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1569 - Le siège et la prise de Saint-Jean-d’Angély par le duc d’Anjou

D 4 septembre 2008     H 20:49     A Jean-Claude, Pierre     C 0 messages A 1171 LECTURES


Dans un récit très circonstancié, et beaucoup plus précis que celui d’Agrippa d’Aubigné (voir le récit d’Agrippa d’Aubigné), Liberge, probablement témoin des évènements, raconte le premier siège de la ville par les armées catholiques commandées par le Duc d’Anjou, le futur Henri III.

Nota : ne pas confondre ce siège avec celui de 1621, mené par le Roi Louis XIII, dont les causes - la répression du protestantisme - sont les mêmes, et le scénario assez ressemblant.
Voir l’histoire du siège de 1621 et la version de Richelieu

Les notes sont de Henri Beauchet-Filleau. L’historien, en supplément, fournit une présentation de la légende de la fondation de Saint-Jean-d’Angély, d’après Massiou. - Voir cette légende.

Source : Le siège de Poitiers, par Liberge, suivi de la Bataille de Moncontour et du Siège de Saint-Jean d’Angély - Annotations par H. Beauchet-Filleau - Poitiers - 1846 - Books Google

Le siège de Sainct Jean d’Angély, le 16 octobre 1569

St Jean-d’Angély - La Tour de l’horloge
Dessin de Jean-Claude Chambrelent

Les guerres civiles ne sont qu’un perpétuel flux et reflux de pertes et conquests, Poictiers avoit esté un Théâtre sur lequel les Princes avoient à leur ruine joué le premier acte de leur Tragédie, voicy que maintenant au reciprocque, Sainct Jean d’Angeli s’en va terminer les victoires du Duc d’Anjou. Le Duc enflé de la prospérité de ses victoires vient le 16. Octobre assiéger Sainct Jean : mais il n’en trouve pas les approches tant aisées que les autres.

Sainct Jean d’Angeli est une des principales villes de Xainctonge après la capitale, située en un fonds, assez bien murée, et fossoyée. L’Abbaye de Sainct Jean, qui donne le nom à la place, est fort ancienne : de laquelle l’eau bat le pied, et luy sert de Chasteau pour garder, et descouvrir toute la plaine. Le costé de Poictou est un pays bossu et fort entrecoupé de montagnes, la rivière nommée Boutonne, qui naist entre les monts Angoumoisins d’un lieu pour ceste cause nommée Chéboutonne, avoir passé Chisé, descend à Tonné-boutonne, pour après remplir près de deux tiers des fossez de S. Jean d’Angely, et le divisant du faux-bourg saincte Croix, s’en va rencontrer la Charante (qui passe contre Angoulesme, et la ville de Xainctes) près Tonne-Charante, dont elle suit les eaux jusques au plus profond de la grande mer.

Venons maintenant au siège, Moüy [1] ayant esté blessé au siège de Niort, se retira vers les Princes [2], qui estoient encores à S. Julian, près de Sainct Jean d’Angely : ausquelz il fit récit de son desastre, et mesmes de la redition de Nyort. Ce qui les occasionna de pourvoir à S. Jean, ilz n’eurent toutesfois moyen d’y envoyer beaucoup de gens, et encores moins de poudres, dont Piles [3] (qui estoit ordonné pour le gouvernement de la place) ne receut que quatre cacques, et quelques trois cens picques. Toutes-fois après avoir appelle et encouragé les Citadins, le l’endemain il fit reveuë de toutes les forces. Les Capitaines estoient, la Mothe-Pujols, la Ramière et l’un des Palvelz, (dit Capitaine Fravo Serido) les Essars [4], la Garde, Montault, et la Personne, qui y fut envoyé après, avec quelques chevaux.

Le jour suivant, la Mothe et Ramiere furent à Xainctes, advertir les Princes de leurs affaires, et de la fautes d’hommes et de munitions ; Occasion qu’ils mandèrent à plusieurs Capitaines, tant de cheval que de pied, de s’y jetter et en diligence : Car Biron persuadé par les fuitifz Catholicques, que la ville estoit sans deffence : des le l’endemain 12. Octobre, se présenta accompagné de quatre cens chevaux, et quelques gens de pied, la sommant au nom du Roy. Auquel Piles respondit, qu’il tenoit la ville par le commandement du Prince de Navarre, Gouverneur en Guyenne, pour le service de sa Majesté tant pour la seureté de sa vie, que de tous ceux qui y estoient avecques luy. Biron print cela pour refus et retourne en l’armée, cependant le Capitaine la Mothe-Pujols monta à cheval, avecques quelques uns de sa compagnie pour battre l’estrade, prindrent quelques prisonniers, l’un desquelz fut envoyé aux Princes, qui les assura que l’armée marchait vers S. Jean, ce qui les fit réitérer le mandement à plusieurs Chefz, mais aucun ne se présenta que la Personne suivy de 25. ou 30. et autant d’enfans de villes, qui suyvoient autres Capitaines, lesquelz se jetterent dedans le jour mesme qu’elle fut assiégée [5].

Le 16. d’Octobre, l’infanterie fut conduicte jusques au faux-bourg de Taillebourg cependant les assiégez travailloient aux fortifications, des lieux les plus foibles, comme au chasteau à la porte d’Aunis, à la Tour de l’Epingale et s’estudioient sur tout à dresser le ravelin de la porte d’Aunis ou ilz firent un terre-plain qui leur profita beaucoup, et abbatirent une haute tour, qui eust incommodé ceux de dedans , si le Canon des assaillans l’eust abatu, Puis ils firent un pont, au moyen duquel ils se maintindrent plus longuement qu’ils n’eussent faict à la deffence du lieu. Et le tout pour maintenir le ravelin, contre lequel les Canons Catholiques vomirent la meilleure et plus grande partie de leur fureur. Comme les bandes furent distribuées en quartier, on logea les pièces, et les preparat-on pour battre les tenans. Les plus dispos et courageux desquels, sortoient par les portes de Nyort et Mata, pour attaquer l’escarmouche contre ceux qui s’avançoient trop pres, les autres cependant s’employent à ruyner les Faux-bourgs, et couper les Arbres pour servir de fassines aux rampars de la ville.

Le 21. jour, 30. ou 40. Cavalliers, conduits par quelques chefs, sortirent pour descouvrir l’artillerie, et prendre langue des prisonniers sur les desseins des Catholiques, et fut leur entreprise si bien conduicte, que d’abordée ils mirent en fuytte tous ceux qu’ils rencontrèrent, mais ne peurent prendre qu’un Italien ; ils tuerent quelques-uns qui estoyent ès tantes, où on preparoit les gabions. Le lendemain sur là presdinée le Capitaine la Mote avec près de 200. soldats sortirent sur ceux qui estoient aux fauxbourgs d’Aunis, la rencontre fut si royde, que les Catholiques y perdirent deux Enseignes, la moitié d’un drapeau, et bon nombre d’armes, de Protestants ; le Capitaine Parasal fut tué, et son frère prins : puis se retirèrent sur la contr’escarpe du fossé, à la faveur de leurs harquebusiers qui les attendoient sur le revelin. On ne laissoit pour cela de r’emparer au dedans, et les Catholiques aussi continuoyent leurs tranchées : attandans la venue de sa Majesté, qui arriva en son camp le 26. jour d’Octobre, et logea à Landes [6] résolu de n’en partir que la ville ne fust prise à sa venue ; ils firent tirer le Canon qui estoit au quartier des Suisses, au village de la Vergne lequel ils apprestoient pour faire marcher et battre la ville. C’este salve qui fut faicte, tant du Canon que des harquebusiers, fut belle et grande. Tout le Camp fut mis en armes pour tenir rang de bataille, et mieux recevoir de divers sons tant des Canonades que de la menue scopeterie entremeslée d’un cry general que tous jetterent en l’air à la descouverte de sa Majesté crians vive le Roy, à l’envy les uns des autres. Le lendemain les Catholiques remonstrerent de rechef aux assiégez, au nom de sa Majesté plusieurs raisons, pour les induire à se rendre, les asseurans qu’ils en recevraient bon traictement, autrement qu’ils seroient batus de seize pièces. La responce fut telle que dessus, qui fut occasion que le canon, ja dressé et placé en batterie dedans une vigne du costé de Nyort [7], (si dextrement qu’il pouvoit battre, tant à la porte de Nyort, au ravelin de la porte d’Aunis, qu’au recoin qui est entre les deux portes) commança à tirer contre les deffences de la Tour, et continua la baterie tout le jour, jusques à ce que la bresche fust grande et raisonnable ; Mais la nuict venue, leur donna moyen et loisir d’y pourvoir : car le Capitaine la Mote descendit et mena nombre de gens au fond du fossé pour y faire une muraille seiche, de pierres que la violence du canon avoit faict tomber des murailles, ruinées : et avec ce, la brèche fut promptement reparée, et mise en tel estat de deffence, qu’elle ne fust assaillie. Entre autres moyens ils tirèrent une Tranchée derrière la brèche, flanquée bien à propos, et sur icelle mirent quelques barriques, pour tenir leurs harquebuziers couvers, si qu’ils la tenoient plus forte qu’auparavant. En ceste ville là comme en plusieurs autres de France, n’y a pas grand ny assez d’espace entre les murs de la ville et les premières maisons, si qu’il falut pour tirer la Tranchée cy dessus abbatre nombre de maisons et se servir des caves qu’on y descouvrit, les flanqua l’on du mieux que l’on peut. La batterie fut violente et en fut la tour Beliard abatuë rez pied rez terre quelques uns y furent tués, plusieurs blecez et estonnez mesmement trois armés qui se tenoient près du Capitaine la Ramiere renversez et estonnez du bris de la muraille sans autre mal, leurs hamois les sauva. Mais la Ramiere, eut le bras rompu d’un esclat de chevron que le Canon donnant dans un logis luy envoya et luy en fit entrer un autre dedans le corps dont il mourut quatre jours après, fort regreté de tous pour sa vaillance et resolution : mais encores plus pour n’avoir jamais voulu souffrir d’estre emporté en son logis, ne secouru par les Soldats qu’il encouragea tousjours de demeurer à la brèche, et ne l’abandonner jusqu’au mourir. Le lendemain des la pointe du jour, on les batit en autre endroict autans furieusement pour le nombre de pièces, qu’il est possible, voyans toutesfois les Catholiques que ce lieu estoit aysé à fortifier et reparer : d’ailleurs que les soldats y allans à la brèche, eussent esté descouverts du ravelin, Changèrent de baterie, et s’adressèrent à la Tour, de laquelle les assiegez avoient abatu la couverture, et pour mieux en faciliter lentreprise avancèrent deux pièces murales sur le bord du fossé duquel ilz tranchèrent la contr’escarpe pour mieux y loger leurs pièces desquelles ils tiroient plus seurement que d’ailleurs, les assiégez ne doutans, veu qu’on batoit en cest endroict avoient ja abatu la couverture de la tour, craincte que les esclats n’en tombassent sur eux, et de plus qu’ils n’en comblassent le fossé de faict pour ces deux occasions, les Catholiques pointèrent leurs pièces, premièrement contre le haut de la Tour, affin que le fossé estant comble, l’assaut en fust plus facile. Mais pour y obvier et passer tousjours au Ravelin duquel ils ne vouloient perdre la commodité, ils entraverserent de gros et long bois qui portoient des deux costez, sur lesquels la ruyne de la tour tomboit, Tant que dura la nuict de Samedy bâtirent sur le devant du ravelin d’Aunis, et le jour ensuyvant qui fut le dernier jour d’Octobre, continuèrent la baterie, jusques à une ou deux heures du Lundy, un cheval chargé pouvoit aysément monter à la brèche, et n’y avoit aucun flanc pour la deffendre, mais la nécessité leur en donna l’invention d’un, car le Capitaine la Mote fit soudain une canonnière à pied de la muraille à 16. pas du revelin ayant osté le terrier qui couvre le pied du mur : ne descouvroit toutes-fois que le recoin, et à peine deux soldats y pouvoient mirer, toutes-fois ilz y tiroient si dru que les Catholiques en receurent plus de mal que d’aucun autre endroict, et avec ce, le soldat Catholique ne pouvoit estre veu qu’il ne fust au haut d’icelle, qui fit que beau coup de Chefz suivis de soldats, entreprindrent de s’en rendre maistres, qui encouragez par la présence du Roy, et de tant de Seigneurs, donnèrent brusquement jusques au dessus de la brèche : mais elle fut debatuë en sorte que les Catholiques furent contraints de se retirer : Cet assaut à la vérité n’estoit pas commandé, ains entrepris de gayeté de cœur, par quelques Chefz et Gentilz-hommcs qui y menèrent nombre de soldats, sans y porter aucun drappeau, et y avoit apparance d’emporter la ville si c’eust esté un assaut General, car il n’y avoit pas vingt soldats sur le ravelin, du commencement jusques à ce que la Mothe y mena sa compagnie, mesmes Piles faisoit ouvrir la muraille, pour sortir avec le reste, donner sur les premiers et se sauver pendant le sac. Durant l’assaut, deux coulevrines batoient en courtine sur la brèche d’Arial [8], ainsi nommée de ce Chef qui la gardoit, ou il fut emporté avec sept autres et autant au ravelin, Guitiniere [9] y fut blessé et Montesquiou [10] qui en est mort despuis, le plus de mal des confederez vint des pierres que les premiers leurs jettoient du bas de la brèche, aussi en fut il beaucoup tué d’eux, les femmes cependant faisoient tout devoir. Les Protestans y perdirent beaucoup des leurs, tant par le canon que de coups de main. Les Catholicques y en firent beaucoup plus qui demeurerent dans le fossé ; qui les occasionna d’essayer les assiégez par une voye plus douce. Mesmes Biron en escrivit au Capitaine Piles, luy persuadant de rendre la ville au Roy, l’advertissant de la prinse de Lusignan, et Xainctes, et que Coignac estoit sur le poinct de se rendre, ces remonstrances eurent tant de force que les assiégez commancerent à quitter et alentir peu à peu leur première vigueur y estans forcez par la nécessité.

Et pour cet effect r’envoyèrent la Taillée [11], Gentil-homme Poictevin, qu’ilz tenoient prisonnier, pour y entendre, et leur dire qu’ilz envoyassent un Gentil-homme vers les Mareschaux, et qu’ilz en envoyeroient un autre en ostage. Les Catholiques despescherent le quatriesme Novembre Guitiniere, et les assiégez la Personne, avec conditions qu’ilz n’entendoient à la paix particulière de la ville, la Personne arrivé aux Landes, et humainement receu par les Mareschaux, discourut de la nécessité qu’ilz avoient tous de la paix, auquel fut respondu qu’ilz la demandoient autant comme eux, mais que pour l’importance de l’affaire, et absence des Princes, ausquelz il en faloit communiquer, la Générale ne se pouvoit conclurre, et pource estoit besoin de parler de la paix particuliere de la ville, luy donnant mémoires pour présenter au Capitaine Piles, et au conseil, à scavoir que les assiégez demandassent dix jours de trêves, pour aller aux Princes, et que si dans les dix jours il n’y entroit forces Enseignes desployées, la ville seroit remise entre les mains de sa Majesté, aux conditions que les Capitaines, Soldats, et autres personnes, quelz qu’ilz fussent, sortiroient avec leurs armes, chevaux, et bagage sans estre fouillez, et que les demeurans ne seroient molestez en leurs consciences. Piles trouva ces conditions fort estranges, mesmement de rendre la ville, toutes-fois pour estre les choses ainsi acheminées, et pour l’espoir d’avoir secours, plusieurs conclurent à les signer, fors Piles, qui requérait pour le moins qu’il ne fust tenu rendre la ville, qu’il n’eust oüy nouvelles de la Personne, qui avec Chemerault estoit allé vers les Princes, ce qu’ainsi le capitaine Piles consentit finalement de signer la capitulation, et sur l’heure, sixiesme Novembre partit la Personne, et fut accordé que ce jour ne seroit accordé au nombre des dix, poursuyvant son voyage passa par Angoulesme, tant pour sçavoir nouvelles des Princes que pour advertir Sainct Mesmes, Gouverneur de l’Estat de Sainct Jean, et l’induire à luy donner secours.

Durant la trefve, rien de mémorable ne fut faict, de part ne d’autre ; Les Protestans et les catholiques, parloient, et se visitoient en toute liberté. Les principaux de la ville neantmoins estoient en merveilleuse perplexité de cette condition de rendre la ville, qui fit que le capitaine Piles n’ayant nouvelles d’aucun lieu, envoya à Angoulesme pour avoir secours, qui luy fut respondu, qu’on leur envoyast homme bien entendu pour les guider au passage de la rivière, de Fombedoüere amenoit le secours, et des poudres, mais ceux qui l’accompagnoient perdirent cœur, et s’en retournerent. Le guide neantmoins en apporta nouvelles au capitaine Piles, qui se fascha, car il lui fallut sortir le l’endemain, dix-huictiesme du mois auquel jour Biron les somma de promesse, et ledict Capitaine Piles respondit, qu’il ne le pouvoit faire sans avoir nouvelles de la Personne comme il avoit esté arresté. Finalement après plusieurs re-plicques de part et d’autre, fut accordé que si dans les dix heures du jour suyvant on n’entendoit de ses nouvelles, et qu’on n’eut point de secours, les assiégez quitteroient la place. Ce jour Guitiniere s’assurant de la redition de la place, et du Gouvernement d’icelle, y entra avec quelques capitaines et Mareschaux des logis, pour prendre possession de la place.

Comme la ville estoit en grand ennuy, sur l’aube du jour on crie que le secours estoit à la porte, c’estoit Sainct Surin [12] suivy de quarante chevaux que Piles alla recevoir à la porte de Mata, qui estoit venu d’Angoulesme à Sainct Jean le 18. Novembre, passant par le camp catholique, qui ne luy donnèrent empeschement qu’ils devoient ; car se disant Amy, et destiné pour faire la reveuë, s’enquérit d’eux mesmes, de quelle compagnie et soubz quel Régiment ilz estoient. Si le soldat Romain eust failli à tel guet, il estoit mené devant le Tribun, qui luy faisoit faire son procès sur le champ devant tous.

Sur les dix heures du mesme jour, Biron accompagné du Hérault et Trompette du Roy, vint encore sommer Piles de sa promesse : qui luy respond, que luy et sa compagnie aimoient mieux mourir au combat, et faisant son devoir, que d’estre taillé en pièces à la sortie comme en estoit le bruict. Les Ostages rendus des deux costez, le canon commença à rejouer, ce pendant quelques jours se passèrent jusques au 22. ou l’on fit baterie nouvelle, remuant les pièces pour battre en divers lieux, mesmement contre les tours et bastions du Chasteau, la porte duquel, par laquelle on sortoit pour aller sur un bastion qui estoit au devant d’iceluy, fut mise par terre, ce que voyant les assiégez firent un autre passage dans le fossé, au dessous du precedent, et pres du bastion de terre firent une ouverture à la muraille de la ville, hors laquelle, dans le fossé, dressèrent une pallissade pour flanquer et defendre le Chasteau, ils abbatirent aussi partie d’une tour qui est près duduit Chasteau du costé de Taillebourg, qu’on nomme la tour du Bourreau, et grande estenduë de muraille despuis le Chasteau jusques à la vieille brèche. Comme le Comte de Martigues [13] ordonnoit la baterie, le 19. Novembre receut un coup d’arquebuzade par la teste, dont il mourut peu d’heures après. Durant ceste baterie les assiégez firent sortie de 70. ou 80. chevaux, Sainct Surin, et la Mothe, tirèrent à qui sortiroit le premier, le sort escheut à la Mothe, pour couvrir leur sortie ils jetterent de longues traines de bois au fossé, sur lesquels ils estendirent des Madriers, entraversez de rouleaux pour degrez, chargez de fumier afin que le soldat ne glissast. Tout cela alloit en baissant, pour descendre au fossé : puis remonter à la contrescarpe, couverts d’un grand voile qu’ils avoient estendus au costé des Catholiques. La Mothe passé, et avoir veu les Tranchées de la garde simples, non flanquées, droittes, il se jette à corps perdu dedans suivy des siens, qui tuë ce qui les oza attendre, nonobstant le devoir d’un Capitaine-Enseigne, qui d’un coutelas luy blessa le devant de son cheval, met tout à mort. Cependant Sainct Surin charge résolument, les harquebuziers courent les tranchées abandonnées, se font riches du butin d’armes, la Mothe donna jusqu’au canon, en encloüa quelques-uns, brusle dix caques de poudre, fut près du magasin des poudres que gardoient les Suisses, s’ils eussent heu le feu en main, pour le mettre en ces poudres ils l’eussent facilement faict, mais à leur sortie ils ne preveurent à cela, qui faict voir qu’on ne sçauroit faire trop soigneuse garde des poudres ; Ainsi sans rien perdre les assiégez se retirèrent, marchant les Fantassins les premiers, couverts de la cavallerie qui soustint, l’escarmouche des plus avancez Catholiques, environ cinquante desquels moururent aux tranchées et un des assiégez sur la contr’escarpe du fossé entrans les blessez dedans la ville. Les Catholiques délibérèrent de redoubler la baterie contre le Ravelin d’Aunis, qui leur empeschoit l’entrée de la ville, et après avoir logé cinq pièces de baterie sur le bord des fossez où l’on avoit eslevé une platte-forme pour voir les assiégez jusques dedans le ravelin, et leur oster le passage, par lequel ilz entroient, ne cesserent qu’ilz n’eussent foudroyé tout ce qui se trouvoit des murailles devant eux : ce qui commença à estonner les assiégez, car il n’y avoit lieu plus dangereux, que celuy contre lequel ilz s’attaquoient : tant pource qu’il estoit petit, ruiné, mis en poudre par la violence du canon, que d’autant qu’il n’y avoit plus de retraitte. Et de faict les soldats n’y entroient plus que par force : excepté quelques volontaires, entr’autres ceux du Capitaine la Mothe, et aucuns de la ville, ausquels le Capitaine la Garde Montaut commanda depuis que la Mothe fut blessé, qui neantmoins ne laissa pour cela de s’y trouver quand l’occasion l’y appelloit. Mais qui estoit le pis, les Catholiques non contens de caresser si courageusement ce ravelin : continuoient à battre la courtine, qui est devers le Chasteau, où devant les trêves, ils avoient commancé à faire bréché, somme que la violence du canon rompit en fin toutes les tours et leurs deffences depuis le ravelin jusques au Chasteau, et encores par delà, jusques à la tour Pesneau pour faire tomber les assiégez de fièvre en chaud mal, la platte forme qu’ils avoient dressée sur pilotis derrière le ravelin, tant pour le deffendre que pour servir d’espaule affin de les garder des coulevrines qui battoient en flanc, tomba presque toute en une nuict. Et d’autant qu’elle leur importoit beaucoup, il falut nécessairement la redresser, enquoy ils employèrent beaucoup de peine, et de temps, qui leur eust bien servi ailleurs. Et outre ce, ils receurent perte de beaucoup d’hommes et de femmes, qui s’employoient à l’eslever, nonobstant les voiles qu’ils avoient dressez, pour couvrir ceux qui y travailloient. Qui plus est, lors qu’ils pensoient estre à chef de l’œuvre, estimans la platte-forme parachevée de hauteur et de largeur de quinze pieds, les coulevrines neantmoins, la perçoient à jour, pour estre de terre neufve, et faite de frais, ce qui ne peut resister au canon comme un œuvre vieil et bien pressé, occasion que plusieurs de la ville y restoient ou morts ou blessez, ce qui en rendoit beaucoup d’estonnez, et les plus assurez n’attendoient qu’un assaut General. Mais plusieurs des Catholiques leur faisoient entendre qu’on ne les vouloit avoir par assaut General, ains les tuer à coups de canon.

Sur ce les assiégez ayant nouvelles d’Angoulesme, et que secours leur venoit envoyèrent pour l’avancer Fombedoüere, qui fut mis hors de la ville sur les dix heures du soir, monté sur le Genêt de Piles, il amena le secours jusques à la forest de Chisé, et le Capitaine S. Auban. Mais ceux qu’il conduisoit tost après qu’ils eurent descouvert l’ennemy se retirèrent de luy. Voulant parachever son voyage prend le chemin de S. Jean, et fut jusques sur les ponts de S. Julian, où se voyant descouvert par les gardes jugea qu’il estoit plus expédient de rebrousser chemin : mais vivement poursuivy, en fin fut prins la nuict suyvante. Les Calholicques leur firent entendre sa prise, et par mesme moyen leur remonstroient le peu de moyens qu’ils avoient de soustenir, les advertissoit aussi de se rendre : et leur presentoient bonnes conditions. Alors Biron, et Meru, qui estoient aux tranchées demanderent le Capitaine la Mothe lequel estant venu s’entretindrent en maints divers propos : la résolution fut remise au l’endemain, là où fut parlé d’une seconde capitulation, à quoy les Chefs presterent l’oreille, pour voir leurs munitions nulles, si peu d’hommes, encores tous harassez, pour les labeurs, peu de farines, leurs deffences rasées, qu’ils avoient conclud de sortir sur le canon, et la nuict suivante de prendre tous les hommes qui pourroient suivre pour sortir à la porte de Mata : afin de forcer la garde du pont S. Julian, et de la se retirer aux mieux qu’ils pouroient, à Angoulesme ou ailleurs.

Sa Majesté, outre la première capitulation qu’elle leur offroit, promettoit de leur donner ostages dans Angoulesme pour leur seureté. Le 2. Décembre, la Mothe (par l’advis du Conseil, tenu, fort secrettement entre cinq ou six des principaux) alla parler à Biron, qui dist qu’il en parleroit au Roy, et rendroit responce dans deux ou trois heures après, on aporta certains Articles qui n’estaient signez d’aucun, toutes fois on disoit que c’estoit le vouloir du Roy : à quoy ils respondirent qu’ils se deliberoient de mourir plustost qu’il n’eussent la capitulation première. Ils dirent qu’ils en parleroient au Roy : mais ne leur conseilloit demander ostages ains les prioient de luy faire cest honneur que de se fier en sa parolle, ce qu’ils accorderent, La première capitulation fut bien tost apportée, signée de sa Majesté qui estoit telle.

Que les assiegez sortiroient de la ville bagues sauves avec leurs armes, chevaux et Enseigne ployée, qu’ils ne porteroient les armes pour la cause generalle de la Religion prétendue de quatre mois, qu’ils pourroient, tant estrangers que habitans se retirer où bon leur sembleroit en toute seureté. Qu’ils seroient conduits jusques à un lieu de seureté, où ils voudraient aller, par le sieur de Biron et Cosseins et devoient sortir le l’endemain. Ce qui fut, et conduicts jusques à Angoulesme par le Héraut et Trompette du Roy, avec sauf conduict de sa Majesté [14].

Apres la redition de la ville, Guitiniere y fut estably Gouverneur avec huict compagnies de gens de pied. Ce mesme jour, le Roy, la Reyne Mere, le Cardinal de Lorraine et autres, y entrèrent, et visitèrent tant le ravelin de la porte d’Aunix, le Chasteau, que la première brèche du recoin de la muraille. Ce fait, sa Majesté, pour la disette de toutes choses, et incommodité de l’armée délibéra se retirer, après avoir pourveu aux garnisons de Poictou et Xainctonge, et envoyé Sauzay avec six Cornettes de Cavalerie, le Régiment de Gohas, et autres en Berry (qui y arrivèrent sur la fin de Décembre pour reserrer les Protestans de la Charité, qui s’estendoient trop avant) d’Escampe, et de Coulonges les Reaux, où il fit son Noël, va à Brissac, puis à Angers, assigna les Protestans de l’y venir trouver, ce qu’ils firent.

La légende de la fondation de Saint-Jean d’Angély, d’après Massiou (annexe au récit de Liberge)


La ville de St-Jean-d’Angély s’est élevée à l’ombre des murailles du monastère de ce nom. La fondation de cette abbaye remonte, selon Piganiol de la Force, dans sa Description de la France, à 942, et est attribuée par .lui à Pépin, roi d’Aquitaine. Cependant, dans les manuscrits de D. Fonteneau, nous trouvons, t. 13, p. 41, une donation faite à ce monastère, vers 928, par un nommé Ithier, de tout ce qu’il possédait dans le pays de Brioux, aux villages appelés Lupchiacus et Asnerias.

Du reste, nous ne pouvons ni ne voulons donner ici l’histoire de cette ville, ni discuter la date précise de son origine ; nous nous contenterons de publier, d’après Massiou (Histoire de Saintonge, première période, p. 350), quelles furent les circonstances qui accompagnèrent la fondation du monastère. Cette tradition, empreinte du merveilleux dont nos pères revêtaient ce qu’ils ne pouvaient comprendre ou ce qu’ils ignoraient, respire un parfum de foi et de confiance en la toute-puissance divine qui peint bien l’époque où elle a pris naissance :

« S’il faut en croire de vieilles annales, Peppin avait en Saintonge un château du nom d’Angéri ou Angély, situé au milieu d’une forêt sur la rive droite de la Boutonne. C’était vraisemblablement une de ces fermes royales où les monarques de la deuxième race habitaient alternativement pendant quelques mois de l’année.

Docile aux pieux enseignements de son père, Peppin fit, dit-on, bâtir près de ce castrum une église en l’honneur de saint Jean-Baptiste. Attirées bientôt par la sainteté du lieu, quelques familles vinrent fixer leurs demeures près de ce moutier, et jetèrent, au commencement du IXe siècle, les fondements de la ville de Saint-Jean-d’Angély.

Mais cette origine toute royale était encore trop vulgaire au gré des vieux écrivains monastiques. Comme presque toutes les anciennes cités de la Gaule, Saint-Jean-d’Angély devait voir des fables ridicules environner son berceau. Écoutons un moine anonyme dont le récit merveilleux est imprimé à la suite des œuvres de saint Cyprien de Poitiers.

Après avoir essuyé bien des vicissitudes, depuis le jour où il fut décollé à Samarie par l’ordre du cruel Hérode, les reliques du Précurseur de Dieu reposaient à Alexandrie, dans la basilique élevée en son honneur par l’empereur Théodose. Un moine d’Occident, appelé Félix, ayant entrepris le voyage de Jérusalem, eut une vision pendant la nuit. — « Lève-toi, lui dit une voix, et marche jusqu’à Alexandrie. Là, tu trouveras, dans la chapelle où il est déposé, le chef de saint Jean-Baptiste : tu t’en empareras, et, reprenant le chemin de la Gante, tu le porteras en Aquitaine dans un lieu que je t’indiquerai. »

Le moine exécuta, sans rencontrer d’obstacles, l’ordre qu’il avait reçu, et, renfermant dans un reliquaire le trésor qui lui était confié, regagna promptement le rivage de la mer, où il trouva une barque que les anges avaient préparée pour le recevoir. Il s’embarqua avec six autres religieux qui l’avaient accompagné dans son pèlerinage, et cingla vers la haute mer en louant le Seigneur.

Pendant que la barque voguait au milieu des ondes, Félix leva tes yeux et les mains au ciel : « Mon Dieu, s’écria-t-il, vous qui avez marché à pied sec sur les flots, qui avez tendu une main secourable à saint Pierre en danger de se noyer, et préservé trois fois saint Paul du naufrage, protégez-nous contre cette mer en fureur, et conduisez-nous promptement au terme de notre voyage, pour y déposer le précieux trésor que nous portons. »

Il avait à peine achevé sa prière, que du sein d’un nuage lumineux descendit une colombe blanche comme la neige qui vint se percher sur la poupe du navire, et s’y tint immobile jusqu’à ce qu’étant entrés dans l’Océan, les pieux navigateurs eussent atteint le rivage d’Aquitaine. Aussitôt qu’ils aperçurent la terre, ils dirigèrent leur barque vers le port d’Angoulins, sur la cote de l’Aunis. Après être débarqués sur le rivage, ils se reposèrent un peu, puis se mirent en marche, ignorant encore ou le ciel les conduirait.

C’était le temps où, fuyant leurs climats sauvages, et poussés par la soif du butin, les pirates Scandinaves commençaient è venir sur les côtes de l’Occident chercher de l’or et du soleil. Lorsque les sept religieux débarquèrent sur le rivage d’Angoulins, une sanglante bataille venait d’avoir lieu entre les pirates du Nord et le roi d’Aquitaine. Tel avait été le succès des armes de Peppin, que pas un pirate n’était échappé au carnage, et que le monarque n’avait perdu que vingt de ses gens. Après cette victoire signalée, Peppin, ayant rassemblé ses guerriers et fait asseoir son camp non loin du champ de bataille, s’était endormi profondément sous sa tente.

Au plus fort de son sommeil, une voix se fit entendre à son oreille : — « Paresseux, lui cria-t-elle, pourquoi dors-tu ? Apprends que le chef du grand saint Jean-Baptiste, apporté du fond de l’Orient, vient d’arriver en ces lieux, et que c’est par son mérite que Dieu t’a donné la victoire sur tes ennemis. — Seigneur, que faut-il faire, demanda le roi endormi, et où trourerai-je ce grand saint ? » la voix reprit : — « Derrière ton camp s’avancent sept religieux en habits de pèlerins : marche à leur rencontre en grande humilité, reçois de leurs mains la sainte relique, et tu connaîtras bientôt la puissance de Dieu. »

Cependant les moines étaient arrivés à deux milles du rivage de la mer, lorsqu’ils virent la terre jonchée de cadavres. Félix fut d’abord saisi de frayeur ; mais, se remettant bientôt, il encouragea fies compagnons, et poursuivit sa route par des sentiers détournés. Sur le soir, ils bâtirent une cabane de feuillages, et y passèrent la nuit.

Le lendemain au matin, lorsque le roi d’Aquitaine fut réveillé, il se rappela les paroles qu’il avait entendues pendant son sommeil, et consulta un vieillard sur ce qu’il convenait de faire. Il fut décidé que le prince déposerait ses ornements royaux, revêtirait un ci lice, et irait, suivi de ses officiers, comme lui pieds nus et couverts de cendre, au-devant des serviteurs de Dieu.

Lorsque Félix vit arriver le roi dans cet humble appareil, il marcha à sa rencontre, le salua, lui donna le baiser de paix et lui fit connaître l’objet de sa mission. Alors tous deux se mirent dévotement en prière, et le moine, élevant sur ses bras la glorieuse relique, entonna un hymne auquel les autres religieux répondirent en chœur. Au« bruit de ce pieux concert, toute l’armée accourut au nombre de trente mille hommes. Les soldats, portant sur des litières les cadavres de leurs vingt compagnons d’armes tués dans le combat de la veille, se mirent à prier Dieu de rendre la vie à ces corps inanimés par l’intercession de son saint Précurseur. En même temps ils les approchèrent, l’un après l’autre, de la chasse où était renfermé le chef du martyr. O prodige ! à peine les cadavres eurent-ils effleuré le précieux reliquaire, qu’ils se dressèrent soudain, comme s’ils se fussent éveillés d’un profond sommeil.

A la vue d’un miracle aussi éclatant, toute l’armée jeta un cri de joie et d’admiration. Les moines, portant la sainte relique, se mirent en marche, suivis du roi et de tous ses guerriers. Ils arrivèrent ainsi à un lieu nommé Voutron, d’où ils gagnèrent bientôt, à travers les marais de Mathevaulx, le château d’Angéry.

Le sacré chef fut déposé dans la chapelle du château, dédiée à la Vierge. Bientôt après s’éleva au bord de la Boutonne une église où la relique du bienheureux fut enfermée, avec des parfums, dans un ciboire décoré de six colonnes en marbre et scellé avec de la poix. Auprès de cette basilique fut institué un nombreux couvent de religieux, pour desservir à perpétuité l’autel du Précurseur de Dieu.


[1Mouy. Nous avons déjà parlé à diverses reprises de Louis de Vaudray, seigneur de Mouy.
Après la bataille de Moncontour, où il commandait l’arrière-garde, Mouy fut laissé à Niort par l’amiral, et chargé de défendre cette ville contre les attaques des catholiques. Assiégé bientôt par l’armée victorieuse du duc d’Anjou, après une héroïque résistance, Mouy voulut faire une sortie pour reconnaître la position des ennemis, et fut alors (comme nous l’avons déjà dit) assassiné par Maurevel, qui le blessa à mort d’un coup de pistolet dans les reins.

Mouy se fit transporter à Saintes, annonça à l’amiral et aux princes la prochaine reddition de Niort, et se retira à la Rochelle, où il mourut peu de jours après.

[2Les Princes. L’auteur veut parler ici de Henri, roi de Navarre, qui fut plus tard Henri IV, et de Henri de Bourbon, prince de Condé, chefs, avec l’amiral Coligny, du parti protestant.

[3Piles. Armand de Clermont, Sgr de Piles, gentilhomme du Périgord. Nous avons déjà dit quelques mots de lui à propos de la présence de son régiment à Moncontour ; mais, comme nous l’avons observé, il ne s’y trouvait pas, car, blessé au siège de Poitiers d’une arquebusade à la cuisse, il s’était retiré à Saint-Jean-d’Angély pour s’y faire traiter, et en fut nommé gouverneur par l’amiral, qui se retirait à la Rochelle après la défaite de Moncontour.

[4Les Essarts. Il y a dans les environs de Dompierre-sur-Boutonne une seigneurie de ce nom, qui appartenait à la famille Le Ferron. C’est probablement du possesseur de cette terre que l’auteur vent parler.
La terre des Essarts en bas Poitou était, à cette époque, possédée par Sébastien de Luxembourg, comte de Martigues.

[5La Personne : D’une famille de l’Aunis qui a marqué dans nos guerres de religion. Massiou, dans son Histoire de Saintonge, dit que Piles avait pour toute garnison 600 arquebusiers, 60 cuirassée et quelque noblesse. A ce nombre il faut ajouter les 30 mousquetaires et les 30 bourgeois que le capitaine La Personne y fit entrer.

[6Landes : Château situé à une lieue au nord de Saint-Jean-d’Angély. Le roi y séjourna tout le temps que dura le siège.

[7Cette batterie était placée sur un coteau planté de vignes, appelé les Justices, et composée de huit pièces de canon.

[8Larrial : Jean Larrial fut un des chefs protestants qui en 1602 saccagèrent l’abbaye de Saint-Jean-d’Angély.

[9Guitinière : Nous avons déjà parlé, au sujet du siège de Poitiers, de ce chef catholique.

[10Montesquiou : De la femille de Montesquiou., dont l’un des membres (les historiens ne s’accordent pas, à cet égard ) tua le prince de Condé à la bataille de Jarnac. Ce Montesquiou était de la branche de Marsac, et fils d’Antoine de Montesquiou et de Françoise d’Espagne.

[11La Taillée, gentilhomme poitevin : Jean Gascougnolles, Sgr de la Taillée près Niort, servait au ban de 1533 sous le nom de seigneur de la Taillée.

[12Saint-Surin : Charles de la Mote, Éc., Sgr de Saint-Surin.

[13Le comte de Martigues. Sébastien de Luxembourg, Sgr des Essarts en Poitou, comte de Martigues et gouverneur de Bretagne. Au moment où, penché sur un canon, il le pointait lui-même, une balle d’arquebuse, faisant ricochet sur la pièce, le frappa à la tête, et l’étendit mort au pied de l’affût. Ainsi périt, dit l’Estoile, ce grand chef de guerre, qui entamait tous les combats difficiles, et à qui rien n’était dur et hasardeux. Après la prise de Saint-Jean, le gouvernement de Bretagne fut donné par Charles IX au maréchal de Vieilleville, pour le récompenser de l’heureuse issue du siège. Mais, quelque temps après, et sur les instances du duc de Montpensier, Charles IX eut la faiblesse de retirer à ce vieux guerrier cette charge honorable, et de l’échanger contre une gratification de 10,000 écus d’or. Le maréchal, dont le désintéressement était connu, refusait cette somme, qu’il regardait comme un honteux dédommagement de la charge qu’il perdait, lorsque le messager (du Perron) lui remit une lettre du roi ainsi conçue : « Si M. le maréchal refuse les dix mille écus que je lui envoie, il peut bien se confiner pour jamais en sa maison, car plus ne l’aimerai de ma vie, et le bannis éternellement de ma compagnie. Le maréchal, en présence d’une telle lettre, ne put que baisser la tête et accepter les 10,000 écus d’or.

[14Le triomphe de la prise de Saint-Jean-d’Angély fut souillé par la violation du traité de capitulation. La garnison fut en partie massacrée par les soldats mêmes de l’escorte, malgré le sauf-conduit du roi, et malgré les efforts du duc d’Aumale, de Biron et de Cosseins, qui criaient à leurs gens, sans pouvoir s’en faire écouter, que la honte d’une pareille perfidie ne s’effacerait jamais

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