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1560 ? - 1633 - Jacques Boyceau de la Barauderie : la résurrection d’un angérien oublié.

D 6 mai 2008     H 03:28     A Christian, guydelarade, Pierre     C 1 messages A 3282 LECTURES


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Christian a eu l’idée du concours organisé par Histoire Passion à l’occasion des Floralia 2008 de Saint-Jean-d’Angély. Il raconte comment cette idée lui est venue, et fait le point sur l’état actuel des recherches sur l’histoire de cet angérien oublié, dont la vie se révèle peu à peu, grâce aux recherches des concurrents et à celles qu’il a menées lui-même.

"Nous suivons un labeur très ancien, car les premiers hommes cultivèrent la terre, leur ayant été donné de Dieu cet exercice nécessaire, et ce travail ordinaire, pour une douce punition de leurs péchés : aussi ceux qui y sont occupés semblent mener une vie plus innocente."


Jacques Boyceau de la Barauderie - Traité du jardinage selon les raisons de la nature et de l’Art

L’idée du concours

Tout a commencé par une recherche sur le château de Brizambourg, qui s’élevait à l’emplacement du champ de foire et dont il ne reste plus que la fontaine de la place du Pilori, à Saint-Jean. On a lu (dans Le roman des jardins de France, de Jean-Pierre Le Dantec) qu’il existait là un jardin, attribué à un certain Boyceau de la Barauderie. Un autre livre (Garrigues) faisait naître ce Boyceau à Saint-Jean d’Angély. On a voulu vérifier dans le Dictionnaire biographique des Saintongeais… où le nom ne se trouvait pas ! La lacune nous a paru d’autant plus surprenante et regrettable que, chemin faisant, on avait découvert que Boyceau avait travaillé à la quasi-totalité des jardins royaux. D’où l’idée de réparer l’oubli.

A propos du concours


Les gagnants :

- 1er prix : Guy de Larade (Saint-Jean-d’Angély - 17), qui a reçu le "Dictionnaire Biographique des Charentais" - Editions du Croît-Vif

- second prix : Marie-Madeleine Bertrand (Varaize - 17), qui a reçu "Cinquante ans d’Académie de Saintonge" - Editions du Croît-Vif

Des liens à visiter

- sur angely.over-blog.com

- et prochainement, les articles de la presse régionale.

A la découverte de Jacques Boyceau de la Barauderie

Jacques Boyceau de la Barauderie
Traité du jardinage selon les raisons de la nature et de l’Art

Cela en valait la peine. Boyceau n’est pas n’importe qui (comme le démontre l’existence de deux portraits de qualité [1]) : en 1620, il a été nommé intendant des jardins du Roy. Logé « dans le grand jardin du pallais des Thuilleries », il commandait à tous les jardiniers royaux, dont la famille Le Nôtre, et percevait une pension rondelette de 2 000 livres par an, qui semble même avoir été portée à 3 000 en 1625. Dès 1611 ou 1612, il avait aménagé pour la reine mère, Marie de Médicis, le jardin de son nouveau palais du Luxembourg. Il est intervenu aux Tuileries, bien sûr [2], mais aussi au château neuf de Saint-Germain-en-Laye [3] et, peut-être, à Fontainebleau et au Louvre [4].

Surtout, comme le prouvent des paiements de plus de 42 000 livres, il est l’auteur des premiers jardins de Versailles, à partir de 1631. Cependant, âgé, il avait, semble-t-il, confié la responsabilité de cette tâche, en même temps que sa charge, à son neveu et héritier Jacques de Menours. Néanmoins, personne ne conteste son rôle déterminant dans les plans de ces parterres, sinon même dans ceux du Potager du Roi dont la responsabilité devait plus tard échoir à un autre homme de notre région, La Quintinie.

L’ont également consulté, en 1623, Fabri de Peiresc, un des grands animateurs de la vie intellectuelle de l’époque, et l’archevêque d’Aix, ainsi que le duc de La Force, celui-là dès 1610 – c’est la trace la plus ancienne de son activité de concepteur de jardins, mais elle démontre une réputation déjà établie.

Malheureusement, tous ces jardins, comme celui de Brizambourg, ont disparu, au moins sous la forme que leur avait donnée Boyceau. Il ne s’agissait d’ailleurs, d’après les dessins, que de parterres, bien en deçà de ses conceptions, exposées dans son œuvre majeure qui, elle, nous reste : le Traité du jardinage selon les raisons de la nature et de l’Art, publié en 1638, après sa mort et celle de son neveu, par la veuve de celui-ci, Marie Le Coq (fille d’un médecin ordinaire du roi, doyen de la faculté de médecine de Poitiers). Ce livre jette les fondements du jardin à la française, que d’aucuns préfèrent appeler jardin baroque. L’un de ses principaux apports est de concevoir le jardin comme une unité, qui doit être perceptible par le regard – du château ou d’un point élevé :

« Il y a encore grand plaisir de voir de lieu eslevé les parterres bas, qui paroissent plus beaux (…) : la disposition et departement de tout le Jardin estant veuë de haut, est remarquée et reconnuë d’une seule veuë, ne paroist qu’un seul parterre, dans lequel sont distinguez tous les ornemens : vous jugez de là la bonne correspondance qui est entre les parties, qui toutes ensemble baillent plus de plaisir que les parcelles : ce qui se trouve defecteux en l’assiette égale [le terrain plat], en laquelle tous les corps eslevez [fontaines, cabinets végétaux, statues…] vous arrestent la veuë. » (p. 70)

Ce souci de la « bonne correspondance » s’étend à l’harmonie entre le jardin et le château (préoccupation absente de l’œuvre de ses prédécesseurs, en particulier Bernard Palissy), mais aussi au dessin des allées, dont la largeur ne doit pas être uniforme, mais calculée en fonction de leur hiérarchie (l’allée axiale étant plus large que les autres), de leur longueur, de l’existence ou non de bordures d’arbres et de la hauteur de ces derniers :

« Les Allées sont nécessaires aux jardins, tant pour servir de promenoirs, que pour l’usage & servitude des choses qui y sont plantées : Le tour du Jardin & departement principal en doit estre fait, & par elles sont bien & à propos marquées les formes & les espaces, pour les herbes & plantes, ou pour les ouvrages, parterres, & bosquets. Elles doivent estre proportionnées de largeur avec leur longueur, & avec la hauteur de leurs bordures, ou pallissades, faisant encor (pour ce regard) difference des couvertes, avec les decouvertes, [car] le couvert qui nous enclost, & oste le grand air, fait sembler l’espace plus grand, que quand l’air & la veuë font libres ; de sorte que les Allées couvertes doivent avoir moins de largeur proportionnée à leur longueur que les découvertes, outre qu’elles sont plus faciles à couvrir estant estroites. Les hautes pallissades au contraire vous contraignent les costez, si vous ne trouvez largeur suffisante pour regarder aisément sa hauteur, & voir l’air qui vient d’en haut, & faut à celles-cy grande largeur, sur laquelle encor la hauteur de la pallissade doit estre mesurée, luy donnant les deux tiers de la largeur de l’Allée. (...)

Doncques les longues routes, & allées des bois & campagnes, si elles passent trois à quatre cens toises de long , en doivent avoir sept à huict toises de large, pour estre belles & magnifiques, & doivent estre plantées à double rang de chacun costé, à deux ou trois toises d’éloignement, ainsi que d’arbre en arbre, choisissant ceux qui viennent hauts, & bien touffus ; comme Chesnes, Ormes, Tilleus, ou autres de grand ombrage, selon que demandera le terroir. Si les voulez d’arbres fruictiers ; sans avoir tant d’égard à l’ombrage qu’à la récolte, comme Noyers, ou Chastaigners, un rang de chacun costé doit suffire, à pareil éloignement les uns des autres, que sera large l’Allée (…).

Quant aux Allées des Jardins les plus grandes sont suffisamment larges de cinq toises, si elles n’ont plus de deux cens toises de long, quatre toises à celles de cent cinquante, trois toises & demie à celles de cent, trois toises à celles de cinquante, & deux toises & demie à celles de trente ; lesquelles seront propres pour le tour du Jardin, & longs promenoirs... »

Les jardins du Palais du Luxembourg à Paris, dessinés par Jacques Boyceau




- 1. Le plan (Traité du jardinage selon les raisons de la nature et de l’Art)


- 2. La réalisation, vue des fenêtres du Palais.


On pourrait multiplier les citations, mais je vous invite simplement à lire ce livre, accessible par Internet. Vous y trouverez abordés une diversité de sujets, de la formation du jardinier à la nature des sols, de l’influence de la lune à la place des eaux [5]

Mais Boyceau réservait d’autres surprises. Dans la préface que son neveu eut le temps d’écrire au Traité – en fait une dédicace au Roi –, il est dit :

« … comme il avait employé la première & plus vigoureuse partie de son aage au service du Roy Henri le Grand, de très-glorieuse memoire, en affaires de la plus grande importance, il se croyait aussi obligé d’en consacrer la dernière aux plaisirs de Vostre Majesté en l’embellissement de ses Jardins »

CE N’EST DONC PAS LE JARDINIER DU BON ROI HENRI

Nous avons alors découvert qu’il était, non seulement gentilhomme ordinaire de la chambre (depuis 1602 ?), mais, depuis 1596 peut-être, commissaire ordinaire de l’artillerie, après avoir été « trésorier garde général d’icelle » [6]. Comment l’artillerie peut-elle mener à l’horticulture ? Mystère, mais l’on peut penser que la géométrie, à laquelle le Traité donne beaucoup d’importance, a pu préparer au dessin des parterres, le calcul de la trajectoire d’un boulet entretenant quelque affinité avec le calcul de la meilleure perspective… Toujours est-il que Boyceau aurait participé à la bataille de Coutras, en 1587, et au siège de Rouen, en 1591. Agrippa d’Aubigné, qui était présent en cette dernière occasion, rapporte dans son Histoire universelle un haut fait de Boyceau :

« Le baron de Biron alla porter un coup de pistolet au premier rang et Barrodrie qui le suivoit, approchant de plus près, tua le cheval d’un chef d’un coup… »

Voici introduit un premier Biron, le baron Armand de Gontaut, maréchal de France, qui va mourir l’année suivante, la tête emportée par un boulet de canon, mais dont la famille protège les Boyceau depuis longtemps, selon toute apparence. Nous allons y venir.

Quant aux grandes affaires auxquelles Jacques Boyceau aurait mis la main, on en connaît ou devine deux : en 1595, il aurait été envoyé auprès de la reine d’Angleterre à un moment où la pression espagnole se faisait forte au nord du pays [7], et il a négocié l’attribution au maréchal de Bassompierre de la charge de Premier gentilhomme de la chambre [8]. (Plus tôt – en 1588 –, Henri de Navarre, alors à Saint-Jean d’Angély, avait envoyé un « sieur Boisseau » auprès d’Henri III, alors chassé de Paris par les Ligueurs).

Jacques Boyceau a-t-il sa place dans le Dictionnaire biographique des Charentais ?

Il est temps de revenir à notre dessein initial : rendre à Boyceau sa place dans le Dictionnaire biographique des Charentais. Pour cela, il fallait lever une question préjudicielle et établir que Boyceau était Angérien – ce à quoi est parvenu Guy de Larade et lui vaut le prix. La tâche n’avait rien d’évident, car notre homme était disputé par La Rochelle, au motif qu’on reconnaissait la ville au revers de la médaille de Dupré et qu’il a existé un lieu-dit La Barauderie près de Saint-Eloi (une avenue a pris le nom depuis) [9]. De son côté, M. de Richemond soutenait les droits d’une autre Barauderie, située dans la paroisse de Mazeray [10], mais il semble bien que cette terre ait appartenu plutôt aux Razin, notamment en 1626 [11]. Il reste donc à localiser cette terre.

En revanche, il a été démontré par Guy de Larade que Boyceau de la Barauderie était le frère de Boyceau de Pouzou (plutôt que du Pouzou), maire de Saint-Jean en 1604-1605 et père de Jeanne, qui épousa Gabriel Goulard, sieur de Breuil-Milon et Vervant. Notre jardinier n’est donc peut-être pas né à Saint-Jean en 1560, comme l’a écrit Dominique Garrigues, mais une telle affirmation est sans doute très proche de la vérité.

Ajoutons que le spécialiste de Boyceau, Franklin Hamilton Hazlehurst, dont nous découvrons le livre tardivement, était parvenu aux mêmes conclusions en 1966, souvent d’ailleurs à partir des mêmes éléments d’archives, récoltés dans les années 50. Comme nous, il juge impossible à démontrer que Jean et Jacques Boyceau se rattachent à d’autres Boiceau de la région de Saint-Jean d’Angély, les Boiceau du Marais « en Saint-Julien de l’Escap » [12] … En revanche, il suppose que tous deux étaient fils d’un « sieur Boisseau », cité en 1576 comme « maistre d’hostel de hault et puissant M. de Biron » [13] – celui que nous venons de voir combattre à Rouen.

La famille est en effet étroitement liée aux Gontaut-Biron. Jean de Pouzou a été leur fondé de pouvoirs, leur procureur pour Brizambourg [14] (1598) et Chef-Boutonne [15] (1592 et 1600). Que son frère Jacques ait suivi Charles de Biron à la guerre n’a rien d’étonnant : en 1569, âgé de huit ans, le futur maréchal avait été confié à sa tante, dame de Brizambourg [16]. Il était le contemporain à peu près exact de La Barauderie : les deux ont-ils noué une amitié d’enfance, comme certains le supposent ? Cela n’a rien d’improbable. Jacques Boyceau aurait alors profité de la fortune de Biron, le duc (et non plus baron, comme son père), favori d’Henri IV… jusqu’à ce qu’une trahison avérée le conduise à la décapitation, en 1602. Une lettre d’Henri IV atteste d’ailleurs de cette proximité avec le duc : « Jehan et Jacques Boisseaux, pour lesquels notre amé et féal cousin, le sieur de Biron, maréchal de France, serait entré en cause comme ayant droit d’eux.. » [17] Ailleurs [18], La Barauderie est présenté comme le « lieutenant de Biron ». D’où une interrogation sans réponse : comment Boyceau a-t-il, non seulement évité la disgrâce, mais même obtenu une promotion vers 1602 justement ? Avait-il rompu avec le duc, était-il déjà entré au service du roi, ou celui-ci, qui avait tout tenté pour sauver Biron de lui-même, a-t-il reporté sa faveur sur les proches du maréchal ?

Il faut aussi signaler – cela a son importance – que, si Biron était catholique rallié à Henri de Navarre, les Boyceau étaient protestants, comme d’ailleurs la dame de Brizambourg et le duc de La Force. Etaient de même réformés les Goulard et les Menours. Cette génération, au sortir des guerres de religion, va respirer sous Henri IV et Louis XIII, qu’elle servira avec honneur. En revanche, les enfants et petits-enfants de Jean de Pouzou, de Gabriel Goulard (Jacques-Martel, marquis de Vervant et ses deux oncles) et de Jacques de Menours (Suzanne de Béringhen, duchesse de La Force) vont être dépossédés et condamnés à émigrer en Angleterre… C’est aussi l’époque où les créations de La Barauderie vont disparaître, effacées par celles de ses successeurs, Le Nôtre au premier chef.

Toutefois, peut-être en reste-t-il une. Les chances sont minces, le fil ténu, mais si l’on suppose que Boyceau a œuvré à Brizambourg, pourquoi n’aurait-il pas fait de même dans un autre château de Jeanne de Gontaut-Biron : Vervant ? L’hypothèse a d’autant plus de consistance que ce château, probablement passé à Biron après la mort de la dame (1598), a fini par échoir à la nièce de La Barauderie [19]. En 1623, Peiresc, de passage à Saint-Jean d’Angély, y rencontre M. et Mme « de Breuil » et cet amateur de parterres déplore de n’avoir pas eu le temps de visiter ce « beau lieu de Vernay » [20]. Aurait-il eu les mêmes regrets si Boyceau ne l’avait pas entretenu d’un jardin… qui existe toujours ?

Boyceau, généalogie

Ce qui est acquis

 que Jacques Boyceau, sr de la Barauderie, est frère de Jean Boyceau, sr du Pouzou (paroisse des Eglises-d’Argenteuil).
J’y suis arrivé par la lettre de Fabri de Peiresc, citée par D. Garrigues :
« Monsieur,
Je ne manquay poinct en passant par Saint Jean d’Angely de voir Mr de Breuil et Made de Breuil, vostre niepce, chez eulx, lesquelz me firent manger de trez excellents melons et me comblèrent de toute sorte de carresses et d’honnesteté, mais j’estois si pressé en mon voyage que je n’eus pas le moyen de m’arrester avec eulx, comme ilz eussent désiré, à mon trez grand regret pour gouster la beauté de ce beau lieu de Vernay… »

Il n’existe pas à ma connaissance de Vernay près de Saint-Jean d’Y mais, parmi les quelques du Breuil que j’ai pu identifier, se trouvait Gabriel Goulard, sr du Breuil-Milon, époux de Jeanne Boisseau, fille de Jean, seigneur du Pouzou.

NADAUD (Nobiliaire du Limousin) : « Gabriel Goullard, chevalier des ordres du roi, et gentilhomme ordinaire de sa chambre, sgr du Breuil-Milon, La Mothe-d’Anville, La Ferté, etc., épousa le 14 octobre 1609, Jeanne Boiceau, fille de Jean, sgr du Pousou, Saint-Martin, de Cerzay, et de Catherine Moreau… » Notice similaire dans Beauchet-Filleau (voir ci-après).

Les découvertes faites par Guy de Larade aux AN (legs à la nièce, donation mentionnant une dette du frère) donnent un fondement solide à ce qui n’était malgré tout qu’une hypothèse.

- la généalogie des Menours (le nom se prononce, semble-t-il, « menou », d’où quelques variantes orthographiques), http://www.lemarois.com/jlm/data/j20bcaumont.html [crédit nécessaire], conduit à donner à Jacques et Jean une sœur, Marie – ou, selon le Nobiliaire de Guyenne, Madeleine. Voir http://books.google.fr/books?id=P2ABAAAAQAAJ&pg=PA89 et
http://books.google.fr/books?id=0oANAAAAQAAJ&pg=PA366

Ce qui est pour le moins hypothétique

l’ascendance de Jean (du Pouzou), Jacques (de La Barauderie) et Marie (de Menours)
Guy de Larade a été arrêté par les notices suivantes de Beauchet-Filleau :

BOISSEAU (v. BOICEAU), sr de la Galernière – Famille de l’échevinage de Niort ou de Saint-Jean d’Angély (…)
1. Boisseau (Louis), sr des Marais, échevin de Saint-Jean d’Angély, épouse Madeleine Pelletier, dont :
2. Boisseau (Louis), Ec., épousa, le 13 mai 1557, Jacquette Mothe ? dont il eut plusieurs enfants qui partagèrent le 31 mai 1623 : 1° PAUL, marié à Marguerite Isle, fille de Jean, éc., sr des Grais, et de Marie Guichard ; 2° JEAN, qui suit ; 3° JACQUES ; 4° RACHEL ; 5° MARIE, 6° MARTHE.

Il était tentant dès lors de rattacher cette fratrie aux srs des Marais, comme quelqu’un l’a fait sur Geneanet (http://gw3.geneanet.org/index.php3?b=oslo2&lang=fr;p=jacques;n=boyceau. Malheureusement, dans Beauchet-Filleau, le « Jean qui suit » est un sr de Laubertière dont aucune des deux épouses n’est Catherine Moreau. Et les Jean de Pouzou sont recensés séparément :

BOICEAU (Jean), Ec., sgr du Pouzou, épousa Catherine Moreau, dont il eut : 1° JEAN, Ec., sgr de Pouzou, habitant psse de Chef-Boutonne ; il était protestant ; ses biens furent confisqués et réunis au domaine, comme on le voit par l’affiche d’une ordonnance de M. Foucault, intendant du Poitou, rendue en 1689 (archives de la Vienne) ; 2° JEANNE, qui, le 14 octobre 1609, épousa Gabriel Goulard, Chev. des ordres du Roi, gentilhomme ordinaire de sa chambre, sgr de Breuil-Milon, La Mothe d’Anville, etc.

On peut supposer que Beauchet-Filleau a été « mauvais sur ce coup », et qu’il a relié à tort les Boisseau de Laubertière à ceux des Marais. Toutefois, si, dans les preuves de noblesse fournies par Sophie Boisseau de la Galernerie pour entrer au pensionnat de Saint-Cyr (Revue historique de l’Ouest, 1899, pages 115-118 http://gallica.bnf.fr/ark :/12148/bpt6k671752/f123.pagination), on ne remonte pas au-delà de Jean de Laubertière et que la mention de Louis, sr des Marais, est ajoutée en note par l’auteur, Paul de Chabot, sur le seul fondement du Beauchet-Filleau, c’est que d’Hozier n’avait pas besoin de remonter au-delà de la 5ème génération. D’autre part, de ce document, il ressort que toute cette branche avait pour paroisse Saint-Martin de Taillant, où se trouve la Galernerie [21] – on est bien près de Saint-Jean d’Angély… Or, dans le « Répertoire des titres du comté de Taillebourg » (AHSA 1900), on voit une Marie Boisseau du Maray faire aveu en 1634 « pour son fief anciennement apellé Aux Arrivez, et à présent La Riverie » (paroisse de Taillant), et Louis Boisseau de la Galernerie rendre le même aveu en 1722 et 1725 (pages 210-211). Surtout, la même année, elle fait de même pour les Trois-Chemins (paroisse des Nouillers, http://gallica.bnf.fr/ark :/12148/bpt6k213978p/f198.pagination p. 190) et d’Hozier fait état de la donation qu’elle en fit, en 1646, aux deux enfants de Jean de Laubertière. Et rien n’indique que cette Marie se confonde avec la mère de Jacques de Menours.

Uniquement pour semer le trouble dans les esprits, je relève que la même Marie du Maray avait, en 1631, rendu aveu pour La Béraudière, paroisse de Fenioux (page 291)…

Le Marais en question se trouvait dans Saint-Jean de l’Escap.


[1L’un par Grégoire Huret, d’après Abraham de Vries, ornera le frontispice du Traité ; l’autre, daté de 1624, est celui de la médaille d’Abraham Dupré.

[2Voir ici

[3Voir ici Voir aussi Hazlehurst 77-79.

[4Hazlehurst, 77 et 82. Voir aussi des plans

[5Boyceau semble aussi s’être passionné pour les tulipes. A la suite de son traité réédité en 1689 figure un Traité des tulipes et de la manière de les faire panacher – les tulipes panachées étaient les plus appréciées et l’auteur pense qu’on peut les obtenir en affaiblissant la fleur, ce pour quoi il a mis au point toute une gamme de procédés, auxquels s’intéresseraient encore les amateurs. Voir

[6« Jacques de Boyereau, écuyer, seigneur de la Barauderie, commissaire ordinaire de l’artillerie, ci-devant trésorier garde général d’icelle, 30 décembre 1596 », Entrée à Rouen du roi Henri IV en 1596, de Charles de Beaurepaire, J. Félix, Espérance Cagniard, Société rouennaise de bibliophiles, 1887, page XXVI.

[7The return of the armadas, The last years of the Elizabethan war against Spain, 1595-1603, deR.B. Wernham, 1994, pages 36 et 41.

[8Hazlehurst, p. 5 et voir dans Google Books

[9C’est l’hypothèse de G. Musset : Bulletin historique et littéraire de la société d’histoire du Protestantisme (1902, page 504), http://gallica.bnf.fr/ark :/12148/bpt6k65792t/f509.pagination. Autre tentative d’annexion rochelaise : il a parfois été avancé que Boyceau, ou son frère Jean, aurait participé au siège de Luçon en 1587 : on a confondu avec Jean Boisseau, maire de La Rochelle en 1589, qui conduisit ce coup de main conclu d’ailleurs de manière féroce, mais en 1568. http://books.google.fr/books?id=w0kjhT2_DEMC&pg=PA331&lpg=PA330 -
http://books.google.fr/books?id=Xr4-fNOjLoUC&pg=PA288 -
http://books.google.fr/books?id=xHIDAAAAYAAJ&pg=PA407

[10Réunion des sociétés savantes, 1900, pages 389-390 : http://gallica.bnf.fr/ark :/12148/bpt6k206219d/f465.pagination

[11Archives de Saintonge et d’Aunis, de 1899 (t. XXVIII, page 296, note 1 : http://gallica.bnf.fr/ark :/12148/bpt6k2139779/f299.pagination) et de 1883 (t. XI, fin de la note 1, page 119 : http://gallica.bnf.fr/ark :/12148/bpt6k2139609/f118.pagination).

[15Société de statistique des Deux-Sèvres, 1884, page 135 et sv http://gallica.bnf.fr/ark :/12148/bpt6k2086853/f144.pagination et sv.) Voir AHSA 1889, page 252, mais il y aurait plus dans le vol. de 1935.

[16« Je m’en vais à Brizambourg, quy est de mon despartement », écrivait le maréchal de Biron en 1581. » Dans sa disgrâce, (il) aimait à s’y retirer » (Archives historiques de la Gironde, XIV, p. 185.

[18Histoire de Gaston IV, comte de Foix, par Léon Lecestre, 1909, index.

[19http://gallica.bnf.fr/ark :/12148/bpt6k209510r/f257.pagination. Louis XIII s’est établi à Vervant en 1621 pour mener le siège de Saint-Jean d’Angély.

[20Ce fief de Gabriel Goulard est mentionné sous la même forme dans une lettre citée par Hazlehurst, page 122, mais il s’agit d’une confusion due au scripteur ou au transcripteur, comme le montrent d’autres pièces.

[21Du nom d’un maire de Saint-Jean d’Angély du XIVème siècle, contemporain d’un échevin nommé Pierre Boiceau...

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