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1019 - 1887 - Annales de la ville de La Rochefoucauld (Charente)

samedi 3 mars 2012, par Jean-Claude, Pierre, 7121 visites.

Ces annales sont un pot-pourri d’vnements historiques divers touchant principalement la famille de La Rochefoucauld, mais aussi des faits divers petits et grands.

Source : Bulletin de la Socit de gographie de Rochefort-sur-Mer - Anne 1897 - BNF Gallica

Dessin de J-C. Chambrelent

Quelques Annales de la ville de La Rochefoucauld - Par M. J. Fermond

Dans la monographie du Chteau de La Rochefoucauld [1] publie en 1894, je n’ai donn sur la ville, que quelques vues historiques, que je complte aujourd’hui, d’aprs des annales qui seraient bien plus intressantes si des hommes ignorants n’eussent vou la destruction une grande quantit de documents, de livres, et des manuscrits provenant du chteau.

Les faits relats dans cette tude sont extraits de Mmoire de ce qui s’est pass dans la ville de La Rochefoucauld, du temps des troubles de la religion, par Jean Pillard, alors chanoine de la Collgiale de cette ville ; Livre domestique de la famille Delage de Luget[ Voir ce document ] ; Chronique protestante de l’Angoumois, par V. Bugeaud ; Bulletin de la Socit archologique et historique de la Charente, et de vieux documents que je possde.

J’ai cru devoir carter de ce travail la mention de quelques auteurs et de documents qui l’auraient surcharg bien inutilement et, pour certains dtails topographiques, je prie le lecteur de se reporter au Bulletin de la Socit.

Primitivement, la ville de La Rochefoucauld s’appelait La Roche ; c’est ainsi que la nomment encore les gens de la campagne.

XIme sicle

La seigneurie de La Rochefoucauld tait, dans le principe, une baronnie qui fut donne, titre d’apanage, par Hugues 1er, comte d’Angoulme, Esmerin, son fils, qui se qualifia baron de La Roche, et fut pre de Foucaud, premier du nom, sieur de La Roche. Il vivait sous le rgne du roi Robert, vers l’an 1019. Il est qualifi seigneur trs noble, dans divers titres, et il s’acquit une si grande rputation que ses successeurs ont tenu honneur de porter son nom. Celui de sa femme tait Jarsande.

En 1060, Charte d’Aymar, surnomm Donzel, seigneur de La Roche, de concert avec son frre Guy, ses neveux Guy et Arnaud et les nobles du chteau, fondant en cette ville un prieur en faveur des moines de Saumur, qui ont Saint-Florent pour patron.

Avant 1070, Charte de Guillaume, vque d’Angoulme, constatant qu’aprs avoir autoris Sigon, abb de Saint-Florent, et ses religieux, construire un monastre prs du chteau nomm La Roche, il en a consacr les autels et le cimetire, dfendant, au nom de Dieu, de saint Pierre et au sien, de rien faire contre cette fondation [2].

XIIIme sicle

Vers 1250, Guillaume Taillefer IV, comte d’Angoulme, tant en guerre avec Guy VI, seigneur de La Roche, entra dans son chteau, le brla ou le pilla, la rserve des munitions qu’il trouva dans le donjon et qu’il eut soin de conserver.

En 1262, a eu lieu la construction de l’glise collgiale de Notre-Dame-de-La-Rochefoucauld, par un certain Petrus Calha (Pierre Caille), et au mois de mai 1266 le chapitre de cette glise fut fond par trente-deux prtres qui firent, de leur patrimoine, un fonds pour doter la collgiale [3].

13 janvier 1264. Bulle d’Urbain IV, mandant l’vque d’Avignon et l’archidiacre d’Aunis de faire respecter, par le chapelain de Rivires, le droit de spulture appartenant aux prieurs et moines de Saint-Florent de La Rochefoucauld.

Au XIIIe sicle, sous Louis X, fut fonde auprs de cette ville une lproserie ou maladrerie. Elle tait situe au lieu appel actuellement La Maladrerie, sur le ct gauche de la route de La Rochefoucauld Agris. Elle tait de fondation royale. De nombreux dbris de tuiles et de poteries ont t dcouverts en cet endroit.

XIVme sicle

En 1309, Foulques, de la maison de La Rochefoucauld, tait vque d’Angoulme.

Guy VII, seigneur de La Rochefoucauld, servit, en 1317 et 1318, le roi Philippe-le-Long, contre les Flamands. Il fonda le couvent des Carmes de cette ville, et il eut d’Agns de Culant, sa femme, Guillaume, son troisime fils, qui fut vque de Luon. Le roi Charles V lui accorda que ses chteaux, terres et seigneuries, situs dans le comt d’Angoulme, ressortissent dornavant son chteau de La Rochefoucauld. Il fit son testament en 1327 et voulut tre enterr en l’glise des Carmes, qu’il avait fonde en 1318.

En 1328, un grave diffrend s’tant lev entre l’vque d’Angoulme, Ayguelin, et Guy VII de La Rochefoucauld, qui refusait de se rendre dans cette ville pour porter, suivant l’ancien usage, l’un des pieds du fauteuil du prlat, le jour de son intronisation, l’excommunication fut lance par l’vque, qui obtint ainsi la soumission du seigneur de La Rochefoucauld.

Guy VIII de La Rochefoucauld, seigneur de Marcillac, etc., fut gouverneur d’Angoumois, conseiller et chambellan des rois Charles V, Charles VI et de Philippe-le-Hardi, duc de Bourgogne. On le comptait entre les premiers seigneurs de Guyenne qui rendirent obissance au roi Jean, aprs le trait de Brtigny, en 1360.

Froissard parle de Guy VIII, qui combattit, en 1380, en champ-clos, Guillaume, sire de Montferrand, et fut conduit au champ par deux cents gentilshommes de son lignage.

XVme sicle

Foucaud III de La Rochefoucauld, seigneur de Marcillac, etc., conseiller et chambellan du roi Charles VII, fut fait chevalier en 1451, au sige de Fronsac, avec Jean de Bourbon, comte de Vendme. Il pousa Jeanne de Rochechouart, testa en 1466 et mourut Poitiers.

Le 17 juillet 1453, la fin de la guerre de Cent ans, et pendant l’expulsion des Anglais de la Guyenne, le roi Charles VII se trouvait au chteau de La Rochefoucauld, chez son conseiller et chambellan Jean Ier duc de La Rochefoucauld, seigneur de Marthon, Montignac, Marcillac, Blanzac, etc., quand la nouvelle lui parvint, dix heures du soir, de la victoire remporte sur les Anglais, Castillon.
La bataille avait eu lieu le matin, et le messager porteur de la bonne nouvelle avait pu facilement franchir en dix heures la distance sparant Castillon de La Rochefoucauld.
Le prince ordonna immdiatement que, le lendemain, un Te Deum ft chant dans la principale glise de la ville pour remercier Dieu de cette victoire.
Le mme messager fut envoy au comte d’Angoulme, Jean-le-Bon, cousin-germain du roi, qui, pendant trente-deux ans, avait t prisonnier en Angleterre. Il arriva Angoulme, onze heures du soir.
La veille, 16 juillet, le roi, tant La Rochefoucauld, avait crit au chapitre et aux chanoines de Chlons-sur-Marne, pour leur recommander la nomination de Geoffroy Floreau, vque de Nmes, comme vque de Chlons.
Le roi ne se contenta pas de faire chanter un Te Deum La Rochefoucauld ; des messages furent envoys aux principales villes de France afin de clbrer ce grand vnement. C’est ainsi que nous enregistrons :
Le 22 juillet, lettre du roi aux habitants de Lyon pour leur annoncer la bonne nouvelle et leur ordonner de chanter un Te Deum ;
Vers la mme poque, un chevaucheur de l’curie du roi, Pierre de La Place, nom angoumoisin (cette famille possdait La Tourgarnier, Javerlhiac et a fourni un premier prsident la cour des aides de Paris), avait t envoy Montpellier dans le mme but ;
A la date du 9 aot 1453, aux Manuscrits franais 26081, nous trouvons la lettre du sire de Fimarcon ordonnant le paiement de six livres tournois Pierre de La Place, pour avoir apport la ville de Montpellier la bonne nouvelle de la desconfiture nagures faicte des Anglais devant la place de Castillon, en Prigord, o le sire de Talbot avoit t tu.

Enfin, tant au chteau de La Rochefoucauld, la date du 23 juillet, le roi ordonne de faire une enqute sur certains faits survenus aprs la bataille de Castillon, et qui avaient jet dans l’arme une vive motion.

Le vendredi, 27 juillet, le roi quitte La Rochefoucauld et se rend Angoulme. Il rside au chteau, chez son cousin-germain, le bon comte Jean. De cette ville il crit au chancelier de France, Juvnal des Ursins, et Jean d’Estouteville, sire de Torcy, grand matre des arbaltriers.

A la date du 22 octobre 1453, le roi donne Jean, sire de La Rochefoucauld, le gouvernement de la ville de Bayonne, qui venait de rentrer sous le pouvoir des Franais ; ce dut tre sa rcompense pour l’hospitalit si grande et si gnreuse accorde au roi pendant quinze jours, et aussi pour la part qu’il avait prise la recouvrance de la Guyenne sur les Anglais [4] .

XVIme sicle

Le 1er avril 1502, la peste et la disette svissaient La Rochefoucauld et dans l’Angoumois.

Franois, premier du nom, comte de La Rochefoucauld, prince de Marcillac, sieur de Barbezieux, Montguyon, Montendre, etc., qui fut chambellan des rois Charles VIII et Louis XII, eut aussi l’honneur de tenir, en 1494, sur les fonts de baptme, le roi Franois 1er, qui eut toujours beaucoup de considration pour son mrite, le fit son chambellan ordinaire et rigea, en 1515, la baronnie de La Rochefoucauld en comt. On remarque mme dans les lettres de cette rection, que c’tait en mmoire des grands, vertueux, trs bons et trs recommandables services, qu’icelui Franois, son trs cher et aim cousin et parrain, avait fait ses prdcesseurs, la couronne de France et lui.

Ce seigneur pousa, en premires noces, Louise de Crussol, et en secondes noces, Barbe du Bois. Parmi les enfants du premier lit, se trouvent Jean, qui fut vque de Mende, et Franois II. Il mourut en 1533.

Franois II, comte de La Rochefoucauld, prince de Marcillac, etc., soutint la grande rputation que ses anctres s’taient acquise. Il pousa, en 1518, Anne de Polignac, dame de Randan et veuve de Charles, comte de Sancerre, qui avait t tu a la bataille de Pavie, en 1525. Cette dame, que son mrite a rendu clbre, reut, en 1539, en son chteau de Verteuil, o elle s’tait retire aprs la mort de Franois II, l’empereur Charles V, avec Messieurs les enfants de France, et l’empereur tmoigna tant de satisfaction qu’il dit hautement, selon le tmoignage d’un de nos historiens, n’avoir jamais entr en maison qui mieux sentit sa grande vertu, honntet et seigneurie que celle-l.

C’est sous Franois II, et sous la direction d’Antoine Fontan, que furent construites les deux ailes principales du chteau. II mourut en 1533.

En 1534, Calvin, g de vingt-cinq ans, tant sorti de Paris pour chapper aux poursuites que l’on commenait exercer contre lui, se retira Angoulme, sous le nom de Heppeville, s’y fit appeler Deparan, y professa la langue grecque et y acheva son livre de l’Institution ddi Franois Ier.

Plusieurs ecclsiastiques de la ville et des environs adoptrent sa doctrine, entr’autres Louis Dutillet, chanoine d’Angoulme et cur de Claix. Les ouailles suivaient l’exemple de leurs pasteurs, et c’est ainsi que s’tablirent plusieurs glises rformes en Angoumois.

Au XVIe sicle, existait La Rochefoucauld, au canton ou carrefour du faubourg de la Souche, un btiment appel La Chapelle Saint-Jacques, dpendant du reclusage de l’abbaye de Grosbos. Ce btiment fut adjug, comme proprit nationale, le 8 prairial an III, pour la somme de 13,400 francs, Jean Bertrand, marchand La Rochefoucauld [5].

Le 23 mars 1535 (1536 n. st.), furent faites et fondues les deux grosses cloches et l’horloge, qui sont dans la grande glise ; et depuis, la dite horloge a t refaite, parce qu’elle n’tait pas assez grosse.

Le 2 septembre 1542, Madame la dauphine (Catherine de Mdicis), passa en cette ville, allant Perpignan, et logea chez un nomm Miguet.

Le 22 novembre de la mme anne, le roi Franois Ier, la reine (Elonore d’Autriche), et plusieurs cardinaux arrivrent dans cette ville, o ils demeurrent huit jours. Sa Majest tait loge chez Miguet et la reine chez Desbordes. Il tomba, cette poque, tant de neige, qu’elle incommodait fort dans les rues.

Le 18 janvier 1543, il fit une gele si grande, que les deux tiers des tombes du cimetire furent fendues.

Le 1er janvier 1544, on rompit, de nuit, plusieurs images qui taient devant quelques maisons. Jean et Elie, prtres, Pierre Taschier et Guillaume Bouhier, fugitifs, ayant t accuss de ces excs, furent arrts prisonniers.

En 1544, les protestants commenaient se compter La Rochefoucauld ; cette ville tait alors la plus importante de l’Angoumois. Domine par le chteau de ses nouveaux comtes, elle tait le march central o s’assemblaient les acheteurs des provinces voisines. Les produits de ses tanneries taient fort estims.

C’est La Rochefoucauld, que furent tablies les coles protestantes d’o sortirent beaucoup d’hommes remarquables qui furent pasteurs de la Saintonge et de l’Angoumois. Amie des arts et des lettres, la famille de La Rochefoucauld exera longtemps une influence salutaire dans cette ville, aussi bien qu’ Verteuil, Saint-Claud, Montignac et Marcillac.

Le 28 mai 1545, jugement rendu par Jehan de Voyon, juge du prieur de Saint-Florent, contre quatre habitants de cette paroisse, nouvellement maris, les condamnant payer au prieur, suivant l’usage immmorial, un pot de vin bon et raisonnable pour tre distribu, le jour de la Pentecte, aux assistants des vpres de la dite paroisse, la sortie de l’glise.

Le 10 juillet 1547, messieurs de Jarnac et la Chtaigneraie se battirent en duel dans le parc de Saint-Germain-en-Laye. Jarnac fut vainqueur.

Le 3 novembre 1548, on porta toutes les cloches et armes de cette ville au chteau, ainsi que celles de quelques paroisses des environs.

Le 20 janvier 1549, un nomm Bezot fut maillot entre les deux ponts. C’est le premier homme que Pillard dit avoir vu gter.

Le 3 mars 1549, les lansquenets passrent en cette ville, venant de Bordeaux cause de la gabelle, et firent de grands maux dans quelques maisons.

Le 3 juin 1552, toutes les cloches furent remises, et l’on donna au roi, pour celles de la grande glise, qui avaient t transportes au chteau, soixante-dix livres dix sols.

Le 29 mars 1554, Anne de Polignac, duchesse douairire de cette ville, mourut au chteau de Verteuil, o elle s’tait retire aprs la mort de Franois II [6].

Le 23 mars 1555, on fit faire les deux cloches et celle qui sonne la messe de paroisse aujourd’hui, qui sont la grande glise de La Rochefoucauld quelque temps aprs, elles furent prises et emportes au chteau.

Le 18 novembre 1556, mourut Pierre Tessonnire, Carme-prieur de cette ville, homme docte.

L’an 1561, les huguenots commencrent rompre les images de la chapelle du grand cimetire de l’glise [7].

Le 31 juillet de la mme anne, la reine de Navarre (Jeanne d’AIbret) arriva dans cette ville. Ayant voulu faire prcher dans la grande glise, elle trouva la porte ferme ce qui fit que les huguenots n’y purent entrer. On cessa, ds lors, de faire l’office dans les glises.

Le 22 avril 1562, il tomba une grande quantit de grle pendant la nuit, qui fit beaucoup de mal, tant La Rochefoucauld qu’aux environs.

Le 10 mai suivant, les huguenots firent montre de tous leurs gens, avec tambours, en cette ville.

Le 16 du mme mois, quatre mille Gascons protestants, sous la conduite d’Antoine d’Aure, dit de Grammont, s’emparrent de la ville d’Angoulme, le samedi, veille de la Pentecte, et en furent matres jusqu’au jeudi 6 aot de la mme anne.

Le 18, ces Gascons causrent une telle frayeur La Rochefoucauld, pendant la messe paroissiale, qu’il ne fut pas possible de l’achever.

Le 26, les huguenots rompirent tous les autels et images, et brlrent les livres qui taient dans les glises.

Le 28, ils commencrent prcher sous la Halle, tant en partie en armes, les grandes portes fermes. Le prdicateur tait M. de La Fontaine, qui les baptisa en gnral. Depuis ce temps-l, ils y ont fait leur cne.

Le 6 septembre, quelques soldats tant alls la grande glise, o matre Guillaume Michaud, prtre, disait la messe, ils le dpouillrent de ses habits sacerdotaux, en lui disant qu’ils voulaient dire la messe ; puis le frapprent grands coups et dchirrent quelques livres, ce qui effraya tellement le peuple qu’il sortit de l’glise en toute hte.

Le 20 du mme mois, fut commenc rebtir le grand portail de la grande glise de cette ville.

En 1562, clata la premire guerre civile. Louis de Cond avait quitt Paris, lanc son manifeste et envoy l’ordre tous les gouverneurs de saisir les biens des glises. Franois de La Rochefoucauld, le mari de Charlotte de Roye, tait alors Verteuil. Dvou tout entier la fortune du prince, il entama, par l’intermdiaire de Mergey, jeune gentilhomme champenois, une ngociation avec Catherine de Mdicis, que son irritation contre les Guises poussait recourir aux protestants.

Aprs avoir confr avec la reine-mre, Mergey sortit de Paris audacieusement, l’aide de faux passeports, et rapporta au comte la rponse royale qui lui enjoignait de prendre les armes pour la dfense du trne. La premire guerre civile commenait. Arnaud Rolland, maire et capitaine de la ville de Saint-Jean-d’Angly, excutant les ordres de Cond, prside l’inventaire des trsors du chapitre. La Rochefoucauld, revenu de l’assemble de Toury, convoque Saintes, un synode, qui dclare que la guerre est juste. Les populations souleves s’enrlent sous la conduite de la noblesse qui, presque toute entire, prend une part active la guerre.

Saint-Surin et Louis de La Rochefoucauld, baron de Montendre et de Montguyon, se jettent dans Angoulme, o les troupes de Grammont les rejoignent bientt. Leur passage est signal par la mutilation des statues des saints, le pillage des glises, par le massacre des catholiques les plus inlluents. Les ossements du comte Jean sont disperss, toutes les reliques ananties. Les mmes excs se reproduisent La Rochefoucauld, Cognac, Blanzac, Barbezieux partout les moines sont chasss de leurs abbayes.

Dans cette guerre, les troupes catholiques se dshonorrent par le pillage et l’incendie.

Le 2 janvier 1563, les deux petites cloches qui sont prsentement au clocher de la grande glise, furent donnes par les habitants catholiques de cette ville.

Le 8 mai 1563, Christophle Duplessis, sieur de la Michente, fut dcapit et mis en quatre quartiers devant le Minage de cette ville.

Le 29 du dit mois, Jean Viguier, sieur des Mnardires, subit le mme genre de supplice au grand carrefour, par ordre de M. de Fournaud, prvt des marchands.

Le 11 juin, le dit sieur Fournaud fit pendre et brler le cur de Saint-Mme, la Croix-Ferra.

Le 15, Monsieur et Madame (Franois III, comte de La Rochefoucauld, et Charlotte de Roye, sa seconde femme) vinrent dans cette ville, o quelques-uns de leurs gens, tant alls dans les glises, brisrent les images, dchirrent les livres et firent de grands maux aux maisons des doyens et chanoines. Les Carmes prirent la fuite en grande diligence, except Rocher. Ils emprisonnrent M. le chantre et quelques chanoines, sans cause lgitime. Les huguenots se logrent dans le couvent des dits Carmes, o ils firent leurs prches et la cne.

Le 7 aot, fut rebti le grand portail de l’glise des Pres Carmes de cette ville.

Le 2 novembre, on commena btir les murailles de la grande glise.

Le 9 dcembre, Charlotte de Roye, comtesse de cette ville, fit faire dfense de sonner les cloches.

Le 13 aot 1565, le roi Charles IX fit son entre Angoulme.

Le 25 du mme mois, furent remis tous les prtres et carmes dans leurs glises en cette ville, par MM. de la Casta, matre des requtes en Bretagne, et Jean Arnaud, lieutenant gnral d’Angoumois, commissaires pour le roi, qui furent par tout l’Angoumois pour ce sujet.

Le 3 novembre, M. le comte dfendit de sonner les cloches. Simon Piaud, assesseur, obit tout ce qu’on voulut.

En l’anne 1566, le culte tait exerc La Rochefoucauld par le pasteur Hog ; on se runissait dans la maison du sieur Goix.

Le 1er janvier 1568, les huguenots contraignirent les prtres d’aller au prche, sous peine de mort.

Le 16 avril, jour de Vendredi-Saint, les huguenots mirent le feu, pendant la nuit, dans la grande glise et emportrent tout ce qu’ils purent, et clourent la sainte Hostie une potence, au grand canton ou carrefour.

Le 14 octobre, quelques calvinistes de cette ville allrent Confolens, sous M. de Puyvidal, o ils furent maltraits par les gens du roi, qui turent les uns et dvalisrent les autres.

Le 15 octobre, la ville d’Angoulme fut assige et canonne si furieusement par les huguenots, qu’elle fut oblige de se rendre.

Le 2 novembre, passrent par La Rochefoucauld, les princes de Navarre, de Cond, le comte de La Rochefoucauld, l’amiral de France, M. d’Andelot et plusieurs grands seigneurs capitaines. Le commun bruit fut qu’ils taient au nombre de cent mille combattants, de quoi tout le pays souffrit beaucoup. L o ils passaient, ils mettaient le feu toutes les glises et mettaient mort tous les prtres qu’ils trouvaient, s’ils ne voulaient renoncer l’ordre de prtrise ; mais, y ayant renonc, ils les laissaient aller payant ranon. Matre Jean Pillard, chanoine de l’Eglise collgiale de Notre-Dame de La Rochefoucauld, fut pris ranon de 53 cus sols, valant chacun 56 sols la pice ; ils ne purent jamais le faire renoncer l’ordre de prtrise cause qu’il tait homme de bien, ayant la crainte de Dieu en lui, et il eut aussi de bons amis qui le firent sauver.

L’hiver de 1568 1569 fut un des plus rigoureux du sicle.

En 1569, il y avait La Rochefoucauld, un ministre qui prchait le prophte Jean, qui tait du pays de Languedoc, et lequel tait tellement contraire aux gens d’glise, aux pauvres prtres, que c’tait piti des pauvres chanoines, leur ayant t tous leurs revenus et rduits la dernire pauvret, que c’tait grand’misre.

La mme anne, M. le prince de Cond et plusieurs autres furent tus en bataille par les gens du roi, entre Jarnac et Chteauneuf.

Le 26 octobre, Saint-Jean-d’Angly fut assig par le roi.

Le 22 novembre, les prtres taient dans la plus grande crainte, cause des picoriens et des chrtiens rengats, qui, sans cesse, les cherchaient tant pour les massacrer que pour leur faire payer de grosses ranons ce qui faisait que ces prtres se tenaient renferms dans leurs maisons, sans oser se montrer aux fentres et encore moins se promener dans les rues.

Le 15 aot 1570, furent rompues et abattues les votes du temple de la grande glise de La Rochefoucauld, les Carmes, Saint-Florent, la Basse-ville, laquelle perte fut estime deux cent mille escus, qui n’est rien au regard des autres temples qui ont t dmolis par toute l’Europe.

Les principaux taient MM. de Chtillon, le prince de Cond, l’amiral de France, le comte de La Rochefoucauld et plusieurs autres seigneurs capitaines.

Mmoire tout jamais, et tous prsents et futurs, que Franois et Mathurin Bouillaud furent les principaux auteurs que le grand temple et tous les autres de la dite ville furent ruins, et mirent le feu en la grande glise, le 19 suivant Je fus prsent cette triste scne, avec la plus grande douleur, comme tant chanoine de la dite glise. (Pillard.)

Le 3 septembre, il tomba La Rochefoucauld, une grle plus grosse que des œufs, qui fit un grand dommage tout le pays.

Le 3 dcembre, on commena clbrer le saint sacrifice de la messe, que l’on avait interrompu depuis longtemps, cause des guerres civiles.

Le 6 du mme mois, M. le duc d’Anjou, frre du roi de France, arriva dans cette ville de La Rochefoucauld, y demeura huit jours, ce qui fut cause d’une grande chert et mortalit dans le pays ; la pinte de vin cotait cinq sols, le membre de mouton dix sols.

Le 8 avril 1571, mourut au chteau de Verteuil, dame Charlotte de Roye, comtesse de La Rochefoucauld.

Cette mme anne, la veille de l’Ascension de Notre-Seigneur Jsus-Christ, les soldats jetrent un religieux de Saint-Florent dans la rivire et le firent noyer, cause qu’il avait reu la prtrise et s’tait rendu huguenot ; on l’appelait matre Derays, cur de Saint-Vincent, proche Chasseneuil

Le 3 octobre 1571, on a commenc dire la sainte messe, laquelle on avait cess de dire cause de la grande perscution que faisaient les huguenots.

Le 15 avril 1572, les huguenots firent leur cne publiquement.

Le dimanche suivant, ils pillrent et saccagrent le couvent des Carmes. Ils allrent ensuite Angoulme, o ils ne voulurent pas laisser entrer M. de Marthon, qui conduisait l’arme pour le roi.

Le 24 aot, les principaux huguenots furent massacrs et mis mort par la commune, tant la nuit que le jour [8].

Le 30 aot, les nouvelles vinrent La Rochefoucauld, que M. le comte du dit lieu et plusieurs grands seigneurs avaient t tus Paris. Le comte de La Rochefoucauld passa la soire du 23 aot auprs de Charles IX ; Mergey l’avait accompagn. Plac dans un appartement contigu la chambre du roi, il entendit le monarque presser vivement le comte de passer la nuit au Louvre. Foucaud, lui dit-il, ne t’en va pas, il est dj tard nous balivernerons tout le reste de la nuit. - Cela ne se peut, car il faut se coucher et dormir. - Tu coucheras, rpliqua le roi, avec mes valets de chambre. - Les pieds leur puent. Adieu, mon petit maitre Et le comte rentra dans son logis. A peine venait-il de s’endormir qu’il fut rveill par six hommes masqus et arms qui entrrent dans sa chambre, entre lesquels cuidant le roi tre, qui vint pour le fouetter au jeu, il priait qu’on le traitt doucement, quand un de ces masques le tua. Son cadavre fut trouv le lendemain dans la rue. Auprs de lui gisaient deux de ses serviteurs, l’un de Saint-Front, l’autre de Verteuil, nomm Barilet.

Le roi, qui sut bientt que le fils de La Rochefoucauld avait t sauv du massacre, le prit sous sa protection et lui tmoigna le plus vif intrt [9].

En Angoumois, les massacres furent nombreux. La plupart des ministres protestants se rfugirent, les uns l’tranger et les autres La Rochelle. L’un d’eux, Pacard, desservit, pendant vingt-cinq ans, l’glise de La Rochefoucauld.

Le 9 mars 1574, le chteau fut pris par ceux de la religion, conduits par MM. de Beaumont et Puyravaud.

21 avril 1574, Extrait d’une lettre missive faisant mention de la fuite des huguenots hors du pays d’Angoulmoys, avec les prinses des places et chteaux de La Rochefoucauld, Bassac et Bourg-Charente. Je vous ay par ma prcdente faict entendre comme messieurs de La Vauguyon, de Bourdeilles et de Pompadour, ayant seu au vray que Monsieur de La Noe ne vouloit ou pouvoit passer les rivires de la Dronne et de l’Isle, pour aller Bergerac, comme ils avoyent imagin, s’estoyent acheminez avec bien cinq cens gentilshommes du pas de Prigord, Limosin et la Marche, qui voluntairement les ont suyvis, sans attendre aultre commandement du roy que le gnral, pour rencontrer le dict sieur de La Noue entre les dictes rivires et celle de Charente et le contraindre venir au combat. Pour lequel esviter, le dict sieur de La Noue avait faict passer la dicte rivire de Charente ses troupes l’endroit de Bassac lundy dernier, deux heures avant jour. La prsente est pour vous advertir que les dicts seigneurs entendans que les dites trouppes sjournoyent s environs du dict Bassac vindrent jeudy Angoulesme pour y passer sur le pont de la dicte Charente, et aller droict aux ennemys. A mesme fin Monsieur de Ruffec fit approcher le dict jour de la ville les huict compaignies de gens de pied qui estoyent au sige du chasteau de La Rochefoucauld, aprs la reddidition d’iceluy faicte le jour prcdent. Et combien qu’il fust si foible cause de sa maladie, qu’il s’estoit encore lev du lict, conclud avec les dicts seigneurs d’aller le lendemain trouver les ennemys, lesquels en ayant comme il est vray semblable advertissement, firent retraicte si soudaine et prcipitive qu’ils ne donnrent repos leurs chevaux qu’ils n’eurent pass la rivire de Bouthonne. Quoy voyant les dicts seigneurs, et qu’avec semblable diligence les dicts se pourroyent en une aultre semblable traitte retirer soubs la faveur des murailles de La Rochelle, marchrent droict Bassac pour l’assiger et le battre si ceux qui le tenoyent faisoyent rsistance, mais les tenans furent si effrayez se voyant abandonnez de ceux qui nagures se jactoyent de subjuguer toute la France, que sans vouloir attendre la fureur du canon se rendirent la premire sommation. Hyer Monsieur de La Faye, avec partie des gens de pied, alla assiger le chasteau de Bourg-Charente que les ennemis avoyent nagures surpris, et du commencement les dicts surpreneurs firent contenance de se vouloir bien deffendre mais ce jourd’huy ils se sont rendus par composition, les vies saulves. Aprs l’on est venu en ce lieu de Chasteauneuf, repasser la rivire pour approcher de Bouteville, qui est la seule place que les ennemis tiennent prsent en ce pays.
Escript Chasteauneuf, le XXIe jour d’apvril 1574.

Le 29 aot 1575, MM. de Bourdeille et Vaillat, conduisant les reitres pour le roi, arrivrent La Rochefoucauld, et y commirent de grands ravages. Dans le mme temps, la ville de Prigueux fut surprise par les ennemis de la religion.

Le 4 mars 1577, la ville de Montbron fut assige et prise par le sieur de Ruffec. Il ne prit dans cette action que Le Frezle, et Le Drolle qui l’avait prise pour ceux de la religion.

Le 12 avril, une nomme Vallerande accoucha de trois enfants, et, quelques jours aprs, la femme de Jean Petot accoucha aussi de deux garons et une fille, ce qui n’tait jamais arriv dans cette ville. La femme de Jean Mayou dit Bois-Redon, en fit autant.

Le 20 septembre, on commena btir la grande porte de la grande glise, par la grce de Dieu. Ce qui contribua sa hauteur, c’est que l’on donna cinq sols aux maons.

Le 2 janvier 1581, les deux petites cloches qui sont actuellement au clocher y furent mises de nouveau par les habitants catholiques.

Le 7 aot, fut rebtie la grande porte de l’glise du couvent des Carmes.

Le 3 avril 1583, jour des Rameaux, les huguenots tant dans leur prche, environ les huit heures du matin, ils eurent une frayeur d’autant plus grande, qu’ils pensrent tous prir par la chute de la maison qui tomba sur eux. Dans ce moment funeste, criant misricorde, ils se jetrent les uns sur les autres monceaux, par les portes et fentres de la maison de matre Jean Goix, sans qu’ils fussent tourments d’autres personnes de sorte que ceux qui taient par la ville prirent les armes, et leur prche fut rompu.

Quelque temps aprs, ils btirent un prche, par la permission de M. le comte de La Rochefoucauld, la porte de la ville, qui a vue du ct du chteau, ou ils ont toujours fait leurs exercices, avec un collge o il y a toujours eu beaucoup d’trangers. Anglais, Hollandais et autres nations, qui fait que les pauvres catholiques n’osrent dire mot. Dieu veuille par sa grce y mettre la main [10].

Il y a beaucoup de choses considrables qui sont arrives depuis l’anne 1583 jusqu’ l’anne que Dialot, procureur au sige de cette ville, donna un soufflet M. Caillot, chanoine, au faubourg de Saint-Florent, et que l’on rompit la pyramide et le feu de joie que l’on avait prpars pour la naissance de notre grand monarque Louis XIV, qui rgne aujourd’hui. Dieu veuille lui donner de longues annes par sa sainte grce !

En 1584, un synode provincial fut tenu la Rochefoucauld, sous la prsidence du ministre Pacard. Cinq autres synodes avaient t tenus prcdemment en cette mme ville en 1566, 72, 77, 78 et 81. Les glises de Jarnac et de La Rochefoucauld taient les plus florissantes de l’Angoumois.

En 1596, fut tenu Saumur le quatorzime Synode national protestant, sous S. M. Henri IV ; le dput de la province ecclsiastique de Saintonge, Aunis et Angoumois, fut M. Pacard, ministre de cette ville.

En 1597, le comte de La Rochefoucauld, qui s’tait mis en marche pour secourir Saint-Yrieix-la-Perche, en Limousin, tomba dans une embuscade avec ses escadrons qui s’embourbrent dans des chemins impraticables. Les ligueurs turent bon nombre de gentilshommes presque sans dfense. Le comte de La Rochefoucauld, dsaronn, s’empare d’un cheval et reprend le combat, s’criant II ne sera pas dit que j’ai fui devant ces armes dores. Se voyant abandonn des siens, il crie aux ennemis qui l’entourent Je suis le comte de La Rochefoucauld, vingt mille cus sont bons. Un nomm La Bisse rpondit qu’on ne sauvait point la vie aux huguenots, et le poignarda.

Au XVIe sicle, il existait prs de La Rochefoucaud, deux commanderies de Templiers, l’une Malleyran, et l’autre Vouthon. Elles servent actuellement d’glises.

XVIIme sicle

1600. Placs en dehors de la vie politique, et dsormais paisibles malgr les vexations et les injustices qu’ils eurent prouver de la raction catholique, les protestants tournrent leur activit vers le commerce et s’appliqurent propager leur doctrine par la discussion et par le dveloppement de leurs Acadmies. Ds l’poque de l’dit de Nantes, chaque province avait t encourage crer des coles. Le Collge de La Rochefoucauld, fond sous les auspices de Georges Pacard, tait appel rendre d’importants services aux Eglises d’Angoumois et de Saintonge. Grce aux subsides annuels accords par Henri IV, grce aux charits des fidles de la ville, ce ministre vigilant russit tablir solidement l’œuvre qu’il avait mdite. Les classes ouvertes, de nombreux lves accoururent aux enseignements du fondateur, ainsi qu’aux leons de l’cossais Thomas Hog. Appel Saint-Claud en 1608, Pacard laissa la direction des classes son compagnon, dont le nom seul nous est connu.

L’organisation du Collge tait calque sur celle des grandes Acadmies protestantes. On y enseignait les littratures grecque et latine, la rhtorique, l’hbreu, la philosophie, la thologie, les mathmatiques. Tous les six mois, les professeurs taient tenus d’envoyer aux examinateurs gnraux des livres, les thses qu’ils avaient expliques en public. Les jeunes gens, entretenus aux dpens de la province ou d’une glise, ne pouvaient frquenter une Acadmie sans la permission du Synode provincial, qui leur prescrivait le lieu et le temps de leur demeure. Ils taient obligs de se consacrer au service de l’glise ou de la province aux frais de laquelle ils avaient fait leurs tudes. Du reste, ils n’taient admis dans l’cole qu’aprs avoir fourni de bons rpondants pour la restitution des sommes dbourses pour leur instruction, dans le cas o, par leur faute, ils abandonneroient le ministre. Un conseil ordinaire, compos des pasteurs de l’glise de la ville, du rgent du collge et des professeurs, s’assemblait chaque semaine. Un conseil extraordinaire, form des pasteurs et des principaux membres de l’glise de la ville, au choix des consistoires, se runissait dans les circonstances importantes. Il avait l’administration des deniers octroys au collge et le droit de nommer ou de suspendre les professeurs.
David Dixon a t principal du collge, de 1614 1620.
David Roberson a succd David Dixon.
Jacques Ducasse, principal en 1643, et professeur de philosophie.
Jean-Pierre Richard, premier rgent du collge en 1645.
David Iver, professeur de thologie en 1640.

Les familles les plus riches cette poque taient les Goix, les Pasquet, les Dulignon, les Renouard, les Rouffignac, les Villemandy, les Albert et les Saulnier.

Le collge de La Rochefoucauld s’efforait, avant tout, de faire de bons pasteurs et de combattre outrance la raction catholique. S’il succomba dans cette dernire tche, frapp par les dits royaux, il eut toutefois l’honneur d’avoir form des hommes d’un mrite incontestable, les Iver de Saint-Jean-d’Angly, les Loquet, les Villemandy, les Gommarc ; car il nous est permis de croire que ces personnages minents, qui taient tous enfants du pays, et dont se glorifirent les Acadmies de Puylaurens, de Montauban et de Saumur, avaient commenc leurs tudes La Rochefoucauld.

Antoine III, de la maison de La Rochefoucauld, tait, en 1608, vque d’Angoulme. Il lutta contre l’tablissement des Jsuites dans cette ville.

En 1617, sous S. M. Louis XIII, le vingt-deuxime Synode national fut tenu Vitr. L’Eglise de La Rochefoucauld ayant appel prs du Synode gnral, de la sentence du Synode provincial, qui avait ordonn de transfrer son collge Pons, en Saintonge, on fit droit sa demande, et le collge fut maintenu La Rochefoucauld.

Au mois d’avril 1622, par lettres donnes Niort, le roi Louis XIII rigea en duch-pairie le comt de Franois V de La Rochefoucauld, qui tait, en 1619, chevalier des ordres du roi, gouverneur et lieutenant du roi en Poitou. Il fut reu au Parlement de Paris, le 24 juillet 1637, et mourut dans son chteau de La Rochefoucauld, le 8 fvrier 1650, g de 62 ans. Il avait pous, en 1611, Gabrielle du Plessis, et parmi les enfants qu’il eut d’elle, se trouvent Franois VI, l’auteur des Maximes, et Louis, qui fut vque de Lectoure [11].

En 1623, sous Louis XIII, fut tenu Charenton, le vingt-quatrime Synode national, o fut envoy un commissaire royal choisi parmi les seigneurs protestants. L’un des quatre dputs de l’Ouest de la France fut Thodore du Lignon, juge La Rochefoucauld.

Le 15 juin 1634, naquit en cette ville, Franois VII de La Rochefoucauld, qui fut pair et grand-veneur de France, prince de Marcillac, marquis de Guercheville, duc de La Rocheguyon et de Liancourt, baron de Verteuil, chevalier des ordres du roi, grand-matre de la garde-robe. Il tait fils de Franois VI, l’auteur des Maximes, et
d’Andre de Vivonne. Ses premiers services militaires remontent a 1652. Il se trouva au sige de Landrecies, en 1655, fut mestre-de-camp du rgiment Royal-cavalerie le 27 mai 1666, accompagna le roi en Flandre en 1667, et le suivit la conqute de la Franche-Comt, l’anne suivante. Le prince de Marcillac fut nomm gouverneur du Berry, le 13 dcembre 1671. Il avait pous, le 13 dcembre 1659, Jeanne Charlotte du Plessis-Liancourt, sa cousine, et il mourut le 11 janvier 1714.

En 1637, le pasteur de l’glise rforme de La Rochefoucauld tait M. Clave.

En 1642, vivait au chteau de cette ville, un sieur Nol, qualifi sieur de La Boussardire, domestique de la maison de La Rochefoucauld, qui figure comme tmoin dans deux actes de baptme de la paroisse de Saint-Cybard de cette ville, en date des 27 janvier et 8 juin 1642, et dont la signature, appose au bas de ces deux actes, est accompagne du dessin d’un gril et d’une broche rtir.

Le 3 mars 1643, march pass devant Me Gibaud, notaire Angoulme, entre Pierre David, sieur de Boismorand, avocat au prsidial d’Angoumois, et Csard Guernot, peintre de Monseigneur de La Rochefoucauld, demeurant en cette ville, pour la confection de copies de six tableaux du dit seigneur de La Rochefoucauld Savoir deulz d’iceulx de la haulteur de cinq piedz et en largeur sept piedz, ung aultre de la mesme haulteur et largeur, plus ou moins, et les trois aultres auront quatre piedz d’haulteur et de largeur cinq piedz ; savoir l’ung des premiers qui est de cinq piedz de hault et de sept piedz de large, une herculle et Desjanire, accompagn de figures de satires ou aultres ; le seguon, de mesme grandeur, sera ung tableau de Rubens, qui est remply de femmes nues et satires le troiziesme est la figure d’ung Promethe quy est dvor par ung vautour ; et les trois aultres, quy sont de quatre piedz d’haulteur et cinq piedz de largeur, seront le premier ung tableau dans lequel y aura ung chien avec coqs et poulles et aultres choses ; le seguon sera une corne d’abondance avec plusieurs fruits, et une guenuche avec aultres choses ; et le troiziesme sera un livre avec une escrevisse en ung bassin et aultres choses ; le tout moyennant la somme de neuf vingtz livres .

En 1651, se tint Charenton le vingt-sixime Synode, auquel assista encore un commissaire royal. Le commissaire ecclsiastique fut le pasteur de Jarnac, Patru ; le commissaire laque fut, pour cette province ecclsiastique, Daniel Pasquet, cuyer, seigneur de l’Age-Baston et autres lieux, noble homme, ancien de l’glise rforme d’Angoulme.

Le 11 juillet 1651, Gabrielle du Plessis-Liancourt, duchesse-douairire de La Rochefoucauld, fonda en cette ville un monastre de religieuses de la Visitation de sainte Marie. Ce monastre fut, sur la demande de la fondatrice, tabli par la Rvrende mre Franoise-Gabrielle de Douet, suprieure de cette communaut Nevers, ne en cette dernire ville et appartenant une des plus grandes familles. Une dizaine d’annes aprs, la fondatrice de ce monastre s’y retira et y vcut douze ans parmi les religieuses, dans la pratique de toutes les vertus. Son corps fut embaum, puis demeura cinquante jours expos, jusqu’ ce que tout ft prt pour la conduire Verteuil. Son cœur resta au monastre et fut plac prs de celui de son poux et d’une de leurs petites filles. Un marbre noir, sur lequel se voyait une pitaphe en gros caractres d’or, recouvrait le cher dpt, conserv dans le chœur des religieuses.

En 1657, on enleva aux protestants le droit de tenir des colloques et, deux ans aprs, celui de tenir des synodes nationaux. En 1666, le roi signa une dclaration portant que les prcepteurs et les rgents des coles ou collges ne pourraient l’avenir enseigner que la lecture, l’criture et l’arithmtique. Dfense aux trangers de professer publiquement l’hrsie en France. Le Collge de La Rochefoucauld, qui avait dj trouv Angoulme ses antagonistes les plus persistants, disparut dans le naufrage gnral.

Benjamin Daillon, ministre de La Rochefoucauld, sa ville natale, arrt en 1684, sous le prtexte d’avoir admis des relaps dans son glise, fut traduit devant ie prsidial d’Angoulme et dclar coupable. Il fit appel au Parlement de Paris de la condamnation qui le frappait. On l’envoya prisonnier la Conciergerie. La sentence de ses juges fut casse. On lui rendit la libert, mais le Parlement pronona l’interdiction de l’glise de La Rochefoucauld, le 14 mai 1685, et donna le temple de la ville aux catholiques. Jean Hraud de Gourville y fonda une Charit, ou hpital, qu’il dota gnreusement. N en cette ville, il ordonna qu’ sa mort son cœur ft port dans la chapelle de cette Charit, la place marque par lui [12].

En butte aux perscutions du clerg, qui poursuivait sans relche les protestants, Daillon ne songea plus qu’ sortir du royaume. Il russit s’vader, avec plusieurs protestants de l’Angoumois, et alla rejoindre en Angleterre son frre Jacques, n aussi La Rochefoucauld, et qui s’tait retir depuis longtemps dans ce pays. Daillon tait un esprit plein de hardiesse et de vivacit, ennemi irrconciliable du papisme. Alors qu’il exerait les fonctions pastorales La Rochefoucauld, il publia plusieurs ouvrages trs estims.

Le 29 septembre 1685, il arriva dans cette ville deux compagnies de dragons rouges conduits par M. le marquis d’Argenson, lieutenant-gnral d’Angoumois. L’vque et l’intendant arrivrent deux jours aprs, qui firent convertir plus de quatre cents huguenots, tant de la ville que des environs.

Alors les dragonnades recommencrent plus terribles. Les dragons parcoururent l’Angoumois en tous sens, recevant les conversions par milliers et domptant les opinitres par les supplices. Ce fut surtout La Rochefoucauld et dans les environs, que les missionnaires botts commirent les plus atroces cruauts. Barraud, un mourant, fut enlev de son lit et brouett nu par les rues ; une demoiselle de Rouffignac eut les bras brls ; Suzanne Ferrand, la veuve Brousse et sa fille eurent subir des indignits qui ne s’expriment pas. Le sieur Pasquet, un des plus considrables bourgeois du lieu, fut mis par les dragons dans un berceau, comme un enfant ; tant l, ils prparrent de la bouillie, la lui firent avaler toute bouillante et lui en couvrirent le visage : quoi il ne put rsister sans succomber.

La brutalit des soldats n’pargna ni les Mathieu, ni les Lriget, ni les de Garoste, ni les Villemandy. Les ouvriers tanneurs voyant leurs familles et leurs maisons livres la licence des missionnaires abandonnrent la ville et se rfugirent dans le Brandebourg, la Hollande et l’Angleterre.

Louis XIV signa la rvocation de l’Edit de Nantes, le 18 octobre 1685. On avait renouvel les dclarations contre les relaps. Les nouveaux convertis qui refusaient de communier taient condamns, les hommes aux galres, les femmes la rclusion perptuelle. Ceux qui mouraient sans tre munis des sacrements taient, aprs leur mort, trains sur la claie et leurs biens confisqus. Le corps de Jacques Poulignac fut dterr et donn en pture aux chiens. Rachel de Renouard, dame de la Frainerie, Dbora Mignot, Marthe Marvaud, Abraham Cambois, Albert dit Peruzet, furent trans sur la claie dans les rues de La Rochefoucauld et jets la voirie.

La ville perdit ses tanneries, si renommes. A la violence le protestantisme vivace opposait l’inertie, le calme, la soumission. La foi rforme se perptuait dans les famines ; elle vivait au fond des bois, dans les grottes, sur les montagnes inaccessibles ; elle rassemblait les fidles, la nuit, au dsert ; elle inspirait aux missionnaires proscrits la sainte folie du martyr. La loi dfendait aux pasteurs de rentrer en France, sous peine de mort ; les ttes de ceux qui taient rests dans le royaume furent mises prix. On promit 5,500 livres quiconque livrerait un ministre. Les galres pour les hommes, la prison pour les femmes, taient rserves aux sujets qui donneraient asile ou assistance aux prdicants. Cependant, les pasteurs ne cessrent de visiter les villages, de baptiser les nouveau-ns, de marier, de donner la communion, de convoquer des assembles et d’y faire le prche ; les fidles, de leur fournir une retraite, de les suivre au dsert, de s’opposer a leur arrestation, de protger leur fuite.

Pendant les troubles occasionns par les catholiques et les protestants, les habitants de cette contre furent trs souvent obligs de se rfugier dans les grottes de Rancogne, o ils trouvaient l’abri le plus sr et qui taient alors couvertes des ruines, encore importantes, du chteau de Cressiecq [13].

En 1685, matre Jacques Piet, cur de la grande glise de La Rochefoucauld, ne donna plus de repos aux huguenots et leur fit inviolablement subir les dclarations du roi, jusqu’ l’anne qu’ils conspirrent contre lui pour l’assassiner et, ne pouvant le trouver o ils allaient, turent son valet, qu’ils trouvrent sur le pont de Saint-Florent, la nuit, le jetrent dans la rivire six heures aprs sans tre corrompu, et lorsqu’il fut sorti de l’eau, il revint aussi vermeil que s’il et eu la vie. Ce que les dits huguenots avaient contre lui tait qu’il avait t tmoin contre leur ministre Dillon, qui avait souffert son prche un rengat nomm Miout, contre les ordonnances du roi. Cela fut cause que l’on fit le procs du dit ministre et que leur prche fut condamn tre ras.

Pendant la rgence de la reine-mre Anne d’Autriche, le duc de La Rochefoucauld, Franois VI, prit part aux troubles de la Fronde ; il fut pour cela oblig de quitter la cour et de se retirer en son chteau de Verteuil [14].

Extrait d’un procs-verbal dress par Mathieu Fouchier, sieur de la Touche, avocat en Parlement, juge snchal du duch de La Rochefoucauld, pairie de france, le 29 janvier 1687, o il est rappel que le sieur Jacques Pintaud avait rendu, le 4 aot 1683, son hommage pour raison des maison, basse-cour, jardin et dpendances faisant partie du fief des Bordes, situ La Rochefoucauld, tenant d’une part la maison, cour, jardin et puits appartenant l’Htel-Dieu de la prsente ville, d’autre au cimetire d’icelui, faisant d’autre partie du fief des Bordes, d’autre au ruisseau qui passe sous le pont Rousseau, suivant talus jusqu’aux douves et fosss de la dite ville, suivant les dits fosss et tournant vers le soleil levant jusqu’au jardin des Carmes de la dite ville, une muraille mitoyenne entre deux.

XVIIIme sicle

Le 9 novembre 1728, quelques jours aprs la mort de Franois VIII, duc de La Rochefoucauld, ses deux fils Alexandre, duc de La Rochefoucauld et de La Rocheguyon, pair de France, et Guy, comte de La Rochefoucauld, de concert avec dame Madeleine-Charlotte Le Tellier de Louvois, leur mre, veuve commune en biens du feu seigneur duc, firent faire l’inventaire des objets qui existaient alors dans les trois chteaux de La Rochefoucauld, de Verteuil et de la Terne, qui formaient, en Angoumois et en Poitou, l’hrdit du dit seigneur. Cette importante opration, commence le 9 novembre 1728, ne fut acheve que le 24 du mme mois, ayant dur douze jours, dont quatre furent employs au chteau de La Rochefoucauld, cinq celui de Verteuil et trois celui de la Terne, et elle eut pour rsultat un cahier de quarante-huit feuillets, format in-f. Cet inventaire comprend, pour les trois chteaux, 973 numros dont 328 pour celui de La Rochefoucauld, 461 pour celui de Verteuil et 164 pour le chteau de La Terne. Beaucoup de ces numros sont composs d’un certain-nombre d’objets [15].

Le 11 janvier 1747, naquit Franois-Alexandre-Frdric duc de Liancourt, fils du duc d’Estissac. Cet homme de bien cra dans sa terre de Liancourt, une ferme modle et une cole d’arts-et-mtiers laquelle l’cole de Chlons doit son origine. Il fut dput aux tats-gnraux, commandant militaire de la Normandie, puis destitu le 10 aot ; il passa en Amrique.
Rentr en France en 1799, il popularisa la vaccine, fut un des fondateurs des dispensaires organiss par la Socit philanthropique et l’un des principaux promoteurs de l’enseignement mutuel. Appel siger la Chambre des pairs, il se signala par son indpendance, quoique partisan des ides monarchiques. Aussi le ministre, en 1826, lui retira-t-il un grand nombre de fonctions honorifiques et gratuites qu’il remplissait.
Il mourut le 27 mars 1827, Paris, o il avait fond l’hospice de La Rochefoucauld, et ses funrailles donnrent lieu une manifestation publique de la reconnaissance du peuple.

Le 27 octobre 1752, remise a t faite la paroisse de la Basse-ville, La Rochefoucauld, du cœur de Madame Elisabeth-Marie-Louise-Nicole du Caylard de Toyras d’Amboise, pouse du duc de La Rochefoucauld.

Le 20 mars 1762, mme remise a t faite la dite paroisse de la Basse-ville, du cœur de Monseigneur Alexandre, duc de La Rochefoucauld, prince de Marcillac, baron de Verteuil, pair de France et grand-matre de la garde-robe.

Au mois de mars 1770, est mort, La Rochefoucauld, Pierre Mass, cur de la paroisse de Saint-Cybard, chanoine de l’glise collgiale de la dite ville et docteur en thologie. Ce prtre, des plus respectables, eut le courage de protester, le 9 juin 1752, contre la bulle Unigenitus laquelle avait adhr presque tout le clerg du diocse d’Angoulme [16].

Le 23 septembre 1771, remise a t faite la paroisse de la Basse-ville, La Rochefoucauld, du cœur de Madame Louise-Pauline Vilain de Mrode de Montmorency, princesse de Malines, pouse de Monseigneur le duc Louis-Alexandre de La Rochefoucauld, colonel du rgiment de la Farre.

Du 4 mai 1781. Arrt de la cour de Parlement. Extrait des registres du Parlement :
Vu par la Cour la requte prsente par le procureur gnral du roi, contenant qu’il a eu avis que chaque anne il se tient, le jour de la Pentecte, une assemble, au bourg de Cellefroin, situ dans l’tendue de la justice du duch de La Rochefoucauld, qu’on appelle Bacherie, qu’on peut regarder comme une fte baladoire que les habitans assembls, rangs autour d’une table qui est place, cet effet, au bout de la halle, en prennent un d’entr’eux, qu’ils nomment Baron, qu’on rend contre lui une espce de jugement, par lequel il est condamn tre jett dans la rivire, comme accus d’avoir port de l’eau avec un crible dans une plaine, pour y faire noyer les livres, et d’avoir fait brler le poisson dans la rivire ; que l’homme appel Baron est ensuite jett dans la rivire ; qu’on lui donne trois livres ; qu’il prsente ensuite des bouquets tous les spectateurs, qui lui donnent de l’argent ; que quand ce qu’ils lui donnent n’est pas suffisant, ou s’ils refusent de lui en donner, il prend ceux qu’il peut joindre, et il les jette dans l’eau ; qu’en cas de rsistance, les habitans, qu’on nomme Bacheliers, viennent son secours et frappent sur tous ceux qu’ils rencontrent sans distinction ;

Que dans la paroisse de Genac, il se tient une assemble le jour de Nol et les deux ftes suivantes ; que ceux qui se sont maris dans le courant de l’anne, jettent une boule au sortir de la messe et de vpres devant la porte de l’glise ; que les jeunes gens arms de btons frappent la boule, et se la renvoyent de l’un l’autre ; que si un nouveau mari ne jette pas la boule, on le saisit ; qu’on crie A l’eau , o il est jett, moins qu’il ne crie Au vin , auquel cas on le mne au cabaret, o il est forc de payer du vin ; que ceux qui sont spectateurs, doivent avoir une houssine ou un bton, sans quoi, ils seroient saisis et traits comme les nouveaux maris ;

Que dans la paroisse de Saint-Cybardeau, les nouveaux maris sont obligs de se rendre dans un pr, et d’y porter une boule qu’ils jettent devant ceux qui sont assembls que ceux qui veulent renvoyer la boule et jouer, ont un morceau de bois double que ceux qui ne veulent pas jouer, sont obligs d’avoir une houssine la main, sans quoi ils seroient saisis par ceux qui jouent, et obligs de leur payer du vin, et, en cas de refus, jetts dans l’eau ;

Que dans la paroisse de Rouillac, on prsente, le jour de Pques, la sortie de la messe, une corne celui des habitans qui est le dernier mari, lequel la remet et la rend aux jeunes gens avec de l’argent pour boire ; que les jeunes gens se la renvoient des uns aux autres, battent du tambour et dansent le reste de la journe et une partie de la nuit ; que dans la plupart des autres paroisses situes dans l’tendue de la justice du duch de La Rochefoucauld il y a des assembles qu’on appelle Frairies, qui se tiennent les jours de dimanche ou de ftes du patron, o les marchands se rendent, talent et vendent des marchandises qu’on y danse et qu’on se rend ensuite dans les cabarets pour y boire ; et que de ces diffrentes assembles, il rsulte beaucoup d’excs et de dsordres ; enfin que les cabaretiers et aubergistes donnent boire les jours de dimanche et ftes pendant le temps du Service divin, et en tout temps pendant la nuit ; et comme les ftes baladoires et autres semblables ont t supprimes par arrt des Grands Jours, du 14 dcembre 1565, et par un autre arrt de la Cour, du 3 septembre 1667, avec dfenses toutes personnes d’en faire aucunes, et qu’il est important de renouveler les dispositions de ces arrts, pour prvenir et empcher les abus qui rsultent de pareilles assembles A CES CAUSES, requroit le procureur gnral du roi, qu’il plt la Cour ordonner que les arrts des 14 dcembre 1565 et 3 septembre 1667, seront excuts en consquence, faire dfenses toutes personnes, de quelqu’tat, qualit, condition qu’elles puissent tre, de s’assembler ni de s’attrouper, sous quelque prtexte que ce puisse tre, le jour de Pques dans la paroisse de Rouillac, le jour de la Pentecte dans la paroisse de Cellefroin, et le jour de Nol et les deux ftes suivantes dans la paroisse de Genac et dans la paroisse de Saint-Cybardeau, pour jetter aucunes personnes dans l’eau, soit pour jouer la boule, soit pour battre du tambour et danser, soit pour exiger aucunes sommes des personnes qu’ils peuvent rencontrer ; faire pareillement dfenses, tant aux habitans des dites paroisses situes dans l’tendue de la justice du duch de La Rochefoucauld, de s’assembler les dimanches et ftes dans les paroisses pour y danser ou boire dans les. cabarets, peine de cinquante livres d’amende contre chaque contrevenant, mme d’tre poursuivis extraordinairement, si le cas y chet ordonner que les pres et mres a l’gard de leurs enfans, et les matres et matresses a l’gard de leurs domestiques, seront et demeureront responsables de l’amende ; faire dfenses, sous les mmes peines, tous marchands, d’taler et de vendre dans les paroisses aucunes marchandises les jours de dimanche et ftes, aux aubergistes et cabaretiers de donner boire les jours de dimanche et ftes, pendant le temps du Service divin, ni en tout temps aprs huit heures du soir en hiver, et aprs dix heures du soir en t, sous peine de vingt livres d’amende contre les cabaretiers et aubergistes, de cinq livres d’amende contre chacun de ceux qui seront trouvs boire chez eux, du double en cas de rcidive, mme d’tre poursuivis extraordinairement suivant l’exigence des cas ; enjoindre aux officiers de la justice du duch de La Rochefoucauld de tenir la main a l’excution de l’arrt qui interviendra ; et, en cas de contravention, de procder contre les contrevenans par les voies de droit, ainsi qu’il appartiendra ; enjoindre pareillement aux officiers et cavaliers de marchausse de prter main-forte, si besoin est, pour l’excution du dit arrt, lequel sera lu et publi, chaque anne, la requte du procureur gnral de la justice du duch de La Rochefoucauld, l’issue des messes paroissiales, la porte des glises situes dans l’tendue de la dite justice, imprim et affich partout o besoin sera, notamment dans les bourgs et paroisses situs dans l’tendue de la justice du duch de La Rochefoucauld ; la dite requte signe du procureur gnral du roi.
Ou le rapport de M" Lonard de Pahuguet d’Espagnac, conseiller ; tout considr
La Cour ordonne que les arrts des 14 dcembre 1565 et 3 septembre 1667 seront excuts en consquence, fait dfenses toutes personnes de quelqu’tat et condition qu’elles puissent tre, de s’assembler ni de s’attrouper, sous quelque prtexte que ce puisse tre, le jour de Pques dans la paroisse de Rouillac, le jour de la Pentecte dans la paroisse de Cellefroin, et le jour de Nol et les deux ftes suivantes dans la paroisse de Genac, et dans la paroisse de Saint-Cybardeau, pour jeter aucunes personnes dans l’eau, soit pour jouer la boule, soit pour battre du tambour et danser, soit pour exiger aucunes sommes des personnes qu’ils peuvent rencontrer ; fait pareillement dfenses tant aux habitans des dites paroisses de Rouillac, de Cellefroin, de Genac et de Saint-Cybardeau, qu’aux habitans des autres paroisses, situes dans l’tendue de la justice du duch de La Rochefoucauld de s’assembler les dimanches et ftes dans les paroisses, pour y danser ou boire dans les cabarets, peine de cinquante livres d’amende contre chaque contrevenant, mme d’tre poursuivis extraordinairement si le cas y chet ordonne que les pres et mres l’gard de leurs enfans, et les matres et matresses l’gard de leurs domestiques, seront et demeureront responsables de l’amende fait dfenses, sous les mmes peines, tous marchands, d’taler et de vendre dans les paroisses aucunes marchandises les jours de dimanche et de ftes, pendant le temps du Service divin, ni en tout temps aprs huit heures du soir en hiver, et aprs dix heures du soir en t, sous peine de vingt livres d’amende contre les cabaretiers et aubergistes, de cinq livres d’amende contre chacun de ceux qui seront trouvs boire chez eux, du double en cas de rcidive, mme d’tre poursuivis extraordinairement suivant l’exigence des cas enjoint aux officiers de la justice du duch de La Rochefoucauld ; de tenir la main a l’execution du prsent arrt, et, en cas de contravention, de procder contre les contrevenans par les voies de droit, ainsi qu’il appartiendra ; enjoint pareillement aux officiers et cavaliers de la marchausse de prter main-forte, si besoin est, pour l’excution du prsent arrt, qui sera lu et publi chaque anne, la requte du procureur fiscal de la justice du duch de La Rochefoucauld, l’issue des messes paroissiales, la porte des glises situes dans l’tendue de la dite justice, imprim et affich partout o besoin sera, notamment dans les bourgs et paroisses situs dans l’tendue du duch de La Rochefoucauld.
Fait en Parlement, le quatre mai mil sept cent quatre-vingt un. Collationn LUTTON. Sign Dufranc.

Lorsque l’Assemble constituante divisa la France par dpartements, La Rochefoucauld fut le chef-lieu d’un des six districts du dpartement de la Charente ; mais le dcret du 17 fvrier 1800 supprima ce district.

Le 15 septembre 1791, par arrt du directoire de la Charente, pris en excution du dcret relatif la leve de 169 bataillons de volontaires, le district de La Rochefoucauld fournit 38 hommes. Le commissaire charg du recrutement tait M. de Romefort. Ces 38 hommes firent partie du 1er bataillon de la Charente, qui avait pour lieutenant-colonel en premier M. Lchelle (depuis gnral de division), pour capitaine de la 6e compagnie M. Lacroix (depuis gnral de brigade), et pour capitaine de la 8e, M. Redon.

Ce 1er bataillon partit pour la frontire le 5 dcembre, et son rle actif commence la campagne de Belgique, o il se distingua aux premiers rangs. Les volontaires de La Rochefoucauld ont fait partie de l’arme de Sambre-et-Meuse et ont pris part toutes les guerres de la Rpublique. On ne saurait trop louer l’admirable lan de ces soldats de 1791 et 1792.

Le 5 mai 1792, un autre dcret prescrivait la leve de 45 nouveaux bataillons.

Le 11 juillet suivant, un nouveau dcret, dclarant la Patrie en danger, fut proclam La Rochefoucauld, le 5 aot. Le commissaire dsign pour le district de La Rochefoucauld, tait M. Ltang. Il y eut, ce sujet, un vritable lan de patriotisme.

La totalit des bataillons de 1791 et l’immense majorit de ceux de 1792 taient composes de vritables volontaires. A partir de 1793, l’engagement volontaire est l’exception et le recrutement forc la rgle.

Le 14 septembre 1792, fut tu Gisors, Louis-Alexandre de La Rochefoucauld, duc d’Enville, neuvime et dernier prince de Marcillac, n le 11 juillet 1743. II fut lu l’Assemble nationale de 1789 et fut l’un des premiers de la noblesse brler ses titres et reconnatre les Droits de l’Homme.

Le 14 fvrier 1793, par suite de la leve de 300,000 hommes, le directoire de la Charente avait pris un arrt pour la leve d’un nouveau bataillon ; il devait tre compos de 812 hommes et leur leve tait confie des commissaires au nombre de un par canton. Les commissaires du district de La Rochefoucauld taient Villemandy, Guionet, Descombes, Gadon-Moussac, Lassuze et Juzeaud.

Le district de La Rochetoucauld parait, d’aprs divers tats incomplets, avoir fourni pour cette leve plus de 600 hommes, et la dpense s’est leve 225,283 livres.
L’alarme eut lieu en mai 1793.

En aot 1793, eut lieu la leve de cavalerie et la rquisition des jeunes gens de 18 25 ans. Le district de La Rochefoucauld fournit 1,599 hommes.

Le 6 aot 1798, on commena loger dans le chteau de cette ville, des prisonniers autrichiens.

A la fin du sicle dernier, notre rivire la Tardoire mettait en mouvement, jusqu’ Rivires, vingt-neuf forges et moulins. Le Bandiat, son voisin, desservait dix-sept moulins.

XIXme sicle

Le 17 octobre 1800, remise au culte de l’glise collgiale de cette ville :
Aujourd’hui, vingt-cinq vendmiaire an IX de la Rpublique franaise, une et indivisible, nous, maire et adjoints de la commune de La Rochefoucauld, soussigns, en excution des arrts du prfet du dpartement de la Charente, des dix-sept prairial an VIII, et onze vendmiaire, prsent mois, portant, que l’difice national situ en cette ville et connu sous le nom d’Eglise ci-devant Collgiale, est accord aux habitants de la dite commune de La Rochefoucauld pour l’exercice de leur culte, sous la surveillance des autorits constitues, la charge de la prendre dans l’tat o elle se trouve, de l’entretenir et rparer conformment l’article 2 de la loi du 11 prairial an III et 7 vendmiaire an IV ; d’observer les autres dispositions des dites lois, faire enlever et transporter leurs frais, dans le local qui sera dsign, les diffrents objets servant la clbration des ftes dcadaires que l’difice national connu sous le nom d’glise des ci-devant Carmes servira dornavant la clbration des ttes nationales, la charge par les habitants de La Rochefoucauld de le rparer et entretenir, et que le maire de la dite commune est charg de faire excuter les dispositions des dits arrts.
En consquence de tout quoi, nous nous sommes transports au dit difice national situ en cette ville et connu sous le nom d’glise ci-devant Collgiale et, y tant entrs, avons trouv :
 1 Le portrait du premier Consul, Bonaparte, enchss dans un cadre en bois et attach un des murs, gauche en entrant
 2 Un autel la Patrie, orn de huit colonnes en bois, garnies de papiers peints de diffrentes couleurs, au bout de chacune desquelles colonnes est attach un morceau de drap tricolore
 3 Deux autres colonnes en bois, sur chacune desquelles il y a un Chrubin ;
 4 Deux tribunes en bois, en forme de galeries, tant de chaque ct du dit difice, en avant du dit autel, de chacune 29 pieds de long sur 5 pieds et demi de hauteur
 5 Quatre petits bancs en bois, portatifs et en bon tat
 6 Une table en bois de chne, avec ses deux trteaux de mme bois et en bon tat
 7 Dix-sept chaises en bois, garnies de joncs, mi-uses
 8 Une chelle double en bois, garnie, en tte, d’un crampon de fer et en tat de servir.
 9 Trois moyens canons de fonte, non monts sur affts
 10 Un petit canon, mont sur son afft
 11 Un petit chariot, vulgairement appel Diable, garni de ses deux roues ferres
 12 Un afft de canon, non mont sur ses roues
 13 Enfin, cinq pyramides, dont deux en assez bon tat et les trois autres hors d’tat de servir, et une oriflamme aux trois couleurs, en assez bon tat.
Tous lesquels objets avons fait transfrer dans le dit difice national connu sous le nom d’glise des ci-devant Carmes pour y tre placs et remonts de la manire la plus convenable pour servir la clbration des ftes nationales.
Qui est tout ce que nous avons trouv et jug ncessaire d’tre employ ces prsentes.
Fait et arrt dans le dit difice de la ci-devant Eglise collgiale de La Rochefoucauld, les jour, mois et an que dessus.
Sign LARUHE, maire, et ROCHER, 1er adjoint.

Dans la nuit du 6 au 7 fvrier 1802, il y eut une crue considrable de la Tardoire, qui causa de grands dgts.

Procs-verbal du massacre qui a t commis le 20 vendmiaire an XIII, trois heures de releve, dans la rue Porte-Marillac de cette ville, par les soldats du 2me bataillon de la lgion du Midi, qui ont tu coups de sabres l’un des gendarmes de cette ville et grivement bless les quatre autres.
Aujourd’hui, vingt vendmiaire an XIII et le premier de l’Empire franais, nous, Martial Laruhe, maire de la ville de La Rochefoucauld, Blaise Rocher et Barthlemy Bricaille, nos adjoints, nous tant aperus qu’il y avait une rumeur consquente dans la rue Porte-Marillac de cette ville, nous sommes transports au dit endroit, l’effet de reconnatre quelle pouvait en tre la cause. Nous avons aperu, en nous y rendant, plusieurs soldats, grenadiers et autres du 2e bataillon de la 1re lgion du Midi, arrivs hier en cette ville, qui se dirigeaient en armes et avec prcipitation du ct de la dite rue et, y tant arrivs nous-mmes, nous avons entendu plusieurs habitants de cette ville qui criaient On gorge les gendarmes . Nous nous sommes ports aussitt au devant de la maison du sieur Larocque fils, cabaretier, situe en face de la maison du sieur Brun, cafetier. L, nous avons vu plusieurs grenadiers de la dite lgion, le sabre nu la main et d’autres la bayonnette au bout du fusil, qui criaient : Aux armes frappaient avec violence sur plusieurs gendarmes de la brigade de cette rsidence, qu’ils taient parvenus dsarmer, ce que nous en avons jug par les sabres des gendarmes dont les dits soldats taient nantis.
Etant revtus de notre dcoration ordinaire, nous avons somm les dits soldats, au nom de la loi, de cesser leurs cris, de remettre le sabre au fourreau et de se retirer chacun leur logement. Quelques gendarmes, qui taient parvenus se retirer des mains des dits soldats et se sauver dans l’une des chambres hautes de la maison du dit Larocque, cabaretier, ayant entendu notre voix, ont paru la croise donnant sur la rue, ayant la figure couverte de sang et nous ont appels leur secours en criant qu’on les gorgeait. Nous avons fait inutilement plusieurs efforts pour parvenir jusqu’ la dite chambre, mais nous en avons t empchs par la grande quantit de soldats arms qui obstruaient la porte d’entre de la dite maison, qui mconnaissaient notre caractre et avaient les sabres nus sur la tte des deux adjoints, dont l’un d’eux, le sieur Rocher, a failli tre frapp et n’a vit le coup qu’en arrtant le bras du soldat qui se dirigeait sur sa tte.
A l’instant, est arriv M. Othon de Mautour, chef du dit bataillon, qui, l’pe nue la main, a parl avec force et vigueur aux dits soldats mutins, leur a ordonn de se retirer leurs logements, les menaant de les faire punir svrement de leur insubordination, et est parvenu, aprs bien des efforts et aprs avoir couru personnellement des dangers, ramener le calme dans la dite maison. Il a sauv la vie au marchal des logis et a un des gendarmes en les couvrant de son corps, et a fait entrevoir aux deux adjoints qu’ils pouvaient tre victimes de la fureur des soldats qui mconnaissaient leur caractre et son autorit et, les invitant se mettre couvert, qu’il ferait tous ses efforts pour faire rentrer les soldats dans l’ordre.
Pendant ce temps, le sieur Jean Bernardon, l’un des gendarmes de cette brigade, tant accouru pour contribuer au maintien du bon ordre, a t aussitt environn de grenadiers du dit bataillon, qui l’ont assailli et l’ont tu dans la rue coups de sabres. Tout le corps des officiers du dit bataillon s’est runi au commandant et, aids des sous-officiers, sont parvenus, aprs bien des efforts, faire retirer les soldats leurs logements, frappant du plat de l’pe ceux qui rsistaient et les menaant de punitions exemplaires.
Le commandant a fait prendre les armes une partie de la compagnie des grenadiers et a command des patrouilles qui se sont faites de suite et ritres le reste de la journe, ayant un officier leur tte.
En gnral nous devons des loges la conduite de tous les officiers et d’une partie des sous-officiers dans la circonstance malheureuse dont nous venons de parler. Nous tant informs des motifs de cet vnement, nous avons appris que plusieurs grenadiers, ayant t boire au cabaret du dit sieur Larocque, ont prsent en payement de leur dpense une pice de douze sols n’ayant aucune empreinte que le cabaretier, l’ayant refuse, a appel le sieur Randon, l’un des gendarmes, pour dcider si la pice tait recevable ce dernier ayant dclar que non, voulut forcer les grenadiers en donner une autre ; ces derniers s’y sont refuss. Le marchal des logis et deux autres gendarmes tant arrivs et ayant appuy la dcision de leur camarade, les dits grenadiers se sont ports envers eux aux excs dont nous venons de parler.
De tout quoi nous avons dress le prsent procs-verbal, la mairie, o nous nous sommes retirs, le dit jour, 20 vendmiaire an XIII, et le premier de l’Empire franais, cinq heures de releve, pour en tre dlivr copie au commandant, s’il le juge propos, et avons sign.
Sign au registre LARUHE, maire Rocher, 1er adjoint Bricaille, 2e adjoint.

Sous le premier Empire, le Collge de La Rochefoucauld fut transport au chteau. M. Delfau tait le chef de cet tablissement, dont la commune payait la ferme M. le duc de La Rochefoucauld.

Le 6 mars 1814, le maire de cette ville enjoint au sieur Delage, gardien du chteau et reprsentant du propritaire, qu’il requiert cet effet, de recevoir et aider les ouvriers chargs de prendre les dispositions convenables et faire dans le chteau les rparations ncessaires, pour y recevoir, dans deux jours, 1,200 prisonniers de guerre. Il en vint 900. C’taient des prisonniers russes.

En 1814, le sieur Albert Cojola, tranger, tait employ en qualit d’interprte auprs des prisonniers russes logs au chteau.

Le 2 juillet 1815, le comte de Las Cases, secrtaire de Napolon Ier, son fils et MM. de Montholon, Planat et Rsigny, se rendant de Paris Rochefort, pour accompagner l’Empereur, arrivrent La Rochefoucauld, o ils dinrent et repartirent le mme jour pour Jarnac, o ils arrivrent sept heures du soir.

En 1815, l’clairage public fut tabli La Rochefoucauld au moyen de rverbres.

Le 2 avril 1818, le Conseil municipal de cette ville prit la rsolution d’imposer l’obligation l’cole, au sujet du nouvel enseignement mutuel.

En 1825, le vieux pont du chteau fut reconstruit.

Dans la mme anne, les halles et le minage cessrent d’appartenir M. le duc de La Rochefoucauld, la ville en ayant fait l’acquisition. Les anciens fosss de la ville furent combls et convertis en boulevards.

Le 10 mai 1829, jour de la foire, il y eut en cette ville une meute cause par l’accaparement des grains. On ne vit la tte de ce mouvement que des femmes exaspres, qui arrtrent la sortie de la ville, la Chabanne, des charrettes charges de bl, en jetrent quelques sacs sur la route et les ventrrent avec leurs couteaux.

En 1840, l’ancienne halle situe dans la rue de ce nom, fut dmolie pour l’assainissement et l’embellissement de cette rue.

En 1846, a t dmolie l’ancienne porte de ville dite Porte de Marillac, qui faisait partie du mur d’enceinte de La Rochefoucauld.

En 1855, a t refondue, La Rochefoucauld, la grosse cloche de l’glise paroissiale de cette ville. Sur cette cloche, qui fut brise dans les troubles de religion et refondue en 1590, l’auteur de ces annales a relev l’inscription suivante

Jesus Maria. Laudo Deum. Plebem voco. Congrego clerum. Defunctos ploro. Festa quoque magna decoro. Vox mea cunctorum sit terror demoniorum. Anno Domini incarnati MDcIIIIxxX. Dirupta fui mala tempestate, sed nunc restituta sum per duos decanum et canonicos hujus Ecclesiae beatae Mariae. Guillelmus Gaubert, Decanus
primus.
Nomine HPMPM.

En 1859, eut lieu un grand dbordement de la rivire. L’inondation couvrit le champ de foire, la place du March et plusieurs rues et causa l’croulement de deux maisons, l’une rue des Halles et l’autre rue des Tanneurs.

Le 20 juillet 1860, deux heures de l’aprs-midi, le corps de Mme Louise-Pauline Vilain de Gand de Mrode de Montmorency, ne princesse de Malines, pouse de Louis-Alexandre, duc de La Rochefoucauld et de La Rocheguyon, pair de France, renferm dans un cercueil de plomb, a t exhum de la nef de l’glise paroissiale de La Rochefoucauld et a t transport dans le mur de la chapelle de la sainte Vierge qui est en voie de construction [17].

En 1887, M. Lon Dumys mit dcouvert dans l’glise d’Anais, l’intrieur de l’glise, sur le mur de l’Ouest et sous un pltrage pais de plusieurs millimtres, une large bande noire mesurant 62 centimtres de hauteur, sur laquelle se dtachait, peint fresque, un double cusson d’alliance, surmont d’une couronne ducale, orne d’une mlusine en cimier, et abrit sous les plis d’un manteau d’hermine aux revers armoris.
Le premier cu (celui du mari) portait burel d’argent et d’azur, de dix bandes, trois chevrons de gueules, le premier cim, brochant sur le tout. Le second (celui de la femme), d’hermine au chef de gueules, qui est de Vivonne.
Ces cussons, rpts six fois, constituaient la litre ou ceinture funbre de Franois VI, duc de La Rochefoucauld, qui avait pous Andre de Vivonne et qui tait seigneur haut justicier du lieu.

La ville de La Rochetoucauld a eu des hommes remarquables parmi lesquels il faut citer :
 Benjamin de Daillon, ministre de l’glise rforme
 Jean Hrault de Gourville, homme d’Etat
 Jean Lchelle, gnral de division [18]
 Mathieu Lacroix, gnral et baron de l’Empire [19].


[1Voir le Bulletin de la Socit, t. XVI, 1894, n 1, p. 31 et suiv.

[2Cette investiture a t accompagne d’une crmonie symbolique trs curieuse et qui consistait dans la remise, aux nouveaux possesseurs, d’une chose ayant quelque rapport avec la chose possde. Ainsi on investissait des fonds ecclsiastiques per annulum, per claves Ecclesiae, per cultullum.
Les symboles d’investiture, d’abord gards prcieusement dans les archives des glises, taient la plupart, pour l’ordinaire, apports et poss sur l’autel, puis dposs dans un lieu sr. Communment on rompait, ou on perait, ou on pliait, le symbole d’investiture, pour qu’il ne put rentrer dans l’usage commun.
La charte d’investiture par le couteau, donne par l’vque d’Angoulme Guillaume, nous initie des usages dont on retrouve peu d’exemples en Angoumois, cette poque.

[3La famille Calha ou Caille tait trs rpandue et puissamment riche au XIIIe sicle, et possdait non-seulement la seigneurie de La Motte-Charente, mais encore de trs nombreuses rentes dans les chtellenies de Montmoreau et de Montbron.
Le tombeau qui leur est consacr sous le clotre de l’ancien prieur de Saint-Maurice, Montbron, et dont l’inscription est reste parfaitement intacte, atteste encore l’importance de cette grande maison.

[4Jean, sieur de La Rochefoucauld, de Marcillac, etc., conseiller et chambellan des rois Charles Vllt et Louis XI, gouverneur de Bayonne, fut choisi comme le plus grand de tous les vassaux du comte d’Angoulme pour tre gouverneur de la personne et tuteur des biens de Charles d’Orlans, comte d’Angoulme.
Il fit alliance avec Marguerite de La Rochefoucauld, dame de Barbezieux, et fonda en 1471, Verteuil, un couvent de Cordeliers. (Documents concernant la prsence en Angoumois du roi Charles VII, notamment du 12 au 27 juillet 1453, communiqus la Socit archologique et historique de la Charente, dans sa sance du 13 juin 1894, par M. de Montgut).

[5Le reclusage tait un lieu o s’enfermaient ceux qui, par dvotion, voulaient faire pnitence. Les reclus enferms en cellule faisaient voeu de n’en sortir jamais. Aucun n’y tait admis qu’aprs des preuves suffisantes et par la permission de l’abb du monastre de Grosbos. Il pouvait y avoir plusieurs reclus dans le mme reclusage.
Cette chapelle, dpendant du reclusage de l’abbaye de Grosbos, tait situe au faubourg de la Souche. Elle confrontait et tenait, d’une part, la grande rue qui conduit la route de Limoges, gauche ; d’autre part, l’entre du chemin qui va du carrefour de la Souche au port des Gavarseaux, aussi main gauche d’une autre part, l’enclos de l’hpital et par ct, la maison Bertrand.

[6Anne de Polignac tait fille de Jean de Polignac et de Jeanne de Jambes, sœur d’Hlne de Jambes, pouse de l’historien Philippe de Commynes. Sur le feuillet de garde d’un volume des Mmoires de ce dernier, elle avait inscrit la naissance de deux membres de la famille de La Rochefoucauld :
Ung lundi quinziesme de juillet mil syx cens deux, demye heure aprs mydy, nasquit, Paris, ma fille Charlotte de Roye de La Rochefoucauld.
Le mardy neufviesme de septambre mil syx cens trois, nasquit, Verteuil, mon fils Fransois de Roye de la Rochefoucauld, comte de Roucy, neuf heures du matin trante syx mynutes.

[7La chapelle du grand cimetire de l’glise Notre-Dame tait situe l’extrmit Ouest de ce cimetire et on en voit encore les restes dans la rue des Bancs. Ce btiment sert aujourd’hui d’curie.

[8Les massacres de la Saint-Barthlemy eurent lieu La Rochefoucauld le mme jour et aux mmes heures qu’ Paris.

[9Franois III, comte de La Rochefoucauld, prince de Marcillac, etc., chevalier de l’ordre du roi, se signate au sige de Metz en 1552, celui de Poitiers en 1569, aux batailles de Saint-Quentin en 1557, de Dreux en 1562, de Jarnac et de Moncontour en 1569.
Il avait pous en premires noces Sylvie Pic de la Mirandole, et en secondes noces Charlotte de Roye, comtesse de Roucy.
Jean de Merg, qui accompagna au Louvre Franois III, auquel il tait attach, tait n Harans-Menil, en Champagne. Une de ses sœurs, Anne de Merg, pousa le sieur de La Pouge, Angoumoisin.
Cette famille a habit longtemps l’Angoumois et un de ses membres figure comme tmoin dans deux actes de baptme de la paroisse.

[10Depuis le 3 avril 1583, les protestants de La .Rochefoucauld continurent exercer leur religion dans quelque domicile particulier, jusqu’ ce que la maison du sieur de Momejan, adjuge par dcret, en 1599, et cde en 1601 par l’adjudicataire un religionnaire de cette ville, nomm Henri Pasquet, d’une famille honorable de La Rochefoucauld, fut convertie en temple, dans les annes 1608 et 1609. Cet Henri Pasquet adhra depuis, comme ancien de son Eglise, le 6 octobre 1620, au Synode national d’Alais ; il fut le pre de Pierre Pasquet, clbre avocat au prsidial d’Angouime, dont le fils Samuel, sieur de Pigu, devint maire de cette ville, en 1659.

[11Franois V, comte de La Rochefoucauld, tait fils de Franois III et de Sylvie de La Mirandole. Les deux enfants qu’il eut de Claude d’Estissac, Franois et Benjamin, furent levs dans la religion catholique.
C’est de Franois V que descend Franois VI, duc de La Rochefoucauld, prince de Marcillac, baron de Verteuil, etc., chevalier des ordres du roi et gouverneur du Poitou. En 1661, il s’est signal par son courage et par sa prudence, et s’est rendu plus considrable par son mrite et son esprit que par sa qualit. Il est l’auteur des Maximes, et est mort Paris, le 17 mars 1680, g de 68 ans il avait pous Andre de Vivonne, dame de la Chtaigneraie.

[12Naissance de Jehan Hrault de Gourville. Le treizime jour de juillet de l’an mil six cent vingt et cinq, a t baptis en l’glise collgiale de Notre-Dame de La Rochefoucauld, Jehan Hrault, fils lgitime de Pierre Hrault et de Souveraine Mesturas, ses pre et mre, et a t parrain Jehan-Henri Fort, g de trente ans ou environ, et marraine Jehanne Mesturas, ge de quarante ans ou environ. Prsents les soussigns. Le dit Hrault est n le jeudi, dixime du dit mois et an,
environ l’heure de dix heures du soir.
Sign au registre Jehan-Henri Fort, parrain Jehan de Poutignact, Philippe Garoste, Lriget, Heris de Villemandy, Aussire, de Labrosse, de Rancon et Alanore.

Dcs de Jean Hrault de Gourville. Extrait du registre des actes de dcs de la paroisse de Saint-Sulpice pour l’anne 1703 :
Le quinzime jour de juin mil sept cent trois, a t fait le convoy et enterrement de messire Jean-Hrault de Gourville, conseiller du Roy en ses conseils, surintendant des maisons et affaires de S. A. S. Monseigneur le prince, g de soixante et dix huit ans, dcd le jour prcdent, re de Cond, au pavillon du dit htel et y ont assist, messire Franois Hrault de Gourville, cy-devant conseiller au parlement de Metz et envoy extraordinaire de Sa Majest en Allemagne, son neveu, et messire Elie Maret, prtre doyen du chapitre de Bourgdieu, en Berry, aussi son neveu, qui ont sign.
Sign F. Hrault de Gourville et Maret.

Dans les mmoires que Gourville a laisss on lit ceci :
J’ai ordonn que mon cœur ft port dans la chapelle de cette Charit, au lieu que j’ai marqu ; j’ai fait graver mon pitaphe sur un marbre, laissant seulement ajouter le jour, le mois et l’anne qu’il plaira Dieu de me retirer de ce monde.
Les dernires volonts du testateur furent fidlement excutes. L’inscription est conue en ces termes :
|ICI EST DPOS LE COEUR DE MESSIRE JEAN HRAULT DE GOURVILLE,
INTENDANT DE MONSIEUR LE PRINCE,
CONSEILLER DU ROY EN SON CONSEIL D’TAT ET PRIV,
QUI A EU L’HONNEUR D’TRE EMPLOY PLUSIEURS FOIS PAR SA MAJEST
DANS LES PAYS ESTRANGERS
ET QUI A FOND CETTE CHARIT,
N EN LA PRSENTE VILLE, LE 10 JUILLET 1625,
ET DCD A PARIS, LE 14 JUIN 1703.
PRIEZ DIEU POUR SON AME !|

[13On est redevable de la dcouverte de ces cavernes, au Pre Chabenat, grand Carme conventuel de la communaut de La Rochefoucauld. Il publia un mmoire, qu’il fit imprimer a Limoges, en 1785, dans lequel il rend compte des diffrents voyages qu’il fit dans ces souterrains.
Ce fut dans les journes des 25 mai, 14 juillet, 20 aot et 22 novembre 1784, que le Pre Chabenat explora ces grottes. Dans ces excursions hardies, il tait accompagn de MM. Seguin, cur du lieu Grassin, chanoine de La Rochefoucauld des PP. Saint-Lger, professeur de thologie au couvent des Carmes de Limoges, et Bricaille, professeur de rhtorique au collge de La Rochefoucauld de MM. Jayac de la Garde, de Limoges, Lambert, prtre La Rochefoucauld, Sibilet de la Brousse, chanoine de la mme ville, Foucher, chirurgien, Pintaud de Bourdelire, ancien officier d’infanterie, et Puymartin du Rousseau, tudiant en droit.
Dans une exploration de ces grottes faite par l’auteur de ces annales, il y a vingt-sept ans, il a vu, gravs sur la paroi blanche et lisse d’un norme rocher bien loign de l’entre et d’un accs trs difficile, les noms de ces premiers explorateurs. Ces inscriptions n’avaient subi aucune altration.

[14Dclaration donne au chteau de Verteuil, par le duc de La Rochefoucauld, en prsence d’Hlie Houlier, sieur de La Pouyade et de Rouffiac, et de Jean Lambert, cuyer, sieur des Andreaux, des motifs qui l’ont dtermin quitter la cour :
Aujourd’huy vingt quatriesme febvrier mil six cens cinquante, pardevant nous Hlie Houlier, escuyer, sieur de La Pouyade et de Roufliac, conseiller du Roy, lieutenant-gnral en la sneschausse et sige prsidial d’Angoumois, fut prsent Czar de Lestang, chevalier, seigneur de Rulle, en nostre hostel en la ville d’Angoulesme, lequel, comme ayant charge et fond de procuration de messire Franois, duc de La Rochefoucauld, pair de France, gouverneur et lieutenant-gnral pour Sa Majest s provinces de hault et bas Poitou, Chtelleraudois et Loudunois, qu’il nous a reprsente, en date du vingt troisiesme du dit mois, passe au chasteau de Verteuil, en cette province, pardevant Coiteux, notaire royal, nous a remonstr, en prsence de Jean Lambert, escuyer, sieur des Andreaux et du Maine-Bonpart, conseiller et procureur du Roy au dit sige, que le dit seigneur duc est party de la cour pour certaines justes et lgitimes considrations, et est arriv dans son chasteau de Verteuil, o il entend nous dclarer comme au lieutenant-gnral et chef de la justice de la province dans le ressort de laquelle ledit chasteau est situ, ce qui l’a oblig ce retour de la cour, et cette fin a requis nous vouloir transporter audit chasteau de Verteuil pour y recepvoir sadite dclaration. Ainsy sign DE LESTANG.
Sur quoy nous avons donn acte audit de Lestang, pour ledit seigneur duc de La Rochefoucauld, de sa remonstrance, et faisant droit sur icelle, ouy le procureur du roy, ordonn que nous nous transporterions audit chasteau de Verteuil pour recepvoir, en prsence dudit procureur du Roy, la dclaration que ledit seigneur duc de La Rochefoucauld entend nous faire. Donn Angoulesme, les jour, mois et an susdits.
Sign H. HOULIER et LAMBERT.

Et advenant le lendemain, vingt cinquiesme dudit mois et an, nous dit Houlier, conseiller du Roy, lieutenant-gnral susdit, sommes parti de ladite ville d’Angoulesme, accompagn dudit Lambert, procureur du Roy, ayant avec nous maistre Pierre Dubois, greffier ordinaire dudit sige, et de maistre Pierre Rambaud, procureur dudit seigneur duc, et achemin audit Verteuil, distant de sept grandes lieues, o, estant dans une chambre du dit chasteau, s’est prsent pardevant nous ledit messire Franois, duc de La Rochefoucauld, lequel nous a dit qu’estant en la ville de Paris pour y rendre ses respects et ses debvoirs ordinaires Sa Majest, et aussy pour la ncessit de ses affaires particulires, il auroit appris la dtention de Messeigneurs les princes de Cond et de Conty et du seigneur duc de Longueville, et receu en mesme temps, de divers endroits, des avis certains qu’on vouloit aussy l’arrester prisonnier bien que sa conscience ne luy reprochoit rien qui put donner lieu sa dtention, il a apprhend que les mauvais offices de ses ennemis ne prvalussent sur son innocence, et que la communication de plusieurs personnes qu’on peut malaisment s’empescher de voir en semblables rencontres, ne servit de prtexte pour faire doubter de ses bonnes intentions et de son inviolable fidlit, qui luy fera toujours exposer, pour le service du Roy, son bien et sa vie, ce qui l’auroit oblig de se retirer de la cour et de se rendre ensuite dans son gouvernement de Poitou. Ses paroles et ses actions ont suffisamment fait cognoistre son affection et son zle au bien des affaires de Sa Majest. Et ayant appris, dans la ville de Poictiers, le neufviesme des prsents mois et an, que le jour prcdent le seigneur duc de La Rochefoucauld, son pre, toit dcd en son chasteau de La Rochefoucauld, il s’y seroit achemin pour lui rendre ses derniers debvoirs. Et d’autant qu’il prvoit que la ncessit de ses affaires domestiques le retiendra et l’obligera de faire sa demeure au prsent chasteau de Verteuil, pour y mettre l’ordre convenable, il nous a voulu donner advis, comme au lieutenant-gnral et chef de la justice de cette province, et fait requrir de nous rendre au dit chasteau, pour nous dclarer, comme il fait, qu’il n’a jamais tremp, en quelleque manire que ce soit, aulcuns conseils, pratiques et intelligences contre le service du Roy, dans lequel il proteste vivre et mourir avec toute la fidlit et obissance que tout bon subject est toujours oblig de rendre son prince, et que pour mettre ordre aux affaires de sa maison, il prtend demeurer, comme un particulier, dans sondit chasteau de Verteuil ou en quelques autres de ses maisons dans cette province, si quelque occasion importante au service du Roy ne l’oblige de se rendre en sa charge, et ce jusqu’ ce qu’il soit en estat d’aller faire en personne, Sa Majest, les services, protestations de service, de fidlit et d’obissance, de laquelle dclaration ledit seigneur duc de La Rochefoucauld nous a requis acte et qu’il soit enregistr au greffe. Ainsi sign F. La Rochefoucauld et Rambaud, procureur du dit seigneur. Nous avons donn acte au dit seigneur de La Rochefoucauld de sa dclaration et protestation cy dessus, en prsence du procureur du Roy, et ordonn que le prsent acte sera insr aux registres de la sneschausse et sige prsidial de la prsente province, pour valoir et servir ce que de raison. Fait les mois et an susdits.
Ainsi sign H. Houlier, Lambert et Dubois, greffier.
Le vingt sixiesme febvrier audit an, requrant maistre Pierre Rambaud, procureur dudit seigneur duc de La Rochefoucauld, la dclaration et protestations de fidlit au service du Roy a est registre au greffe de la snescbausse et sige prsidial d’Angoumois, en consquence de l’ordonnance cy dessus. Dont a est baill acte par moy, greffier soubzign.
Ainsy sign Dubois, greffier.

[15Cet inventaire, fort intressant par la quantit d’objets prcieux qui y sont numrs, a t dcouvert avec d’autres documents importants, dans les greniers de la mairie de La Rochefoucauld, par l’auteur, qui les a tous dposs aux Archives du dpartement.

[16Testament spirituel de Pierre Mass. - Je soussign, prtre et cur de la paroisse de Saint-Cybard de la ville de La Rochefoucauld, docteur en thologie et chanoine de l’glise collgiale de la dite ville ; instruit par l’exempte de plusieurs personnes attaches aux saintes vrits combattues, aprs la mort desquelles on leur a imput, sur les contestations nes dans le sein de l’Eglise, des sentimens dont elles taient bien loignes ; dsirant mettre les miens couvert de toutes imputations fausses et calomnieuses, et rendre la justice que je dois notre mre la sainte glise catholique, apostolique et romaine, dans le sein de laquelle, par la pure misricorde du Seigneur, j’ai t lev et proteste vouloir vivre et mourir dclare, en prsence du Seigneur, que, par un effet de sa grce dont je me reconnois trs indigne, je n’ai jamais accept, en quelque manire que ce puisse tre, la Constitution Unigenitus, ne l’ayant pu reconnoltre pour l’ouvrage de l’Eglise, et l’ayant toujours regarde au contraire comme la source trop fconde des maux de toute espce qui affligent et scandalisent cette sainte pouse de J.-C., aux dcisions de laquelle je proteste d’tre soumis sans aucune rserve, acceptant de cœur et d’esprit toutes les vrits qu’elle enseigne, et dtestant avec la mme sincrit toutes les erreurs qu’elle condamne.
En outre, je dclare persister dans mon adhsion l’appel que feu M. de Rzay, notre vque, d’heureuse mmoire, et autres illustres prlats ont interjett de la dite Constitution Unigenitus, comme aussi dans l’adhsion que j’ai donne la cause du feu saint vque de Sez par ma lettre, feu M. Colbert, vque de Montpellier, dont copie est cy jointe, crite et signe de ma main.
Je rends graces de tout mon cœur au Seigneur de la faveur qu’il m’a faite de baiser les liens du saint et intrpide dfenseur de son Eglise, dans la visite que j’ai eu l’honneur et le bonheur de lui rendre la Chaise-Dieu, lieu de son exil, au mois de septembre 1736.
Je dclare aussi reconnottre et respecter les miracles oprs par l’intercession du saint diacre de Paris et d’autre appellans, en me conformant aux rgles prescrites sur ce sujet par le grand et trs respectable vque de Montpellier. Tels sont mes sentimens et mes dispositions, dans lesquels j’espre et dsire vivre et mourir, avec la grce du Seigneur. Ecrit et sign de ma main, La Rochefoucauld, ce 9 juin 1752. MASS, cur de La Rochefoucauld.

[17Sur ce cercueil a t releve l’inscription suivante :
ICI REPOSE LE CORPS DE TRS HAUTE, TRS ILLUSTRE DAME
LOUISE-PAULINE VILAIN DE GAND DE MRODE DE MONTMORENCY,
NE PRINCESSE DE MALINES,
POUSE DE TRS HAUT ET TRS ILLUSTRE
MONSEIGNEUR LOUIS-ALEXANDRE DE LA ROCHEFOUCAULD, DE LA ROCHEGUYON,
PAIR DE FRANCE, COLONEL DU RGIMENT DE LA SARRE,
AGEE DE VINGT-TROIS ANS,
DCEDE A LIANCOURT LE LUNDI NEUF SEPTEMBRE 1771.

Ce corps, dpos dans les votes des ci-devant Cordeliers de Verteuil, en avait t dplac par les effets trop souvent semblables de la Rvolution. Un honnte particulier de Verteuil a bien voulu lui donner asile et s’est empress d’en donner avis Monseigneur le duc de La Rochefoucauld actuel, cousin germain du prcdent, et c’est par ses soins que le corps a t transfr, le 11 mai 1817, dans l’glise paroissiale de la ville de La Rochefoucauld.

[18Jean Lchelle, n Puyraux (Charente), le 2 avril 1760, s’est distingu dans la guerre de la Vende et est mort Nantes, du chagrin qu’il prouva de sa dfaite Laval. Il tait gnral de division et officier de la Lgion d’honneur.

[19Mathieu Lacroix, n La Rochefoucauld, le 29 septembre 1761, tait gnral, baron de l’Empire et officier de la Lgion d’honneur. Il est mort en cette ville, le 21 juillet 1822.

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