Grand Roy de vertu assorty,
Par vostre clémence ordinaire
Soyez nous aussi débonnaire
Que fut à tout nostre party
Pater.
Si Dieu n’eust pris ce brave Hector
Outre tant de villes perdues,
Et de fortes places rendues :
Tout le Bear seroit encor
Noster
Viens Rohan,& les Sevenots.,
Puisque les armes tu as prises,
II faut que tu nous favorises
Grand protecteur des Huguenots,
Quì es
Ou bien helas ! s’il nous faut tous
Souffrir la rigueur de la Parque,
Belle ame d’HENRY, grand Monarque,
Faittes nous place auprès de vous,
In Coelis !
L’OMBRE D’HENRY.
Vous sçavez que pour estre Roy,
II me falloit ouyr la Messe :
Faittes à DIEU mesme promesse,
Et que chacun changeant de Foy,
Sanctificetur.
Rochelle le temps va finir
De voir tes maisons embrasées,
Tes Tours, tes murailles razées,
Et reste seul a l’advenir,
Nomen tuum.
Mais tu attends qu’en peu de jours.
De la part du Roy d’Angleterre,
Pour faire une seconde guerre
Un plus fort & puissant secours,
Adveniat
Mais ce Roy, au lieu d’assaillir,
Doit songer à se bien deffendre,
Car à ce que l’on peut entendre
L’Espagnol les veut envahir,
Regnum.
LES ROCHELLOIS.
Plustost, SIRE, d’ame, & de voix
Nous prions tous le DIEU suprême
Dont vous tenez le Diadème,
De faire que le Sceptre Anglois
Tuum fiat.
LE ROY.
Tu le dis peuple,mais son voit
Le contraire, car à ce Prince,
Tu voulois livrer mes Prouinces,
Et as bien monstré que c’estoit,
Voluntas tua.
A qui auras tu donc recours,
Délaissé de DIEU, & du monde,
N’attens point en la terre & l’onde,
Rencontrer non plus de secours,
Sicut in Coelo
Tu te verras tost affamer,
Rochelle, si tu continues ;
Car tes conduits, & advenues,
Sont du tout bouchez sur la mer :
Et in terra.
LES ROCHELLOIS.
Quand nous estions hors de danger,
Sire, nous faisions bonne chere ;
Ores accablez de misère,
Nous sommes contraints de manger,
Panem nostrum,
Encores n’en avons nous pas .
Pour tout le jour que demy livre,
Jugez comme nous pourrions vivre
A ne faire qu’un seul repas,
Quotidianum.
Duc de Rohan, si tu n’accours,
Nos Forteresses s’en vont prises,
Leve d’argent de nos Eglises,
Et soudain vienne du secours,
Da nobis.
Car si bien tost on ne reçoit
Quelque secours pour nous deffendre,
Nous serons contraints de nous rendre,
DIEU ne vueille que ce ne soit :
Hodie,
Que si tu crains que les Sergens
Te donnent quelque coup de pince,
Et qu’ils te conduisent au Prince,
Arrive, tes trouppes, & tes gens :
Et dimitte nobis.
Et si tu n’as de quoy frayer
Aux Soldats, pour leur nourriture.
Nous te faisons ample procure
De lever, & faire payer,
Debita nostra.
Prens garde à la Comté de Foix,
Et au reste de nos Eglises :
Car certes si tu n’y advises,
Elles seront tost aux aboix :
Sìcut & nos.
S’en est fait, si tu ne deffans
Nostre ville, & nous delivre,
Car tous les jours faute de vivre.
Les femmes & petits enfans,
Dimittimus.
S’ils ne te payent volontiers,
Presse nos debteurs par requestes :
Car le ROY de toutes nos debtes
A promis de donner un tiers,
Debìtoribus nostris
Mais tu nous as faucé ta foy,
Traistre, c’est pourquoy l’on t’avize,
Que jamais plus toy ni Soubize,
Ne soyez plus rebelle au ROY :
Et ne nos inducas.
Fin Renard, tu t’estois meslé
D’avoir Montpellier par surprise,
Pour mettre à fin l’entreprise
Fait choir le brave de Meslé,
In tentatìonem.
Comme tu nous as engagé
A mourir dans nostre Rochelle,
Tu as dedans la Citadelle
Tes meilleurs Soldats engagé,
Sed libera.
Pour toy, le ROY s en prend à nous,
Que si pour la race Huguenotte
Il nous faut conter avec l’hoste,
Qui payera l’escot pour tous ?
Nos.
C’est donc à vos pieds ROY clément,
Que nous venons poser les armes,,,
Faittes retirer vos gens-d’armes,
Et deslivrez nous promptement
A malo.
Advis aux Rochellois
Rochelle sçais tu qu’il y a,
Et faut croire à l’Eglise nostre,
Et si tu sçais le Pater nostre,
Apprents donc l’Ave Maria.
AMEN
FIN
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