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L’histoire de l’Abbaye de Saint-Cybard d’Angoulême, par Joseph Nanglard (1893)

D 19 mars 2009     H 23:33     A Pierre     C 0 messages A 4110 LECTURES


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Le "Pouillé Historique du Diocèse d’Angoulême" est le fruit d’un travail colossal de l’abbé Joseph Nanglard. Dans un style précis et sans fioritures, il nous permet d’avoir une vision complète de l’histoire de cette abbaye dont les origines remontent probablement au 6ème siècle. Elle serait l’une des toutes premières abbayes de cette région.

Source : Pouillé historique du diocèse d’Angoulême - Bulletin de la Société Archéologique et Historique de la Charente - Année 1893 - BNF Gallica

L’Abbaye de Saint-Cybard, O. B.

L’abbaye bénédictine de Saint-Cybard d’Angoulême, dite encore de La Vallée, de Valle, ou des faubourgs, de Suburbiis, ou sur la Charente, super Carentoniam, à cause de sa situation sous les murs de la ville, dans la vallée et sur la rive gauche du fleuve, fut longtemps une des plus importantes de l’Aquitaine. Elle doit son origine et sou nom à saint Cybard, Beatus Eparchius, qui, après avoir fait profession dans le monastère de Sessac, de Sedaciaco [1], vint à Angoulême du temps de l’évêque Aptone II, en 542, y vécut en reclus dans une grotte creusée sous les murs du côté nord de la cité et y mourut en 581, vénéré de toute la région pour ses vertus et ses miracles. Ce saint est honoré comme second patron du diocèse et protecteur de la ville d’Angoulême, Engolïsmensem patronum [2].

Après la mort du saint, le monastère, qui gardait sa dépouille et ses leçons, s’accrut promptement, grâce aux générosités de nos rois, et compta un très grand nombre de religieux. Ceux-ci, lors de l’incursion des Sarrasins et, sans doute, pour échapper plus aisément à leurs poursuites, échangèrent la règle monacale pour la règle canoniale. Ils revinrent à leur premier état quand le danger fut passé, pour le quitter de nouveau lors de l’invasion des Normands et le reprendre définitivement vers 950, à l’instigation de l’évêque Foucauld, du comte Guillaume Ier Taillefer et de son parent Bernard, leurs amis et bienfaiteurs.

L’église primitive, bâtie du temps du saint fondateur, entre sa grotte et le lit de la Charente, avait été consacrée et dédiée à saint Martin par Germain, évêque de Paris, et Euphrone [3], évêque de Tours, qui consacrèrent en même temps la nouvelle cathédrale [4] d’Angoulême, vers 560 [5]. Après la dispersion des Normands, qui l’avaient brûlée le 29 mars 847 [6], elle fut reconstruite sur le même emplacement et consacrée à la fin du règne de Charles le Chauve par Frédebert, évêque du pays de France [7], qui la dédia au saint Sauveur. Elle porta, comme la précédente, le titre de basilique et reçut de nombreuses reliques, parmi lesquelles les corps de saint Cybard, de saint Groux, son disciple, de saint Denys [8], évèque de Paris, et un bras de son consécrateur même, saint Frédebert. Environ soixante-dix ans après, le comte Guillaume Taillefer ajoute à cet édifice un élégant oratoire dédié à la Résurrection.

Cette abbaye avait déjà reçu des rois mérovingiens de grandes possessions et de nombreux privilèges. Charlemagne, en les confirmant, y ajouta de nouveaux dons qui s’accrurent ensuite de ceux que lui firent Louis le Débonnaire et Charles le Chauve. Après ceux-ci, les comtes d’Angoulême, principalement Guillaume Ier et Adémare, la prennent sous leur protection et lui continuent leurs faveurs. Vers 775 [9], elle possédait, dans le diocèse d’Angoulême, les églises de Bonneville, Saint-Cybardeaux, Dignac, Fléac, Saint-Genis-les-Meulières, Gourville, Lanville, Magnac-sur-Touvre, Marcillac, Nanclars, Nersac, Rouillac, Roullet et Torsac ; dans le diocèse de Saintes, celles de Bassac, Fleurac, Jarnac et Triac ; dans celui de Périgueux, Rougnac et Thémolac [10]. Elle paraît avoir fondé peu après l’église d’Aubeville. On lui attribue la construction vers 920 de celle de Saint-Eutrope de Saintes, où elle a eu quelques religieux, mais qui est passée dans le même siècle à l’abbaye de Cluny. En 1117, l’évêque de Périgueux lui reconnaît, dans son diocèse, celle de Saint-Martin de Sales. Geoffroy de Canze, successeur de ce dernier, lui confirme encore la possession de Cercle, Champdeuil, de Campdolio, Montabourlet, de Monteburlano, Notre-Dame, alias Saint-Barthélémy de Bourg-des-Maisons, Paluèau, Montignac-le-Coq [11], Saint-Cyprien, Cussac, Saint-Médard de Chalais, Pompourn, Saint-Pierre de Sales, Saint-Avit de Villars, Saint-Maxime Montmalignac, Valère, alias Valate, et la chapelle de Montaigut, de Monte-Acuto. Le pape Adrien IV, par une bulle du 29 avril 1159, lui attribue encore, dans le diocèse d’Angoulême, avec Saint-Yrieix, Bouex, Tourriers, Vœuil-et-Giget ; en Saintes, Saint-Cybard du château de Jarnac, Sancti-Eparchii supra castrum, Saint-Trojan, près Bouthiers, Verdilles et Orlut en Cherves ; dans le diocèse d’Agen, Saint-Maxence, Saint-Orient, Strades et Theyrac [12].

En 1162, elle se trouve avoir aliéné les églises de Fléac, Saint-Genis, Lanville, Nanclars, Rouillac, Roullet, Rougnac, Fleurac et Bassac, où existe depuis 1009 une nouvelle abbaye bénédictine. Mais, outre qu’elle a conservé dans ces paroisses des biens et droits divers, elle a acquis en retour, comme le constate la bulle d’Alexandre III, de la fin de la même année, Chassors et Saint-Martin de Houlette, en Saintonge, et la chapelle de La Tour-Blanche, en Périgord. En 1172, l’évêque d’Angoulême lui donne l’église de Champmilon. En 1265, on la voit posséder encore Plaizac, Voultron et Les Alleux, dans le diocèse de Saintes, L’Age-Monjau en Jauldes et La Greuse en Garac, du diocèse d’Angoulême. Ces trois localités n’ont que des obédienceries qu’elle y a créées pour la gestion de ses domaines. Il en est de même de La Chise en Saint-Amant-de-Nouhère, Chassaigne en Fouquebrune, La Laigne en Mosnac, Rouffignac et Lavigerie, qui lui furent reconnues en même temps que le prieuré de Chavenac par une bulle du 17 septembre 1337. Elle possède enfin, dès 1298, le prieuré de Chambourn ; en 1409, Verte et Rochefère, de Rocafera [13], en Agen ; de 1394 à 1470, l’église paroissiale de La Tour-Blanche, et en 1470 celle de Maqueville en Saintonge.

Outre ces églises et leurs dépendances, elle a encore des droits dans toutes les paroisses de la ville d’Angoulême, notamment dans celles de Saint-Martin et Saint-Vincent, qui paraissent lui avoir appartenu autrefois, et, dans le reste du diocèse, à Anais, Angeac-Charente, Asnières, Balzac, Béchercsse, Chadurie, Champagne, Champnier, Charmant, Chazelle, Claix, Saint-Claud, La Couronne, Dirac, Échallat, Saint-Estèphe, Feuillade, Garde, Genac, Jurignac, Saint-Laurent-de-Céris, Linars, Mainfont, Marsac, Mérignac, Montmoreau,Mornac, Moulidars [14], Pérignac, Rouillac, Ruelle, Saint-Saturnin, Sireuil, Souffrignac, Soyaux, Touvre, Trois-Palis, Vars, Vitrac, Vouzan ; dans le diocèse de Périgueux, à Pillac ; dans celui de Saintes, à Cressac, Mareuil, Saint-Médard-d’Auge, Montchaude, Montigné, Neuville, Sigogne, Sonneville (Saint-Pierre), Vaux-Rouillac. Tous ces droits lui ont été confirmés par les rois et par les papes. Elle a à Saint-Yrieix, dont l’église est bâtie sur ses dépendances et presque dans son enceinte, droit de haute, moyenne et basse justice [15], ainsi que dans la plupart de ses prieurés.

Cette abbaye, qui avait grandement souffert de l’invasion des Normands, souffrit davantage encore de celle des Anglais. Une enquête du 14 novembre 1448 constate que l’église et les bâtiments sont en ruine et que les religieux ne peuvent plus s’y loger. Dès 1431, on avait songé à reconstruire, mais les ressources manquaient. L’évêque, Jean Fleury, le 2 août de cette année, a exhorté les fidèles à y concourir. Le 29 avril 1447, l’abbé décide que les reliques possédées par le monastère seront, avec la permission des évêques, portées dans les diocèses circonvoisins et exposées à la vénération des fidèles pour en obtenir des aumônes. On poursuit toutes les économies possibles. Un induit du 9 mars 1454 autorise les prieurs locaux à prendre des titres à charge d’âme et à desservir eux-mêmes les paroisses unies à leurs prieurés, nonobstant les constitutions. On voit même, en 1456 et les années suivantes, les religieux prendre à ferme des domaines de l’abbaye, ce qui n’avait été jusqu’ici le fait que de laïques ou de clercs séculiers. Ils se font même les fermiers des biens des abbayes voisines. Pendant ce temps-là, le couvent poursuit la recherche des biens qui lui ont été ravis et dont une bulle du 30 mars 1451, suivie de lettres royaux du 7 juin 1460, a ordonné la restitution. Une nouvelle bulle du 3 mars 1494 est publiée dans le même but, mais les effets en restent encore incomplets. Cependant on a fait quelques travaux en 1450. Ils sont repris pendant la vacance du siège abbatial de 1500 à 1510 et s’achèvent péniblement par la construction de murs de clôture montant du fond des jardins qui bordent la Charente jusqu’aux remparts de la ville. A cette époque, deux prétendants se disputent le titre d’abbé. Des religieux, découragés par tant d’épreuves, songent à se réfugier ailleurs, et des prieurs, comme ceux de Palueau, de Marcillac et le prévôt de Thémolac, tentent de se rendre indépendants dans leurs bénéfices II faut que le Pape intervienne par un bref du 10 mars 1517 pour les faire rentrer dans le devoir.

En 1447, les revenus totaux du monastère et de ses dépendances étaient de près de 12,000 fr. [16]. Alors il y avait cinquante religieux résidants, sans compter les obédienciers dispersés dans les divers prieurés locaux. En 1555, le personnel est beaucoup moins nombreux et les ressources sont tellement réduites qu’un indult du 9 mars de cette année renouvelle la permission donnée, cent ans auparavant, aux profès de faire eux-mêmes le service paroissial de leurs églises. Mais voici venir les sectateurs de Calvin. Ceux-ci infligent à l’abbaye, en 1562 et surtout en 1568, des ruines telles qu’elle ne s’en relèvera jamais. Sa belle basilique a complètement disparu et il faut organiser le service religieux dans le réfectoire, où l’on transporte pareillement le service paroissial de Saint-Yrieix, dont l’église est rasée jusqu’aux fondements. Les religieux ayant repris à respirer dix ans après essaient de récupérer peu à peu ce qu’on leur a ravi. Des lettres royaux leur sont délivrés dans ce but encore le 5 février 1610 ; mais ils voient clairement à cette époque que ce qu’ils ont perdu ne leur retournera jamais.

Cependant les charges augmentent. Aux décimes et dons gratuits se joignent les pensions laïques [17] que les rois n’ont pas cessé d’imposer à cette abbaye depuis 1546. A la fin du XVIe siècle, elle a dû vendre une partie de son domaine de Verdilles pour payer sa quote-part, s’élevant à 550 écus, dans la levée imposée par la bulle du 30 janvier 1586. En 1640, la situation est telle que la communauté doit se répandre au dehors presque tout entière pour trouver sa subsistance. Quinze ans auparavant, le nombre des profès a été limité à dix ; mais il n’y a plus dans le couvent que quatre religieux [18] se partageant tous les offices, sans aucun novice ni postulant pour leur succéder un jour, et presque tous les prieurés sont occupés par des séculiers, malgré le droit et les statuts. Ces derniers s’abstiennent sans motif de se rendre aux chapitres généraux et de payer le mésage. Le chanoine Marc Guilhaumeau, vicaire général de l’abbé, dans le chapitre du 11 novembre 1621, a déploré cette négligence et fait entendre que la plupart de ces prieurs se conduisent en propriétaires de leurs bénéfices plutôt qu’en usufruitiers, prennent des allures de gentilshommes, que plusieurs sont simoniaques et quelques-uns inféodés à la prétendue réforme. Les mêmes lamentations se reproduisent au chapitre de la Saint-Martin 1638. Deux ans après, l’abbé Henry du Reffuge, ayant pris possession, songe à imprimer au monastère une nouvelle vie. Muni de lettres de vicaire spécial de l’évêque, il y fait à la fin d’octobre une visite canonique qui dure vingt jours. On avait, le 23 de ce mois, retouché les statuts et décidé que les offices seraient pourvus par voie d’élection et non de collation. Il rétablit l’ancien règlement, nomme prieur claustral un profès appelé de Saint-Germain-des-Prés, à la place de celui que les religieux avaient récemment élu, fixe à sept le nombre des religieux à admettre et à 240£ la pension de chacun. Il ordonne, en outre, que la clôture sera appliquée immédiatement et la vie commune reprise au 1er janvier suivant. Il exclut en même temps deux des trois servants de chœur, dont le traitement constitue une charge inutile. Les religieux font d’abord quelque résistance et opposent au prieur choisi par l’abbé un certain La Haye, d’origine inconnue. Mais un arrêt du parlement, en date du 4 septembre 1642, donne raison au réformateur, et l’ordre se rétablit peu à peu. Bientôt quelques novices se présentent, et la communauté vit paisible jusque dans les premières années du siècle suivant, composée à peu près constamment de sept profès, non compris les dignitaires. Une aisance relative y est venue et la pension monacale a pu être élevée à 300 £.

Mais voici que se produisent de nouveaux embarras. En 1736, par ordre du roi, on trace à travers le monastère deux routes devant aller du pont de Saint-Cybard, l’une à L’Houmeau, l’autre à la place du Palet. Les religieux s’effraient d’un projet qui doit leur créer de nouvelles dépenses et troubler leur clôture. Leurs revenus, après la part de l’abbé, ne s’élèvent qu’à environ 5,000 £, dont la moitié est absorbée par les décimes et autres charges. Ils ne sont plus que cinq religieux, dont deux étudient encore à Paris. Tous les prieurés sont aux mains de commendataires qui ne paient plus leur redevance à l’abbaye. En 1746, désespérant de voir jamais leur situation s’améliorer, ils proposent leur sécularisation, l’union de leur mense à celle du chapitre cathédral par voie d’extinction et l’abandon des bâtiments à la cure de Saint-Yrieix. Un concordat arrêté sur ces bases entre la communauté [19], le chapitre et l’évêque est présenté au Pape en cette même année, mais ne reçoit aucune suite. Vingt-deux ans après, en mars 1768, un édit du roi, à la suite de propositions de l’évêque, défend de recevoir de nouveaux sujets et ordonne que les menses monacales seront affectées, au fur et à mesure du décès des titulaires, au soulagement des prêtres infirmes, à l’entretien des jeunes clercs et à la dotation de professeurs de philosophie à introduire dans le séminaire. Mais cette mesure est tenue en suspens par un procès que termine, sans rien résoudre, un arrêt du Conseil d’État du 25 mars 1783. Les religieux, toujours opposés à l’édit de 1768, reprennent en 1787 le projet de se fondre avec le chapitre ; mais rien n’est encore conclu lorsque la Révolution vient les disperser.

Les déclarations faites le 2 novembre 1790 évaluent les revenus de Saint-Cybard à 27,500 £ et les charges à 11,800 £. Il n’y a plus alors que trois religieux, qui, après portion congrue servie au curé de Nersac, ont ensemble environ 7,500 £. L’abbé a le reste. Celui-ci payait 140 £ pour décimes en 1515. En 1595, cette charge est réduite à 31 écus 13 s. 4 d. En 1789, l’abbé en paie pour 2,200 £ ; la mense conventuelle et les officiers, ensemble, pour 1,000 £.

L’abbaye de Saint-Cybard est une de celles du diocèse qui ont entretenu le meilleur commerce avec les évêques d’Angoulême et ont le plus bénéficié de leurs faveurs. Quelques-uns ont été de ses profès ; d’autres l’ont gouvernée à titre d’abbés. Presque tous, particulièrement dans les premiers siècles, ont aimé à venir y chercher le repos et le recueillement au milieu des travaux et des agitations de leur épiscopat. Aussi y maintiennent-ils aisément le droit de visite [20], qui leur est si souvent et si durement, contesté dans d’autres monastères de leur juridiction.

Ses statuts, les plus anciens que l’on connaisse, datent de 1369. Ils ont été légèrement retouchés en 1453. Outre l’instruction qui les précède et les complète, ils comprennent vingt-deux chapitres intitulés :

- 1° De fictè et dolosè contractantibus ;
- 2° De inventaribus (inventaires) per manus antistitis, abbatis et administratoris in arcâ ponendis et servandis ;
- 3° De locis non tradendis ad firmam (à ferme) nisi certà solemnitate ;
- 4° De privilegiis et rebus aliis non tenendis extra loca adrninistrata ;
- 5° De conventibus monachorum, proprietaribus et negotiatoribus ;
- 6° Ne victualia in pecuniam ministrentur ;
- 7° Ne seculares deputentur ad victum monachorum ministrandum ;
- 8° Ne mulieres habitent in loco monachorum ;
- 9° De solvendis censibus et redditibus pro alimentis monachomrum seu frumentis consuetis ;
- 10° De creatione monachorum et professione ;
- 11° De forma et honestate vestimentorum ;
- 12° De licentiis eundi ex monasterio ad alia loca monachis sine causa rationabili non dandis ;
- 13° De monachis ad beneficia mittendis et modo conversandi in eis ;
- 14° De esu et abtinentiâ carnium ;
- 15° De missarum celebratione, et confessione et communione ;
- 16° De decanis [21] et propositis aliisque promovendis ;
- 17° De monachis obtinentibus bénéficia in monasteriis alienis ;
- 18° De obtinentibus beneficia ex collatione aposlolicâ, quod sicut cœteri sint subjecti ;
- 19° Quod antiquus monachorum nullus teneat in beneficio àc procurationes solvant ;
- 20° De collapsis monachis in religione ;
- 21° De mendicante ad ipsum ordinem asserente se translatum ;
- 22° De conspiratoribus.

Les officiers claustraux ou dignitaires du couvent, après l’abbé, sont, dans l’ordre suivant, les prieur, sous-prieur, chantre, chambrier, sacriste, aumônier, infirmier, réfectorier et cellérier. Ces deux derniers offices, créés au XIIe siècle, ont disparu avant la fin du XIVe. L’abbé, jusqu’à l’arrivée des commendataires, vers 1475 [22], est élu en assemblée capitulaire. Le chapitre comprend, avec l’abbé, tant qu’il est régulier, tous les officiers claustraux, tous les prieurs locaux et obédienciers et un délégué de chaque prieuré conventuel lorsque le nombre des religieux y résidant le permet. Il se réunit chaque année à l’abbaye, le 11 novembre, fête patronale de l’ordre. C’est à cette date que le mésage est payé. Il se réunit, en outre, chaque fois qu’il en est besoin, sur la convocation de l’abbé, si celui-ci existe en règle, ou, sinon, du prieur claustral.

Il s’est tenu dans l’abbaye de Saint-Cybard d’Angoulême au moins deux chapitres généraux de l’ordre. Mais on n’a de détails que sur le dernier, qui siégea en 1439, du 24 juin au 1er juillet. On y vit 350 religieux. Ils firent deux processions à la cathédrale, dont une le jour de Saint-Cybard, et sortirent, outre plusieurs ornements, soixante-trois chapes de diverses couleurs, qui, après les fêtes, furent replacées dans l’arca, trésor du couvent. Toute la ville d’Angoulême prit part à ces grandes manifestations.

Les prieurés dépendant de cette abbaye sont : dans le diocèse d’Angoulême, Champmilon, Chavenac, Saint-Cybardeaux, Dignac, Gourville, Marcillac, Nersac, auxquels s’ajoutaient autrefois Aubeville, L’Age-Monjau, Bonneville, Tourriers, Vœuil, avec les obédienceries de Chassagne, alias Les Alleux, Chambourn, La Chise, La Greuse et La Vigerie ; dans celui de Périgueux, Thémolac (prévôté), Cercle, Palueau, Sales, Saint-Jacques-L’Hermite et Brégerac, obédiencerie ; dans celui de Sarlat, Pompourn, avec l’obédiencerie de Rouffignac ; dans celui de Saintes, Chassors, Jarnac, avec ses dépendances de Saint-Gilles et Saint-Cybard, Montigné, Plaizac, Triac, Verdilles et les obédienceries de La Laigne et d’Orlut ; dans celui de La Rochelle, Voultron ; enfin, dans celui d’Agen, Theyrac. Ils sont, comme les offices claustraux, pourvus par l’abbé. On en trouvera plus bas les monographies.

L’abbaye a, en outre, le patronage des cures des mêmes lieux, ainsi que des suivantes : Saint-Yrieix et Bouex [23], diocèse d’Angoulême ; Saint-Trojan, près Bouthiers, dans celui de Saintes ; Strades, par Theyrac, et Saint-Amant, dans celui d’Agen ; Saint-Hilaire de Montignac-le-Coq, Notre-Dame du Bourg-des-Maisons et Saint-Sébastien de La Tour-Blanche, dans celui de Périgueux ; Saint-Maxime de Montmalignac, Saint-Médard de Chalais, Saint-Cyprien, Saint-Avit de Villars, Cuzac (archiprêtré d’Autrix) et Saint-Pierre de Felac, dans le diocèse de Sarlat.

Liste des abbés

- 1. SAINT CYBARD, SANC TUS EPARCHIUS, fondateur et premier abbé, naquit vers 504, selon la croyance commune, à Thémolac en Périgord, de Félix, surnommé Aureolus, et de Principie. Il fut d’abord secrétaire de Félicissime, comte ou gouverneur de Périgueux, son aïeul, puis religieux au monastère de Sessac [24] en Saintonge, où il passa cinq ans selon les uns, vingt-deux ans selon les autres. Il vint à Angoulême en 542, sous l’évêque Aptone II, qui, secondant son désir de vivre en reclus, lui donna pour demeure une grotte creusée dans le roc, sous les murs de la ville, du côté du nord. Il vit promptement de nombreux disciples se grouper autour de lui et former la communauté qui le prit pour conducteur et père. Il mourut dans sa grotte en 581. Sa vie a été écrite en 1851 par le pieux et savant évêque d’Angoulême, Mgr Cousseau. Elle l’avait été déjà par l’évêque Hugues Ier, de 973 à 990.

- 2. MARTIN Ier, selon quelques-uns, paraît sous Pépin le Bref ; selon d’autres, il fut mis à la tête du monastère par Charlemagne. C’est de son temps que les religieux prirent pour la première fois l’habit canonial, qu’ils laissèrent bientôt pour reprendre l’habit religieux.

- 3. RUSTIQUE, RUSTICUS, est cité vers 800.

- 4. HILBOD, HILBODUS, est fait abbé en 825, selon la Petite Chronique de l’Angoumois.

- 5. ARNOUL, alias ARNULFE, ARNULFUS, est élu en 839, selon la même Chronique.

- 6. LAUNE, LAUNUS, est fait évêque d’Angoulême et continue à gouverner l’abbaye jusqu’à sa mort, peu après 860.

- 7. GOMBAULD, GUMB ALDUS, est fait de même évêque d’Angoulême vers la fin du IXe siècle et reste sim. abbé jusqu’à sa mort, en 940.
Islon, Islo, clavier, est qualifié d’abbé, notamment en 916, dans l’acte par lequel Gombauld impose une taxe sur les vignes plantées à moins de deux milles de la ville d’Angoulême et dans un autre acte de juillet 923. Mais il n’est que le représentant de l’abbé, celui-ci ne pouvant pas résider dans l’abbaye à raison de sa charge d’évêque.

- 8. MARTIN II parait en juillet de la sixième année de Louis d’Outre-Mer, soit en 942, après avoir été administrateur de l’abbaye de Saint-Cybard pour Gombauld, ainsi que de celles de Brantôme, de Saint-Cyprien de Poitiers et de Saint-Jean-d’Angély [25]. Il est contesté et évincé par le suivant.

- 9. MAYNARD, MAYNARDUS, paraît en 945. Il est de la famille de nos comtes, qui l’ont soutenu contre le précédent et le secondent dans la restauration de son monastère. Guillaume Ier Taillefer lui donne les églises de Montignac-le-Coq (Périgueux) et de Sainte-Eugénie (Saintes). Maynard fait reprendre à ses religieux l’habit monastique à la place de l’habit canonial en 947. On le voit encore en 950.

- 10. ITIER, ITERIVS, succède à Maynard peu avant 960 et laisse une bonne mémoire.

- 11. GUIGOU, GUIGO, abbé de Saint-Martial de Limoges, est fait sim. abbé de Saint-Cybard sous le comte Arnauld Manser. Selon la Gallia Christiana, il serait mort dans ce dernier monastère le 29 septembre 990 ou 991.

- 12. GRIMOARD, GRIMOARDUS, gouverne l’abbaye dès 982, soit en titre, soit comme délégué du précédent, retenu dans son monastère de Saint-Martial. Mais il en est abbé titulaire et possède, en outre, la prévôté de Thémolac l’année où il est fait évêque d’Angoulême, en 991. Il l’est encore à sa mort, en 1018.

  • Bernard, Bernardus, qui signe quelquefois comme abbé, n’est que le vicaire ou délégué de Grimoard. Il assiste en 1010 au synode de Poitiers.
  • Raynald, Raynaldus, a été comme le précédent, simple délégué de l’abbé et évêque Grimoard.

- 13. RICARD, RICARDU S, élu après la mort de Grimoard, accompagne le comte Guillaume II en Terre-Sainte et meurt pendant le retour, dans une ville de la Grèce.

- 14. AMALFRED, AMALFREDUS, qui avait suivi le même comte [26] à Jérusalem, est nommé à son retour en 1024. On le voit encore sous le comte Geoffroy, après 1030.

- 15. JOFFROY, JOFFREDUS, paraît vers 1040.

- 16. JOVIN, JOVINUS [27], paraît dans une charte de 1075 relative à la fondation de Saint-Etienne de Vaux.

- 17. HUGUES Ier, HUGO, profès de Saint-Jean-d’Angély, paraît vers 1080, sous l’évêque Adémare. En 1108, il remet à l’abbé de Saint-Martial de Limoges l’église de Saujon, Saljonensis, que l’abbaye de Saint-Cybard retenait depuis longtemps, on ne sait pourquoi. En 1117, l’évêque de Périgueux lui confirme la possession de l’église de Saint-Martin de Sales et l’évêque de Saintes lui reconnaît celles de Chassors, Triac et Verdilles. En 1120, il accepte une donation de P. Seguin et sa femme en Champmilon, en même temps qu’il reçoit leur fils Odon pour être moine. Eu 1128, Guillaume, évêque de Saintes, lui donne l’église de Saint-Cybard, bâtie récemment à Jarnac.

- 18. HÉLIE Ier, HELIAS, parait en 1139 dans une charte par laquelle l’évêque de Saintes lui confirme la possession de Verdilles. On le voit encore en 1146 et 1149 dans des chartes relatives à l’abbaye de Saint-Amant-de-Boixe.

- 19. SEGUIN, S1GUINUS, reçoit une bulle du 29 avril 1159 confirmative des droits et possessions de son abbaye. Il parait encore dans un traité avec Itier de Peudris, intervenant Guillaume, abbé de Brantôme, et Chalon, archidiacre d’Angoulême.

- 20. GÉRALD, alias GÉRAULD, GERALDUS, accepte en 1161 de Pierre Ier, évêque d’Angoulême, le patronage de l’église de Bouex. Il reçoit en 1162 la bulle d’Alexandre III confirmant les possessions et droits de son abbaye. En 1164, il obtient que la fête de saint Denys, titulaire de l’autel de la grotte, soit célébrée sous le rit double avec procession. En 1169, du consentement de Jean, évêque de Périgueux, il unit l’église de Notre-Dame des Maisons à celle de Saint-Cybard de Cercle.

- 21. RANOULF, alias RAOUL, RANULFUS, reçoit en 1171 un hommage de Baud, chevalier de Gourville. En octobre 1172, il accepte l’église de Champmilon. En 1191, le comte Aymar lui donne droit de chevauchade en Saint-Yrieix. En 1206, il figure dans une transaction entre l’abbé de Saint-Amant-de-Boixe et le curé de Saint-André. Il meurt en 1218.

- 22. ADÉMARE, ADEMARUS, traite, en novembre 1220, avec le prieur de Peyrac au sujet de certains droits en Rougnac. Le 25 mars 1223, jl accepte une donation faite en Champmilon par P. de L’Oume, de Ulmo, et reçoit en 1224 un hommage de Guillaume de Montmoreau.

- 23. HUGUES II, HUGO, parait en 1228.

- 24. HÉLIE II, HÉLIAS, défend en 1229, devant l’évêque Jean II, au sujet des droits de son abbaye.

- 25. GUILLAUME, WULLELMUS, parait en 1231, 1232 et 1234.

- 26. ITIER II, ITERIUS, en mai 1238, vidime, avec l’abbé de Saint-Amant-de-Boixe, une charte de 1222.

- 27. ROBERT, ROBERTUS, profès de Charroux, paraît en 1240. Il traite en 1250 avec Agnès de Chambre, abbesse de Saint-Ausone, et en 1259 avec Itier de Gourville, chevalier, sur l’avis de l’évêque de Périgueux. Le 20 août 1265, il reçoit un hommage de Geoffroy de Lusignan, seigneur de Jarnac et de Châteauneuf. Le mardi de Pâques 1274, il acquiert les dîmes de Veynac.

- 28. HÉLIE III CHARREAU, alias CHAREL, CHARELLI, paraît le 4 février 1275 et présente, le 9 janvier 1277, un curé pour Jarnac. Précédemment curé de Verdilles, il en garde le titre jusqu’à la fin de 1277. En 1273, il était encore prieur de Champmilon. Il surveille l’exécution d’un testament fait en 1284 en faveur de son abbaye par Ermangarde de Saint-André. Le 14 août 1298, il achète l’île dite de Chauffer [28], près de l’écluse de ce nom, et, peu après, une partie de Chalonne, moyennant 50 sols de rente. Il résigne peu avant 1317, se réservant le mainement de La Garbelière, près de Saint-Saturnin, sur lequel il paiera une rente de 60 sols. Il vit encore et jouit de sa réserve le 15 mars 1318.

- 29. HÉLIE IV, HELIAS, parait dès 1317 et, le 16 janvier 1318, cède aux Juifs d’Angoulême, moyennant 2 sols de rente, un terrain appelé le Feyrau [29], à l’ouest et sous les murs de la ville, pour y faire leur cimetière. On le voit encore en 1323, dans un traité avec Galhard de Fougères, évêque d’Angoulême.

- 30. AYMERIC de ROFFIGNAC, AYMERICUS de ROFFINHACO, parait le 8 février 1325 et meurt le 22 avril 1342, quelques semaines après avoir résigné.

- 31. AYMERIC CAILHON, CALHON1S [30], anteà prieur de Cercle, est élu le 19 juin 1342 et confirmé par l’évêque Ayquelin, le 5 juillet suivant, en présence de Guillaume, abbé de Bournet, et Hélie, abbé de La Couronne. Peu après, il ordonne un inventaire duquel il résulte que l’abbaye possède neuf calices, savoir quatre vieux et cinq nouveaux, dont quelques-uns ont été faits par des religieux [31]. Chaque religieux, dans les ordres sacrés, a son bréviaire ; l’abbé en a deux et un missel. Le 16 mars 1343, il donne à cens l’île formée par les deux bras de la Charente en Saint-Cybard [32]. Le 1er juillet 1360, il traite de l’union à sa mense des prieurés de Gourville et de Nersac et meurt peu après.

- 32. BERTRAND CALHON, BERTRANDUS CALHONIS, olim prieur de Palueau, neveu d’Aymeric, parait le 21 septembre 1361, reçoit divers hommages en février 1362 et février 1363. Il figure encore en janvier 1381.

- 33. HÉLIE V. HELIAS, paraît le 6 février 1387. Il règle, le 30 avril 1398, avec l’archidiacre Pierre des Arbres un conflit relatif aux oblations de Saint-Yrieix. Il résigne pour cause de vieillesse et d’infirmités en février 1401, Gérauld Robert, prieur de Jarnac, étant son mandataire à cette fin.

- 34. BONIFACE VASSALE, BONIFACIUS VASSALIS, priùs chambrier, est élu le 9 février 1401, en présence de l’évêque Guillaume V, qui le confirme aussitôt. Le 26 mars 1414, il confère le prieuré de La Chise et meurt après septembre de cette année.

- 35. FOUCHER ROQUE, FULCHERIUS ROQUI, anteà prévôt de Thémolac, parait le 26 mai 1416. C’est sous son abbatiat que se tint, du 24 juin au 1er juillet 1439, un grand chapitre de l’ordre bénédictin, dans lequel on vit 350 religieux réunis. Il permute avec le suivant en novembre ou décembre 1441.

- 36. RAYMOND PELLEJAU, alias PELLEGEAU, RAYMUNDUS PELLEGALLI [33], anteà prieur de Notre-Dame de Barbezieux, O. Cl., olim de Rougefoucantières, de Rubrifucateriis, O. B. (Poitiers), est confirmé à la fin de 1441. Il travaille avec activité et succès au relèvement de son abbaye, ruinée par les guerres. Le 4 mars 1446, il reçoit du Pape la permission de célébrer et bénir pontificalement. Le 7 mai 1464, le cardinal Louis d’Albret, évêque de Cahors [34], l’honore du titre de commensal [35]. Il résigne en septembre 1476 et est fait évêque in partibus de Thaures, Tauriciensis [36], avec droit de résidence dans l’abbaye, restant seigneur spirituel et temporel de Saint-Yrieix, Nersac et La Greuse. Il vit encore le 20 janvier 1489.

- 37. GUY de MONTBRUN, GUIDO de MONTE-BRUNO, sim. abbé de Saint-Amant-de-Boixe, neveu de l’évêque Robert et frère de l’archidiacre Jean, paraît dès le 17 septembre à titre de commendataire. Il fait construire les boiseries du chœur de l’abbatiale, qui sont achevées en 1483. L’année précédente, le 24 janvier, eut lieu une des plus fortes crues de la Charente. L’eau monta jusqu’au plancher des maisons, dont plusieurs s’écroulèrent. Le pont fut rompu et le moulin de l’abbaye emporté. Guy décède le 24 octobre 1486. Il a pris plusieurs fois pour mandataire un Hugues Gastreuil, qui a passé indûment pour abbé.

- 38. JACQUES de CHASTEUIL, sim. abbé de Guitres et prieur de Saint-Léger de Cognac, est administrateur perpétuel au commendataire. Contesté par le suivant, il résiste, mais finit par céder en juin 1489.

- 39. GUILLAUME de MONTBRUN, frère et résignataire de Guy, sim. archidiacre d’Angoulême et prieur de Vaux, de Vallibus, O. A. (Limoges), commendataire, présente, le 20 juillet 1487, un vicaire perpétuel à Champmilon, contestant le droit de Jacques de Chasteuil, précédent, qui en a présenté un ce même jour. Il triomphe de ce concurrent en juin 1489 et meurt le 11 novembre 1500.

- 40. CHARLES de LYVÈNE, régulier [37], est élu, étant chambrier, le 27 novembre 1500 par le chapitre du couvent, qui lui adonné quatorze voix sur vingt.Il se voit contesté par Renauld, alias Réginald de Saint-Gelais, qui n’a eu que cinq voix [38], mais est soutenu par l’évêque Octavien de Saint-Gelais, son parent. Le conflit entraîne une vacance de dix ans, durant laquelle sont administrateurs frères Guillaume Ayz de Meymin, prieur du cloître et de Brégerac, et Jean Girard, sacriste, remplacé en 1508 par Gilbert Petiton. Ceux-ci font voûter le petit chapitre, paver le grand, réparer l’église et les cloîtres et relever les murs d’enceinte des bords de la Charente aux murailles de la ville. Une transaction du mois d’août 1510 maintient comme abbé Charles de Lyvène, qui prend possession le 1er octobre et attribue comme compensation à Renauld de Saint-Gelais, avec une pension de 100 tt, deux prieurés estimés ensemble 700 £ [39]. Charles de Lyvène fait, le 15 septembre 1514, un traité avec le curé de Gourville, au sujet des oblations. Il engage en 1518, contre les de Rouffignac, seigneurs laïques de Gourville, un long procès au sujet de l’hommage qu’ils lui doivent. Charles permute avec le suivant, son neveu, en 1536, pour le prieuré de Fontenet, O. B. (Taillebourg, Saintes), se réservant à titre de soulte les lauds et ventes de l’abbaye, moitié du logis abbatial, avec Nersac, Fustifort en Roullet, Champmilon, Beauregard, La Chise, Gourville, Grange-L’Abbé, moitié des deux forêts de Saint-Yrieix et patronage de tous les bénéfices. Le Pape approuve ces dispositions par bulle du 19 septembre 1540. Charles resta en titre jusqu’en cette année. Il était sim. prieur de Vindelle et abbé de Saint-Martin [40]. Sous son abbatiat arriva un grave accident. Le matin de la Pentecôte, 5 juin 1538, de nombreux fidèles s’étant embarqués au port de Trois-Palis pour aller à Nersac gagner le jubilé concédé en vue de la réédification de l’église de Saint-Michel de Gaillac en Albigeois, le bateau qui les portait chavira et trente-neuf d’entre eux périrent dans la Charente. Le prieur de Pampourn en Sarlat fut parmi les morts.

- 41. FRANÇOIS de LYYÈNE, doct. dr., anteà prieur de Saint-Vincent de Fontenet, est institué par bulle du 4 mars 1537 ; mais son abbatiat ne commence qu’en 1540. Il rouvre la série des commendataires et est sim. chanoine d’Angoulême et curé de Bresdon (Matha, Saintes). Il résigne au suivant, son neveu, le 19 avril 1566, sous réserve de la jouissance de Nersac, Fustifort et Grange-L’Abbé en Saint-Yrieix. Il garde l’abbaye d’Angles, qu’il possède au moins depuis 1559.

- 42. GABRIEL de LYVÈNE, grad., olim curé de Jarnac, parait le 22 mai 1567, sim. chanoine d’Angoulême. Il meurt le 2 février 1587.

- 43. CHARLES BOUCHARD D’AUBETERRE, doct. dr., parait le 9 juin 1587, dans un traité avec le chambrier Aymeric Gilles, qui s’engage à nourrir la communauté, composée de cinq religieux et deux domestiques, moyennant une quantité déterminée de blé, vin, etc. Il meurt en novembre 1596.

- 44. ALBERT de BELLIÈVRE, doct. th., archevêque et comte de Lyon, paraît le 21 mars 1599, dans un acte par lequel il confie à Aymeric Gilles ci-dessus l’administration de l’abbaye. Il résigne au suivant, son frère, en 1604 et meurt en 1621.

- 45. CLAUDE de BELLIÈVRE, archevêque et comte de Lyon, paraît le 24 mars 1606 et meurt le jeudi saint, 19 avril 1612.

- 46. CHRISTOPHE de REFFUGE paraît le 27 août 1614 et résigne au suivant, son frère, en 1640.

- 47. HENRY de REFFUGE, lugdunen., seigneur de Presly-sur-Marne, institué par bulle du 6 juin 1640, est sim. conseiller au parlement de Paris, chanoine de Saint-Quentin de Noyon, prieur de Saint-Auspase (Amiens) et de Saint-Jacques de La Terne. Il travaille à la restauration de quelques parties de l’abbaye et au rétablissement de la discipline. Il meurt en juin 1688.

- 48. JACQUES-JOSEPH de DREUX de NANCRÉ, nommé le 14 août 1688, sim. prieur de Bouteville, meurt fin 1746.

- 49. FRANÇOIS du VERDIER, évêque d’Angoulême, installé le 16 juin 1747, décède le 21 septembre 1753.

- 50. FRANÇOIS DELPIT de SAINT-GEYRAC, doct. th., pourvu par bulle du 28 mars et installé le 4 mai 1754, sim. archidiacre et chanoine de la cathédrale de Périgueux, finit après le 3 juin 1774.

- 51. ARMAND de CHABANS prend possession le 20 mai 1775, Jean Coiffet, archidiacre, étant son mandataire. Il finit en 1779, sans avoir paru dans son abbaye.

- 52. LOUIS-ALEXANDRE de COLLA de PRADINES, sim. aumônier de Mme d’Artois et vicaire général d’Albi, prend possession le 20 août 1779 par Jean Vigneron, son mandataire. En 1791, il possède encore la prévôté et chanoinie d’Albi, valant 10,000 £ et supportant 3,900 £ de charges ; l’abbaye de Saint-Sauveur, alias Notre-Dame des Vertus, d’un revenu de 10,400 £, moins 9,100 £ de charges ; la chapelle de Sainte-Catherine de Brignolle, valant 15 £. Il a, en outre, une pension de 750 £ net sur l’abbaye de Saint-Amand de Marchiennes.


Bénéfices dépendants

De l’abbaye de Saint-Cybard dépendent et sont membres les bénéfices dont l’état suit :

- 1° Bénéfices dans le diocèse d’Angoulême :

  • Prieurés simples.
    • Saint-Clément de Bonneville, Sancti-Clementis de Bonavillâ. — L’abbaye possédait cette église dès le temps de Charlemagne, qui lui en confirma la possession. Le prieuré, fondé alors ou peu après, a dû disparaître au XIVe siècle. Sa valeur est inconnue. L’église est commune à la paroisse. L’abbé confère. On ne connaît qu’un titulaire.
      Ellon de Rofflgnac paraît le 24 juin 1337.
    • Saint-Vincent de Champmilon, Sancti-Vincentii de Campo-Milonis. — Il fut créé peu après la donation faite en 1172 par l’évêque Pierre Lomond de l’église de Champmilon à l’abbaye. Peu important à son origine et qualifié de simple obédiencerie encore en 1258, il s’enrichit dans la suite de quelques dons qui permirent d’y établir une petite communauté. Mais cet état de choses eut peu de durée, et à la fin du XVe siècle il n’y avait plus de résidant que le prieur. Appauvri par les événements de 1568, il cesse d’être occupé et les revenus perçus jusqu’ici par le prieur passent à la mense conventuelle. Dès lors, le prieuré n’existe plus que de nom.
      Les revenus de Champmilon, en vertu de l’acte de 1172, étaient partagés également entre le prieur et le chapelain (vicaire perpétuel). En 1698, chaque part est estimée 600 rt. Le chapelain, par suite d’une convention du 11 novembre 1498, donne au prieur 40 sols pour sa part dans les oblations. L’église est commune à la paroisse. L’abbé confère.
    • Saint-Cybard de Chavenac, Sancti-Eparchiï de Chavanaco, alias de Cavanhaco. — La tradition veut que Chavenac ait été donné à l’abbaye par la famille du saint fondateur. Quant à son église, elle lui a été unie par l’évêque Pierre Lomond, en 1182. Le prieuré a été créé à la fin du XIIIe siècle et sa création confirmée par une bulle du 17 septembre 1337 (1), mise à exécution par l’abbé de La Grâce-Dieu (Saintes). On ne saurait dire s’il a été conventuel. Le titulaire a été de bonne heure dispensé de la résidence, cura conventuque carente. L’église prieurale est commune à la paroisse. En 1790, les revenus sont déclarés pour la somme de 1,200 £ et les charges pour celle de 188 £. En 1515, il paie 8 £ de décimes, et 19 écus en 1595. Le mésage dû à l’abbaye est de 10 £ 15 sols et spécialement affecté à l’infirmerie. L’abbé confère.
    • Saint-Cybardeaux, Sancti Eparchii de Aquis, olim de Illice [41]. — C’est un des plus anciens prieurés de l’abbaye de Saint-Cybard. Il a perdu la conventualité à la fin du XIVe siècle. Le prieur a cessé de résider peu après 1400. L’église est commune, sous le même vocable, au prieuré et à la paroisse. A celle-ci fut affectée la nef septentrionale construite la dernière. Les maisons prieurales, autrefois importantes, sont près et au sud de l’église.
      Le prieur est décimateur partiel de la paroisse, après l’avoir été de la presque totalité jusque vers 1400. En 1414, ses revenus sont tellement réduits par suite des guerres et autres fléaux, qu’on lui accorde à titre provisoire le prieuré de La Chize jusqu’à ce que la sentence du 14 juillet 1453 lui ait rendu ses droits sur le Puy du Bouchaud, de Podio Bocardi, alias Boscardi, Orgeville et Cougoussac, de Cognozaço, alias de Cogozaco. Il ne les recouvre qu’en partie, et encore lui sont-ils constamment contestés jusque bien avant dans le XVIIIe siècle. Il paie 16 £ de décimes en 1515 et 18 écus en 1592. Le mésage dû à l’abbaye est de 32 £ en 1470. Abaissé à 6 £ en 1570, il est relevé à 15 £ 15 s. en 1730. L’abbé confère.
    • Saint-Cybard de Dignac, Sancti-Eparchii de Dinhaco. — Ce prieuré fut fondé par l’abbaye postérieurement à la cure, qui est une de ses plus anciennes dépendances. L’église est commune aux deux bénéfices sous le même vocable. Il est uni à la sacristanie. Ses revenus consistent dans un quartier de dîmes évalué 300 £ en 1630, 840 £ en 1751 et affermé 1,300 £ en 1790. Le mésage était de 45 sols en 1542. Le sacriste est de droit titulaire.
    • Notre-Dame de Gourville-la-Monjau, Beatœ Mariœ de Gorvillâ, alias de Godorvillâ Monacali. — Ce prieuré appartient à l’abbaye de Saint-Cybard dès le VIIIe siècle. Conventuel à son origine, il cesse de l’être vers 1340. Le 15 décembre 1346, le chapitre, comprenant vingt-deux religieux présents, demanda au Pape de l’unir à la mense abbatiale. L’union fut .prononcée et exécutée par l’évêque Ayquelin le 3 octobre 1360. Alors l’abbé devint de droit prieur de Gourville et s’y fit représenter par un sacriste administrateur en son nom et dispensé lui-même de résider, convenlu carente.
      Avant la guerre de Cent ans, le prieuré de Gourville, un des plus riches du pays, valait 500 £ et servait à l’abbaye une redevance de 40 queux de froment, autant de vin et 60 francs en deniers. L’année de son union, il ne valait plus que 40 £. Il devait 54 sols pour décimes en 1515. Il ne s’est jamais complètement relevé de sa ruine, ayant eu à subir de nouvelles et graves déprédations de la part des seigneurs du pays, notamment d’un Guichard de Roffignae et de ses barbets, comme il résulte d’une enquête des années 1523 et 1524. L’église est prieurale et paroissiale sous le même vocable. L’abbé confère.
    • Saint-Michel de Marcillac, Beati Michœlis de Marcilhaco. — L’église de Marcillac appartenait de temps immémorial à l’abbaye de Saint-Cybard, lorsque Charlemagne, peu après son avènement, lui en confirma la possession, vers 775. Un prieuré simple, régulier, mais non conventuel, y fut fondé vers 1075 par Gérald de Rancogne, de Ranconho. Elle fut dévastée et détruite en partie par les Anglais. Le 17 octobre 1466, l’évêque d’Angoulême, Geoffroy de Pompadour, invite le clergé et les fidèles à concourir à sa réédification et accorde quarante jours d’indulgence à quiconque prendra part à cette œuvre pieuse. La paroisse, supprimée lors de la création du prieuré pour accroître celle de La Chapelle, venait d’être rétablie sous le titre de vicairie perpétuelle. Mais ce nouvel état de choses ne dura guère qu’un siècle et l’église redevint simplement prieurale. Le prieur avait cessé de résider vers 1400.
      Son revenu est estimé 300 £ en 1790. Il paie 60 sols pour décimes en 1515, 3 écus et demi en 1595 et 35 £ en 1789. Le mésage dù à l’abbaye consiste, à l’origine, en une charge d’ail. Le 11 novembre 1468, le prieur, Jean Nicolas, obtient comme faveur personnelle d’y substituer une somme de 5 sols. En 1740, il est d’un cent d’ail. L’abbé confère.
    • Saint-Pierre de Nersac, Beati Petri de Narciaco. — Ce prieuré existait et appartenait à l’abbaye de Saint-Cybard dès le temps de Charlemagne, qui lui en reconnut la possession. Il fut uni à la mense de l’abbé, avec celui de Gourville, par une bulle du 3 octobre 1360. Jusqu’à cette époque, le prieur servait à l’abbaye une redevance de 60 boisseaux de froment, autant de fèves, 22 tonneaux de vin et 60 sols. Cette redevance fut réduite au tiers le 19 juin 1357.
      Le prieuré de Nersac n’a jamais eu ou a perdu de bonne heure la conventualité. Le prieur avait été dispensé de la résidence peu avant l’union du bénéfice à la mense abbatiale. L’abbé conférait.
    • Saint-Cybard d’Aubeville, Sancti-Eparchii de Bo-vis-Villâ. — Ce prieuré fut peu important. Il n’en est plus parlé après le XVIP siècle. En 1617, il est affermé 222 . L’église est commune à la paroisse sous le même vocable. L’abbé confère.
      On ne connaît qu’un prieur :
      Jean-Baptiste deCurzay, sim. curé de Sainte-Colombe, puis de Montmoreau, de 1734 à 1759...
    • Saint... de L’Age-Monjau, Sancti... de Agiâ-Monacali (paroisse de Jauldes). — Ce prieuré est une des plus anciennes possessions de l’abbaye. Il fut conventuel à l’origine et jusqu’au milieu du XIIIe siècle. Une bulle du 17 septembre 1337, dont l’exécution est confiée à l’abbé de La Chaise-Dieu (Clermont), l’unit à la chambrerie. En 1449, il est représenté comme ayant été ruiné par les guerres et la mortalité, et le chambrier en abandonne la jouissance, qui ne lui impose que des charges sans profit. L’abbé le confère cependant, le 31 août de cette même année, à un Nicolas Aubert, régulier. Mais, peu après, celui-ci y voyant trop de ruines à relever l’abandonne à son tour. Ce bénéfice ayant perdu sa chapelle et ses bâtiments est transféré à Tourriers.
    • Saint-Hilaire de Tourriers, Sancti-Hilarii de Taureis. — Ce prieuré fut créé au XVe siècle pour être uni à la chambrerie en remplacement de celui de L’Age-Monjau, ruiné durant l’invasion des Anglais. Il ne fut jamais bien important. Sa ferme, en 1721, est de 195 tt. Les chambriers sont titulaires de droit.
    • Saint-Jean-Baptiste de Vœuil, Beati Joannis Baptistœ de Voalho alias de Veolio. —Ou ignore l’époque de sa fondation. Le pape Anastase IV en reconnut la propriété à l’abbaye de Saint-Cybard par bulle du 26 août 1154. Son importance fut très réduite lorsque, par l’effet de conventions intervenues vers 1500, l’église de Vœuil fut passée au chapitre cathédral d’Angoulême. Il ne resta plus à ce prieuré, entré dans la mense de l’aumônier claustral, qu’un moulin et quelques lopins de terre rapportant huit boisseaux de froment en 1650.
  • Obédienceries.

Elles portent le nom du lieu et non celui du patron de la chapelle, qui, d’ailleurs, est généralement inconnu.

    • Chassaignes, alias Les Alleux, de Cassaneis, alias de Allodiis (paroisse de Fouquebrune). — Cette obédiencerie est une des plus anciennes de l’abbaye de Saint-Cybard. La bulle du 17 septembre 1337 la transporta, comme celle de La Chize, de la mense conventuelle à la mense abbatiale, c’est-à-dire que la redevance servie jusqu’ici, sous le titre de mésage, au couvent, passa à l’abbé, qui y nomma proprio motu. Le chiffre du mésage est inconnu. Il n’est plus parlé de l’obédiencerie de Chassaignes après 1461.
    • La Chise, alias La Cheyse, de Chiesâ (paroisse de Saint-Amant-de-Nouhère). — Cette obédiencerie fut assez importante à l’origine. Elle fut transférée à la mense abbatiale et l’abbé y nomme en vertu de la bulle du 17 septembre 1337. En 1451, elle est présentée comme ruinée par les procès que ses titulaires ont eu à soutenir contre quelques puissants du pays (1). Peu après, elle est confondue avec le prieuré de Saint-Cybardeaux et il n’en est plus parlé dans la suite. Le mésage était de 4 £.
    • La Greuse, de Greusâ, alias de Grueziâ (paroisse de Garac). — Cette obédiencerie paraît avoir été fondée après la donation faite à l’abbaye de Saint-Cybard par divers seigneurs, vers 1130, de la terre de Prus, comprenant les mas de Chaix et de La Tranchade. Ce dernier mas fut abandonné, vingt ans après, à Girard Raoul, alias Renoux, Geraldus Ramnufi, et à son épouse, Emma, moyennant redevance de 10 sols à chaque muance de seigneur. Le reste du domaine, accru de quelques nouvelles acquisitions, forma Pobédiencerie, qui passa à l’abbé vers 1340. Celui-ci le donna à cens, le 29 juin 1334, moyennant 60 boisseaux de froment et autant d’avoine.
    • Chambourn, hodiè Chambourg, alias Chambord, de Cambornio (paroisse de Champmilon). — Cette obédiencerie fut créée après l’acquisition faite en 1283 par l’abbé Hélie Chareau ou Charel des terres de ce lieu. Dix-sept ans après, ces terres furent cédées à l’abbaye de Bassac en retour de celles de La Gorce, qui furent d’abord tenues par l’obédiencier, mais vinrent, dans la suite, accroître le domaine du prieuré de Saint-Vincent de Champmilon. Ainsi, l’obédiencerie de Chambourn ne subsista guère plus de cinquante ans. En 1516, les terres qui lui appartenaient paient 6 £ pour décimes.
    • La Vigerie, de Vigeriâ (paroisse de Saint-Saturnin ?). — Elle est mentionnée dans de nombreux documents du XIIIe au XVe siècle, mais on ne connaît pas son histoire.
    • Saint-Étienue de Bouex, dépendance de Saint-Cybard, passe pour avoir été le siège d’un prieuré, mais on n’en trouve aucun monument certain.
  • 2° Bénéfices dans le diocèse de Périgueux :
    • Prévôté de Notre-Dame de Thémolac, hodiè Trémolac ; Beatœ Mariœ de Themolaco (archiprêtré de Saint-Marcel). — Thémolac, sur la Dordogne, passe pour avoir été le berceau de saint Cybard. Ce qui est certain, c’est que l’abbaye fondée par ce saint y a des possessions dès son origine. Elles lui furent confirmées par Charlemagne en 775.
      Il y avait trois églises à Thémolac. Celle de Notre-Dame fut, dès le principe, le siège du prieuré et eut le titre de basilique dès le VIIIe siècle. On croit que le prieuré fut élevé à la dignité de prévôté et que les deux autres églises paroissiales du même lieu, Saint-Hilaire et Saint-Nicolas, lui furent unies à la même époque. On voit encore sous sa dépendance celles de Saint-Médard de Chalais, de Calesio, dans l’archi-prëtré de Capdrol (Sarlat), et Valhanoy, qui a cessé d’exister au XIVe siècle. Le prévôt y nomme. Cette prévôté formait autrefois un couvent nombreux. En 1342, elle délègue six religieux [42] ayant voix au chapitre annuel de l’abbaye. Elle compte, outre le prévôt, deux officiers, le prieur [43] et le sacriste. Ce dernier est à la fois prieur de Pompourn. Ils sont tous à la nomination de l’abbé. Les revenus de Thémolac sont estimés à 2,000 £ charges comprises, en 1648. Le mésage dû à l’abbaye est de 11 £.
    • Saint-Cybard de Palueau, de Paluello (archiprêtré de Pillac). — Plusieurs chroniques veulent que Palueau ait été donné à l’abbaye de Saint-Cybard par des membres de la famille du fondateur. Ce qui est certain, c’est que l’abbaye possédait ce lieu dès le Xe siècle, y avait déjà bâti une église et fondé un prieuré dès avant 1142. Adémare, comte d’Angoulême, y ajouta de nouveaux domaines par acte du jeudi avant la Pentecôte 1215.
      Ce prieuré a perdu sa conventualité avant 1400 et le prieur a cessé de résider peu après. Ce dernier est seigneur spirituel et temporel de la paroisse avec les trois degrés de justice. En 1450, les religieux de Brantôme lui disputent ce droit à la Palulie et à Villemagne. Il obtient gain de cause. Des lettres patentes du 24 mars 1684 lui reconnaissent de nouveau ce droit et l’autorisent à rétablir les fourches patibulaires qu’il avait dû supprimer pendant quelque temps.
      L’église est commune à la paroisse sous le même vocable. Les maisons prieurales, autrefois importantes, furent détruites par les protestants au XVIe siècle. En 1652, il n’en reste plus que quelques vestiges, avec les ruines de la vieille tour dite de Maury, alias Prisonnière. En 1648, le revenu est estimé 1,500 Le prieur supporte, avec les autres charges ordinaires, la portion congrue du vicaire perpétuel du lieu et le mésage, fixé à 35 £ par la convention du 29 mars 1517.
      Ce prieuré est uni en 1750, après consentement donné le 8 août par l’abbé de Saint-Cybard, au petit séminaire de Périgueux, dirigé par les prêtres dits de la Grande et de la Petite-Mission (1). L’abbé conférait.
    • Saint-Martin de Sales, alias du Bourg, de Salis, alias de Burgo (archiprêtre de Pillac). — Cette terre appartient à l’abbaye de Saint-Cybard dès les temps les plus reculés. C’est ce que reconnaissent Guillaume d’Auberoche, évêque de Périgueux, en 1117, et Ar-nauld, archevêque de Bordeaux, en 1119, contre le chapitre de Saint-Martin de Périgueux, qui y prétendait des droits. Geoffroy, deuxième successeur de Guillaume d’Auberoche, affirme, comme lui, en 1142, que la terre de Sales est mentionnée parmi les possessions de l’abbaye dans les actes du bienheureux fondateur.
      Ce prieuré, après avoir souffert de divers fléaux aux XIIIe et XIVe siècles, perd la conventualité vers 1400. Le prieur cesse de résider en 1444. En cette année, les maisons prieurales, autrefois fort belles et importantes, sont déclarées inhabitables et irréparables. Les revenus sont estimés 1,000 £ en 1648. Ses charges comprennent, outre les décimes, la portion congrue du vicaire perpétuel et le mésage, qui est alors de 3 £. L’église est commune à la paroisse sous le même vocable. L’abbé confère.
    • Saint-Jacques de l’Ermitage, alias de l’Ermite ; Beati Jacobi de Eremo, alias de Eremitâ (paroisse de Gurac, archiprêtre de Pillac). — Ce prieuré fut donné à l’abbaye vers 1172 par Guillaume Jugers, prêtre, et Renauld, son frère, guerrier. A l’origine, il a le moulin de Rochat [44] et divers droits sur le maine de Poupelat, ainsi que sur la terre de Mazeirolles [45]. Mais il n’a jamais été bien important, et jusqu’au XIVe siècle on n’en parle que comme d’une simple chapellenie. La conventualité n’y a jamais existé et l’on ne connaît aucun prieur résidant. L’église est au nord du bourg [46]. L’abbé confère.
    • Saint-Cybard de Cercle, Sancti-Eparchii de Circulo (archiprêtré de Vieux-Mareuil). — L’église de Cercle appartient à l’abbaye de Saint-Cybard au moins dès 1142. Il y a deux bénéfices : le prieuré et la vicairie perpétuelle, sous le même vocable. Le prieuré a été important et conventuel à son origine ; mais il s’est appauvri pendant la guerre de Cent ans et a cessé d’être habité par les titulaires vers 1450. Le mésage consistait, en 1352, en deux chapeaux bordés et garnis, douze douzaines de houx et 110 £. En 1470, il ne consiste plus qu’en 30 £. En 1730, il est de 10 £ 15 s.
      L’abbé confère pleno jure le prieuré. Il présente à la vicairie perpétuelle, à laquelle était annexée autrefois l’église de Saint-Sébastien de La Tour-Blanche.
    • Saint-Martin de Brégerac, hodiè Bergerac, de Brageraco, alias Bragiaraco (archiprêtre de Villamblard). — Le prieuré de Brégerac avait été donné en 1136 à l’abbaye de Saint-Florent de Saumur. Il y avait alors ou il y eut peu après deux églises, Saint-Martin et Saint-Jacques [47]. On ne sait à quelle époque et en vertu de quelles conventions celle de Saint-Martin est passée à Saint-Cybard. Cette dernière abbaye en a fait une simple obédiencerie qui est qualifiée quelquefois de prieuré et qui cesse d’exister ou de lui appartenir à la fin du XVIe siècle.

-  3° Bénéfices dans le diocèse de Sarlat  [48] :

  • Prieurés simples
    .
    • Saint Pierre de Pompourn, hodiè Pomport, de Pompomio (archiprètré de Flaviac). — L’église de Pompourn appartient à l’abbaye de Saint-Cybard au moins dès 1142. Il y a deux bénéfices ayant la même église sous le même vocable : le prieuré et la vicairie perpétuelle. L’abbé pourvoit le premier plenojure et présente à l’autre. Ce droit lui fut contesté, mais sans succès, en 1347 et 1348, par l’évêque, avec le concours du prévôt de Thémolac. En 1635, une nouvelle tentative se produisit, à laquelle l’abbé Christophe de Reffuge répondit, comme ses prédécesseurs, en établissant victorieusement son droit. La sacristanie de Thémolac est unie au prieuré de Pompourn et forme avec lui un seul et même bénéfice.
      En 1648, ses revenus sont estimés 500 £ après paiement de la portion congrue au vicaire perpétuel, qui, à la même époque, se trouve avoir près de 400 £. Le mésage payé à l’abbaye est de 100 s.
    • Saint-... de Roufflgnac, de Roffinhac (paroisse du même nom, archiprêtre de Flaviac). — C’est une obédiencerie plutôt qu’un prieuré. On ne connaît qu’un titulaire :
      François Gannier, en 1520...

-  4° Bénéfices dans le diocèse de Saintes :

  • Prieurés simples.
    • Saint-Romain de Chassors, de Cassortio (archiprêtre de Jarnac). — L’église de Chassors fut donnée à l’abbaye de Saint-Cybard en 1107 par l’évêque de Saintes, Pierre de Soubise. Pierre III, son successeur, confirma cette donation en 1117, en présence de Josce-lin, son archidiacre ; Achard, archidiacre d’Angoulême ; l’archiprêtre de Matha et plusieurs autres. L’abbaye y fonda aussitôt un prieuré qui resta conventuel jusque vers 1420. Il fut uni, à cette époque, à la chambrerie claustrale. Le chambrier n’en est pas le titulaire, mais il y perçoit une redevance fixée, à l’origine, à 4 £. L’église, restée paroissiale, est commune au prieuré sous le même vocable. On ne connaît pas les revenus de ce bénéfice. Les charges comportent, outre les décimes, la portion congrue du vicaire perpétuel et le mésage, qui a varié de 20 à 6 £. L’abbé confère pleno jure.
    • Saint-Pierre de Jarnac-sur-Charente, Beati Pelri de Agernaco, alias de Jarnaco, alias Jarniaco super Carantoniam. — Ce prieuré appartient à l’abbaye de Saint-Cybard dès le VIIIe siècle. Conventuel à son origine et prospère jusqu’au milieu du XIVe siècle, il est sans religieux et le prieur lui-même est dispensé de la résidence peu après 1400. 11 comprend deux bénéfices distincts : le prieuré et la sacristanie. Ses revenus, situés en Jarnac, Chassors, Foussignac, Houlette, Nercillac, Plaizac, Réparsac, Sainte-Sévère, Sigogne et Vaux, s’élèvent en 1748 à près de 4,000 £. Le 24 mars 1783, il est affermé 5,000 £. Il a, en outre, un droit d’exploit dans la forêt de Jarnac pour le chauffage de son four banal, lequel droit lui fut donné vers 1220 par Guillaume de Montmoreau. Le mésage, de 31 £ 11 s. en 1675, est de 35 £ en 1730.
      Le prieuré de Jarnac fut uni, avec autorisation du Pape, en date du 29 novembre 1623, au collège des Jésuites d’Angoulême. Mais ceux-ci, effrayés par les réclamations et les menaces de plusieurs prétendants, l’abandonnèrent, en vertu d’une transaction du 5 janvier 1614, moyennant une somme de 7,000 tt une fois payée.
      Sa grande et belle église est à la fois prieurale et paroissiale sous le même vocable. Elle est pourvue de cloîtres. Les , protestants s’en emparent en 1562, la brûlent et en abattent les voûtes. Rendue aux catholiques à la fin du XVIe siècle, la restauration en est commencée en 1601, avec le concours de messire de Nesmond, lieutenant général au présidial d’Angoulême, établi dans le. pays pour, mettre à exécution l’édit de Nantes.
      Le prieur de Jarnac a pris quelquefois le titre d’abbé, mais sans droit. Il est à la nomination de l’abbé de Saint-Cybard.
  • Sacristanie de Jarnac.
    • L’office secondaire du prieuré de Saint-Pierre de Jarnac est la sacristanie ou sacristie. Il est très ancien. Un acte pontifical du 25 août 1457 lui confirme la possession des deux bénéfices suivants :
      • 1° Prieuré ou chapellenie Saint-Gilles, près Jarnac, Sancti-Egidii propè Agernacam. L’église, située hors de l’enceinte fortifiée de la ville, à l’ouest, est en ruine à la fin du XVIe siècle. On ne connaît pas la valeur particulière de ce bénéfice.
      • 2° Chapellenie Saint-Cybard sur la Charente, appelée encore du Mont-du-Testamentaire ; Sancti-Eparchii super Carantoniam, seu de Monte-Testaméntarii. Son église est située près du fleuve, sur le chemin de Jarnac à Triac. Dès 1128, l’évêque de Saintes, Guillaume, en confirme la possession à l’abbaye de Saint-Cybard, et Adémare, un de ses successeurs, en 1179, permet aux religieux de Jarnac d’y faire les offices et administrer les sacrements, quoique ce lieu soit peu fréquenté. Ce sanctuaire est détruit à la fin du XVIe siècle, et en 1630 il n’en reste plus que des vestiges.
        C’est à raison de la possession de ces deux bénéfices, au moins depuis 1457, que le sacriste de Jarnac est aussi appelé prieur de Saint-Gilles et quelquefois de Saint-Cybard, près Jarnac. Ou ne connaît pas ses revenus. Il doit à l’abbaye un mésage de 5 £. Il est dispensé de la résidence. L’abbé le nomme pleno jure.
    • Saint-Pierre de Montigné, alias Montignac de Saintes ; Beati Pétri de Montinhaco, alias de Montigneto, alias de Monte-Ignito (archiprêtre de Matha). — Ce prieuré n’a eu qu’une courte existence. Il parait avoir été créé dans les premières années du XVe siècle, sans doute pour l’administration des biens que l’abbaye possédait de temps immémorial dans cette paroisse, dont l’église était sous son patronage. On ne sait quelle en fut l’importance. Il disparut avant 1500. On ne connaît que deux de ses prieurs :
    • Saint-Hippolyte de Plaizac, Sancti- Hippolyti de Plessaco, alias de Pleyzaco (archiprêtre de Jarnac). — Donné à l’abbaye de Saint-Cybard vers 1200, ce prieuré est uni à la chambrerie depuis le XIVe siècle. L’église est commune à la paroisse. Il est si peu important qu’on le qualifie longtemps de simple obédiencerie. En novembre 1790, ses revenus sont estimés 330 £. L’abbé confère.
    • Saint-Romain de Triac-sur-Charente, alias Triac-Lartige ; Sancti-Romani de Triaco super Carantoniam (archiprêtré de Jarnac). — L’abbaye de Saint-Cybard possède cette église dès le VIIIe siècle. L’évêque de Saintes, Pierre III, la lui reconnaît comme celles de Chassors et de Verdilles, en 1117. Elle est commune à la paroisse et au prieuré sous le même vocable. Le prieuré est uni à la chambrerie. En 1721, il est affermé 360 £ et en 1790, 1,050 £. Les charges sont inconnues.
    • Saint-Cybard de Verdilles, Sancti-Eparchii de Verzillâ, alias de Verzillis (archiprêtré de Matha). —Cette église fut donnée à l’abbaye de Saint-Cybard vers 1100 par Ramnulfe, évêque de Saintes, et le don en fut confirmé par Pierre III en 1117 et par Guillaume en 1139. A cette dernière date, l’église de Verdilles était détenue par un prêtre nommé Béraud, qui prétendait l’avoir reçue de l’évêque Rainauld et ne voulait pas reconnaître le droit de l’abbaye. Il finit par se soumettre.
      Ce prieuré a été supprimé à la fin du XIVe siècle et ses revenus sont passés à l’abbaye, qui a vendu partie de ses domaines vers 1500. Le mésage, qui était de 16tt d’argent et 16 livres de cire, fut réduit d’un quart de l’un et de l’autre en 1349. L’abbé confère.
  • Obédienceries.
    • La Laigne, de Lampniâ, alias de Lamanpiniâ (paroisse de Saint-Girard du même, archiprêtre de Mauzé). — L’abbaye de Saint-Cybard avait des possessions assez importantes, au XIIP siècle, entre Surgères et Courçon [49]. C’est ce qui la détermina à créer à cette époque l’obédiencerie de La Laigne [50], non loin du prieuré de Voultron, créé antérieurement. Elle a disparu à la fin du XVI« siècle. On ne connaît qu’un titulaire :
      Itier de Lyvène, le 4 juin 1513...
    • Saint-Barthélémy d’Orlut, Beati Bartholomei de Orluto (paroisse de Cherves, archiprêtre de Jarnac). — Orlut appartient à l’abbaye de Saint-Cybard dès 1162. Cette obédiencerie a été assez importante pour avoir quelque temps le titre de prieuré.

-  5° Bénéfices dans le diocèse de La Rochelle  [51] :

    • Saint-Eutrope de Voultron [52], Sancti-Eutropii de Vultronio (archiprêtré de Surgères). Prieuré simple. — Voultron appartient à l’abbaye de Saint-Cybard dès le XIe siècle. Il y a deux bénéfices attachés à la même église sous le même vocable : prieuré simple et vicairie perpétuelle. L’abbé confère le premier pleno jure et nomme à l’autre.
      Le prieuré ayant perdu de son importance au XIVe siècle a été traité souvent, dans la suite, comme une simple obédiencerie ou chapelle, domus seu capella. On ne sait ni le chiffre de ses revenus ni celui de ses charges.

-  6° Bénéfices dans le diocèse d’Agen :

    • Saint-Germain de Theyrac, Sancti-Germani de Teyraco (archiprêtre de Fumel). Prieuré simple. — Cette église appartient à l’abbaye de Saint-Cybard au moins dès 1159 et sert au prieuré sous le vocable de Saint-Germain et à la vicairie perpétuelle sous celui de Notre-Dame. L’abbé confère le premier et présente à la vicairie perpétuelle, qui devient cure et passe sous le patronage immédiat de. l’évêque vers la fin du XVIe siècle. En 1648, le revenu de chacun des deux bénéfices est de 400 £. Le mésage dû par le prieuré, autrefois de 40 sols, est de 15 £ en 1720.

-  Chapellenies.

L’abbaye de Saint-Cybard a, en outre, les chapellenies suivantes, unies à des chapelles [53] dont elles portent les vocables et qui font partie de sa basilique. Elles sont toutes séculières. L’abbé confère et l’évêque agrée.

    • 1° La Résurrection. Elle fut fondée et la chapelle bâtie par les comtes d’Angoulême, on ne sait à quelle époque ni à quelles conditions. On ne connaît aucun de ses titulaires.
    • 2° Saint-Michel-Archange. On ignore la date et les conditions de sa fondation. On ne connaît qu’un chapelain : Pierre de Damien, protonotaire apostolique, sim. doyen de la collégiale de Saint-Second de Mercato(?) et recteur de l’Université de Thaures [54], est nommé le 28 octobre 1467.
    • 3° Saint-Jean-l’Évangéliste. Origine et conditions inconnues.
    • 4° Saint-Front. Origine et conditions inconnues.
    • 5° Saint-Blaise. Elle fut fondée par les seigneurs d’Argence, on ne sait à quelle date ni à quelles conditions.
    • 6° Sainte-Marthe, hors et près du couvent, dite chapelle des abbés. Elle est pourvue de bâtiments et jardins. On ne sait ni à quelle date ni à quelles conditions elle fut fondée.
    • 7° Sainte-Catherine. Elle fut fondée en .... par Guillaume de Saint-Just, on ne sait à quelles conditions.

Il y a, en outre, dans l’église abbatiale une confrérie dite du Benoît Corps de Monseigneur saint Cybard. Très prospère au XVe siècle, elle compte des confrères dans tous les diocèses circonvoisins, particulièrement dans les rangs du clergé. La fête s’en fait chaque année très solennellement et la confrérie (messe) est chantée par un grand nombre de prêtres.


[1Ce monastère, cité dans les annales de l’Église de France, était dans le diocèse de Saintes. Il a disparu de bonne heure.

[2Historia Pontificum et Comitum Engolismensium.

[3La Chronique de Saint-Cybard et, à sa suite, la Gallia Christiana disent saint Grégoire de Tours. Mais celui-ci ne fut fait évêque que douze ans plus tard. Du reste, la Chronique de Saint-Cybard est visiblement fautive sur plusieurs points.

[4Celle dont la construction fut commencée par Clovis.

[5Quelques-uns disent 567.

[6Petite Chronique de l’Angoumois.

[7On n’indique pas d’une manière plus précise son siège épiscopal. II mourut aussitôt après la consécration et fut inhumé par l’évêque Oliba devant la basilique.

[8La grotte de saint Cybard parait avoir été mise sous le patronage de saint Denys.

[9Une ordonnance attribuée à Charlemagne et datée de cette année reconnaît à l’abbaye de Saint-Cybard toutes les possessions qui suivent et d’autres encore. Mais elle est considérée comme apocryphe. Toutefois, divers documents, dont quelques-uns se rapprochent de celui-ci par l’âge, ne permettent guère d’en contester l’exactitude.

[10Lieu de naissance de saint Cybard,

[11Cette église, dans l’archiprètré de Pillac, lui avait été donnée par le comte Guillaume Ier Taillefer, avec celle de Sainte-Eugénie, dans la vicairie de Pérignac, Pedriocense (Saintes). Cette dernière est passée à l’abbaye de Baigne avant 1121.

[12Aujourd’hui dans le doyenné de Beauville.

[13Archiprêtré de Fumel.

[14La Tour Dardenne lui rend plusieurs hommages en 1400, 1459, 1477... Les recettes provenant de Moulidars sont affectées au revestoire (vestiaire).

[15Elle a plaidé avec succès, de 1520 à 1550, contre le corps de ville au sujet de ce droit, qui tombe en désuétude a la fin du XVIIe siècle.

[16Soit 12,000 £ s’il s’agit, comme il est permis de le supposer, du franc d’argent. Cette monnaie était très rare alors. Cependant le franc d’or avait paru dès le commencement et le franc d’argent vers la lin du XIVe siècle.

[17On y voit, entre autres pensionnaires, en 1546, Guillaume Gallochier, pauvre gentilhomme ; vers 1580, Jean Galteau ; en 1601, Bernard de Sarlade ; en 1614, Louis Bacon, dit Saint-Martin ; en 1615, Louis Bouteville ; en 1626, Christophe Galteau ; en 1660, Jean Rogron de Belleville, soldats blessés.

[18Savoir : Pierre Dufossé, prieur ; Jacques Nourry, chambrier ; Pierre Maurice, aumônier, et Pierre Guilhaumeau, sacriste.

[19Composée alors de Michel Benoit, prieur ; Jean-Louis Cosson, sacriste ; Jacques Peynet, infirmier ; Hélie Guiton, Annibal Boisson de Rochemont, et Jean Lardin.

[20Aux XIIIe et XIVe siècles, cette abbaye devait à l’évêque, pour sa visite, un dîner comprenant un quartier de bœuf, trois moutons, douze chapons, dix agneaux, avec vin, foin et avoine sans nombre. Cette redevance était payable en numéraire. L’archidiacre avait lui aussi un droit de visite, mais moins considérable, à Saint-Cybard.

[21Les doyens sont ici les anciens et profès en charge.

[22On est revenu au régime de l’élection en 1500, mais pour subir ensuite la commende sans interruption.

[23Elle a eu longtemps le patronage de Vœuil.

[24Ce monastère avait alors un abbé du nom de Martin que l’on compte parmi les saints et dont la fête se célèbre le 6 décembre.

[25Ces deux dernières abbayes étaient alors a leur naissance.

[26Celui-ci mourut le 8 avril 1028 et fut enterré à Saint-Cybard, devant l’autel Saint-Denis, par Rohon, évêque d’Angoulême, et Arnauld, évêque de Périgueux.

[27Mabillon l’appelle Frovin. La Gallia Christiana le nomme Seguin. Mais son erreur est manifeste. Elle convient, d’ailleurs, que Seguin vivait du temps de l’archidiacre Chalon. Or, ce dernier parait de 1150 a 1183.

[28Grande île formée par les deux bras de la Charente, au nord d’Angoulême et au-dessus de Saint-Cybard.

[29Du nom de la porte Férau, alias Féraille, qui est dans le voisinage.

[30De notre famille des Calhon, dont une branche fut dite de Belle-Joie.

[31Parmi lesquels Robert, devenu abbé ; Guillaume Giraudon, Hélie de Chavagnac, Raymond Jourdain et Guillaume Boisson.

[32L’Ile de Chauffer, acquise en 1298 par Hélie III.

[33Ce nom se trouve fréquemment aux XVe et XVI’ siècles dans la partie ouest du diocèse.

[34Précédemment évêque d’Aire, cardinal-prêtre des titres de Saint-Marcellin et Saint-Pierre.

[35Titre d’honneur donné par le Pape et par des prélats.

[36Probablement Thauris, en Arménie.

[37Il avait fait profession à Saint-Jean-d’Angély vers 1480.

[38Une voix était passée a Christophe de Broilh ou du Breuil, prieur de Jarnac.

[39Celui de Nersac était un de ces deux prieurés. Il valait à lui seul 400 £.

[40Cette abbaye n’est pas autrement désignée, bien qu’il y en ait en France un grand nombre sous le vocable de Saint-Martin. Il est permis de supposer qu’il s’agit de celle de Saint-Martin de Limoges.

[41Au XVIe siècle, on dit encore de Illice et de Illice seu de Aquis.

[42Savoir : Seguin Duc, Ducis, prieur ; — Jean de La Rivière ; — Guillaume de Long-Champ, de Longo-Campo ; —Gérauld de La Chassagne, de Chassanhd ; — le prévôt et le sacriste.

[43On n’y voit un prieur qu’aux XIIIe et XIV siècles.

[44Dans la paroisse de Champagne (Périgueux). Il appartient aux Jésuites en 1618.

[45Il y a plusieurs hameaux de ce nom dans les diocèses de Périgueux et de Sarlat.

[46Au village dit de L’Herrnite.

[47L’église Saint-Jacques, qualifiée de chapelle en 1136, a peu après le caractère de prieuré et continue d’appartenir a Saint-Florent.

[48Evêché formé en 1317 d’une partie de celui de Périgueux.

[49C’est dans cette région que sont les abbayes de La Grâce-Dieu, dans la forêt de Benon, et de Saint-Ligaire ou Saint-Léger, sur la Sèvre niortaise.

[50Quoique près de Mauzé, La Laigne appartient au diocèse de La Rochelle, doyenné de Courçon.

[51Créé par bulle d’Innocent X, du 4 mai 1648, suivie de lettres patentes du 30 mai 1664, registrées en parlement le 7 mars 1665.

[52Ce lieu faisait partie du gouvernement de La Rochelle.

[53La plupart des chapelles extérieures jointes à la basilique sont, en 1738, détruites ou détournées de leur destination. Ainsi, celle de la Résurrection et celle de Sainte-Marthe servent d’écuries. Deux autres servent de caves.

[54Diocèse in partibus, dont l’abbé Raymond Pellegeau eut le titre.

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