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Le Pays des Santons -3- L’île d’Antros, Portus Santonum, Promontorium Santonum : 3 lieux controversés

D 3 décembre 2007     H 20:05     A Pierre     C 0 messages A 2208 LECTURES


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En 1844, l’abbé Lacurie, Secrétaire de la Société Archéologique de Saintes, expose, textes à l’appui, l’état des connaissances du temps sur les Santons, peuplade venue s’installer près de l’océan au VIIème siècle avant J.-C.

Trois lieux cités dans les textes anciens restent difficiles à localiser.
Sur le même thème, voir également : Les villes disparues : Tamnum , Novioregum, par Léon Massiou (1924)

Source : Bulletin monumental - Tome 10 - 1844

En raison de son importance, l’article de l’abbé Lacurie a été découpé en 3 parties.

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- XXX. Il nous reste à déterminer trois points vivement controversés depuis long-temps par les antiquaires : la position géographique de l’île d’Antros, du Portus et du Pro-montorium Santonum.

XXXI. 1° Antros insula

Pomponius Mela décrivant l’aspect et les contours de l’embouchure de la Garonne s’exprime ainsi : « In eo est insula, Antros nomine, quam pendere et attolli aquis increscentibus ideo insulae existimant, quia cum videantur editiora queis objacet, ubi se fluctus implevit, illa operit, haec ut prius tantum ambitur : et quod ea, quibus ante ripae a collesque ne cernerentur obstiterant, tunc velut ex loco superiore perspicua sunt » (De tit orb. c. 3.) »

« Il existe dans le lit de cette rivière une île connue sous le nom d’Antros, que les habitants du pays croient être suspendue sur les eaux, et s’élever avec elles au temps de la crue ; cette opinion est fondée sur ce que les lieux environnants qui paraissent la dominer pour l’ordinaire, sont couverts d’eau quand la rivière est grosse, tandis qu’elle surnage encore et qu’elle semble même alors comme élevée au-dessus des rivages et des hauteurs qui, peu auparavant, la dérobaient à la vue. » (Trad. de Fradin.)

- XXXII. Maichain, le père Arcère et quelques autres ont pensé que l’île d’Antros, dont parle Pomponius Mela, n’était autre chose que le récif sur lequel est bâtie la tour de Cordouan.
De Valois confond l’île d’Antros arec l’île d’Aindre, située à l’embouchure de la Loire ; et il se fonde sur une vieille légende de saint Ausbert, évêque de Rouen, où il est dît qu’Ermeland fonda un monastère dans une île de la Loire appelée Antrum.
Notre honorable collègue, M. Lesson, retrouve l’île d’Antros dans l’île d’Arvert

Danville cherche l’île d’Antros vers la côte de Médoc « En examinant avec attention, dit-il, la disposition du local à l’entrée de la Garonne... il y a tout lieu de soupçonner que la pointe, en grande saillie, qui en resserre considérablement l’entrée, vis-à-vis de Royan, jusqu’à réduire à environ 2400 toises un canal qui, auparavant, s’étend à près de 6000 toises, a été autrefois isolée ; cette pointe qui, depuis un lieu nommé Soulac, s’allonge d’environ 4000 toises, ne tient au continent du Médoc que par une langue de terre, laquelle, en haute marée, ne conserve qu’un demi quart de lieue de largeur, et qui doit avoir été coupée par la continuation d’une ouverture dont l’entrée, du côté de la Gironde, est appelée chenal de Soulac ; car le terme de chenal ne pouvait être appliqué qu’à une passe d’entrée ou de sortie particulière, ce qui a été confirmé par une carte manuscrite levée fort en détail sur les lieux et dont l’objet spécial est de marquer les endroits couverts en haute marée, à la distinction des plages que la mer basse laisse à découvert.... Un autre terrain, situé au-dessus de celui dont on vient de parler et qui est une île portant le nom de Jau, dans les cartes faites il y a 180 ans, n’est actuellement séparé du continent du Médoc que par quelques fossés pour l’écoulement des eaux. Or, puisqu’on découvre une île à l’entrée de la Garonne, on peut être fondé à y reconnaître l’île d’Antros. »

- XXXIII. D. Massiou repousse le sentiment de Danville pour voir l’ile d’Antros dans le rocher de Cordouan. « Quiconque, dit-il, a observé les phénomènes qui se sont opérés et s’opèrent encore journellement sur le littoral de l’Aquitaine comprendra difficilement que si, au temps de Pomponius Mela, la pointe de Soulac formait une île, le canal qui la séparait du continent ne se soit pas élargi loin de se combler, surtout à l’embouchure de la Gironde dont les courants sont si rapides. »
De ces courants si rapides on pourrait peut-être tirer une conséquence toute différente de celle qui en a été déduite par M. Massiou. Car les courants que l’on invoque ici contre Banville ont pu combler, par les sables, le canal qui séparait les îles d’Arvert et d’Armotte ; et sur la côte de Médoc, à Soulac même, une ville considérable, citée par Ptolémée, Noviomagus, a été ensevelie sous les sables. Serait-il donc hors de vraisemblance que l’île d’Antros ait pu être attachée au continent par les sables amoncelés dans le canal qui les séparait ? Nous ne le pensons pas. Les sables charriés par les courants de Maumusson obstruent l’embouchure de la Seudre. Nous ne sommes peut-être pas fort éloignés de l’époque où la Sèvre n’existera plus,

L’opinion de Valois, qui cherche l’île d’Antros dans la Loire n’est pas soutenable ; Pomponius Mela nomme expressément l’embouchure de la Garonne.

Celle de notre honorable collègue, M. Lesson, qui donne l’île d’Arvert pour l’Ile d’Antros, ne nous paraît pas admissible, par la raison que l’île d’Arvert ne nous semble pas dans les conditions où Pomponius place l’île d’Antros. Arvert est trop en-dehors de l’embouchure de la Gironde dont elle ne fait aucunement partie.

L’opinion de ceux qui voient l’île d’Antros dans le récif de Cordouan peut parfaitement se concilier avec celle de Danville. Selon toutes les apparences, le récif de Cordouan et la pointe de Grave faisaient corps dans les temps anciens ; au IXe siècle encore, sous Louis-le-Débonnaire, il est parlé d’une tour où l’on donnait du cor pour avertir du voisinage des écueils les navires cherchant à entrer dans le fleuve, et cette tour était à la pointe du Médoc. Nous tenons d’hommes graves qu’il existe des baillettes, portant marché passé pour transporter à bœufs des provisions à Cordouan. Il serait donc possible qu’au temps de Pomponius Mela la pointe de Grave et le récif ne fissent qu’une seule terre.

Mais dans ces parages la violence des flots a dû faire de grandes brèches. Des montagnes d’eau amenées par le flux et poussées par les vents qu’aucun obstacle n’arrête, ont dû ébranler les falaises avec toute la puissance d’un immense bélier. Les différents sels dont les eaux de la mer sont imprégnées, agissant continuellement sur les substances qui composent les rochers, ont dû en provoquer la décomposition ; les eaux ont pu pénétrer la masse, et, par un effort continuel, l’auront divisée pour se donner un libre cours. Ainsi ont disparu, sous les efforts du plus puissant des agents, puisqu’il réunit dans son action la force et la durée, les falaises de la côte d’Angoulins et de Chatelaillon. Les courants du littoral ont dû nécessairement porter les débris de la côte et les déposer dans les anfractuosités latérales de son cours. Ainsi peuvent s’expliquer et l’ouverture que l’océan aura élargie au milieu des terres, et les attérissements qui rattachent au continent et l’ile d’Arvert et la pointe de Grave.

- XXXIV. Quant à l’élévation périodique de cette île ou à son abaissement, il en faut chercher la cause dans la mobilité des dunes ; mobilité telle qu’il arrive souvent au voyageur de ne plus voir, à la fin du jour, les dunes qu’il avait remarquées le matin : l’impétuosité des ouragans élevant et promenant sur la côte ces collines de sable, phénomène que chacun peut vérifier. L’élévation ou l’abaissement de la surface sablonneuse de l’Ile a pu faire penser aux Santons que l’île s’élevait on s’abaissait avec la marée.

XXXV. 2° Portus Santonum

Ortellius, Samson et D. Bouquet placent le Portus Santonum là où existe aujourd’hui la Rochelle ; de Vallois et Bourignon le placent au lieu où est aujourd’hui Brouage ; le père Arcère le met à la presqu’île d’Arvert ; Banville le cherche à l’embouchure de la Seudre ; La Sauvagère le met à la Tremblade ; D. Massiou le trouve au village de Toulon au bas du Terrier.

- XXXVI. Il est difficile de démêler le vrai en présence d’opinions si divergentes, et la géographie ancienne, loin de nous venir en aide, complique étrangement la question. En effet, Ptolémée décrivant la côte du Sinus Aquitanicus du sud au nord, place le port et le promontoire des Santons sur le littoral de l’Océan entre l’embouchure de la Gironde et celle du Canentelos que l’on croit être le même que le Carantonus d’Ausonne, la Charente, le port sous le 46e degré 45 minutes, le promontoire sous le 47e degré 15 minutes de latitude nord. D’après le géographe ancien, en remontant le rivage du sud au nord depuis l’embouchure de la Gironde, on rencontre d’abord le port, puis le promontoire, enfin l’embouchure de la Charente.

Si Ptolémée a voulu désigner la Charente par le Canentelos, il est évident que la position géographique qu’il lui assigne ne peut lui convenir, car le 47° 15’ porte ce fleuve à la pointe de St.-Gyldas, dans le département de la Loire-Inférieure, bien loin de la Charente.

S’il n’a pas voulu désigner la Charente, il faut, pour être conséquent, supposer que par Garumna, le géographe a voulu désigner non la Garonne, mais un autre fleure dont l’embouchure était de 46° 30’ de latitude, position géographique qu’il assigne à la Garonne. Or, il serait absurde de supposer que la Garumna et le Canentelos du temps de Ptolémée ne sont pas les mêmes que la Gironde et la Charente actuelles. Il y a donc ici évidemment erreur dans la désignation de la position géographique de l’embouchure de la Gironde et de celle de la Charente ; conséquemment les distances fixées par Ptolémée doivent être mises à néant.

Marcien d’Héraclée parle du promontoire, mais il ne dit rien du port des Santons. « Ab ostiis Garumnae ad Santonum promontorium stadia 475 ; à Santonum promontorio ad ostia Canenteli fluvii stadia 560. »
Ce document ne fait guère avancer là question, toutefois il place, comme l’a fait Ptolémée, le promontoire des Santons entre la Garonne et la Charente qu’il précède immédiatement.

- XXXVII. Nous sommes donc réduits à suivre dans nos recherches l’ordre établi par Ptolémée, seule indication authentique que nous ayons pour nous diriger.

Il est évident d’après le géographe ancien que le port des Santons doit se trouver entre l’embouchure de la Garonne et celle de la Charente. Ainsi sont détruites les opinions d’Ortelius, de Samson et de D. Bouquet.qui cherchent ce port dans le pays de la Rochelle au nord de la Charente. Il est rationnel de penser que ce port des Santons avait une importance majeure, puisqu’il était le principal établissement maritime de ce peuple ; il devait avoir des communications faciles avec les principales villes et surtout avec la métropole. Si donc nous trouvons en-deçà de l’embouchure de la Gironde des pans de murs antiques répandus ça et là dans la campagne, des bains, des. tombeaux, des inscriptions, des médailles, de vieilles armes, des marbres, des briques, des tuiles ; si ces restes peuvent se rattacher au souvenir d’une ville ancienne dont la tradition locale a gardé le souvenir et dont une porte existait encore en un temps peu éloigné de nous, suivant un vieux titre du pouillé de Sablonceaux, si surtout ces ruines traversées par une voie antique ont pu être baignées par les flots de l’Océan, ne serons-nous pas en droit d’en conclure avec quelques vraisemblance que l’emplacement du portus Santonum n’est plus un problème ? Or, le village de Toulon, dans le nord-est de Saujon, au pied du coteau de St.-Romain-de-Benet, nous semble réunir les conditions que nous venons d’indiquer, et nous concluons volontiers avec MM. Massiou et Fleury que là a dû se trouver le principal entrepôt de commerce des Santons, le portus Santonum de Ptolémée. Toutefois nous ne saurions partager l’opinion de nos savants collègues touchant le terrier de Toulon où, dans leur pensée, un camp aurait été établi pour protéger le commerce et commander la ville. Pour nous le terrier de Toulon n’est point un camp romain ; rien n’y indique le passage du peuple-roi, ce pourrait être un point retranché au moyen-âge et rien de plus.

XXXVIII. 3° Promontorium Santonum

La position géographique du promontoire des Santons n’a pas été moins controversée que celle du portus Santonum. Les uns le placent à Blaye, les autres avec Maichain, le mettent à la Rochelle ; le père Arcère varie entre la pointe de Chef-de-Baye, la pointe de Coureille et le rocher des Baleines en l’île de Ré ; Banville n’ose se prononcer ; D. Bouquet et l’abbé Le Bœuf le cherchent dans la presqu’île d’Arvert ; La Sauvagère et après lui D. Massiou croient reconnaître ce promontoire dans le cap de Chassiron, à la pointe sud-ouest de l’île d’Oleron ; M. Fleury le trouve dans le promontoire de Broue.

- XXXIX. Il est démontré par la seule lecture des textes de Ptolémée et de Martien d’Héraclée que le promontorium Santonum doit se trouver entre l’embouchure de la Garonne et celle de la Charente. D’après Ptolémée il est entre le portus et le Canentelos. Il suit de là que l’opinion de ceux qui le placent au sud de la Garonne, ou au nord de la Charente, ne repose sur aucun fondement. L’opinion de P. Bouquet et de l’abbé Le Bœuf tombe également, puisqu’elle tend à le placer en-deçà du Portus Santonum contre le témoignage formel de Ptolémée. Le sentiment de La Sauvagère et de D. Massiou repose sur un raisonnement plus spécieux que solide. Si, en effet, ce promontoire devait être l’extrême frontière du pays des Santons, il faut le chercher non à la pointe de Chassiron, mais à la tour des Baleines en l’île de Ré, frontière évidemment plus extrême que le cap Chassiron. A cela on objectera peut-être que la pointe des Baleines, s’avance dans le nord-ouest, beaucoup au-delà de l’embouchure de la Charente, et qu’ainsi se trouve interverti l’ordre de Ptolémée qui place le promontorium Santonum en-deçà de cette embouchure ; nous conviendrons qu’en effet nous nous portons bien au-delà de l’embouchure de la Charente, mais nous ferons remarquer que si le cap Chassiron s’avance moins dans le nord-ouest que le cap des Baleines, sa position géographique n’est pas dans les conditions voulues, puisqu’on ne peut y placer le promontorium Santonum sans intervertir également l’ordre établi par Ptolémée. Vainement on dira que l’île d’Oleron semblant appartenir au continent par sa pointe méridionale, le géographe ancien devait avoir en vue le gisement général de l’île bien plus que la position particulière du cap qui en faisait partie, car nous ferons remarquer que cette position particulière était tellement reconnue que Martien d’Héraclée s’en sert pour déterminer la distance de ce promontoire à l’embouchure de la Charente : « a promontorio Santonom ad ostia Canenteli fluvii stadia 560. »

Que si l’île d’Oleron tenait encore à la côte d’Arvert par la pointe de St.-Trojan, ainsi que l’assure La Sauvagère et que l’insinue D. Massiou, la question loin de se simplifier se complique davantage. Pline aura eu tort de séparer l’ile du continent ; Ptolémée se sera trompé en plaçant le portus Santonom avant le promontorium, car bien certainement les navigateurs romains descendant la Garonne pour se rendre dans la Charente, auront dû doubler le promontorium avant de rencontrer le portus. Avant de rejeter ainsi le témoignage d’auteurs graves, il ne suffit pas de dire qu’en ces temps anciens, les études géographiques étaient dans l’enfance ; cette allégation n’est rien moins que prouvée : l’Enéide est une assez bonne preuve du contraire.

Le promontoire des Santons nous semble devoir être cherché en terre ferme et non dans une île. Ce devait être un point de la côte plus élevé, plus saillant, plus avancé, mieux détaché par la nature que tous les autres, servant de reconnaissance à ceux qui naviguaient dans la baie des Santons, ainsi que le fait judicieusement observer M. Fleury, dont nous adoptons volontiers l’opinion, sauf quelques modifications.
Selon Ptolémée, partant de l’embouchure de la Gironde pour nous rendre à l’embouchure de la Charente, nous devons trouver d’abord le port, puis le promontoire des Santons.

D’après Marcien d’Héraclée, partant toujours de l’embouchure de la Garonne, on reconnaît le promontoire avant d’arriver à l’embouchure de la Charente.
L’île d’Oleron, Uliarius, au rapport de Pline, était séparée du continent dès avant la conquête.

- XL. Ceci posé, il nous paraît démontré que le promontoire doit être cherché sur la côte orientale du golfe qui s’étendait depuis la. pointe d’Arvert jusque celle d’Angoulins, au nord du Portus et au sud du Canentelos. En effet, et nous laisserons parler ici M. Fleury, « la timide navigation des Romains consistait à aller terre à terre, de cap en cap ; rarement, à moins de circonstances extraordinaires, se hasardaient-ils à s’éloigner des côtes à une grande distance. Ils suivaient la côte en calculant les distances, cherchaient vraisemblablement à reconnaître les pointes et les baies qu’ils rangeaient de fort près, sans doute, et, pour atteindre plus sûrement le but, ils mesuraient les distances qui séparaient tel lieu d’un autre.... » Si, pour ne pas errer à l’aventure comme Ulisse, les navigateurs romains ou santons ne s’écartaient pas, pour nos mers, de cette façon d’agir, continue M. Fleury, « ils devaient nécessairement trouver le Portus Santonum d’abord, puis le promontorium et enfin la Charente.... Pour cela, ils doublaient la presqu’île d’Arvert, pénétraient par le pertuis de Maumusson dans le golfe Santonique, et touchaient le port gallo-romain ; puis, continuant de cingler vers le nord, ils suivaient les sinuosités de la côte, passaient au milieu des îles qui formaient l’archipel que nous avons décrit et dessiné sur notre carte, et enfin, après avoir reconnu le point le plus saillant, le plus élevé, le plus apparent de toute la côte, le promontoire des Santones, notre Broue d’aujourd’hui, ils donnaient dans la Charente, dont l’embouchure n’était certainement pas à Fouras, si nous consultons encore la configuration des terrains et leur nature.... Placé au milieu de cette baie et parmi toutes ces îles, comme une sentinelle avancée, élevé de plus de 40 ou 50 mètres au-dessus du niveau du marais, abrupte du côté battu par la mer et par l’impétuosité des vents régnants, dominant tous les caps, toutes les pointes de la côte voisine, et surpassant considérablement en hauteur les parties les plus élevées des îles citées, il serait absurde de supposer que les premiers navigateurs de cette époque eussent négligé d’en faire un point de reconnaissance pour assurer leur navigation déjà si incertaine, et déterminer d’une manière précise leur position au milieu de ce bassin hérissé indubitablement d’écueils..... »

Ces réflexions nous paraissent fort judicieuses. La presqu’île de Broue s’avançant, en une arête étroite, entre St-Sornin et St. Symphorien jusque dans le golfe Santonique, protégée de tous côtés par la mer, nous semble parfaitement posée pour servir à la défense de cette partie de la côte et du port des Santons, dont elle commandait une des passes principales.

Sur remplacement jonché de ruines de construction gallo-romaine a été élevé un donjon dans le XIe siècle. Les chartes du moyen-âge font souvent mention de ce donjon, dont M. Lesson nous a donné une description très-exacte.

- XLI. Notre tâche est terminée. Nous avons cherché à constater les restes d’une grandeur qui n’est plus. Encore quelques siècles et l’avenir aura, sans retour, effacé le passé, si les hommes dévoués à leur pays ne savent pas protéger ces traces vénérables des temps passés. Deux grandes pensées semblaient animer les peuples anciens : l’amour de la patrie, qui demandait d’eux de grandes choses, et la religion qu’ils associaient toujours, à leurs entreprises gigantesques. Sachons nous rallier autour de ces enseignes sacrées et nous pourrons asseoir sur des bases solides l’avenir des peuples et nos titres à la reconnaissance de nos concitoyens.

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