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996 - 1247 - Cartulaire de l’abbaye de Baigne (16 Baignes-Ste-Radégonde) - Table des noms de lieux + carte satellite 1/2

D 9 mars 2010     H 01:21     A Pierre     C 0 messages A 4307 LECTURES


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L’abbaye de Baigne : la tradition dit qu’elle aurait été fondée en 769 par Charlemagne, toutefois les historiens restent sceptiques au sujet de cette paternité. Située en Saintonge, elle est aussi toute proche de l’Angoumois. Les noms de lieux cités dans les chartes (période de 996 à 1247) couvrent une vaste zone allant d’Angoulême à Pons et à Cognac. La table géographique des noms, œuvre de l’abbé Cholet, est une mine d’informations sur l’environnement géographique et humain de cette abbaye au moyen-âge.

La carte satellite permet de voir l’étendue de la mense de Saint-Étienne de Baigne, probablement la plus ancienne des abbayes de Saintonge.

Ne sont retenus, pour cette carte, que les lieux offrant une certitude suffisante, selon l’abbé Cholet.

Source : Cartulaire de l’abbaye Saint-Étienne de Baigne (en Saintonge) - Abbé Cholet - Niort - 1868 - Google Books

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Ce qu’il reste de l’abbaye de Baigne, fondée au XIe siècle
Photo P. Collenot - 02/2007

Nota : les communes situées aujourd’hui dans les départements de la Dordogne et de la Gironde n’apparaissent pas sur cette carte. Elles seront indiquées ultérieurement.

TABLE GÉOGRAPHIQUE OU PETIT DICTIONNAIRE DES LIEUX MENTIONNÉS DANS LE CARTULAIRE DE BAIGNE.

La Table Onomastique ne contient rien autre chose que le nom d’un lieu, avec les chiffres qui renvoient aux Chartes où ce nom est cité. La traduction moderne à donner à ces noms latins du Moyen-Age, l’indication de la situation géographique de ces lieux et leur position sur la carte, la correspondance avec nos divisions administratives actuelles , nécessitaient quelques explications. Les Notices, même les plus courtes, auraient eu pour résultat inévitable de jeter de la confusion et de l’embarras dans une Table Onomastique ; d’un autre côté, il y a un très-grand avantage à réunir dans une même Table les noms de Personnes et de Lieux. J’ai donc pensé qu’une Table spécialement consacrée à la Géographie du Cartulaire évite un double écueil, sans faire cependant un double emploi. Voici la méthode qui a présidé à la rédaction de cette TABLE GÉOGRAPHIQUE :
- 1. Donner, à côté du nom latin, le nom actuellement en usage ;
- 2. Indiquer, à l’aide des divisions administratives reçues aujourd’hui, la situation du lieu. Les cartes que le lecteur peut consulter avec le plus de fruit. sont ; Cassini (1744), la carte des officiers de l’État-Major (1855), l’Atlas du département de la Charente-Inférieure par M. Lacroix, ingénieur-civil (1858-1865). J’aurais voulu grouper autour de chaque nom, les principaux événements d’intérêt local, rattacher aux lieux mentionnés quelques notions généalogiques qui pourraient éclairer la question, encore si peu étudiée, des origines de plusieurs grandes familles, dans la Noblesse de Saintonge et d’Angoumois ; mais ces détails m’auraient entraîné trop loin.

Malgré la brièveté de cette Table, les hommes studieux ne méconnaîtront pas son utilité : elle leur épargnera de pénibles recherches et un temps toujours précieux.
Voir la suite de la table des noms de lieux

A

- Abaion, Abaluc, Abelmont, Abiac, Abisac, Aciresio, etc. Voir pour ces mots, et d’autres du même genre, où la préposition et l’article ne sont pas séparés des noms, la lettre alphabétique qui suit immédiatement. On écrirait aujourd’hui : à Baion, à Baluc, à Belmont, etc. La langue vulgaire était dans l’enfance au XIe siècle ; les formes grammaticales du langage ne se dégageaient pas bien nettement. En voici un exemple encore plus sensible. Le Cartulaire de Baigne écrit Alasbriceires , pour à Las Briceires ; Alaspélêtaneires, pour à Las Pélélaneires ; il écrit de même Alchai, Alcruc, Aldrut, Alestap, Alobinac, Alofragnos, Alperer, Alpeirat, etc., au lieu d’écrire, comme nous le ferions aujourd’hui, au Chai (à le Chai), au Crue (à le Crue), Au Drut, à l’Estap, à Lobinac, au Fragnos (au Frêne ?), au Peré, au Feirat, etc. On voit sous ces formes primitives, le germe de nos articles français le, la, les ; Aubécolar, paroisse de Boresse-Martron, doit se décomposer ainsi : à le Bé Colar ; la Fost-Audrut, est la fontaine des Drut, ou qui appartient aux seigneurs de cette famille ; une pièce de terre donnée par Pierre de Boisset, Auschamps , est une pièce située dans un lieu appelé Les Champs ; Guillaume Thaphael donne une pièce de forêt Ausesars, c’est-à-dire Aux Essarts ; une terre est appelée Ausdinnas, nous devons écrire aujourd’hui Aux Dinnas.

Cette observation philologique influe étrangement sur les Listes alphabétiques des noms de lieux ; il suffira de l’avoir rappelé au lecteur une fois pour toutes.
- Aiguranda , Eygurande, département de la Dordogne, arrondissement de Ribérac, canton de Montpont. L’église d’Eygurande était dédiée à S. Étienne.
- Aimoniacum ; nom d’un bois et d’une terre qui devaient se trouver non loin de Neuvic-Montguyon et de Vassiac. Son nom lui venait peut-être d’Aimon du Breuil.
- Alas, Alans, Halas ; Alas-Champagne, Charente-Inférieure, arrondissement de Jonzac, canton d’Archiac. L’église d’Alas-Champagne était dédiée à la Ste Vierge et une de celles qui dépendaient de l’abbaye de Baigne. Près de là, mais dans le canton de Mirambeau, se trouvait l’église d’Alas-Bocage, dédiée à S. Martin, S. Martini de Alas in nemore.
- Albaruc (à le Baruch), Arbaluc, ad Abaluc, Baluc ; Basclesy Charente, arrondissement et canton de Barbezieux, commune de Saint Pallais-du-Né.
Il y a un autre Bascle, canton d’Archiac, commune de Saint Ciers-Champagne.
- Albaterra , Alba Terra ; Aubeterre-sur-Dronne, Charente, arrondissement de Barbezieux , chef-lieu de canton. Aubeterre , autrefois du diocèse de Périgueux, aujourd’hui de celui d’Angoulème, avait une abbaye que quelques-uns ont dit fondée par S. Maur (Gall. Chr. //, 488) ; il y a une bulle d’Adrien IV, adressée en 1154, à Pierre, abbé de Saint Sauveur-d’Aubeterre. Des seigneurs d’Aubeterre nous sont connus dès les premières années du XIe siècle. Gérald, seigneur d’Aubeterre reçut S. Abbon, de Fleury-sur-Loire, qui se rendait à la Réolle, et était à la veille d’y recevoir le martyre. Un acte du Cartulaire, daté du 14 février 1083, nous apprend que Hélie d’Aubeterre avait épousé Ermengarde sœur d’Hélie comte de Périgord. Cette donnée manque à l’Art de vérifier les dates.
- Albocal, à le Bocal, au Bocal ; ce lieu ne devait pas être très éloigné de Pérignac, dans le canton de Pons.
- Allavilla , Alville ; sur les bords du Né, Charente, arrondissement de Cognac, canton de Segonzac, commune de Verrière. -16 hab. Les Moulins d’Alville (mieux Alleville), donnés par Gardrad de la Faye partant pour la Terre-Sainte, sont l’objet d’un procès intéressant qui se termine, en dernier appel devant une grande assemblée de Barons (Ch. 26.) ; Foucaud de Boisset donne la part qu’il y possédait (Ch. 41)
- Alviniaco, Aluiniaco ; aujourd’hui Vignac, Charente, arrondissement, canton et commune de Barbezieux, à l’extrémité Nord de la commune, et près du Né. Elie Vinet, dans ses Antiquités de Barbezieux, écrit Ouignac pour Ovignac ; Alviniaco , au XI* siècle, était employé pour à le Vignac ou au Vignac. Vignac était une des vingt-cinq paroisses qui composaient la seigneurie de Barbezieux, et, dès le Xl° siècle formait l’apanage d’une branche de la grande famille des seigneurs de Barbezieux. Vers le milieu du XIIe siècle, Vignac devint une importante commanderie du Temple. On trouve Auvignac, Charente-Inférieure, canton de Pons, commune de Montils.- Le nom de ce gros village se rattache peut-être à cette même famille.
- Amblavilla, Ambleville, Charente, arrondissement de Cognac, canton de Segonzac.
L’église de S. Pierre d’Ambleville était, en 1121 et 1232, sous la dépendance et à la nomination de l’abbaye de Baigne ; l’acte de donation n’existe pas dans le Cartulaire.
- Andree Curtis ; il y avait un moulin de ce nom ; il ne devait pas être éloigné de S. Germain-de-Lusignan et de la Grand’Vaux. En 1078, Guillaume (de la Roche, seigneur de Jonzac,) le donna à l’abbaye de Baigne. La traduction moderne de ce nom devrait être Andrécourt ou Andricourt : la terminaison curtis, (court), si commune dans les départements du Nord, est bien rare dans nos départements de l’Ouest.
- Antoniacum, Antonac ; Antignac, commune du canton de Saint-Genis, arrondissement de Jonzac, bornée au Nord par le cours du Trèfle. Saint-Pierre-d’Antignac était, en 1121 et 1232, une des églises relevant de l’abbaye de Baigne : Ramnulfe, évêque de Saintes, la lui avait donnée, vers 1098. (Ch. 453.)
- Aquistris, Aguistris ; Guitres, chef-lieu de canton, arrondissement de Libourne, département de la Gironde. Gombaud de Guitres en était seigneur (1109-1121.)
- Aquistris, Aguistris, dans la paroisse de Sainte-Radégonde, aujourd’hui commune de Baigne-Sainte-Radégonde. Guillaume (de) Rambaud (Raembaldi) donne une terre à Guitres ; le titre porte Aguistris, le texte Aquistris. Hélie Bertaud, Andron de Ciresio y donnent des biens.
- Archiacum, Archiac, chef-lieu de canton, arrondissement de Jonzac, Charente-Inférieure.
C’est un des lieux les plus fréquemment cités dans le Cartulaire. Dès 966, les comtes de Saintonge et d’Angoumois se disputaient, les armes à la main, la possession de ce château : elle entraînait avec elle la suzeraineté sur un très-grand nombre de paroisses. Dès le règne de Charlemagne, Archiac était un chef-lieu de Viguerie ; un peu plus tard, un chef-lieu d’archiprêtré, comprenant 83 paroisses. Le château-fort (honor) était le domaine d’une des familles les plus illustres du diocèse de Saintes. Le prieuré et l’église de Saint-Pierre-d’Archiac étaient desservis par des Moines de Baigne, ainsi que les chapelles de Notre-Dame et de Saint-Martin (ou de Saint-Jean.) On a de la peine, aujourd’hui, à retrouver remplacement de ces trois sanctuaires. Le château-fort, lui-même, a disparu. L’histoire de cette importante Baronnie (érigée en Marquisat en 1609), est complètement à faire ; il n’existe que des données très-fautives.
- Ardena. V. Saint-Grégoire-d’Ardennes. Le château d’Ardennes était dans la commune de Fléac, sur les bords de la Seugre.
- Ardene était le nom d’un mas (manso), situé dans la paroisse de Touzac, Charente.
- Areac, Areiac, Reiac, villa et moulin, dans la commune de Chantillac. Le nom primitif était selon toute apparence Reac ; aujourd’hui, les cartes portent Arriac.
- Armellos (apud). Ce lieu doit être ou les Armelles, commune de Juillac-le-Coq, ou Hermelle, commune de Linières.
- Armenteira, Aermenteira , villa, (V. Ermenteira.)
- Artenaco, Arthenac ; Arthénac, département de la Charente-Inférieure, arrondissement de Jonzac, canton d’Archiac. L’église dédiée à S. Martin, était desservie par un prieur, un chapelain, et plusieurs moines de Baigne. (V. Ch. 40, 49, 467, 521. - 23, 84.- 533,542.)
- Art, Aria (Sancti Martini de) Saint-Martin-d’Ary, canton de Montguyon, arrondissement de Jonzac, Charente-Inférieure. Celte église, dédiée à S. Martin, était à la nomination de l’abbé de Guitres. Elle porte, dans les Pouillés, le nom de Sancti Martini de Aria ; elle doit le complément de son nom à la rivière L’Ary (Aria) qui prend sa source prés des hauteurs de la Garde-Rodard, coule entre des coteaux boisés, et directement du nord au sud, passe à Saint-Martin-d’Ary, et va se joindre au Pallais, entre les communes de Saint-Pierre-du-Pallais et de Cercoux. On ne devrait pas dire le Lary, mais l’Arie.
Aulaneda, Aulanolia, (in Calisio), archiprètré de Chalais, paroisse de Sainte-Soulline (Sanctae Sollempniae.)
- Aulanola, Aulanolia, Aulenola ; Orignolle, commune du canton de Montlieu, arrondissement de Jonzac, Charente-Inférieure. - Son église était dédiée à S. Pierre, et à la nomination de l’abbé de Baigne. Le Cartulaire nomme plusieurs de ses seigneurs.
- Auriola, Oriolles, mieux Oriolle, commune du canton de Brossac, arrondissement de Barbezieux. - Son église, dédiée à S. Pierre, était à la nomination du prieur de Saint-Vivien de Saintes.
- Ausat, Ausaz, nom d’un fief qui était dans la commune de Saint-Ciers-de-Brau ou Saint-Ciers-la-Lande, dans la viguerie de Blaye, diocèse de Bordeaux.
- Ausiliacum, villa, (V. Ozillac.)

B

- Bagoth, village de la commune de Sainte-Eugène, canton d’Archiac. M. Micbon, (Statist. monum., p. 172.) dit que Bagoth se trouvait sur la voie de Saintes à Corterate.
- Baion , Abaion, dans la viguerie Cathmeriacencis, près de Baigne ; au Baion ou Baillon ? (Commune de Messac ?)
- Baluc. (V. Albaruc.)
- Barbezillum, Berbezillum, Berbecillum, Berbezil, castrum Birbicensium, Birbizillensium honor. Ce sont autant de variétés de noms de Barbezieux, chef-lieu d’arrondissement, Charente. Barbezieux était une châtellenie très-importante, elle comprenait 25 paroisses ; savoir :

  • 1. S. Hymas (Ecclesia sancti Eumachii, ou la chapelle du château de Barbezieux) ;
  • 2. S. Matthias (la principale église, dédiée à Notre-Dame) ;
  • 3. S. Seurin (Saint-Severin) ;
  • 4. Salles ;
  • 5. Challignac (Sancti Sulpicii de Caliniaco),
  • 6. La Chapelle (Saint-Vincent-de-la-Chapelle-Magenaud) ;
  • 7. Brie-sous-Barbezieux (Sancti Albani de Bria) ;
  • 8. Sainte Eulaie (Sanctae Eulaliae - Sainte Aulaie) ;
  • 9. Berneuil (B. Mariae de Bernolio) ;
  • 10. Chillac (S. Sulpicii de Calliaco) ;
  • 11. Passirac (S. Petri de Passiraco) ;
  • 12. Guissenjard (Guizengeard) ;
  • 13. Boresse (B. Mariae de Boarecia) ;
  • 14. Martron (Sancti Petri de Morthrunt) ;
  • 15. Oriolles (S. Petri de Auriola) ;
  • 16. Condéon (S. Mariani de Condeom, Condeone) ;
  • 17. Reignac (S. Petri ad Vincula de Reignac) ;
  • 18. Montchaude (S. Euparchii de Montecauzio) ;
  • 19. Saint-Hilaire près Barbezieux ;
  • 20. Sandeville ou Xandeville (B. Mariae de Senzavilla) ;
  • 21. Ouignac ou Ovignac (Alviniacum) ;
  • 22. S. Meard (Saint-Médard-de-Barbezieux) ;
  • 23. S. Paul ;
  • 24. S. Bonet ;
  • 25. Vignoles. (V. Elie Vinet, Antiq. de Barbezieux.)
    Le nom de la plupart de ces paroisses revient souvent dans le Cartulaire ; des donations fréquentes rangent les seigneurs de Barbezieux parmi les plus insignes bienfaiteurs de l’abbaye de Baigne. Les premiers seigneurs de Barbezieux mentionnés dans le Cartulaire sont : Alduin (Ier), père d’Alduin qui suit, et d’Alsende (Arsende) ; Alduin (II), marié à Girberge, fondateur du prieuré conventuel de Barbezieux, vers 1043 ; il le donna à S. Hugues, abbé de Cluny, un peu après 1049. (V. Gall. Chr. II instr. coL 270.) Treize religieux de l’ordre de Cluny desservaient ce prieuré. Alduin (II) eut pour successeur Itier, son fils (avant 1060—après 1079.) Itier est dit neveu de Foulques comte d’Angoulème (Ch.230), et Prince du château de Barbezieux. « Iterio Berbezillensis castri principe. » (Ch. 55.) Son fils, nommé Alduin (III), lui succéda. On trouve un Alduin, fils d’Alduin, époux d’Ermesinde, père d’Itier qui donne la terre de Muraus à l’abbaye de Baigne (Ch. 462.) Un titre du 1er avril 1257, nous fait connaître qu’Alduin de Barbezieux, fils d’AIduin, mort à Damiette dans les rangs de l’armée chrétienne, avait, par le conseil et la volonté d’Itier, seigneur de Barbezieux, fait plusieurs donations à l’abbaye de la Tenaille. Le 2 octobre 1253 mourut Itier, seigneur de Barbezieux qui fonda, au chef-lieu de sa châtellenie, le couvent des Frères mineurs, où il fut enterré.

Tels sont les linéaments d’une généalogie des premiers seigneurs de Barbezieux. Les branches cadettes de cette grande maison figurent souvent dans le Cartulaire ; nous nous contenterons de citer : 1° Bernard Vigier de Barbezieux « Bernardus Vicarius de Berbezillo, » qui eut deux fils : Rigaud Vigier « Rigaudus Vicarius ou Vicarii miles de Berbezillo » et Ramnulfe (Vicarius) qui se fit moine â Baigne. 2° Laune (Launus, Launo, Launonus. - Launo cognominatus de Berbezil)9 qui au jour de ses obsèques (avant 1081), laissait cinq fils : Itier Launon, Launon, Guillaume, Geoffroi, Robert. 3° Un autre Laune de Barbezieux qui eut trois fils : Bernard, Itier et Arnaud. Ce dernier entré à l’abbaye de Baigne comme religieux du temps de l’abbé Seguin, devint prieur de Baigne, et figure souvent en cette qualité sous les abbés Gislémond, Adémar II d’Alviniac, et Raimond.

Des études spéciales sur la généalogie des seigneurs de Barbezieux donneront peut-être un jour à cette illustre famille le rang qu’elle doit avoir dans les origines féodales de la Saintonge et de l’Angoumois. Au milieu du XIe siècle, Alduin (II) se disait déjà seigneur de Barbezieux par droit héréditaire, « Alduinus Berbezilli castri jure hereditario9possessor et dominus. » On voit, avant 1075, la signature d’un Alduin Comtor « signum
Alduini comtoris. » Les seigneurs de Barbezieux ont-ils porté le titre de Comtor ? (V. Du Cange, à ce mot.) C’est un fait qui n’a pas encore été signalé dans aucun des historiens des deux provinces de Saintonge et d’Angoumois.

Encore quelques découvertes aussi importantes que celle du Cartulaire de Baigne, et tous ces points obscurs s’éclairciront.
- Barda ; Saint-Martin-de-la-Barde, canton de Montguyon, arrondissement de Jonzac, Charente-Inférieure. Il y avait aussi Saint-Médard-de-la-Barde-Fagnane, et la Barde, commune de Montchaude.
- Bardenac. II y avait une commune de ce nom, canton de Chalais, arrondissement de Barbezieux ; son église était dédiée a S. Germain ; mais c’est d’un autre Bardenac qu’il est question. Arbert et Sénégonde son épouse, ainsi que Seguin (de) Robert, donnèrent une terre à la Roche de Bardenac. Foucaud Bertaud donna, en se faisant moine, la terre de Bernard de Bardenac, située dans la paroisse de Notre-Dame-d’Alas-Champagne. Le don que fait Foucher, à Bardenac, en donnant son alleu et celui de son oncle, se rapporte sans doute à cette même terre : La Roche de Bardenac, commune d’Alas-Champagne.
- Barret, Barretum ; Barret, commune du canton et arrondissement de Barbezieux ; villa, seigneurie, église dédiée & S. Pardoult. La famille de Barret donna le premier abbé connu de Baigne (1032-36), Adémar 1er : : elle était déjà puissante au commencement du XI* siècle. Le Cartulaire fait connaître plusieurs seigneurs de Barret.

Le Prieuré de Saint-Pardoult-de-Barret était annexé à la sacristie de l’abbaye de Baigne.
- Beania, abbaye de l’Ordre de S.Benoit, fondée en 769 (?), par Charlemagne ; aujourd’hui chef-lieu de canton et de commune sous le nom de Baigne-Sainte-Radégonde. L’administration écrit Baignes ; j’ai préféré maintenir l’orthographe usitée au dernier siècle, bien plus conforme aux anciens titres. Dans le Cartulaire, on ne trouve jamais que Beania dont la traduction ne saurait être un pluriel. Avant d’être une abbaye, Baigne était un chef-lieu de viguerie, vicaria ; son nom primitif était Cathmeriacum, et le ruisseau qui l’arrose portait le nom de Cavallo.
- Belesma , Abelesma , Beleymas, canton de Villemblard, arrondissement de Bergerac, Dordogne.
- Belmont, Abelmont. Il s’agit ici de Beaumont de Périgord : ce Beaumont s’appelait autrement Masbréchard. Il y a aussi dans la Charente plusieurs localités de ce nom. Hélie, Vicomte de Beaumont, règle un différend avec l’abbé Hélie. (V. 1141-49.)
- Belsames ; l’alleu de Belsames ; le gué de Belsames, se trouvaient dans la commune de Boresse-Marlron.
- Abeeuer, Belueeer , Belveer , villa (Beauvoir ou Bellevue). Il y a un grand nombre de Bellevue, dans la Charente ; celle-ci parait avoir été dans la paroisse de Saint-Marien de Condéon. Serait-ce Bellevue, commune de Bors ?
- Berbezilet, Barbegillet, dans la commune de Fontaine-d’Ozillac. Il y a aussi un Barbezillet dans la commune de Bussac. et près de ce chef-lieu de commune.
- Bernolio, Berneuil, commune du canton et de l’arrondissement de Barbezieux.
- Berseloc, Bersoloc, Berseleu, commune d’Alas-Bocage, ou Bercelieu, comme l’écrit le Dictionnaire des Postes.
- Bertaldi Nemus , Boisbreteau, (V. Bosco Bertaldi.)
- Biac, Abiac, était une villa et seigneurie située dans une paroisse dédiée à S. Pierre, peut-être Saint-Pierre-d’Oriolle. Etienne de Abiaco fut témoin au sujet d’une terre située près de Brossac. Cette terre était en friche, omnino sine cultore erat, en 1075-1081.
- Biarco (villa de), Abiarz, Biars. Autrefois dans la viguerie Cathmeriacinsis, aujourd’hui Biard, dans la oommune de Pouillac (Saint-Hilaire-de).
- Bisac était jadis dans la paroisse de Saint-Michel-de-Montendret, et se trouve aujourd’hui, commune de Saint-Pallais-de-Négrinac, canton de Montlieu, arrondissement de Jonzac. — Il y a aussi un Bisac, commune de Neuvic-Montguyon.
- Blanziacum , Blanzac, chef-lieu de canton de l’arrondissement d’Angoulème ; siège d’une très-ancienne chètellenie, avec un vieux château fort. Le Chapitre collégial de Blanzac se composait « d’un doyen perpétuel électif, sous le titre d’abbé, qui a 6 ou 700 livres de revenu, et de cinq ou six chanoines qui n’ont de revenu que ce qu’il leur faut pour subsister. » (Gervais, p. 314.). L’Eglise de Saint-André de Blanzac, donnée par l’évèque Adémar d’Angoulème (1083-1098), était à la nomination de l’abbé de Baigne.
- Blavia , Blaye, aujourd’hui sous-préfecture du département de la Gironde ; poste militaire important dès l’époque gallo-romaine ; mentionné ici comme chef-lieu de viguerie.
- Blaville, Blauuille Molendinum ; moulin à eau de Blaville qui devait à l’abbaye de Baigne, une redevance de cent anguilles.
- Boac, aqua, cours d’eau, près de Chillac.
- Boarecia , Boareza ; Boresse réunie en une commune avec Martron (Boresse-Martron.) L’église, dédiée à la Sainte Vierge, était à la nomination de l’abbé de Baigne (1098-1107.)
- Bodiallium terra ; probablement Bodille, commune de Reignac. (Cassini.)
- Boesmie aqua, la Boesme, nom d’une rivière qui arrosait l’ancienne baronnie de la Rochandry. Cette baronnie, située à deux lieues d’Angoulème, consistait dans une seule paroisse, celle de Moustiers. « Le château est situé sur le sommet d’un rocher ; la petite rivière de Boësme passe au pied ; elle produit d’excellentes truites et autres bons poissons, et ses eaux sont excellentes pour le papier. La terre (de la Rochandry) vaut 5,000 livres de ferme. » (Gervais, p. 270.)
- Boisset, Boiset , Boyset, Buiset , (église de Notre-Dame de), commune de Saint-Pallais-du-Né. - Il y avait une famille illustre du nom de Boisset. - Il y avait aussi un moulin de Boisset.
- Boniau , de Boniali , de Boniallo , aujourd’hui Bougneau, commune du canton de Pons. Cette église donnée â l’abbaye de Baigne, passa bientôt après a celle de Saint-Florent-de-Saumur.
- Bonolio, aujourd’hui Bonneuil, commune du canton de Château-Neuf, arrondissement de Cognac.
- Borderia. Il y avait, près d’Archiac, une terre appelée La Borderie. Borderia. Quatorze borderies sont nommées dans le Cartulaire de Baigne ; la circonscription paroissiale où elles se trouvaient n’est indiquée que pour deux seulement. Il y en avait une dans la paroisse de Saint-Vallier. La Borderie de Rainald Seneuth, était dans la paroisse de Saint-Saturnin-de-Pommiers, canton de Montendre, arrondissement de Jonzac.
Le plus grand nombre des borderies sur lesquelles l’abbaye de Baigne avait des droits, se trouve dans la Charte DXLIX.
- Borrellus, Borellus ; le Champ des Bourelles, commune de Chantillac, où se sont trouvés tant de débris d’antiquités romaines, aurait-il emprunté son nom à la famille Borrel ? On trouve Arnaud, Audouin et son fils, P. Borelle, Vallet de Condéon.
- Borgada (la), Bogada. Serait-ce La Bourgeade, commune de Chepniers ?
- Born, Borno (forêt de), Bors-de-Baigne, Charente, arrondissement de Barbezieux , canton de Baigne, Bors de-Montmoreau, même arrondissemement, canton de Montmoreau, me paraissent rappeler le nom de cette forêt, et de cette illustre famille.
- Bosbocen , villa ; lieu inconnu aujourd’hui et qui devait être près d’Archiac.
- Bosc Barazil. Petite forêt ou bois dont la position m’est inconnue.
- Boschet (de) devait être une terre seigneuriale du diocèse de Périgueux (Dordogne.) Arnaud, Constantin, Pierre de Boschet, devaient être seigneurs Périgourdins. Je me fonde sur ce que dans les Pouillés on trouve Boyscheto dans l’archiprétré de Chanteyrac.
- Bosco Bertaldi ou Bertaldi Nemus ; Boisbreteau, canton de Brossac, arrondissement de Barbezieux, Charente. D’après l’étymologie on devrait dire Bois-Bertauld. Les Berthald ou Bertaud étaient une famille riche et puissante dès le Xle siècle.
- Bosco Bertaud. La même chose que Nemus Bertaldi, ou Bosco Bertaldi.
- Bosseria, villa, située dans la viguerie de Rocimago. (Canton de Montlieu ?)
- Botavilla , Bouteville, aujourd’hui chef-lieu de canton, arrondissement de Cognac.
La chàtellenie de Bouteville comprenait 22 paroisses dans le meilleur pays d’Angoumois, dit Gervais. Les comtes de Saintonge et d’Angoumois, dès le X* siècle, se disputaient les châteaux d’Archiac et de Bouteville. La possession du château de Bouteville entraînait celle des 22 paroisses qui lui devaient l’hommage.

Le Cartulaire de Baigne nous fait connaître les plus anciens seigneurs de cette châtellenie : Arnaud Testaud, Guillaume Testaut de Bouteville (1098-1109), Arnaud Testaut (Testauz) son fils (1141-1149) qui laissa deux filles : Pétronille, mariée à Rigardus (Rigaud), et Claria (Claire ou Clarisse), mariée à Guillaume (d’)Arrade ; Guillaume, chevalier de Bouteville , fils de Rigaud de Bouteville (et de Pétronille ? )
Bouteville était le chef-lieu d’un des 15 archiprètrés du diocèse. On trouve Arnaud de Mortiers, archiprètre de Bouteville, entre 1089 et 1098. (Ch. 510.) Itier était archiprètre de Bouteville, en 1182. (Ch. 521.) Cet archiprètré correspondait à 29 de nos communes.
Le prieuré conventuel de Bouteville, fondé vers 1025, par Hildegarde, ou plutôt par Geoffroi Taillefer, VIIe comte d’Angoulème, et Pétronille sa femme, était desservi par 20 religieux de l’Ordre de Cluny. Le Cartulaire nous fait connaître le prieur Aimon, en 1129 (Ch. 286.)

On prétend que cette terre a valu, certaines années, jusqu’à 16,000 livres de revenu. La Champagne qui en dépend est un canton petit, mais excellent, dit Gervais (p. 265.)
A Bouteville, Bourg et chef-lieu de prévôté royale, il se tient deux foires ; il y a un très-beau château ; Bouteville n’a que 160 feux. (Gervais, p. 266.)
- Bran ou Bren (Saint-André-de), commune de Montendre. On y remarque le Grand et le Petit Foucaud dont le nom vient de Foucaud, seigneur de Bran, et la Croix (terra de Cruce ?) On trouve encore Arnaud, Itier, Mainard, Seguin de Bran.
- Brandars , au Brandars , Le Brandart, commune de Mortiers, canton de Jonzac ; Le Brandart, commune de Neulles, canton de Jonzac.
- Brau (de) ; Eglise de Saint-Cyr-de-Brau, dans l’archevêché de Bordeaux, aujourd’hui Saint-Ciers-la-Lande, chef-lieu de canton, arrondissement de Blaye, Gironde. Brau me parait être l’Ebromagus dont parle Ausone et où serait né S. Paulin, évèque de Nole. Ebraumagus a une grande affinité avec Brau ; Magus n’était qu’une terminaison.
- Brenies, vallis, près d’Archiac, et de Font-aux-Drut.
- Bria (de), paroisse de Notre-Dame-de-Brie, aujourd’hui commune de Brie-sous-Archiac , canton d’Archiac. Cette seigneurie a été possédée par une famille distinguée ; le Cartulaire nomme Hélie, Itier, Richard, Seguin.
- Brianenca ou Brunenca , terre près d’Archiac, rendant 2 sols et 8 deniers.
- Briqueria ; la Briquerie, villa, près de la forêt de Chaux. Alasbriceires, ou les Briqueries, doit désigner le même lieu ou se serait établie au moins une autre industrie du même genre.
- Britonis (a ponte). Dans la paroisse de Saint-Germain-de-Lusignan.
- Brociaco, Brocac ; Brossac, paroisse de Notre-Dame-de-Brossac, aujourd’hui canton. Le Cartulaire nomme trois seigneurs de ce nom : Foucaud, Foulques, Ramnulfe.
- Brociac. La terre de Brociac se trouvait dans la paroisse de Saint-Symphorien-de-Chàtenet, aujourd’hui commune du canton de Montlieu,
- Broces ; Brosses ou des Brosses. Seguin des Brosses parait en 1182.
- Brolio, le Breuil, commune de Saint-Pallais-du-Né. Il y avait la Motte du Breuil, les Moulins du Breuil, la famille du Breuil. (V. la Table Onomastique.)
- Brolio Escacerio, le Breuil-Eschaceriaux, non loin de Jonzac. Constantin du Breuil Escacerio (Eschasseriau ?) lui avait sans doute donné son nom, puisqu’on l’appelait aussi le mas de Constant du Breuil. (Constant ou Constantin ?)
- Brolium Deidone. Dans la paroisse de Saint-Saturnin-de-Lamérac. Lamérac, commune du canton de Baigne, arrondissement de Barbezieux, Charente.
- Brozca , Bruca (à la). La Brousse et La Brousse du Prieur, commune d’Ozillac.
- Brucia Villana , lieu aujourd’hui inconnu, non loin d’Archiac.
- Bruciaco , (Fulco et uxor Aleaiz de.) Peut-être de Brociaco, de Brossac.
- Buc (Arnaldus de ou del Buc.) Peut-être même seigneurie que Buget.
- Buget, Buguet (Vilar ou Vilaro de), qui est situé près du bourg de Saint-Maigrin, — qui adjacet propè positus vico Sancti Magrini.
- Bureza (P. de). Seigneurie inconnue ; peut-être même chose que Boarecia.
- Burgo , aujourd’hui Bourg-Charente, canton de Jarnac, arrondissement de Cognac.
Le Cartulaire nous fait connaître Aimery, Andron, Guitard, seigneurs de Bourg-Charente.
- Burgo Novo , équivalant de Novo Vico ; se rapportant à Neuvic-Montguyon. (V. Neuvic.)
- Buziacense territorium, Bourzac, près de la Dronne ; peut-être commune de Bayac, Dordogne ( ?). - Territoire, aujourd’hui inconnu, près de Fontaine-d’Ozillac (?).

C

- Cabanensis princcps ; Jourdain, prince de Chabanais et Amélie, son épouse, autorisent le don de l’église de Saint-André de Blanzac. (1083-1098.) - Chabanais est aujourd’hui chef-lieu de commune, arrondissement de Confolens, Charente.
- Cabecia. Le jour de la consécration de l’église de Passirac (vers 1077), Raymond de Curac et Ramnulfe de Vignac donnent le mas de la terre de Cabéce ou Cabasse. Celui-ci devait être dans la seigneurie de Barbezieux. - On trouve plusieurs Cabasse.
- Cabruno , Podio Cabruno. (V. Podio.)
- Calac , Calliac (d’où Caliacensis rivus) , et avec une légère variante, Chalac , Chaliac ; Chillac, canton de Brossac, arrondissement de Barbezieux, Charente. En 1077, Guillaume de Calac, de Chillac, assista à la consécration de l’église de Passirac ; il appartenait probablement à la famille de Barbezieux. Hélie et son frère Arnaud de Chillac (Calliac) étaient sans doute aussi de cette famille ; ils participèrent à une donation faite près de l’église de Saint-Sulpice-de-Chillac (1075-1081.) La villa Abiac était entre deux cours d’eau, l’un appelé Boac , et l’autre le ruisseau de Chillac, rivus Caliacensis. On trouve encore R. de Chillac (Calac), (1141-49) ; Hélie de Chillac (Chalac), 1225. Le Maine de Ar[naud] Potier était dans la paroisse de Chillac (Chaliac).
- Calciata. Serait-ce Chaussat (la Chaussée), commune de Vibrac, ou la Chaussée, commune de Mornac, canton de Saint-Genis ? Je croirais volontiers qu’il s’agit de la première de ces deux localités.
- Calesium, Calisium, Chalesio, Chalisio ; (d’où Calesiensis Dominus), aujourd’hui Chalais, chef-lieu de canton, arrondissement de Barbezieux, Charente. Chalais était autrefois un chef-lieu de châtellenie ou plutôt de principauté ; ses seigneurs ont conservé le titre de Princes de Chalais. Hélie de Chalais, dont la terre était comprise dans le diocèse de Saintes, assista à la consécration de l’abbaye de Notre-Dame de Saintes, en 1047. Aimon du Breuil levait un droit de coutume dans deux borderies situées dans le Fief du seigneur de Chalais, de domino Calesiensi. Alix de Chalais (nommée ainsi, sans doute, par suite d’un mariage), était fille d’Arsende, soeur de Guillaume Raza, de Pierre et de Mainard. Pétronille, épouse de Gardrad, mère de Mainard, était fille d’Adémar le viguier de Chalais, « Ademari vicarii de Calisio. » Cette qualification de Viguier de Chalais peut prouver, à défaut de documents plus précis, que Chalais était dès l’origine un chef-lieu de viguerie. C’était aussi le chef-lieu d’un archiprêtré embrassant le territoire de quarante-neuf communes actuelles , dont six seulement sont aujourd’hui dans le département de la Charente-Inférieure, et quarante-trois dans celui de la Charente. Ce sont quarante-trois communes que le diocèse de Saintes, aujourd’hui de La Rochelle, a perdu de ce côté-là.

Le Cartulaire nous fait connaître deux archiprètres de Chalais : 1° Hélie qui assista à la consécration de l’église de Passirac, vers 1077, Hélias, archipresbyter Calesii ; peut-être le même qui fut témoin, un peu plus tard, du don de l’église de N.-D. de Boresse : Ces deux églises étaient dans l’archiprètré de Chalais. 2° Guillaume, devant qui se réglèrent les droits respectifs du Prieur et du Chapelain de Passirac (1109-1121.)

Le Prieuré conventuel de Chalais, de l’ordre de S.Benoit, dépendait de l’abbaye de Saint-Martial de Limoges et entretenait douze religieux. R. de Curac, prieur de Chalais, figure au Cartulaire, (1141-49) ; dans un acte fait à Chalais (apud Chalesium), le 6 août 1225, on voit A. prieur de Chalais et ses religieux, « cum sociis suis » , P. Vidal, chapelain de Chalais, et noble homme 0. de Chalais.

Chalais était un chef-lieu de haute justice seigneuriale : un plaids tenu à Chalais, « ante Viros apud Calcsium, • régla une question entre Robert du Breuil, Hélie du Breuil son frère, et l’abbaye de Baigne.
- Caliniaco (de), Chalinac ; aujourd’hui Challignac, commune de l’arrondissement de Barbezieux, autrefois de cette châtellenie.
- Calliac. (V. Calac.)
- Calvenciacum , Calvinciacum , Caluenzas , Calvencas , Chaluenzas , Chauuencas , Chauuenzas ; variétés, sous une forme latine, du nom moderne de Chevanceaux, commune du canton de Montlieu, arrondissement de Jonzac. Cette paroisse relevait autrefois du château de Chaux, et celui-ci du comté d’Angoulême.
- Campania (Hélias de) ; Hélie de Champagne devait être seigneur de Champagne près Blanzac, (Champagne-Mouton), Charente.
- Campiloles, Champiloles ; aujourd’hui Champagnolles, commune du canton de Saint-Genis, arrondissement de Jonzac, Charente-Inférieure.
- Campo Costanti Marti, ou plutôt Constantini Martini, dans la viguerie d’Archiac.
- Campo Longo, Champlonc, Chamlong (villa de), terre où l’abbaye avait un Prévôt.
- Cancelada ; Abbaye de Chancelade, Dordogne, arrondissement et canton de Périgueux.
- Cantilac, Cantiliaco, Chantilac, Chantiliaco , villa et église de Saint-Jean-de-Chantillac, commune du canton de Baigne, arrondissement de Barbezieux, Charente.
- Cantiliacensis silva. La forêt de Chantillac s’étendait sur le territoire de cette commune, et se liait aux forêts de Born, de Chaux, de Bois-Breteau.
- Carbonario (in rivo), près des bords de la Dronne et un de ses affluents.
- Cardas, Chardas ; Chardes, au midi de l’ancien prieuré de St-Jacques-de-Mathelon, et non loin d’Arriac (Cassini.) Il y a aussi Chardes, commune de Guimps ; Chardes, commune de Sainte-Radégonde ; Chardes, Charente-Inférieure, arrondissement de Jonzac, canton de Montendre ; Charde, commune de Saint-Ciers-Champagne. Je ne crois pas qu’il s’agisse de ces derniers.
- Casanias (église de Saint-Jean-de), dans le diocèse de Périgueux, Dordogne, consacrée en 1100, par Ramnulfe, évêque de Saintes, la veille du jour où il consacra l’église de Chenau (Chanaor.)
- Castanet, Castaneto, Chastaneth, Castenet, paroisse de Saint-Symphorien de Châtenet ; le Dictionnaire des Postes écrit Chastenet, commune du canton de Montlieu, arrondissement de Jonzac.
- Castelar (usque ad) ; ce nom désigne un donjon, une tour, dans la circonscription de la paroisse de Châtenet ; c’est sans doute ce qui a donné naissance à la seigneurie de La Tour en Châtenet. Maiencie, dame du Château de Blanzac, possédait cette seigneurie à la fin du XI* siècle.
- Castello-Novo ; aujourd’hui Château-Neuf-sur-Charente, chef-lieu de canton, arrondissement de Cognac.
- Castro Novo , désigne le même lieu que Castello Novo. « On dit que sur ce bord de la Charente, il existait anciennement une bourgade nommée Berdeville, où il y avait un vieux château. Ce vieux château fut brûlé par accident en 1081 ; on en bâlit un nouveau, et ce bourg perdit alors son nom pour être appelé Château-Neuf. » (V. Quénot, p. 175.)
- Cathmerio , Vicaria Catmeriacensis ; nom très-ancien d’un chef-lieu de viguerie, qui s’effaça à mesure que le nom de l’abbaye de Baigne, construite au même lieu, prenait plus d’importance. S. Etienne parait avoir été le patron de Cathmerium, avant de l’être de l’abbaye de Baigne.
- Cavallo (fluvius) ; nom du ruisseau qui passe à Baigne. Aujourd’hui, sur les cartes et dans le pays, il porte le nom de Pharaon ou Pharon ; la Charte LXXIV° du Cartulaire de Baigne prouve sans réplique qu’il s’appelait au XIe siècle le Cavallon. Comment s’est opéré ce changement ? - C’est aux étymologisles à résoudre cette question.
- Causense Alodium. La terre allodiale de la seigneurie de Chaux. (V. Chaux.)
- Chaboac , Chaboiac ; nom d’une terre seigneuriale dépendant de Barbezieux. Peut-être Chabouyat (Cassini), commune de Lamérac, entre tes deux Vallières (Haute et Basse.)
- Chadenac Une Charte qualifie Ramnulfe de Chadenac du titre d’archiprêtre, sans dire sur quel archiprètré il exerçait sa juridiction. Il était sans doute issu de la famille seigneuriale de Chadenac, aujourd’hui commune du canton de Pons, arrondissement de Saintes.
- Chai, Chaio, Auchai, Deuchai ; Le Chai, dans la paroisse de Saint-Symphorien de Châtenet, autrefois dans la viguerie de Cathmeriacum (Baigne.)
- Challac. (V. Jailac.)
- Chalau, Chalaus (vadum de) ; aujourd’hui Challaux, commune de La Garde (près Montlieu.) Ancien prieuré relevant de Saint-Vincent-de-Bourg-sur-Gironde. Près de cette vieille église de Challaux, se trouvent une fontaine et un ruisseau, qu’il est encore facile de traverser en cet endroit. C’est donc à quelques pas de l’église que se trouvait le Gué de Challaux. Il débouchait sur une vaste prairie, et c’est là sans doute l’excellent pré (optimum pratum) que Adémar d’Archiac donna près du Gué de Chalau.
- Chambalo (molendinum de), Chamballon. Ce moulin dont il est parlé en six Chartes, et dont la possession était partagée entre plusieurs seigneurs, est aujourd’hui commune de Vanzac, canton de Montendre.
- Champanac (apud) ; Champagnac, commune du canton et de l’arrondissement de Jonzac. - Adémar de Carbonnel, évêque de Saintes, y rendit un jugement qui mettait fin à un procès intenté à Guillaume, Prieur de Saint-Marien-de-Condéon.
- Chanaor, Canaor ; Chenau. Son église, dédiée à S. Pierre, fut consacrée en 1100, par Ramnulfe, évêque de Saintes.- Chenau est aujourd’hui une commune du canton de Sainte-Aulaye, arrondissement de Ribérac, Dordogne.
- Chapdo (terre de), près de Font-Audouin. On disait à Chapdo ou au Chapdo.
- Chapelle (la), commune de Fontaines-d’Ozillac, canton de Jonzac.
- Champon, Chapon. L’Eglise de ce lieu, dédiée à Saint-Vivien, fut donnée à l’abbaye de Baigne par Ramnulfe, évèque de Saintes, entre 1099 et 1105. L’évèque Guillaume (de) Gardrad en confirma la possession, le 9 mars 1128. Aujourd’hui Saint-Vivien de Champont possède encore sa vieille église tombant de vétusté, isolée au centre de hameaux, dans la commune de la Garde-Montlieu, canton de Montlieu, arrondissement de Jonzac.
- Chardas, V. Cardas.
- Charsac , Charçac , commune de Mortiers, canton de Jonzac, au midi et sur la rive gauche du Cavallon (Pharaon.) Cassini écrit Chersac.
- Charsenx, Sarcenz, nom d’un alleu situé dans la paroisse de Saint-Marien-de-Condéon, et possédé par Guillaume (d’)Alduin.
- Chastanac. Itier (de) Bernard et Alduin son fils, donnent une terre située à Chastanac ; Gardrad (d’)Airaud donne cinq sols de rente annuelle sur le Mas de Castanet ; Pierre de Chastanet fait une donation à l’abbaye. Ces trois noms peuvent se rapporter à une même localité, à Châtenet, (V. Castanet), ou à Chatignac (Sancti Petri de Castignaco.)
Chaumort. La terre de Chaumort devait être située dans le diocèse de Périgueux, non loin de Gardedeuil et des bords de la Dronne.
- Chaunac (Ar. de.) Nom d’une terre seigneuriale, aujourd’hui Chaunac, commune du canton et arrondissement de Jonzac, Charente-Inférieure.
- Chaus, Causense Alodium. Le Cartulaire nous fait connaître la Forêt, l’Aleu et le Château de Chaus. La forêt de Chaus devait s’étendre dans toute la partie de la commune de Chevanceaux qui est à l’est de l’Ary : trois hameaux en gardent le souvenir : la Forêt, Saint-Hubert, (patron des chasseurs,) et Bois-Morand.
Le ruisseau appelé Les Landes, Las Landas, descend des hauteurs de Montendret et va verser ses eaux dans la Revallée qui sort de l’étang de Pessac et de l’étang Fourchu. Toutes ces eaux vont grossir l’Ary. (Aria.- On ne doit pas dire Le Larry.) Montendret se trouvait au sud de la forêt de Chaux.

Le Causense Alodium donna naissance à la châtellenie de Chaux qui fut toujours une très-noble terre, et l’une des plus seigneuriales de l’Angoumois. Il reste encore aujourd’hui un château â l’angle sud-est de la commune de Chevanceaux, près des bords de l’Ary, et sur sa rive gauche ; un peu au-dessus du point où le ruisseau la Fenêtre se déverse dans l’Ary.
« La châtellenie de Chaux comprenait deux grandes paroisses, partie de deux autres et deux enclaves, y compris ce qui y ressortit par appel de jurisdiction. Cette terre peut valoir 4,000 livres de revenu, dit Gervais (p. 271.) »
« Elle est comprise parmi les terres et seigneuries qui relevaient du comté d’Angoulême. » (Ibidem.)
« Les seigneurs de Chaux sont en possession de temps immémorial de faire tenir six foires par an, à Chevanceaux. (Savoir : 1er janvier, 1er mars, 1er mai, 29 juin, 29 août, 29 octobre.) On prétend que ces foires sont royales. » (Gervais, p. 245.)
Dans le voisinage du château de Chaux, et sur la commune de Chevanceaux, se trouvent plusieurs villages ou hameaux qui rappellent des noms de seigneurs mentionnés au Cartulaire :
Le Moulin des Auberts (Albertus). - La Rousselle (molendinum Rossel) Bernard,- Pain, (mainium panis cocti ?) Texier, (Johannes Texendarius.) - Le Grand et Petit S. Germain.
Le Pas de Chaux, traversant la Pimparade, donnait accès dans les communes de Chantillac et de Baigne, et reliait l’abbaye au Limousin et au Périgord.
- Chauset ; même nom aujourd’hui, ou Chauzet (Etat-Major), commune d’Oriolle, Charente. Le Prieuré de Chauset était annexé à la Chanterie de Baigne : Abbas instituit Cantorem cui annexus est Prioratus de Chauset.
- Chechavilla ; alleu et villa, dans la paroisse de Saint-Jean-de Chantillac, canton de Baigne-Sainte-Radégonde. - Il y a encore les Moulins de Chevilles dans cette commune.
- Chesa (Arnaldus de la.) - Arnaud de Lachesa était sans doute seigneur de La Chaise, canton et arrondissement de Barbezieux, Charente. Cette église, dédiée à S. Vivien, était à la nomination de l’abbé de Baigne ; en 1121, elle parait être portée sous le nom de Saint-Vivien-de-Tauuenac. (Ch. 2, n° 6.)
- Chillac ; Chillac, canton de Brossac, arrondissement de Barbezieux. Son église était dédiée à S. Sulpice. (V. Calac.)
- Ciresio, Cyresio, Cireis, Cereis. II y a sous ces noms une villa, un alleu, une fontaine, et une famille illustre et puissante. - Une famille de Saintonge portait, en effet, au XIe siècle, ce nom et ses variantes ; elle avait les plus nobles alliances, figurait au premier rang dans les plaids, les fêtes, les actes de donation ; possédait de grands biens en plusieurs lieux, surtout autour de Baigne ; neuf seigneurs de Ciresio ont porté différents prénoms : Andron, Guillaume, Heldrade, Jean, Mainard, Odolric, Raimond , Renaud, Rigaud ; et cependant cette grande et nombreuse famille nous échappe avant la fin du XIIIe siècle. Je n’oserai pas indiquer l’équivalent moderne du nom de Ciresio. Serait-ce Cierzac, commune du canton d’Archiac ? Serait-ce Chierzac, fraction de la commune de Bédenac ? J’inclinerais pour ce dernier, et cela pour deux raisons, qui ne sont pourtant pas sans réplique : 1* le Cartulaire nomme la Fontaine de Ciresio ; or, au bas du terrier de Chierzac, se trouve indiqué sur le plan cadastral, un lieu appelé La Fontaine ; 2° Mainard, fils de Constantin et de Sénégonde, donne un clos de vigne à Ciresio (Aciresio) ; ce clos de vigne est appelé Pelfoleto (Peu-Folet ?) On sait qu’il existait à peu près sur tous les Peux un monument Druidique ; plusieurs sont encore conservés en Saintonge ; le vulgaire les désigne sous le nom de Pierre-Folle. Or, au milieu des Landes de Bédenac et de Bussac, à peu de distance de la vieille église de Chierzac et de son terrier, se voit un tertre appelé la Pierre-Folle (Pelfoleto ?), sur lequel gisent d’énormes fragments d’une pierre noirâtre qui ne sauraient être que des débris d’un monument druidique ; les flancs du tertre, aujourd’hui en terres labourables, ont dû être plantés en vigne autrefois. Ce serait là, à mon avis, le clos de vigne, tout encadré de landes, donné par Mainard de Ciresio, à l’abbaye de Baigne. Dans tous les cas, le site et l’étude de ce tertre m’ont paru mériter l’attention. De là, au-dessus des jeunes pins, l’oeil découvre les hauteurs de Saint-Savin, dans la Gironde, situées à plusieurs lieues.
Une autre hypothèse pourrait se soutenir. Il y avait près de Baigne un lieu appelé Cireul. Dans un registre original de la mairie de Baigne, Léonard de Gontanègre, en 1650, s’intitule curé de Sainte-Radégondei, CIREUL et Baigne. La paroisse de Sainte-Radégonde, aujourd’hui réunie à Baigne, est d’une étendue démesurée. Avant les guerres de la Guienne et les ravages du protestantisme, n’y avait-il pas là une paroisse de Cireul ( Ciresio ?) dont il n’existe plus vestige sur le sol ?
Ce qui est certain, c’est qu’un autre Mainard de Ciresio, fils d’Amélie, réclame en qualité de voisin, un droit de viguerie (vicariam) sur le cimetière même de Baigne ; c’est que Mainard de Cyresio, du temps de l’abbé Gislémond, avait son bourg si près du bourg de Saint-Etienne-de-Baigne « juxta burgum Sancti Stephani, burgum suum habebat » que les religieux et leurs gens, « nec familia illorum » n’osaient acheter ni pain ni viande, ni denrées quelconques, sans payer, à beaux deniers, la coutume levée par le seigneur sur ses propres tenanciers « illis burgensibus. » (Ch. 82.)
L’existence, la généalogie, les actes de cette famille de Ciresio, méritent un article spécial ; avant de clore celui-ci, déjà trop étendu, je dirai seulement qu’Andron et Rigaud étaient frères, et qu’Andron (dont le fils du même nom était religieux à Baigne) avait épousé la fille d’Hélie Frumentin d’Archiac. Mainard et Raimond étaient frères ; Mainard et Heldrade étaient frères ; Mainard, fils d’Amélie, avait pour frère Launon. Cette homonymie de quatre ou cinq Mainard de Ciresio rend cette étude généalogique très-difficile.
- Christolio ; Criteuil, commune de Segonzac, arrondissement de Cognac, Charente. Il est question des Terras de las Palenas in parrochia Sancti Magrini de Christolio. Les Joncadesy commune de Criteuil, seraient-elles l’équivalent des Palènes ? Les palènes sont des herbes en forme de jonc.
Criteuil était une des vigueries de Saintonge les plus anciennement connues. L’église de la commune de Criteuil est aujourd’hui sous le vocable de Saint Jean. Elle parait avoir été, au XIe siècle, sous le vocable de S. Macrin ou Maigrin « Sancti Magrini de Christolio. »
- Claio ; aujourd’hui Clion, commune de Saint-Genis, arrondissement de Jonzac. L’église, dédiée à S. André, était à la nomination de l’abbé de Charroux.- Clermont, gros village qui a donné son nom à une paroisse voisine (Sainl-Sigismond de Clermont, de Claro monte), se trouve sur la commune de Clion.
- Clam ; Clam, aujourd’hui commune du canton de St-Genis, arrondissement de Jonzac. L’église, dédiée à S. Martin, était à la nomination de l’abbé de Baigne.
- Clarabisa ; église de Saint-Séverin ou de Saint-Seurin de Clerbize, commune de Belluire, canton de Pons. Il existe une grande propriété, un château de ce nom, aujourd’hui dans la commune de Belluire, canton de Pons. Saint-Seurin dépendait de l’archiprêtré d’Arvert et se trouvait à l’extrémité Est de cet archiprêtré.
Le 28 août 1083, Boson, évêque de Saintes, donna à l’abbaye de Baigne, cette église de
Seurin de Clerbise située près du château de Pons « que est non longe a castello Pontis posita. » Ce titre est un des plus vieux souvenirs connus du donjon de Pons qui existe encore.
Arnaud (de) Gérald et Achart son frère, paraissent avoir été les seigneurs de Saint -Seurin de Clerbise. (V. la note chronologique de la Charte CCCLX.)
- Claro-Monte ; Eglise paroissiale de Saint-Sigismond-de-Clermont, aujourd’hui commune du canton de Saint-Genis, arrondissement de Jonzac, Charente-Inférieure.
Cette église figure parmi celles qui étaient à la nomination de l’abbé de Baigne. Il y eut une mutation, entre 1167 et 1188 ; elle passa à l’abbaye de la Tenaille.
- Clavenac ; peut-être Chavenac ou Chavenat, commune de Salles-la-Valette, canton de Chalais, arrondissement de Barbezieux.
- Cluseus ; Cluzat, dans la paroisse de Saint-Pierre-de-Neuillac (Nualac), aujourd’hui dans la commune de ce nom, canton d’Archiac, arrondissement de Jonzac.
- Coinac (Robert de.) Il y avait Coniac dans la paroisse de Saint-Martin-d’Arthénac.
- Coingnac ; Itier de Cognac est témoin d’un acte de Foucaud d’Archiac. (1108-1109.)
- Colz ; Saint-Martin-de-Coux, aujourd’hui commune du canton de Montendre, arrondissement de Jonzac.
- Combes (Robert des) avait épousé Marie, soeur d’Adémar Bathalola ; le nom de Combes s’emploie si fréquemment pour désigner un vallon, un lieu moins élevé que tous les environs, qu’il est difficile de préciser où était cette seigneurie.
- Condeon , Condeom ; Condéon, ancien chef-lieu de Viguerie, une des principales paroisses de la Châlellenie de Barbezieux, aujourd’hui commune du canton de Barbezieux Son église paroissiale était dédiée à S. Marien, et à la nomination de l’abbé de Baigne. Cette église, consacrée vers 1077, est encore une des plus belles de la contrée.
- Coniac était dans la paroisse de Saint-Martin-d’Arthénac, canton d’Archiac.
On trouve, Charte DLI, Ostensus de Cinniaco (ou Conniaco ?) Ostence de Coniac (?). Ce lieu pouvait être le domaine seigneurial de ce seigneur qui signa après Robert de Pons, fils d’Hélie (d’Archiac ?), en 1083-98. - On trouve Conin, commune de Sainte-Eugène.
- Constancii de Brolio (masum), Costanz db Brolio ; le mas de Constant du Breuil.
- Corciac, Acorciac, était dans la paroisse de Saint-Laurent-de-Roch (Roach). L’église de cette paroisse a disparu il y a peu d’années pour faire place à une élégante chapelle du petit séminaire de Montlieu.
Corciac est aujourd’hui inconnu dans le pays ; le don de cette terre est fait par Geoffroi (de) Gérald.
Ramnulfe de Corciac est peut-être le même que Ramnulfe de Montlieu qui figure en 1083-98. Guillaume de Montlieu et Bertrand son fils, sont témoins avec lui. Ce Guillaume de Montlieu, oncle de Guillaume de Montendre, figure dans un acte fait à la porte de l’abbaye de Saint-Romain-de-BIaye.
- Corderx (deu) ; Alleu situé dans la paroisse de Saint-Félix de Messac.
- Cormont, dans la seigneurie de Jonzac ; aujourd’hui même nom, commune de Champagnac, canton de Jonzac.
- Corona ; abbaye de Notre-Dame-de-Ia-Couronne, aujourd’hui canton et arrondissement d’AngouIème. - Il existe encore en ce lieu de belles et imposantes ruines.
- Corsac , dans la paroisse de Saint-Fort (Sancti Fortunati).
Peut-être la même chose que Cursac. - Saint-Fort-(sur-le-Né), Charente, arrondissement de Cognac, canton de Segonzac. - Guillaume de Cursac était chevalier.
Foucaud et Hélie Frumentin levaient une coutume à Cursac (Corsac ?) ; l’abbaye de Baigne avait un revenu de XVI deniers à Corsac, paroisse de Saint-Fort-sur-le-Né. (V. Curciac, Cursac, Corsac, p. 344.)
- Cosnac , Cosnazes, in Cosnazisio ; Cosnac, chef-lieu d’une viguerie, château-fort sur un point culminant qui domine la Gironde, au bas duquel passait une voie romaine conduisant de Blavia (Blaye) à Tamnum (Talmont-sur-Gironde) et au camp de Toulon. (Monte-Tolon.)
Chef-lieu d’un archiprêtré : le Cartulaire nomme Gérald, archiprêtre de Cosnac. - L’église de Saint-Martin-(du-Petit-Niort) était en Cosnac « in Cosnazisio » c’est-à-dire dans cet archiprêtré.
Le seigneur de Cosnac levait un droit de Tonlieu sur les vaisseaux qui abordaient sur le rivage de sa seigneurie ; Guillaume de Boisset était son thelonarius, c’est-à-dire le préposé au maintien et à la levée de ce droit.
- Coux, Colz. Le Cartulaire nomme quatre personnes de ce nom : Pierre de Couz qui fit le voyage de Rome en 1110-1112 ; Arnald de Couz, et Gardrad son frère, enfin Guillaume de Couz.
Deux paroisses, aujourd’hui communes, portaient aussi ce nom. Autrefois, on les distinguait par le vocable de leur patron : on disait Saint-Hilaire-de-Coux et Saint-Martin-de-Coux. Saint-Martin-de-Coux était primitivement à la nomination de l’abbé de Guîtres ; Saint-Hilaire-de-Coux était à la nomination de l’évêque de Saintes.
Coux (Saint-Hilaire) était anciennement de l’archiprètré de Montendre ; Saint-Martin-de-Coux était de l’archiprètré de Chalais. Je crois qu’il s’agit ici des seigneurs de Saint-Martin-de-Coux.
Coux (Saint-Hilaire) est aujourd’hui du canton de Montendre ; Saint-Martin-de-Coux est du canton de Montguyon.
- Coura (la), Lacoura, terre seigneuriale ; une charte nomme Itier de Lacoura (de La Cour ?), et Arnaud son fils. C’est peut-être La Courrade, commune de Vibrac.
- Crosa (la) ; aujourd’hui La Croze, commune de Saint-Maigrin. La Croze, autrefois de la villa ou paroisse de Mortiers, se trouve de l’autre côté du Tâtre, et sur la rive gauche de ce ruisseau, par rapport à Saint-Maigrin. Ce fait prouve et explique une modification de la circonscription paroissiale postérieure au XIe siècle.
- Cruc, Crut, était anciennement dans la paroisse de Sainte-Lheurine ; aujourd’hui dans la commune de ce nom, on trouve encore Cru et Petit-Cru. Il y a aussi Le Crut, à l’est du Mouzon, dans la commune de Saint-Pallais-de-Négrinac, non loin du dolmen renversé de cette commune.
Alice de Cruc en Montendret, était dame de celle terre.
- Cruce (terra de Cruce) Près de Sainte-Lheurine, près de Sainte-Eugène, il y a des lieux appelés La Croix.
- Cubillac est écrit Scubillac, en 1121 ; l’église était dédiée à Saint-Georges. (V. Sancti-Georgii-de-Cubillaco.)
- Curciac, Acurciac. Gauleno, fils d’AIduin et de Nonia, donne des biens à Raschiac, et à Curciac (Acurciac) ;
La terre de Corciac était dans la paroisse de Saint-Laurent-de-Roc (Roach), tout près de Montlieu ; Ramnulfe de Corciac, et Hélie, sont des seigneurs laïcs, témoins du don de Geoffroi de Gérald ;
- Corsac était dans la paroisse de Saint-Fort-sur-le-Né (Sancti Fortunati) ;
- Cursac est une terre où Foucaud et Hélie Frumentin levaient une coutume.
Corsac et Cursac, Corciac et Curciac, ont de tels points d’affinité, qu’il est difficile d’arriver à une notion géographique bien précise.
- Curlac, villa ; église de Corlac, Curlhac, ancien diocèse de Périgueux. (V. de Gourgues.) Courlac, commune à 4 kilomètres de Chalais, arrondissement de Barbezieux, Charente.
- Cursac ; peut-être la même chose que Corsac. (V. Curciac.)
Guillaume de Cursac est qualifié chevalier et neveu de Guillaume Tati (Tatin ?).
- Curtis Andree ; nom d’un moulin situé dans la paroisse de Saint-Germain-de-Lusignan, nommé en 1078.
- Cusac , dans la paroisse de Saint-Martin d’Arthenac, commune d’Archiac, était sans doute une terre seigneuriale puisqu’on trouve Ramnulfe d’Hélie de Cusac.
Adémar (d’Archiac ?) et Amélie avaient un alleu à Cusac (Acusac) ; ils le donnèrent en consacrant leur fils Pierre à la vie monastique, du temps de l’abbé Gislémond (1083-98.)
Andron, Nonia, et leurs fils, donnèrent une terre et un demi-mas à Cusac.
Garsendis et ses quatre fils : Heldrade, Ramnulfe, Gardrad, Olric (Odolric), donnèrent la cinquième partie d’un mas à Cusac, et autant à Triliaco (Trélath.)
Alexandre Drut d’Archiac, chevalier, avait une terre à Cusac, à Chapdo, à Font-Audouin.
L’abbaye de Baigne avait XII deniers et IV chapons de rente annuelle sur la terre de Cusac. - Je ne crois pas qu’on puisse voir Saint-André-de-Cusac dans aucun de ces titres.

D

- Dairac ; villa, seigneurie qui devait être dans la châtellenie de Barbezieux. Leutardus (Léotard ?) de Dairac, Seguin, fils d’Iammon ou Imon, Witberge, le moine Bernard avaient des biens à Dairac.
- Daluas, Dalues , Dauves ; terre et villa. Aujourd’hui Douve, commune de Barret. - Il y a aussi La Douve, commune de Saint-Cybardeaux, Charente.
- Dart ; V. Ary.
- Delpi ; V. Pinu (de), du Pin.
- Dens vallis ; vallée située dans la paroisse de Saint-Maigrin de Criteuil, donnée à Saint-Pierre-d’Archiac, par Giraud Dens (Dent), frère de Guillaume, époux de Marie Drut (Druda).
- Dinnas (aux). Celle terre se trouvait dans la paroisse de Saint-Martin de Silviniaco.
- Diver (d’Iver). V. Iverio.
- Doleirac(au Lairac). V. Lairac.
- Dolerias , Adolerias ; alleu dans la paroisse de Saint-Pierre d’Oriolle.
- Domaut, Adomaut , alleu dans la paroisse de Condéon.
- Domnezac (prior de). Dommezac, canton de Sainl-Savin, arrondissement de Blaye, Gironde, près Montendre.
- Domnos , Dompuos ; terre dans la paroisse de Notre-Dame d’Iviers. V. Iviers.
- Dozaco (Johannes de). Douzac, commune de Neuvic-Montguyon, et sur la limite des deux communes de Neuvic et de Montguyon.
- Drut (fons au), Font-au-Drut, commune, non loin du Né ; près de là se trouvait la demeure d’Airaud Ramnulfe, et la vallée de Brenier. Font-au-Drut appartenait à Alexandre Drut, de Archiaco miles, chevalier d’Archiac.
- Duorum fratrum, rivus. Prèsde Muraus et du ruisseau appelé Trasta (le Tâtre). C’est un des petits affluents de la rive droite du Tâtre, ruisseau qui traverse le petit étang de Saint-Maigrin.
- Durant , hameau situé dans la commune de Saint-Maigrin, canton d’Archiac. La fille d’Arnaud Durant donna une part de son alleu situé dans la villa Cirésius.
- Durfort ; au midi de la commune de Guizengeard, Charente. Geoffroy (de) Mainard, frère d’Arnaud le Poitevin, donna une borderie près de Durfort.

E

Eble (villa) ; celte villa dépendait de Mainard qui possédait également la moitié de l’église de Saint-Martin-de-Fonlaines (d’Ozillac.)
- Ebraudi (terra ad montem) ; Gérald d’Arnaud, vers 1068, donne cette terre à l’église d’Archiac.
- Engolisma, Angoulême ; l’histoire de la ville, des comtes, des évèques d’Angoulème, est trop connue pour qu’il soit opportun d’en traiter ici. Je dois me borner à indiquer quelques détails inédits fournis par le Cartulaire.
Geoffroi, VIIe comte d’Angoulème (1032-1048), contribue à l’élection d’Adémar de Barret, premier abbé connu de Baigne, de concert avec Geoffroi II, archevêque de Bordeaux, gouvernant l’église de Saintes, et avec Foucaud d’Archiac. Cet acte et plusieurs autres faits à Archiac, Sainte-Eugène, Puy-Chabrun, Chaux, Alleville, etc., semblent prouver le droit de suzeraineté que les comtes d’Angoulème avaient dès le XIe siècle sur une notable portion du diocèse de Saintes.
Foulques, VIIIe comte d’Angoulême(1048-1089), oncle d’Itier de Barbezieux, contemporain de l’évèque de Saintes Godéran, est qualifié consul, le 12 février 1068 : « qui eo tempore consul Engolismensis preerat »
Guillaume Taillefer III, IXe comte d’Angoulème (1089-1130), figure dans dix actes. Ordinairement, il est nommé après le comte de Poitou, quelquefois directement après le Roi de France : Regnante Philippo rege atque dominante Engolisma civitate Willelmo comite (ch. 424)... W° duce Aquitanorum, W° comité Engolismensi (ch. 10). Consulis Engolismensis (ch. 510). Guillaume Taillefer III concède des droits important à l’abbaye de Baigne, entre autres un droit d’usage dans ses forêts de Born et de Chaux (ch. 75) ; devenu maître de la principauté de Montausier, il confirme le don que son oncle, Arnaud de Montausier, avait accordé dans ses forêts (ch. 87) ; il donne un droit de vente : « vendam in omnibus feriis » à Saint-Pierre d’Archiac, témoins ses fils Wulgrin et Raimond. Il assiste avec Wulgrin son fils, à la donation des églises de Notre-Dame et de Saint-Martin, à Archiac, faite à l’abbé Gislémond par Ramnulfe évèque de Saintes (16 déc. 1094). Il confirme un don fait par son père et reçoit de l’abbé Adémar 210 sols et un cheval de prix ; de concert avec l’Ecolâtre de Saintes, Itier, il juge le procès des moulins d’Alleville. et le jugement est ratifié dans une grande assemblée de barons, tenue au jour des Rameaux, où se trouvait aussi le vicomte de Limoges (1111-1117) ; il confirme le don fait par Pierre Alpiner d’un alleu à Puy-Chabrun, et au delà du Gué de Chalau.
Wulgrin II, Xe comte d’Angoulème (1120-1140), figure dans trois chartes (20, 48, 293), mais seulement du vivant de son père.
Wulgrin III, XIIe comte d’Angoulème (1178-1181), avec le consentement de ses frères, Taillefer (Guillaume V) et Adémar (Aimar), accorde une exemption de péage et de droit de vente, dans une grande assemblée où se trouvaient un légat, deux évèques, quatre abbés. « in aula mea, apud Engolismam. »
Aimar (Adémar), XIVe comte d’Angoulème, père de la comtesse-reine, donne à l’église de Sainte-Eugène, l’aumônerie de Villeneuve-(en-Sainte-Eugène), ravagée par les guerres de 1176-1178. - La monnaie des comtes d’Angoulème est mentionnée en deux chartes.
Trois évêques d’Angoulème figurent au Cartulaire : 1° Guillaume. fils du comte Geoffroi, frère du comte Foulques, frère d’Arnaud prince de Montausier ; 2° Adémar, frère et successeur de Guillaume, inscrit avec ce bel éloge : « tam virtutum splendore quam generis nobilitate clarus, exercens opere quod predicavit ore. » Il donne trois églises à l’abbaye de Baigne : Saint-André de Blanzac, Saint-Cybard de Porcheresse, Saint-Nathalis de Feuillade ; 3° Girard, légat du Saint-Siège ; la Charte IIIe explique longuement le rôle de Girard dans l’affaire des libertés de Baigne menacées par l’ambition de Cluny.
- Ermenteira (villa) ou Armenteira. La racine de ce nom était sans doute Armentum ; ce même nom se retrouve dans plusieurs départements. Ce lieu en Angoumois m’est inconnu.
- Ermer (ad fontem). Arnaud (de) Pierre donna deux quartiers de terre dans un mas à Font-Ermer, puis se fit moine.
- Escornel ; borderie donnée par l’abbé de Baigne à Arnauld de Gaucelme. en échange de sa part dans la forêt de Born.
- Escuracuntalt, Escuraguntaud. L’Escure-Guntaud fut donnée par Almodis, fille de Mainard et d’Alais, soeur de l’abbé Gislémond. - Un peu au nord de Touverac, on trouve encore aujourd’hui Puyconteau (Contalt.)
- Esimbertus, (borderia) ; (V, Marciliaco.)
- Essart-Bertegil. Mainard, fils de Constantin et de Sénégonde donna des biens situés à l’Essart-Bertegil et à Ciresio ; une portion de forêt aux Essarts, donnée par Guillaume Thaphael, devait appartenir à un lieu différent.
- Estap (terra ad). Arsende de Montlieu, Gausbcrge et Aimon son fils, donnèrent des biens situés à l’Estap. - Ce lieu devait être dans la seigneurie d’Archiac.
- Esticiac (d’), aujourd’hui Estissac, Dordogne. Il y avait deux églises, l’une de Saint-Jean-d’Estissac , l’autre de Saint-Hilaire-d’Estissac.

F

- Faia ou Faya , Fagia , de fagus, le hêtre ; seigneurie dont il est difficile de dire la situation , attendu qu’il y a six localités de ce nom dans le seul département de la Charente. Je crois qu’elle était assez près d’Archiac. Gardrad de la Faie fit le voyage de Terre-Sainte. Avierne contesta le don des moulins d’Alleville fait par son frère, vers 1111-1117. Gérald de la Faie figure dans une charte sans date.
- Faiola (masum de.) Le mas de Saint-Etienne à la Fayolle (Fagiola), était sur le bord d’un ruisseau, sicut rivus dividit (Ch. 466), et selon toute apparence dans la seigneurie de Barbezieux. Dix seigneurs y font une donation, savoir : Ramnulfe Texier, Odolric de Monte-Cilio, Arnulfe, Bernard, Guitberge, Odolric de Challignac (de concert avec Guillaume et Bernard ses frères), Arnaud (de) Bernard, et Bernard qui se fait moine.
Il est difficile de déterminer au juste où était ce mas de la Fayolle ; il y a dans la Charente et la Dordogne, dix localités de ce nom.
- Flamarencs, Flamarenxs, (villa), dans la viguerie de Jonzac, (loenzazinse.)
- Fleubovilla (Ramnulfus de). - Celle seigneurie m’est inconnue.
- Foliata (Eccl. S.Nathalis de). Dans d’autres pouillés, Folhata, Feuillade ou Fouillade, archiprêtré de Grassac.
- Fontanis ; (V. Sancti Martini de Fontanis.)
- Fons, (fontes.)
Les fontaines dont les eaux embellissent d’une manière quelquefois si pittoresque, les vallons de la Haute-Saintonge, méritent une mention spéciale dans l’étude de la Géographie du Pays. Onze d’entre elles sont nommées dans le Cartulaire. Savoir :

  • Font Audrut , Au-Drut , Aldrut, dans la commune d’Archiac.
    Alexandre Drut d’Archiac, chevalier, donne la moitié de sa terre appelée Font-au-Drut (aux Drut.) La terre d’Amblard (de Gaifer), dans la paroisse de Saint-Pallais-du-Né, se trouvait au-dessus de Font-au-Drut, super fontem Audrut.
  • Fontem Audoini , Alduini. Il y avait un Audouin ou Alduin d’Archiac ; c’est sans doute lui qui donna son nom à cette fontaine.
    Ce nom était commun dans la famille. Audoina (Alduine, Audoine) était femme d’Hélie Fromentin d’Archiac.
    Alexandre, chevalier d’Archiac, fils de Bofilius, à la veille de partir pour Jérusalem et Asseinus son frère aîné, donnent leur part d’agrière ad fontem Audoini ; Guillaume Testaud de Bouteville, chevalier, donne la terre de Chapdon près Font-Audouin.
  • Chairic. Cette fontaine devait être en Périgord et près de Saint-Léonard de Gardedeuil. M. de Gourgues indique Terra de Fontcherig, Fontchéran, non loin d’Aubeterre, ancien diocèse de Périgueux.
  • Christianus. Constantin (d’)Alaon donna deux quartiers de terre juxta fontem Pistianum (Christianum). Ce nom viendrait-il de ce Christianus, Christian, époux d’Arsendc, père de Seguin, qui ligure parmi les plus anciens bienfaiteurs de l’abbaye de Baigne ? Plusieurs noms de nos fontaines viennent des noms d’hommes possesseurs de la terre où elles prenaient naissance.
  • De Ciresio. Au bas du terrier de Chierzac coule une source appelée La Fontaine ; ne serait-ce pas là, la Fontem de Ciresio ?
  • De Dao. Mainard de Cirésio et Mainard neveu font un traité au sujet de landes dont les confrontations s’étendent usque ad Fontem de Dao et jusqu’au commencement (caput) de la forêt de Ramnulfe de Born.
  • Ermer. Font-Emer ou Font-Ermer devait être dans la seigneurie de Berbezil. Près de cette source se trouvait un mas, in maso qui vocatur ad Fontem-Ermer, donné à l’abbaye par Arnaud (de) Pierre.
  • Mariana. Itier et Sénégonde son épouse, que je croirais volontiers de la famille de Barbezieux, donnent leur alleu situé près de cette fontaine : in villa que vocatur ad Fontem Marianam (sic). Marianam a-t-il quelque rapport avec S. Marien, patron de Condéon ?
  • Reinaudi. La Font-Renaud ne devait pas être loin de Baigne (1141-49.) Le Pré de Font-Renaud fut donné à l’abbaye par Guillaume (d’)Ulric, neveu de Guillaume Renaud (Reginaudi) de Ciréis. Etait-ce Renaud qui lui avait donné son nom ?
  • Rotberti. P. (Pierre) Roi de Barrel prenait dans la terre, à Font-Robert milium quando erit, et à sa demande, l’abbaye abandonna le chanvre et le lin à l’épouse de Pierre Roy, en 1213.
  • Sanctae Radegundis. La fontaine de Sainte-Radégonde était sur le territoire de cette ancienne paroisse de Sainte-Radégonde, aujourd’hui réunie à Baigne. Jean du Breuil, Bernard, Rixende, frères et soeurs.

- Fontanelas ; Fontenelles commune de Sainte-Eugène, canton d’Archiac. Guillaume (d’)André donne à N.-D. de Boisset, une terre aux Fontenelles (Afontanelas.)
- Fontanis, Fontanes, ad Fontanas, Fontanil (deu) ? Fontaine-d’Ozillac, et mieux Fontaines-d’Ozillac, commune du canton de Jonzac. Son église, dédiée à S. Martin, lui donna son ancien nom de paroisse de Saint-Martin-de-Fontaines ; le prieuré et la cure de ce lieu étaient à la nomination de l’abbé de Baigne. Avant 1075, Mainard (père de l’abbé Gislémond ?) donne à l’abbé Seguin, la moitié de l’église de Fontaines. Itier de Puy-Grélier y donne son alleu (14 quartiers), l’épouse de Constantin (d’)Aimon y donne aussi son alleu situé près de l’église. L’abbé Adémar (1098-1105) réclame devant l’évèque de Saintes, Ramnulfe, les droits de son abbaye sur cette église ; Segain, prêtre (curé) de Fontaines, et Arnaud Daniel son neveu, s’accordent avec l’abbé Adémar. Le 15 juin 1247, l’évèque de Saintes, Pierre IV, fait un règlement qui fixe les droits respectifs du prieur et du chapelain de Fontaines. Adémar Acbrant avait un riche alleu à Ozillac et à Fontaines (ad Fontanas.)
- Fonte (de.) La Haute-Saintonge a tant de jolies fontaines près desquelles pouvait se construire un manoir féodal, que j’ignore où était au juste cette seigneurie de la Font. Arnaud de La Font, contemporain de l’abbé Itier, qui fait un don à Brolio Deidone, paroisse de Lamérac, et Ramnulfe de La Font, prieur de Condéon qui parait avant 1213, étaient sans doute de la même famille.
- Fontibus (terra de). Cette terre des Fontaines, achetée par le moine Achard , ne devait pas être dans un rayon bien éloigné de son prieuré de N.-D. de Boisset. Peut-être était-ce la même que celle des Fontenelles.
- Fontis (a via) ; Guillaume (de) Mainard, frère de l’abbé Gislémond, donna sa part depuis le chemin de la Font « a via fontis » jusqu’au Vivier ou jusqu’à la Garenne ; ses deux fils Mainard et Heldrade ratifièrent ce don. Plusieurs raisons me persuaderaient volontiers que les terres données étaient tout proche de Baigne.
- Fossadarium Comitis, Fossadars, Auffosadars, Fusadars, Delfosadars ; Fossadarium Comitis ( le fossé au Comte) se trouvait près de l’église de Boisset. Les variantes désignent très-probablement le même travail d’un comte d’Angoulème, entrepris au bord du Né, à la limite des seigneuries d’Archiac et de Barbezieux. (V. sur un Fossé-au-Comte, M. Michon, Statistiq. p. 156, 157, et Bulletin monum. de la Charente, 1865, p. 88.) La Charte 433 fait aussi mention de la Maison-au-Comte qui devait être dans ces parages : ad domum comitis juxta viam, près de la route qui passait à Boisset. (Route d’Archiac à Angoulème.)
- Forgias (ad), aujourd’hui La Forge ou Les Forges, Charente-Inférieure , commune de Sainte-Colombe, canton de Montlieu , sur la limite de la commune de Châtenet. - Vers 1068, sous l’épiscopal de Godéran, Gérald (d’)Arnaud donne à l’église d’Archiac des biens en ce lieu.
- Fourel (mainium) ; le Maine-Fourel est dans la paroisse de Berneuil, canton et arrondissement de Barbezieux.
- Frandenx (mansio Constantini de). Cette seigneurie pouvait être vers les limites du Périgord.
- Fradorvilla , dans la viguerie de Pérignac (Petriacinse), aujourd’hui dans la commune de Sainte-Eugène. - On devrait écrire Fradorville : une prononciation vicieuse a tout gâté. Les cartes donnent Fredeuviile (Cassini), Frédouville (officiers de l’état-major), Fredouville (Lacroix.)
- Frégorin, paroisse de Saint-Aigulin. Ce lieu n’est plus marqué sur les cartes.
- Frumentinorum (terra). Terre devant VIII deniers à l’abbaye. Ce don lui venait sans doute de la famille des Frumentin, branche cadette de la famille d’Archiac. Il y a sur la route de Pons à Saintes, le terrier frumentoux.

G

- Galand. Un seigneur du nom d’Arnaud Galand, avait des biens dans la Haute-Saintonge. Je remarque qu’on trouve deux villages de ce nom, à la limite des communes de Couz et de Souméras.
- Gaifer ; un moulin, un alleu, une terre seigneuriale ont porté ce nom : Molendinum de Gaifer, alodium de Gaifer ,juxtà Gaifer ; la terre du maine de Pierre Brune était a Gaifer. Deux localités peuvent représenter aujourd’hui ces désignations de nos Chartes :

  • 1° Guiffier, dans la commune d’Archiac, où se trouve encore un moulin sur une hauteur ; près de là se voient le Vieux-Maine, Le Gras, Bernard, L’Aumônerie, lieux qui rappellent des noms de l’ère féodale ;
  • 2° Gueffier ou Le Gucffier, dans la commune de Baigne-Sainle-Radégoode, au midi du Cavallon (Pharaon.)
    Je crois que les Chartes s’appliquent tantôt à l’un, tantôt à l’autre. Amblard de Gaifer était seigneur de Guiffier près d’Archiac ; le Moulin de Gaifer donné à l’abbé Raimood par Pierre Engalbert et ses fils, me parait être le moulin de Gueffier, commune de Baigne.
    - Garda ou Warda. Ce mot, pour désigner un lieu d’observation, de vedette, de défense, se trouve employé dans un diplôme de Pépin 1er, roi d’Aquitaine, en faveur de l’abbaye de Saint-Maixent, daté de 825 : ad illa Warda prope Audiaco, à La Garde près Audiacum.

La Garda Gaifer ou Gaiferia, mentionnée dans la Charte 234, rappellerait-elle quelque épisode de la lutte que soutint pendant dix ans, dans ces contrées, Waifre (Waifarius, Gaiferius) contre Pépin et Charlemagne ? Il n’y a dans cette supposition rien que de vraisemblable. Cette Garde Gaifer ou de Waifre (Gaiferia) était en la possession de la maison de Barbezieux ; le chef de cette famille possédait aussi la Garde-Rodart.
- Garda Rotardi, la Garde-Rodard, dans la commune de Condéon, est située sur un des points les plus culminants, entre la Saintonge et l’Angoumois ; l’oeil y découvre un vaste horizon. Le 12 février 1068, sous l’épiscopat de Godéran, évêque de Saintes, Itier, seigneur de Barbezieux, fils d’Alduin et de Guitberge, donna ce fief à l’abbaye de Baigne. L’abbaye y établit un prieuré dont l’église était dédiée à S. Eutrope, l’apôtre de la Saintonge. Le Cartulaire nous fait connaître deux de ces prieurs : Foucaud et Mainard. En 1121 et en 1232, les deux églises de Saint-Eutrope de La Garde(-Rodard), et de Saint-Pierre de La Garde(-sur-le-Né), sont à la nomination de l’abbé de Baigne.
Le prieuré de Saint-Eutrope de La Garde-Rodard était annexé à l’infirmerie de l’abbaye de Baigne ; en 1722, il ne valait plus que 200 livres de rente à Dom Douilhet, religieux bénédictin de Baigne, un de ses derniers titulaires.
- Sancti Petri de La Garda (supra Nedum) j aujourd’hui commune de La Garde-sur-Ie-Nè, dont l’église est dédiée à S. Pierre. Cette paroisse était de l’archiprètré et de la châtellenie d’Archiac. Elle demeura jusqu’à la Révolution, à la nomination de l’abbé de Baigne.
- Garda se trouve encore assez souvent sans autre désignation ; ainsi il est question des terres et du moulin de La Garde appartenant à l’église d’Archiac (ch. 19) ; de la terre de Bernard Crébeterre et d’Aleaiz sa mère, Alagarda (ch. 244, 245, 250) ; de la terre de la Garde tenue par Alduin de Chardes ; les frères d’Arnaud de Vilars qui avaient des biens à La Guarda ; enfin d’une terre de La Garde rendant deux deniers à l’abbaye de Baigne. Quelques-uns de ces actes peuvent se rapporter à une des Gardes déjà nommées ; d’autres à des lieux de Garde qui nous sont inconnus.
- Gardadel, Gardadoeil , aujourd’hui Gardedeuil, département de la Dordogne.
Rainald de Tivier, évèque de Périgueux (1081-1099), donna à l’abbaye de Baigne, l’église d’Eygurande (Aiguiranda), et consacra l’église de Saint-Léonard de Gardedeuil. Aujourd’hui ces deux paroisses réunies forment une même commune sous le nom d’Eygurande-et-Gardedeuil.
Guillaume d’Auberoche, autre évèque de Périgueux (1104-1139), donna à l’abbaye de Baigne, cette église de Saint-Léonard de Gardedeuil, où plusieurs seigneurs de Périgord paraissent avoir eu des droits. Le vicomte Archambaud et d’autres seigneurs donnèrent de vastes prairies aux religieux desservant ce prieuré : toto pascherio de Gardadel.
- Gentiaco, Gensac (ecclesia Sancti Martini de).
L’évêque de Saintes, Ramnulfe, de concert avec ses archidiacres, avait donné à l’abbaye de Baigne l’église de Gensac, commune de Segonzac, arrondissement de Cognac. Je ne crois pas qu’elle soit demeurée longtemps en la possession de cette abbaye.
- Genueirac (villa), aujourd’hui Generac, Gironde, arrondissement de Blaye, canton de Saint-Savin.
- Genestar (au). Je suppose qu’il s’agit de Genestet ou Ginistet, Dordogne, arrondissement de Bergerac, canton de Laforce.
- Germanes, Iermanac, Aiermanac, Ajermanes ; aujourd’hui Germignac, canton d’Archiac , arrondissement de Jonzac.
- Girbertbaudet(mansum), nom inconnu. Il y a cependant Baudet, commmune de La Garde-Montlieu.
- Girelmi (mainium). Ce maine qui devait sept deniers à l’abbaye de Baigne, était je crois, dans la commune d’Arthénac.
- Glairoles ( castrum. ) Le château de Glairoles fut vendu par les seigneurs de La Barde (ou de Châteauneuf-sur-Charente ?) pour bâtir une église de Sainte-Madeleine.
- Gorzon ; seigneurie de Gurson, en Périgord. Auger de Gurson, étant à Sainte-Foi-la-Grande, en présence de Rainald de Tivier, évèque de Périgueux, consacre son fils Gautier à la vie monastique.
- Grava (de la) ; La Grève, dans la viguerie de Pérignac (Petriacinse), aujourd’hui dans la commune de Pérignac, canton de Pons. Il y a la Grave, commune de Gimeux, qui pouvait être aussi de cette même viguerie.
- Grandis Vallis (mansus). Ce mas de La Grand’vaux, devait être situé commune de Saint-Germain-de-Lusignan, canton de Jonzac. Je ne pense pas qu’il soit question de La Grand’vau (autrement l’hôpital neuf), près Pons. L’église de Saint-Jean de la Grand’vau était à la nomination du prieur de N.-D. de l’hôpital neuf, à l’entrée de Pons, du côté de Bordeaux.
- Griciac, Agiiciac ; lieu où Guillaume (de) Gérald et Bégo son frère, donnèrent deux quartiers de terre.
- Guillelmi Pebbostelli (domus) ; cette maison seigneuriale n’était pas loin de Boisset. Guillaume Perbostel fut garant ou caution (fidejussor) dans un acte qui a sa date vers 1144.
- Guimps, Guimsio , Guinis, Aguinis ; Guimps, arrondissement et canton de Barbezieux, Charente, paroisse de l’archiprètré et de la châtellenie d’Archiac.

H

- Hierosolyma , Hiebosolytanae partes ; quelques traits échappés au Cartulaire nous font connaître le mouvement que les croisades et les aspirations vers l’Orient imprimaient à la Satntonge et à ses seigneurs : Gardrad de la Faye, possesseur du Moulin d’Alleville, sur les bords du Né, partit pour Jérusalem (avant 1117), avec Gérald Audouin, Pierre Mainard (V. Ch. 26.)

Adémar de Boisset et Robert Mencos (son beau-frère ?) partent aussi pour Jérusalem, à l’époque de la croisade de Louis VII et d’Eléonore. Adémar de Boisset tomba malade en chemin et mourut (V. Ch. 431.)

Le 8 février 1219, époque où les seigneurs Anglais et Aquitains étaient commandés par Savary de Mauléon devant Damiette, Alexandre, chevalier d’Archiac, fils de Bofilius, frère cadet d’Asseinus d’Archiac, donna la dlme dans les paroisses de Sainte Eugène, de Guimps, de Saint-Ciers-Champagne, de Brie-sous-Archiac.

I

Iarfolosio , Gerfolosio , Jarfolosio ; ce devait être primitivement le nom de la commune actuelle de Bors-de-Baigne, dont l’église est dédiée à Sainte-Madeleine.
En 1121, l’église Sancte Marie Magdalene de Jarfolosio est nommée parmi les paroisses qui sont à la nomination de l’abbé de Baigne (ch. 2, n° 25) ; en 1232, elle figure sous le nom de Sancte Marie Magdalene de Gerfolosio (n° 26.) Je ne vois pas dans toute cette contrée, d’autre église dédiée à Sainte Madeleine, à laquelle puisse convenir ce surnom de Jarfolosio ; du reste, ce nom est composé : Jar ou Jard est souvent employé dans la Haute-Saintonge ; Folosio est un adjectif qui accuse une construction au milieu des bois. C’est encore l’aspect que présente la vieille église de Bors, dans son site pittoresque dominant le cours de l’Ary.

La forêt de Born, voisine de celle de Chantillac, s’étendait sur le territoire de la paroisse où était Jarfolosio. Je crois qu’on devrait dire Born-de-Baigne plutôt que Bors.
Dans la taxe de 1516, il y a L sols sous le nom du curé de Borgy, d’où sera venu Borgiis qu’on trouve dans les pouillés modernes.

L’église de Bors était de l’archiprètré de Montendre, ainsi que les églises de Chanlillac, Boisbreteau, Chevanceaux,etc.

Dans la Pancarte de Rochechouart, celte église est inscrite sous le nom de Sainte-Marie-Madeleine-de-Bois, à la nomination de l’abbé de Baigne, à côté de Saint-Martin-de-Venet et de Saint-Pierre de-Pierrefont. En 1786, la cure de Saint-Pierre d’Oriolle, à laquelle étaient unies les églises de Boisbreteau, Bors (Sainte-Madeleine-de), Pierrefont, valait encore 2,000 livres ; le titulaire était Alexis Bernard Monjou, et la collation est déclarée incertaine entre l’abbé de Baigne et l’évêque de Saintes. Les traditions ecclésiastiques s’étaient altérées à travers six siècles et plus.

La sépulture donnée à Arnaud de Boschet dans un cimetière de Sainte-Madeleine, malgré la sentence d’excommunication formulée par l’abbé Itier, au nom de l’évêque de Saintes (avant 1081), doit avoir eu lieu dans le cimetière de Sainte-Marie-Madeleine-de-Bois ou Jarfolosio.
- Imonis, Ymonis terra ; terre située dans la paroisse de Brossac (Brociaco.) Le nom d’Emeno, Imino, Ymmo, lammo, paraissent synonymes et fort usités en Angoumois. Le Cartulaire donne : Seguin fils d’Iammon ; Immo Chaboth, qui fait un don à Podio-Regali (Puy-Rigaud) ; Hélie Ymon, chevalier (1141-49.)
- Ioenzazinsis (vicaria) ; Viguerie de Jonzac. (V. Joenzac.)
- Iverio, Yverio ; Yviers, Charente, arrondissement de Barbezieux, canton de Chalais. L’église, dédiée à Notre-Dame, avait pour prêtre, avant 1083, Bernard surnommé d’Yviers, Diverio, (de Iverio.) Ramnulfe Vigier de Vier, paraît appartenir à cette même paroisse. Adémar et Amélie, en consacrant leur fils à la vie religieuse, offrirent des biens dans la paroisse de Sainte-Marie-d’Yviers (de Iverio), archiprêtre de Chalais.

J

- Jalac , Ialac, Iailac, Julac , Chailac , Calac , Chalac , ont des nuances et des différences si peu sensibles, qu’il est difficile de préciser où était la villa qui se présente sous ces diverses formes. Serait-ce Juillac, dans la commune de Saint-Martial-de-Coculet ? Serait-ce Juillac-le-Coq, dans la Charente ? Chailac, Calac et Chalac, s’appliqueraient mieux, je crois, à Saint-Sulpice de Chillac. (V. Calac.)
La maison de Ramnulfe (de) Foulques, époux d’Emma, était à Iailac (Juillac ?) Gérald (de) Rigaud avait des vignes à Puy-Abon et à Chailac (Achailac, Chillac ?) Le maine de Ramnulfe de Julac, en 1214, cum ejusdem mansionario perpetus fut donné à l’abbaye de Baigne. (Juillac-le-Petit ?)
- Joenzac, Joenzacio, lozazinsis (vicaria), Jouiniacum et Joviniacum, sont autant de formes qui désignent Jonzac, chef-lieu d’arrondissement du département de la Charente-Inférieure.
Le Cartulaire de Baigne nous fait connaître plusieurs seigneurs de Jonzac, longtemps avant ceux qu’avaient signalés les ouvrages publiés jusqu’à ce jour. L’auteur des Etudes sur l’arrondissement de Jonzac, n’a pu en nommer aucun avant 1253, même en mettant à profit les trésors de science amassés par Dom Fonteneau.

Jonzac, chef-lieu de viguerie (Vicaria Ioenzazinsis), ce qui nous reporte peut-être au VIIIe siècle, eut pour seigneurs au commencement du XIe siècle, Foucher ( Fulcherius de Iouiniaco), Kalon ou Chastes, son frère (Kalo de Ioenziaco) ; on ne dit pas à qui leur soeur Emma était mariée. II y avait aussi une Arsende de Jonzac.
Guillaume de la Roche, dont l’épouse se nommait Dia, donna à l’abbaye de Baigne (avant 1081), la chapelle de Notre-Dame de son château de Jonzac. Le prêtre Eble, cousin de Guillaume de la Roche, y retint une jouissance viagère ; la construction de cette chapelle n’était même pas entièrement achevée. Robert (de) Guillaume en fut chapelain peu après. Guillaume d’Archiac était seigneur de Jonzac en 1219.
La paroisse de Saint-Germain de Lusignan, la terre de Cormont, la villa Flamarenx étaient dans l’étendue de la seigneurie de Jonzac (in honore Iouiniaci - Joviniaci.)
En 1121 et en 1232, la chapelle de Notre-Dame du château de Jonzac était à la nomination de l’abbé de Baigne, ordre de S. Benoit ; l’église paroissiale, dédiée à S. Gervais et S. Protais, était à la nomination du prieur de Saint-Vivien de Saintes, ordre de S. Augustin.
- Johannis Alaonis (mansio). Constantin du Breuil Eschaceriau (Escacerio) donna un quartier de vigne situé à la mansion de Jean d’Alaon (?).

K

Karantone (super fluvium) ; la Charente, ce beau fleuve qui fait l’ornement et la richesse de la Saintonge et de l’Angoumois, qui finit son cours en séparant la Saintonge de l’Aunis, et qui porte à la mer le tribut qu’il reçoit de vingt-six rivières, est nommée une seule fois, à l’occasion de l’église de Saint-Pallais-de-Verteuil-sur-la-Charente, donnée à l’abbaye de Baigne par Gardrad (de) Barbotin, Brune sa femme, et Robert leur fils (1098-1109.)

Voir la suite de la table des noms de lieux

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