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Glossaire des marais et dessèchements (XVIIème siècle)

D 9 septembre 2018     H 11:05     A Pierre     C 0 messages     A 20 LECTURES


Un petit glossaire de termes régionaux utilisés à propos du dessèchement des marais.

Source : Histoire du dessèchement des lacs et marais en France avant 1789 / par M. le Cte de Dienne – Edouard de Dienne - Paris – 1891 – BNF Gallica

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Glossaire des marais (Saintonge, Bas-Poitou, Provence)

VOCABULAIRE DONNANT L’EXPLICATION DE CERTAINS TERMES RESTÉS EN USAGE DANS LES PAYS DE DESSÉCHEMENT ET PEU USITÉS AILLEURS

A

Afoux. — Tranchées formées dans les dunes par les battements réitérés de la haute mer. (L’extrême limite entre la plus basse et la plus haute mer est de 1m 40.) (Etude sur la Camargue, par Poulle.)

Arpent. — En Bas-Poitou, l’arpent vaut cinquante ares. La perche est le centième de l’arpent.

B

Bard est le seuil d’une martelière où s’appuient les portes-coulisses lorsqu’elles sont baissées. (Délib. de l’Association des marais d’Arles).

Bâtardeau. — Digue pour contenir ou détourner un cours d’eau.

Béal. — Canal dérivant l’eau d’une rivière pour la conduire à un moulin. « Aurions veu une eau d’assez grande quantité conduite par ung béal pour faire mouldre mollins. » (Procès verbal d’experts dans les marais d’Arles au sujet des procès entre Arles et Tarascon, le 17 sept. 1601.)

Borre. — On appelle ainsi, dans le Languedoc, des espèces de roseaux qui croissent dans les marais et qui, en pourrissant, forment un très bon engrais.

Bot. — Levée de terre ou chaussée (M. Musset). Selon le P. Arcère, large fossé dominé par un bord assez élevé du côté du dessechement. Cf. contre-ceinture. Etym. Butum, dans le sens de fines, terminus. Forme ancienne, botum, bootum. (V. M. Musset, Ducange.)
Contrebot. - Canal creusé au pied du bot. On appelle encore improprement contrebot la levée.

Bourdigalier.— Celui qui tient une bourdigue (Mémoire manuscrit Herwart.)

Bourdigue.— Labyrinthes d’une forme particulière établis dans les tranchées de communication entre la mer et les étangs. Deux claies en roseaux attachées aux berges et qui se busquent vers son axe, sous un angle plus ou moins aigu, composent l’avenue de la bourdigue. Le sommet présente la largeur strictement nécessaire pour laisser passer la proie en un écartement appelé bouchelle. Une troisième claie posée verticalement, comme celle de l’avenue, se joint à celle-ci et forme une poche cylindrique appelée prison, tour ou pantène. (Mém. mss. pour Herwart.) « Bourdigue signifie en langue vulgaire une enceinte et un réduit faict avec des canes rangées l’une contre l’autre en manière de palissade auxquelles il y a diverses portes par lesquelles le poisson peut facilement entrer et n’en peut plus sortir y estant une fois entré. » (Bibl. d’Arles, coll. Bonnemant.)

Brassière. — Pris alternativement dans le sens de canal ( brassière de Fourques)ou bras de fleuve (les brassières du Rhône), Certaines brassières sont aussi appelées lônes. (Dans ce sens, rapport du cadastre des marais d’Arles de 1685.)

Bri (Terre de). — On appelle ainsi dans les marais de l’Ouest une sorte de glaise bleuâtre qui forme le lit de l’ancien golfe du Poitou. Elle est généralement recouverte d’une certaine épaisseur de dépôts limoneux et n’est mise à jour que par les travaux de dessèchement.

C

Canne (Prov.). — Ancienne mesure valant deux mètres. « La martellière de la dame de Montcalm — quatre cannes (8 mètres) de largeur au fond. »

(Arch. des vidanges.) D’après l’explication de la carte chorographique des ouvrages de dessèchement de la ville d’Arles, la canne d’Arles a 6 pieds 3 pouces, autrement dit 2 mètres 47 millimètres.

La Carterée — (Lang.) vaut 30 ares dans l’ancienne baronnie de Lunel (Communication de M. Millerot.)

Ceinture. — Grand canal qui entoure un marais desséché en dehors de la levée de clôture (Mr Musset.)
Contre-ceinture. — Canal creusé au pied intérieur de la digue qui entoure un marais pour l’isoler des terres voisines. (M. Musset.)

Cens. — Impôt que l’on payait au roi ou au seigneur.— Le cens principal était payé une fois pour toutes. Le cens périodique ou seigneurial était souvent synonyme de Champart. (Chéruel, V° cens. Institutions de la France.)

La Céterée, dite grosse céterée (mesure de Provence) se compose de 100 dextres, chaque dextre de 20 pans carrés, chaque pan de 9 pouces 9 lignes ; elle équivaut à 26 ares 194.
La petite cétérée, dite de semence, se compose de 66 dextres 2/3 : elle équivaut à 17 ares 462.
La mensuration pour le partage des terres entre les dessiccateurs et les.propriétaires est faite en grosse cétérée.

Champart. — Droit féodal dont le nom vient des mots latins campi pars part du champ, ou plutôt part de son produit. On prélevait d’abord la dîme, part de Dieu, et ensuite le champart ou part du seigneur. Il tenait quelquefois lieu de cens, et la quantité variait selon les localités. (V., pour plus de détails, Chéruel, Institut. de la France, v° Champart.)

Clapet. — Soupape à charnière établie sur un barrage, permettant la sortie des eaux intérieures et empêchant l’entrée des eaux extérieures. Le pont dit de la Guimbarde, construit à l’endroit où le canal d’Arles à Bouc traverse l’étang du Galéjon, est muni de clapets, défendant les desséchements contre les eaux de la mer.

Clar. — On appelle ainsi un étang où les plantes palustres ne cachent pas aux yeux la limpidité de l’eau. (Arch. des Vidanges d’Arles. Distinction faite, lors des propositions de Mr de Caumans, entre les marais qui sont en saigne (voir ce mot) et en clars).M. de Truchet appelle encore les étangs des Baux et de Mouriés des clars (1807). — Le mot clar a été employé dans un autre sens, au passage de l’ouvrage relatif à la mort de van Ens. Il a été dit que l’on sonnât en signe de deuil six clars, c’est-à-dire six glas.

Coustières. — Versant des collines bordant un marais, ex : les Coustières de Crau.

D

Draille (Prov. draio), — Chemin. (Voir Dict. provençal français de Mistral.)

E

Eaux extérieures. — Eaux qui se trouvent à l’extérieur des ceintures.

Eaux Intérieures. — Eaux qui se trouvent à l’intérieur des ceintures.

Eboulis. — Ce mot n’est plus pris dans le sens général de matières éboulées, mais dans le sens spécial d’un éboulement formant barrage. Ce sont des éboulis qui, en Dauphiné, forcèrent le Rhône à se faire un nouveau lit et amenèrent ainsi la formation des marais de Bourgoin.

Egailles. — Petites rigoles d’arrosage d’un demi-pied de profondeur et d’un pan et demi d’ouverture semblables à celles des jardins distribuant l’eau salée dans les tables des salins. (Languedoc.)

Enganes (salicornia geniculata semper virens). — Plante croissant spontanément sur les terrains salsouireux. (Mem. Baron.)

Etiers. — Canaux dans lesquels remontent les marées. (Dictionn. D’agric. de Barral, Paris, Hachette, 1887, V° Dessèchement.)

F

Faucardement. — Action de faucarder.

Faucarder. — Couper les herbes dans les canaux. Cette opération coûte onze mille francs par an à la Société des Vuidanges d’Arles.

Fenousse. — Plante de marais qui, s’entrelaçant par ses racines et ses branches avec les autres herbes, forme le gargamelier ou trantallière. (Voir ces mots.)

Fréoume (atriplex portulacoïdes). — Plante croissant spontanément dans les terrains salsouireux. (Mém. Baron.)

G

Gargamelier. — Masse à demi flottante d’herbes, de racines et de branches entrelacées qui couvre les canaux de dessèchement et dont la destruction exige, chaque année, un double fauchage très coûteux. On la nomme aussi trantallière (Prov).

Gorgues. — Canaux de tirage pour transporter les sels sur des barques (mot en usage dans les salins de Languedoc).

Gorguillons. — Canaux de service de 4 pans d’ouverture sur 3 de profondeur servant à conduire les eaux des étangs salés dans les carrés des salins (Languedoc).

Grau (étym. gradus, passage). — Ouverture qui permet aux étangs littoraux de communiquer avec la mer. Ex : grau de Palavas, grau du Roi en Languedoc. Cette expression s’applique aux bouches du Rhône. Ex : grau d’Orgon, grau de Ponent, grau du Milieu, grau du Levant.

L

Levade (Languedoc). — On appelait ainsi une redevance de pêche ou de « chasse. En 1344 le sr de la Pourcherie vend la levade des poissons et « oyseaux à lui appartenant dans l’étang d’Escamandre. » — En 1301 des seigneurs propriétaires de l’étang de Scamandre se réservent une levade un jour par semaine qu’on sera tenu de leur rendre fidèlement. (Arch. du Gard C 53.)

Levaderie. — « Organisation spéciale à la construction et à l’entretien des levées destinées à protéger un territoire contre l’incursion d’un fleuve ; c’est ce que nous appelons aujourd’hui un syndicat de chaussées. » (Les levadiers de Tarascon, par Domergue.)

Levadiers. - Personnes chargées de l’entretien des levées du Rhône ou levadons. - Ils étaient organisés.en un corps.

Levadons. - Petites chaussées qui, sur une étendue considérable, préservent les terrains bas des inondations du Rhône, des étangs et de la mer quand celle-ci s’enfle par les grands vents. (Chaussées, en basse latinité, levatæ, en provençal levadas.)

Lône. — V. Brassière.
« Ce terroir anciennement était des îlons qui vuidaient leurs eaux par des braciers, vulgairement appelés lônes. » (Rapport du cadastre des marais d’Arles de 1683. Délib. de l’Association des Marais d’Arles.)

Marais (définitions.) — Marais naturels, artificiels, littoraux, intérieurs, mouillés, desséchés, doux, gâts, à bourrées (V. chapitre préliminaire.)

Martellières. — Ouvertures par lesquelles les eaux d’un canal reçoivent une « issue pour arroser les terres voisines. » (Note de Mr de Villeneuve.) Cette définition, donnée pour le canal de la Durance d’Adam de Craponne ne peut s’appliquer entièrement aux martellières des canaux de desséchement. La martellière Ens se fermait au Rhône bas pour laisser écouler les eaux du haut Vigueyrat et s’ouvrait lorsque les eaux, moins abondantes, pouvaient suivre sans inconvénient tout le Vigueyrat. Il y avait trois sortes de martellières : les martellières à rainure, comme celles de Ens, sur la roubine du Roi. Des portes glissent dans des rainures placées le long des piles du pont. Elles demandent, à la moindre crue du fleuve, une grande surveillance.
Les martellières à clapet comme celles qui existaient en 1755 au pont de Crau et celles qui existent encore au pont de la Guimbarde entre le Galéjon supérieur et le Galéjon inférieur. Des soupapes à charnières s’ouvrent devant les eaux intérieures et se ferment devant les eaux extérieures.
Les martellières busquées qui ont le plus grand rapport avec nos écluses et dont le jeu automobile est semblable à celui des martellières à clapets.

Martellières. — « En terme du pays, ce sont des portes à coulisses dans les « pieds droits d’un mur ou d’un poteau, qui servent à arrêter ou à dégager « les eaux comme dans une écluse en terme français qui vient du mot « latin excludere, qui signifie empêcher. » Délib. de l’Association des marais d’Arles, explication donnée suprà.)

Ménagers. — Nom donné en Provence aux métayers. On les appelle aussi rentiers, des mots « arrentement, arrenter, donner à rente ».

Misotte. — Espèce de foin venant naturellement dans les marais formés par l’abandon de la mer, mais recouverts encore de temps en temps par elle, surtout à l’époque des grandes marées. (Bas Poitou.)

Muid (Lang.) — Le muid de vin vaut 700 litres dans l’étendue de l’ancienne baronnie de Lunel. (Communication de M. Millerot, de Lunel.)

N

Noc. — Aqueduc conduisant les eaux d’un marais à un cours d’eau en passant sous un canal de dessèchement. (Voir l’explication donnée par la délibération des marais d’Arles, suprà.) • « Noc est un aqueduc voûté passant au dessous du canal pour dégorger les eaux de la campagne dans les plus bas fonds ne pouvant entrer à cause des digues dans le lit du canal trop élevé. »

O

Ourses Chenopodium maritimum). — Plante croissant spontanément dans les terrains salsouireux. (Mém. de M. Baron.)

P

Pabel. — Jonc palustre, qui sert encore de nourriture au bétail.(M. Reynaud, sous-arch. des Bouches-du-Rhône), pluriel Pasbeaux usité en Languedoc. (V. Mémoire de M. Baron, 18° s.)

Palu. — Ce terme est surtout usité en Guienne pour désigner un marais.

Pan (Prov.) — Mesure valant environ 0,25 centimètres. « La Peissonne est « munie d’une écluse de 5 pans d’ouverture, soit 1m 280 mill. » (E. Légier, marais d’Arles.) D’après l’explication de la carte chorographique des ouvrages du dessèchement de la ville d’Arles (bibl. des Ponts et Chaussées), le pan a exactement 9 pouces 5 lignes, autrement 2 décimètres 55 millimètres.

Peirous. — Petites chaussées entourant les salins (Languedoc).

Pied. — Ancienne mesure de longueur, ayant environ 0,33 centimètres.

Pied de poule. — C’est la jonction de deux ou trois roubines qui, viennent « se jeter dans un canal à peu près au même endroit et qui forment par « leur fourche la figure d’un pied de poule. » (Délib. de l’Association des marais d’Arles. Explication donnée suprà.)

Présau, ou pourpier sauvage, sorte d’herbe venant dans les marais, et dont les habitants de la Rochelle se nourrirent pendant le siège de 1628. (Journal contemporain publié par M. de Richemont, p. 52.)

Prison ou Pantène. Voir l’explication de ce mot dans la définition de la Bourdigue.

Polder, nom donné aux terrains endigués. Etymologie poël, marais.

R

Rageirots. — On appelle ainsi, en Provence, de petites saignées faites à un canal pour l’arrosage des fermes voisines. (Etym. prov. Raja, couler.) 1692, requestre des Intendants et associés pour que les particuliers qui ont des rageirots le long du canal de la Durance les tiennent en bon état et contiennent les eaux dans leurs propriétés.

Rentiers. — Voy. Ménagers.

Robine ou Roubine. Grand canal de dessèchement ou de navigation. Dans le premier sens, la roubine dite la vidange à Arles ; dans le second, la roubine de Narbonne ; — « fossé ou petit canal qui dégorge les eaux d’un étang à l’autre, ou reçoit celles de la campagne pour les porter à un grand canal qu’on appelle canal des vuidanges. » (Delib. des marais d’Arles. Explication donnée suprà.) — Rubines du Rhône, petits canaux garnis d’un vannage à leur tête, ouverts en différents sens pour saigner les deux branches du Rhône. — Le plus grand est le canal du Japon occupant l’ancien lit du grand Rhône dans la partie appelé Bras de fer.

Ruyaux. — Ce mot toujours employé au pluriel était en Normandie, au - 17°. siècle, synonyme de canaux.

S

Saigne (Prov. mod. Sagno. Mistral).— Plante palustre dont la feuille est tranchante, espèce de paille dont on se sert pour les sièges des chaises. On distinguait au XVIIe siècle les marais en saigne des marais en clar. (Voy. le mot clar.)

Salsouires ou Sansoulres. — « Terrains salés et amers. » (V. Baron.)

Segonneaux. — On appelle ainsi des terrains voisins du lit du Rhône et compris entre la digue majeure ou insubmersible, et la digue mineure ou submersible. Entre Arles et Tarascon, il y a une gare du nom de Ségonneaux (Provence).

Surgens.— Naissants d’eau, infiltration.

T

Terrage. — Droit féodal qui consistait dans un prélèvement de blé et de légumes au profit du seigneur. Il se confondait quelquefois avec le champart. (Voir ce mot dans Chéruel, Inst. de la France.)

Terraillon.— Même sens que terrassier, mais indique de plus l’ouvrier qui débarrasse les canaux des herbes qui les couvrent. Voyez au sujet de ces herbes : Gargamelier. (Prov. Comptes trésoraires de la Société des vidanges. )

Tirades. — Barques en usage pour le transport des sels (Languedoc).

Trantallière. — (V. Gargamelier.)

Turcie. - Chaussée en forme de digue pour contenir une rivière (Bas Poitou).

V

Vigueyrat. — On donne ce nom au grand canal de dessèchement des marais d’Arles qui prend les eaux de la Viguerie de Tarascon.

Vuidanges ou Vidange. — Dans la langue des marais, vuidange signifie écoulement des eaux. On dit canaux de vidange pour canaux d’écoulement. — A Arles la plus ancienne société de dessèchement se nomme Société des vidanges du Très bon Plan du bourg et Coustières de Crau. Il y a un canal principal de dessèchement qui se nomme canal de la vuidange.

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