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1365 - Le Pape Urbain V convoque les 62 principaux commandeurs Hospitaliers d’Europe à Carpentras

D 28 septembre 2008     H 03:18     A Pierre     C 0 messages A 2204 LECTURES


Les 62 principaux commandeurs des établissements hospitaliers d’Europe sont convoqués d’urgence par le Pape.

La liste des destinataires est ici, avec des commentaires. Le gratin de l’Ordre des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem, moins de 60 ans après la disparition sanglante des Templiers.

Si le Pape avait mis les noms des destinataires "en copie cachée", on aurait seulement trouvé "undisclosed recipient". Heureusement, il a rempli la bonne case.

On pourra s’intéresser plus particulièrement aux commandeurs des établissements de la province d’Aquitaine, écrits en bleu.

Source : Bibliothèque de l’école des Chartes - Paris - 1909 - par J. Delaville Le Roulx. - BNF Gallica.

En 1365, le Saint-Siège, effrayé des dangers que les Turcs faisaient courir à l’île de Rhodes, s’était préoccupé des moyens de secourir les Hospitaliers ; la situation politique de l’Europe chrétienne ne permettant pas de songer à « un passage général », Urbain V espérait qu’un groupement des peuples chrétiens pourrait se constituer et assurer la défense de Rhodes, en fournissant au grand-maître de l’Hôpital les subsides, les troupes et les galères nécessaires pour résister à l’attaque imminente des Ottomans. Dans le but d’organiser cette ligue, il avait décidé de réunir à Carpentras, dans le voisinage immédiat de la cour pontificale, une assemblée [1] des principaux dignitaires de l’Ordre, sous la présidence de Guy de la Tour, maréchal de l’Hôpital, spécialement désigné à cet effet par le grand-maître.

Les Hospitaliers, que le pape désirait convoquer, ne pouvant quitter les Etats des souverains dont ils étaient les sujets sans autorisation, Urbain V demanda cette autorisation, le 14 avril 1365, aux rois de France, de Navarre, d’Aragon, d’Angleterre et au duc de Guyenne. Le même jour, les convocations furent adressées aux intéressés, avec un texte légèrement modifié et approprié aux destinataires.

Cette assemblée fut-elle réellement tenue ? Nous l’ignorons. La lettre de convocation du souverain pontife ne contient pas la date à laquelle les Hospitaliers devaient se réunir à Carpentras ; le maréchal de l’Ordre l’avait indiquée directement aux chevaliers.

La bulle adressée aux souverains est conservée dans le registre 247 des Archives du Vatican, aux folios 73 b-75 ; la bulle destinée aux chevaliers est transcrite dans le registre 254 des mêmes archives, au folio 119. Chacun de ces deux textes est suivi d’une liste des destinataires, énumérés dans un ordre différent ; celle du registre 247 est plus étendue que celle du registre 254 ; mais, en revanche, celle du registre 254 est plus précise, et souvent moins incorrecte ; elles se complètent donc l’une par l’autre.

Comme ces convocations sont nominatives, elles nous permettent de connaître exactement la composition de l’assemblée, et, par suite, nous donnent la liste presque complète du haut personnel de l’Hôpital à cette époque. A ce titre, elles méritent de retenir notre attention. Elles éveillent également notre défiance, tant au point de vue des noms qu’elles fournissent que des qualités qu’elles mentionnent. En les soumettant à un contrôle sévère, nous avons été amené à constater qu’elles sont souvent erronées et appellent des rectifications parfois fort importantes. Il a paru que le redressement de ces erreurs n’était pas sans offrir un certain intérêt, d’abord au point de vue historique pur, ensuite au point de vue de la genèse de ces altérations. C’est ce double objectif que le présent travail se propose d’envisager.

Le lecteur trouvera, à la suite du texte de la bulle de convocation, la liste des personnages convoqués ; à chacun d’entre eux, nous avons assigné un numéro d’ordre en chiffres égyptiens (1 à 62) et consacré, sous le même numéro, une courte notice confirmative, explicative ou rectificative, d’après les sources qu’une étude, depuis longtemps poursuivie, de l’histoire des Hospitaliers, nous a permis de connaître et de mettre en œuvre.

J. Delaville Le Roulx.

Bulle de convocation d’une assemblée des Hospitaliers à Carpentras en 1365.


Carissimo in Christo filio Petro [2], regi Castelle illustri, salutem, etc. Perfdorum Turchorum, Crucis hostium ac persecutorum immanium populi Christiani, adeo, peccatis exigentibus et ex christianorum desidia, excrevit potencia et grassatio cedula in Christi fideles de partibus Orientis quod insula Rodi, in qua resident dilecti fllii .. magister [3] et conventus Hospitalis sancti Johannis Jerosolimitani, deputati in illis partibus ad defensionem fidei christiane, et alie vicine sibi partes fldelium (quod), prout ex notificatione predictorum magistri et conventus et nonnullorum fidei dignorum relationibus multiplicatis dolenter audivimus, nisi celeriter succurratur eisdem, sunt in magno periculo constitute ; propter quod nos, cupientes de possibili et celeri in hac parte remedio providere, cum negotium generalis passagii, quod dolenter referimus, non procedat de presenti, et ingruens necessitas exigat quod dictis partibus de fldelium subsidio congruo celeriter succurratur, perdictos magistrum et conventum et quosdam magnates et potentes populos certam unionem, ad habendum quarumdam gentium armigerarum et galearum numeros ad defensionem dictarum insule et partium impugnationemque dictorum Turchorum, providimus de proximo faciendam. Cum itaque, ad providendum pro parte dictorum magistri et conventus de personis et sumptibus pro unione hujusmodi oportunis, ordinatum sit, de nostro beneplacito et auctoritate prefatorum magistri et conventus, in civitate nostra Carpentoracensi, prope Romanam curiam constituta, per dilectum filium Guidonem de Turre[ 1 voir dans le tableau ci-dessous ], dicti Hospitalis marescallum, prefatorum magistri et conventus nuncium ad hoc specialiter deputatum, teneri generale capitulum omnium priorum et quorumdam preceptorum ejusdem ordinis, consistencium in partibus cismarinis, assembleyam vulgariter nuncupatum, ipseque marescallus et nuncius ad hoc specialiter per suas litteras .. regentem prioratum Castelle, et quosdam preceptores dicti prioratus Hospitalis ejusdem, ut ad hujusmodi assembleyam personaliter accedere non postponant, requirat, ad presens serenitatem tuam affectuose rogamus quatinus, ob reverenciam Dei et sue sacratissime fidei, eisdem regenti et preceptoribus, ut cito et libere veniant ad assembleyam predictam et agere valeant illa, que ipsis et aliis personis dicti Hospitalis in regno constitutis eodem pro tempore incumbere dinoscentur, pro felicibus successibus hujusmodi unionis regium impendas auxilium et favorem.

Dat. Avinione, XVIII kalendas maii, anno tertio.

Nota quod in eodem modo super eisdem scribitur Carolo [4], regi Navarre ; Petro, regi Aragonum [5] ; Edwardo, regi Anglie [6] ; Edwardo, Aquitanie principi [7] ; Carolo, regi Francie [8] (Rome, reg. Vat. 247, fol. 73 b-75. Analyse : Lecacheux, Lettres secrètes et curiales du pape Urbain V, 291,n° 1691).

La bulle destinée aux chevaliers est, sauf des variantes de forme, identique à la bulle adressée aux souverains, jusqu’aux mots : specialiter per suas litteras. Elle se termine comme suit :

... nos requirat, per presencium portitorem, ut vos, et quilibet vestrum, ad assembleyam veniatis eandem, vos hortamur attente vobisque sub excommunicationis pena mandamus quatinus hujusmodi requisitioni et mandato marescalli prefati super adventu vestro ad assembleyam eandem parere humiliter et effîcaciter studeatis ; alioquin tam ipse marescallus auctoritate dictorum magistri et convenus, quam nos curaremus contra vestram innobedientiam de oportuno remedio providere.

Dat. Avinione, XVIII kalendas maii, anno tercio (Rome, reg. Vat. 254, fol. 119).

Cette bulle fut adressée [9] :

.. Regenti prioratum Castelle et Legionis [2], ac Roderico Alfonsi de Portumarino [3], Sancio Orticii de Salmantice [4], Martino Sancii de Villaescusa [5], Fortunio Lupi de Pennalner [6], domorum preceptoribus prioratuum (sic) Castelle Hospitalis Sancti Johannis Jerusolimitani. 1. Guy de la Tour. — Nous connaissons des actes du 1er octobre 1364 et du 15 octobre 1365, dans lesquels Guy de la Tour est qualifié de maréchal de l’Hôpital. Il était commandeur de Bourganeuf (Creuse), de Genevois (circonscription aux environs de Genève) et de Bellecombe (Isère, cant. de Heyrieux, comm. de Valencin) (Arch. de Malte, div. I, vol. 16, n° 40 ; lib. bull. IV, fol. 56 et 149b). Le 1er mars 1366, il était remplacé par Dragonet de Mondragon (Archives de l’Orient latin, I, 391-392) ; il fut ensuite prieur d’Auvergne ; nous avons des actes du 25 février 1367 et du 17 avril 1369, dans lesquels il porte ce titre (Chassaing, Cartul. des Hospitaliers du Velay, p. XII).

2. Castille et Léon (Prieuré de). - Le prieuré de Castille et Léon était à ce moment aux mains d’une créature du roi Pierre le Cruel, Gutter Gomez, dont la nomination par celui-ci avait fait scandale ; l’Ordre considérait ce prieur comme un intrus, le titulaire nommé par lui vers 1356, Juan Ferrandez d’Hérédia, restant toujours à ses yeux le véritable prieur. Le Saint-Siège, obligé de reconnaître le possesseur de fait, lui donnait le titre de régent du prieuré (Cf. Lecacheux, n° 652), mais, par habileté diplomatique, ne prononçait son nom ni en s’adressant au roi de Castille, ni en le convoquant â Carpentras.

3. Logrono (Rodrigue Alfonses de). - Rodrigue Alfonses de Logrono avait succédé, entre le 19 février et le 12 juin 1357, à Ferrant Garcia comme commandeur de Puertomarin (Espagne, prov. de Lugo, ress. de Chantada) ; il était en même temps commandeur de Vallejo (Vallejo-de-Menas, prov. de Burgos, ress. de Villarcayo) et lieutenant en Castille du prieur J. F. d’Hérédia (Madrid, Archivo historico nacional, langue d’Aragon, reg. d’Amposte IV, fol. 146, 154, 156b et 160). En 1365-1366, nous savons qu’il était encore commandeur de Puertomarin, ce qui confirme le texte de la convocation pontificale. Mais la chancellerie magistrale, à laquelle nous devons cette indication, s’est trompée en l’intitulant commandeur de Puertomarin et Logrono ; elle a fait du nom d’origine de ce commandeur le nom d’une commanderie qui n’a jamais existé dans l’Ordre (Arch. de Malte, lib. bull. IV, fol. 321).
4. Salamanque (Commanderie de). — Reg. 254 : Sancio Oratii. Au lieu de •. « Salmantice », lisez : « Salamanca » (Espagne, ch.-l. de prov.).

5. Salcedo (Martin Sanchez de). — Martin Sanchez de Salcedo fut nommé pour cinq ans commandeur de Villaescusa (Espagne, prov. de Zamora, ress. de Fuente-Sauco, viguerie de Castronuno) et de Rivadabia (prov. d’Orense, ch.-l. de ress.), le 15 octobre 1351. En février 1357, il occupait encore ces commanderies, ainsi que le membre de Ledesma (prov. de Salamanque, ch.-l. de ress.), dont il resta titulaire jusqu’à sa mort. Son successeur, Jean Lopez de Torres, fut nommé, le 15 décembre 1365, commandeur de Villaescusa, avec les membres de Ledesma et de Canicar (Canizal, prov. de Zamora, ress. de Fuente-Sauco) (Madrid, Archivo historico nacional, reg. d’Amposte IV, fol. 145 ; Malte, lib. bull. III, fol. 104, et IV, fol. 151b).

6. — Reg. 254 : Pennalver. Penalver (Espagne, prov. de Guadalajara, ress. de Pastrana).
Item Johanni de Pavelino, priori Anglie [7], et Johanni Dingle in Anglia [8], ac Roberto de Normantone de Bastal [9], et Ricardo de Quertone Montis Sancti Johannis [10], necnon Guillelmo Huyllis de Baldisle [11], domorum preceptoribus prioratus Anglie Hospitalis sancti Johannis Jerusolimitani (Bliss, Calendar of papal letters, IV, 15 et 51). 7. Pavely (Jean de). — Reg. 254 : Pannelino. Jean de Pavely avait été nommé turcoplier par le chapitre général de l’Ordre le 15 septembre 1335. Il occupa ce poste au moins jusqu’au 21 août 1345, et probablement jusqu’à sa promotion au prieuré d’Angleterre (Arch. de Malte, capit. generalia, I, fol. 33 ; Bliss, Calendar of papal letters, III, 20). Il succéda à Philippe de Thame, prieur d’Angleterre, à la fin de 1352 ou au commencement de 1353. Il était encore prieur le 18 février 1368, et probablement après cette date (Calendar of the close Rolls, Edward III, IX, 493 ; Arch. de Malte, lib. bull. I, fol. 199b, et IV, fol. 317).

8. Dingley (Jean). - Reg. 254 : Dinghe. II faut probablement corriger ainsi : « Johanni Dingle in Aquila. » Nous savons, en effet, que, le 20 février 1366, Jean Dingley (de Dinglee) était commandeur de Dalby (Angleterre, comté de Leicester) et peut-être de Eagle (Angleterre, comté de Lincoln), car, à cette date, il est désigné sous le nom de Jean de Ycle, commandeur de Dalby. On peut indifféremment supposer que « de Ycle » est une erreur du copiste pour « de Eagle » ou pour « Dingle » (Arch. de Malte, lib. bull. IV, fol. 172b et 173). Mais on doit rejeter absolument l’analyse donnée par l’éditeur du Calendar of papal letters (IV, 15 et 51), qui fait de Jean un commandeur de Dingley (Angleterre, comté de Northampton). Jean Dingley nous est connu par d’autres mentions. En 1378 (16 mars), le roi d’Angleterre l’agréa comme procureur du prieur d’Angleterre (Calendar of the patent Rolls, Richard II, 1, 217). Il était aussi receveur et procureur du turcoplier Richard d’Overton en 1378-1379 (Arch. de Malte, div. I, vol. 48, fol. 7b). II mourut avant le 4 octobre 1384, étant commandeur de Beverley (Angleterre, comté d’York) (Arch. de Malte, lib. bull. VI, fol. 136).

9. Balshall (Commanderie de). — Il s’agit ici de la commanderie de Balshall (Angleterre, comté de Warwick). Robert de Normanton avait été agréé par le roi d’Angleterre comme procureur général du prieur d’Angleterre en 1378 (16 mars). Il fut ensuite receveur au prieuré d’Angleterre, et figure en cette qualité dans des actes du 11 janvier 1381 et de mai 1384 (Calendar of the patent Rolls, Richard II, I, 247 ; Arch. de Malte, div. I, vol. 48, fol. 34b et 87b).

10. Overton (Richard d’). - Reg. 254 : Quercone. Corr. en : « Ricardo de Overtone ». Richard d’Overton est un personnage très connu. Il succéda à Guillaume de Middleton comme commandeur de Mount-S.-John (Angleterre, comté d’York, par. de Felixkirk) avant le 10 octobre 1358, et occupait encore cette commanderie le 20 février 1366 ; il était également commandeur de Templecomb (Angleterre, comté de Somerset) en 1365-1366. Nous constatons, de 1366 à 1374, qu’il était receveur des responsions d’Angleterre. L’année suivante, il était turcoplier (2 et 8 décembre 1375), passa en Orient avec le grand-maître Hérédia en 1377, et mourut à Larta pendant l’expédition (Arch. de Malte, lib. bull. I, fol. 202b ; III, fol. 123b ; IV, fol. 173 ; V, fol. 2b ; Rome, reg. Vat. 274, fol. 77 et 80b ; Arch. de Malte, div. I, vol. 48, fol. 7b).

11. Hulles (Guillaume). - Reg. 254 : Huillis. Guillaume Hulles était déjà commandeur de Baddesley (Angleterre, comté de Southampton) le 1er avril 1357 (Madrid, Archivo historico nacional, langue d’Aragon, reg. d’Amposte IV, fol. 400). Nous savons qu’il occupait encore ce poste en 1365-1366, ce qui confirme l’identification que nous donnons ici (Arch. de Malte, lib. bull. IV, fol. 321). En 1378 (16 mars), le roi d’Angleterre l’agréa comme procureur général du prieur d’Angleterre (Calendar of the patent Rolls, Richard II, 1, 217).
Item .. priori prioratus Tholosani [12], vel ejus locum tenenti [13], ac Marquesio de Gossono [14], Raynaldo de Sermeto [15], Symoni de Villadei [16], Jordano Sancti Maxencii [17], Bernardo de Salvanhano [18], Arnaldo de Burdegal[ibus] [19], et Mondoye de Andrivalibus [20], domorum preceptoribus Hospitalis sancti Johannis Jerusolimitani in dicto prioratu consistencium (Lecacheux, 290, n° 4692 ; Rome, reg. Vat. 247, fol. 74b). 12-14. Gozon (Marques de). - Manque dans le reg. 254. Le scribe ici semble avoir été très embarrassé. Il s’est demandé quel était le prieur de Toulouse, et, dans le doute, il n’a pas indiqué son nom, mais l’a remplacé par deux points (..). Il s’est ensuite dit qu’il convenait, à défaut du prieur, de convoquer le lieutenant du prieuré ; puis, ayant rencontré, dans les notes qu’il avait sous les yeux, la mention de Marques de Gozon, il a convoqué ce personnage, sans se douter que Marques de Gozon était précisément le prieur de Toulouse. Nous savons, en effet, que, vers 1351, Marques de Gozon, prieur de Navarre, fut transféré au prieuré de Toulouse, qu’il était déjà prieur de Toulouse le 8 septembre 1351, et que, le 23 février 1366, le grand-maître à Rhodes le considérait encore comme prieur. Il mourut au début de 1366, avant le 10 mai, car, à cette dernière date, le grand-maître nomma son successeur, Dragonet de Mondragon (Arch. de Malte, lib. bull. III, fol. 113 et 38 ; IV, fol. 40 et 299 b). Il est possible que, dès avril 1365, Marqués, malade, ait été remplacé par un lieutenant dans l’administration du prieuré, ce qui expliquerait les hésitations du scribe.

15. Sermet (Renaud de). - Manque dans le reg. 254. Le texte porte « Sermeto » plutôt que « Servieto » (lecture de M. Lecacheux). Ce nom devrait, d’après l’énumération des commandeurs qui suivent, représenter un nom de commanderie. Il n’en est rien ; il s’agit de Renaud de Sermet (de Sarmeto), commandeur de Casnac (de Caynaco) en 1347 (12 juillet), commandeur d’Aureilhan en 1351, et de Tachoires (de Taxoueriis) en 1365-1366 (Calendar of the patent Rolls, Edward III, VII, 355 ; Arch. de Malte, lib. bull. III, fol. 36, et IV, fol. 320b). L’identification de Tachoires se justifie par le fait qu’en 1335 Bertrand d’Orsans était commandeur d’Aureilhan (Hautes-Pyrénées, cant. de Tarbes), de Bordères (Hautes-Pyrénées, cant. de Tarbes) et de Tachoires (de Tayssoueriis) (Arch. de Malte, capit. generalia I, fol. 34), et que Tachoires (Gers, cant. de Samaran) était précisément un membre de Bordères (Du Bourg, Hist. du grand-prieuré de Toulouse, p. 369-376).

16. La Villedieu (Commanderie de). - Manque dans le reg. 254. La Villedieu, ancienne commanderie du Temple, était située à l’extrémité occidentale du comté de Toulouse (Tarn-et-Garonne, cant. de Montech).

17. Lantar (Jourdain de). - Manque dans le reg. 254. Corr. : « S. Maxencii » en « S. Naxencii » (Saint-Naixent, Dordogne, cant. de Bergerac). Jourdain de Lantar était déjà commandeur de Saint-Naixent le 6 juin 1358 (Arch. de Malte, lib. bull. I, fol. 536), et occupa cette commanderie jusqu’à sa mort, c’est-à-dire jusqu’aux environs du 8 septembre 1374, la commanderie ayant été à cette date donnée à Elie Bouchard. Du Bourg (Hist. du grand-prieuré de Toulouse, p. 526) lui donne le nom de « Laurac » (Arch. de Malte, lib. bull. V, fol. 9b).

18. Thor (Bernard del). - Manque dans le reg. 254. Il s’agit de Bernard del Thor, commandeur de Sauvagnas (Lot-et-Garonne, cant. de Laroque-Timbaut) de 1358 à 1375, d’après Du Bourg (Hist. du grand-prieuré de Toulouse, p. 350).

19. Ebrard (Arnaud-Bernard). - Manque dans le reg. 254. Arnaud-Bernard Ebrard était commandeur de Bordeaux, avec Saint-Avit-de-Soulège (Gironde, cant. de Sainte-Foy) et Montarouch (Gironde, cant. de Libourne), dès le 6 juin 4358 ; il occupa ce poste jusqu’à sa mort, survenue vers 4384 (avant le 3 décembre) (Arch. de Malte, lib. bull. I, fol. 53, et VII, fol. 4256 ; Du Bourg, Hist. du grand-prieuré de Toulouse, p. 464 ; Marquessac, Les Hospitaliers en Guyenne, p. 80 et 132). Il joua un rôle important dans les affaires financières de l’Ordre. Dès 1362 (27 mai et 4 juin), il est qualifié de receveur général de l’Hôpital et de procureur du grand-maître en Occident, fonctions qu’il conserva jusqu’en 1374. En 1372 (2 février), il reçut l’ordre de les transmettre, avec tous ses registres et pièces comptables, à son successeur, Aimery de la Riba, commandeur de Raissac, précédemment procureur des Hospitaliers au prieuré de Saint-Gilles (Arch. de Malte, div. I, vol. 24, n° 9, et vol. 16, n°s 44, 46, 47 et 50). En 1374 (11 septembre et 24 octobre), le grand-maître lui arrenta la maison de Pexiora (Aude, cant. de Castelnaudary) pour dix ans, moyennant 400 florins par an (Arch. de Malte, lib. bull. V, fol. 12 et 49b) ; il l’occupa jusqu’en 1377, Du Bourg (Hist. du grand-prieuré de Toulouse, p. 160).

20. Anbrivaux (Commandeur d’). — Manque dans le reg. 254. Andrivaux (Dordogne, cant. de Brantôme, comm. de Valeuil).
Item Raynardo, priori prioratus Aquitanie [21], ac Roberto de Sanclo Siquerio [22], Bernardo de Villegast [23], Guillelmo de Senans [24], Guillelmo Burginoni [25] et Johanni de S. Remigio [26], domorum perceptoribus Hospitalis sancti Johannis Jerusolimitani in dicto prioratu consistentium (Lecacheux, 290, n° 1693 ; Rome, reg. Vat. 247, fol. 75). 21. Nanteuil (Renaud de). - Manque dans le reg. 254. Originaire du prieuré de France, il avait d’abord été commandeur de Fieffes (Somme, cant. de Domart), au prieuré de France, en 1351 (Paris, Arch. nat., M13, n° 22), puis commandeur de Plaincourault (Indre, cant. de Tournon, comm. de Mérigny), au prieuré d’Aquitaine, en 1343. Il succéda comme prieur d’Aquitaine à Jean de Duyson à une époque qu’il est difficile de préciser. Il nous est connu comme prieur d’Aquitaine dans des actes qui s’échelonnent du 18 février 1364 au 5 août 1384. Il fut remplacé par Gérard de Foucherolles, le 3 octobre 1386 (Rome, reg. Vat. 261, fol. 174b ; Arch. de Malte, lib. bull. IV, fol. 306 ; VII, fol. 75b ; VIII, fol. 51b ; Poitiers, Arch. de la Vienne, H3, liasse 257).

22. Saint-Riquier (Robert de). — Manque dans le reg. 254. Corr. : « Roberto de S. Riquerio ». Il semblerait, d’après la construction générale de la phrase, que « de S. Riquerio » dût être le nom d’une commanderie, comme c’est le cas pour les personnages qui suivent [23-26] et qui sont désignés par leur nom de baptême suivi du nom de la commanderie dont ils étaient titulaires. Il n’en est rien. Il s’agit de Robert de Saint-Riquier, commandeur de Beauvais-sur-Matha (Charente-Inférieure, cant. de Matha) et de Prailles (Deux-Sèvres, cant. de Thouars, comm. de Saint-Martin-de-Sonzay) en 1365-1366 (Arch. de Malte, lib. bull. IV, fol. 321), commandeur de Beauvais-sur-Matha et Champgillon (Vendée, cant. de Sainte-Hermine, comm. de Saint-Juire), et lieutenant du prieur d’Aquitaine en 1367 (Poitiers, Arch. de la Vienne, H3, liasse 4), commandeur de Beauvais en 1371 (Poitiers, Arch. de la Vienne, H3, liasse 212), et commandeur de Ballan (Indre-et-Loire, cant. de Montbazon) et de Saint-Nicolas-du-Gast (Indre-et-Loire, cant. de Neuillé-Pont-Pierre, comm. de Sonzay) en 1375 (Poitiers, Arch. de la Vienne, H3, liasse 199).

23. Villegast (Charente, cant. de Ruffec). - Manque dans le reg. 254. Il s’agit de Bernard Jean, ou Johannaut, commandeur en 1365-1366 et receveur au prieuré d’Aquitaine (Arch. de Malte, lib. bull. IV, fol. 321 et 323).

24. Cenan (Deux-Sèvres, cant. de Coulonges, comm. de Saint-Pompain). - Manque dans le reg. 254.

25. Arnaud (Guillaume). — Manque dans le reg. 254. Corr. : « Burginovi » (Bourgneuf-en-Aunis, Charente-Inférieure, cant. de la Jarrie). Le commandeur s’appelait Guillaume Arnaud ; il occupa cette commanderie jusqu’à sa mort, survenue à la fin de l’année 1392 ou au début de 1393 (avant le 24 mars). En 1365-1366, il était en outre titulaire de la commanderie des Épaux (Charente-Inférieure, cant. de Gemozac, comm. de Meursac), qu’il ne semble pas avoir possédée longtemps, et receveur de l’Ordre au prieuré d’Aquitaine, fonctions qu’il conserva jusqu’à sa mort (il portait encore ce titre le 12 janvier 1392). Le 8 septembre 1374, Robert de Juilly lui confia l’administration de la chambre magistrale de la Rochelle (Charente-Inférieure), et, le 12 octobre 1382, Hérédia, successeur de Juilly, lui exprima sa satisfaction pour la manière dont il l’avait administrée. A la mort d’Etienne de Tavernay (survenue avant le 4 mai 4385), il devint commandeur de la Lande-de-Verché (Maine-et-Loire, cant. de Doué, comm. de Notre-Dame-de-la-Lande) et du Coudray-Macouart (Maine-et-Loire, cant. de Montreuil-Bellay), et conserva ces commanderies, comme Bourgneuf, jusqu’à sa mort. Quand l’âge et la maladie rendirent impossible à Renaud de Nanteuil l’exercice des fonctions prieurales, Guillaume Arnaud fut nommé lieutenant du prieuré (9 septembre 1386), et, les deux successeurs de Nanteuil, Gérard de Foucherolles (1386-1390) et Philibert de Naillac (1390-1396) étant retenus en Orient, il resta chargé de la lieutenance, qu’il exerça au moins jusqu’au 12 juin 1392 (Arch. de Malte, lib. bull. IV, fol. 321 et 323 ; V, fol. 11 ; VII, fol. 73 ; VIII, fol. 50 et 51b ; X, fol. 116 ; XI, fol. 90b et 93b).

26. Villejust (Jean de). - Manque dans le reg. 254. Les commandeurs de Saint-Rémy (Deux-Sèvres, cant. de Mazières, comm. de Verruye) étaient à celte époque choisis dans la famille de Villejust : Guillaume en 1352, Jean (celui dont il est ici question) en 1363 et 1366, Guillaume en 1369 (Poitiers, Arch. de la Vienne, H3, liasse 376 ; Arch. de Malte, lib. bull. IV, fol. 309).
Item Alvaro Gundisalvi, priori prioratus Portugalie [27], Johanni de Eredia, priori prioratus Sancti Egidii et castellano Emposte [28], Hospitalis sancti Johannis Jerusolimitani (Lecacheux, 290, n° 1694 ; Rome, reg. Vat. 247, fol. 75). 27. Gonçalves (Alvaro). - Dans le reg. 254, le prieur de Portugal est convoqué avec trois commandeurs portugais à son choix. Alvaro Gonçalves était déjà prieur de Portugal le 7 août 1338. En 1374 (7 octobre), au moment de la promotion au magistère de Robert de Juilly, ses pouvoirs lui furent renouvelés pour dix ans. Ce n’était assurément pas un fonctionnaire d’une fidélité à toute épreuve ; en 1370, le grand-maître avait cru devoir retenir le prieuré de Portugal « en sa main », ce qui indiquait une situation anormale et des difficultés administratives. Nous savons qu’à maintes reprises l’Ordre s’était préoccupé d’assurer la rentrée au trésor des responsions portugaises arriérées. Aussi n’est-il pas étonnant qu’Urbain ait convoqué Gonçalves à une assemblée qui devait s’occuper de questions financières, avec l’espoir qu’il serait plus facile d’avoir raison du mauvais vouloir du prieur s’il comparaissait personnellement à Carpentras (Figueiredo, Nova Malta Portugueza (Lisbonne, 1800), I, 98 ; II, 384 ; Paris, Bibl. nat., franc. 1080, fol. 52b [art. 30 du chapitre général de 1370]).

28. Hérédia (Juan-Ferrandez d’). - Manque dans le reg. 254. Juan-Ferrandez d’Hérédia était châtelain d’Amposte depuis la fin de 1346 ou le début de 1347, et prieur de Saint-Gilles depuis le 21 janvier 1357. C’était déjà, à ce moment, un des personnages les plus considérables de l’Ordre, intimement mêlé à la politique générale du Saint-Siège et du royaume d’Aragon ; il devint par la suite, après la mort de Robert de Juilly, grand-maître de l’Hôpital (1377-1396).

On remarquera que le pape ne lui donne pas ici le titre de prieur de Castille, bien qu’il fût, au regard du Saint-Siège et de l’Ordre, le chef légitime de ce prieuré. Il était plus prudent de n’y pas faire allusion, puisque le prieur de fait était convoqué en même temps qu’Hérédia.
Item Montolino de Laya, priori prioratus Navarre [29], .. locum tenenti [30] .. prioris Urbis et Pisarum [31], Thome Burle, regenti prioratum Hibernie [32], et Johanni Thome de Hany [33], Guillelmo Taune de Kilil [34], ac Ricardo Hualsi [35], in Hibernia domorum preceptoribus (Bliss, Calendar of papal letters, IV, 15). 29. Loya (Montoliu de). - Dans le reg. 254, le prieur de Navarre est convoqué avec deux ou trois commandeurs navarrais à son choix. Montoliu de Loya fut nommé prieur de Navarre, le 6 février 1359 ; il fut remplacé, à son décès, par Martin-Martinez d’Olloqui, le 30 mars 1383 (Arch. de Malte, lib. bull. 1, fol. 181, et VII, fol. 468b).

30-31. Rome et Pise (Prieur de). — Manque dans le reg. 254. Barthélémy Benini, prieur de Messine, avait été transféré au prieuré de Rome et Pise aux environs de l’année 1354 (avant le 12 mai). Il occupa ce poste au moins jusqu’en mai 1366. Mais, le 11 avril 1363, on devait déjà pressentir que Benini, en même temps titulaire du prieuré de Venise, remplissait une tâche au-dessus de ses forces, et qu’il avait déjà ou allait avoir un suppléant [cf. 46-47] ; ceci explique les hésitations de la chancellerie pontificale et la convocation, libellée au nom du lieutenant du prieur sans désignation nominative. Il est fort probable que ce lieutenant était Gérard Rudini, de Pérouse, qui porte, dans un document du 25 octobre 1365, la qualification de vice-prieur, et qui, par la suite, devint prieur de Rome (Arch. de Malte, lib. bull. III, fol. 139 ; IV, fol. 298 et 301 ; V, fol. 59b).

32. Burle (Thomas de). - Manque dans le reg. 234. Thomas de Burle, qui n’était alors que régent du prieuré d’Irlande, devint titulaire de ce prieuré l’année suivante (15 février 1366). Il était en même temps commandeur de Dinmore (Angleterre, comté de Hereford) et de Garve (Garway, Angleterre, comté de Hereford, et non Barrowe, comme le dit par erreur la liste des prieurs d’Irlande, dressée par l’ordre anglais de Saint-Jean dans The English or sixth langue, Londres, 1880, p. 50) (Arch. de Malte, lib. bull. IV, fol. 170). Le fait d’être titulaire de deux commanderies anglaises indique que Burle fut envoyé en Irlande pour régir le prieuré, et n’était pas un chevalier irlandais.

33. Any (Irlande, comté de Limerick). - Manque dans le reg. 254.

34. Kilhill (Commandeur de). - Il s’agit de Kilhill (Irlande, comté de Kildare). Manque dans le reg. 254.

35. Hualsi (Richard). — Manque dans le reg. 254. Nous ne savons rien de ce personnage, dont le nom ou le titre semble avoir été estropié par le copiste. Bliss imprime à tort : Hualfi.
Item Petro de Albis, preceptori domus Azconis, regenti prioratum Catalonie [36], Petro de Villafranca Antique Ilerde et Sancti Celidonii [37], Ermengaudo de Sancto Felice et Orulo et Aquevive [38], Petro Guillelmi de Bajolis [39], Guillelmo de Guimerano de Greuhana et Dartusie [40], Garsie de Mayssermansi de Castillionis et de Aviniononto [41], domorum preceptoribus prioratus Catalonie Hospitalis. 36. Albis (Pierre d’). — Manque dans le reg. 254. Pierre d’Albis avait d’abord été commandeur de Saragosse (Espagne, ch.-l. de prov.). Il figure en cette qualité dans des actes qui s’étendent du 31 août 1351 au 20 décembre 1358. Il succéda comme commandeur d’Asco (Espagne, prov. de Tarragone, ress. de Gandesa) à Raymond des Prats, probablement vers 1359, la dernière mention connue de ce commandeur étant du 27 juillet 1358 (Madrid, Archivo historico nacional, reg. d’Amposte III, fol. 243, et IV, fol. 75b et 80). La conduite scandaleuse du prieur de Catalogne, Vital Alquier, avait obligé l’Ordre à destituer ce dignitaire et à nommer administrateur du prieuré Pierre d’Albis, que nous trouvons investi de ces fonctions dès le 8 janvier 1365 et jusqu’à la nomination de frère Guilhem d’Olmos, successeur de Vital Alquier, le 27 septembre 1365 (S. Gervasio de Cassolas, Arch. du grand-prieuré de Catalogne, 23 arm., Comuns I, sach A, n° 91 ; Arch. de Malte, lib. bull. IV, fol. 114). Il appartenait à la châtellenie d’Amposte et avait été certainement indiqué par Hérëdia au grand-maître pour remplir l’office d’administrateur provisoire.

37. Villafranca (Pierre de). - Manque dans le reg. 254. Par Antiqua Ilerda, on entend probablement l’ancienne commanderie hospitalière de Lérida. Dans la classification des archives du prieuré de Catalogne figurent, sous la rubrique « Casas antiguas », les fonds des chambres prieurales du prieuré, et, parmi ceux-ci, celui de Lérida.

S.-Celoni est dans la prov. de Barcelone, ress. d’Arenys-de-Mar.

Pierre de Villafranca fut admis dans l’Ordre en 1348 ; Gaucerand deFenouillet, commandeur de Mas-Deu (Pyrénées-Orientales, cant. de Thuir, comm. de Trouillas), fut autorisé à le recevoir, le 10 janvier 1348 (Arch. de Malte, lib. bull. II, fol. 86). Nous le rencontrons à plusieurs reprises, en 1365, avec la qualification de commandeur de Lérida et de S.-Celoni (Arch. de Malte, lib. bull. IV, passim).

38. S.-Feliu (Armengaud de). - Manque dans le reg. 234. Au lieu de : « et Orulo », il faut corriger : « de Orulo ». Armengaud de S.-Feliù nous est connu comme commandeur d’Orle (Pyrénées-Orientales, comm. de Perpignan) depuis le 30 avril 1351 jusqu’en octobre 1365 (Arch. de Malte, lib. bull. III, fol. 93, et IV, fol. 121b). S’il porte ici le titre de commandeur d’Aiguaviva (prob. prov. de Tarragone, ress. de Vendrell, près de Selma), bien que cette commanderie ne lui ait été confirmée par le grand-maître que le 24 octobre 1365 (Arch. de Malte, lib. bull. IV, fol. 124b), c’est que le chapitre prieural et le prieur de Catalogne la lui avaient attribuée antérieurement, et qu’il s’écoula un espace d’au moins plusieurs mois entre l’attribution et la ratification.

39. Guilhem (Pierre). - Manque dans le reg. 254. Bajoles (Pyrénées-Orientales, comm. de Perpignan). Pierre Guilhem nous est connu comme commandeur de Bajoles par un acte du 15 août 1358 et par un acte du 8 janvier 1365 (Arch. de Malte, lib. bull. I, fol. 1426 ; S. Gervasio de Cassolas, 23 arm., Comuns I, sach A, n° 91). Il est probable qu’il ne conserva pas longtemps après le 14 avril 1363 cette commanderie, puisque, le 27 septembre 1365, elle était considérée comme chambre prieurale (Arch. de Malte, lib. bull. IV, fol. 114).

40. Guimera (Guillaume de). - Corr. : Grenhana. Manque dans le reg. 254. Guillaume de Guimera, après avoir été commandeur de Monzon (Espagne, prov. d’Huesca, ress. de Barbastro), en 1340-1341, avait été nommé commandeur d’Horta (Espagne, prov. de Tarragone, ress. de Gandesa) (le 5 juillet 1349 il porte ce titre) ; mais il fut relevé de ses fonctions avant le 11 septembre 1351. Il fut alors le porte-paroles des frères de la châtellenie d’Amposte, qui avaient à se plaindre d’Hérédia. Son intervention tourna contre lui ; on reconnut qu’il avait négligé de payer les responsions dues par lui au trésor, et on l’obligea à les acquitter (20 mars 1355-8 septembre 1356) ; elles se montaient à 10,000 sous de Jaca. Il était alors (8 septembre 1356) titulaire de la commanderie de Tortose (Espagne, prov. de Tarragone, ch.-l. de ress.). Le 12 octobre 1363, le grand-maître lui conféra à vie Tortose et Granena (Espagne, prov. de Lérida, ress. de Cervera). En 1369, il était commandeur de Barbera (Espagne, prov. de Tarragone, ress. de Montblanch), conseiller du roi d’Aragon et lieutenant du gouverneur royal de Catalogne. Nous le retrouvons (à moins qu’il ne s’agisse d’un de ses neveux portant le même nom que lui), du 29 mai 1381 au 13 décembre 1395, avec le titre de prieur de Catalogne (Madrid, reg. d’Amposte I, p. 18, 21 et 83 ; III, fol. 49 ; IV, fol. 1-2b ; Arch. de Malte, lib. bull. III, fol. 82-85 ; IV, fol. 119, 124 et 321b ; VI, fol. 108b ; XIV, fol. 15 ; Collection de documentas ineditos... de la corona de Aragon, VI, 350).

41. — Manque dans le reg. 254. Le scribe a fait ici une série d’erreurs qui rendent inadmissibles le nom et le titre du chevalier convoqué. D’abord, Gardas de Maysser n’a jamais été titulaire des commanderies qui lui sont attribuées ; ensuite, les mots « mansi de Castillionis « doivent être rétablis en « Mansi Dei » (Mas-Deu, Pyrénées-Orientales, cant. de Thuir, comm. de Trouillas) et en « Castillionis » (Castellon-de-Ampurias, Espagne, prov. de Gérone, ress. de Figueras), et « Aviniononto » doit être, corrigé en « Avinioneto » (Avinonet, Espagne, prov. de Barcelone, ress. de Villafranca-del-Panades).

Nous savons, en effet, que, depuis 1358 jusqu’en 1365, Arnal Guitard fut commandeur de ces trois maisons, et qu’à partir du 12 octobre 1365, ayant obtenu du grand-maître la concession d’Avinonet pour son neveu Aymar de Cambrils, prieur de la châtellenie de Bajoles, il ne porta plus que les titres de commandeur de Mas-Deu et de Castellon-de-Ampurias (Arch. de Malte, lib. bull. I, fol. 142 ; IV, fol. 119, 129b et 131).

Quant à Garcias de Maysser, nous ignorons de quel personnage il peut être question. Il faut supposer qu’il s’agit d’un chevalier dont le scribe aura oublié de faire suivre le nom du titre de sa commanderie, en sorte que la phrase complète devait être à l’origine : « Garsie de Maysser [de ... et Arnaldo Guilardi] Mansi Dei, Castillionis et de Avinioneto domorum preceptoribus, etc. »
Item Conrado de Bruynsberg, priori prioratus Alamame [42], Gallo de Kerperg, priori prioratus Boemie [43], .. locum tenenti [44] .. prioris prioratus Lombardie [45], .. locum tenenti [46] .. prioris prioratus Veneciarum [47], Roberto, priori prioratus Francie [48], ac Anrico de Valtra [49], Raymundo de Bellovidere [50], Guillelmo de Montesaxane [51], Jacobo de Visemont [52], Eustachio de Deiqui [53], Symoni de Ravavilla [54], et Guillelmo Enoca [55], [domorum] preceptoribus in dicto prioratu consistentium hospitalis predicti (Lecacheux, 294, n° 1695 ; Rome, reg. Vat. 247, fol. 75). 42. Braunsberg (Conrad de). - Reg. 254 : Bruisberg. Dans ce registre, le prieur d’Allemagne est convoqué avec quatre commandeurs. Conrad de Braunsberg était effectivement prieur d’Allemagne en 1365 ; il occupa le prieuré jusqu’à sa mort, survenue avant le 23 janvier 1391, mais aux environs de cette date, car, le 11 février 1391, alors qu’il était déjà mort, l’Ordre désignait un lieutenant, Frédéric de Zollern, pour le suppléer, à cause de l’état précaire de sa santé (Arch. de Malte, lib. bull. IV, fol. 310b ; IX, fol. 101 ; X, fol. 140).

43. Lemberg (Havel de). - Manque dans le reg. 254. Corr. : de Lemberg. Havel (Gallus) de Lemberg fut nommé prieur de Bohême vers 1336. Nous savons, en effet, que le chapitre général de l’Ordre, tenu le 15 septembre 1335, avait réservé la nomination du titulaire du prieuré de Bohême, alors vacant, et que, le 25 mars 1337, Lemberg était déjà investi de cette charge. La présente mention est la plus récente que nous connaissons du priorat de Lemberg ; le 8 septembre 1367, Jean de Zwéfetice lui avait succédé (Arch. de Malte, capit. generalia, I, fol. 33b ; Erben-Emler, Regesta Bohemiae et Moraviae, IV, 162 ; Vienne, Arch. de l’ordre teutonique, ms. 327, p. 96, copie de Schwandner, XVIIIe s., d’après les Arch. du grand-prieuré de Bohême). Le reg. 254 n’indique pas la convocation adressée à ce prieur. C’est certainement une omission, car, à propos de la convocation du prieur de Navarre [29], il dit : « Ut in quinta proximo superiori usque : que dirigitur Gallo, usque : portitorem. » Ceci prouve que le scribe du reg. 254 avait sous les yeux un brouillon qui convoquait Gallus de Lemberg.

44-45. Lombardie (Prieur de). — Dans le reg. 254, le lieutenant du prieuré de Lombardie est convoqué avec un commandeur lombard à son choix. Le prieur de Lombardie était alors, depuis une dizaine d’années (la première mention connue de ce prieur est du 29 février 1356), Ferlin d’Airasca, qui était en même temps amiral de l’Ordre et retenu comme tel dans le Levant. Il n’est pas étonnant qu’il ait été suppléé en Lombardie par un lieutenant, et que la chancellerie pontificale ait ignoré le nom de ce suppléant, que nous ignorons comme elle. Était-ce encore Philibert Rape, qui était lieutenant du prieuré en 1358 ? Nous n’oserions l’affirmer. Airasca échangea le prieuré de Lombardie contre la commanderie de Chypre, le 18 octobre 1365, et, le lendemain, Daniel de Carreto lui succéda en Lombardie (Arch. de Malte, div. I, vol. 16, n° 36 ; lib. bull. I, fol. 243245 ; IV, fol. 218 et 269).

46-47. Venise (Prieur de). - Dans le reg. 254, le lieutenant du prieur de Venise est convoqué avec un commandeur vénitien à son choix. Le scribe a eu ici les mêmes hésitations qu’en convoquant le prieur de Pise et Rome [30-31]. Nous savons que vers cette époque un même personnage, Barthélémy Benini, administrait les trois prieurés de Pise, Rome et Venise ; nous savons aussi que, le 26 mai 1365 (six semaines après la date de la bulle que nous étudions), le prieuré de Venise, après résignation de Benini, fut conféré par le grand-maître, résidant à Rhodes, à Jean de Rivara. On ne devait pas ignorer à la cour pontificale, le 14 avril 1365, que cette résignation était chose décidée, que Benini était en fait démissionnaire, et qu’il devait avoir un suppléant pour Venise. Il est probable que ce lieutenant était Jacques Rufi, de Parme, qui porte, dans un document du 25 septembre 1365, le titre de lieutenant du prieuré de Venise (Arch. de Malte, lib. bull. IV, fol. 204 et 206).

48. Juilly (Robert de). — En 1352, Robert de Juilly était commandeur de Cerisiers (Yonne, ch.-l. de cant.) et de Coulours (Yonne, cant. de Cerisiers), commanderies dont il cessa d’être titulaire avant juin 1354 pour la première, et avant juin 1355 pour la seconde. En 1359, il est titulaire de la commanderie de Sainte-Vaubourg (Seine-Inférieure, cant. de Grand-Couronne, comm. du Val-de-la-Haie), qu’il conserva peu de temps, et de celle de Flandre, qu’il garda jusqu’en juin 1372, époque à laquelle il l’échangea contre la commanderie de l’ancien Temple de Paris. Entre le 18 février 1362 et le 11 juin 1363, il fut nommé prieur de France et occupa ces fonctions jusqu’au moment où il connut son élévation au magistère (premiers jours de juin 1374). Il mourut le 29 juillet 1377 (Arch. de Malte, lib. bull. I, fol. 102b, 106b, 117 et 119 ; III, fol. 666 ; Paris, Arch. nat., MM28, fol. 10b, 72, 125b ; MM 29, fol. 61b, 121 ; Catalogue du musée de Cluny (Paris, 1881), n° 424).

49. Saint-Trond (Henri de). - Corr. : de Avaltera. Henri de Saint-Trond (Saintron) était frère prêtre de l’Hôpital, commandeur de Troyes (Aube) et de Clairfond, membre du Plessis-d’Arbourse (Arbourse, Nièvre, cant. de Prémery) avant le 8 mai 1351, puis d’Arbourse ; il dut abandonner l’administration de ses commanderies à des gouverneurs pour se consacrer aux fonctions que la confiance de l’Ordre lui attribua. C’est ainsi que Troyes fut régie par les commandeurs de Payns (Aube, cant. de Troyes), Guillaume de la Motte en 1353 (15 mai), et Hébert de Montferrand de décembre 1355 à juin 1357 ; que le Plessis-d’Arbourse fut administré par Hébert de Montferrand, qui le loua, en juin 1356 et juin 1357, à frère Pierre Piquet. Le 24 janvier 1359, Henri de Saint-Trond résigna ces commanderies pour celle de Hainaut-Cambrésis ; en 1363, il devint en outre commandeur d’Avalterre (Chantraine, Belgique, prov. de Brabant, comm. de Huppaye-Molembais-Saint-Pierre), c’est-à-dire des possessions que l’Ordre avait dans les Pays-Bas (terre d’Aval).

Vers 1366, la commanderie de Hainaut-Cambrésis lui fut enlevée, mais il garda Avalterre jusqu’en 1388 (28 juillet). A cette date, il échangea Avalterre contre Fieffes (Somme, cant. de Domart), échange que le grand-maître ratifia le 5 avril 1389.

Trésorier de l’Ordre dès 1357, il fut remplacé dans cette charge, avant le 28 septembre 1380, par Foucaud de Conac, qui l’avait précédemment suppléé comme lieutenant, notamment en 1366. Il mourut avant le 31 octobre 1390, à l’âge de soixante-dix-sept ans environ (Paris, Arch. nat., MM 28, fol. 31, 34, 34b, 63b, 64 et 66b ; MM 29, fol. 21 ; S 4953, n° 37 ; Arch. de Malte, lib. bull. I, fol. 966 et 976 ; III, fol. 66 ; IX, fol. 63b ; X, fol. 80 ; Mons, Arch. de l’État, ordre de l’Hôpital, reg. 769. - Pour l’âge d’Henri de Saint-Trond, voir Paris, Arch. nat., S5543, fol. 806).

50. Beauvoir-en-Ponthieu (Commandeur de). - Reg. 254 : Bellovideri. Il s’agit de Beauvoir-en-Ponthieu (Somme, à une lieue au nord d’Abbeville). Nous ne connaissons pas le commandeur Raymond, dont il est ici question ; ce qui est certain, c’est qu’il n’occupa pas longtemps la commanderie de Beauvoir, puisque les titulaires étaient Jean de Coinchon en 1364 (11 janvier) et Renaud de Mailg en 1371 (22 février) (Paris, Arch. nat., MM 28, fol. 125 ; MM 29, fol. 22b).

51. Chauconien (Guillaume de). - Lecacheux imprime à tort : « Montesaxano », le registre portant : « Montesaxane ». Il s’agit de Guillaume de Chauconin, qui, en 1365-1366, était commandeur du Mont-de-Soissons (Aisne, cant. de Serches) depuis peu de temps. Le 22 octobre 1363, en effet, il occupait encore la commanderie de Boux-[aux-Bote] (Ardennes, cant. du Chesne) et Merlan (Ardennes, cant. de Juniville, comm. d’Aussonce), après avoir été, au moins de 1355 (14 mai) jusqu’à 1358 (11 juin), commandeur de Seraincourt (Ardennes, cant. de Château-Porcien). Il resta commandeur du Mont-de-Soissons jusqu’à sa mort, survenue entre juin 1373 et février 1375 ; depuis juin 1372, il avait confié l’administration de la commanderie à frère Renout de la Fontaine (Arch. de Malte, lib. bull. I, fol. 93 ; IV, fol. 320b ; Paris, Arch. nat., MM28, fol. 13b et 129b ; MM29, fol. 48b et 79 ; MM30, fol. 1).

52. Valée (Jacques de la). - Corr. : Oisemont. Jacques de la Valée nous est connu comme commandeur d’Oisemont (Somme, ch.-l. de cant.) par des actes des 16 janvier et 12 juin 1356 (Paris, Arch. nat, MM 28, fol. 31b et 32).

53. Laittre (Eustache de). — Reg. 254 : Eustachio de Tam. Lecacheux a lu par erreur : Derqui. Les copistes, dans le reg. 247 aussi bien que dans le reg. 244, ont commis une erreur tout à fait bizarre. En convoquant les précédents chevaliers du prieuré de France [42 à 59], ils les avaient désignés par leur prénom, suivi du nom de la commanderie dont ils étaient titulaires. Ici, rien de pareil ; on chercherait vainement à identifier la commanderie de Deiqui ou de Tam, parce que cette forme représente en réalité le nom patronymique du commandeur Eustache. En parcourant les registres prieuraux du prieuré de France, qui subsistent pour l’époque qui nous occupe, on constate qu’un seul commandeur portait le prénom d’Eustache. C’est Eustache de Laittre (de Atrio), que nous connaissons comme commandeur de l’Hôpital-sous-Montdidier (Somme, ch.-l. d’arr.) en 1355, et comme commandeur de Cerisiers (Yonne, ch.-l. de cant.) et de Joigny (Yonne, ch.-l. d’arr.) depuis 1357 jusqu’au 14 juin 1364 ; il fut promu, avant le 23 juin 1370, à la commanderie de Corbeil (Seine-et-Oise, ch.-l. d’arr.), qu’il conserva au moins jusqu’en septembre 1394. « De Atrio » est donc devenu, quelque invraisemblable que cela paraisse, « Deiqui » sous la plume du copiste. Quant à « Tam », la déformation est telle qu’elle est inexplicable (Paris, Arch. nat., MM28, fol. 70 et 142 ; MM29, fol. 5 et 6 ; Arch. de Malte, lib. bull. XIII, fol. 72).

54. Clignet (Simon). - Reg. 254 : Ranavilla. Il s’agit de Simon Clignet, commandeur de Saint-Étienne de Renneville (Eure, cant. d’Évreux, comm. de Sainte-Colombe-la-Campagne) et de Sainte-Vaubourg (Seine-Inférieure, cant. de Grand-Couronne, comm. du Val-de-la-Haie).

Il semble avoir occupé Renneville depuis 1342 ; en tous cas, il en était titulaire en juin 1356. La commanderie ayant été rançonnée par les Anglais du Neubourg (Eure, ch.-l. de cant.), qui lui imposèrent une indemnité de 500 écus, et Simon Clignet ayant été obligé de vivre à Paris avec plus de frais qu’il n’en avait dans sa résidence de Rouen, le chapitre du prieuré de France l’exempta, le 8 juillet 1358, de payer la responsions due pour Renneville.

Le même chapitre lui conféra, en 1358, la commanderie de Monthyon (Seine-et-Marne, cant. de Dammartin), vacante par la mort de frère Jean de Brayetel, et qui était en mauvais état. Il la garda jusqu’en 1364 (16 juin).

En 1363 (8 août), il est titulaire de Renneville, de Sainte-Vaubourg et de Bourgoult (Eure, cant. des Andelys, comm. d’Harquency) ; en 1365-1366, il n’est plus que commandeur de Renneville et Sainte-Vaubourg. Son épitaphe, qui nous a été conservée, nous apprend qu’il mourut le 16 juin 1366. Lieutenant du prieuré de France en 1362, il était receveur des responsions de ce prieuré en 1365-1366 (Arch. de Malte, lib. bull. I, fol. 95b ; IV, fol. 320b et 323 ; Paris, Arch. nat., MM28, fol. 40b, 81,82,119, 125b et 141 ; abbé C. Guéry, la Commanderie de Saint-Étienne de Renneville (Évreux, 1896), p. 74).

55. Motte (Guillaume de la). - Reg. 254 : Enota. Nous sommes ici en présence d’une erreur analogue à celle du n° 53. De l’étude des registres prieuraux du prieuré de France, il résulte qu’il s’agit de Guillaume de la Motte (de la Mota). L’erreur s’explique assez bien paléographiquement.
Commandeur de Troyes (Aube) et de Payns (Aube, cant. de Troyes) en 1356 (15 mai) [cf. n° 49], Guillaume de la Motte nous est connu comme commandeur de Coulours (Yonne, cant. de Cerisiers) depuis juin 1355 jusqu’en 1364, et comme commandeur de Chevru (Seine-et-Marne, cant. de la Ferté-Gaucher) depuis le 20 juin 1364. Il devait donc, le 14 avril 1365, être titulaire de ces deux commanderies. En 1370 (18 juin), il n’occupait plus Chevru ; il resta titulaire de Coulours au moins jusqu’au 1er juin 1373 ; à cette époque, frère Jean Lambert administrait la commanderie en son nom. En 1375, le même personnage l’administrait encore, sans que nous sachions s’il agissait pour Guillaume de la Motte ou pour son successeur (Paris, Arch. nat., MM28, fol. 19, 52b, 132b et 140 ; MM29, fol. 3 et 93 ; MM30, fol. 4).
Item Johanni, priori prioratus Campanie [56], ac Hugoni de Loreine [57], Gerardo de Seleyo [58], Artaudo de Turribus [59], Dominico de Rues [60], Stephano de Mes et de Morea [61], domorum preceptoribus in dicto prioratu, et Astorgio de Dyana, priori Alvernie [62], Hospitalis predicti (Lecacheux, 294, n° 1696 et 1697 ; Rome, reg. Vat. 247, fol. 75). 56. Anjeux (Jean-Garnier d’). - Jean-Garnier d’Anjeux nous est connu comme prieur de Champagne par des actes qui s’étendent du 1er décembre 1362 au 8 mai 1384. Son successeur, Guillaume de Fonteney, fut nommé le 20 juillet 1386 (Dijon, Arch. de la Côte-d’Or, H1166 ; Arch. de Malte, lib. bull. VIII, fol. 66b et 67b).

57. Vercel (Hugues de). - Reg. 254 : Loreyne. La commanderie de Lorraine, qui comprenait à cette époque tous les établissements de l’Ordre dans ce pays, était, en 1365-1366, aux mains de Hugues ou Huguet de Vercel (de Werssel, de Vercellis). Ce commandeur l’occupa jusqu’à sa mort, et fut remplacé, le 10 octobre 1381, par Pierre de Bauffremont (Arch. de Malte, lib. bull. IV, fol. 321 ; VI, fol. 66 6).

58. Vienne (Gérard de). - Reg. 254 : Gyraudo de Spelleyo. Giraud ou Géraud de Vienne était commandeur d’Épailly (Côte-d’Or, cant. de Montigny-sur-Aube, comm. de Courbon) et receveur des responsions du prieuré en 1365-1366. Nommé prieur de France le 7 septembre 1374, il conserva les commanderies d’Épailly et de Dôle (Jura, ch.-l. d’arr.). Il était encore prieur le 15 avril 1386 ; son successeur, Adam Boulard, fut nommé le 20 mars 1387 (Arch. de Malte, lib. bull. IV, fol. 321 et 323 ; V, fol. 14, 21b et 25b ; VIII, fol. 138 et 40b).

59. Authon (Artaud d’). - Reg. 254 : Arcaudo. Il s’appelait Artaud d’Authon ; on sait qu’il était commandeur de Thors (Aube, cant. de Soulaines) en 1369 (Chaumont, Arch. dép. de la Haute-Marne, H, commanderie de Thors, liasse V, dossier Courcelles, et liasse IX, dossier de Roôcourt). Roussel (Hist. du diocèse de Langres, III, art. Thors), et, après lui, Labourasse (Notes sur la commanderie de Thors et la seigneurie de Vernonfays, dans les Mém. de la Soc. acad. de l’Aube, t. XXXI (1894), p. 267) disent, mais sans indiquer les sources auxquelles ils ont puisé ce renseignement, qu’en 1375 il était remplacé par Geoffroy Barrot ou Barraul. Ce dernier n’est mentionné dans les registres de la chancellerie magistrale que le 3 mai 1386 (Arch. de Malte, lib. bull. VIII, fol. 65), et aux Archives de la Haute-Marne qu’en 1394 (Chaumont, Arch. dép. de la Haute-Marne, H, commanderie de Thors, liasse V, dossier Courcelles).

60. Grenat (Dominique de). - Le commandeur de Ruetz (Haute-Marne, cant. de Chevillon) était, au moins depuis 1662 (15 mai), Dominique de Crenay. Il était encore commandeur de Ruetz le 18 mai 1372. Roussel (Hist. du diocèse de langres, II, 493) le mentionne en 4374, mais sans citer ses sources (Chaumont, Arch. dép. de la Haute-Marne, H, commanderie de Ruetz, liasse VII, dossiers Mesnil-sur-Saux et Couvertpuis).

61. Saint-Loup (Etienne de). — Nous savons qu’en 1365 le commandeur de Metz (anc. dép. de la Moselle), chambre magistrale du prieuré de Champagne, était Etienne de Saint-Loup (Bouteiller, Notice sur la commanderie de Saint-Jean de Jérusalem à Metz, dans les Mém. de l’Acad. imp. de Metz, 2e série, XIV (Metz, 1866), p. 284).

Nous n’oserions affirmer qu’il était en même temps commandeur de Morée, car, le 4 juin 1366, Pierre de Cursi succéda en cette qualité à Henri de Thanay. Il est difficile d’admettre qu’entre le 14 avril 1365 et le 4 juin 1366 la commanderie de Morée ait eu deux titulaires, Saint-Loup et Thanay, mais la chose n’est pas absolument impossible (Arch. de Malte, lib. bull. IV, fol. 304 et 309b).

62. Dienne (Astorg de). - Manque dans le reg. 254. Astorg de Dienne (de Dyana) était déjà prieur d’Auvergne en 1362 (20 décembre). Il fut remplacé, avant le 25 février 1367, par Guy de la Tour, qui, le 14 avril 1365, était maréchal de l’Ordre (cf. I) (Lecacheux, n° 168 ; Chassaing, Cartulaire des Hospitaliers du Velay (Paris, 1888), p. XII).

[1C’était en quelque sorte un chapitre général de l’Hôpital ; mais cette réunion, à laquelle n’était appelé qu’un nombre restreint de chevaliers, dans laquelle tous les prieurés n’étaient pas représentés, et qui n’était pas convoquée au siège de l’Ordre, ne pouvait prendre le nom de chapitre général, et devait se contenter de l’appellation plus modeste d’assemblée.

[2Pierre le Cruel (1350-1369).

[3Roger des Pins fut élevé au magistère à la fin de 1355 ou au début de 1356. Il mourut le 28 mai 1365.

[4Charles I le Mauvais (1349-1387).

[5Pierre IV le Cérémonieux (1336-1387).

[6Edouard III (1327-1377).

[7Edouard, fils d’Edouard III, dit le prince Noir, duc de Guyenne de 1362 à 1372, mort en 1376.

[8Charles V le Sage (1364-1380).

[9Nous donnons cette liste d’après le registre Vatican 245 ; nous indiquerons les variantes du reg. 254 à l’occasion de chacun des noms cités.

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