’ Bone (grande borne), dans le patois du pays, est pareillement une pierre longue, fichée en terre par l’un de ses bouts, à une très grande profondeur. Elle est aussi couverte d’aspérités et noircie par l’action des siècles. L’assiette de ce monument sur la limite de deux anciens peuples, et le nom de grande borne qu’il a conservé, semblent attester qu’il servait à marquer la séparation de deux terrains.

Les dolmens et les peulvans ou menhirs sont, en Saintonge, des objets de croyances et de frayeurs superstitieuses. Des idées merveilleuses s’attachent à ces masses gigantesques : elles sont, aux yeux des gens de la campagne, l’œuvre des géans, des fées, ou des démons. Quelque uns s’imaginent même avoir vu des spectres ou d’autres esprits fantastiques veiller la nuit autour de ces pierres colossales, comme pour en défendre l’approche, et c’est en grande partie à ces terreurs populaires qu’est due la conservation de celles qui subsistent encore.

Si l’on en juge par la grossièreté de leur construction, et la lourdeur de leurs formes, ces monumens ont été édifiés par un peuple qui n’avait pas les plus simples notions des arts, et semblent n’être échappés à la destruction que pour témoigner de la barbarie de leurs fondateurs. Mais il est prouvé que, longtemps avant l’établissement de la domination romaine dans les Gaules, les Celtes, même ceux du nord et de l’ouest, étaient déjà parvenus à un degré de civilisation assez avancé, fruit de leurs relations commerciales avec les peuples policés du midi de l’Europe. Ils savaient travailler les métaux, tisser des étoffes, construire des navires, façonner des armes. (Voy. M. de Caumont, Cours d Antiq. Mon. 1ère part.). Il ne faut donc pas juger de la condition morale et intellectuelle de ce peuple par les monumens informes qu’il nous a transmis et qui, à raison de leur inébranlable solidité, ont pu seuls parvenir jusqu’à nous. Ce serait une question neuve et intéressante pour l’histoire de l’art, que celle de savoir si, en admettant que les dolmens et les peulvans ou menhirs étaient des autels druidiques, il n’entrait pas dans les idées religieuses des Celtes de ne consacrer à la divinité que des monumens vierges de tout travail humain. Cette question, que nous ne faisons qu’indiquer ici, nous semble avoir été abordée pour la première fois par M. le baron Chaudruc de Crazannes (Voy. Bul. Mon. de Caen tom. I, p 60.)

Il est certain que presque tous les dogmes religieux de l’occident, viennent de l’orient, ce berceau de l’ancien monde. La théogonie de Moïse n’est, elle-même, que l’expression écrite des croyances répandues dans toute l’Asie du temps de ce législateur des Hébreux. Une grande partie de ces dogmes dut être apportée dans les Gaules par les nombreuses colonies qui, à différentes époques, émigrèrent des rives du Pont-Euxin et de la mer Caspienne, pour venir habiter l’occident. Or, c’était un principe de religion chez les premiers Israélites de n’employer que des pierres brutes dans la construction des autels, pour empêcher, sans doute, que le culte ne dégénérât en idolâtrie, erreur à laquelle ce peuple était naturellement enclin. On lit dans l’Exode cap XX, vers. 25, quod si altare lapideum feceris mihi, non aedificabis illud de sectis lapidibus : si enim Ievaveris cultrum super eo, poluetur. Et dans le Deutéronome, cap XXVII, vers 2, 4, 5 et 6, cumque transieritis Jordanem … eriges ingentes lapides … et aedificabis ibi altare domino tuo de lapidibus quos ferrum non tetigit, et de saxis informibus et impolitis. S’il était vrai que ce dogme de la religion des premiers Hébreux eût passé dans celle des Celtes, ces paroles de l’Écriture expliqueraient complètement pourquoi, même au sein d’une civilisation avancée, les monumens religieux de ce peuple, étaient si grossiers et faisaient connaître en même temps, la destination, jusqu’à présent si controversée, de ce pierres colossales.

Outre les dolmens et les peulvans ou menhirs dont nous venons de parler, il existe encore sur le territoire des Santons, d’autres monumens celtiques, appelés tombelles ou tumulus. Ce sont d’énormes monticules de terre, de figure conique ou hémisphérique, dont l’intérieur, divisé par compartimens, recèle des ossemens humains. Ils ont tous à peu près la même forme, et ne différent que par le volume ; on en rencontre sur le littoral de l’Océan, près de Mornac, Brouage, Marennes, La Rochelle, et dans l’intérieur du pays, à la Motte de l’OEuf ou de l’Eu, prés de Saintes, à Thénac, à Archiac, à Luchat, à Thaims, à Peu-Volant, à Écurat et dans la commune de Saint-Saturnin de Séchaud, arrondissement de Saintes. Plusieurs de ce tumulus ont été ouverts et l’on y a trouvé des ossemens humains avec des armes, des charbons, des cendres, des fragmens de poteries et des briques.

Mais le tumulus le plus remarquable de la Charente-Inférieure, est celui qui se trouve dans l’île de Coucoury, formée par la Seugne et la Charente à une lieue au sud est de Saintes. Isolé au milieu d’un pays plat, il est évidemment l’ouvrage des hommes ; il a environ deux cent cinquante pas de pourtour à sa base et de vingt-cinq à trente pieds d’élévation. Ce monument est connu dans la contrée sous le nom populaire de Peu de la fade (peu, podium, puy, montagne, du celte penn, lieu élevé. Fade, dans le patois du pays, n’est que la corruption du mot fée, du celte fa, magie, charme). Cette dénomination vulgaire indique assez qu’une croyance merveilleuse se rattache à ce monument. La tradition rapporte en effet que deux enfans s’étant noyés dans un ruisseau voisin, appelé la Fosse argentée, parce qu’on croit qu’un trésor est enfoui au fond de ses eaux, leur mère qui était une fée très puissante, résolut de combler ce ruisseau, soit pour consacrer sa douleur par un monument durable, soit afin de prévenir d’autres accidens pareils à celui qui la privait de ses enfans. Elle alla ramasser une grande quantité de terre dans un lieu voisin appelé la Fosse à Gerbeau, où l’on remarque une profonde excavation qui conserve en concavité la figure convexe du tertre, et, renfermant cette terre dans son tablier, elle se dirigea vers la Fosse argentée. Mais voilà qu’en chemin les cordons de son tablier se rompirent : toute la terre qu’il contenait tomba en un monceau, et c’est ce qui forma le Peu de la fade. (Voir pour plus de détails sur les monumens celtiques de la Saintonge, M. Chaudruc de Crazannes, Antiq. de la Charente-Inférieure, p 170 – Mém. de la Soc. des Antiq. de Fr. tom IV, p 53 et 480. – Bull. Mon. de Caen, tom. I, p. 49 et suiv.)

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