De la graphie "Xain(c)tonge"

D 15 février 2017     H 12:34     A Christian     C 0 messages A 481 LECTURES


En 1568, dans L’Antiquité de Saintes et de Barbezieux (§ 6), Élie Vinet dénonçait la corruption du nom Santones « par deux sortes de gens. Premièrement par ceux qui ont songé qu’il serait beau que les Saintongeois eussent pris leur nom de la rivière de Troie nommée Xanthus, comme étant venus de là en la Gaule, aussi bien que les Français s’en furent de là en Scythie et autres en Italie ; et ainsi on dit Xanthones, Xaintonge, Xaintongeois et Xaintes (…). Secondement par ceux qui ont à Saintes trouvé grand nombre de saints qui s’appellent sancti en latin ; et pour ce ont dit Sanctones et Sainctonge et Sainctongeois et Sainctes. Et finalement par ceux qui ont amassé ensemble ces deux rêveries, et ont écrit Xanctones et Xainctonge et Xainctongeois, et Xainctes, sans y prononcer ni X, ni C. »
« Voilà, ajoutait-il, de quoi servent les belles et fines inventions de certains clercs qui se trouvent quelquefois l’année à déloisir [oisifs], entre les plus ignorants. »
Dans une étude parue en 1910 dans le Bulletin de la Société archéologique et historique de la Saintonge et de l’Aunis, Charles Dangibeaud confirme l’indépendance de ces deux altérations, survenues d’ailleurs à des dates relativement éloignées – l’inscription SACTNOS sur une monnaie gauloise étant d’interprétation douteuse, le c, ou plutôt le digramme ct serait apparu au IVe siècle et le X au XIe siècle seulement. On ne donne ici que les quatre premiers cinquièmes à peu près de ce travail, auquel on pourra se reporter notamment pour avoir la liste des formes constatées entre 845 et 1200.
D’autre part, l’auteur ne mentionnant qu’en passant, comme chose bien connue, la légende des origines troyennes de Saintes, on en traitera dans un autre article, celui-ci étant déjà passablement long. Mais que l’analyse de ces fantaisies orthographiques ne détourne surtout pas le lecteur de la courageuse revue Xaintonge, dont on recommande au contraire le dernier numéro, consacré à la haute vallée de la Charente !

Sur l’orthographe du mot Xainctes

Une quarantaine de communes, en France, réparties plus particulièrement dans trois départements de l’Est, clairsemées dans les départements de la Charente, Charente-Inférieure, Gers et Lot-et-Garonne, prennent un X au commencement de leur nom. Un plus grand nombre admet cette lettre dans le corps du mot, quelques rares noms de famille [1] et de baptême débutent par un x. Si nous remontions le cours des siècles, les livres, les fiefs, les actes des XVIIe, XVIe, XVe siècles nous aideraient à former une longue liste. Les noms de Xavier, Xaintrailles, Sanxay, Auxerre, Xaintrie, Saint-Maixent, viennent à la mémoire de tout le monde. Les Charentais connaissent bien Xandreville, Xambes [2], Saint-Xandre [3] ; les Saintais Xainctes, devenu Xante sous l’ère républicaine, forme à laquelle on s’empressa de renoncer dès 1796. L’x disparut alors pour toujours du nom de la ville.

Je me propose de rechercher à quelle époque il y fut introduit et les causes qui déterminèrent cette introduction. Mais auparavant examinons le C.

Les monnaies gauloises nous fournissent la plus vieille orthographe du nom du peuple d’où notre ville a tiré le sien. La plupart portent SANTONOS, SANTONOC. Les catalogues citent un SACTOS [en fait SACTNOS comme il est écrit plus loin, avec le t pris dans le n renversé. NDLR] [4]. Le mot est important. Les auteurs grecs et latins, les inscriptions [5] emploient invariablement Santonoi [6], Santoni, Santones. Certains manuscrits d’Ausone contiennent Sanctonica [7]. La Notice des Provinces, rédigée vers la fin du IVe siècle ou au commencement du Ve, écrit Santonum, Sanctonum [8] ; Ammien Marcelin Santones ; le géographe Ethicus (milieu du Ve siècle) Santones [9] ; Grégoire de Tours, les évêques de Saintes qui souscrivent aux conciles d’Orléans (541 et 549), de Paris (573) [10], les monétaires mérovingiens [11] écrivent tantôt avec c tantôt sans c. Tous les historiens, tous les scribes des siècles suivants en font autant [12], les uns se conformant plus ou moins consciemment à une tradition séculaire et peut-être populaire, qui admet c, les autres la rejetant comme vaine, parce que cette lettre n’avait aucune valeur phonétique [13]. Elle ne se prononçait pas, en effet. L’extrême rareté du c dans les légendes gauloises fait croire qu’il en était déjà ainsi avant l’occupation romaine. César, qui fut bien placé pour connaître la bonne prononciation, n’a jamais mis de c à Santones [14]. Il semblerait que le retour de cette lettre coïncide avec l’abandon de la toponymie romaine (IVe siècle), c’est-à-dire avec le moment où les villes ont pris des noms tirés des anciennes peuplades [15].
L’habitude du c à l’intérieur de certains noms propres, muet autant que le précédent, s’est maintenue très longtemps. Alcuin écrit tantôt Angilbertus, tantôt Angilberctus [16], le Polyptyque d’Irminon Childebertus, Childeberctus... etc. Il en était encore de même au XIe siècle. La Revue Bénédictine a publié [17] un martyrologe où les mots Britania sont orthographiés avec un c ou avec deux t. Les scribes du moyen âge écrivaient nichil, nichilo, au lieu de nihil, nihilo. Au XVe siècle on écrivait mectre venant de mittere et nous avons conservé la fantaisie inventée par les érudits du XVIe siècle, Scier, Sceau [18].
En somme, Santonæ, Santonas est l’orthographe rationnelle, Sanctonæ l’orthographe traditionnelle. L’une et l’autre eurent leurs partisans. Au point de vue phonétique pratique, il n’existe aucune différence entre elles.
Cette constatation a une grande importance, parce que, depuis plusieurs siècles, on s’est habitué à expliquer la présence d’un c dans Sainctes, Xainctes, par une assimilation avec Sanctus. C’est une erreur. La légende gauloise SACTNOS remonte à un temps où les saints n’existaient pas. Par conséquent, on ne peut invoquer Sanctus pour déterminer l’étymologie du nom de Saintes. On le peut d’autant moins que vraisemblablement chez les Romains, le c de Sanctus se changeait en t dans la prononciation. Aujourd’hui, l’italien et l’espagnol, plus conservateurs des traditions latines que nous, disent Santous et écrivent quand même Sanctus. L’a est ouvert et la nasale peu appuyée, t l’est beaucoup plus, de sorte que l’oreille entend Santtous. À remarquer qu’un espagnol donne à cet a un son voisin de e : Senttous.
Les étymologistes du moyen âge n’ont pas cru précisément à cette origine, ils ont cru à Sanctæ pris dans le sens de reliques. Tote l’Histoire (XIIIe siècle) ne parle pas de Sanctus mais de « miracles que des fazeit par ices glorios martyrs…e gardas la vile e de qui, en avant, fut apelea la citez Xainctes [19] ». Le surnom de Xaintes n’est pas venu de Sanctus à Saint-Vincent, près Dax, ni d’une origine saintaise, comme on l’a dit longtemps, mais de Santes, c’est-à-dire de reliques [20]. Qu’au cours des siècles, l’oubli de la réalité, l’ignorance des hommes, et l’homonymie aient inspiré aux Saintongeais l’étymologie par Sanctus, c’est indéniable. Au XVIe siècle, du temps d’Elie Vinet, c’était une des deux versions admises [21]. Elle a persisté. Mais aujourd’hui, mieux instruits d’une quantité de choses du passé que les plus érudits du moyen âge, nous n’avons plus le droit de nous contenter à si bon marché. Sanctus ne pouvait pas donner Saintes ; il aurait fait Saint. Je doute, d’ailleurs, qu’en France il ait existé une localité ayant porté le nom de Sanctus tout court, c’est-à-dire sans être associé à un nom d’homme ou de femme. Les premiers noms de Saints donnés à un bourg remontent au Ve siècle seulement. Sains, en Picardie, vient de Sanctense monasterium [22] ; le Saintois, dans la Meurthe, se nomme en 960 Sanctensis après Suetensis en 661 et Suentissiorum comitatus [23] ; Saintes, dans le Brabant, est sorti de Sanctæ [24], Xanten, dans le duché de Clèves (Allemagne du nord) de Santena issu de Sanctos [25] ; Sanctius variante de Sancius a donné Sanche [26] ; Sanctiacus, Sanciacus s’est traduit par Sansac. Santonas, enfin, Sanctonas, Centonas [27] est passé sans changement dans Santonax (Jura).
Notre Sanctonæ, issu du gaulois Santonos, a évolué davantage, mais normalement sans qu’aucune loi phonétique ait eu besoin d’intervenir pour faire tomber le c, comme pour Sanctus, punctum, junctum. Cette lettre ne s’étant jamais prononcée dans ce mot était en réalité purement orthographique ; beaucoup ne l’écrivaient pas. Santonæ a dû donner d’abord Santes comme Uxantis a donné Ouessant, Santolium, Sanctolium Santeuil. Nous ne connaissons pas de forme vulgaire ou française antérieure à la fin du XIIe siècle. Saintes est écrit plusieurs fois dans la chanson de gestes de Li Covenans Vivien, et Santes se trouve dans celle des Aliscamps [28]. Il est toutefois admissible que le mot du commencement du siècle ne différait guère de celui de la fin.
Par un phénomène concomitant, Sanctus évoluait, modifiait son c et devenait Santus [29], Sant, Sain, Saint. Les troubadours écrivent généralement Saint et Sainte... Dans Parize la Duchesse (XIIe siècle) on lit San, Sain, Saint. La ressemblance entre les deux mots était trop frappante pour qu’une assimilation ne se produisît pas fatalement. Notre Santes a dû se confondre de très bonne heure avec le mot Sant, d’usage journalier et suivre les métamorphoses de ce dernier. Le traducteur français des Chroniques de Saint-Denis se sert de Saintenois (liv. V, § IX) et de Saintes ; l’auteur de Tote l’Histoire emploie Xanctes et Xainctes, Sainctes, Saintes [30], mais à son époque le mot avait reçu sa formation définitive ainsi que nous allons le voir.

Il ne peut plus être question d’un ancêtre gaulois pour déterminer l’origine de l’X. Cette lettre n’apparaît qu’au XIe siècle, mais dans des conditions très discutables et ne se fixe qu’au XIIe siècle.
Si nous nous contentions des apparences, l’x dans Xantones remonterait à César qui, d’après les éditions du de Bello gallico des XVe, XVIe siècles et deux siècles suivants, l’aurait écrit ainsi au livre VII, § 75. C’est une erreur, contre laquelle Joseph Scaliger protestait (sans oser cependant la corriger), et que Bourignon condamnait encore à la fin du XVIIIe siècle [31]. Les éditions modernes les mieux établies — celle de Dübner notamment— ne reproduisent pas cette graphie, même en variante, et la vérification faite sur les plus vieux manuscrits de la Bibliothèque nationale [32] autorise à penser que César n’a jamais écrit par un x le nom des Santons. Évidemment, nous ne connaissons pas son orthographe, mais il est certain qu’après avoir écrit Santones par un S en plusieurs passages, il n’a pas changé dans un autre chapitre de son histoire.
L’X apparaît tout d’un coup, au commencement du XIe siècle, dans deux chartes datées l’une de 1002 et l’autre des environs de 1028, ou plus exactement antérieure à 1030, année de la mort de l’un des personnages qui prennent part à l’acte. De la première, il n’y a rien à dire si ce n’est que, vu les nombreuses erreurs qu’on y relève, il vaut mieux la passer sous silence : c’est la charte de 1002 de la fondation de Bassac. La seconde donne lieu à une observation qui lui enlève une grande partie de son autorité.
L’évêque de Saintes Islon intervient dans deux chartes de l’abbaye de Savigny [33] ; il signe l’une episcopus Xanctonensis et l’autre episcopus sanctonensis.
Cette dernière signature me suggère l’idée que la première pourrait bien ne pas être authentique. La différence entre les deux textes n’aurait rien d’inquiétant si elle existait entre deux documents reproduits textuellement, mais l’un de ces actes n’est qu’une notice, c’est-à-dire une rédaction faite d’après la charte originale, longtemps après le commencement du XIe siècle, au XIIe siècle probablement, par conséquent à une époque où x avait remplacé s.
Le même soupçon d’infidélité d’orthographe plane, du reste, sur tous nos cartulaires. Ces compilations exécutées au XIIe et au XIIIe siècle, pèchent généralement par l’inexactitude de l’écriture des noms propres [34]. Les différentes copies contiennent des différences qui constituent les variantes. Où est la vérité ? Les chartes originales ont pour la plupart disparu, tout contrôle est donc devenu impossible. On est un peu embarrassé aujourd’hui de découvrir la vraie forme d’un mot. Les scribes ont ajouté aux fautes involontaires, inévitables de lecture et de transcription, des modifications personnelles, des déformations que l’on n’explique que par une « modernisation » [35] voulue de ces noms. Il est incontestable qu’un scribe du XIIe ou du XIIIe siècle qui rédigeait une notice d’après un document du XIe, avait tendance assez naturelle — et excusable, je l’avoue — à écrire les noms propres comme il avait appris à les écrire et comme il les écrivait journellement. S’il avait l’habitude d’écrire Xantonas ou Xanctonas, il était tout disposé à ne pas respecter le Sanctonas de l’original, et à corriger une orthographe qui devait lui paraître fautive. De là ces différences que nous constatons entre les copies de deux documents de même date, l’une textuelle où l’original est plus ou moins respecté, et l’autre en notice où le rédacteur n’a fait entrer en style moderne que la substance du vieux document.
Mettons en parallèle l’orthographe de la datation de la charte de fondation de l’Abbaye Notre-Dame à Saintes, en 1047. Comparons la copie de l’abbé Grasilier et celle de Mabillon dans ses Annales. Le premier écrit actum civitate Xanctonis, le second actum civitate Sanctonas [36]. En 1047, l’original portait l’un de ces deux mots ! Lequel ? Je pencherais pour Sanctonis ou Sanctonas.
Dans la charte de donation de la ville de Saint-Jean-d’Angely à l’abbaye de Vendôme, Besly transcrit Arnulfo Xantonensi episcopo, M. Musset, dans le cartulaire de Saint-Jean-d’Angely, Santonensi. La transcription de la charte de fondation de Vaux (1075) dans la Gallia met des X partout. L’abbé Grasilier n’en met nulle part, il écrit par S. Je crois qu’il a raison.
« Vétille ! me dira-t-on, que tout cela ! La valeur d’information du document ne change pas !... Il importe peu que le nom de la ville de Saintes soit écrit par un x ou par un s. Personne ne s’y trompera ! ». D’accord. Mais, si on se place au point de vue spécial qui est le nôtre, nous avons le plus grand intérêt à consulter un texte fidèle.
Si on examine les deux listes que j’ai dressées avec le plus de soin possible, d’après des textes à date exprimée ou à date très probable, et en écartant les notices, presque toujours à dates vagues, on voit qu’au XIe siècle et jusqu’au second quart du XIIe, les Sanctonas, Sanctonensis ont la majorité sur les Xanctonas. C’est le contraire à partir de 1125 environ. On doit donc conclure que si x initial a pu débuter vers le milieu du XIe siècle, il n’a pris possession définitive de sa place qu’au deuxième quart du XIIe siècle. L’s n’a pourtant jamais complètement disparu ; on la retrouve à tous les siècles, de même que le c. L’un et l’autre conservèrent des partisans convaincus et rencontrèrent des détracteurs non moins convaincus.
Elie Vinet est plein de dédain pour l’x [37], Joseph Scaliger le qualifie d’absurde [38], Dadin d’Hauteserre [39] ne connaît que s, Bouchet [40] tient pour x, Besly [41], Armand Méchain [42] n’acceptent que Saintes, Sainctes.

On a déjà compris quelle est la valeur pratique de x. Il prend la place de s, sonne comme elle, n’apporte aucune consonance nouvelle. Rien n’est changé dans la prononciation, seule la graphie est modifiée. Elie Vinet le dit formellement ; ne l’aurait-il pas dit, nous l’aurions découvert sans longues recherches. À Rome, au IIIe siècle, dans les catacombes, la formule ad xanctos équivaut à ad sanctos [43]. Commodianus, poète de ce même siècle, a écrit, entre autres poésies bizarres, une pièce dont chaque vers commence par une lettre de l’alphabet, à sa place naturelle. Arrivé à x, il a choisi un mot sur la prononciation duquel nous ne pouvons avoir de doute, Xanta Dei lex est quæ mortuos vivere docet [44].
Au Concile de 314 de Néocésarée on voit Xantulus seu Sanctus [45]. L’anonyme de Ravenne écrit par un X un mot que d’autres ont écrit avant lui par S, Xantica [46]. Le nom du pape Xystus — devenu plus tard Sixtus par une transposition que la prononciation explique —. s’écrivait, sur les murs des catacombes, Systus, Sustus. En Gaule, les noms de lieu, Uxellodunum, Lexovium, Uxantis, ceux des divinités topiques, Xuban, Ulohoxis, Ilixoni, les noms de personnes, DIVIXTA (inscription à ce nom à Saintes), SAXXA, SEXTILIA, CRAXXILVS, et bien d’autres attestent que les Gaulois employaient beaucoup x dans leur écriture, avec une prononciation peu éloignée probablement du son de s dure. L’usage s’en est transmis au moyen âge : les noms Sextarium, Exartum (Essart), Exagium, Xenodochium écrit aussi cenodochium, Xeranpelinos (1073), exclusa, chez nous les noms Exolvertum (Essouvert), Sanctus Maxentius qui se prononce aussi Saint-Maissent, et d’autres noms semblables, Sanctus Superius (1113), et Sanctus Exuperius (1173-1180), Sanctus Xantus (1073), le même que Sanctus Sanctinus, ne laissent aucune hésitation sur la valeur phonétique de x. Cette valeur diffère à peine avec les régions. Dans l’Est, elle équivaut à ch sous l’influence du voisinage allemand [47].
Comment expliquer la substitution de x à s ? Très simplement je crois. Au temps d’Elie Vinet, certains savants faisaient venir x de Xanthus [48]. La fable est connue et jugée, je n’insiste pas.
Il est inutile de demander à une loi phonétique le mot de l’énigme. Les maîtres l’ont tenté et n’ont rien trouvé [49]. Il ne faut pas penser à faire l’hypothèse d’une tradition. Rien ne l’autorise, rien ne lui donne un semblant de vérité. Personne ne peut dire que les Santons employaient l’x initial pour leur nom. Nous savons même le contraire, puisque dans les inscriptions où le nom de Santonus est écrit en entier ou abrégé, le graveur a toujours mis un s [50]. Personne ne peut supposer que les Mérovingiens aient modifié l’orthographe. Les monnaies donneraient un démenti.
Ceux qui écrivirent couramment au XIIe siècle (d’une manière générale, le clergé) le nom de Saintes en plaçant un X en tête, ont obéi au goût qui sévissait alors, et depuis longtemps, pour les lettres rares de l’alphabet. L’habitude de prononcer x comme ç devant une voyelle palatale, ou comme ss dans une quantité de mots, a dû fournir le prétexte ou la justification de la modification. Mais, à mon avis, la nouvelle graphie n’aurait pas eu le succès persistant qu’elle obtint, en dépit d’une certaine résistance d’une partie des lettrés du temps, elle n’aurait eu la durée que d’une fantaisie [51], si elle n’avait pas répondu à la tendance de l’esprit de l’époque très entiché de subtilité et de préciosité, accusé au même temps par un certain maniérisme en sculpture (— par exemple les portails de Fenioux, d’Argenton et de Blasimon, avec leurs longues figures de femmes et d’anges contournés —), la querelle des universaux, et un peu plus tard l’amour quintessencié des troubadours.
Y a été plus répandu, et s’est introduit dans des mots où nous avons peine à comprendre pourquoi : Ypogeis [52], Cymeterio, Ydolis, Ymago, Tyberim, Sancti Yppoliti [53], Yspania [54], Ydus, Ymmus, Ypodromos, Yppocrates [55], etc., et tous les noms propres des chansons de gestes dont la longue liste a été dressée [56] par M. Langlois.
X initial est encore rare [57] alors que Y s’est emparé de beaucoup de mots au XIe siècle, mais une fois introduit, il se multiplia à l’excès au point de devenir tout aussi abusif que y [58]. Xanctonas ou Xantonas, Xantonensis appartiennent certainement au début de cette mode. Cette orthographe devint un exemple remarquable de l’emploi de x car un des plus vieux lexiques latin-français connus [59] (commencement du XIVe siècle), cite Xantonia Saintoyge, parmi les rares noms écrits par x initial, qu’il donne. Notre toponymie régionale ne l’adopta pourtant pas de suite, la graphie Xancton date de 1200 [60], celles de Xandre, Xancayo, Xanceyo, Xanssay (Sanxay) [61] du commencement du XIVe siècle seulement et surtout du XVe. Je ne doute pas que ce ne soit en imitation de Xanctonas, Xantonensis qui étaient alors d’écriture courante. Les pays voisins [62] n’en usèrent guère beaucoup plus tôt. Xaintrailles s’écrivait Seyntaralha (en 1343), Sainctes Trailles, Sentrailles [63]. Le célèbre compagnon de Jeanne d’Arc signait Ponton tout court. Xaintrailles n’est encore qu’une orthographe exceptionnelle au temps où le vaillant capitaine l’illustrait. Auxerre est relativement moderne.
Les nombreuses localités de l’Est n’ont pris x qu’à partir des XII-XIIIe siècles, Saintes belge au XIVe.


Voir en ligne : Charles Dangibeaud, "Sur l’orthographe du mot Xainctes"


[1P. Xantus, sacerdos (1176), Archives hist. de la Gironde, t. XXX, p. 5 ; Marestain de Santon ou Xanton (1351), Archives de la Saintonge, t. XXIV, p. 134 ; la famille de Xainctonge, originaire d’Orléans, qui donna des conseillers au parlement de Dijon, et Anne de Xainctonge, fondatrice des Ursulines de Bourgogne (1567-1621) ; Xanson de Bello loco (1205), Archives de la Saintonge, t. I, p. 35 ; la famille de Sentonge, Xantonge, Sanctongerii, à Agen (1345), Jurades de la ville d’Agen.

[2A succédé à Jambes, Chambes, venant de Sembæ, qui descendrait de Centum bonum

[3Forme moderne de Saint-Sandre (1259-1332) ; Teulet, Layettes, t. III, 4586 ; Archives de la Saintonge, t. XXIV, p. 80. Sandre = Candre, Candidus.

[4Muret et Chabouillet, Catalogue des monnaies gauloises, p. 101. Quelques numismates doutent que Santonos soit un nom ethnique : ils en font un nom d’homme. La légende Arivos Santonos me paraît cependant désigner un Santon. Cf. A. Blanchet, Traité des monnaies gauloises, I, p. 80 et A. de Barthélemy, Revue numismatique, 1885, p. 154.

[5Notamment la belle inscription du Santon Macer au musée de Saintes.

[6En caractères grecs. NDLR

[7Holder, Alt-celtischer Sprachschatz.

[8Historiens des Gaules, t. II, 3, 6, 8. Desjardins, Table de Peutinger p. 38, dit que ce mot existe dans quinze manuscrits. La Table (copie du XIIIe siècle) contient Sancorum.

[9Edit. Panckouke. M. Deloche dans Revue archéologique, 1812, p. 248, imprime Sanctones.

[10Sirmond, Concilia antiqua, t. I, p. 285, 352 ; Labbé, Sacrosancta concilia, t. V, p. 398, 920

[11M. Prou, Les monnaies mérovingiennes, p. 452.

[12Eginhardt, Frédégaire, le moine Sigebert, Richard le poitevin, Foulque comte d’Anjou, Suger, Orderic Vitalis, Adhémar de Chabannes, la chronique de Maillezais, les Gesta consulum andegavorum, etc., écrivent Santonas, Sanctonas. L’anonyme de Ravenne (VIIe siècle) conserve le nom de Mediolano Santinis (Edition Pinder, p. 297).

[13Elie Vinet le dit formellement. Ausone, commentaire sur l’épître XI. L’antiquité de Saintes et Barbezieux, § 6.

[14Autant qu’on peut juger de l’orthographe de César, bien entendu, d’après les manuscrits qui nous sont parvenus.

[15Vers cette même époque on voit revenir dans les inscriptions xs abandonné depuis trois siècles. Cf. dans Revue des Etudes anciennes, t. XII (1910), p. 60. Courteault, Inscription chrétienne du cimetière primitif de Saint-Seurin.

[16Lettres LXV, LXXII, LXXXIV. Bien que ces noms aient une origine germanique connue, je les cite à titre d’exemple de prononciation.

[17Octobre 1909.

[18On pourrait citer bien d’autres anciens exemples où le c est muet : profict, les arcs qui se prononçaient les ars en parlant de nos arènes. Bourc, practique, estomac, blanc. En Saintonge, le c final est muet ou se transforme en t à peine sensible. Cognac, Jonzac, Jarnac, Gemozac, se prononcent Cogna ou Cougna, Jonza, Gemonza avec a bref ou aspiré, quelquefois, Cougnat ou Jonzat.

[19Edition Auracher, p. 25.

[20Abbé Degert, Histoire des évêques de Dax dans Bulletin de la Société de Borda, 1899, p. 98, voyez plus loin.

[21Cf. son Ausone (loco citato) et L’Antiquité de Saintes et Barbezieux, § 6. L’autre version est celle tirée de Xanthus, fleuve.

[22Sains prétend tirer son nom du tombeau avec statues recouvrant les reliques de trois saints, qui existe dans son église.

[23Lepage, Dict. topographique de la Meurthe, p. 122.

[24Je dois à l’obligeance du R. P. Poncelet, de la société des Bollandistes, le renseignement suivant : « La forme Sanctis est la plus ancienne et la plus fréquente (Polyptyque de Lobbes, fin du IXe siècle, charte de Gérard de Cambrai (1083), lettre d’Innocent II (1131), d’Eugène III (1158), le tout dans Ch. Duvivier, Recherches sur le Hainaut ancien ; et en français Saentes 1092, lettre de Gérard de Cambrai (Ibidem, p. 458). Avec l’X je ne connais que le texte du XIVe siècle, cité dans les Acta Sanctorum, juillet, tome IV, p. 173, n° 2. »
M. l’abbé Warichez, le savant auteur d’une histoire de l’abbaye de Lobbes, me dit qu’à son avis le plus ancien nom de Saintes belge serait Nachtinas en 866 (Bull. de la commission royale de l’Hist. de Belgique, 1909, descriptio villarum) ; les copistes anciens du Polyptyque traduisent Nahtinas (sic) Sive ad Sanctas. Un manuscrit plus récent du Polyptyque de Lothaire (868-69) qui a pour caractéristique de fractionner les domaines, sépare les deux termes Gnactinis (sic) et Sanctis cum appenditiis. Un hameau de Saintes a continué à s’appeler Quenestinnes, de l’ancien vocable, et le gros de la localité est devenu Saintes.

[25Perth, Monumenta Germaniae historica, tome II, Annales Xantenses. Sanctos se prend ici dans le sens les saintes reliques. Sanctos, les saints, qui sont représentés par leurs reliques.
Santena est pour Santana, Sainte, dont on connaît des exemples romans.

[26C’est pourtant Sanctius que certains latinistes du XVIIe siècle ont choisi pour traduire le nom du fameux évêque d’Evreux, Claude de Sainctes. D’autres ont forgé Sanctasius. Cf. Bayle, Dictionnaire.

[27Cartulaire de l’abbaye de Savigny, publié par Aug. Bernard.

[28Edition Guessard, p. 81.

[29Cf. pour la Saintonge, Archives de la Saintonge, tome XXX. Cartulaire de Saint-Jean d’Angély, Santum Joannem (1060-1091), ch. 4, 29, 39, etc. ; Santi Fælicis, ch. 8.

[30Mss. Lee et, pour Sainctes, mss. 5714, voir l’édition Bourdillon. Xanctes se retrouve au XVe siècle à Saintes, Archives de la Saintonge, t. I, p. 75.

[31Recherches, p. 11, note. Le Dictionnaire de la langue latine du Dr G. Freund, traduction Theil, 1862, l’indique encore. Mais Holder n’en parle pas avec raison.

[32Cette vérification a été faite par M. C. Jullian à qui j’exprime ici ma bien vive reconnaissance.

[33Chartes 633 et 889 (notice). Cette dernière est datée de 1100 circa, erreur d’autant plus inexplicable — d’où qu’elle vienne, du cartulaire ou de l’éditeur — que dans la charte 633, bien datée « vers 1028 », comparaissent les mêmes personnages : Islon, évêque de Saintes ; Godefroid, archevêque de Bordeaux ; Rohon, évêque d’Angoulême ; Arnaud, évêque de Périgueux ; vivant tous quatre entre 1000 et 1030. Le Recueil des Historiens des Gaules, tome XI, p. 548, la Gallia, tome IV, col. 263, ont reproduit ou fait allusion, à cette charte et mettent Santonensis et Sanctonensis.
Dom Estiennot, au contraire, met partout Xantonensis (Hist. des Gaules, tome XI, p. 199).

[34Cette observation s’applique encore aux Layettes de Teulet, qui fait remarquer lui-même que les chartes du XIe siècle publiées sont des copies écrites aux XIIe et XIIIe siècles, ce qui enlève toute valeur documentaire aux Xanctonensis qu’on y trouve. Les scribes ont substitué X à S.

[35Entre autres, voyez la graphie Sanctenis (1180). Xantenas, Xantenensis dans les chartes où Richard, comte de Poitiers, ou Alienor d’Aquitaine interviennent. Archives de la Saintonge, tome V, p. 22. Teulet, Layettes, tome I, p. 208.
Les monnaies de Saintes, Sanctinas, etc., sont de cette même époque. Je crois ces mots d’origine étrangère, peut-être anglaise.
Mas Latrie, Trésor de chronologie, cite Sanctianus et Santonius, sans dates.

[36Actum est civitate Xantonis, dit la Gallia, tome II, instrumenta, col. 457.
Mabillon paraît avoir tenu l’orthographe par x pour mauvaise, car je ne crois pas qu’il ait jamais écrit autrement que par S, Santonica, Santonas. Si l’on veut une nouvelle preuve du peu de fidélité de son orthographe, il faut prendre sa transcription du titulus de l’évêché de Saintes, du rouleau de l’abbesse Mathilde, morte vers 1113. Il écrit Santonicae Sedis (Annales, édit 1740, t. V, p. 655) ; or, la copie publiée par M. Léopold Delisle porte Sanctonice Sedis (Bibliothèque de l’Ecole des Chartes, t. VIII, 1846, p. 398) et Sanctonicae (Rouleaux des morts, p.235). Le seul texte que Mabillon ait publié avec x, c’est la notice de Fondouce. Il avait dû la recevoir ainsi.

[37Il se moque surtout de l’étymologie par sanctus et par Xantus, cf. Ausone, commentaire sur l’épître XI et l’Antiquité de Saintes. On a cherché à réunir les deux fables dans la devise de la province de Saintonge :
SANTONES A XANTHO NOMINA SANCTA TENENT
Vers faux du reste, jeu de mots absurde, car on ne voit pas comment un fleuve grec a pu donner des noms saints.

[38« Inepte quidem libri per x », dit-il dans l’index géographique de son édition de César de 1635.

[39Rerum Aquitanicarum libri (1648).

[40Annales d’Aquitaine.

[41Histoire des comtes de Poictou, 1647.

[42Histoire de Saintonge, 1671.

[43Rossi, La Roma Sotteranea Christiana, tome I, p. 337.

[44Instructiones, n° 35, dans Maximae bibliothecae veterum patrum supplementum (1677), tome XXVII, p. 16, et Ducange, Glossaire.

[45Labbé, Sacrosancta Concilia, tome I, p. 1488.

[46Edit. Pinder, p. 196.

[47Cf. dans Romania, 1908, p. 563, Muret, De quelques désinences de noms de lieu : l’auteur attribue à une infiltration allemande la substitution de x dans certains mots du Vaudois et du pays Saviesan.
En gascon x n’existe pas. Il se prononce ds ou z lorsqu’il est initial ; ts à l’intérieur ou à la fin des mots : Aletsandre. En supprimant x, on a abandonné la vieille orthographe qui donnait à x la valeur de ch. Cf. C. Dangé, Grammaire gasconne (dialecte d’Aire) dans Bullet. de la Soc. de Borda, 1905, p. 81, 82.

[48Le fleuve Xanthus a encore servi à expliquer Xanten. Cf. Ferrarius, Lexicon geographicum (1670).

[49Diez constate le fait sans l’expliquer, Grammaire des langues romanes, t. I, p. 429. Les grammairiens, du reste, ne se sont guère occupés de la question. Baudet Herenc, le Doctrinal de la seconde rhétorique, ne dit rien de x initial. Ewald Görlich dans Die südwestlichen Dialecte der « langue d’oïl » : Poitou, Aunis, Saintonge, ne fait allusion ni au c ni à x.

[50Par exemple dans l’inscription du musée de Saintes du soldat Santon, C. Julius Macer.

[51Par exemple, celle de doubler les f comme les Rôles Gascons où tous les mots Francia, Fulco sont écrits Ffrancia, Ffulco.

[52) Dom Martène, Thesaurus, tome IV. Acta concilii Romani, p. 111, pièce de vers de Bérenger.

[53Martyrologe pharpharense (XIe siècle) dans Revue Bénédictine 1909, p. 457, 458, 463.

[54Recueil des chartes de l’abbaye de Cluny, tome V, p. 346, 390.

[55Histoire de Richer (fin du Xe siècle), liv. V.

[56Table des noms propres dans les chansons de gestes. On sait que Y foisonna, aux XVIe, XVIIe et XVIIIe siècles : moy, roy, ay, amy, vray, etc.

[57Xuylleio 1051 (Meurthe, Dictionnaire topographique, par H. Lepage) ; Suleium 1168 ; Xuris 1022 (Ibidem), Scuris et Suris en 1103-1120. Sancteler, Xanteliers 1182 (Marne, Dict. top., par A. Longnon).

[58Par exemple, quand on écrivait Rouxeau pour Rousseau (XVe siècle), Xantier pour Sentier (aveu de 1506 pour un fief de Médis entre les mains de M. le curé de Médis), Xanson (Archives de la Saintonge, tome I, p. 35 et Obituaire de la province de Sens, tome I, p. 296).

[59Cité et analysé par M. Langlois dans Notices et extraits de manuscrits, tome XXXIII (1889), p. 250

[60Archives du Poitou, tome X, p. 7.

[61Diction. topog. de la Vienne, par Rédet.

[62C’est ce qui arriva pour Saint-Vincent de Xaintes près Dax. Cf. dans Archives de la Gironde, tome 37, Le livre noir et les établissements de Dax (XIII-XIVe siècles) los sans de moss Sen Bisens, Sent Bisens de Sanctes. L’orthographe Xaintes n’est venue que plus tard, quand on crut à la fausse origine saintongeaise de Saint Vincent. Cependant dans ce même Livre noir on trouve les noms de famille Petrus de Xainctes, Bitalis de Sainctes.

[63Rôles Gascons, et Quicherat, Procès de Jeanne d’Arc. Archives historiques de la Gironde, tomes XXX, XXXI et XXXII.

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