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Santonismes ou locutions saintongeaises de Bernard Palissy (1506-1589 ?)

D 21 octobre 2017     H 17:41     A Pierre     C 0 messages A 181 LECTURES


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Bernard Palissy (1506-1589 ?) a vécu une grande partie de sa vie à Saintes. Il est universellement connu comme céramiste de talent (les figulines), mais moins connu pour ses écrits. Nous en donnons ici la liste. Ils sont disponibles sur le site de la BNF Gallica
Pierre Abraham Jônain (Gémozac 1799 - Royan 1884) est un linguiste charentais qui est un des premiers à écrire sur le patois saintongeais. Son Dictionnaire du patois charentais (1869) est bien connu des amateurs.
Il a examiné attentivement les textes de Bernard Palissy et constitué un lexique des expressions patoisantes utilisées.

Source : Notice populaire sur Bernard Palissy, suivie d’un aperçu de ses écrits et de ses santonismes ou locutions saintongeaises, item d’une complainte sur sa vie – P. Jonain – 1864 – BNF Gallica

Les écrits de Bernard Palissy


- Recepte véritable, par laquelle tous les hommes de France pourront apprendre à multiplier et à augmenter leurs thrésors. Item, ceux qui n’ont jamais eu cognoissance des lettres pourront apprendre une philosophie nécessaire à tous les habitans de la terre. Item en ce livre est contenu le dessein d’un jardin autant délectable et d’utile invention qu’il en fut oncques veu. Item, le dessein et ordonnance d’une ville de forteresse, la plus imprenable qu’homme ouyt jamais parler ; composé par maistre Bernard Palissy, ouvrier de terre et inventeur des rustiques figulines du Roy, et de monseigneur le duc de Montmorency, pair et connestable de France ; demeurant en la ville de Xaintes.
La Rochelle, de l’imprimerie de Barthélémy Berton, 1563 ; in-4°.


- Discours admirables, de la nature des eaux et fonteines, tant naturelles qu’artificielles, des métaux, des sels et salines, des pierres, des terres, du feu et des émaux ; avec plusieurs autres excellens secrets des choses naturelles. Plus un traité de la marne, fort utile et nécessaire à ceux qui se mellent de l’agriculture. Le tout dressé par dialogues, ès quels sont introduits la théorique et la practique. Par M. Bernard Palissy, inventeur des rustiques figulines du Roy et de la Royne sa mère.
A Paris, chez Martin le jeune, 1580 ; in-8°
* - Des Eaux et fontaines
* - Du Mascaret qui s’engendre au fleuve de Dourdongne.
* - Traité des Métaux et alchimie.
* - Traité de l’Or potable.
* - Du Mitridat ou.Thériaque.
* - Des Glaces
* - Des Sels divers.
* - Du Sel commun.
* - Des Pierres.
* - Des Terres d’argile
* - De l’Art de terre, de son utilité : des esmaux et du feu.
* - Pour trouver et connoistre la terre nommée marne, etc.
* - Coppie des escrits qui sont mis au dessouz des choses merveilleuses que l’auteur a mises par ordre en son cabinet, etc.

- Déclaration des abus et ignorances des médecins.

Ces ouvrages sont numérisés sur le site BNF Gallica

Santonismes ou locutions saintongeaises de Bernard Palissy

- Accourager. Encourager.
- Aire de marais salant, carré de 18 pieds de côté, où se fait le sel, et dont vingt composent la livre de marais.
- Alis, alise, d’une tranche lisse et glaiseuse, comme le pain de seigle. Nos ménagères, quand elles faisaient la fournée, pétrissaient, du résidu de la pâte, une galette peu levée, dite l’alise ; c’était le gâteau des enfants, excellent à manger avec des noix. Palissy dit : « chose serrée, comme le caillou. »
- Allié, chez nous Alliat, prononcé aillat, synonyme augmentatif d’alis ; à tranche pâteuse, comme le pain mal cuit, ou même plus ferme, comme l’œuf dur. Du latin alligatus ; ou du mot ail, que l’on peut faire remonter à l’hébreu AGLI, gouttes, forme des gousses.
- Amezau, tronc d’arbre foré en long pour conduire l’eau dans les marais salants.
- Appilé, entassé, se dit du fumier, des fagots, &c.
- Armoniac, ammoniac. Nous disons de même arcajou.
- Aubarée, lieu planté d’aubiers ou saules, alburni. Les Saintais, par erreur, avaient inscrit une rue qui mène au quai Palissy, Eau barrée, au lieu d’Aubarée. Ils ont corrigé.
- Aubier ou obier, espèce de saule blanc.
- Availlons, alias, Lavagnons, par confusion de l’article avec le nom (comme dans Lierre, Lendemain, Loriot), coquillage bivalve, espèce de palourde.
- Basse (mieux, en gascon baste, du grec bastazein, porter), petite futaille à un seul fond, portative pour homme ou pour bête.
- Besq, gui ; c’est le latin viscus, prononcé en gasconnant. .
- Bossis ou Bosses, les jetées qui séparent les champs de marais salants et où s’appïle le sel.
- Boyard, civière, bard ; de fero, comme fardeau, ou du celtique Bar, barre.
- Cassar, diminutif de casse, bourbier, flaque d’eau. Sol cassé ?
- Chancre, cancre.
- Chastagne, châtaigne.
- Chauchetz, sorte de raisins ayant la couleur et un peu le goût du muscat gris, mais à grains plus longuets et plus serrés.
- Chaumenir, alias chauvenir, moisir. Devenir chauve ou plutôt grisonnant, mal expliqué chez Cap, par Durcir.  ; :
- Chenelle, cannelle de futaille.
- Chervi, chanvre. (À Royan, je soupçonne fort la rue Fond de Chèvre, d’être la rue Font de Cherve. Voyez les lieux.) .
- Claune, mare ayant de l’eau toute l’année. Grec Limnos, breton, Lenn, étang.
- Conche,bassin de marais salant et plage de mer en forme de coquille, concha.
- Coye, callebase, citrouille. Femme peu avisée ; du grec Koilos, creux,- qui donne Ciel et des mots bien opposés, fort rabelaisiens.
- Cuisant, appliqué aux légumes : facile à cuire.
- Cul sur pointe (tourner), terme de marine.
- Damas, œillet, fleur, originaire, sans doute, de Damas. Nous disons aussi Damar. « Faire baiser son damar à cinq feuilles, » donner un soufflet.
- Désenfourner, défourner. Ainsi de plusieurs mots commençant par .
- Enderce dartre. Du grec Deirein, écorcher ou du celtique DAR, feu. (Court de Gébelin.) En sanscrit, DÀRDRU signifie dartre. (Littré.)
- Entablements, certaines allées des marais.
- Escoupeaù, prononcé écoupeau, copeau.
- Espellir, éclore, Lat. expellere,
- Espongieux, spongieux. Grec spongos.
- Estaipe, étai. Latin sta ; anglais stop.
- Estaucer, élaguer un arbre. Du breton to, toiture, épaisseur ?
- Fayan, hêtre. Latin fagus (qui se mange.) ,
- Fien, fumier.
- Fève (trouver la fève), réussir. Autrement, « prendre la pie au nid. »
- Foran, un des compartiments des marais à sel.
- Gelice, ou gelisse, gelive.
- Gitte ou jitte, pousse d’une plante, son jet.
- Glu, gluis, chaume. Calamus.
- Grand, invariable, comme l’étaient dans le vieux français tous les adjectifs à deux terminaisons seulement, en is et en e. Voyez notre savant Littré. Palissy écrit, page 348, grand mottes, sans apostrophe au d ; et c’est ainsi que nous devrions écrire grand mère, grand rue, &. Nos Saintongeais disent encore : « La maison est bin grand. »
- Grole, corbeau. De son cri. « Grole çhi a grolâ ne sauroit mangher de bons mourcâ. »
- Haineux et aineux, réfractaire au feu. Ce mot n’est pas Saintongeais. Palissy le dérive-t-il de haine ?
- Halis, voyez Alis.
- Hommeaux, ormeaux ; nous disons houmeaux.
- Jambe de plante, pour tige. Langue d’o.
- Jard, et Jas, grande-division des malais salants. Anglais Yard, cour, enclos, jardin.
- Jesme,poix des cordonniers. Gemma.
- Journau, journal de terrain.
- Landier (resté français), gros chenet. Du breton Landrier, borne de la terre, sorte de dieu terme,.
- Langrote, lézard gris. Du latin anguis, plus l’article soudé au nom.
- Lizo, hysope. Même soudure. Mais qu’est-ce qui a fait donner à cette plante le nom grec œil de sanglier !
- L’oriou, loriot ; auriolus, oiseau doré. L’apostrophe subsistait au temps de Palissy.
- Maigre, poisson de mer, espèce d’Ombre.
- Mas, sorte d’écluse aux marais salants.
- Meler, sécher, en parlant des herbes et des fruits
- Menuserie, menuiserie.
- Merlu, merluche, poisson.
- Molue, ou moulue, morue.
- Motte, ailleurs matte, chenevière ou jardin près d’un cours d’eau.
- Moucles, moules, coquillage. Mutilus, petit muet.
- Palesir, pâlir. Ainsi de plusieurs verbes en ir.
- Palice, ou palisse, haie ; De pal, d’où palissade, et le nom de Palissy lui-même.
- Pau, pal, pieu. . "
- Pau fourche, fém. pieu fourchu.
- Pelon, bogue de châtaigne, rafle de maïs.
- Penader, courir en s’ébattant, jouer des pieds.
- Pesle, une poêle.
- Pïble, peuplier tremble. De populus, par le languedocien Pïboul.
- Pierrière, carrière à pierre.
- Pilot, tas.
- Pinier, pin, arbre.
- Planier, planière, plan, plane.
- Platin, terrain plat.
- Porcille, fém. Marsouin, comparé au porc.
- Potager l’or, le rendre potable.
- Prée, prairie.
- Raller (se), se dérober, se tapir en courant, comme le râle, oiseau, rallus.
- Râpe, rafle de raisin.
- Rosine, ailleurs rousine, résine. Du grec Rhein, couler.
- Rostie au vin, ailleurs roûtie, pain rôti trempé dans du vin. C’est le toast anglais.
- Seillon, sillon. De Sulcus, de Helkein, traîner.
- Sole, fém. sol.
- Sourdon, coquillage, sorte de petite pétoncle.
- Table, planche.
- Temple, tempe, où le pouls bat le temps.
- Terrier, butte.
- Terrière, carrière à terre. V. Pierrière.
- Terve, mince. De tenuis, tenvis, tervis.
- Vache de sel, meule de sel.
- Varengne, ou vareigne, vanne, écluse.
- Varenne (terre), « est, dit Palissy, une terre communément de couleur rousse (qui tient quelque peu de la nature argileuse), de laquelle on fait des moules pour toute espèce de fontes, et pour bastir les fourneaux et pour lutter les vaisseaux de verre. » — Varenne, terres incultes, dit le vocabulaire français. — En Saintonge aujourd’hui, terre légère, de sable et d’argile très-cultivable et très-bien cultivée. Doit venir d’arena et nous a donné garenne, futaie de chêne.
- Vireson, conduite d’eau pour les marais salants.

Total, 95 mots.


Voir en ligne : Notice populaire sur Bernard Palissy

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