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Glossaire du français du 14ème siècle, dans les chroniques de Froissart - 1ère partie A - H

D 7 octobre 2009     H 20:54     A Pierre     C 4 messages A 7545 LECTURES


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Jean Froissart

"La vie est si entouillée que on ne la sait par quel coron destouiller." - La vie est si compliquée qu’on ne sait par quel bout la démêler.

Le français de Jean Froissart (né vers 1337 à Valenciennes - mort après 1404) vous déconcerte ? Pour vous "destouiller la vie", découvrez dans ce glossaire un vocabulaire oublié, et une langue française enrichie par ses échanges avec les autres langues d’Europe. Quelques mots ont parfois survécu dans des expressions locales, ou dans d’autres langues.

Cette première partie du glossaire (mots commençant par les lettres A à H) comprend 1110 mots.

2ème partie du glossaire

Source : Les chroniques de Sire Jean Froissart qui traitent des merveilleuses emprises, nobles aventures et faits d’armes advenus en son temps en France, Angleterre, Bretagne, Bourgogne, Escosse, Espaigne, Portingal et ès autres parties - T 1 - Jean Alexandre C Buchon - Paris - 1835 - Books Google

Les enluminures qui illustrent cette page proviennent d’une édition des Chroniques de Froissart conservée à la BNF (BNF FR 2643)

Glossaire des mots français du quatorzième siècle devenus hors d’usage au dix neuvième [NDLR et encore plus certainement au 21ème siècle], avec des exemples tirés uniquement des Chroniques de Jean Froissart.

A - 270 mots

A, Atout (avec)

Abaubir (déconcerter) – Et la regardoit le roi si ardemment qu’elle en devenoit toute honteuse et abaubie.

Able (habile).

Ablement (habilement,). - Combattant moult ablement

Abrocher ( éperonner fréquemment). - Les chevaucheurs chrétiens vinrent abrochant jusques a là.

Absol (absous). - Le roi de France les a absol de leurs mesfaits.

Abus (confus). - Adonc furent les inquisiteurs et le conseil tout abus. -Si fut tout abus.

Abusion ( tourment, persécution). - Tant de mérancolies et d’abusions le prirent et aberdirent de tous lez qu’il entra en une frénésie.

Abusquer [s’] (se heurter).

Acarger (charger). - Et apporter et acarger sur les fossés.

Acater (acheter).

Accointer et Accointoier (se faire cointe, élégant, beau).-Et pour eux ajoliver et accointoier.

Accoler (embrasser ; d’où accolade).

Accommencer (commencer).

Accordable ( qui peut être accordé).

Accoucher [se] (se coucher).- Le roi se accoucha malade. - Une maladie prit au connétable de laquelle il accoucha au lit.

Accouter (prêter attention).-A quoi ils accoutoient moult peu.

Accuse (accusation).-Et tout par accuse et par envie.

Acertener (assurer) - Ils furent informés et de vrai acertenés de la mise.

Acertes (sérieux, sérieusement).

Acesmé (paré).- Il n’y avoit en toute Gascogne écuyers si jolis, si beaux, si acesmés comme ils étoient

Acesmement (parure, ornement). - Au voir dIre c’était grand’beauté de voir leur contenement et acesmement.

Achapt (achat).

Achapter (acheter).-Afin qu’ils fussent achaptés bien et cher.

Acharter (transporter).

Achater (acheter)

Achèvement (exploit).

Achiévement (exploit).

Achoison (occasion, cause). - A petite achoison il a mist ses châteaux. - Je pris voie et achoison raisonnable d’aller devers, etc.

Achopper (trébucher.).-N’a pas métier, s’il se trouve eu bataille à l’encontre de nous, que son cheval achoppe, car s’il étoit pris, sa rançon ne seroit payée.

Acointer (devenir ami).

Acomminger (communier) - Et se acomingèrent les trois parts de l’ost.

Acomparager (comparer).

Acompter (songer).

Aconsuir (poursuivre, atteindre).

Aconvenancer (promettre, engager). -Le maronnier se aconvenança à lui.

Aconvoyer (accompagner).

Acoster (approcher). - Oncques charnellement messire Êdouard n’acosta à li.

Acoursé (d’un cours réglé).-Si le voyage y étoit acoursé, les chrétiens y viendroient communément.

Acquerre (acquérir).

Acreu (Obtenu à crédit ; d’accroire, confier).-Si ses gens avoient rien acreu, on seroit payé.

Adestrer (accompagner, être sur la droite). - Les seigneurs qui les litières de la roine et des dames devoient adestrer.

Adextrer (accompagner). - Le roi adextré de ses maréchaux.

Adhers (accusé).-Avant que Betisac fut néant adhers ni demandé.-Les amisses dont il est maintenant adhers et encoulpé.

Admirault (amiral).-Si fit dire à l’admirault et au connétable que ils. etc.

Adolé (attristé ; de dolere).

Adoubé (revêtu de toutes armes, offensives et défensives.). - Trente compagnons bien armés et adoubés.

Adoulé (attristé ; de dolere).

Adresse (direction, redressement).- En eux vous trouverez toute adresse. - Il savoit toutes les adresses et les torses voies.

Adresser (redresser ; et prendre la droite ; le même qu’adextrer). - Et adressèrent la dite dame, messire Eustache d’Aubrécicourt et messire Jean d’Évreux.

Aduré (endurci à la fatigue).-Un moult aduré écuyer, vaillant homme aux armes.

Advenist (advint).- Il convenoit que ce advenist

Advoer (avouer, approuver) – Vètre ! dit le maire, qui jà étoit advoé du roi.-Tous lui eurent en convenant de l’advoer.

Advoeson (bail donné à un avoué)

Aelle (aile). - Et supportoit dessus ses aelles ceux de Paris.

Aerdre [s’] (s’allier).

Affaité (rempli plus qu’au faîte). - Le roi et la roine d’honneur et de largesse étoient si pleins et si affaités.

Affaité (informé, mis au fait). - Donc envoya par messages sécrets et aflaités de ce faire.

Affellonnir (s’irriter). - Si lui engrossa le cœur au ventre et affellonit grandement

Affermer (conclure, signer ; d’on firm en anglais).

Afféroit [il] (il convenait ; d’afférir). - Trop bien savoit prendre où il appartenoit et remettre où il afféroit - Il affiert - Tant penser n’affiert pas à vous.

Affier [s’] (se fier). - Il s’affioit tant en sa puissance.

Affiner (finir). - Et auroit tôt cette guerre affinée.

Affoler et Affouler (estropier, maltraiter). - Il en tua douze tous morts, sans ceux qu’il meshaigna et affola. - Et en y eut pour ce parti plusieurs morts et affolés. .

Affourager (approvisionner de fourrages) - Et se pourroit-on émerveiller où on prenoit les fourrages pour affourager les chevaux.

Affrener (mettre un frein, retenir).

Affuir (fuir).

Agar (exclamation, pour : Voyez un peu ! On dit encore : Aga !) - Agar ! comme les Hainuyers nous réveillent !

Agré (gré).- Il vous vint en agré que vous partîtes.

Ahanier (laboureur, homme de peine, de ahan fatigue ). - Si montoient des chevaux des ahaniers qu’ils trouvoient sur les champs.

Ahatie (querelle, rencontre, fait d’armes). - Il fut informé par les hérauts de cette ahatie. - Et se devoit faire l’emprise et ahatie de cinq lances à cheval, etc.-Et fut la bataille prise par ahatie.

Ahatir [s’] et s’ahaiter (s’engager de querelle). - Les quels mineurs s’étoient ahatis qu’ils leur rendroient la ville dans quinze jours. - Par plusieurs fois nous sommes nous ahatis.

Aherdre ( lier, attacher, tenir ensemble, retenir). - Messire Hue et les autres s’aherdirent aux câbles et aux mâts. - Les chevaux ne se peuvent aherdre. - II n’y demeura guères longuement, que fièvres et maladies l’aherdirenL - Tous leurs ahers et alliés. - Et tous ceux qui s’étoient ahers et conjoints avec moi.

Ahéritance (héritage).-Et veux que ils scellent et accordent avecques moi cette ahéritance que je vous donne.

Ahériter (rendre héritier). - Pape Clément l’avoit revêtu du royaume et ahérité de Sicile - Et avoit intention le comte de Foix de ahériter ses deux fils bâtards de la graigneur partie de la terre de Béarn.

Aidable (dont on peut s’aider).- Ceux que vous nommez sont bien aidables et méritent d’avoir une partie du gouvernement de la ville de Gand. - Deux cents compagnons aidables.

Aigue (eau). - La nef fesoit aigue. - Et là entrèrent en attendant l’aigue.

Aimablement (d’une manière aimable).

Ainçois (plutôt).

Ains (avant).

Ains-né (né avant, aîné).

Air (courroux). - Tant prièrent et supplièrent ces douze bourgeois de Gand que le comte se refréna grandement en son air. - Brisez un petit la pointe de votre air.- Ce pape qui étoit tout enflé d’air et de maltalent.

Airé (courroucé).

Airement - Aussi noire que airement pour la fumée des tourbes qui s’y ardoient.

Aireux (emporté).

Aisé (disposé à, qui a la facilité de).- Le comte leur répondit qu’il n’étoit point aisé de venir à Tournay quant à présent – Les bonnes gens de Londres étoient bien aisés de ce faire.

Aisement (convenance).- Si y eut en chacune des batailles sa droite portion de gens d’armes et d’archers, selon leur aisément.

Aiser [s’] et s’aisir (se mettre à l’aise).

Aissielle (échelle).

Aist [qu’il] (qu’il aide) Si dieu m’aist !

Ajoliver (rendre joli et gai). - Et pour eux ajoliver, ils avoient mis en ce leur entente depuis qu’ils vinrent d’Angleterre,

Ajour (jour fixé). - Il dit qu’il vint droit à son ajour.

Ajournement (jour fixé t espace d’un jour, point du jour). - Par vespres et ajournement. - Droit à l’ajournement.

Ajourner (faire jour). -Et pour ce qu’il ajournoit, nous ordonnâmes cent lances des nôtres à demeurer derrière.

Alan (chien de chasse, nommé en Espagne alany et originaire d’Albanie).- Et envoya par lui au duc d’Anjou quatre lévriers et deux alans d’Espagne, si beaux et si bons que merveilles.

Alayne (haleine). - Il l’avoit poussé jusqu’à la grosse alaine.

Alemelle (lame). - Et tenoit l’alemelle de son couteau par la pointe.

Alener (fatiguer) - Et alenoient à demeurer là.

Aliter (continuer à rester au lit ; A, devant les verbes, signifie continuation d’action).- Il le convint aliter et mourir.

Allé (été ; d’aller).-Ils avoient partout allé.

Alloier (lier). - Ils alloièrent leurs prisonniers deux et deux. - Leurs chevaux tout alloiés ensemble.

Allouer (gâter, aliéner). - Il ne vouloit pas allouer son artillerie sans raison.- Ils avoient vendu et alloué leur héritage. - Ils ne vouloient faire blesser leurs gens ni allouer leur artillerie.

Allumelle ( lame ). - Et ont irlandois couteaux aigus à large allumelle à deux taillans, à la manière de fers de dards.

Aloe (alouette). - Entre prime et tierce se commença le jour à réchauffer, et le soleil à luire et à monter, et les aloes à chanter. - Comme l’aloe fait devant l’épervier.

Aloer (altérer, risquer, compromettre). - C’est un mal chevalier qui ne veut autre chose que ses aises de boire et de manger, et de aloer le sien follement - Le- grand argent qui avoit été cueilli étoit tout passé et aloé.

Aloier (attacher, lier).- Ils aloièrent la corde au plançon. - Il obligeoit et aloioit son royaume.

Alosé (loué, célèbre). - Un écuyer alosé et usé d’armes. - il eut toutes les meilleures gens d’armes et les plus alosés.- Et moult étoit alosé au royaume de Castille pour ses prouesses.

Alouer (gâter). - L’artillerie qu’ils avoient, ils alouèrent si nettement que ils n’avoient mais rien que traire.

Aloyer (allier).- Par mariage il se y veut aloyer.

Amanandé (habité).- Auquel hôtel, pour quoi qu’il soit grand assez et bien amanandé.

Amati (abattu ; de l’espagnol matar, tuer ; d’où échec et mat). - Si en étoient tout amatis.

Ambarde et Aubarde (terrain planté d’aubiers). - Vous véez les dix mille francs tout appareillés sur cette ambarde.

Ambassaderie et Ambaxaderie (ambassade).-II valoit trop mieux que le sénéchal demeurât en Bordeaux que il allât en ambaxaderie au royaume d’Arragon - Là vint l’évêque de Baussères en ambaxaderie.

Amblant (allant l’amble). - Un petit palefroi amblant.

Ambler (enlever).

Amenrir et Amendrir (diminuer).- En amenriant la somme.

Amer (aimer).

Amesuré (mesuré).- Je vous croyois plus attrempé et mieux amesuré que vous n’êtes.

Amettre (accuser). - S’il étoit nul corps de chevalier qui le voulût amettre de trahison, il le feroit combattre jusqu’à outrance.

Amis (accusé).- Lequel étoit amis de leur même fait et inculpé.- De tels viles choses sa fille étoit amise.

Amise et Amisse (faute).-Les félonies et amises qui pour ce temps étoient en Angleterre.-Telles avenues et telles amises avenoient adoncques au royaume de France. - Et par espécial de ces amises et malveillances en étoient plus demandés messire Thomas Trivet et messire Guillaume Helmen.-Grandement il se fut excusé des amisses dont il est maintenant encoulpé.

Amministrer (administrer).

Ammonestement (avis).

Ammonester (admonester).

Amollir (adoucir). - Ce lui amollia grandement le courage.

Amont (en haut).

Amourer (rendre amoureux). - Il l’en amoura si (du voyage de la Terre-Sainte),que si le roi de France et le roi d’Angleterre y fussent allés, etc.

Amoyenner (se porter comme médiateur, arranger). - Si -commencent à traiter de un répit avoir, pour mieux amoyenner leurs besognes.

Amplier (augmenter). - Il ne vous veut pas ôter, mais accroître et amplier tous les jours.

Anal (anneau).- Et leur donnait anals d’or.

Anavier (conduire par eau).- Le roi entra en un batel et se fit anavier jusques à I’hôtel Saint-Pol.

Ancesseur (ancêtre). - On a de mes ancesseurs peu trouvé qui soient morts en chambre ni en lit.- Et de nos ancesseurs ils furent là tous morts et déconfits.

Ancesterie (tige d’ancêtres).- Les plus honorables de corps, de chevance et d’ancesterie de la ville de Calais.

Ancrer (être à l’ancre).

Angel (ange). - Ils n’étoîent ni angels ni esprits, mais hommes.

Anglesche (anglais) ; il se conforme à la prononciation.

Anglet (petit angle, coin). - Adonc me tira-t-il à une part, en un anglet de la chapelle du châtel

Angoisseusement (douloureusement, arec angoisses).

Angoisseux (rempli d’angoisses).

Anientir (anéantir, réduire à néant).

Annihiler (détruire). - Et annihileront leurs pourvéances.

Annoi (ennui) – Quelqu’annoi et déplaisance qu’il eût du roi Richard son frère. - Car de vos annois les Bruxellois ont grand’compassion. -

Anoier (fâcher).- Pensez-vous qu’il ne lui dût pas bien anoier. - La dame qui véoit son châtel pris, dont moult il anoioit.

Ante (tante).-Les héritières d’Espagne et de Castille ses belles antes. - Et étoit la roine d’Angleterre son ante.

Anten (auparavant ).- Bien savons que le Montat fut anten à Toulouse.

Anuit (ce soir). - Il aura réponse anuit pour retourner le matin. - Nous y serons anuit au gite.

Anuiter (faire nuit) - Environ l’anuiter, ce jeudi au soir.

Aourer (adorer). - On aoure saint Aquaire.- Nous aourerons les Anglois des lèvres, mais les cœurs ne s’en mouveront jà.

Aourné (orné). - Et avoient toutes les litières si richement aournées que rien n’y failloit

Aouser (adorer).- Quand sire Eustacte de Saint-Pierre eut dit cette parolle, chacun l’alla aouser.

Août (moisson). - Le pays est si chaud que, à l’entour du mois de juin, l’août y est passé.

Aparler (entretenir, continuer à parler) - Quand messire Guillaume de Namur fut premièrement aparlé de cette matière. - Les seigneurs qui de ce l’aparloient.

Apléger (servir de caution, de plége, caution).

Apleuvoir (continuer à pleuvoir). - On n’épargnoit non plus or ni ar­gent que donc que il aplenist des nues, ou que on le puisât en la mer.

Apoier (appuyer). - Apoiez vous ici de lez moi.

Apovri (apauvri).

Appacti (mis à composition). - S’ils n’étoient bien aconvenancés et appactis.

Apparant (apparence).- Il n’en étoit nul apparant.

Appareillé (prêt).

Appareillement ( avec appareil).

Apparoir (paraître).- Oncques meschefs ne furent si grands comme ils apparent pour le présent. - Il ne leur apparoit aucun confort de nul côté.

Appasser (passer).

Appaticer (faire pâtir).-Quand ainsi les vouloient mener et appaticer.

Appeaulx (pluriel d’appel, dont le singulier est aussi appeau). - Le roi qui souffert avoit ces appeaulx en gage de bataille.

Appendance (dépendance).- II recouvreroit Lille et Douay et les appendances.

Appendre (dépendre de).- Et y append un beau château.

Appenser (penser).

Appenti (sorte d’appui extérieur des maisons, comme il en existe encore dans une des rues de Genève. On les démolit en ce moment, de même qu’on les a démolis partout). - Et fit abattre tous les appentis de Paris pour chevaucher plus aisément parmi les rues.

Appert (expert).

Appertement (d’une manière ex­perte).

Apperteté (habileté). - La pussiez-vous voir entre ces nouveaux che­valiers toute apperteté. - Appertise (exploit).

Appéter (désirer, manquer). - Vi­vres leur appétissoient.

Applouvoir (tomber abondamment, comme une pluie). - Et toujours applouvoient gens de tous lez.

Appoier (appuyer). - Adonc furent ordonnées échelles et appoiées con­tre le mur.

Appresser (presser)

Approvender, s’approuvender (ap­provisionner ; de provende, provi­sion). - Combien qu’ils eussent été bien approvendés de foins, d’avoine et d’aigue douce. - Et les approuvenda bien et largement.

Appuigner (empoigner). -Et appuignèrent et appointèrent leurs lances.

Aquasser (devenir calme, en parlant de l’eau). - Le temps cessa et la mer s’aquassa.

Aquoiser (devenir coi, tranquille).

Araser (raser d’une manière conti­nue).

Arateler (haleter). - Et ouïrent les chevaux arateler.

Arché (courbé en arc). - Et étoit la dite couronne archée en croix.

Archegaie (javelot).

Archonner et arçonner (faire l’arc, se courber) - Les lances point ne se brisèrent, mais archonnèrent.

Ardaier (aiguillonner). - Ainsi hériant et ardaiant l’un l’autre, advint que...

Ardoir et ardre (brûler, d’où ars brûlé, arsure, arsion et arsin, action de brûler). - Depuis la des­truction et arsion de la ville de Gand.

Argu (subtilité, finesse). - Si Aymerigot eût tourné ses usages et ses argus en bonnes vertus.

Arguer (tourmenter, accuser). - Et arguoit durement le duc de Nor­mandie.

Ariémes (nous) (nous aurions, et il aroit, pour il auroit, d’avoir. Les pluriels en ièmes au lieu de ions sont encore normands et picards).- Nous n’arièmes jamais nulle bonne aventure. - Si aroie plus cher à être mort que il en advint ainsi. - Ils pensoient qu’il y aroit escarmouche.

Ariole (devin). - Les aucuns de ces arioles affirmoient que le roi étoit damné par sorts.

Armeret (vaillant). - Les plus preux et les plus armerets de toute Tur­quie. - Le gentil duc Wincelant qui fût en son temps noble, joli, frisque, sage, armeret et amoureux.

Armoié (orné d’armoiries).

Armoier (armurier). - Les meil­leurs ouvriers armoiers qui fussent en Lombardie.

Aroié (mis en rang). - Aussi bien aroiés, appareillés et armés de tou­tes pièces que nuls gens d’armes pourroient être.

Arondeau (hirondelle).- Ni en avoir pitié non plus que d’arondeaux ou d’alouettes qu’on prend en la saison pour manger.

Arouter (mettre en troupe ; de route, troupe).

Arréé et arré (orné). - Il étoit bien appareillé et arréé de ce que à lui appartenoit. - Aussi bien arrés et appareillés de toutes pièces comme nul chevalier pourroit être.

Arréement ( en arroi, en bon or­dre). - Ils chevauchèrent moult arréement.

Arrenter (donner des rentes).

Arrestéemenl et arrestement (déci­dément). - Ce que arrestéement il en feroit - Et ne savoient pas en­core arrestement entre eux quel part ils te trairoient ni où ils pren­droient terre.

Arriérance (retard). - Ils nous por­teroient plus d’arriérance que d’avantage ni de profit.

Arrifler (raser), - Si vint le duc de Lancastre tout arriflant et côtoyant la nef du prince.

Arroi (rang, ordre). - Sans arroi et sans ordonnance.

Arroier (ranger, mettre en arroi). - Si descendit le roi au palais qui étoit ordonné et arroié pour lui

Arrouter (assembler, mettre en route, troupe). - Ils arroutèrent tons leurs chariots.

Artétique (arthritique, d’un mot grec).

Artillerie (toute espèce de machine à lancer traits).

Assai (essai).-Je me mis en cet assai pour l’avoir.

Assault [il] (d’assaillir). - Si on les assault.

Asségur, asséur et assur (assuré).- Piètre Dubois qui ne se sentit mie asséur de sa vie.

Asségurance (assurance).

Asségurer (assurer)

Assembler (attaquer).

Assencer et accenser (affermer). - Et occirent tous ceux qui avoient assencé ces gabelles. - Et tous impositeurs et gabelleurs qui les avoient accensés.

Assener et assiner (assigner ; on dit encore assené en parlant d’un coup porté juste). - Autant de beaux coups rués et aussi bien assenés que je fis oncques en toute ma vie. - Ils assinèrent de prendre le châtel.

Assent (senteur, signe et consente­ment). - Par les assents qu’ils avoient vus.

Assentir(consentir ; d’où assentiment). - Le conseil du roi s’assentoit bien à tout ce.

Asseoir (placer). - Qui lui asséoit sur son poing un faucon pèlerin moult gent et moult bel.

Asseulé (isolé, resté seul). - Cette maison étoit toute asseulée hors des autres. - Ils faisoient doute que les Escots ne les murdrissent en leurs lits quand ils seroient asseulés. - Si étoit là asseulée entre ses gens.

Assis (assiégé) - Cent mille Fla­mands qui ont là assis grand’foison de gentils hommes.

Assotter (rendre sot, prendre d’af­fection). - Il étoit tout assotté sur messire Hue le Despensier.

Assoufir (donner suffisance ; d’où assiouvlr). - On ne les en pouvoit assoufir.

Assurement (assurance). - Sur as­surement

Astronomien (astronome ou plutôt astrologue). - J’ai eu long-temps un maître astronomien.

Atant (alors). - Atant se départit le conseil. - Ils ne cessèrent mie atant.

Atarger et Attargier (continuer à tarder). - Il avoit atargié leur paie­ment.

Aterrer et Atterrer (jeter à terre). - Et fut pris et aterré. - Ils en at­terrèrent et blessèrent plusieurs. - Peu échappèrent qulls ne fussent morts et atterrés.

Atine, Atis, Atys et Atye (débat, querelle, indices ; même mot que ahatie et hâtie). - Les Anglois pour­raient tenir cette chose à atine d’or­gueil et de présomption. - L’attine qui fut faite entre le roi et le duc de Touraine son frère, pour plutôt ve­nir de Montpellier à Paris.

Atis (atisé, provoqué) - Au cas que il s’est atis de la joute à moi, deman­dez-lui si il lui suffit.

Atournement (préparatif). - Les Anglois ordonnèrent manteaux et atournemens d’assaut.

Atourner (parer et retourner sens dessus dessous). - Si richement vê­tues et atournées que chacun s’en émerveilloit. - Et atournât tel le pays que jamais ne fut recouvré.

Atrever, attrever, attriever, attrieuver (faire trêves). - Ils ver­roient volontiers que le roi de France s’accordât ou s’atrevât aux Anglois. - Les bonnes gens ne pouvoient aller hors labourer leurs vignes ni terres s’ils n’étoient attrevés à eux. - Qui auroient pleine puissance de paix faire, ou de attrieuver les royaumes et pays dessus nommés.

Attemprance (modération).

Attempré et Attrempé (modéré, doux). - Le temps étoit moiste et attempré.

Attemprement (avec modération).

Attraîner (entraîner). - Grand pil­lage qu’ils y ont assemblé et attrainé du pays et d’environ.

Attremper (ajuster). - Il attrempe bien et à point le dit engin.

Aubarde (lieu planté d’aubiers).

Aucques et Auques (aussi).

Auder (entendre dire). - Ils audoient que le roi d’Angleterre dût mettre le siège devant leur ville.

Aulnoy (aulnaie,lieu planté d’aulnes).

Auqueton (boqueton).

Austère (dur). - Le châtel fut trahi et vendu à un Breton, le plus cruel et austère de tous les autres.

Autel et otel (semblable et semblablement). - Ceux de Dinant firent autel. - Je vous ferai apporter deux harnois tous égaux, autels les uns comme les autres.- En autelle ma­nière. - Ils fesoient autel.

Aval (en bas ; opposé de amont).

Avaler (descendre). - Quand le duc le vit avaler de si grand’volonté.

Ave (ancêtre). - Le ave du duc du Guerles se maria à la fille de Berthaud de Malines.

Avecques (avec).

Avéer (avouer). - Les quelles je n’avée pas que de ma bouche soit issue parole nulle.

Avenir (advenir).

Aver (avare). - Et fut en son temps le plus aver que on sçut

Avérions [nous] (nous aurions, d’avoir). - Nous n’avérions jamais fait

Avesprée (soirée).

Avesprir (faire nuit). - Et plus venoit et plus avesprissoit.

Avironnément (alentour), - Arrêtés avironnément sur les fossés.

Avitailler (garnir de vitailles, vivres - Les Anglais ont conservé le mot victuals qu’ils prononcent à peu près comme notre mot vitailles.) - Les biens et les vitailles que il convenoit pour avitailler un tel ost.

Avoier (conduire ; mettre sur la voie) - Pour avoier le roi d’Angleterre à ce qu’il y voulût descendre.

Avolé (étranger, réfugié)

Aye (aide).

Ayr (colère). - Si le roi de France l’eût tenu en son ayr, il l’eût fait décoler.

Ayré (courroucé)

B - 99 mots

Bacheleureusement (vaillamment).

Bachelereux (vaillant).

Bachelerie (chevalerie, vaillance).- Envoyez votre bachelerie devant Alexandrie.

Bachelier (chevalier).

Bacon (jambon).- Douze bacons et de la poulaille grand’foison.

Bacque (bac).- Si nous avions deux ou trois bacques et les fissions lancer en la rivière du Lys.

Badellaire et Baselaire (coutelas).- A ces mots il trait un grand badellaire que il portoit.

Bahut (coffre).

Bail (gouverneur).- Robert Canoile étoit demeuré bail de Bretagne quand le duc s’en partit.

Baille (porte).- Puis fit recommencer une escarmouche aux bailles. - Et étoient les bailles faites de bon bois. - Et s’en vinrent aux bailles de Bruges, et les trouvèrent fermées et bien gardées.

Baillieux (bailli). - Bailliueux, je obérirai.

Balenier, Ballengier, Balinghier et Balinghière (grand bateau ). - Et feroit le duc de Bretagne venir et amener par ta rivière de

Loire, barges et baleniers à plenté pour mieux contraindre par la rivière ceux de Nantes. - Plenté de naves, de galées, de vaisseaux, de ballengniers et de coques pour passer le roi de France en Angleterre. - Et leur avoit-on donné‚ une nef balinghière qui s’étoit emblée en Normandie.

Baloier (voltiger).- Quand ils apperçurent les bannières et les pennons ventiler et baloier.

Ban-cloche (cloche du beffroi, du ban).

Bande (côte).- Les bandes de Normandie.

Bandeler (attacher avec bandes). - Et lui bandèrent et appareillèrent ses plaies.

Banlèvre (tour de la bouche).

Banlier (flotter au vent).

Baraterie (tromperie).- Nous disons que c’est baraterie que il fait.

Baratière (rusé). - L’archiprêtre est si baratière, qu’en nous contant jangies et bourdes, il aviseroit notre force et nos gens.

Bargaingner, Bargener, Barguigner (marchander. Les Anglais disent encore : to bargain. On dit encore, en français bourguignon : Ne barguignez pas tant). - Nous le bargenons et un autre fois nous l’acaterons. - On ne peut pas bargaingner et achapter tout sur un jour.

Barge (bateau. Ce mot est encore anglais).

Baronnesse (femme d’un baron).

Bascle et Bascon (bâtard).

Bassinet et Bacinet (chapeau de fer en forme de bassine).

Bastide et Bastille (fort).- Ils avoient fait charpenter une bastide de gros merrien à manière d’une recueillette.

Bastiller (fortifier).- Et vit foison de naves bien bastillées.

Bataille (corps d’armée ; c’est l’ordre dans lequel sont rangées les troupes). - Ranger les batailles. - Chacune bataille avoit deux ailes.

Batel (bateau).

Baudement (hardiment).- Il vint baudement au duc d’Anjou et lui dit :

Baudequin (drap de fils d’or et de soie).- Vêtus de gonnes de baudequin vert et vermeil.

Baulx (même que Bail, administrateur).- Il institua son oncle à être baulx du Hainaut.

Béer (attendre ; on dit encore : béer aux corneilles).

Beffroi (cloche ; c’est aussi une tour sur laquelle on plaçait une cloche). - Et fit charpenter deux beffrois à trois étages.

Behour (choc de lances). - Fête de joutes et de behours.

Belourde et Velourde (fagot).

Bequer (becqueter). - Mais les béquoit cil oiseau et poignoit et contrarioit.

Bersail (but auquel on vise).- Quand ceux de l’ost virent que leurs gens étoient en bersail (c’est-à-dire exposés aux traits des ennemis).

Berser (lancer des traits ; en Piémont les archers s’appellent bersaglier).

Bestiail, Bestial (bétail ; d’où bestiaux). - Réservés tous vivres, bestiail et autres, choses que on trouveroit sur les champs.- A leur retour ils levèrent ès prairies grand bestial.

Bestourner (culbuter).- Fortune qui oncques ne séjourne, mais tourne et bestourne.

Beuvrai [je] (je boirai ; on disait beuvrage au lieu de breuvage. Les Anglais disent encore beverage). - Jamais je ne beuvrai ni ne mangerai, si sera ce amendé.

Bidau (soldat de troupes légères, armé de dards, d’une lance et d’un poignard).

Bienfait (action bien faite).- Plusieurs autres barons et chevaliers pleins d’honneur et de prouesses desquels je ne puis mie de tous parler, ni leurs bienfaits ramentevoir).

Bièvre (castor ; en apglais : Beaver). - Et avoit sur sa tête un noir chapelet de bièvre qui bien lui séoit. - En ôtant jus de son chef un chapelet de bièvre qu’il portoit.

Blanc (sorte de monnaie ; on dit encore six blancs). - Il auroit un blanc de France.

Blandir (flatter). - On ne dira mie que je le blandisse trop. - Il le vous fault blandir tant que le mariage soit passé.

Bobant et Boubant (pompe et vanité). - Il entra en la cité en grand bobant. - Selon le grand bobant que fait ils avoient.

Bocailles (petit bois).

Boce et Bosse (tertre, grosseur ; se prend quelquefois pour le bouton de la peste). - La boce de la Breth (c’est-à-dire le château d’Albret situé sur une colline). - Et en y mourut de boce et de mal de corps plus de vingt mille personnes -Tant courut le coursier que cette boce lui effondra au corps.

Bombarde (espèce de canon).

Bonde, même que Bande, (frontière ; en anglais Boundaries). - Cette armée se mettoit sus à l’encontre des bondes de Normandie. - Le pays gissant entre les mettes et bondes qui s’en suivent.

Bondissement (retentissement) - Ils oyoient clairement le bondissement des Navarrois.

Bonnier (mesure de terre équivalente à trois arpents. Ce mot est encore usité en Flandres). - Un grand bonnier de terre.

Boquetel et Bosquetel (petit bois, bosquet). - Et entrèrent à la couverte en un petit boquetel. - Et s’en vinrent loger de haute heure en un petit bosquetel.

Bord ( mettre à bord, jeter par-dessus bord dans la mer). - Si furent eux tous mis à bord sans nullui prendre à mercy.

Boschet (bosquet, petit bois).

Boudine (nombril). - Etre en l’eau jusques à la boudine.

Bouge (sac, cuisine). - Et trouvèrent en bouge la somme de trois mille francs. - Et n’y avoit en cette maison fors le bouge devant.

Bouhourd, Behourd (echaffaud).

Bouhourder, Behourder (faire un tournoi).

Boulgre (hérétique, manichéen ; cette doctrine avait passé de la Grèce en Bulgarie, d’où vient le mot boulgre ou boulgare, et de là dans le reste de l’Europe). - Betisac avoit dit et confessé, de sa volonté et sans contrainte, que il étoit hérite, et avoit tenu un long temps l’opinion des boulgres, et le roi avoit dit qu’il fût pendu et ars.

Boulu (bouilli ; le cri des rues est encore : marrons boulus). - Tous couverts de cuir boulu.

Bourde (plaisanterie, moquerie ; on dit encore : Tu nous contes de belles bourdes).

Bourder (moquer et charger). - Ainsi que on bourde ensemble. - Lequels se départirent moult bourdes et moult troussés.

Bourdeur (qui dit des bourdes).- Va ! tu n’es qu’un bourdeur.

Bourdon (bâton de pélerin). - Ce sera, un bourdon pour lui appuyer.

Bourg (bâtard).

Bourle (moquerie ; en italien Burla). - Si ne guerroyons pas courtoisement, fors à la bourle.

Bourlet (massue).

Bourrel (bourreau). - Prenez un bourrel, et lui faites trancher la tête.

Boursette et Bourselette (petite bourse).- Le roi lui donna une moult belle boursette.

Bouter (mettre ; d’où boute-roue dans certains dialectes pour la borne contre la quelle frotte une roue.)

Boutis (action de bouter) - Là eut fort boutis de glaives. - Il y eut dur encontre et fort boutis.

Braie (haut de chausses et enceinte de murs). - Les lrlandois ne portent nulles braies. - Et le fit courir tout nud en ses braies parmi la ville. - Une très grosse tour où il a braies tout environ.

Brandeler (chanceler).- Reconforter les batailles qui brandeloient.

Branle (commotion). - Tout le pays étoit en branle.

Bretesche (créneau, défenses).

Bretescher, Breteskier (garnir de bretesches). - Et avoient amont les mâts châteaux breteskiés. - Treize nefs bien pourvues et bien breteschées ainsi que nefs d’Espagne sont. - Et là fit faire ce châtel si fort et si bien breteschié.

Bricole et Brigoles (fronde en cuir qui servait à jeter des balles de plomb et des pierres).- Et nous logerons hors du trait de leurs bricoles. - Brigoles et arcs à tour, et grand’foison d’atournemens d’assaut.

Brigand (soldat à pied qui avait pour arme défensive une espèce de cotte de mailles appelée brigandine).

Brocher (piquer de l’éperon). - Adonc brochèrent des éperons cette part. - Et commencèrent à brocher chevaux des éperons.

Brouillis (bruit). -Il menoit un tel brouillis que il sembloit que tous les diables d’enfer dussent tout emporter.

Brouir et Bruir (brûler). - Ce qui issoit hors de terre ne fructifioit rien, car le grand’chaleur de terre l’avoit tôt bruit.

Brouisse et Broussis (broussaille). -Aussi serrés comme une brouisse.

Brousse (troupe). - Sitôt qu’ils nous verront chevaucher en brousse.

Brucqueux (couvert de bruyères).- Ord pays et brucqueux et mal logeable.

Bruge-maistre, Burghemaistre (bourgue-maistre).

Bruine (brouillard, trouble au figuré). - Si ne vouloient pas laisser cette bruine de Bretagne qu’elle ne fût abattue.

Bucher (frapper).- Quand ils ouirent l’effroi et le bucher.

Buffe (soufflet ; au figuré, contrariété). - Pour une buffe que je recevrai j’en donnerai six. - Et leur convint porter et souffrir cette buffe, car ils en avoient donné une autre aux Escots.

Buire (cruche). - Au dehors de la ville a une très belle fontaine, où, par usage, tous les matins les femmes de la ville venoient atout buires et autres vaisseaux, et là puisoient. - En habit de femmes et buires en nos mains, réunis en une prairie. - Chacun de nous prit sa buire et les emplimes.

Buisine (sorte de trompette). - En sonnant buisines et trompettes.

Buissar (petit bateau).

Bullé (rédigé ; de bulle). - Chartes bullées et scellées.

Buquer (frapper). - Le comte vint jusques à la porte et fit buquer à grands coups.

Burions [nous] (nous boirions).

Busner (rêver).- Il commença moult fort à penser et à busner sur ces nouvelles.

C - 101 mots

Cacier, cacher (chasser). - Le roi se tenoit en la sauvage Escosse et là cacboit.

Calange, challenge, chalange (défi, réclamation ; conservé en anglais).- Et montra quel droit le roi d’Angleterre avoit en la chalange de France.

Calenger, challenger (défier, réclamer, contester). - S’ils nous veulent calenger aucun droit.

Cambre (chambre).

Camocas (étoffe fine faite de poil de chameau ou de chèvre sauvage.).

Campane (cloche). - On sonna au matin la campane du consistoire, et fut faite la convocation de tous les cardinaux.

Canceler (effecer). Et ce qui à canceler serait, il seroit cancelé. - Et si rien avoit de contraire, ils le feroient en leur présence canceler et amender. - Il leur fut dit que ils le fissent écrire et jeter en une feuille de papier, car le roi et son conseil le vouloient voir et collationner, et si rien avoit d’outrageux en la dite emprise, on le cancelleroit et amenderoit

Cancelerie (chancellerie).

Cançon (chanson).

Canter (chanter).

Candouaille (chandelle). - Si se pourvurent trop grandement de candouaille.

Canonnerie (canonicat, place de chanoine).

Capitol (capitoul, conseiller municipal). - Et montèrent tous les capitols de Rome sur chevaux couverts , et amenèrent le pape à grand triomphe à Rome.

Captivoison (captivité). - Ils seront contournés en captivoison.

Caraque (grand bateau). - Et entra en une caraque grande et forte assez pour aller par mer par tout le monde.

Carger (charger). - Ils dirent que ils avoient cargé pour mener en Flandres.

Carme (charme). - Le roi étoit dominé par sorts et par carmes.

Carnet (visière). - Et avalèrent les carnets de leurs bassinets.

Carole (danse).

Caroler (danser).

Carrel, carreau (flèche triangulaire ; on dit encore : les carreaux de la fondre).

Caste (chaste). - Encore étoit-il caste, et n’avoit eu oncques compagnie charnellement à femme.

Catir [se] et quatir (se poser de manière à tenir peu de place), - Et se mucèrent et catirent.

Cauchie (chaussée).

Cauteler (agir avec cautelle). - Rien ne se passoit de l’un côté ni de l’autre qu’il ne fût bien espécifié et justement cautelé. -Je ne die mie que nous cautelions nulle incidence par quoi nous soyons mal de monseigneur de Flandres.

Cautelle (ruse ; d’où cauteleux). - Aucuns disoient que les cardinaux l’avoient là envoyé à cautelle pour eux exaulser.

Cavailhon (cheval ; du mot portugais).- Dès que l’on eut dit : Aux cavailhons ! Aux cavailhons ! qui veut dire en langue fran‡aise : Aux chevaux ! Aux chevaux. !

Caver (creuser).- Et commencèrent à piocher, et à caver et à ôter pierres.

Cavillation (ruse ; les Anglais disent encore : To cavil) - Et ressoignoit les cavillations et déceptions des paroles colorées des François.

Cay (quai). - Si passa-t-il la rivière, et arriva sur le cay à Bordeaux.

Celéement, celément (d’une manière celée, cachée). - Les inquisiteurs feso‹ent celéement et secrètement enquête sur lui.

Cendal (étoffe fort estimée). - Le grand pont était couvert tout au long de vert et de blanc cendal. - Quand le roi eut tendu son pavillon de vermeil cendal.

Cep (lien, fer, chaîne). - Si furent mis en un cep et les autres en une fosse. - Et mettent en fers et en ceps. - Ils ne les mirent point en prison, en fers, ni en ceps, ainsi que Allemands font leurs prisonniers.

Cercher (chercher). - Vous m’avez fait huy beaucoup de peine à cercher autour de Bruges.

Certaineté (certitude).

Cerurgien (chirurgien).

Cervoise (bière ; en espagnol cerveza). - A grand peine pouvoient-ils avoir de la petite cervoise et du pain d’orge ou d’avoine.

Cestui (celui-ci). - Maint passage plus périlleux que cestui n’est.

Chaière (chaise). - Qu’il s’en voise reposer un petit en sa chaière, - L’écuyer françois, qui se sentoit féru à mort, s’en alla jusques à la chaière, et là s’assit. - Et là furent assis, chacun à sa chaière.

Chaille [qu’il] (de chaloir). - Ne vous chaille si les Angtois tiennent maintenant les champs.

Chaingle (enceinte d’un mur). - Une grosse tour des chaingles du donjon.

Chalan (bateau ; mot encore employé dans le dialecte populaire).

Chalemie et chalumelle (chalumeau, instrument de musique). - Et autres menestrels faire leur métier de pipes et de chalumelles.

Chaloir (soigner).- Depuis, eut tant à faire qu’il n’en chalut ses deux enfans.

Chambrelan (chambellan, serviteur de chambre). - Mais si ses chambrelans et ses valets, qui dorment en sa chambre.

Champagne (plaine ; on dit encore, un pays de Champagne, pour dire un pays de plaine).

Chapel (chapeau). - Et avoit sur son chef un chapel de Montauban fin, clair et net, tout d’acier.

Chapelet (petit chapeau, couronne de fleurs).

Chaperon (chapeau).

Charée (charge d’un char). - Si envoyèrent eu l’ost six charées de pain.

Charriau (charrette). - Ils avoient abbayes et belles maisons rançonnées à vins qu’ils avoient mis sur leurs charriaux.

Charreton (cbartier). - Quatre charretons vêtus de grises cottes.

Chas (machine de guerre, de Catus ; c’était une machine en forme de galerie couverte, pour approcher d’une ville assiégée).

Chausses à housser (bas longs ; en anglais, hose signifie caleçon, bas).

Chef [au] (au bout).

Cheminaux (chenets). - Et renversa la buche et l’âne les pieds dessus en la cheminée sur les cheminaux.

Cher, char (char, viande).

Chercus (cercueil). - En ce propre jour fut apporté d’Orthez et mis en un chercus.

Chet [il] et chiet (il tombe ; de cheoir). - Quand il chet à point. - Ci ne chiet nulle rançon.

Chevaleresse (femme d’un chevalier).

Chevalet (petit cheval).

Chevance (bien, propriété).

Chevestre (corde). - Et leur fit ôter les chevestres d’entour leur cou.

Chevetain, cheftain (capitaine ; les Anglais disent encore chieftain).

Chevir (venir à bout de, aider. Encore usité).- Il fut longuement parlementé comment on se pourrait chevir. - Si eurent conseil ensemble comment ils se pourroient chevir.

Chière, chère (semblant, accueil).

Chieux (chez). - Pierre Du Bois s’en vint un soir chieux ce Philippe.

Chrétienner (faire chrétien).

Chu (de cheoir).

Cil (celui-ci).

Circonstant (entourant ; d’où circonstance). - Plusieurs chevaliers et écuyers qui là étoient circonstans.

Cirurgien (chirurgien).

Civeu (cheveu). - De vos conquêtes nous ne donnerions quatre civeux.

Clamer, claimer (réclamer ; en anglais to claim ; et aussi appeler).- Sur un lieu et un pas qu’on clame Neuf-fossé. - Une ville que on clame Long en Ponthieu.

Claret (vin de liqueur ; on dit aussi vinclairet ; les Anglais ont conservé ce mot pour désigner le vin de Bordeaux).

Claronceau (petit clairon). - On sonna trompettes et claronceaux.

Closement (de près, d’une manière retirée). - Ils pouvoient voir les Anglois tout closement. - Il se tenoit simplement et closement à Rome.

Clergie (savoir, science). - Un saint homme tout pourvu de prudence et de clergie. - Le quel clerc étoit en clergie très grandement et bien fondé.

Clorre (fermer). - Ils clooient.

Cloyes (claies). - Un pont de nefs et de cloyes.

Cogne (bateau).

Coi (tranquille ; les Anglais ont conservé le mot coyness pour signifier modestie, timidité).

Coiment (tranquillement).

Cointe (élégant, riche)

Coite (hâte). - Nous nous en irons à coite d’éperons à Gand. - Il eut si grand coite, et si frétilleusement monta à cheval, que...

Coité (pressé, hâtif). - Il fut si coité qu’il ne put repasser le pont.

Coiter (serrer, presser). - Vous nous coitez de moult près.

Coiteusement (hâtivement. - Ils furent coiteusement remandés du roi de France.

Collation (entretien). - Si veuil avoir conseil et collation avecques vous, comment je me pourrai maintenir. - Ils avoient été en conseil et en collation, à savoir comment ils se maintiendroient.

Colloquer (convenir en paroles). - Et jà plusieurs étoient promises et colloquées.

Com (comme). - Com durement que ce fut.

Comble (colline). - Et se logèrent tous les gens d’armes en la comble de Pampelune.

Combliau (faite). - Et les autres chevauchèrent par les combliaux des montagnes.

Comme (quelque).- Comme grand’foison que ils fussent.

Commun (peuple, communes). - Seigneurs, vous allez en grand péril, car il y a mauvais commun en cette ville.

Communaument (généralement).- Si s’armèrent partout communaument.

Communité (habitans d’une commune). - La communité de Paris.

Compagner (tenir compagnie). - Ils s’étoient autrefois vus et compagnés l’un l’autre en Grenade et en Prusse.

Compain (compagnon). - Avec qui il avoit été compain en Grenade et en Prusse.

Comparer (payer). - Si ne veuil pas comparer la guerre de Castille. - Si leur feroit cher comparer, si il les pouvoit mettre à merci.

Compéter (intéresser, regarder ; d’où compétent). - Cette guerre ne vous compète en rien.

Condempner (condamner).- Le quel étoit par sentence condempné‚ en prison que on dit l’Oubliette.- Leur loi est plus foible et plus légère à détruire et à condempner.

Conduiseur (conducteur). - Quand ils eurent pourvu chevaux pour eux et pour leurs gens, et conduiseurs aussi qui les mèneroient vers Londres.

Conduit [le] (la conduite).

Confès (confessé). - Et là mourons, confès et repentans.

Confort (conservé en anglais).

Conforter (fortifier).

Confroisser (froisser).

Congé (permission ; cette acception s’est conservée dans un congé d’élire).

Conjoindre (joindre).

Conjouir (accueillir).

Connestable (capitaine). - Les archers génois dirent à leurs connestables

Connestablie (compagnie). - Et chevauchèrent par connestablie.

Connil (lapin). - Grand’foison de lièvres, de connila et d’oisillons.

Connoissable (qui se fait connaŒtre). - Le sire de Fitz-Walter se fit connoissabte au seigneur de Brebières. - Il étoit connoissable et accointable à toutes gens.

Conquérismes [nous] (de conquérir). - Et y conquérismes, nous et les nôtres, grand’finance.

Conquerre, Conquester (conquèrir).

Conquest [le] (la conquête).

Conroi (ordre). Et séjournèrent là trois jours pour mieux ordonner leur conroi. - Depuis ne tinrent les François guère de conroi.- Et dirent que le voyage ne tournerait jà à bon conroi.

Consaulx (conseillers). - Les consaulx des bonnes villes.

Consuir, Consuivre (atteindre).- Et tout oe qu’il consuivoit à plein coup il ruoit par terre.

Contempt, Content (mépris, débat ; d’où, coutemptueusement). Pour faire discord et contempt au dit pays. - En ce temps se émut un content entre ces gens.

Contenement (action de se tenir). - Si furent envoyés leurs coureurs aviser le contenement des ennemis.

Contraindoient [ils] (de contraindre).

Contrestant (malgré, contre-étant).

Contrester (résister, s’opposer). - Il envoya grand’foison de bons chevaliers pour contrester aux Anglois.

Contreval (en descendant, le long). - Contreval l’Escaut.

Contrevenger [se] (se venger).

Convenant, Convent, Convine, Convinement (ordre, engagement). - Ils s’avançoient en bon convenant. - Pour savoir quel convent cils de Londres à leur retour feroient. - Et tant firent par leurs espies qu’ils sçurent tout le convinement l’un de l’autre.

Convenist [il] (de convenir). - Quand il lui couvenist.

Converser (se diriger vers). - La plupart des Anglois conversoient celle part.

Convoier (accompagner ; d’où convoi). - Et le fit convoyer tout hors del’ost.

Convoiteux (avide ; d’où convoitise).

Coponé (terme de blason).

Coque (petit vaisseau).

Cordel, Cordelle (intrigue, volonté). - Le duc de Bretagne avoit fait et brassé tout ce cordel. -Le prévôt des marchands avoit attrait toutes manières de gens à Sa cordelle. - Si les tourneroit tous à sa cordelle.

Cornée et Coron (côté, coin). - Et vinrent sur l’autre cornée où étoient les François. - Au coron de celle baie sont leurs gens d’armes. Il en pourroit bien prendre un mauvais coron.

Corner (jouer du cor).

Costier (côtoyer). - Si combattoit vaillamment à deux Anglois qui le costioient de moult près.

Cotelle (petite cotte ou robe). - Et les mettoient en une pauvre cotelle.

Côtière, Coustière (côté). - D’autre lez sur côtière. - Ils pouvoient voir les Anglois passer sur la coustière de eux.

Cou (ce). - Qu’est-çou à dire ?

Coulettier (culottier, faiseur de culottes).

Coulon (pigeon ; d’où colombe). - Comme éperviers se boutent entre coulons. - Il vit un blanc coulon voler.

Coulpe (faute). - Ils n’avoient nulle coulpe.

Coupier (redresser). Et se coupioient sur leurs chevaux et se démenoient frisquement et joliettement.

Courage (coeur, inclination). - Il sentoit assez le courage de ceux de Poitiers (qui vouloient se rendre au roi de France). - Et a toujours eu le courage plus anglois que françois. - Et bien savoit que plusieurs seigneurs en France l’avoient grandement contre courage. - Et s’en vinrent sur les champs à deux lieues près de là pour savoir parfaitement le courage et la volonté de lui. - Il ne sonnoit mot, car il ne vouloit pas montrer courage d’homme ébahi. - Il étoit pur Anglois de courage. - Ce lui recueillit et adoucit grandement son courage. - Et se répentoit grandement en courage. - Tel avoit eu contre courage le roi Charles mort, qui viendroit grandement en l’amour du jeune roi son fils.

Courcé (courroucé).

Courge (verge ; d’où le mot anglais courge, fléau).

Courir (parcourir en ravageant).

Couris (course). - En cette chasse eut bon couris.

Coursable (ayant cours).- Une monnoie coursable.

Courtil, Cortil (jardin).

Courtine (rideau).

Coust, Coustage (frais). - A son coust. - Vous irez à vos cousts à ce voyage.

Couste (couverture de lit). - Une pauvre couste de vieille toile enfumée. - Ils le trouvèrent couché sur une couste.

Coustille (grand couteau, sabre à deux tranchans).

Coustiller (soldat armé d’une coustille).

Couvert (discret). - Malement le pouvons-nous savoir, car Anglois sont couverts.

Couvertement (secrètement).

Couvre-chef (mouchoir. Les Allemands en ont pris le mot kerckief) - Nos visages enveloppés de couvre-chefs.

Couvretour (couverture). - Tous les murs étoient couverts et parés de couvretours de lit.

Couvrir (cacher un secret). - Le comte de Foix entra lors en grand’imagination et se couvrit jusques & l’heure du dîner.

Cram, cran, cren, et escran (dommage, otage). - Et étoit leur entente de faire en France un si grand’cran qu’il y parut vingt ans après.- Et fut-ce pris aux Sarrasins cran et otages, et aussi livré, ce fut raison. - Et feroient un si grand escran en Angleterre que jamais ne seroit recouvré.

Cranequinier (soldat armé d’un cranequin). - Et grand nombre d’arbalétriers et cranequiniers.

Créable (croyable).

Créois [je] (de croire) - Bel ouit, nous vous créons, c’est raison. - Ils disoient que jà ne adoreroient ni créroient en Dieu.

Créance, Créant (promesse, confiance). - Et envoyèrent douze de leurs bourgeois en nom de créant (c’est à dire pour avoir créance).

Créanter (promettre, recevoir avec confiance).

Cremer, Cremir (craindre). - Et les crément plus et doutent les Sarrazins que nuls autres. - Et se fesoit cremir si fort de ses gens, que nuls ne l’osoient courroucer.

Cremeur (crainte). - Et répondoient les barons bretons que ce avoit été pour donner cremeur au roi de France et à son conseil.

Crésist [il] (de croître). - Ce jeune duc crésist en honneur, en force et en sens.

Crevacer (faire des crevaces). - La moitié de la tour s’ouvrit et crevaça.

Croire (confier). - Vous portez peu d’honneur à mon seigneur mon frère, quand vous ne lui voulez croire soixante mille francs.

Croiserie, croisière (croisade). - Les prélats commencèrent à prêcher ce voyage par manière de croisière.

Croisette (petite croix).

Croiz (creux). - Un demi-pied de croiz d’ouverture.

Croler (remuer). - Si crola la tête

Crolière, Crolis, Crouillière (tourbière). - Irlande est un pays formé étrangement et sauvagement de hautes forêts, de grosses eaux, de crolières et de lieux inhabitables. - Ils trouveroient tant de crouillières et de mauvais pas, qu’ils ne se pourroient tenir ensemble.

Croniser (raconter). - Mais pour croniser justement toutes les notables avenues qui en ce temps avinrent au monde.

Croute (mine). - Il fit une croute en terre qui vidoit hors aux champs. - Donc, y a dedans une croute, si comme aux autres.

Crouté (creusé). - Et lui fut demandé si il y avoit une voie dedans terre croutée.

Cru (cruel, rude). - Avecques tout ce étoit te temps si cru et si pluvieux.

Crueulx (cruel).

Cueillette (réunion). - Il se mit en la compagnie et en la cueillette de plusieurs chevaliers. - Il fit une cueillette et un amas de gens d’armes.

Cueillier (cuillère). - On ne perdroit pas céans une cueillier d’or ou d’argent, ni rien qui soit, qu’il ne le scût tantôt.

Cuer (coeur).

Cuert [il] et queurt (de courir).- Commune renommée cuert.

Cui (a qui).- Cui Dieu pardoint ! - Notre roi, cui Dieu pardoint a l’âme !

Cuidançon, Cuisançon (inquiétude). - Ils furent toute la nuit en grand’cuidançon)

Cuider (pensée). - Le rot qui étoit jeune et plein de ses cuiders et volonté. - Et demeurera plus de vos cuiders à accomplir qu’il ne s’en achèvera.

Cuider (croire).

Cuingnie, cuingnée, coingnée (cognée).-Les haches que avoient les Frisons étoient à manière de cuingnies d’abattre bois.

Cuiré (couvert de cuir).

Cuirie (objet en cuir).- Et s’arment le plus de cuiries.

Cuisançon (inquiétude).- Ils furent toute la nuit en grand’cuisançon de ce que la dame ni nul des compagnons ne revenoit.

Cuisseau, Cuissine (armure des cuisses).-Et lui perça les cuisseaulx.

Cure (soin, souci).

Curer (soigner). - Faire curer et médiciner ses plaies. - Il fut povrement curé de ses plaies.

Custode (étui destiné à la conservation d’un objet). - Si mit tantôt le bassinet en sa custode, qu’il ne lui fut pris ou happé.

Cuvelette (petite cuve). - La cuvelette où on l’avoit d’enfance baigné.

D - 140 mots

Da-lez, De-lez (à côté).

Damage, Damaige (dommage ; conservé en anglais).

Danger (pouvoir, difficulté). - Veuilliez ou non, vous retournerez en notre danger. - Le roi d’Escosse faisoit danger de soi traire avant. - Se mettre en son danger. - Longuement fut le jeune comte au danger de ceux de Flandres.

Darde (javelot).- De toutes les armes que ceux de votre pays savent faire ; celle de jeter la darde me plaît le mieux. - Couteaux aigus à deux taillans à la manière de fers de darde.

Darrain, Derrain, Derrainier, Derrenier (dernier ; oppos‚ à primerain).- Ce fut la darraine chevauchée où le gentil chevalier fut.-

Et au derrain jour que le roi de France trépassa de ce siècle. - C’est la derraine ville, à ce lez, de toute Angleterre.

De (que ; locution italienne).- Il n’aurait pas plus grand ennemi de moi. - On y avoit fait le plus beau logis et le plus grand de jamais.

Débite (redevance, dette). - Leurs terres et seigneuries étioent franches de toutes débites.

Débriser (briser entièrement).- Et avoit si débris‚ la ville par ses engins.

Debteur (débiteur). -Et disoient à leurs debteurs : taisez-vous.

Decevement (déception ; de décevoir)

Déchasser (chasser complètement).

Déchaus (déchaussé).

Décoler (décapiter).

Découcher (lever). - Et vinrent au seigneur de Corasse à l’heure qu’il fut découché.

Déduire (s’amuser).

Déduit (amusement).

Défaillir (manquer.)- Ni pour mort ni pour vie jà vous jamais n’en défauldrez.

Défaute, Deffaute (faute, manquement au moment du besoin, défaillance). - La comtesse de Montfort pria à ces seigneurs qu’ils ne fissent nulle défaute. - Les chevaliers le prirent et le portèrent sur un lit entre leurs bras, moult doucement, et le couchèrent et couvrirent, et cuidèrent qu’il y eût eu tant seulement une défaute. - Mais avoient pour lors grand’deffaute de vivres.

Deffiner (terminer) - Sur ces paroles deffina leur parlement.

Défiance (défi).

Deforainement (en dehors ; oppos‚ au mot Deventrainement, en dedans) - Or montra-t-ii deforainement ce qu’il avoit au cour deventrainement. - Il ne montre rien deforainement que le coeur et la bonne affection n’y soit.

Deffoucquer [se] (se disperser). - Et point ne se deffoucquèrent, mais attendoient courtoisement l’un l’autre.

Défouir (déterrer : d’où enfouir). - Si fut défoui et porté en la cité de Séville.

Defremer (ouvrir) - Les valets défremèrent le lieu où les chiens étoient

Défronter (rompre en front). - Si se trairent tous en une bataille rangée, sans eux défronter.

Dehaité, Deshaité (malade ; de haité, bien portant). - Mais pensoit chacun qu’il fût dehaité en son hôtel.

Déjeun, Desjeun (déjeuner ; repas par lequel on rompt le jeûne).

Déjeuner, Desjeuner (sortir de jeûne).

Délayer (délaisser, départir). - Et se délayèrent le roi et son conseil de leur primeraine volonté.

Délit (délice, plaisir). - Et en prennent le coeur, et le mangent à grand délit.

Délivrance (suite, livrée, gens dont un seigneur paie les dépenses, paiement). - Si lui fesoit ses délivrances et ses finances à sa volonté.

Délivrément (promptement). - Et se hâtoient les Anglois de passer délivrément celle Beausse.

Délivrer (dépêcher). - Dites à mon Oncle de Bourgogne, pour Dieu ! que on s’en délivre.

Demeurant (reste ; on dit encore : au demeurant).

Dénuer, Desnuer (dégarnir). - On feroit un grand outrage si on dénuoit le royaume d’Angleterre de deux mille hommes d’armes et de quatre mille archers pour envoyer si loin comme au royaume de Portingal.

Département (partage).- Ces deux frères eurent guerre ensemble pour le département des terres.

Départie (séparation).

Départir (séparer).

Dépendre (dépenser). - Combien qu’ils y eussent grands frais mis et dépendus. .

Déplais (déplaisance). - Et désiroit grandement à soi contrevenger pour les contraires et déplais que on lui avoit fait en Angleterre.

Déport (délai).

Déporter (différer, se désister, dispenser). - Je ne serais jà rebelle ni honteux de m’en déporter. - Et déportaient les povres des tailles.

Derverie (folie, possession par l’esprit malin).- Les verges de frénésie et de derverie sont moult crueuses. - En tous lieux où on savait corps saints ou corps de saintes qui eussent grâce et mérite, par la vertu Dieu, à guérir de frénésie et de derverie, on y envoyoit l’offrande du roi. - Or regardez la grande derverie !

Desbareté (affligé, découragé). - Il retourna tout desbareté. - Si furent tout déconfits et desbaretés. - Les soudoyers furent moult desbaretés. - Comme un chevalier desbareté et déconfit. - Ceux de Gand furent moult courroucés et trop grandement desbaretés.

Descirer, Dessirer (déchirer). - Et la bannière du comte toute descirée.

Descliquer (décharger, faire jouer les canons). - Ils descliquèrent les canons. - Sitôt qu’ils ouïrent les canons descliquer.

Desclorre (ouvrir).- Hue de Cavrelée venoit à cet endroit et il véoit ses gens branler ni desclorre.

Desclos (non fermés, exposés). - Les hommes d’Avignon qui avoient leurs héritages au desclos. - Un grand village sur la mer tout desclos.

Descogneu, Desconnu (inconnu).- Si monta sur un soir à cheval tout desconnu.

Descognuement, Desconnument (secrètement).

Descoulper (disculper).

Desçu [au] (à l’insu).- Au desçu du roi d’Espaigoe.

Descuevrir (découvrir). - A heure de primes que les embûches se descuèvrent - Garde bien que tu ne te descuèvres à nul homme du monde de ce que tu auras dit.

Desdaing (déplaisir).

Désemparer (démolir les fortifications). - Ils abattirent et désemparèrent le châtel de Trigalet.

Desfoucquer (disperser). - Mais se desfoucquèrent et tournèrent le dos.

Deshaité (malade ; de haité, sain).

Desheaulmer, Desheaumer (priver de son heaulme ou casque). - Le comte fut desheaulmé. - Et fut encore messire Regnaut desheaumé.

Desisse [que je] (que je disse). - Je fus chargé que je vous desisse et remontrasse.

Desjeun (déjeuner). - Tantôt après le desjeun qui fut moult bref. - Quand ce desjeun, dont ils faisoient dîner, fut passé.

Desloyaucer (cesser d’être loyal).

Desnouller (défaire un noud ).- Le comte ouvrit lors son sein et desnoulla son gipon.

Desnuer (dégarnir, dénuer). - On ne vouloit pas que le royaume de France fût trop desnué de chevaliers et d’écuyers.

Despaissir (éclaircir). - La bataille qui étoit grande et épaisse fut tantôt éclaircie et despaissie.

Despendre (dépenser). - Tenez-vous tout aises ; buvez et mangez, et ne vous effrayez de chose que vous despendiez.

Despert (difficile, inexpert). -Les entrées et issues sont fortes et dispertes.

Despiécer (dépecer, mettre en pièces). - Et là fut despiécée pièce à pièce.

Desréer, Desroyer, Déroier (sortir du rang, d’arroi). - Ainsi que enfans et pages qui en chevauchant se desroient. - Sans eux desréer ni effrayer.

Desrieuler (sortir de règle, de rieule règle ; en anglais, rule).

Desriser (moquer). - Et ne se font que gaber et desriser des papes qui sont l’un à Rome, l’autre à Avignon.

Desroi (trouble).

Desroiement (dérangement). - Cette première joute ils faillirent, par le desroiement de leurs chevaux.

Desrompre (rompre).

Desroute (rompue ; de rupta). - Leurs armures qui desroutes étoient.

Desrouter (disputer ; du mot route, troupe).- Il fut poursuivi sur une desroute chaussée.

Dessaindre (déceindre). - L’archevêque de Cantorbie dessaindy ladite épée.

Desserte (mérite).- Les chevaliers qu’on lui avoit ôtés et sans desserte fait mourir.

Dessévrer (séparer ; on dit encore sevrer en parlant d’un enfant qu’on sépare de sa nourrice. En anglais to sever, et several, plusieurs, divisé en parts.)

Desservir (mériter). - Le roi ne l’avoit pas desservi.

Dessiéger (lever le siège).

Dessure, Deseure (sur). - Il avoit le regard et l’administration dessure ses frères. - Ils passèrent au pont deseure la rivière de Yonne.

Destouiller (débarrasser).- La vie est si entouillée que on ne la sait par quel coron destouiller.

Destourber (troubler).- Je n’ai nulle puissance de faire autre mal que de toi resveilier et destourber.

Destourbier, Destourbe (trouble).- Il avoit fait moult de dommages et de destourbiers.

Destroit (difficile, formel). - Et leur étoient vivres et fourrages si destroits que à peine en pouvoient-ils recouvrer. - Et y laissa son neveu que moult aimoit, dont il étoit à coeur moult destroit et courroucé. - Sans trop destroit commandement, il ne se fut avisé de dire et faire ce que il disoit et fesoit

Destroit [au] (enfin).

Destroitement (formellement).- Et leur mande le roi destroitemeut et sur la tête, que ils ne laissent nullui entrer en leurs lieux.

Desvéer, Déveer (refuser). - Mais le capitaine de la cité lui desvée. - Les pas d’Arragon étoient desvéés et clos. - Ils ne trouvèrent nullui qui leur dévéât.

Desvier, Desvoyer, Dévoier (égarer).- Oncques en nul suspecion ni trahison ne la desvièrent. - La grâce du Saint-Esprit qui renlumine les coeurs desvoiés. - Nous voulons avoir compte du grand trésor de France que vous avez dévoié.

Desvoiement (action de desvoier).

Desvoir (voir désavaniageusement).

Déterminément (définitivement).

Détri (délai). - Tant de seigneurs que un détri seroit au nommer.

Détriance (délai). - Quel détriance que il y eut ni que on leur fit.

Détrier (différer).

Détriment (délai).

Deult [il s’en] (de douloir, d’où douleur et deuil). - Il s’en deult grandement.

Dévaler (descendre).

Devenroit [il] (de devenir). - Si devenroit-il bon François.

Dévier (mourir, sortir de vie). - En cette même saison dévia ce noble et gentil comte de Foix. - Le comte de Douglas qui jà étoit dévié. - Et dévia là sur la place.

Devise (projet, conversation). - Les chevaliers qui avoient été à ces devises.

Deviser (parler, reconnaître).- Mets si étranges, qu’on ne les sçauroit deviser.

Devissierre (qui devise, qui imagine, comme on dit emperière, empereur).

Dextre (droite).

Dextrier (cheval qui prend la droite). - Le roi trouva en dehors de l’église, sur le dextrier, le duc de Lancastre.

Di (jour ; d’où toudis et puissedi).

Dicque, Dicke (digue).- Deux autres villes plus avant, en allant sur la marine et sur les dicques.

Dicter (poétiser, mettre en vers). - Les quelles choses, par l’imagination que je avois eu de dicter et ordonner le livre, le comte de Foix ouït moult volontiers.

Dient [ils] , ils disissent, ils distrent (de dire). - Si distrent : c’est bon que nous avisons et regardons aux ordonnances des batailles.

Diffame (déshonneur ; d’où diffamer). - Il n’avoit eu, devant ce, aucun reproche de diffame.

Dilation (délai).

Dîmage (possession de dîmes). - Et se fit mettre, par la vertu des bulles du pape, en possession du dîmage.

Dispensation (dispense).

Dispersement, Despersement (çà et là).

Divin (devin). - Donc il est divin, dis-je ? ou il a des messagers qui chevauchent de nuit avec le vent.

Dobst [il] (de devoir). - Cette dure et périlleuse aventure lui devoit et dobst être toute sa vie un grand mirouer.

Doiez [vous] (de devoir). - Pourquoi vous doiez venir sur nous.

Doint [qu’il] (de donner).

Doler, Doloir, Douler (plaindre).- Les tailles étoient si grands que les plus riches s’en doloient et les povres s’enfuioient. - Les tailles étoient si grands que toutes gens s’en douloient.

Dommageable (portant dommage).

Dondaine (machine à lancer de grosses pierres). - Vez ci venir le trait d’une dondaine que ceux de l’ost laissèrent aller.

Donroit [il] (de donner).

Doublet (chemise).- J’étois en pur mes doublet sur le parement.

Douer (donner en douaire). - L’argent est vôtre, car le comte de Foix vous en doit douer.

Doulouser (s’attrister). - Qui les vit démener et doulouser en eût eu pitié. - Tout le peuple s’en doulousoit amèrement.

Doutance, Doute (crainte). - Pour la doutance de ces gens-là.

Douter (craindre ; d’où redouter).

Doy (deux). - Et là furent appelés Chandos et Aquitaine, doy rois d’armes. - Et tant que cils doy forts seront miens.

Doye [qu’il] (de devoir). - Vous n’êtes mie en arroy que le roi doye maintenant parler à vous. - Je n’ai fait chose dont me doye jà repentir.

Drap (habit. - Vêtus d’uns draps tout pareils. - (Etre des draps de quelqu’un, c’est être de sa suite, habillé à ses dépens).

Droiture (droit).

Dru (gai, épais). - Et dru semées sont les tours.

Druqueman (drogman et truchement). - Tels paroles, et plus grands assez, avoit-il oui dire les latiniers et druquemans, qui transportèrent le langage de l’un à l’autre.

Du (avec le). - Il contraindit ses ennemis du leur même.

Ducoise (duchesse).

Dueille [qu’il se] (de douloir). - Cette chose ne peut longuement durer ainsi, que le pays ne s’en perçoive et dueille.

Duire (conduire, lever). - Si il l’a jeune, il la duira et ordonnera à sa volonté,

Duit (élevé, habitué à). - Et tantôt, comme bien duit, s’en vint asseoir sur le poing du roi. - Les deux chevaliers étoient très bien appris et duits de tels besognes.

Durement (beaucoup). - Le chevalier qu’ils aimaient durement.

E - 235 mots

Ébattement (plaisir).

Ébattre [s’] (s’égayer)

Ébaudissement (joie). - Et eut eu grand ébaudissement entre eux et un grand ébahissement entre leurs ennemis.

Ébaudir [s’] (s’égayer).

Écheller (prendre d’assaut & l’aide d’échelles).

Écluser (fermer comme par des écluses). - En plus de quarante lieux elle était éclusée des morts qui y étoient versés et couchés.

Écrions [nous] (d’écrire ). - Si écrions à Gand.

Écueillir [s’] (se préparer à, réunir ses forces pour). - Et étoient adonc en volonté et tous écueillis de venir. - Et s’écueillit, et saillit outre par dedans les barrières. - Le quel coursier s’écueillit à courir et emporta le chevalier malgré lui.

Écuyerie (classe des écuyers). - Chevalerie et écuyerie.

Effréamment (avec effroi). - Et criant effréamment moult haut.

Effondrer (engloutir, ruiner). - Et ceux qui le plus effondraient son trésor.

Efforcément (avec effort).

Efforcer (faire effort, renforcer). - Et se sont efforcés et efforcent du roi de France.

Effoudre (ouragan). - Une effoudre et un orage si grand descendit du ciel.

Effréer (effrayer).

Effroi (bruit). - Il sentit l’effroi des chevaux qui venoient derrière lui.

Éhidé, eshidé (épouvanté ; de hideur, crainte).

Élargir [s’] (devenir prodigue, large, plein de largesses). - Et s’élargit le roi, pour l’amour de ses frères, de quant qu’il put faire.

Ele, elle, esle (aile, largeur). - Les archers sur èle et les gens d’armes au front. - Quatorze lieues de long et autre-tant d’èle. - Si gagnerions volontiers aucune chose sur les beaux oiseaux qui s’envolent sur elles et qui vont voler leurs bannières.

Éliseur, elliseur (électeur). - Les éliseurs de l’empire d’Allemagne.

Ellisirent [ils] (d’élir). - Ceux de Lussebonne qui ellisirent le maître de Vis à roi.

Elm (ancien gentilhomme et comte en Angleterre ; du mot elder, d’où elderman et earl).

Éloigne (éloignement, retard). - Nennil, nennil, n’y quérer nulles éloignes.

Élonger, eslonger, esloingner (éloigner). - Il partit de nuit sur fleur de coursier et esloigna les Escots.

Embarrer (enfoncer). - Il lui embarra son coutel au corps.

Embasmer (embaumer).

Embatailler (ranger en bataille).

Embattre (rencontrer, tomber). - Ils s’embattirent au milieu de ces deux embuches.

Emblaiement, emblavement (obstacle). - Afin que nul emblaiement ou empêchement de guerre ne se remit en Ecosse.

Emblaver (emballer). - Ce fut un trop grand emblavement, et trop sans raison.

Embler (enlever, échapper). - Deux cents archers, les quels étoient emblés de leur garnison de Calais.

Embrider (brider).

Embûcher, embuscher (faire des embûches).

Embuschement (embuscade).

Emouvement, esmouvement (excitation). - S’avisèrent aucuns chevaliers, par l’esmouvemeqt du seigneur de Werchin.

Empainte, empeinte (attaque). - Et ardirent en une empainte plus de soixante villages. - Et se tinrent cette seconde empetnte moult vassalement.

Emparlé (qui parle aisément). - Le sire de Mauny qui sagement était emparlé.

Empenner (mettre en plumes). - Quand cil bel oiseau fut tout empenné.

Emperière (empereur et impératrice). - Charlemaine qui fut emperière de Rome. - Elle avoit été nourrie à l’hôtel de l’emperière de Constantinoble.

Empoindre (frapper en piquant). - Et l’empoindit de telle manière qu’il le porta tout jus oultre la croupe de son cheval.

Emprès (près).

Empunaiser (rendre puant, punais). - Et leur jetoient par leurs engins chevaux morts et bêtes mortes et puants pour eux empunaiser.

En (on). - En lui répondit.

Énamourer (rendre amoureux). - Il s’énamoura du chevalier.

Enchartré (enfermé ; on dit encore : tenir en chartre privée). - Il eut enchartré ou fait mourir son frère.

Enchas (combat, rencontre). - Là eut cette journée grand enchas et dur.

Enchu (de encheoir, tomber).

Enclorre (renfermé). - Ils enclorrent, etc.

Encombre, encombrer, encombrier (embarras). - La duchesse Valentine faisoit tout cet encombrier pour parvenir à la couronne de France. - Si par sa faute ils eussent reçu dommage ni encombrier. - La roine qui vouloit garder son pays de tous encombriers.

Encombrer (embarrasser). Leur péché leur encombre.

Encontre (rencontre).

Encontrer (rencontrer).

Enconvenancer (promettre).

Encoste (à côté). - Il a bien d’encoste lui le fils de celui qui s’appelle Jean de Béarn.

Encoudre (enfoncer, cacher). - Et s’encousit l’épée tout parmi les cuisses jusqu’aux hanches. - Et lui encousirent la lettre en ses draps (habits). - Chevaux étaient tout encousus de sagettes.

Encoulper (inculper). - Pas n’en encoulpons leurs maîtres.

Encourtiné (enveloppé de courtines, rideaux). - Le dit escharfault encourtiné à manière d’une chambre.

Encuser (accuser).

Endementres, endementiers (pendant). - Endementres que leurs maîtres séoient à table.

Enditter (informer). - Et les endittèrent de tout ce que vous avez oui. - Ils furent tout endittés de ce qu’ils devoient faire. - Et furent endittés et ordonnés pour aller en messagerie devers le comte.

En droit (à l’égard de ; opposé de envers). - Endroit soi s’apercevra bien que.

Enfannonner (garnir d’un fannon, drapeau). - Un page du roi portoit une lance toute enfannonnée de soie.

Enfantosmé (épouvanté par des phantômes).

Enfardeler (empaqueter, mettre en fardelle ; d’où fardeau). - Et firent trousser et enfardeler draps, robes, etc.

Enfelonner, enfélonnir (irriter). - Cette parole enfelonnit le coeur du prince.

Enferré (enchaîné). - Et fut enferré de trois paires de fers.

Enfès (enfant). - L’enfès étoit encore jeune assez. - Le roi vueil-je bien déporter, car c’est un enfès.

Enflamber (enflammer). - Si furent tout enflambés de ire.

Enfondre (écraser).

Enforcer, enforcier, enfortier (fortifier, prendre par violence). - Et pour ce qu’il avoit toujours douté que le comte de Montfort n’enforçât le droit de sa jeune nièce. - Il emmenoit avec lui tous ceux qui se pouvoient aider pour enfortier son armée.

Enfraindre (enfreindre). - Si nous savions aucun, des nôtres qui l’enfrainsit ou violât.

Enfrener (brider, mettre un frein).

Engigneur (ingénieur, faiseur d’engins, machines). - Un maître engigneur d’appertises et de la nation de Genève. (11 s’agit ici d’un sauteur de corde).

Engin (machine, ruse),

Engorger (écouter en murmurant sourdement dans la gorge). - A ce record étoit messire Jean de Ghistelle qui engorgeoit toutes les paroles du chevalier.

Engrigner, engrignir (courroucer). - Ce fut une chose qui moult engrignit et enflamma ceux de Gand.

Enhardissement (audace). - Par le fait et enhardissement seulement de quatre cités.

Enhidé (épouvanté). - Et chéoient l’un sur l’autre, tant étoient-ils fort enhidés.

Enlangagé (qui parle aisément). - Le sire de Mauny qui sagement étoit enlangagé. - Et fut sire de grand avis et bien enlangagé.

En-my, emmy (au milieu de).

Ennort, ennortement (conseil). - Par l’ennort de l’ennemi qui oncques ne dort.

Ennorter, enorter (exhorter). - Et s’ils avoient été mal enortés, tout ce leur pardonnoit-il bonnement.

Ennoi (ennui). - Je ne veux pas réjouir mes ennemis de mon ennoi.

Ennuis et plutôt enuis et envis (d’invitus ; malgré soi, avec peine).- Hommes de la ville, nous vous aurons encore ennuis.

Ennuit et anuit (cette nuit). - Grand’foison de Gantois gissent ennuit moult près de cy. - Or pensez ennuit comment vous leur pourrer faire relation demain.

Enpenné (emplumé, garni de plumes). - Qui traioient grand carreaux enpennés de fer et les faisoient voler outre le pont.

Enrugni (rouillé). - Les autres étoient armés de haubergeons tout enrugnis.

Ensegever (orner).

Enseigne (indice, preuve).- Si mandement n’en avoit et enseignes de son seigneur.

Enseller (seller).

Ensépulturer (ensevelir). - Et fut le corps de l’enfant porté aux frères mineurs et là ensépulturé.

Enserrer (enfermer).

Ensommeler (placer sur des bêtes de somme). - Et firent charger, trousser et ensommeler tous leurs harnois. - Quand ils eurent tout troussé et ensommelé leurs chevaux.

Ensongne, Ensoigne, Ensoingne, Essoigne (soin, embarras).

Ensonnier, Ensoigner, Ensoingner, Essonnier (embarrasser, prendre soin).- Ils ensonnioient les Anglois - Faites arbalétriers traire avant, pour ensonnier les Flamands.

Entalenté (disposé à). - Quand on fut avisé et entalenté de le mander. - Et étoient si entalentés du mal faire que on ne pouvoit résister à l’encontre d’eux. - Endementres que vos gens sont entalentés de bien faire.

Entandis ( pendant). - Entandis que les Anglois chevauchoient, il demanda.

Entérinement (entièrement).- Si comme vous nous jurâtes à tenir entérinement et franchement.

Entoiller, Entouiller (embarrasser ; de touillis, embarras). - Et si avoient jà les nouveaux chevaliers d’Angleterre commencé l’escarmouche, par quoi on étoit ainsi entoillé. - Et pour ce qu’il sentoit le pays entouillé. - Il n’étoit pas encore heure, tant que la chose fut mieux entouillée. - Tant étoient fort entouillés l’un en l’autre.

Entouller (garnir de toile).

Entrecoler (embrasser).

Entrementiers, Entreus, Entrues, Entrementres (pendant ; en italien mentre). - Ils se mucèrent entrementiers que les autres se combattoient. - Entrues que nous entendions aux défenses. - Entrementres qu’on étoit en ce parlement.

Entretant (pendant), - Entretant qu’ils dormiroient.

Envaye, Envahie (attaque).

Envéoit [il] (d’envoyer).- Pas n’y venoit, ni apparoit, ni envéoit,

Envieillir (vieillir).- Cest dommage que un tel prince envieilliat ni muert.

Environnément (autour, à l’environ). - Ils mirent le siège environnement

Envis (malgré soi, invitus).

Envoisent et Voisent [qu’ils] (qu’ils aillent).- Que à lendemain au matin leur conseil envoisent sur la Tamise.

Epandre , Epardre (disperser). - La bataille étoit tout épandue. - Le conseil s’épardit.

Epantrer (écraser). - Boniface reversa de sa tête contre les carreaux de la chaussée et eut toute la tête épantrèe.

Eporon, Esporon (éperon).

Erraument (promptement).

Errer (se hâter). - Ils ne cessèrent de chevaucher et d’errer tant qu’ils vinrent.

Esbanoïer (égayer).- Et quand ils se furent esbanoïés ils s’en retournèrent à leurs hôtels.

Escacher, Escacier, Eschacier (chasser, poursuivre, bannir).- Il y avoit là le plus des eschacés de Grantmont.

Eschandel (scandale). - Dont grand eschandel courait parmi le royaume.

Eschandeliser (scandaliser, divulguer). - Telles aventures sont tantôt eschandelisées et sçues.

Escharcement (peu). - 11 y avoit assez escharcement de vivres.

Escharfaut (échaffaud). - Sur la rue avait un escharfaut et sur l’escharfaut un châtel. - Et avoit sur l’un de lez des lices fait grands escharfauts paur les seigneurs voir la bataille des champions.

Escharguète, Eschauguète (poste).

Eschargueter, Eschaugueter (euvironner de sentinelles).

Eschars (économe). - Et fut en son temps le plus eschars que on sçut.

Eschellement (escalade).

Escheoir (tomber). - Ils eschèirent - Si tu eschies ès mains de tes ennemis.

Eschever, Ecchiver, Eskiever (esquiver).- Pour eschever les périls. - Il n’eskievoit nul homme.

Esclamasse (clameur). - Le roi vous hait pour l’esclamasse du peuple dont vous êtes trop fort accueilli.

Esclarcir (éclaircir). - L’écuyer du Portingal qui est ici a esclarci moult fièrement.

Escliper (embarquer). - Et esclipèrent en mer et singlèrent à pouvoir.

Esclisser (glisser). - Le fer du glaive esclissa à mont en coulant.

Esclistre (éclair).

Esclos (traces). Et suivit au pas les esclos de messire Pierre de Craon. - Jamais ils n’eussent suivi les esclos des Anglois. - Il suivit radement les esclos des Anglois.

Escondire (refuser). - Ce Bénédict n’escondissoit nulle grâce.

Escondit, Escondite (refus). - Nul escondit ne m’en pourrait ôter. Pour escondite que la dame en put et sçut faire.

Esconser (coucher). A soleil esconsant. - Ils étoient esconsés eutre arbres, où on ne les pouvoit voir pour les feuilles.

Esconvenue (défaite, déconvenue). - Lors commença à parler de la défaite et esconvenue de Juberot.

Escouir (agiter, secouer).- Et escouy son épée et la laissa aller.

Escourcir (couper, raccourcir). - Mais on leur escourcit leur chemin.

Escourgiée (verge, le même que Courge). Et le fit battre d’escourgiées.

Escran (ravage, le même que Cran). - Et feroient un si grand escran en Angleterre que jamais ne seroit recouvré.

Escrier (avertir).

Escripre (écrire). - Or s’escrisent tous ceux qui aller y voudront. - Tantôt s’escrisirent chevaliers et écuyers. - Il escripvi. - Il escripvist. - Il escrisoit.

Escrutiner (examiner). - Qui veut bien escrutiner votre lignage, vous êtes du droit estoc de St. Edouard.

Escueillir (disposer, agiter). Les chrétiens sont escueillis à faire un grand fait. - L’un des piquenaires escuelt sa pique.- Ce comte Derby étoit bien escueilli de bouter un grand trouble en Angleterre.

Eshanché (estropié). - Dessous qui son cheval étoit eshanché.

Eshider (effrayer). - Si fut tout eshidé et à bonne cause. - Si en eut cette nuit grand’foison de noyés en l’Escaut, qui s’eshidoient et qui sauver se vouloient.

Eslai (élan).- Si s’élancèrent de plein eslai. - Et se boutèrent en eux de plein eslai. - Si se férirent en l’eau de plein eslai.

Esle, Ele, Elle, Hèle (aile) - Si eurent nos gens conseil de faire deux esles de bataille.

Esliescer (réjouir, mettre en liesse).

Esmay (effroi, émoi). - La bonne dame fut en grand esmay.

Esmayer [s’] et s’Esméer (s’effrayer).

Esmouver (exciter).

Espain (privé). - De toutes douceurs propices à leurs complexions, les François étoient tous espains.

Espaissement (d’une manière épaisse) - Les archers tiraient si ouniement et si espaissement.

Espardir, Espardre (disperser).

Esparse (peu peuplée, en parlant d’une ville). - Poitiers qui est moult esparse.

Esparsement (d’une manière éparse, confusément). - Et se logèrent les seigneurs esparsement.

Esparsin (confusion, dégât). - Ils espéraient faire grand esparsin. - Et firent un grand esparsin.

Espartir (répandre, partager).- Ces nouvelles s’espartirent.

Espés, Espesse (épais).- Je ferai par enchantement l’air si espès.

Espessement (d’une manière épaisse, pressée).

Espécial (spécial).

Espécialté, Espécialité, Espéciauté. (particularité).

Espéciaument (spécialement).

Espie (espion).

Espoentable (épouvantable). - Une pestillence de mortalité très grande et très espoentable.

Espoir (peut-être). - Le roi de France espoir que vous n’avez pas bien en grâce, ni il vous, est mort. - Espoir accompagné de soixante chevaux. - Espoir n’y pourrez-vous retourner.

Espoire [Je] (d’espérer). - Si comme je l’espoire. - J’espoire que demain nous aurons besogne.

Esponde (bord). - Et s’assied sur l’esponde de son lit.

Esprier (épervier). - Ils avoient fait venir chiens et oiseaux pour leurs déduits et espriers pour les dames.

Espringale (machine & lancer des pierres).

Esprohon (épervier). - Ainsi comme esprohons se boutent entre oisels gentils.

Espronner (éperonner).

Esquiffer (monter sur un esquif). - Quand ils furent esquiffës en la mer, le vent changea.

Esracher (arracher).

Esramie (envie). - Donc, ainsi que par esramie, tous ces seigneurs s’étoient cueillis en un grand désir de là venir.

Essanner (mettre hors de sens). - Il étoit tout essanné.

Essart (ravage). Le captal eût fait un grand essart en France.

Esseuler (être seul, isoler). - Comment le comte de Flandres se esseula.

Essielle, Esselle (échelle).

Essoinne (affaire, embarras). - Toutes paroles et essoinnes mises arrière.

Essaingner (perdre son sang).

Establer (mettre en étable, écuries, d’où connétables), - On ne savoit où chevaux establer. - Il ne demeura oncques pour establer ni loger un cheval.

Estache (pieu, pilotis). - Encore étoient les estaches du pont en l’eau. - Dessous les fourches avoit un estache et une grand’chaîne de fer.

Estaindre (éteindre) - Le grand désir que l"on a aux choses estaind le sens.

Estal (place, demeure). - Et là rendirent estal les chevaliers, tout combattants.

Estamper (marcher, errer) - Ils ont tous estampé en ces marais.

Estançon (étai, pieu). - Sur six ou huit estançons ils auroient fait tantôt nouvelles maisons.

Estant (debout ; de stando).- Si j’en étois cru, il ne demeureroit en estant forte maison de gentilhomme. - Et furent le roi et les seigneurs en estant sur leurs pieds, en chambre de parement, près de deux heures, en oyant ménestrels de bas métier. - Il ne se put tenir en estant. - Et dit qu’il n’y lairoit ni châtel ni forte maison en estant.

Estaple (étape, du mot anglois staple, lieu d’entrepôt et d’examen).- Le maître de l’estaple des laines de toute Angleterre.

Estatut, Statut (loi, statut).

Estekis, Estequis (combat d’estoc). - Là eut bon estequis des uns aux autres.

Estelle (étoile). - A la première porte Saint-Denis y avoit un ciel estellé.

Ester (se tenir debout, rester). - Si vit devant lui ester messire Bertrand de Glaikin. - Adonc entra le comte en autres paroles et laissa certes ester. - Et laissa ester monseigneur Geoffroy.

Esteuf (éteuf, balle de jeu de paume).

Estiquer, Estoquer (combattre d’estoc, enfoncer). - Si estiquèrent devant eux un gros planchon. - Et commencèrent à estoquer sur ces chevaux.

Estoch, Estoc, Estocq (race). - Cet Bourgeois qui d’estoch et d’extraction avoient demeuré en la ville de Calais. - Vous êtes du droit estoc et génération de saint Edouard. - Laquelle venoit du droit estocq de Bretagne.

Estoffément (avec pompe).

Estoffer (fournir, approvisionner).- Quelque bonne prise dont nous estoffions nos superfluités et jolietés.

Estorber (troubler). - Il veut estorber ce royaume d’Angleterre. - Quand, sans loi et justice faire, il estorbe son royaume.

Estordre (arracher ; d’où extorsion).

Estorér (établir). - Notre loi est dès le commencement du monde faite et estorée. - Là où fut estorée la noble Table-Ronde.

Estouiller (débrouiller). - Jean Lyon qui ne tendoit qu’à entouiller tellement la ville de Gand envers le seigneur que on ne la pût estouiller.

Estour (combat). - Là eut un grand estour et dur. - Là, de petit de gens, eût ftit bon estour.

Estourmie (mêlée). - Et ne se fut point la chose ainsi départie qu’il n’y eut autres estourmies, après les lances faillies.

Estourmir (attaquer, assembler en foule ; de turma). - Et chevauchèrent en la ville, et l’estourmirent grandement.

Estrain (paille ; de stramen).

Estraingne, Estraigne (étranger).- On lui dit que ce avoit été par la coulpe des chevaliers estraignes. - Trop volontiers il jangle et bourde à tous chevaliers estraingnes.

Estralndre (embarrasser, serrer). - La chose leur estraindoit. - Sitôt que Aymerigot tint ta main du châtelain, il la tira à lui et l’estraindit moult fort.

Estraine, Estrine, étrainne ; d’où étrenne). - Je vous donne en bonne étrainne ce faucon.

Estraniére (drapeau). - Si avoient dessus leurs mâts grands estranières à manière de pennons, armoyés des armes de Castille. - On feroit estranières de cendal si belles que merveilles seroit à penser.

Estrasse (extraction).- Or je vous ai dit l’estrasse de messire Bertrand de Glay-Aquin.

Estremir (jouer de l’épée). - Il trait le coutel et commença à estremir.

Estrif, Estrivée (lutte ; à l’estrif, à l’envi). - Ils montoient sus à l’estrivée.

Estriver (lutter). - Nous ne sommes mie assez forts pour estriver contre la puissance du roi de France. - Il veut estriver contre l’aiguillon.

Estuart (intendant, du mot anglois stewart). - Ce gentil chevalier avoit été un grand temps souverain estuart de l’hôtel du roi ; c’est-à-dire en françois, maître et sénéchal.

Estuper (étouffer). - Une couste de vieille toile enfumée pour estuper le feu.

Esvigourer (donner de la vigueur).- Ils travaillent moult à esvigourer leurs gens.

Esvoiturer (persuader, amener à persuasion). - Car dur sera à l’esvoiturer aux notonniers.

Esvoyé (sorti de voie, égaré).- Il est tout esvoyé et mal conseillé.

Etancher (soigner, sécher). - Et faites diligence qu’il soit étanché de ses plaies.

Etançonner, Estançonner (broncher). - Et férirent sur les targes si grands horions, que les chevaux étançonnèrent.

Etrange (étranger).

Eur (bonheur ; on dit encore : il n’y a qu’heur et malheur). - Ils eurent l’eur de passer oultre.

Evvous (voici). - Evvous le roi de Castille ! - Evvous venir chevauchant monseigneur Guichard de Beaujeu. - Evvous venir mon sire Guy de Gauville, monté sur fleur de coursier, la targe au col, le glaive au poing.

Exaulcer (élever). - Pour exaulcer notre foi. - Car toujours on exaulce les victorieux et abaisse-t-on les déconfits.

Excommuniement (excommunication).

Excusance (excuse).

Excusation (excuse).

Exemplier (donner exemple). - Ce fut une plaie envoyée de Dieu pour aviser et exemplier le clergé des grandes superfluités que ils fesoient.

Exil, Essit (destruction).- Et en mit encore grand’foison à exil. - Tout le pays fut allé en exil et à perdition.

Exiller, Exillier, Essiller (ravager).

Exurper (usurper). - Ils avotent exurpé les grands profits du royaume de France.

F - 111 mots

Fagoter (faire des fagots). - On alla aux bois lointains et prochains et commença-t-on à fagoter à grand’-plenté.

Faigny [il se] et Faindy (ïl s’épargna ; de faindre). Et il même a l’assaut ne se faigny mie.

Falloir, Faillir (manquer). - Il failloit. - Il faloit.- Il fauldra.- Il sauroit de ce peuple quelle chose il leur failloit.

Faim (désir). - A peine pouvoit le roi dormir, pour faim de voir celle qui puis fut sa femme.

Faing (foin).

Faindre, Feindre (dissimuler, se sentir faible, cacher son intention). - Cils qui nullement pour leur honneur ne se fussent faints.

Faint (faible).- Je ne vous le dis pas de faint courage.

Faintise (faiblesse). - Par lâcheté ou par faintise de coeur.

Fais, Faix (quantité, monceau). - Si s’efforcèrent de jeter grosses pierres a fais.

Fait [à] (à mesure). - Et à fait qu’ils étoient outre, se mettoient en un aulnoy. - Après venoient ceux de l’ost courant, à fait qu’ils étoient armés.

Faitis (joli, élégant). - Actéon fut un appert, faitis et joli chevalier.

Fallace (fourberie). - Cette ribaudaille qui sème tous les jours tels jangles et fallaces.

Faiticement (agréablement).

Falourder (tomber).

Falourdeur (orgueilleux, présomptueux)

Fame (bruit). Selon la fame qui couroit.— Voix et fame coururent un tems en Angleterre.

Familleux (affamé). - Ils sont familleux.

Fardage (fardeau). - Marchands de Montpellier sont là dehors et leurs fardages.

Fautre (fourreau ; en allemand foderat). - El mit l’épée en fautre.

Fautrer (engainer).

Féal (loyal).

Féalement (loyalement).

Féauté (loyauté).

Feint (faible). - Nous répondions à leur langage à feinte voix.

Feintise (faiblesse, ruse).

Fel (cruel). - Et regarda que sa guerre en seroit plus felle et plus dure. - Il n’est si felle guerre que de voisins et amis.

Fellement (durement). - Et répondit en regardant moult fellement.

Félon, Félonneux, Félonnesse (cruel, dur). - Là eut grande bataille et félonnesse. - Là eut reproches moult félonnesses entre eux.

Félonner [se] (s’irriter). - Philippe d’Artois se fëtonna de ce que on ne lui avoit demandé premièrement l’avis de sa réponse.- Adonc se félonna le roi.

Félonnie (colère). - Donc dit messire Jean de Hollande qui étoit encore en sa félonnie. - Si lui mua le sang en félonnie et en courroux, et dit, en tirant hors une dague.

Fener (faire les foins). - On avait fené et fauché les prés.

Fermail (agrafe).

Fermeté (fermeture, barrière). - Hors de la vflle et fermeté de Calais.

Férir (frapper).- El là eut bonne escarmouche et dure, et lancé trait et féru. - Il férit.

Fesist [il] (de faire). - Le roi d’Angleterre ne vouloit maïs qu’aucun hobant s’en fesist.

Festier, Festoyer (fêter). - Et ses ondes avoient festié la fête de saint Georges.

Feurre (paille, paillasse). - Et se bouta entre la couste et la feurre de ce povre litteron.

Feurre (fourreau). - En tirant son épée hors du feurre.

Fiable (auquel on peut se fier).

Fiablement (avec confiance). - Le roi se découvrit à lui fiablement de ses besognes.

Fiance (confiance).

Fiens (foin). - Couvert d’estrain et de fiens.

Fierte, Fiertre (châsse).- Et là gît, en fierte moult riche, le corps du benoît saint - La fiertre de saint Thomas, qui tant est digne et riche, n’étoit pas sûrement à Cantorbie.

Figurer (comparer). - Ils se figuroient au peuple d’Israël que le roi Pharaon d’Egypte tint long-temps en servitude. - Et figuroit son voyage à l’emprise et voyage de son cousin le duc d’Anjou.

Finer (trouver). - Telle compagnie qu’il pourroit finer.

Flael, Flagel, Flaiaus, Flaiel (fléau d’une porte, et fléau, fouet, verge, peste). - Et trouvèrent la clef du grand flael qui clooit - De bonnes coignées que ils avoient ils coupèrent le flaiel de la porte.

Flaireur (odeur ; d’où flairer). - La flaireur de la mer leur griève.

Flambe (flamme). - Et l’ardirenl et fut en flambe.

Flaschier, Flaschis (étang). - Et avoient au devant d’eux un grand flaschier plein d’eau dormante. - Entre la bataille et les gens de Rasse de Harselles avoit un grand flaschis tout plein d’eau.

Flassarse (couverture). - Leurs vêtures étoient de gros boureaux et gros draps, ainsi que on fait les flassarses des chevaux.

Flote (troupe, foule).- Chevauchent-ils tous en flote ? - Et bien étoient en flote environ trois cents.

Flotternel (pourpoint, casaque). - Le duc se désarma de toutes pièces et se mit en pur son flotternel, et donna ses armes à l’image.- Le fer lui perça ses plattes et sa cotte-de-mailles et un flotternel empli de soie retorse.

Flun (flux, et fleuve ; de flumen). - Il y avoit entre eux un flun de mer et une rivière. - Le flun de la mer.

Foisonnable (fourni à foison). - Vous demeurez en contrée assez foisonnable de peuple.

Fol (démesurément). - Ils sentoient le duc de Berry fol large ; c’est-à-dire trop prodigue.

Folier (faire une folie). - Si nous avons abusé ou folié, à eux en est la coulpe et non à nous.

Fonde (fronde, machine propre à lancer de grasses pierres).

Fondre (morfondre).

Forain (étranger ; à forain, en dehors, hors des limites, des cordes de la lice). - C’est pour gens d’armes forains un povre pays. - Et le roi jouta comme les autres à forain pour conquerre le prix par armes.

Foraineusement (d’une manière étrangère). - Cette aventure lui étoit foraineusement venue et par beau fait d’armes.

For-bourg (faubourg).

For-celer (cacher ; d’où receler). Il fût ordonné que nul hôtelain en son hôtel ne for-celât arcs ni sagettes qui fussent aux Anglois.

Forcennerie (fureur ; d’où forcené). - Ce est une cruelle forcennerie quand on détruit sainte chrétienté

Forcener (devenir fou). - Si cuida bien forcener d’anoi.

For-clos (enfermé par dehors)

For-conseiller (mal conseiller).- Et les amit (accusa) qu’ils for-conseilleroient le roi.

Forére (bord pris en dehors)., - Et prirent la forère du bois.

For-faire (mal traiter, se compromettre). - Sans rien forfaire ni à corps ni à biens.- Si nous descendons ères sur eux pour combattre, nous nous forferons trop grandement.

Forfait (violation des lois). - Et se pouvoient armer les chevaliers et écuyers de cette terre sans forfait.

For-hâter (trop hâter).

For-mener (vexer). - Leurs ’gens avoient été for-menés.

Forment (fortement). - Ils l’honorèrent forment.

Formeur (celui qui forme). Dieu, sire du ciel et de la terre, et formeur et ordonneur de toutes choses.

For-passer (passer hors).

Fors (au dehors).

Fortuneux (fortuit). - Et par espécial des incidences fortuneuses. qui advinrent de son temps.

Fosse (terme de blason).

Fosse (cachot). - Après commanda le comte qu’il fût mis dans la fosse, et il le fut, et là mourut.

Fosser (creuser). - Ils firent fosser grands fossés parfonds. - Et eut là en convenant de remplir ce que fossé avoient

Fosseur (faiseur de fossés, fossoyeur)

Fossoyer (entourer de .fossés).

Fouage (taxe sur chaque feu),

Foui [il] (de fuir). - L’autre écnyer s’en foui.

Fouir (creuser ; d’où enfouir). - Ils firent fontaines et fouirent au sablon dont ils eurent eau douce. - Là fouirent et houèrent et piquèrent tant que la moitié de la tour s’ouvrit.

Fouler (maltraiter, opprimer, blesser).- Ce foula durement la ville.

Fourbir (raccommoder, nettoyer, panser). - Et fourbirent leurs plaies.

Fourfaire, Forfaire (vexer, opprimer). - Que nul ne fourfesist l’abbaye, ni de veu ni d’autre chose.

Fournier (boulanger). - Il versa jus de son cheval droit à l’encontre de l’huis d’un fournier.- Et quand les fourniers avoient cuit

Fourreur, Fourrier (qui fourrage).

Frai, Frais, Froi, Froie (trace, bruit ; d’où frayer). - Si se mirent au froi des Anglois. - Ils sentirent le froi des chevaux derrière eux. - Et entrèrent au froie des chevaux.- Et avoient proprement en leurs chevaux le vent et la fleur et le froie des leurs. - Et tenoit chacun son chemin, sans point sortir des frois.

Frayer (dépenser, faire des frais). - Et moult ont frayé les traiteurs qui ont été par delà la mer traiter. - Vous l’avez tenu ici où il a grandement fraié.- Il n’avoit rien fait, fors que frayé et dépendu grandement et grossement.

Frainte, Freinte, Friente (bruit).- Ils entrèrent ens sans faire frainte. - Les gardes commencèrent à faire friente et à corner.

Franc (homme libre, par opposition à vilain). - Et vinrent plus de douze mille hommes, que francs, que vilains.

Frémaillet (petit fermail, agrafe, boucle). - Et leur donnoit fremaillets à chacune, selon qu’il considéroit qu’elle le valoit.

Frés (frais).-Si il eût fait frès et pluvieux.

Freschiére, Fresquière (fraîcheur). - Puis sur le soir, à la freschiére, nous chevauchâmes vers Orihez. - On ot conseil que, une heure devant soleil couchant, et à la fresquière, on assaudreit.

Fretable (coûteux). - Cette guerre est trop frétable pour vous.

Frète (passage, détroit, escarpement). - Ils trouvèrent en tournant une frète et passèrent outre. - Abattre frètes, remplir vallées.

Frische (éIégant).

Frischeté, Frisqueté (élégance, vivacité). - Là pussiez voir entre ces nouveaux chevaliers toute frisqueté, joliveté et apperteté,

Frisque (gai, nouveau). - La frisque dame .- Gens d’armes frisques croissoient toudis.

Frisquement (vivement).- Que frisquement et vassalement se défendit.

Frongnier (s’agiter). - Le cheval de messire Jacques qui sentit ces chevaux des Anglois, se commença à hennir, et à frongnier et à frapper du pied en terre.

Fronter, Frontier (parcourir en suivant la frontière) - Et toujours à quarante ou cinquante lances frontoit-il les frontières du Limousin. - Et s’en vinrent chevauchant tout frontiant le pays. - Ils les suivoient frontians Angleterre.

Fuer (usage, loi, impôt).- On les pairoit parmi un certain fuer que il fût ordonné. - Selon li fuer commun de la ville - Parmi un certain fuer que il y fit mettre.

Fuer [au] (à fur). - Fesons loger nos gens au fuer que ils viennent

Fuere (paille, fourrage).

Fumeux (violent). - Ce pape étoit trop fumeux et trop mérancolieux.

Fumiére (fumée).

Fuster (piller). - Après la prise de la ville et que les Anglois l’eussent toute fustée. - Et pillèrent et fustèrent la chambre de l’archevêque. - Quand ils eurent le lundi fusté et pillé l’abbaye de Saint-Thomas de Cantorbie. - A leur département ils fustèrent et robèrent toute la ville. - Ils iroient ébattre et fuster les maisons des chevaliers.

Fusterie (chantier, dépôt de bois). - Il vint en Avignon et se logea en la grand’fusterie.

G - 66 mots

Gabe (moquerie).

Gabeleur (percepteur des gabelles).

Gaber (moquer, railler). - Et se gaboient les Espaignols de lui. - Et on n’en fesoit que rire et gaber.

Gabois (raillerie).

Gailles (plaisanterie). - Et la dit le duc de Bourbon plusieurs paroles et gailles pour faire rire les rois.

Gaires (guère).

Gait (guet). - Et firent la nuit deux gaits, chacun fait de la moitié de l’ost.

Gaiter, Gueter (guetter).

Galée, gallée (bateau, vaisseau). - Quatre galées de Sarrasins.

Galer (s’amuser). - Il avait usage de galer et de solecier après dîner.

Gallo (galop) ; - Et venoient plus que les gallos.

Gambler (promener).- En gambiant lui et moi ès allées, à l’issue de la chambre du roi à Eltham.

Gangler (causer familièrement). - Et gangloit à ses gens.

Garant [àj (en sûreté). - Il ne savoit où se traire à garant ni à conseil.

Garite (guérite). - Ceux qui se tenoient en leurs garites.

Garnache [la] (le vin de Grenache). - Et buvoient la garnache et la malvoisie chez Lombards, et rien n’en payoient.

Gars (garçon).

Gary (guéri). - Et te tint tant qu’il fut gary, au palais de l’évêque.

Gave (nom des rivières en patois).

Geline (poule).- Il n’y avoit ni chien, ni chat, ni coq, ni geline. - Plus de deux mille chefs de poulailles, chapons et gelines.

Genestes (genêt, plante)..-Grand’foison de ronces et de genestes et d’autres menus bois.

Genet (petit cheval d’Espagne).

Geniteur (cavalier monté sur un genet).

Gerfaut (faucon, oiseau de proie). - Le seigneur de Milan m’envoye gerfauts et faucons. - Et aussi blancs faucons qui se nomment gerfauts.

Gertier (jarretière). - L’Ordre du bleu gertier.

Gésine (couche). - En cette gesine n’étoit pas bien haitiée.

Gésir, et geu au participe (coucher). - ils gésissent. - Combien que ils gésissent là moult honorablement. - ils avoient geu aux chaumps et ès forêts. - Il en avoit geu en prison.

Ginestre (genêt, arbuste). - Et ne trouvoient que ginestres et broussis.

Ginet (petit cheval espagnol). - Il étoit monté sur un ginet léger et bien courant.

Gipon (jupon). - Il voit les pendans de la boursette au gipon de son fils.

Gippon (bottines).

Gistes, gites (jetées). - Tellement croisé de grand merrien et d’estaches parmi les gistes du pont.

Gogues (goguettes). - Un jour que le prince de Galles étoit en gogues.

Gonfanon (étendard).

Gonfanonnier (qui porte le gonfanon). - Comme gonfanonnier de pape Urbain.

Gonne (robe ; en anglais gewn). - Quant Aymerigot fut revêtu de nouvelle gonne et appareillé. - A ces paroles se leva moult tôt et affubla une gonne. - Douze cents bourgeois de Paris tous à cheval et vêtus tous de gonnes de baudequin vert et vermeil. - La duchesse de Berry le bouta sous sa gonne et le couvrit pour eschiver le feu.

Godailler et goudailler (homme qui fait débauche ; de deux mots anglais, good-ale, bonne bière, homme qui boit beaucoup de good-ale ; de là le verbe godailler et le mot populaire godailleur). - Et l’avoient les vilains Londriens godaillers accueilli en grand’haine.

Goudale (bonne bière ; de deux mots flamands, gut, bon, ale, espèce de bière).

Gracier (remercier).

Gramment (grandement).

Grand (grandeur). - Ils se vêtoient de cottes et d’habits ensemble, car ils étoient aucques d’un grand et d’un âge.

Grave (grapin). - Pourvus d’échelles cordées, à graves de fer pour jeter sur les murs et attacher aux guérites.

Graves (lieux situés sur le bord des rivières et couverts de sables mouvans ; d’où gravier). - Il y a très mauvais pays à chevaucher pour les graves.

Greigneur (majeur) - Si se sauvèrent la greigneur partie.

Grésilllon (chaîne). - Allemands contraignent les gentils hommes en double prison de ceps, de fer, de bois, de grésillons, etc.

Grever (faire du mal).

Grèves (guêtres). - Mes chausses et mes grèves sont jà toutes emplies de sang.

Grief (douleur). - De ce mal de dents avoit-il si grand grief que merveilles étoit.

Griefté, grièveté (malheur, choses graves). - Le peuple de Calais qui a souffert moult grieftés.

Griéver (faire mal). -.Autant bien leur griève l’odeur de la mer comme elle fait aux gens.

Grigne (mécontentement). - Il fut informé des grignes qui étoient entre le prince et lui. - Ainsi étoient en grignes le prince et les seigneurs de Gascogne.

Grigner (grincer). - A ce point grigna le roi les dents.

Grigneur, Greigneur, Gringnour (plus grand)

Grigneux (affligé, colère). - De ces réponses fut le comte tout grigneux.

Gris (petit gris). - Ils sont fourrés de gris.

Gros (monnaie). - Le vin n’y valoit que deux gros. - Un vies gros.

Guerdon, Guerredon (récompense).

Guerdonner (récompenser).

Guériter (garder).

Guerpir. (quitter. Le composé déguerpir s’est conservé). - Voujez-vous ainsi laisser et guerpir la bonne cité de Paris ? - Ni oncques les chevaliers les élriers n’en guerpirent. - Ils eurent conseil emble qu’ils guerpiroient leur pays. - Pourquoi me voulez-vous guerpir et trahir.

Guerrier (guerroyer).

Guet, Gait, Gaite, Guay (guet).

Guiclier (homme à pied mal armé)

Guidement (conduite). - Ils chevauchoient au guidement de.

Guignée, Guignie (coignée, coup de coignée). - Lors commencèrent ils a férir de grandes guignées.-Tous tenants haches et guignies pour couper les bois.

Guisarme (pique-armée d’une hache à deux tranchants).- Férus de grandes coustilles et guisarmes.

H - 88 mots

Haatie (le même moi que atine, débat, querelle).- Haatie fut là prise entre le roi et le duc, pour cinq mille francs à gagner sur celui qui dernier seroit venu à Paris. - En cette haatie ni entreprise je n’y vois nulle raison.

Hâble (port). - Ils furent dedans cinq jours au hâble du Port de Portingal.

Hahay (tumulte, confusion). - Ils se boutèrent au hahay.

Haible (port, havre). - Il entra sauvement et sans péril au haible de Lisbonne. - Encore conquit-il quatre vaisseaux sur eux et les amena en sa compagnie au haible.

Haier (faire des haies, mettre en haie).- Chevalier, écuyers et gens d’armes se haièrent tout autour du roi.

Haitié (sain, bien portant, en bonne santé, calme, en parlant de la mer). - Et entendirent les haitiés à remettre à point les navrés. - Ainsi s’en vinrent parmi cette mer qui lors étoit haitiée et montroit qu’elle eût grand’plaisance d’eux porter.

Hamelel (petit hameau).

Han (poignée). - Et empoigna son épée par les hans.

Hanap (grande coupe). -Et tenoient en leurs mains hanaps d’or.

Hanste (manche de lance, bois de lance). - Il rompit la hanste de lez le fer. - Les glaives rompirent environ un pied en la hanste.

Hantable (qui hante). - Et pour ce qu’il étoit hantable de la ville de Gand.

Hante et hamp (bois de lance). - Et adonc prit-il la bannière par la hante.

Hantise (fréquentation). - La hantise fait l’amour.

Hardelée (trousseau, monceau). - Ils trouvèrent une grande hardelée de clefs qui là étoient.

Hardement, hardiment (hardiesse) - Tous et toutes se merveilloient du bardement du chevalier.

Hardoier (aiguillonner).

Harier, hérier (fatiguer).

Haro (bruit). - Le haro commença à monter.

Hart (gibet). - Sur la hart.

Haste, hanste (broche, bois d’une lance ; de hasta). - Et lui rendirent la bannière par le hanste.

Hastéement (promptement). - Il savoit que hastéement auroit autres nouvelles de lui.

Hasterel, haterel (cou). - Il fut saigné au hasterel, ainsi comme ils ont d’usage à faire leurs saignées en Lombardie, quand ils veulent à un homme avancer sa fin.

Hâtement (en hâte).

Hâter (poursuivre). - Ils étoient là si près hâtés, qu’ils n’osoient ouvrir leur barrière.

Haterel (cou, nuque du col). - Et lui fut mis le dit collier de fer au haterel. - Là fût consuivi d’un coup de glaive au haterel.

Hatie et ahatie (querelle). - Vous devriez mieux aimer la généralité de votre royaume, dont vous vivez, que les paroles, hâties et présomptions de deux chevaliers.

Hâtiveté (précipitation). - Non par bobaut ni par hâtiveté, mais par avis et par humilité.

Haulmier (faiseur de haulmes, armurier). - Et fesoient ouvrer les Parisiens nuit et jour ces haulmiers.

Haustre (hautain). - Tant savoient crueux et haustres les Londriens. - Les Londriens sont crueux et haustres.

Haustrement (hautainement). Le comte maréchal a trop dur parti, car on lui a baillé haustrement sa peine.

Hautaineté (hauteur, fierté). Il le sentoit de grand’hautaineté.

Hauteresse, hasteresce (hauteur). - Et le prince de Galles les perdit par sa hauteresse.

Hautiereté, hastiereté (hauteur ;. - Le roi Philippe de France et le roi Jean, son fils, les avoient perdus par hastiereté ; aussi fit le prince.

Havelle, havêne, havre (havre, port). - La greigneur partie étoient envoyés des ports et des havènes d’Angleterre.

Haver (creuser). - Et commencèrent à haver et à piquer de pics et de hoyaux.

Havet (crochets). - Ils avotent grands crocs et havets de fer tenant à chaînes.

Hayé (rangé en haie). - Et étoient ces 800 chevaliers hayes et rangés d’une part et d’autre

Héent [ils] (ils haïssent). - Ceux de Bruges nous héent

Héoit, hayoit [il] (il haïssoit). - Tel hayoit le père qui servira le fils.

Herbergage (logement, auberge). - A ces tours avoit bon herbergage.

Herberge (gîte ; mot resté en allemand, pour désigner les auberges où descendent les ouvriers).

Herberger (donner asile).

Héréditablemeni (en héritage).

Hérier (hériter).-Le duc de Guerles hérioit sa belle tante la duchesse de Brabant et son pays.

Hérier, harier (maltraiter). - Monseigneur le roi me hérie et me veut hérier.

Hérite (hérétique). - Vous répondrez que vous êtes hérite ; et tenez bien pette opinion.

Herle (volée de cloches). - Sonner leurs cloches à herle.

Herlos (maraut). - Et tu, herlos, en veux-tu parler ?

Hermi [mois de] (août ; les Allemands disent hey-monath, mois de la fenaison pour le mois de juillet. Il est probable que Froissart se sera servi du mot allemand ou plutôt du mot flamand francisé). - L’air au dehors étoit malement chaud, ainsi comme il est au mois de hermi. (Le comte de Foix mourut en effet le 12 août.) - Il étoit en plein le mois de hermi que le soleil par droiture étoit en sa greigneur force.

Heut [il] (il eut).

Hideur (crainte ; d’où hideux, qui fait hideur, qui fait peur). - Il entra en hideur et aima plus à être occis que ars.

Ho (arrêt). - Il n’y a entre eux nul ho.

Hocher (remuer). - Et quand il le trouroit dormant, il lui hochoit son oreiller.

Honnir (faire du mal, vexer, maltraiter). - Il les honniroit s’il pouvoit - Le roi de Navarre honnissoit tout le pays. - Le roi avoit honni son royaume.

Hoppelande (houpelande). - Vêtu d’une povre et simple hoppelande.

Hoqueton (vêtement mis par-dessus l’armure).

Host (armée ; de hostis).

Hostagerie (otages, fonction d’otage). - Il envoya trois cents des plus notables à Lille et à Douay en hostagerie.

Hostagier (otage).

Hosteler (loger en hôtel). - Après qu’ils furent là venus et hostelés.

Hostoier (guerroyer, foire la guerre). - Car les montagnes de Navarre sont trop froides en hiver pour hostoier.

Hôtelaire (maître d’hôtel). - Il fut ordonné que nul hôtelaire en son hôtel ne mit hors de voie par manière de convoitise, arcs ni sagettes.

Houer (se servir du hoyau).

Houète (pic). - Ceux du Franc de Bruges étoient armés la greigneur partie de maillets, de houètes et de chapeaux de fer.

Houille (houe).

Houilleur (ouvrier qui se sert de la houille ou houe).

Hour (échafeud). - Là étoit l’appareil ordonné très grand de loges et de hours, ouvrés et charpentés pour la roine et les dames.

Hourdé (escorté). - Lui bien hourdé de cent lances et de bonnes gens d’armes.

Housé (chaussé). - Et se mettoient-ils plusieurs au retour mal montés, mal housés et tous descirés.

Housse (pantalon ; les Anglais ont conservé hose, caleçon et bas).

Houssé (botté, couvert de housse).- Il se mit en chemin tout de pied, houssé et éperonné. - Ainsi étoient-ils vêtus et houssés dessus leurs armures et tout parés de leurs pleines armes.

Houssement (housse). - Parés de leurs armes dont les houssements alloient jusques à terre.

Housseaulx (guêtres ; de housse, bas).

Hoyer (creuser avec le hoyau).

Hu (bruit). - Le cri et le hu en vint jusqu’à l’ost.

Huche (coffre).

Hucher (appeler), - Il hucha un huissier ; on ouvrit l’huis de la chambre.

Huée, huyée (bruit, réputation, cri). - Sur tous en avoit la huée le gentil chevalier messire Gautier de Mauny. - Là eut grand-huyée des Anglois.

Huer, huier (crier). - Je me repens de ce que j’ai huié et fait huier mes chiens sur lui. - Cil méchant peuple huoit si haut que il sembloit que tous les diables d’enfer fussent entre eux.

Huis (porte). - Si brisèrent les huis

Huiseuse (oisiveté). - Il convenoit qu’il se retrait de ses jeunes huiseuses.

Hunes (bord). - Si étoit la hune trop roide.

Huron (paysan). - Grand foison de hurons qu’on disoit mineurs.

Hus (bateau).

Hutin (bruit).

Hutiner (faire du bruit).

Huy (aujourd’hui).

Huyée (cri ; de huer, crier). - Là eut grande huyée des Anglois.

2ème partie du glossaire

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