Histoire Passion - Saintonge Aunis Angoumois

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1346 - Saint-Jean d’Angly se rend au comte de Derby, anglais

Histoire d’une reddition et d’une allgeance, dans les premires annes de la Guerre de Cent Ans

jeudi 31 janvier 2008, par Razine, 1734 visites.

Source : BNF

Sources – l’Aunis et la Saintonge par L. CANET 1933 – D’aprs un texte de FROISSART.

On sait qu’en Aunis et Saintonge la guerre de 100 ans fit l’objet d’un duel franco-anglais et notre rgion fut ravage maintes reprises pendant les priodes de guerre qui jalonnrent tout le sicle. Saint Jean d’Angly par sa position gographique fut prement dispute par chaque parti. En 1345 la guerre clata provoque par la succession de la Bretagne revendique par Edouard III au dtriment de la couronne de France. Les Anglais dbarqurent Bayonne et la Guyenne fut envahie. Le Comte de Derby s’avana victorieux travers la Saintonge, Mirambeau, Surgres, Benon et enfin Saint Jean d’Angly ouvrirent leurs portes au vainqueur sans grande rsistance au dire de Froissart. Il est vrai que les nobles, affids au roi de France guerroyaient le plus souvent pour leurs propres intrts et laissaient les populations dans l’obligation de se dfendre par leurs propres moyens.

Tant exploitrent le comte de Derby et ses routiers qu’ils vinrent devant la bonne ville de Saint Jean d’Angly. Si ordonnrent tous y mettre le sige. A ce jour que les Anglois y vinrent, il n’y avoit dedans nuls gens d’armes, chevaliers et cuyers, pour aider garder la ville et conseiller les bourgeois, qui n’toient mie bons coutumiers de guerroyer. Si furent durement effrays quand ils virent tant d’anglois devant leur ville, et qui leur livrrent de premire venue un trs grand assaut ; et doutrent perdre corps et biens, femmes et enfants, car il ne leur apparoit secours ni confort de nul ct ; si eurent plus cher traiter devers les Anglois que plus grand mal leur survint.

Aprs cet assaut et que les Anglois se furent retraits en leur logis pour eux reposer cette nuit, et avoient bien l’intention d’assaillir lendemain, le maire de la ville sire Guillaume de Riom, par le conseil de la plus grande partie de la ville, envoya devers le compte de Derby pour avoir un sauf-conduit pour six de leurs bourgeois, allans et venans, qui devoient porter ce trait. Le gentil comte de Derby leur accorda lgrement. Quand vint au matin heure de prime, les dits bourgeois vinrent au pavillon du comte et parlrent lui, quand il eut ou messe. Et me semble que le trait se porta en telle manire qu’ils se mirent de tout en l’obissance du comte et jurrent tre bon Anglois, de ce jour en avant, tant que le roi d’Angleterre ou personne forte de par lui les voudroit ou pourroit tenir en paix devers les Franois. Sur cet tat et ordonnance, les reut le comte Derby, et entra en la ville, et en prit foi et hommage, et devinrent ses hommes. Si se rafrachirent le comte de Derby et les Anglois quatre jours en la dite ville et au cinquime ils chevauchrent vers Niort…

Aprs une vaine tentative contre cette ville et la prise de Saint-Maixent, Derby de dirigea vers Poitiers, la grand’ et esparse cit qui fut enleve d’assaut, toute pille et robe et o les Anglois ardirent, brisrent et dtruisirent grand’foison d’glises et firent moult de desrois ce qui irrita grandement le comte Derby – aussi durement courrouc, mais un peu tard, il dfendit sur le hart que nul ne boutt feu en glise ni en maison qui y ft - ce qui n’empcha pas les anglais leur dpartement deprendre tout l’avoir de la cit que trouv avoient et si chargs en toient qu’ils ne faisoient compte de draps, fors d’or et d’argent et de pennes.

Si s’en retournrent St Jean d’Angly petites journes. L, fut le comte Derby des bourgeois, des dames et des damoiselles de la ville, car il leur donna et dpartit largement grands dons et beaux joyaux ; et fit tant qu’ils disoient communment que c’toit le plus noble prince qui pt chevaucher sur palefroy ; et donnoit aux dames et damoiselles presque tous les jours le dit comte dners et soupers grands et beaux et les tenoit toudis en revel.

Quand il eut sjourn tant que bon lui sembla, il s’ordonna de partir, et toutes ces gens, et prit cong aux bourgeois et aux dames de la ville ; et fit dire au maire et aux plus riches bourgeois renouveler leurs sermens, qu’ils tiendroient et garderoient la ville bien et suffisamment, ainsi comme le bon hritage du roi d’Angleterre et lui eurent ains en convenant.

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